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Mars 1917
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Avis aux Lecteurs
des
“ Études de Lépidoptérologie comparée”
Je comptais publier, dans le Volume XII] des Études de
Lépidoptérologie comparée, une consultation tout à fait intéressante
dont je suis redevable à MM. les Docteurs Chapman, de Reigate,
Reverdin, de Genève, et Courvoisier, de Bâle, relativement à la
question de séparation spécifique des Lycaena Ærgus, Ærmoricana,
Bellieri, Ligurica, etc., posée aux pages 454-520 du Volume XI]
des Études.
Les observations écrites par les savants Entomologistes précités
constituent une documentation fort instructive et sont très agréables
à lire. Je regrette infiniment d’être obligé d’en différer de quelques
semaines Ja publication.
Chacun de ces travaux doit être accompagné de Planches photo-
typographiques que la raréfaction de la main-d'œuvre dans nos
ateliers d’Imprimerie a empêché d’être prêtes aussitôt que je
J'aurais désiré. J] faut encore un délai pour que l'illustration de
l'ouvrage soit achevée.
Dès lors, je me suis décidé à faire paraître immédiatement
et sans plus attendre, le Volume X111 des Études de Lépidoptéro-
logie comparée. Ce Fascicule contient les Planches coloriées complé-
mentaires de la Faune des Lépidoptères de Barbarie, dont le texte
a été imprimé aux pages 179-428 du Volume XÏ] ; il y a été joint
un Prodrome détaché de la Monographie des Casfniinae, travail très
important entrepris par mon ami M. le Professeur C. Houlbert.
La Monographie complète de l’intéressante famille des Casfnies
paraîtra dans le Volume XIV des Études de Lépidoptérologie com-
parée, aussitôt que le maître J. Culot aura terminé la mise sur
pierres et le coloriage des 26 Planches qui ont semblé nécessaires
à l'illustration du travail de M. Houlbert.
Mes amis qui s'intéressent avec tant de bienveillance à la
publication successive des volumes des Études de Lépidoptérologie
comparée, doivent être informés de l’état actuel de nos travaux
entomologiques en cours de préparation.
Voici donc la situation présente :
1° Observations sur la séparation spécifique des Lycaena du groupe
Argus, par MM. les Docteurs Chapman, Reverdin et Courvoisier.
J] ne manque que j’achèvement des clichés phototypogra-
phiques, pour que la publication de ce travail soit faite.
2° Monographie des Casfniinae, par M. le Professeur Houlbert.
Douze Planches en couleurs sont terminées; quatorze restent
à faire. De nombreuses Planches phototypographiques seront
entreprises après achèvement de celles qui accompagneront l’ou-
vrage précédent.
3° Monographie des Aegrridae, par M. Ferd. Le Cerf, Prépa-
rateur au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, présen-
tement mobilisé.
Le texte est presque tout entier écrit; une partie est déjà
composée typographiquement. Huit Planches {Æigérie) ont paru
par anticipation dans le Volume X] des Études de Lépidoptérologie
comparée. Neuf Planches (Exotiques) ont été publiées dans le
Volume XI] des mêmes Éfudes. Plusieurs Planches coloriées et de
nombreuses reproductions de dessins au trait restent à exécuter.
4° Monographie des Acraeidae américaines (genre Actinote), avec
8-10 Planches coloriées dont M. J. Culot a les modèles entre les
mains. Le texte est entièrement prêt.
s° Suite de la Révision des Phalénites décrites et non figurées
par Guenée, dans le Species Général, Volume X.
6° Suite de la Faune des Lépidoptères de Barbarie (Noctuelles
et Géomètres).
Je profiterai de la collaboration de M. Harold Powell, pendant
l'été 1917, pour terminer cette dernière Efude, qui sera accom-
pagnée d’un certain nombre de Planches illustrant notamment les
premiers états, d’après les aquarelles de M. Powell.
7° Description, avec figures coloriées, de nouvelles Espèces de
Lépidoptères du Thibet et de Madagascar, pour faire suite aux
travaux publiés dans les Volumes IX, XI et XI] des Études de
Lépidoptérologie comparée.
Tels sont les travaux présentement entrepris et en cours de
publication.
Les circonstances de la guerre rendent très lente et très difficile
la réalisation des travaux artistiques, photographiques et typogra-
phiques indispensables.
Cependant malgré tant d'obstacles, j'ai réussi à faire paraître,
depuis septembre 1914, les Volumes X, XI, XI] bis et XII], avec
un nombre important de Planches coloriées et phototypogra-
phiques.
Au fur et à mesure que le temps s'écoule, les difficultés maté-
rielles augmentent. Néanmoins la publication du Volume XI1],
malgré son peu d'ampleur, est la preuve que notre activité indus-
trielle et entomologique est toujours vivace.
Puissé-je, sans trop attendre désormais, faire paraître le
Volume XIV des Études de Lépidoptérologie comparée.
Rennes, 31 mars 1917.
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IMPRIMERIE OBERTHÜR
Mars 1917
Faune des Lépidoptères de Barbarie
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Dans le Volume X des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée
ont paru les observations relatives aux Rhopalocères barba-
resques. Quant aux Hétérocères, l’inventaire en a été commencé
dans le Volume XII des mêmes Æ/udes.
Je le continue dans le présent Volume XIII où se trouve dressé
le Catalogue raisonné des Espèces appartenant aux familles sui-
vantes : Arciüde, Lithoside, Nolide, Cymbide, Hepialide,
Cosside.
Au moment où j'écris ces lignes, paraît la 2° partie du Vo-
lume XII dont l’achèvement, par ces temps de guerre, a été
excessivement laborieux.
C’est avec ce présent Volume XIII que je publie les figures
concernant les Sphingide et Bombycide barbaresques. Elles
auraient dû être éditées avec le Volume XII; mais le coloriage
des Planches ne put être terminé en temps utile.
Rennes, décembre 1916.
Charles OBERTHÜR.
8 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ARCTIIDÆ
Trichosoma Bæticum, Rambur.
Aïin-Draham (Tunisie); Lambèse, en novembre et décembre:
Sebdou, en novembre.
Je n’ai rien d’essentiel à ajouter à ce qui est imprimé aux
pages 33-35 du Volume V des Æ?udes de Lépidoptérologie com-
parée.
Je crois utile de faire figurer de nouveau l’Ab. mélanienne
Ramburi, Obthr, qui a été représentée par Rambur, dans la
Faune de l’Andalousie, sous le n° 2 de la PI. 14; parce que les
deux exemplaires, celui que possédait Rambur et le mien, ne sont
pas absolument pareils.
_Je fais également figurer une forme albinisante obtenue à
Lambèse, en décembre 1013, avec le nom de A/bescens, Obthr.
Trichosoma Pierreti, Rambur.
Je prie le Lecteur de se reporter aux Volumes V et VI des
Etudes de Lépidoptérologie comparée.
Aux pages 35-39 du Vol. V, j'ai essayé d'établir la synonymie
et l’histoire de 772chosoma Pierreti.
Sur la PI CXXI du Vol. VI, j'ai fait représenter, sous les
n° MO57, 1056, 1059, 1000, 10601, la forme type de 7 Prerres
d’après des exemplaires venant de Bône, de Khenchela et de
Tunisie, et la forme Mauritanicum, H. Lucas, sous les n* 1066,
1067, 1068, 1069 et 1070, d’après des exemplaires pris aux envi-
rons d'Alger par feu mon regretté ami E. Hall.
La chenille de Pterreti, Khenchela, est représentée en couleurs
sous le n° 1064, et la chenille de Pzerreti-Mauritanicum, d’ Alger,
est figurée sous le n° 1065 de la Planche CXXI précitée; de plus,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ()
cette même chemille est reproduite par les procédés photogra-
phiques sur la PI. 36 du Vol. X, Planches, des Efudes de Lépi-
doptérologie comparée.
Dans le Vol. VI des Æfudes d’Entomologie, j'avais fait figurer,
sous les n°® 7, 8 et 9 de la PI. II, la forme Gandolphe: et la
forme Pierreti Set Q, d’après des exemplaires pris à Bône et
appartenant à J. Fallou.
Je crois que AZlanticum, H. Lucas, Gandolphei, Obthr., Mau-
ritanicum, H. Lucas, et Auguenini, Millière, sont des formes de
la même Espèce, référables à la plus anciennement décrite
Pierreti, Rambur.
M. Harold Powell a trouvé un œ de la forme Mauritanicum
à Sebdou, en 1907.
Trichosoma Breveti, Obthr.
D'abord figuré dans les Æfudes d’Entomologie (Liv. IX,
PL. III, fig. 14); puis dans les Etudes de Lépidoptérologie com-
Amée(Nol NV Part | PI EXX VIT h6)700):
L’Espèce est variable, si J’en juge d’après les 17 d' que J'ai
pu réunir jusqu'ici. À ma connaissance, le Z'7ichosoma Breveti
a été trouvé dans les localités suivantes : Tlemcen, Sebdou, Géry-
ville (septembre 1910), Bou-Saada (automne 1911), El-Outaya
(mars 1910), Lambèse (septembre et octobre 1913).
Les principaux motifs de variation résident dans la couleur
rose des ailes inférieures en dessus ; le développement de la :
bordure noire des mêmes ailes; l’entourage — ou le non-entou-
rage — au moyen d’un mince liséré Jaunâtre, de toutes les taches
noires des ailes supérieures; la dimension des taches noires en
question, leur confluence ou leur séparation.
Le faciès du papillon est changé complètement par la présence
ou l’absence de ce fin liséré jaunâtre encerclant les taches noires
du dessus des ailes supérieures.
Je pense que le T7ichosoma Powelli dont j'ai fait figurer un ©
Éune ©, sous lecnronet 710 de la PI ERNAIT, dans le
10 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ve Volume des Æfudes de Lépidoptérologie comparée, est une
variété de Brevet, sans pouvoir l’affirmer toutefois.
Par ailleurs, Je n’ai rien à ajouter aux observations qui sont
imprimées aux pages 44-48 du Vol. V, Part. I, des Ærudes de
Lépidoptérologie comparée. Le D' Rebel, mis directement en
cause par moi, à propos de la confusion en une seule unité spé-
cifique des deux Espèces si distinctes : Breve/i et Leprieuri,
sous le n° 4175, dans le Catalog 1001, n’a pas jugé à propos
d’expliquer les motifs d’une erreur qui paraît avoir été commise
volontairement.
Trichosoma Pudens, H. Lucas.
Bône; Bougie; Glacière de Blidah; Cap Aokas; Sud de la
Province d’Alger ? Je considère cette dernière localité comme
douteuse; le 7 72chosoma Pudens paraissant être plutôt une Espèce
du littoral méditerranéen. Elle éclôt en mai et juin. La Q est
tout à fait aptère. Varie pour le nombre et la dimension des
taches noires sur le fond brun rougeûtre des ailes.
Prière de se reporter, pour la notice intéressant Pudens, aux
pages 49 et 50 du Vol. V, 1" Partie, des E/udes de Lépidopté-
rologie comparée. Un exemplaire ©, de Bougie, est figuré sous
le n° 430 de la PI. L, dans le Vol. IV des Etudes de Lépidopté-
rologie comparée.
Trichosoma Leprieuri, Obthr.
Collo (D' Seriziat); Bône (Olivier).
Figurée pour la première fois sous le n° 2 de la PI. V dans
la Liv. III des Æzudes d’Entomologie et décrite aux pages 43
et 44 de la même livraison.
Sous le n° 427 de la PI. 4 du IV*° Volume des Æfudes de
Lépidoptérologie comparée, j'ai fait représenter la variété méla-
mienne : Morisca, Obthr. Sous les n°” 428 et 420 dela même
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE [1
PI. 4, sont figurés le Get la Q de la forme considérée comme
type de lEspèce:
Voir pour la notice, la page 50 du Vol. V, Part. I, des Ezudes
de Lépidoptérologie comparée.
Phragmatobia Fuliginosa, Linné.
Géryville (juin, août et septembre 1910); Aïn-Draham; Lam-
bèse (août-septembre 1913); Batna.
En Algérie, la forme est caractérisée par les ailes supérieures
d’un blond doré, les inférieures d’un rose clair et généralement
peu de taches noires, ainsi que je l’expose à la page 74 du Vol. V,
Part. I, des Etudes de Lépidoptérologie comparée.
L’Espèce qui habite une énorme étendue de pays, en Europe,
en Mandchourie, dans l’ Amérique du Nord, est très variable. Je
crois utile de faire figurer la variété favida, Obthr., que j'ai prise
à Lourdes, le 15 juillet 1901; la forme d’Aïn-Draham, avec le
nom de X7oumira, Obthr.; la forme Borealis, Stgr., du Nord de
l’Ecosse (Ried, 1882); une belle morphe anglaise, rouge, de la
coll. Howard-Vaughan ; un exemplaire pris à Lourdes, le
15 Juillet 1901, avec la var. favida, présentant aux ailes infé-
rieures, qui sont roses et non jaunes, la même extension de la
partie noirâtre que chez favida.
Chelonia Dido, Obthr.
Ain-DrahamCollo; Letlart: La Calle
J'ai publié une première figuration du œ sous le n° 638 de la
PI. LXVI dans le Vol. V, Part. I, des Efudes de Lépidoptéro-
logie comparée. La Q que Wagner avait jadis représentée dans
l’ouvrage intitulé : Wagner's Reisen in der Regentschaft Algier
in den lahren 1836, 1837 et 1838, fut de nouveau figurée sous le
n° 639 de la même PI. LXVI (loc. car.).
12 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Pour permettre la comparaison immédiate de Dido avec Ober-
lhiri, J'ai donné la représentation d’une nouvelle paire de Ce-
lonia Dido, sous les n°* 4601 et 4602 de la PL CCCXXIV, dans
le vol. XI des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée.
La notice concernant la CAelonia Dido se trouve imprimée aux
pages 124 et 125 du Vol. IV des Etudes de Lépidoptérologie
comparée.
D’après les documents que contient ma collection, 17 d et
16 ©, la Chelonia Dido varie très peu.
Chelonia Oberthüri, Stor.
J'ai fait représenter sur les Planches CCCXXIII, CCCXXIV,
CCCXXV du Vol. XI des Etudes de Lépidoptérologie comparée,
une série d’exemplaires Œ et © de Celonia Oberthüri, Dido
et Fasciata.
Il est ainsi aisé de distinguer les trois Espèces. La Ckelonia
Oberthiüri C'est figurée sous les n° 4683 à 4688 et la Q sous les
n°® 4689 et 4690. Cette figuration permet d’apprécier la varia-
biité de la Celonia Oberthüri.
Les ailes supérieures du GO‘ sont plus ou moins largement
envahies par la couleur crème, ou inversement par la teinte brun
noir, mais la disposition générale des dessins reste constante; la
couleur des ailes inférieures est d’un rouge plus ou moins foncé.
Chez les Q, la teinte des ailes inférieures est souvent d’un
rouge aussi vif que chez Dido; mais l'aspect général est plus
éclatant. Chez les 24 exemplaires © de ma collection, la dispo-
sition des parties crème et noirâtre, sur les ailes supérieures, est
d’une remarquable fixité. En effet j'ai fait figurer sous les
n*® 4689 et 4690 de la PI CCCXXIV les deux exemplaires les
plus différents tant par leur maculature des ailes supérieures que
par la couleur rouge de leurs ailes inférieures. On peut se rendre
compte aisément du peu d’importance de la variation.
M. Harold Powell a obtenu le nombre assez considérable de
plus de cent GO‘. Il a élevé les chenilles avec succès, à Lambèse,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 13
où le papillon éclôt en mai et juin, puis plus rarement en sep-
tembre.
Sur la PI. 36, 36 a du Vol. X, Planches, des Etudes de Lépidoÿ-
térologie comparée, j'ai reproduit la photographie de la chenille
de Chelonia (Arctia) Oberthüri, pleinement développée sur une
laitue, aux trois quarts de la grandeur naturelle.
Chelonia Villica, Obthr.
Sous les n° 4701 et 4702 de la PI. CCCXX VI, dans le Vol. XI
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, j'a fait figurer un ©
et une © de la forme algérienne Ayabum, Obthr., d’après des
exemplaires trouvés à Bougie et à Aïn-Seur.
J'avais déjà donné la représentation d’un GO sous le n° 447 de
la P1 LIII dans le Vol. IV des Etudes de Lépidoptérologie com-
parée.
Je n’ai rien à changer à la notice qu’on peut lire aux pages 19
et 20 de l’Explication des Planches, dans le Vol. XI.
Les formes locales : algérienne, orientale, espagnole, sicilienne,
allemande, franco-anglaise de Vz/lica paraissent assez fixes et Je
prie le Lecteur de se reporter aux pages 132-143 du Vol. V,
Part. I, des Etudes de Lépidoptérologie comparée, où se trouve
discutée la variation géographique de Vzllica, pour y lire (p. 140,
141) la spécification des caractères distinctifs de la race
Arabum, du littoral algérien.
Je possède maintenant 10 exemplaires de Arabum capturés à
Vakouren, Bougie, Aïn-Seur, Lambèse; ils sont bien pareils entre
eux et ils constituent une morphe géographique bien spéciale et
qu’il convenait de distinguer des autres.
Cymbalophora Pudica, Esper.
Aïn-Draham (Tunisie); Lambèse, septembre 1912; Tanger.
La ©, à Tanger, a les ailes inférieures très roses et cette colo-
ration rose est même étendue sur les ailes supérieures, en dessus
14 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
comme en dessous, mais d’une manière beaucoup plus sensible
en dessus.
M. Vaucher, de Genève, m'a donné un exemplaire dont les
ailes supérieures sont entièrement noires; malheureusement leur
développement ne s’est pas réalisé et on voit seulement des moi-
gnons d’ailes tout à fait noirs en dessus, sans trace de blanc,
sauf à la frange.
La notice primitivement consacrée à Pudica est imprimée aux
pages 147-151 du Vol. V, Part. I, des E?udes de Lépidoptéro-
logie comparée.
Cymbalophora Powelli, Obthr.
Géryville, en septembre 1910; Sud de la Province d’Alger.
J'ai fait représenter un sous le n° 657 de la PI LXXI, dans
le Vol. V, Part. I, des Eudes de Lépidoptérologie comparée.
La Q paraît avoir les ailes supérieures plus mélanisantes et
les inférieures plus roses.
J'ai obtenu jusqu’ici 15 exemplaires. L’Espèce paraît assez
constante.
Tympanophora Haroldi, Obthr.
Aflou, en septembre 1911; Lambèse, en octobre 1913.
La figuration en couleurs concernant T'ympanophora Haroldi
a paru sous les n° 1045, 1046, 1047, 1048, 1049 de la PI. CXIX,
dans le Vol. VI des Efudes de Lépidoptérologie comparée.
La notice détaillée sur la vie évolutive de T'ympanophora
Haroldi a été imprimée sur les pages 197 à 222 du Vol. VI des
Etudes précitées.
Sur les Planches photographiques HZ et H #, j'ai pubhé la
figure agrandie de plusieurs exemplaires Get Q de 7. Haroldi
fraîchement éclos, dans la position de repos et montrant une
partie de l’appareil musical.
LÉFIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 15
La chenille est figurée en couleurs sous le n° 1167 de la
PI. CXXXII, dans le Vol. VI des Etudes de Lépidoptérologie
comparée.
La Tympanophora Haroldi, par son abondance, fut un fléau
pour les champs d’orge près d’Aflou, en 1911; à Lambèse, en
1913, elle était infiniment plus rare qu’à Aflou.
M. Harold Powell a capturé seulement 2 G à Lambèse, au
mois de septembre.
La © est très variable pour le développement de la macula-
ture noire sur les moignons d’aile, Certains exemplaires ont les
ailes très chargées de noir. Chez d’autres, c’est à peine s’il y a
quelques traces de noir à la base et vers l’extrémité.
Ma collection contient plus de deux cents exemplaires des deux
sexes; cela permet d’apprécier la fixité de l’Espèce qui, sauf le
mélanisme des ailes supérieures dans les deux sexes, l’intensité
de la teinte rose des ailes inférieures, chez les ©, et la taille, ne
présente pas de variété très notable.
Euprepia Caligans, Turati.
La forme d'Algérie se manifeste sous trois variétés que J'ai
appelées Powelli, punctata et Haroldi. Elles sont figurées en cou-
leurs sous les n° 24, 25, 26 et 27 de la PI. XIII dans le Vol. IIT
des Etudes de Lépidoptérologie comparée.
La notice concernant l’Euprepia Caligans est imprimée aux
pages 161-167 du Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro-
logie comparée.
M. Harold Powell a recueilli un grand nombre d’exemplaires
des diverses variétés à Sebdou, en octobre 1007; à Géryville, en
octobre 1910; à Aflou, en septembre 1911; à Lambèse, en août,
septembre et octobre 19012 et 1913. La chenille nous est main-
tenant bien connue et j’en conserve dans ma collection plusieurs
échantillons dans divers stades.
Les passages existent entre toutes les variétés de ponctuation
sur le dessus des ailes supérieures et de coloration pour les mêmes
16 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ailes, depuis le fond blanc jusqu’au gris brun foncé, en passant
par la teinte de crème.
Par les procédés photographiques, j'ai fait représenter dans le
Vol. X, Planches, des Etudes de Lépidoptérologie comparée, sur
les PI 75 et 76, les œufs de Æuprepia Caligans-Powelli, et sur
les PI. 10 et 11, la même ÆEwprepia Caligans-Powelli © à l’état
de repos.
Euprepia Chrysocephala, Huebner.
Aïn-Draham (Tunisie); Sud de la Province d’Alger; Lambèse,
juin 1913, octobre 1912; Alger, juillet 1910; Aflou, septembre et
octobre 1911; Sebdou, octobre 1907; Géryville, mai et juin 1886;
Magenta, en juin.
La tête est Jaune; les ailes supérieures sont d’un blanc de por-
celaine, sans aucune ponctuation; les inférieures sont grises, mais
plus claires vers le bord anal et le bord marginal. Suivant les
individus, le degré de coloration grise varie.
Voir pour l’Euprepia Cribraria, dont Chrysocephala est sans
doute la forme andalouse et algérienne, la notice imprimée aux
pages 168-181 du Vol. V, Part. I, Æ/udes de Lépidoptérologie
comparée.
Dejopeja Pulchella, Linné.
Très commune à Géryville, septembre 1910; à EI Outaya,
juillet et août 1910; à Biskra, Janvier 1911 et mai 1908; à Batna,
septembre 1910; à Sebdou, mai 1007; à Lambèse, juillet 1912;
à Daya, juillet 1907; à Aflou, juin 1911; à Khenchela, juillet
1008.
L’Espèce vole donc presque toute l’année en Algérie et dans
beaucoup de localités; elle est très variable pour la taille, pour
l’extension, ou inversement, la suppression des taches noires, la
réduction ou l'argumentation des taches rouges. À El-Outaya et
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 17
à Biskra, on trouve en assez grand nombre la variété bzcolor dont
j'ai fait figurer deux exemplaires sous les n* 764 et 765 de la
PI. LXXXII, dans le Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro-
logie comparée.
La maculature noire a presque entièrement disparu sur le
dessus des ailes supérieures.
Sous len° 766 (Loc. c1t.), se trouve représentée l’Ab. A7cuafa,
de Aïin-Draham.
LITHOSIIDÆ
Lithosia Bipuncta, Huebner.
Tanger.
J'ai reçu de feu Olcèse un O' de cette jolie Espèce.
Lithosia Uniola, Rambur.
Je possède 25 exemplaires algériens et tunisiens, conformes
aux deux exemplaires de la collection de Graslin, co-types de la
description écrite par Rambur et imprimée aux pages 209 et 210
du Catalogue systématique des Lépidoptères de l’Andalouste.
Rambur fait état (oc. ci, p. 210) de ces deux individus pris aux
environs de Grenade par son ami de Graslin, semblables, dit-1l,
aux deux qu’il y avait lui-même capturés.
Uniola est une Espèce bien distincte de Caxiola. Elle n’a
jamais été figurée avec le nom de Viola; aussi je crois utile de
faire représenter trois échantillons algériens et tunisien pour
assurer la connaissance de l’Espèce.
Voici comment Rambur a écrit la diagnose latine de Zz1/hos1a
Uniola : « Alis supra albido-submargaritaceis, anticis parteque
antica posticarum pallide sublividis, prioribus subtus, margine
2
18 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
externo excepto, secundisque antice fuscantibus; capite collari,
anoque flavidis ».
Uniola est plus petite que Caziola qui habite aussi certaines
parties de l’Algérie et de la Tumisie. Sa couleur générale est d’un
blanc gris de perle, avec un reflet assez brillant sur les supé-
rieures, tandis que les inférieures sont plus mates.
Les ailes inférieures ont une nuance un peu plus obscure près
de leur bord costal; le bord marginal est plus pâle; le bord costal
des supérieures — (peut-être par un effet de lumière) — paraît
plus blanchâtre que la teinte du fond. Le dessous des supérieures
est d’un gris livide, comme dit Rambur, avec la côte et le bord
terminal blancs; les inférieures ne sont grises qu’au bord costal;
elles sont blanchâtres sur le reste de la surface.
Entre les deux yeux, qui sont noirs, l’espace frontal est géné-
ralement d’un Jaune très pâle, rarement d’un beau jaune; le corps
est de la couleur des ailes en dessus, comme en dessous. L’extré-
mité de l’abdomen ne me paraît pas ordinairement plus jaunâtre
chez les individus algériens que chez les deux cotypes grenadins
de la collection de Graslin; mais j’ai un exemplaire d’Aïn-
Draham qui montre l’extrémité anale de même couleur jaune
accentuée que la tête. Les exemplaires andalous portent à l’éti-
quette la date : $ septembre; à l’un d’eux est attaché le nom :
Uniola. Les pattes sont d’un jaune d’ocre.
Il n’y a aucun doute pour moi que Uzzola est une Espèce à
part. Staudinger et Rebel ont eu grand tort de la réumir, — avec
un point de doute, il est vrai, — à Caniola dans leur Catalog
1001. Il est impossible avec un peu d’attention et de bonne foi
de confondre Urzola et Caniola dans une même unité spécifique.
Uniola a été prise à Sebdou en octobre 1907; à Aflou, en
juillet 1011; à Lambèse, en juin 1875 et en octobre 1912; à El-
Aouedje, près Sebdou, les 27 et 28 août 1907; à Aïn-Draham, en
Tunisie.
Herr Prof. Doct. Adalbert Seitz, dans les Macrolépidoptères
du Globe, 1" Partie, Vol. IT : Bombyces et Sphingides paléarc-
liques, me paraît représenter dans la ligne & de la PI. 13 de son
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 19
ouvrage, avec le nom de Sordidula, l’'Espèce qui doit s’appeler
Uniola, Rambur, dont ledit Professor-Doctor s’abstient d’ailleurs
de faire mention.
Comme j'ai sous les yeux les deux cotypes de la collection de
Graslin que Rambur a eus en vue en écrivant sa description, 1l ne
me paraît pas que je puisse commettre une erreur d’appréciation
dans l’application du nom Uzola.
Lithosia Caniola, Huebner.
Lambèse, juin 1913; Cap Aokas, avril 1909; Tunisie.
La tête est d’un jaune d’or plus ou moins foncé; les ailes sont
plus allongées que chez Uxiola, moins brillantes, par conséquent
plus ternes et plus grises, avec le bord costal jaune.
La Lithosia Caniola que Rambur dit avoir rencontrée à Saint-
Malo (Cat. Systém. Andal., p. 209) est très commune aux environs
de Rennes, en été et en automne. Elle vient aux lumières en grand
nombre. Ma collection contient plus de cent exemplaires récoltés
autour des lampes électriques de la gare de Rennes, au lieu dit :
Triage de Saint-Hélier; je l’ai très souvent prise dans ma maison,
à Cancale et à Rennes, voltigeant le soir autour des lampes, prin-
cipalement au mois de septembre. Bien que j'aie reçu plusieurs
échantillons barbaresques, elle paraît moins commune en Tunisie
et en Algérie qu’en Ille-et-Vilaine; mais il y a dans les deux
pays des exemplaires tout à fait semblables.
Lithosia Sordidula, Rambur (an Marcida, Mann. ?).
La Zithosia Sordidula a été décrite par Rambur aux pages 210
et 211 du Catalogue systém. des Lépidoptères de l’Andalouste.
Voici quelle est la diagnose latine donnée par Rambur qui s’est
d’ailleurs abstenu d’en publier aucune figure : « Alis anticis
albido sublividis, posticis livido-subrufescentibus exterius et
20 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
antice obscurioribus, omnibus infra fuscis, margine costali
tenuiter, capite abdomineque postice flavidis ».
Je crois pouvoir rapporter à Sordidula cinq Lifhosia prises à
El-Outaya, en mai 1910, et dans la région de Géryville, en mai
et Juin de la même année 1910.
Ces papillons sont, en dessus, à peu près d’une nuance uni-
forme qu’on pourrait en effet désigner par les mots : a/bido-
sublivido. — Rambur aimait à employer cette expression : Zzvide,
pour la description des Zifhosia. — La vérité, c’est que, suivant
l’incidence de la lumière, la coloration de l’ensemble change un
peu. En tout cas, ce que j'appelle : Sordidula ne peut se con-
fondre r1 avec Caniola, n1 avec Uniola. En dessus, la coloration
générale de Sordidula est d’un blanc sale, mate, tendant au jau-
nâtre ; les supérieures sont d’une nuance plus claire et d’un aspect
plus porcelané que les inférieures, lorsqu'on cesse de regarder les
papillons à plat pour les examiner sous une certaine inclinaison.
Le dessous des ailes est bien, comme le dit Rambur, « d’une
teinte brune un peu livide, rayonnée en dehors par les nervures
aux supérieures dont la marge externe est blanchâtre ».
Dans le Catalog 1901, Staudinger et Rebel réunissent sous le
même numéro 4305 les deux Zi/hosia Marcida et Sordidula. Ce
que Je possède dans ma collection, comme WMarcida, Mann, ne
peut pourtant pas être assimilé spécifiquement à Sordidula, ou
du moins à l’Espèce que je crois pouvoir déterminer ainsi. Je ne
connais du reste Marcida que de Sicile où Bellier de la Chavi-
gnerie en avait capturé un exemplaire.
Chacun sait que Bellier de la Chavignerie a effectué, de mars
à septembre 1850, un voyage d’exploration entomologique en
Sicile et qu’à la suite de ce voyage, il publia, dans les Awx. Soc.
entom. France, 1860, sous le titre de Observations sur la Faune
entomologique de Sicile, une notice dans laquelle 1l passe en
revue les Espèces des Lépidoptères siciliens qui lui ont semblé
plus intéressantes. Voici ce que Bellier de la Chavignerie dit à
propos de Lithosia Marcida (loc. cit., p. 686) : « Elle est voisine
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 21
des ZLithosia pallifrons Zeller et pygmæola Doubled., mais la
teinte plombée et uniforme de ses ailes inférieures la fait faci-
lement reconnaître. Elle aime les endroits très arides et paraît
pendant les plus fortes chaleurs de l’été ».
Ce fut en 1858 que Mann découvrit la Zz/hosia Marcida et en
1859 qu’il la décrivit. Tout porte à croire que Bellier de la Cha-
vignerie aura communiqué sa Zz/hosia sicihenne encore inconnue
de lui, à son correspondant Lederer, à Vienne, et que la détermi-
nation y fut faite par comparaison avec le butin rapporté et
décrit par Jos. Mann. Cela donne une certaine autorité à l’identi-
fication faite par Bellier de la Chavignerie de son échantillon
à la Zz/hosia sicilienne qui venait d’être nouvellement décrite
avec le nom de Marcida.
Revenant à l’ouvrage de Seitz : Les Macrolépidoptères du
Globe, Vol. II, Bombycid. et Sphingid. paléarct. j'y lis, à propos
de Sordidula, citée à la page 68 : « Z. Sordidula Rbr. (13 a) est
une petite espèce d’Andalousie avec les ailes antérieures blanc
d’argent brillant : elle n’est pas identique à Marcida; la tête et
la touffe anale sont jaune d’or vif ».
Evidemment cette description s'applique à Uzzola, ainsi que
je l’ai déjà fait remarquer au sujet de cette dernière Espèce.
Cependant, sur la PI 13, ligne a, l’échantillon figuré par Seitz,
avec le nom erroné de Sordidula, n’a pas la tête ni la touffe anale
Jaune vif, ainsi que l’indique la description de l’auteur précité.
D'ailleurs, dans les échantillons d’Uxiola que j'ai sous les yeux
— (falsè Sordidula, secundum Seitz), — la touffe anale et la tête
sont rarement d’un Jaune bien vif, comme Je l’ai exposé ci-dessus.
Le plus ordinairement la tête et l’extrémité anale, chez U»20la,
sont d’un jaune pâle.
Marcida, dont il est question plus haut, a été seulement décrite,
et malheureusement non figurée, par Jos. Mann, dans Wiener
entom. Monatschrift, 1850, p. 94. Voici le texte même de la des-
D
[SE
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
cription de Jos. Mann qui fait partie d’un travail intitulé : Vey-
zeichniss der im Jahre 1858 in Sicilien gesammelten Schmetter-
linge. Je transcris donc ce texte comme suit : Li/hosia Marcida M.
« Der Z. Pallifrons zunächst, aber sicher verschieden. Im Geäder,
Habitus und der Bildung der Kôrpertheile damit überemstim-
mend, ist diese Art durch die eigenthümlch graugelben, matt
glänzenden Vorderflügel, deren Farbe etwas an Zz/}. griseola
erinnert aber viel heller ist, die eimfarbig matt grauen, gegen den
Innenrand zu kaum merklich helleren Hinterflügel mit blasseren
Fransen und das bis an den Saum (doch nicht ganz an den Vor-
derrand) reichende Fahlgrau der Unterseite siäimmtlicher Flügel
ausgezeichnet. Ende Jun: im Thale Palla-gutta auf Disteln einige
gefunden ».
Il est difficile d’après cette description et dans un groupe où
les Espèces, quoique très voisines, sont certainement très dis-
tinctes, de savoir si Marcida, Mann, est identifiable à Sordidula,
Rambur, ou à Pygmaæola, Doubleday.
La figure de Marcida donnée par Seitz (Loc. cit., PI. 13, ligne b)
représente une Zz/hosia au corps très épais, aux ailes d’un gris
foncé qui ne permet pas l'assimilation spécifique à Sordidula,
Rambur. La figuration publiée par Seitz est, il est vrai, généra-
lement trop grossière, surtout en ce qui concerne les papillons de
contexture délicate et de nuance peu accentuée, de sorte que la
figure donnée par ledit Seitz n’est peut-être nullement conforme
à l'original; 1l faut donc tenir compte de l’insufhisance de som
apporté par Seitz à l’exécution des figures qu’il a publiées quand
on entreprend le travail d'identification des papillons aux figures
en question. Cette insuffisance de som dans l'exécution des
planches enlève beaucoup de sécurité aux déterminations et rend
toute certitude impossible.
Quoi qu’il en soit, J'ai mis les pièces du litige sous les yeux
du Lecteur. Il sera fixé en ce qui concerne Uxiola, puisque j’ai
déterminé d’après les cotypes de l’Espèce. En ce qui concerne
Sordidula, il reste un doute relatif à la séparation spécifique de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
D
©
Sordidula et de Marcida. D'ailleurs la Lz/hosia Marcida n’est-
\
elle pas plutôt assimilable à Pygmeæola, Doubleday ?
Lithosia Pygmæola, Doubled.
J'ai reçu de Aïn-Draham, en Tumisie, trois échantillons d’une
Lithosia qui me paraît référable à Pygmaæola. Ces trois exem-
plaires sont bien semblables entre eux. Ils appartiennent à une
unité spéciñique d’aspect frêle et délicat.
Le dessus des ailes est jaune pale; les supérieures sont plus
brillantes et les inférieures plus mates. Celles-ci sont dépourvues,
en dessus, de l’ombre costale noiratre qui caractérise la plupart
des Pygmæola, d'Angleterre. Cependant je possède deux exem-
plaires anglais de Pygmæola conformes aux échantillons tuni-
siens, en ce sens que leurs ailes inférieures, en dessus, sont dénuées
de toute ombre noirûtre.
Je les fais figurer en même temps que deux Pygmeola tuni-
siens. Ceux-ci, en dessous, ne diffèrent donc des Pygmeæola
anglais que par une teinte générale plus pâle, c’est-à-dire un
rembrunissement un peu moins accentué.
Cette Pygmæola tunisienne serait-elle la véritable Marcida,
Mann, qui, comme on le sait, n’a Jamais été figurée d’après les
types authentiques de l’Espèce.
En tout cas, elle est spécifiquement différente de Sordidula,
étant d’une teinte générale uniforme bien plus jaune que chez
Sordidula. Pygmæola est du reste plus petite, plus frêle, avec
les ailes antérieures plus étroites.
Lithosia Plumbeola, Huebner.
Lambèse, juin 1912.
M. Harold Powell a pris trois exemplaires.
On a jusqu'ici trouvé six Espèces de Zif/hosia en Algérie. Je
crois bon de faire figurer dans le présent ouvrage, en dessus et
24 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
en dessous, les six Espèces : Bipuncta, Uniola, Caniola, P yg-
maæola, Sordidula et Plumbeola, qui ont été observées dans la
région barbaresque. De cette façon, il sera facile d’apprécier
l’état présent de nos connaissances dans la Faune des ZLifhosia
de la côte africaine de la Méditerrahée et d’ajouter, s’il y a lieu,
de nouveaux éléments spécifiques dans un Genre dont les indi-
vidus et même les Espèces sont abondamment répandus en cer-
taines parties de l’Europe et de l’Asie.
Achille Guenée a publié dans les Awx. Soc. entom. France,
année 1861, une notice très soigneusement étudiée sur le Genre
Lithosia et il a décrit dans ce travail, avec le nom de Beckeri,
sans la figurer toutefois, une Espèce nouvelle de Russie méridio-
nale (p. 47).
Je profite de la figuration des six Espèces barbaresques de
Lithosia pour faire représenter cette Zi/hosia Beckeri, Guenée,
qui paraît être en effet une spécialité et ne peut être rapportée
exactement à aucune autre Espèce de Zz/hos1a. Avant la figura-
tion, nul ne pouvait exactement savoir ce qu’est effectivement
cette Zz/hosia Becker:; désormais, grâce à la figure que va faire
M. Culot, on sera mieux fixé.
Je regrette d’être incapable de me rendre compte de ce que peut
être la Zlema (Lithosia auct.) inter posita, sp. nov. décrite par Lord
Walter Rothschild, à la page 354 du Vol. XXI de Wovfates
Zoologice, dans les termes suivants : G' Antennæ whitish; head
and thorax pale whitish grey; abdomen pale buffish clay grey.
Forewing silvery white. Hindwing milk white suffused with very
pale buffy grey. Q Similar. Length of forewing 17 mm;
expanse 37 mm. ».
Serait-ce simplement U#1ola qui aurait été méconnue par Lord
Rothschild, comme elle le fut par Seitz?
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 25
NOLIDÆ
Nola Togatulalis, Huebner.
Aïn-Draham; Sebdou, septembre et octobre 1907; Lambèse,
août 1912; Géryville, septembre 1910.
L’'Espèce ne paraît pas très rare en Algérie; elle varie un peu
pour la taille.
Nola Chlamitulalis, Huebner.
Cap Aokas, avril 1909; Aïn-Draham; [Lambèse, mai 1912;
Sebdou, juillet 1907.
Nola Subchlamydula, Ster.
Aflou, mai 1911; Lambèse, mai 1912 et Juin 1913.
Nola Cucullatella, Linné.
Djebel-Gueddelane, près Lambèse, altitud. 1.600 à 2.000 mètres,
lulebrors: |
Nola Centonalis, Huebner.
L’Espèce est représentée, dans les environs de Géryville, par
la variété A/omosa, Bremer, poussée à l’extrême, c’est-à-dire chez
laquelle tous les dessins et lignes du dessus des ailes supérieures
sost supprimées. Les ailes supérieures, chez A/omosa, sont d’un
gris clair avec le bord terminal un peu rembruni; les inférieures
sont d’un blanc sale; les franges sont longues, fines, soyeuses.
En dessous, les quatre ailes sont comme chez Centonalis, c’est-
a-dire que les supérieures sont noirâtres; les inférieures, un peu
26 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
poudrées de noirâtre, le long du bord costal et blanchâtres pour
le reste.
Nola Squalida, Ster.
Signalée comme faisant partie de la faune de Guelt-es-Stel
par Lord Walter Rothschild.
CYMBIDÆ
Sarrothripus Revayana, Scopoli.
Espèce très fertile en variétés. Huebner a consacré toute une
Planche de son /cono graphie, Tortrices, I, à figurer les variétés :
Dilutana, fig. 6; Undulana, fig. 7; Degenerana, fig. 8; Punctana,
fig. 0; Ramosana, fig. 10. Il y a encore d’autres morphes de
Revayana.
En Barbarie, les formes suivantes ont été trouvées Jusqu'ici :
Fusculana, Schmid; Degenerana, Huebner; Undulana, Huebner;
Dilutana, Huebner; Punctana, Huebner; de plus, certains exem-
plaires de transition entre ces diverses variétés.
Aïn-Draham; Sebdou, juillet 1007; Géryville, septembre 1910;
Aflou, juillet 1911; Lambèse, juillet et octobre 1014, septembre
1913; Batna, octobre 1910; Tala-rana, août 1900.
Nycteola Falsalis, Herrich-Schæffer.
Hammam-R’hira, mai 1000; Guelt-es-Stel; Khenchela, mai
1908 ; Lambèse, mai 1913; Aïn-Draham; Cap Aokas, avril 1900.
Varie sensiblement pour la taille.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 27
Earias Chlorophyllana, Ster.
EI Outaya; Biskra.
Semblable aux exemplaires de Mésopotamie; les ailes supé-
rieures sont beaucoup plus étroites que chez Clorana.
Earias Albovenosana, Obthr.
Ma collection contient huit exemplaires, dont deux obtenus de
la chenille par M. Powell à Lambèse, les 4 août et 30 septembre
1912. Les autres viennent de Sebdou (juillet 1907), d’Aïn-
Draham et de Batna (septembre 1910).
J'ai en vain cherché à identifier ces Æarzas à l’une quelconque
des Espèces déjà connues et qui sont recensées aux pages 406-
510, dans le Vol. XI de Catalogue of the Noctue in the Collec-
ton of the British Museum, par Sir George F. Hampson Bart.
La figuration d’un certain nombre d’Espèces a paru sur la
PI. CLXXX VII. L’Espèce Syrzacana, Bartel, est bien indiquée :
Fore wing 1rrorated with white; mais le thorax est désigné
WAite suffused whith yellow-green et la figure 15 de la
PI. CLXXX VII qui représente Syrzacana, donne bien le thorax
blanc, avec une éclaircie blanchâtre dans l’espace cellulaire, mais
sans que Syriacana puisse être définitivement identifiée à A/0o-
VenOSana.
Ce qui caractérise Albovenosana, ce sont ses ailes supérieures,
en dessus, d’un vert tendre traversées au delà du milieu par une
ligne blanche, courbe, partant du bord costal et aboutissant au
bord interne. Le bord costa] est blanc, ainsi que le commencement
du bord interne. Entre la base et la ligne blanche courbe extra-
cellulaire, on distingue plusieurs points ou traits d’un vert plus
foncé que le fond vert des ailes; la ligne courbe blanche est
intérieurement et extérieurement soulignée de vert plus foncé. Le
thorax est vert pâle; les ailes inférieures sont d’un blanc d’argent
soyeux. En dessous, sur le fond verdâtre des ailes supérieures, la
28 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ligne blanche courbe du dessus se distingue assez nettement; la
côte est blanche. Les franges sont assez longues, fines, très
soyeuses. L’espèce est fort délicate, fragile, et seuls les exem-
plaires parfaitement frais présentent la totalité de leurs carac-
tères.
Je fais figurer deux échantillons de taille inégale dont l’un
avec l'enveloppe de la chrysalide d’où 1l est sorti.
L’Æarias Albovenosana se place près de Vernana, mais ne peut
être confondue avec cette Espèce qui a du reste le disque des
ales supérieures, en dessous, lavé de gris noirûâtre.
Earias Chlorion, Rambur.
Deux exemplaires pris à Biskra, en janvier et février 1914, par
feu Chierotti.
L’Espèce a été figurée par Rambur, sous le n° 6 de la PI. XV,
dans le Catalogue Systématique des Lépidoptères de l’Anda-
lousie.
Je crois que CAlorion, Rambur, est une Espèce différente de
Insulana, Boisduval, décrit et figuré dans la Faune entomolo-
gique de Madagascar, Bourbon et Maurice (PI. 16, fig. O, p. 121).
HEPIALIDÆ
Hepialiscus Algeriensis, ]. de Joannis.
Aïn-Draham; Constantine; Bou-Saada.
Ma collection contient dix exemplaires.
Espèce variable et donnant l’Aberration /oannisi, Daniel
Lucas, fgurée d’après un échantillon provenant du Tarf, sous le
n° 1 de la PI. 5, dans Awnal. Soc. ent. France, 1005.
De son côté, M. l’abbé de Joannis a fait figurer, avec un agran-
dissement du double, l'Æepialiscus Algeriensis sous le n° 8 de la
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 29
PI. 2 dans Anal. Soc. entom. France, 1907, d’après un exem-
plaire capturé à Saint-Charles, près Philippeville, et 1l mentionne
(Loc. cit, p. 370) une variété de couleur rouge brique aux ailes
supérieures dont J'ai reçu deux ©, l’un de Bou-Saada, avec l’Ab.
Joannisi, l’autre d’Aïn-Draham.
Hepialus Tunetanus, Obthr.
Ain-Draham.
Les ailes sont plus allongées que dans A/gertensis,; elles sont
sans taches, n1 dessins; les supérieures, en dessus, sont d’un brun
roux clair, avec la côte plus obscure; les inférieures sont d’un
gris noirâtre. La frange est assez longue et de couleur plus foncée
que les ailes. Le thorax est velu et brun roux en dessus. Le dessous
est d’une teinte plus claire, aussi bien le corps que les ailes.
COSSIDÆ
Cossus Cossus, Linné.
Géryville, août 1910; Sebdou.
Cette grosse Espèce, communément appelée gâte-bois (Z2gr1-
perda), habite depuis la Laponie où elle donne une variété plus
petite (que J'ai reçue, avec le nom de S/ygianus, d’un chasseur
nommé Rangnow), jusqu’à la limite du désert saharien ; de
l’ouest à l’est, on la trouve depuis la Bretagne armoricaine Jjus-
qu’en Mandchourie.
Cossus Aries, Püngeler.
Tunisie; Biskra; Oued Nça (Lord Rothschild); Colomb-
Béchar, avril, mai 1912.
30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
La figure en couleur en est donnée sur la PI. 53, ligne 6, de
l’ouvrage intitulé : Zes Macrolépidoptères du Globe, par Prof.
Doct. Adalbert Seitz (1"® Partie, Vol. II, Bombycides et Sphin-
gides paléarctiques).
Mais une bien meilleure figure en photographie est publiée
dans l’/r2s, Dresden, Band XV, 1002, sous le n° 22 de la PI. VI.
On peut dire que, dans la circonstance, la représentation par les
moyens photographiques vaut mieux que tout.
Hypopta Reibelii, Obthr.
Biskra, en mai.
J'ai publié la figure de ce Cosside de la faune désertique sous
le n° 1 de la PI IV, dans la 1° livraison des ÆE/udes d’Entomo-
logie. L’Espèce a été retrouvée et élevée de chenille à Biskra, en
1887, par feu Otto Staudinger.
Hypopta Vaulogeri, Stor.
Chellala, dans la Prov. d'Alger.
Une bonne figure de cette Espèce grise a été donnée sous le
n° 13 de la PLV, dans Jy1s, Dresden, Band X,1807 E2 descnp
tion a été imprimée à la page 155 du même ouvrage. Staudinger
fait connaître que de cette nouvelle Espèce, M. Vauloger de
Beaupré a trouvé une femelle parfaitement fraîche qu’il nomme
en l’honneur du zélé auteur de la découverte.
Dyspessa Suavis, Ster.
Biskra; El-Outaya.
L’Espèce fut découverte à Biskra par le Capitaine Vauloger
de Beaupré qui en envoya six exemplaires au marchand de
papillons Otto Staudinger, à Blasewitz près Dresde. Ce marchand
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 31
me vendit l’un de ces six exemplaires. Depuis 1890, j'ai reçu
PEspèce d'El-Outaya. Elle est figurée sous le n° 7 de la PL V,
dans /ris, Dresden, Band XII, 1890. Malheureusement la figure
en question manque de finesse et ne représente pas exactement le
papillon.
En conséquence, Je crois utile de donner dans cet ouvrage une
nouvelle figure de Dyspessa Suavis, d’après un exemplaire
recueilli à El-Outaya et un exemplaire de Tunisie.
C’est un Cosside d’aspect grisàtre, couleur de sable, avec des
lignes et dessins très fins.
Dyspessa Fuscula, Ster.
Tunis.
Une Q est figurée sous le n° 10 de la PI. III dans 7725, Dresden,
Pand WW, 1802 "C'esthune petite Espèce, qui est décrite aux
pages 283-285 de l’/725 en question, avec le nom d’ÆExdagria Fus-
cula. Le descripteur Otto Staudinger commence par se demander
si ses exemplaires appartiennent à une forme locale de la très
variable Ulula : « Vielleicht sind sie nur eine Lokalfcrm der
sehr starck abändernden End. Ulula ».
Dyspessa Marmorata, Rambur.
Hammam-R'’hira, mai 19C0.
Je possède plusieurs G. L’Espèce varie pour le ground colour
des ailes supérieures, en dessus, plus ou moins envahi par la teinte
brune, ou au contraire par le développement des taches blanches.
Rambur figure une Q de grande taille sous le n° 6 de la PI. V,
dans le Catalogue systématique des Lépidoptères de l’Anda-
lousie. Je fais figurer trois G' un peu variés.
32 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Dyspessa Algeriensis, Rambur.
Lambèse, juin 1885; Menah, 20 mai 1875; Lavarande, 12 mai
1008.
Rambur a seulement décrit l’Exdagria Algertensis, à la
page 331, en note, dans le Cazal. systém. des Lépid. de l'Anda-
louste.
J'ai donné une fioure du C'sous le n° de da PIN dansua
hvraison IIT des Æfudes d'Entomologie.
Dyspessa Kabylaria, Bang-Haas.
Tunisie; El-Outaya, avril 1910; Khenchela, 27 mai 1008.
L’Espèce (S) a été initialement figurée très grossièrement sous
le n° 10 de la PI V dans /71s, Dresden, Band' XIX/1906 Pa
figure du © publiée dans les Macrolépidoptères du Globe par
Ad. Seitz, a été exécutée avec plus de soin. Elle représente assez
bien l'ESpèce.
La ©, dont je possède deux exemplaires, diffère du G' par une
taille plus grande, l’aspect général moins blanchâtre, les taches
claires étant plutôt jaunâtres sur le dessus des ailes supérieures.
D'ailleurs je fais figurer l’une des deux Q dans le présent
ouvrage. Je publie, en même temps, une nouvelle figuration du
Dyspessa Saharæ, Daniel Lucas.
Zarcine (Tunisie), 25 mai 1906.
Rattaché par l’Auteur à /ordana, Stgr.; décrit dans le Bull.
Soc. ent. France, 1007, p. 197, et figuré sous le n° 5 de la PI 18
dans Anal. Soc. ent. France, 1910.
Je ne connais Sahkaræ que par la figure précitée. Elle ne me
semble pas référable spéciñquement à /ordana. Je ne puis assi-
miler les exemplaires /ordana, de ma collection, à Sakare.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 33
À mon avis, Sakaræe doit être une Espèce spéciale, si J'en juge
par la figure; cependant Je dois dire que la figure en question
me semble traitée un peu trop largement. Toutes les figures de
la PI. 18 auraient d’ailleurs beaucoup gagné à être exécutées
avec plus de précision dans les détails.
Holcocerus Powelli, Obthr.
Géryville, août 1910.
J'ai fait figurer les deux sexes sous les n° 72
PI. LXXIX dans le Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro-
logie comparée.
Je me demande si la figure 4 de la PI. 18, Annal. Soc. entom.
France, 1910, représentant le Cossus Mauretanicus, Daniel Lucas,
ne se rapporterait pas à Zolcocerus Powelli.
J'ai vu, il y a une dizaine d’années, l’exemplaire qui me fut
communiqué par le Capitaine Daniel Lucas; mais Je n’ai pu en
conserver exactement le souvenir.
Malheureusement, la figure 4 de la PI. 18, dans les Axal. Soc.
ent. France, est tellement lâchée, comme disent les peintres, qu’il
est bien difficile de se faire, au moyen de ladite figure, une opi-
nion précise sur l’Espèce.
Le souci de la vérité qui m’est chère, me porterait tout naturel-
lement, s’il y avait lieu, à inscrire le nom : Powelli, que j'ai donné
en 1911, comme étant synonyme de Mauretanicus initialement
décrit en 1907, redécrit et figuré en 1910 par le Capitaine Daniel
Lucas.
Le nom Mauretanicus, Daniel Lucas, primerait alors le nom
Powelli, Obthr.; mais quel parti prendre en présence de la figu-
ration consacrée à Mauretanicus ? La précision des détails est,
dans cette figuration, absolument insuffisante.
D'ailleurs ni Seitz (Macrolépid. du Globe, p. 421, 423) ni Lord
Rothschild (Wovitates Zoologicæ, 1914, p. 357) n’ont reconnu
Mauretanicus, tandis que tous les deux ont conservé, comme
valable, le nom : Powellz.
34 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Holcocerus Faroulti, Obthr.
El-Outaya et Magraroua, près El-Outaya; juillet 1910.
L’Espèce esthgurée sous le'n° 658 de la Pl EX XT danse
Vol. V, Part. I, Etudes de Lépidoptérologie comparée.
J'ai reçu deux exemplaires très frais. [a maculature brune sur
les ailes supérieures, en dessus, est un peu différente chez ces deux
échantillons, ce qui indique une certaine variabilité de l’Espèce.
Aussi je crois devoir faire figurer le second exemplaire.
Je suis porté à croire que d’assez nombreuses Espèces de Cos-
side restent à découvrir dans le sud de l’Algérie. On y trouvera
probablement plusieurs Espèces assez récemment recueillies en
Palestine et dans les déserts asiatiques.
. EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE CDXIV
N°95 3520. AMORPHA AUSTAUTI-MIRABILIS Q, Austaut; El Arricha (ex
Austaut).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 183.
3521. AMORPHA AUSTAUTI-INCARNATA ©, Austaut; Tanger.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 183.
3522. Hybride O' de AMORPHA AUSTAUTI ©, Stgr., et de SMERINTHUS
ATLANTICUS O', Austaut (ex Austaut).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 184.
PIPANICHEANCDXV
CELERIO NICÆA, Prunner.
N°%3523. Race : CASTISSIMA ©, Austaut; Forme : RUBIDA, Obthr.;
Aflou; août 1911.
3524. Race : CASTISSIMA Q, Aberr. ALBINA, Obthr.; Sebdou; août
1907.
3525. Race : CASTISSIMA ©, Aberr. MARGINE-DENTICULATA, Obthr. ;
Aflou ; août 1911.
3526. Race : CRIMÆA © ; Bang-Haas; Crimée.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texté, p. 190.
PLANCHE CDXVI
CELERIO NICÆA, Prunner.
N° 3527. ©, Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales) ; août 1896.
3528. O, Cannes (Alpes-Maritimes) ; 1894.
3520. Q, Montpellier (ex coll. Guenée).
3:30. O, Marseille (ex coll. Bellier de la Chavignerie).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 190.
36 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE CDXVII
N°5 3531. CELERIO NICÆA-LATHYRUS, Boisduval; Inde.
Etud: Lépid. comparce; Vol. XII; Texte, p. 190.
3532 CELERIO LINEATA-TATSIENLUICA, Obthr.; Tay-tou-ho et Tien-
3533 tsuen, frontière ori:ntale du Thibet.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 202.
En one LINEATA-LIVORNICOIDES, Lucas; N. W. Australie.
3535
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 202.
PLANCHE CDXViIII
N°5 3536. PERGESA PORCELLUS-COLOSSUS, Bang-Haas; Aïn-Draham en
Tunisie.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 206.
3537. Copie de la figure de la ZYGÆNA ALGIRA, Duponchel, telle
qu’elle est représentée sous le n° 6 de la PI. 7 dans le Supplé-
ment à l'Histoire Naturelle des Lépidoptères ou Papillons de
France, par J.-B. Godart; Crépusculaires, Supplément au
Fome’LEl:
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 226.
3538. Chenille de la ZYGÆNA SERIZIATI, Obthr.; de Philippeville,
élevée ab ov0, préparée le 22 avril 1913.
Etud.'Lépid: comparée; Nol. XIIS Texte, p.221, 222.
3539
à ; THAUMETOPOEA HERCULEANA, Rambur.
3548 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 253 à 261.
Les n°% 3539 ©, 3545 ©, 3548 Q proviennent d'Espagne,
ex coll. Vazquez, de Madrid.
Les n% 3540 O0, 354110, 3543 O, 3546 OQ, 3547N0 viennent
d'Aflou, où ils ont été obtenus en août, septembre et octobre
1911.
Le n° 3542 O' a été recueilli à Sebdou, en septembre 1907.
Le n° 3544 O' a été capturé à Tanger par feu Olcèse.
Nos
Nos
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 37
PLANCHE CDXIX
3549
3550 | ORGYIA -JOSEPHINA O', ©, O', ©, Austaut; Alger (ex Holl;
3551 1001).
3552 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 261-263.
3553. ORGYIA DUBIA O', Tauscher; Russie mérid.
3554. ORGYIA DUBIA-TURCICA O', Lederer; Pont.
3555. ORGYIA DUBIA O', Larnaca; Ile de Chypre.
3556. ORGYIA DUBIA C'; Gafsa.
2557. ORGYIA DUBIA-ISOLATELLA GC, Strand; Dijebel-Ichali, près
Lambèse.
3558. ORGYIA DUBIA J'; Lambèse.
. ORGYIA DUBIA-ORANA GC, O', Powell; Aflou; juin 1911.
5
3561
3562 | ORGYIA DUBIA-ORANA O', O, d', Powell; Sebdou; mai 1007.
3563
3564. ORGYIA SPLENDIDA , Rambur; Tanger.
3565. ORGYIA SPLENDIDA O': Andalousie.
5560 ( ORGYIA SPLENDIDA , d'; Cuenca.
3567 \
3568. ORGYIA SPLENDIDA C'; Albarracin.
3569. ORGYIA SPLENDIDA-DESERTICOLA ©, Powell; Kebala.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 263-272.
PLANCHE CDXX
3570. ORGYIA SPLENDIDA-DESERTICOLA ©, Powell; Tadjmout.
3571. ORGYIA PAN-LACROIXI , Obthr.; Tuelagh (ou le Telagh)
(Oran).
3572
3573 { OrGyIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS Fr O0, CHOSES
EU Lambèse ; juillet 1912 et 1913.
3575
3576
3577. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS G'; Camp-des-Chênes;
4 juillet 1900.
38 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N°5 3578. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS O'; Aïn-Draham.
3579. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-HOLLI S', Obthr.; El-Biar.
ORGYIA ANCEPS O', ©, Obthr.; Tanger.
3580
Les TRIGOTEPHRAS SEBDOUENSIS ©, d, ©, ©, Obthr.;
3582 Sebdou. :
.
3584)
3585 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 273-280.
3586 } EUPROCTIS CHRYSORRHOEA-XANTHORRHOEA Œ et ©, Obthr. ;
3587 | Aïn-Draham.
ÆEtud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 281, 282.
PLANCHE CDXXTI
ss | CHONDROSTEGA TINGITANA GO et ©, Powell; Tanger.
3580 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 298 à 310.
3590
à MALACOSOMA LUTEA O', Obthr.
3594 Etud. Lépid. comparée ; Vol. XII; Texte, p. 319 à 325
Les n° 3590, 3591, 3592 ont été obtenus d’éclosion à Aflou,
en Juin 1911.
Le n° 3593 vient de Khenchela.
Le n° 3504 est éclos à Lambèse, le 3 juillet 1913.
3595. DIPLURA BRUNNEA ©, Obthr.; Lambèse, juillet 1913.
3596. DIPLURA SIMULATRIX Q, Chrétien; Gafsa (ex P. Chrétien).
3507. DIPLURA LOTI-VERNETENSIS ©, Obthr.; Vernet-les-Bains
(Pyrénées-Orientales).
Etud."Léhid. comparée: Nol:' XI /Texte; (p.225 4627
3598 | LasiocaMPA SERRULA-ÆGYPTIACA O et ©, Obthr.; Egypte:
3599 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 327 et 328.
PLANCHE CDXXII
N'® 3600 |
à (LASIOCAMPA TRIFOLI, Esper.
5604 La notice concernant Lasiocampa Trifolii est imprimée aux
pages 334 à 330 du Vol. XII des Ætudes de Lépidoptérologie
comparée.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 39
La Q n° 3600 vient d’Aflou, septembre 1911.
Le © n° 36o1 provient également d’Aflou, septembre 1911.
Le O n° 3602 a été pris dans la région d’'Aflou, en octobre
1011.
Les deux © n° 3603 et 3604, si différents l’un de Pautre,
ont été récoltés à Sebdou, en octobre 1907.
PLANCHE CDXXIII
à TLasiocAMPA TRIFOLI, Esper.
3609 La notice concernant Lasiocampa Trifolii est imprimée aux
pages 334 à 339 du Vol. XII des Etudes de Lépidoptérologie
comparée.
Le GO n° 3605 vient de Sebdou, octobre 1907.
Le O n° 3606 et la Q n° 3607 ont été obtenus à Lambèse,
en octobre 1913.
Le n° 3608 et la Q n° 3609 ont été capturés à Aïn-
Draham, en Tunisie.
PLANCHE CDXXIV
N° 3610. LASIOCAMPA TRIFOLI ©, Esper; Aïn-Draham.
3611. LASIOCAMPA TRIFOLH ©, Esper; Hussein-Dey.
3612. LASIOCAMPA TRIFOLI O', Esper; Lambèse.
3613. LasiocaMPA TRiroLIT ©, Esper; Hussein-Dey.
3614. LASIOCAMPA TRIFOLI-VAUCHERI d, Obthr.; Tanger.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 334 à 330:
PLANCHE CDXXV
N°5 3615. LASIOCAMPA TRIFOLIT-IBERICA O', Guenée ; Cadix.
3616. LasrocamMPA TRIFOLIT G, Esper; Madrid.
3617. LASIOCAMPA TRIFOLIT Q, Esper; Cadix.
3618. LAsiOCAMPA TRIFOLII-COCLES ©, Huebn.-Geyer ; Sicile.
3619. LASIOCAMPA TRIFOLII-SARDOA ©, Turati; Italie centrale; col-
lines de Macerata, Piceno, septembre 1912.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 338, 339.
40
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Nos
Nos
PLANCHE CDXXVI
3620. LASIOCAMPA TRIFOLII-SARDOA ©, Turati; Gennargentu (Sar-
daigne).
3621. LASIOCAMPA TRIFOLIH-RATAMÆ GC, Herr.-Sch.; Cognac.
3622
6 LASIOCAMPA TRIFOLI-MITFORDI et Q, Obthr.; Angleterre.
3923
3624. LASIOCAMPA AKRBESIANA Œ, Obthr.; Akbès.
L'aspect soyeux, avec un reflet métallique, des ailes du
papillon n’a pu être rendu par l’aquarelle qui fait paraître
les ailes mates, tandis qu’elles sont en réalité très brillantes
en dessus.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 330.
PLANCHE CDXXVII
3625. CHILENA OBERTHÜRI Q, Daniel Lucas; El-Outaya; juin 1910.
3626. CHILENA VIRGO Q, Obthr.; El-Outaya; juin 1910.
3627. CHILENA SENEGALENSIS ©, Obthr.; Kaolack (Sénégal).
3628. CHILENA LUCASI O', Obthr.; Beni-Ounif; mars 1912.
3629. CHILENA SORDIDA-CINERASCENS ©, Obthr.; Iolatan (Trans
caspie).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 339-342.
3630 ) PACCHYPASA LIMOSA-POWELLI O et ©, Obthr.; Aflou; juillet
3631 1014.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 343-346.
3032
à DREPANA BINARIA, Hufn.
3636 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 368-370.
Le Œ' n° 3632 est la variété Oranaria, Strand; Aflou; sep-
tembre 1911.
Le C' n° 3633 fait la transition entre Oranaria et Uncinula ;
Région de Lambèse ; mai et juin 1913.
Le C n° 3634 appartient à la variété l/ncinula, Borkausen.
Il provient de la région de Lambèse; il a été capturé avec
le précédent.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 41
Le O' n° 3635 est éclos à Rennes, le 5 avril 1885, d’une
chrysalide rapportée de Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orien-
tales).
Le O' n° 3636 a été pris aux lampes électriques des Triages
de Saint-Hélier, gare de Rennes, pendant l'été 1912.
PLANCHE CDXXVIII
N°5 3637. CILIX SPINULA-ASIATICA, Bang-Haas; Aïn-Draham (Tunisie).
3638. CILIXS TATSIENLUICA, Obthr.; Tâ-tsien-lou.
3639. CILIX SPINULA, Esper. ; Aïn-Draham.
3640. CILIX SPINULA-ASIATICA, B.-Haas; Akbès.
Etud Eépiiocomparee; Nol. XII; Texte, p: 370 et 371:
3641. SATURNIA ATLANTICA-MATHERI, Vallantin; Djidjelli.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 366, 367.
3642. DREPANA ROBUSTrA, Obthr.; Tâ-tsien-lou.
3643. DREPANA AGNA, Obthr.; Siao-lou.
3644. DREPANA BOUVIERI, Obthr.; Tà-tsien-lou.
3645. DREPANA OPALESCENS, Obthr.; Siao-lou.
3646. DREPANA OCELLATA, Obthr.; Siao-lou.
3647. DREPANA PULVIS, Obthr.; Siao-lou.
Pour les Drepanide des frontières thibétaines orientales,
voir : Ætud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 372-376.
PLANCHE CDXXIX
Les observations relatives aux Megalopygidæ sont impri-
mées aux pages 376 à 428 du Volume XII des Etudes de
Lépidoptérologie comparée.
La figuration qui se rapporte au Texte est présentée sur
les Planches CDXXIX, CDXXX, CDXXXI. Cinquante
exemplaires s’y trouvent figurés en couleurs. L’explication
de ces trois Planches est donnée comme suit :
N°5 3648
3649
: SOMABRACHYS ADHERBAL ©, ©, d, d', Obthr.
3950
3651 Les spécimens représentés sous les n° 3648 et 3649 vien-
nent d’Aflou (septembre et août 1911) ; les exemplaires figurés
sous les n° 3650 et 3651 ont été récoltés à Géryville, en sep-
tembre 1910.
N 08
N°s 3666
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
3652 } SOMABRACHYS ADHERBAL-NISSENI ©, d', Powell; Guelt-es-Stel
531 (octobre et novembre 1915).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 395 et 306.
6<4 \
. SOMABRACHYS MANASTABAL O', ©, ©, O',. Obthr.; Aflou et
. Géryville (septembre 1910 et 1911); seul le n° 3654 vient
. \ d'Aflou; les trois autres ont été capturés à Géryville.
ni Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 302-304.
3658
SOMABRACHYS MaAssiva , O', Obthr.; Aïn-Draham.
3059
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 3904 et 395.
3660 } SOMABRACHYS DUBAR ©, ©, Powell; Guelt-es-Stel (octobre
| no.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 396 et 3097.
3662 } SOMABRACHYS HIEMPSAL C', O', Obthr.; Khenchela (septembre
3663 \RaC août 1908).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 387-390.
3664 }) SOMABRACHYS GULUSSA ©, d', Powell; Lambèse (septembre
3665 1913).
PLANCHE CDXXX
/ SOMABRACHYS GULUSSA ©, d', d', Powell; Lambèse (septembre
3007
3665 | 1913):
Etud: Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 397-405.
66c
. ? | Sowasracuys ARCANARIA ©, ©, ©, Millière; Bône, Aïn-
70 À É ’
4 \ Draham, Glacières de Blidah.
3671 \
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 407 et 408.
3673 ( SOMABRACHYS HOLLI ©, ©, d, Obthr.; Hussein-Dey.
3674 | Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 408 et 400.
3675. SOMABRACHYS FUMOSA ©, Obthr. ; Géryville (septembre 1910).
Etud. Lépid. comparée; Nol. XII; Texte, p. 411 et 412:
676 \
…. SOMABRACHYS ALBINERVIS ©, ©, ©, Obthr.; Géryville (sep-
377? tembre 1010).
3678 \ É
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 412-415.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 4
QU)
N°5 3679 } SOMABRACHYS KHENCHELÆ O', O', Obthr. ; Lambèse (septembre
Nos
3680 1012)
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 416-418.
268 \
2 SOMABRACHYS KROUMIRA ©, ©, O', Obthr.; Batna et Aïn-
ss Draham. ;
“1 Le n° 3681 seul vient de Batna, où il a été pris en octobre
1910.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 418 et 410.
PLANCHE CDXXXI
3684 |
68
_. SOMABRACHYS CODETI O, Austaut.
. Les n°% 3684, 3685, 3687 viennent de Géryville; le n° 3686
F7) a été envoyé du sud de la province d'Alger.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 419 à 423.
3088 |
3689 | SOMABRACHYS CODETI-ATRINERVIS Œ', Obthr.; Géryville.
3690 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 419 à 423.
3691
3692 / SoMABRACHYS MiciPsA d', Powell; Lambèse, septembre et
3693 octobre 1913.
3094 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 423, 424.
3695 SOMABRACHYS INFUSCATA d, Klug.; Géryville; tous les deux
3696
9
élevés de la chenille et éclos en septembre 1910.
3697. SOMABRACHYS RAGMATA O', Chrétien; Gafsa; éclos le 9 sep-
tembre (ex P. Chrétien).
Etud. Lépid. comparée; Voi. XII; Texte, p. 424 à 428.
3698
3699
3700 ; PROCRIS CIRTANA, Lucas.
3701 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 237 à 230.
3702
/ Les n° 3608 ct 3699 O' et Q viennent d’Aïn-Draham, en
Tunisie.
Les n° 3700 et 3;o1 O', C' ont été rapportés de Lambèse.
Le n° 3702 Q a été pris à Hamman-Rhira.
44
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE CDXXXII
N°% 3703. PROCRIS CIRTANA ©, Lucas.
L'individu figuré est le spécimen-type d’/no Orana décrit
par Austaut, dans Ze Naturaliste du 15 septembre 1880.
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 238, 230.
PROCRIS TENUICORNIS et ©, Z.; Hongrie.
3706
3707
3708 | PRoCRIS TENUICORNIS, Z.
3709 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 239 à 242.
‘1h Les n° 3706 Cet 3707 Q viennent de Géryville, juin 1910.
7e Le n° 3708 O' a été pris à Khenchela, en juin 1908.
Les n°37009 .et 3710 © ont été recueillis tà ambèse, en
juin 1012.
Le n° 3711 Ca été capturé à Sebdou, en juin 1907.
3712,
TS
3714
SEE PROCRIS COGNATA, Rambur.
Al Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 232 à 237.
3124
3718 et mai 1913.
Fès n°3712 /et 5713 0; Ohont été pris à Pambèse, en avril
Les n°%S71%let 3715 Oet.C'viennent/de Aflou, mal Mo
Pestn%5716, 5717 3718 0% Ohet | O/ontlété recueillie
Andalousie, Grenade, mai 1804, et Sierra de Alfakar, juillet
1870.
3719 ) PROCRIS BELLIERT © et Q, Rambur; Girgenti (Bellier de la
3720 Chavignerie).
Etud. Lépid. comparée; Nol. XII; Texte, p. 237.
PLANCHE CDXXXIII
N°: 2:
STE de ALCON Cet ©, Huebner; Alpes-Maritimes.
3722
3723
3724 | LYCÆNA ALCON C', ©, ©, Q, Huebner; Environs de Rennes;
| août 1916.
3720,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 45
Nes
N°s
3727 \
.
TAABLYCaNA ARION ©, 6, 0, 0, 6, ©, Linné:
5790
3731 \ Le O n° 3727 vient de Gèdre; le O' n° 3728 vient de Plé-
3732 | châtel (Ille et-Vilaine) (juillet 1916) ; la Q n° 3729 a été prise
à Pont-l'Abbé-Lambour (Finistère); le ©, — var. obscura,
comme les deux suivants, — n° 3730, m'a été envoyé de
Zlatoust (Oural méridional); le G' n° 3731 a été capturé à
Zermatt; la Q n° 3732 fut prise à Fusio (Suisse).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 484-487.
PLANCHE CDXXXIV
3733. LYCÆNA ARION-OBSCURA d, Frey; Alpes-Maritimes, dans la
montagne.
2575
N°s
3735 | LYCÆNA ARION-LIGURICA ©, d, ©, 9, Obthr.; Alpes-Mari-
3736 times, sur le littoral.
3737 \
3738. LYCÆNA ARION-VERNETENSIS ©, Obthr.; Vernet-les-Bains
(Pyrénées-Orientales).
3739. LYCÆNA ARION-MAJOR ©, Obthr.; Atzwang, près Bozen.
3740. LYCÆNA ARIONIDES Q, SIgr.; Ussuri.
3741 |
3742 | LycÆNA CYANECULA O', ©, d, Eversmann.
3743 Les n% 3741 et 3742 viennent du Turkestan; le n° 3743
a été rapporté du Nord de la Chine.
3744. LYCÆNA DIVINA, Fixsen; Séoul (Corée).
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 484-487.
PLANCHE CDXXXV
3745. TRICHOSOMA BÆTICUM-ALBESCENS G, Obthr. ; Lambèse,
décembre 1913.
3746. TRICHOSOMA BÆTICUM-RAMBURI ©, Obthr.; San Fernando
(Andalousie), ex Graslin.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N°S 3747. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-FLAVIDA, Obthr.; Lourdes (Hau-
Nos
tes-Pyrénées), 15 juillet 1901.
374$. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA, Linné; Lourdes, 15 juillet 1901.
3749. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA, Linné; Angleterre, ex coll.
Howard Vaughan. (L'étiquette porte comme localité
Lyndhurst.)
3750. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-BOREALIS, Stgr. ; Nord de l’Ecosse.
3751. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-KROUMIRA, Obthr.; Aïn-Draham,
en Tunisie.
3752
3753 : LITHOSIA UNIOLA, Rambur.
5150) Le n° 3752 vient d'Aflou, septembre 1911; le n° 3753 a été
pris à Aïn-Draham; le n° 3754 vient de Sebdou (octobre
1007).
3755. LIiTHOSIA BECKERI, Guenée; Russie méridionale; collection
Guenée, ex Ménétriès.
3756. LITHOSIA BIPUNCTA, Huebner, Tanger.
3757 |
758 \
LITHOSIA PLUMBEOLA, Huebner; Lambèse, juin 1912.
Les notices concernant les Lépidoptères figurés sur la
Planche CDXXXV sont imprimées dans le Vol. XIII des
Etudes de Lépidoptérologie comparée.
PLANCHE CDXXXVI
3759 ) LITHOSIA SORDIDULA, Rambur; EI Outaya, mai 1910 et Géry-
3700 ville, juin 1910.
76
so ( Lrrrosia PYGMÆOLA, Doubleday ; Aïn-Draham, en Tunisie.
3/02
76
3773 | LITHOSIA CANIOLA, Huebner; Aïn-Draham et Lambèse.
3764 \
256€ \
ie LITHOSIA PYGMÆOLA, Doubleday; Angleterre.
37
. | EaRras ALBOVENOSANA, Obthr.; deux papillons et chrysalide
de l’un d'eux; Aïn-Draham et Lambèse.
3709
3770. HOLCOCERUS FAROULTI, Obthr.; El-Outaya, juin 1910.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47
N°5 3771. HEPIALUS TUNETANUS, Obthr.; Aïn-Draham.
3772 ) DYSPESSA KABYLARIA Q cet C'; Bang-Haas; © Khenchela;
3773 o' Fedjedj.
7
3775 | DYSPESSA MARMORATA, Rambur; Hammam-Rhira.
3776 |
_. DYSPESSA SUAVIS, Stgr.: Biskra et El-Outaya.
37
Le n° 3777 est l’exemplaire qui a été vendu par feu Otto
Staudinger. C'esthun co-type dé l'espèce; le n0,37781a été
recueilli à El-Outaya, en mai 1910, par Faroult.
Les notices concernant les Lépidoptères figurés sur la
Planche CDXXXVI sont imprimées dans le Vol. XIII des
Etudes de Lépidoptérologie comparée.
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Diagnoses de CASTNIES nouvelles
et rectification
de quelques noms indûment employés
Pan CNEAOULRERT;
Professeur à l’Université de Rennes.
En étudiant les Castmies de la collection de M. Charles
OBERTHÜR, nous avons rencontré un certain nombre de morphes
qui ne répondent à aucune des figurations aujourd’hui connues,
ni à aucune des descriptions établies. La plupart de ces morphes
sont certainement nouvelles. Pour des raisons qui nous échap-
pent, quelques-unes, quoique ayant fait partie des anciennes
collections de BOISDUVAL et de GUENÉE, sont toujours restées
inédites.
Les pages qui suivent ont pour but de faire connaître ces
espèces nouvelles, en attendant la publication prochaine d’un
travail plus étendu où elles seront toutes représentées et où leur
position systématique sera discutée par rapport au groupe tout
entier.
Nous reproduisons ici, à l’aide de la photographie, quelques-
unes des formes les plus remarquables, afin de montrer que nos
descriptions sont appuyées sur des bases concrètes et indiscu-
tables.
50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Castnia Guyanensis, sp. nov. (PI I, Fig. 1).
Tête, thorax et abdomen d'un brun fauve uniforme, un peu
plus clair en dessous; les yeux sont très saillants, bordés en
arrière d’un liséré très fin de poils argentés; les antennes sont
longues, d’un brun rougeûtre et atteignent environ la moitié de
la marge antérieure de l'aile ; leur massue, graduellement
épaissie, se termine par une pointe recourbée et ornée d’un fais-
ceau de poils divergents.
Les ailes antérieures sont triangulaires, et leur marge est arron-
die dans la région de l’angle apical; la nervure subcostale, très
saillante, forme une sorte de carène en avant de laquelle le bord
costal, dans les deux tiers inférieurs de l’aile, est déprimé et
rabattu. La couleur générale est un brun fauve sensiblement uni-
forme, très légèrement roussâtre avec, cependant, une tonalité
brune un peu plus accentuée dans la région moyenne du disque;
le long du bord externe on distingue quelquefois une bande assez
large, légèrement cendrée; la frange est blanchâtre. Il existe sur
l’aile deux bandes claires d’un blanc crème, l’une oblique, à peu
près rectiligne, part du bord antérieur un peu au-dessous du
milieu et traverse le disque en se dirigeant vers l’angle interne;
cette bande se termine à un point blanc arrondi, faisant partie
d’une ligne d’autres points semblables disposés parallèlement
au bord externe. La deuxième bande blanche occupe la région
de l’angle apical; elle n’est pas continue comme la première,
mais formée de points disposés ex #n arc régulier dont la con-
vexité est tournée vers l’intérieur de l’aile.
Les ailes inférieures sont arrondies, d’un brun un peu plus
foncé que les supérieures; elles portent, dans les deux tiers de
leur base, de longs poils bruns très soyeux; dans leur tiers exté-
rieur, entre la limite des poils et le bord marginal, se voient deux
séries concentriques de taches blanches disposées dans les inter-
côtes et dont les plus larges sont dans les espaces internervuraux
médians.
En dessous, le dessin des ailes supérieures est identique à celui
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE SI
du dessus ; le dessous des inférieures est d’un roux jaunâtre uni-
forme; les points blancs sont, en général, beaucoup moins bien
marqués qu'en dessus.
La collection de M. Charles OBERTHÜR renferme trois OO
recueillis dans la Guyane française par Constant Bar; pour deux
d’entre eux, l’étiquette de provenance porte la mention : Cayenne.
Castnia Amazonensis, sp. nov. (PI. IT, Fig. 2).
Tête, thorax et abdomen d’un brun foncé olivâtre, le dessous
un peu plus clair; les antennes sont d’un brun noir, mais leurs
massues sont rougeâtres en dessous et à la pointe.
Ailes antérieures triangulaires avec leur marge arrondie dans
la région de l’angle apical; la nervure subcostale est aussi très
saillante, et en avant, le bord antérieur de l’aile est rabattu. La
coloration fondamentale est le brun olivâtre avec des parties
beaucoup plus foncées sur le disque. Il existe aussi deux bandes
claires; la première traverse obliquement la région médiane du
disque dans la direction de l’angle interne; la deuxième, au-des-
sous de la courbure apicale, est discontinue; elle se relie, du côté
du bord externe, à quelques points blancs très imégalement déve-
loppés ; du côté interne, elle s’élargit ex une macule triangulaire
transparente, traversée par les 3° et 4° branches de la subcostale
(fig. 2); on voit, le long du bord externe, une bande régulière
assez large, un peu plus claire que toute la région discoïdale.
Les ailes inférieures sont arrondies; elles offrent les mêmes
caractères que dans l’espèce précédente, sauf que les points blancs
internervuraux de la bande interne s’élargissent en s’approchant
du bord antérieur. En dessous, le dessin des ailes supérieures est
le même qu’en dessus; pour les inférieures, la coloration est d’un
fauve roussâtre uniforme, mais les points blancs sont beaucoup
moins bien marqués qu’en dessus.
Nous avons étudié quatre magnifiques exemplaires de cette
espèce dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, trois GO
G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
et une © ; tous ont été récoltés, en mai et juin, dans la région du
Haut-Amazone par M. de Mathan, les uns aux environs de Santo-
Paulo-d’Olivença, à la frontière occidentale du Brésil, les autres
à Caballo-Cocho, par conséquent en territoire péruvien.
Castnia Boliviensis, nom. nov. (— Geron Preiss, zec Kollar).
Nous montrerons, dans un prochain travail, que l’espèce décrite
et représentée par P. Preiss dans : Neue und seltene Arten des
Lepidopteren-Genus Castnia, p. 7, Taf. IL, fig. 3, sous le nom de
Geron, n’est pas Gercx Kollar. L’acceptation toute allemande
de cette erreur par M. le D' E. Strand dans l’ouvrage de Seitz
n'y peut rien changer; nous sommes donc obligé d'imposer une
appellation nouvelle à cette espèce; et, pour rappeler son origine,
nous la désignons sous le nom de C. Boliviensis.
C. Oberthüri, sp. nov. (PI. III, Fig. 3).
Tête, thorax et abdomen bruns; les yeux sont, comme de cou-
tume, très saillants et les palpes dépassent à peine le niveau du
front; les antennes sont également d’un brun foncé, à massue
longue, plus pâle en dessous, et terminées par une petite pointe
courbée en dehors.
Pattes postérieures à tarses noirs.
Ailes supérieures triangulaires, à bord externe régulièrement
courbé; en avant, le bord costal s’arrondit très notablement dans
la région de l'angle apical; le dessus des ailes est d’un brun
velouté très foncé avec des reflets d’un vert chatoyant, il est tra-
versé par une étroite bande jaune commençant un peu en arrière
du bord costal et venant aboutir au bord postérieur (fig. 3);
une petite macule allongée jaunâtre s’observe vers la limite des
cellules discoiïdales.
Les inférieures, en dessus, ont la même couleur fondamentale
que les supérieures; elles sont traversées en écharpe par une
bande jaune allant du bord antérieur jusqu’à l’angle anal; cette
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 53
bande, si on la suit de l’avant vers l’arrière, comprend d’abord
trois gros points arrondis ou rectangulaires (le 1° transverse);
vient ensuite une chaînette de trois festons à concavité tournée
vers le bord externe, puis enfin, pour terminer, une bande
sinueuse, légèrement irrégulière, s’étalant dans la région de
l’angle anal où elle finit par un pointillé diffus. En dehors de
cette bande oblique médiane, se trouve, dans les espaces intra-
nervuraux, une succession de six gros points arrondis, jaunes,
disposés parallèlement au bord externe.
En dessous, la coloration est la même qu’en dessus, mais avec
un mélange d'’écailles rouges plus abondant aux ailes infé-
rieures; le dessin des ailes supérieures est le même qu’en dessus,
mais le point discoidal, qui est quelquefois peu apparent ou tota-
lement effacé, a d’autres fois nettement la forme d’un 1; de plus,
il existe, en dehors de la bande jaune, une série de sept à huit
macules jaunâtres, alignées parallèlement au bord externe, et
dont les deux plus grosses sont 2 et 3, en comptant à partir de
l’angle interne.
Aux inférieures, la bande médiane oblique est maculaire dans
toute son étendue.
En résumé, C. Oberthiri est exactement construit sur le même
plan que Cacica; la seule différence essentielle réside dans ce
fait que la bande médiane oblique des ailes postérieures est
beaucoup plus étroite chez Oberthüri et qu'il existe six gros
points jaunes le long du bord externe, alors qu’on n’en compte
que cinq (rouges) chez Cacica.
Il n’est que trop juste de dédier cette magnifique espèce à
M. Charles OBERTHÜR, qui nous a permis de l’étudier dans sa
splendide collection.
Plus de trente exemplaires existent dans la collection Ch:
OBERTHÜR; tous proviennent de Balzapamba et de Zaruma,
Equateur, c’est-à-dire des régions les plus chaudes de l’Amé-
rique du Sud.
64 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉÉ
Castnia Amethystina ©, sp. nov.
Tête, thorax et abdomen couverts d’écailles brunes et de poils
écailieux en dessus; en dessous, la coloration est légèrement
modifiée par la présence d’écailles rouges au bord postérieur des
sternites abdominaux.
Les ailes, en dessus, sont d’un brun noirâtre très foncé; l’exis-
tence, sur les supérieures, d’écailles rouges mélangées leur donne
un ton olivâtre un peu différent des inférieures.
Les ailes supérieures sont nettement triangulaires avec leur
bord antérieur arrondi dans la région de l’angle apical; une
bande jaune, de deux millimètres de large dans sa moitié anté-
rieure, les traverse dans une direction à peu près perpendiculaire
au bord postérieur; cette bande, sensiblement droite, part de la
courbure apicale et va aboutir dans la région de l’angle interne;
il existe un point discoidal très petit en forme de croissant.
Les ailes inférieures sont arrondies et traversées obliquement
par une bande bleuâtre à reflets d’améthyste; cette bande, qui
part du bord antérieur, s’élargit dans sa partie médiane et vient
se terminer en pointe fine dans le voisinage de l’angle anal; dans
la région radiculaire de l’aile, surtout le long du bord abdominal,
on voit deux épais faisceaux de poils écailleux, analogues à ceux
qui recouvrent les deux premiers tergites abdominaux.
En dessous, les quatre ailes présentent un semis d’écailles
rouges beaucoup plus abondant qu’en dessus; aux supérieures,
la bande jaune transversale se retrouve, mais elle est un peu plus
large et dégradée du côté du bord externe; le point discoïdal
est linéaire; aux inférieures, la bande bleue est remplacée par
une raie noirâtre, peu distincte mais de même orientation.
Malgré sa coloration générale qui est très foncée et le point
discoïdal beaucoup plus petit, cette espèce est celle qui se rap-
proche le plus de Papilionaris Walk-Westw.; l'étiquette qui
l’accompagne indique comme provenance Panama; cette origine
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE DE
n’a rien d’invraisemblable, toutefois c’est le seul représentant
de ce beau groupement signalé en dehors du territoire de la
République de l’Equateur.
Castnia Ambatensis ©, sp. nov.
Tête et thorax couverts de poils écailleux d’un brun olhvâtre
très foncé; abdomen conique, de même coloration que le thorax.
Ailes antérieures triangulaires arrondies, d’un brun olivâtre
velouté; frange blanche; une bande jaune, étroite et légèrement
courbée, les traverse; cette bande, qui part un peu avant la cour-
bure apicale, est continue quoique formée d’une série d’arcs
internervuraux à convexité externe; sa largeur, qui ne dépasse
pas un millimètre, est beaucoup plus faible que dans l’espèce
précédente. Il existe un point discoïdal ovoide.
Les ailes inférieures sont d’un noir velouté; elles sont aussi
traversées obliquement, à peu près dans leur milieu, par une bande
plus claire, d’un bleu violacé, sensiblement parallèle au bord
externe; la frange est brune. Contrairement à ce qu’on observe
chez Papilionaris et chez Amethystina, la bande bleue possède
la même largeur dans toute son étendue et n’est pas dilatée en
son milieu.
En dessous, la coloration fondamentale est le roux olivâtre
avec un mélange plus ou moins abondant d’écailles rouges oran-
gées; aux supérieures, la bande jaune et le point discoïdal sont
bien marqués, plus larges qu’en dessus ; aux inférieures, une
bande brunâtre, un peu sinué: en avant, correspond à la bordure
interne de la fascie bleue.
Pattes d’un roux brun orangé; tarses postérieurs noirs.
En résumé, cette espèce est caractérisée par l’étroitesse et la
courbure des bandes bleues et jaunes qui ornent ses ailes.
L’exemplaire unique, ©, de la collection Charles OBERTHÜR
a été recueilli par J. Stolzmann dans la vallée du Pastaza, pro-
vince d'Ambato (Equateur).
50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Castnia Velutina, sp. nov.
Cette magnifique Castnie est certainement l’un des plus beaux
représentants de la souche phylétique Papilionaris.
Les quatre ailes sont d’un brun noir velouté très franc; cepen-
dant, les supérieures, sous une certaine incidence, accusent une
tonalité olivätre qui tranche un peu sur le noir des inférieures;
chez les mâles, le bord externe est assez notablement excavé au-
dessous de l’angle apical.
Les ailes supérieures sont traversées par une bande jaune, dont
la largeur dépasse à peine un millimètre; cette bande est droite;
elle part de la courbure apicale pour se terminer à environ un cen-
timètre du sommet de l’angle interne; le point discoïdal est petit;
la frange est jaune.
Les ailes inférieures, d’un noir profond, sont traversées, aux
deux tiers de leur étendue, par une bande bleue, légèrement
élargie en son milieu; cette bande est maculaire dans sa partie
antérieure et s’atténue en pointe très fine dans la région de
l’angle anal ; sur certains exemplaires, on observe, le long du
bord externe, quelques îlots peu distincts d’écailles rouge
orangé qui rappellent la maculature marginale du groupement
Cacica; cependant ici, cette maculature ne se développe Jamais
au point de devenir un caractère essentiel de l’espèce; la frange
des inférieures est noire.
En dessous, comme chez les espèces précédentes, on trouve des
écailles rouge orangé en assez grande abondance; la bande
jaune et le point discoidal sont bien développés aux antérieures,
et, le long du bord externe, s’ajoute même, chez les GO, une série
de sept ponctuations rougeàtres dans les espaces internervuraux;
aux inférieures, la bande noire qui suit le bord interne de la fas-
cie bleue est bien visible; elle se termine, dans la région de
l’angle anal, par deux petits arcs clairs exactement placés sur le
prolongement de la bande bleue qui existe en dessus.
Cette espèce a été reçue de Guayaquil qui est, comme on le
sait, le grand port d'exportation de la République de l’Equateur;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 7
mais il est probable qu’elle vient de l’intérieur du pays, c’est-à-
dire des régions sylvatiques situées à l’est de la chaîne des
Andes.
Castnia Affinis, sp. nov.
Comme dessin et comme coloration, cette espèce ressemble tout
à fait à C. Salasia Boisd. Elle en diffère toutefois, aussi bien
chez les d' que chez les ©, par l’absence du reflet violacé sur le
contour de la tache blanche aux ailes inférieures; l’unique
femelle que nous avons pu étudier présente, en outre, sur la bande
et sur les taches blanches des antérieures un reflet rosé que nous
n’avons rencontré chez aucune autre espèce.
Castnia afhnis est aussi de Colombie, comme Æumboldh, mais
ses quatre ailes ont une coloration d’un brun marron à peu près
uniforme, tandis qu’elles sont nettement bicolores chez Awm-
bold£i.
Castnia Ecuadorensis, sp. nov.
Encore une morphe de la section Æwnboldti et l’une des plus
répandues semble-t-11.
Nous avons sous les yeux, dans la collection de M. Charies
OBERTHÜR, douze exemplaires G'O' et deux Q Q; tous provien-
nent de la République de l’Equateur, provinces de Rios et de
Bolivar.
Chez les femelles, on trouve, comme toujours, sur les ailes
antérieures, une bande oblique d’un blanc jaunâtre partant du
bord costal et aboutissant dans la région de l’angle anal, puis
une bande maculaire sinueuse, formée de cinq taches blanches
un peu en dehors, du côté de l’angle apical; aux inférieures, la
tache blanche est, dans son ensemble, plus étroite que dans l’es-
pèce précédente.
Chez les mâles, la tache blanche des ailes inférieures est tout
à fait identique à celle qui existe chez les ©, mais, aux ailes
55 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
supérieures, la bande oblique et les taches maculaires de l’angle
apical ne sont indiquées que par des silhouettes grisâtres. La
coloration fondamentale des quatre ailes est le brun marron uni-
forme comme chez À fans.
Le D" Strand a signalé, sous le nom de Defasciata, une forme
d' qui pourrait être voisine de l’espèce que nous venons de nom-
mer, malheureusement, comme cette forme n’est pas figurée et
que sa provenance n’est pas indiquée, 1l nous est impossible de
savoir à quelle morphe de la section Zumboldti il convient de
la rapporter.
Castnia Newmanni Guenée, nom. ineditum.
Nous trouvons sous ce nom, dans la collection de M. Charles
OBERTHÜR, une curieuse espèce inédite ayant appartenu autre-
fois à Achille Guenée. Par sa coloration d’un Jaune roussâtre
très franc, cette espèce ne ressemble à aucune autre de la section
Humboldti, pourtant c’est le même dessin et le même faces
général.
Chez les femelles, la bande transversale oblique des ailes anté-
rieures est large et bien marquée; 1l en est de même des taches
maculaires de l’angle apical; aux inférieures, la tache blanche
présente la même forme et la même disposition que chez Afhnis.
En dessous, on retrouve la coloration Jaune roussàtre du dessus
avec le dessin de toutes les morphes du même groupe.
Chez les mâles, la coloration des quatre ailes en dessus est
également le jaune roussâtre, mais la bande transversale oblique
et les taches de l’angle apical ne sont plus représentées que par
une vague teinte grise. La tête, le thorax et la partie antérieure
de l’abdomen sont recouverts de poils bruns; l’extrémité posté-
rieure de l’abdomen est d’un blanc grisâtre.
Guenée attribue, comme patrie, à cette espèce la Colombie avec
an point de doute; mais il n’a connu que la femelle; les deux
mâles que nous avons pu, en outre, étudier dans la collection
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 59
OBERTHÜR viennent de Matachin (Panama); la concordance des
localités est suffisante pour nous montrer que nous sommes
encore en présence d’une espèce bien tranchée et probablement
très localisée de l’ Amérique centrale.
Castnia Albomaculata, sp. nov. (PI IV, Fig. 4).
Cette belle Castnie, dont la coloration générale est le brun
noir velouté, a été certainement Jusqu'ici confondue avec Zzcus
et Licoides selon Boisduval. Voici ses caractères différentiels les
plus tranchés.
Maäles et Femelles. — Tête, thorax et première moitié de
l'abdomen bruns en dessus; à sa partie postérieure, l’abdomen
devient grisâtre et cette coloration est celle qu’on retrouve sur
tout le corps en dessous; antennes brunes un peu rougeûtres à
l’apex.
Les quatre ailes sont d’un brun noir velouté chatoyant,
rehaussées d’un magniñique reflet vert violacé lorsqu'on les
regarde à l’opposé de la lumière. Aux antérieures, 1l existe tou-
jours, aussi bien chez les G' que chez les ©, deux bandes blanches,
l’une oblique, transversale, assez large, courbée à son bord externe
et irrégulièrement sinuée; la seconde, dans la région de l’angle
apical, est formée de 5-6 taches blanches, disposées en deux
groupes, l'un touchant le bord costal, l’autre plus bas, un peu
en dehors et orienté en sens inverse; chez les Q Q, les taches
blanches sont toujours beaucoup plus petites que chez les SO
(PI. IV, fig. 4); la frange est blanche, au moins dans la région
de l’angle interne.
Aux inférieures, on trouve la bande blanche caractéristique du
groupe, mais ici cette bande s’élargit relativement peu en arrière
et, du côté de la racine de l’aïle, es presque rectiligne; du côté
externe, la bande blanche est sinuée dans les espaces interner-
vuraux et devient maculaire en se rapprochant du bord antérieur.
Près du bord externe, on voit 5 taches rouges dont deux plus
grandes; la 5°, près du bord anal, est très petite.
60 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
En dessous, nous retrouvons le même dessin qu’en dessus; tou-
tefois, aux premières ailes, les trois taches antérieures de la bande
blanche apicale sont au contact et forment une bande continue,
tandis que les trois autres restent toujours séparées. Aux ailes
secondes, toute la région de l’angle radiculaire est d’un gris
brun cendré beaucoup plus accentué que dans les autres espèces ;
seules, les deux grandes taches rouges du bord externe transpa-
raissent en dessous; très souvent, surtout chez les Q qui ont
pondu, l’oviscapte est très saillant à l’extrémité postérieure de
l’abdomen.
Ainsi donc, dans cette espèce, les caractères extérieurs des Of
et des Q sont identiques, et, aux ailes antérieures, /a bande
blanche maculaire de l'angle apical est toujours visible en
dessus, tandis que chez toutes les autres espèces de la section
Licus, que nous connaissons, les taches maculaires de l’angle
apical sont peu visibles ou complètement obsolètes.
Cette superbe Castmie est originaire des régions nord et nord-
occidentales du Pérou et du Brésil; elle semble habiter les
grandes plaines forestières de la vallée du Haut-Amazone et de
quelques-uns de ses affluents; M. de Mathan l’a rencontrée à Iqui-
tos et à Chanchamayo (PÉROU), à Cananche (COLOMBIE) et à
Santo-Paulo-d’Olivença (BRÉSIL).
On la distinguera, à première vue, de toutes les autres espèces,
ses voisines, par sa belle coloration brune, presque noire et par
le bord interne de la tache blanche des ailes inférieures, presque
droit et non courbé en S ouvert comme dans les autres espèces.
Nous trouvons, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR,
six exemplaires de cette belle espèce, quatre G'Œ et deux Q Q.
CASTNIA LICOIDES, Rubromaculata, var. nov.
Nous trouvons au Brésil, région du Matto-Grosso et dans les
Andes de Bolivie, une variété très remarquable du Cast. Licoides
Boisd.; nous lui donnons le nom de *Àybromaculata à cause de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 61
la tache rouge orangée qui se trouve à l’extrémité de la bande
blanche des ailes inférieures, dans la région de l’angle anal.
Cette tache, qui peut être plus ou moins étendue, suivant la taille
des exemplaires n’est pas le seul caractère distinctif de cette
très intéressante variété.
En dessus, tant aux ailes supérieures qu’aux ailes inférieures,
nous retrouvons tous les caractères essentiels de Cast. Licoides
type; le long du bord externe des inférieures existent les six
ou sept taches rouges de la race brésilienne, mais la tache blanche
qui traverse le disque, le plus souvent, n’atteint pas le bord anal;
elle en est séparée par une tache ovale rouge orangée (1).
En dessous, aux antérieures, nous retrouvons aussi les deux
bandes blanches caractéristiques, mais avec un reflet violacé; la
bande sinuée de l’angle apical est ici continue; quant aux petites
taches, au nombre de quatre ou cinq, qui courent parallèlement
au bord externe, elles sont ici entièrement rouges ; aucune d’elles
n’est blanche, pas même les supérieures comme cela se voit dans
les autres races de Zzcoides.
Deux exemplaires dans la collection Ch. OBERTHÜR.
Castnia Macularifasciata, sp. nov.
Nous rattachons encore à la souche phylétique Fumboldii
une morphe très remarquable de la Guyane française, caracté-
risée surtout par ce fait que la bande blanche transversale des
ailes antérieures, au lieu d’être continue, est formée de taches
séparées et de grandeur inégale, d’où le nom de Macularifas-
ciata.
Les ailes antérieures sont d’un brun olivâtre et marquées de
deux bandes blanches obliques; la première de ces bandes tra-
verse l'aile à peu près en son milieu, du bord costal à l’angle
interne; elle est formée de deux gros points blancs, suivis de
cinq autres plus petits, alignés et presque contigus; la seconde
(1} Dans les exemplaires les plus petits, cette tache rouge est seulement indi-
quée.
G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
bande, dans la région de l’angle apical est presque continue mais
n'atteint pas le milieu du disque.
Les ailes inférieures sont traversées obliquement par une bande
continue d’un blanc pur mais assez étroite et s’élargissant à
peine en arrivant vers l’angle anal. Quelques taches d’un rouge
orangé pale le Iong du bord externe.
Le dessous des ailes supérieures est brun, mais les deux bandes
blanches, correspondantes à celles du dessus, y sont mieux mar-
quées et presque continues.
Le dessous des inférieures est d’un blanc grisâtre avec la
même bande blanche qu’en dessus.
Nous ne trouvons malheureusement, dans la collection de
M. Ch. OBERTHÜR qu’un seul exemplaire femelle et un peu
défraichi de cette très curieuse espèce.
Les mâles nous sont inconnus.
Castnia Icaroides, sp. nov.
Nous avons sous les yeux, dans la collection de M. Charles
OBERTHÜR, un exemplaire parfaitement typique de cette espèce,
c’est le mâle dont Boisduval a parlé dans le Species, p. 504, et
qu’il rapporte à tort à /carus. D'autre part, si nous tenons compte
de la forme arrondie du bord externe des ailes antérieures, nous
pouvons admettre que la fig. 2 donnée par M. Karl JORDAN, dans
les Movitates zoologicæ, 1906, Vol. XIII, PI. X, représente très
probablement une femelle de la même morphe; les deux sexes
nous sont donc connus, l’un en nature, l’autre iconographique-
ment.
Aüïles antérieures triangulaires d’un brun chocolat légèrement
olivâtre, coupées droit ou même un tout petit peu excavées au
bord externe; il existe, sur le disque, deux bandes blanches trans-
versales obliques; l’une, en forme de fuseau, est placée dans le
tiers inférieur; elle part du bord costal et se dirige vers l’angle
anal, qu’elie n’atteint pas; l’autre, un peu au delà du mieu de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 63
l’aile, n’atteint pas non plus le bord externe; sur presque tout
leur pourtour, ces deux bandes blanches sont ornées d’un petit
liséré rouge; tout du long du bord postérieur, de la racine à
l'angle interne existe une bande d’un châtain plus clair.
Les ailes inférieures sont entièrement rouges; le long de la
marge externe existe une bordure noire continue, diminuant pro-
gressivement de largeur et disparaissant dans la région de l’angle
anal; sur le disque, dans les espaces internervuraux, existent trois
séries de macules noires, bien séparées, les unes ovales, les autres
en forme de chevrons ou de croissants; dans la région antérieure,
on voit en outre trois points blancs intercalés.
Le dessous, dans l’ensemble, reproduit les dessins que nous
avons trouvés en dessus; mais aux antérieures 1l existe trois
bandes blanches obliques séparées par des fascies noires; aux
inférieures, en opposition avec les taches blanches du dessus, se
voient trois bandes rectangulaires contiguës.
La frange des quatre ailes est grisâtre, finement bordée de
noir à sa base; l’abdomen est rouge brique en dessus, d’un gris
fauve en dessous.
Notons que, dans l’espèce Zcarus, l’abdomen, en dessus, est
d’un brun rougeâtre aussi bien chez le mâle que chez la femelle.
L’exemplaire unique, provenant de l’ancienne collection BOIS-
DUVAL, et qui a servi à établir cette description, ne porte pas
d’étiquette de provenance. D’après l'indication du Spectes, il
est raisonnable de penser qu’il vient du Brésil; l’échantillon
presque identique (qui nous paraît être une femelle), représenté
par M. Karl Jordan, in Novitates Zoologice, 1906, PI. X, fig. 2,
provient du Paraguay.
I] serait désirable d’avoir des renseignements plus nombreux
et plus précis sur l’habitat de cette curieuse espèce.
Castniäa Jordani, sp. nov.
Ailes antérieures d’un brun olivâtre, triangulaires, mais légè-
rement arrondies à leur bord externe; comme dans l’espèce pré-
04 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
cédente (/caroides, Houlb.), 1l existe deux bandes blanches trans-
versales obliques bordées intérieurement d’un fin liséré rouge.
Les ailes inférieures sont presque entièrement rouges; 1l existe
aussi, à leur bord externe, une étroite bande noire continue, mais
cette bande se termine brusquement avant l’angle anal, au lieu
de diminuer progressivement; les taches noires qui ornent le
disque sont les unes arrondies en avant, les autres en forme de
bandelettes arquées limitant des ovales incomplets. Dans la par-
tie antérieure, les six prerniers espaces internervuraux sont ornés
de taches blanches allongées, et trois petites taches de même
couleur se voient encore près de l’angle anal. L’abdomen est
d’un brun olivâtre en dessus, avec un faisceau de poils rouges
à son extrémité.
Cette morphe, sans aucun doute, appartient à la souche phy-
létique /carus, cependant elle ne présente jamais, comme l’/carus
type de Cramer, la 3° bande blanche de l’angle apical, en dessus,
aux ailes antérieures, c’est pour cela que nous la distinguons du
tvpe; comme elle ne peut pas, non plus, dériver d’Zcaroides, il
ne nous restait d’autre ressource que d’en faire une espèce spé-
ciale. Nous pensons que les découvertes de l’avenir confirmeront
notre manière de voir, mais nous serions heureux de voir M. Jor-
dan reprendre lui-même l’étude de la curieuse espèce qu’il nous
a, le premier, fait connaître.
Nous sommes aussi d’avis que, lorsque la coloration blanche
envahit toute l’aile inférieure, nous sommes en présence de la
variété Endelechia signalée par Herbert Druce.
Castnia Evaitheformis, sp. nov. (— Ævalfhe, Boisd. p. part.
Species des Lépidopt. Hétérocères, p. 514 et Auct.).
Nous donnons ce nom aux morphes de la Guyane française
qui répondent à la première partie de la description de Boisdu-
val; voici cette description : « Elle varie pour la taille depuis
7 Jusqu'à 10 centimètres. Ses ailes supérieures sont d’un brun
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 65
noir, chatoyant en vert selon les aspects; elles sont marquées
de deux bandes parallèles très nettes, d’un Jaune citron, dont
la première, très légèrement courbe, commence un peu avant le
milieu de la côte, pour arriver à l’angle interne, et dent l’autre,
très étroite, linéaire, est située entre celle-ci et le sommet. »
« Les ailes inférieures sont noires comme les supérieures, tra-
versées au milieu par une bande étroite, un peu maculaire, d’un
jaune citron, suivie, sur le bord terminal, d’une rangée de taches
rouges arrondies. »
« Le dessous des premières ailes est semblable au dessus, sauf
que la côte et le sommet sont un peu lavés de rouge. »
« Le dessous des secondes ailes est exfièrement rouge (1), avec
une bande maculaire, jaune, correspondant à celle de la face
opposée. »
« Telle est la description de l’Evalthe d’après les exemplaires
que nous avons reçus de Cayenne, et parfaitement conformes
à la figure donnée par CRAMER sur un individu de Surinam. »
Le reste de la description s'applique à Ævalthe var. B. DAL-
MAN et non pas, comme le croit BOISDUVAL, à l’Evphrosyne de
PERTY, nous reviendrons sur ce point en temps utile.
La description qui précède, ainsi qu’il est facile de s’en rendre
compte, convient très bien à notre ÆEvalfheformis; cependant
BoISDUVAL ne fait pas assez ressortir l’aspect tout spécial de
la bande jaune aux ailes inférieures. Ici, cette bande jaune est
en réalité formée de deux parties : l’une maculaire, formée de
trois points, alignés à partir de la côte; l’autre, beaucoup plus
large, continue et denticulée à son bord externe, occupe le reste
du disque jusqu’à la tache rouge. Nous ne trouvons cette dispo-
sition dans aucune autre espèce.
Si BOISDUVAL dit que la bande jaune des ailes inférieures
est étroite, remarquons qu’il parle par comparaison avec ce qu’il
croit être l'Evphrosyne de PERTY où cette bande est exception-
nellement large; la description de BOISDUVAL paraît d’ailleurs
(1) C’est nous qui soulignons.
66 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
avoir été faite sur un exemplaire de petite taille et de mauvaise
venue. ‘
Il existe cinq exemplaires d’Evaltheformis dans la collection
Ch. OBERTHÜR ; tous proviennent de la Guyane française où ils
ont été recueillis par Méaux et Constant Bar.
Castnia Evalthonida, sp. nov. (PI IV, Fig. 5) (— Ævalthe,
Boisd. p. part. et Auct.).
En remontant vers le nord, dans la région des Andes de
Colombie et jusque dans l’Amérique centrale (Honduras), nous
trouvons encore une belle grande Castnie, caractérisée par ses
ailes, d’un beau noir velouté, et par quelques particularités des
bandes jaunes qui les traversent. Pour rappeler que cette espèce
ne sort pas du cadre évalthoïdien où se meuvent les morphes
précédentes, nous l’avons désignée sous le nom d’Æval/honida
Ailes d’un noir franc avec un reflet velouté; aux antérieures,
la première des bandes jaunes est large, légèrement dilatée en
son milieu et progressivement atténuée vers l’angle interne qu’elle
atteint souvent en faisant un petit crochet le long du bord. La
seconde bande, près de l’angle apical, est très étroite, presque
linéaire et légèrement festonnée.
Aux inférieures, la bande jaune est anguleuse, tantôt entière-
ment maculaire, tantôt subcontinue dans sa partie postérieure;
cette bande est étroite, souvent irrégulière et denticulée à son
bord externe. Une grande tache rouge fait suite à la bande jaune
et couvre tout l’angle anal; le long du bord, existent 4 ou
5 macules rouges dont les plus larges sont au milieu.
En dessous, on retrouve, aux antérieures, le même dessin qu’en
dessus; aux inférieures, la bande jaune est toujours maculaire
et est bordée en dedans par un élégant dégradé brun qui s’étend
plus ou moins vers la base de l’aile; un vague point noir se dis-
tingue sur le fond rouge dans la région radiculaire.
La frange est noire aux ailes inférieures.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 67
Nous avons trois exemplaires de cette belle espèce dans la
collection Charles OBERTHÜR; tous proviennent de Cananche
(Colombie) où 1ls ont été recueillis par M. de Mathan.
CASTNIA EVALTHONIDA, Flexifasciata, var. nov.
Nous avons aussi, de Honduras, un exemplaire présentant le
mêine ensemble de caractères que l’espèce précédente à l’excep-
tion de la frange qui est presque blanche et de la bande jaune
apicale des ailes antérieures qui est plus large et festonnée; nous
en faisons la variété Flexifasciata.
Castnia Vicina, sp. nov.
Bien que possédant, à peu près, les mêmes caractères généraux
que Viryi, cette espèce s’en distinguera toujours, et sans la
moindre difficulté : 1° ex dessus, par l’aspect maculaire de la
bande oblique des ailes postérieures, formée de 7 petits points
jaunes, anguleusement alignés depuis la côte jusqu’à la tache
rouge de l’angle anal; 2° ex dessous, par les deux bandes jaunes
des ailes antérieures.
Le dessus des ailes, dans les quatre exemplaires que nous
avons sous les yeux, est d’un beau noir velouté très franc, et,
aux ailes inférieures, le nombre des points rouges bien déve-
loppés, le long du bord externe, est toujours de cinq ou six. En
dessous, aux ailes antérieures, la partie rougeâtre s’étend le long
de la côte et dans toute la région de l’angle apical; chez Vzr71,
au contraire, elle descendrait plutôt le long du bord externe.
L’abdomen est noir en dessus, rougeâtre en dessous.
Cette espèce a été capturée à La Chima, République de
l’Equateur, en 1803, par M. de Mathan.
Castnia Fusca, sp. nov.
À la suite de Castniu Mafhani, et appartenant certainement
à la même souche phylétique, nous trouvons, dans la collection
68 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Charles OBERTHÜR, une nouvelle morphe, de grande taille, que
nous décrivons sous le nom de C. fusca à cause de sa coloration
brune généralisée.
Cette espèce provient de l’Equateur,; elle a été recuerllie-en
1804, à Balzapamba, province de Bolivar, par M. de Mathan.
Tête, thorax et abdomen d’un brun foncé uniforme, aussi bien
en dessus qu’en dessous avec, toutefois, les segments dersaux
de l’abdomen un peu plus foncés et bordés d’écailles blanches
à leur bord postérieur; antennes entièrement brunes sauf l’apex
qui est un peu plus pâle.
Ailes antérieures triangulaires brunes, de même que la tête et
le thorax, avec un beau reflet vert soyeux; un peu avant le milieu,
en contact avec la nervure subcostale, se trouve une grande
macule arrondie un peu plus claire, mais peu visible; sur le milieu
du disque, parallèlement au bord externe, existe une bande par-
tiellement maculaire, de même coloration s'étendant jusque dans
la région de l’angle apical; du côté du bord interne, cette bande
pâle est suivie de deux petites taches noires anguleuses; tout le
bord interne est plus clair.
Les ailes secondes sont de même coloration que les supérieures
dans leur partie basale, où elles portent de longues écailles sét1-
formes; dans tout le reste de leur étendue, jusqu’au bord externe,
elles sont d’un brun noirâtre velouté; à la limite de ces deux
régions court une rangée de cinq macules blanches allongées,
partant du bord abdominal et se terminant par une tache arron-
die au milieu du disque, dans le 4° espace internervural. La
frange des quatre ailes est blanche mais très étroite.
En dessous, on retrouve les mêmes dessins qu’en dessus, mais
la coloration est d’un brun plus uniforme; les macules blanches
des ailes inférieures sont bordées de noir et toute la région de
l’angle anal est nuancé de la même couleur.
Deux exemplaires G'Œ de cette belle espèce existent dans la
collection de M. Charles OBERTHÜR.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 69
Castnia Rubrophalaris, sp. nov.
Cette nouvelle espèce ressemble beaucoup à Wygdon et à Pha-
laris ; elle s'en distingue par les taches des ailes inférieures qui
sont rouges au lieu d’être blanchâtres, d’où le nom que nous lui
avons donné.
Les ailes supérieures sont d’un gris ohvaâtre, beaucoup plus
foncé chez les mâles que chez les femelles; la base porte une
grande tache brunâtre losangique et, en outre, deux bandes
brunes obliques, séparées par des espaces plus clairs. La première
bande brune part du milieu du bord costal et va s’épanouir
dans la région de l’angle anal; la seconde est ovale, sinuée et
se continue par un espace brun jusqu’au sommet de l’angle
apical.
Les ailes inférieures sont à fond brun violacé chez les femelles,
presque noir chez les mâles; 1l existe, le long du bord externe,
deux bandes maculaires de taches rouges (G') ou orangées (Q );
la frange est grisâtre.
Chez les femelles, on voit, vers le milieu du disque, une bande
blanche s'étendant sur six espaces internervuraux; de plus, les
taches médianes de la bande maculaire externe sont plus ou
moins variées de blanc.
En dessous, nous retrouvons, aux ailes antérieures, le même
dessin qu’en dessus, mais les taches blanches y sont plus nettes
et mieux limitées; aux ailes inférieures, le fond est d’un vert
grisatre, mais les dessins noirs et rouges sont beaucoup moins
réguliers qu’en dessus.
Il existe deux exemplaires de cette très belle espèce dans la
collection de M. Charles OBERTHÜR; le mâle vient de Santo
Antonio da Barra, province de Bahia (Brésil); la provenance
de la femelle n’est malheureusement pas indiquée, mais nous la
supposons également des régions centrales du Brésil.
70 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Castnia Briareus, Guenée, nom. ineditum.
Nous trouvons sous ce nom, dans la collection de M. Charles
OBERTHÜR, deux exemplaires, le G' et la ©, d’une magnifique
Castnie qui n’a Jamais encore été décrite; l’un de ces exemplaires,
le ©, provient de l’ancienne collection Boisduval, et nous sommes
bien étonné que le savant auteur du Species général des Lépi-
doptères n’en ait jamais donné la description; le second exem-
plaire, la ©, a appartenu autrefois à Achille Guenée qui l’avait
lui-même reçu de M. Doubleday. Sur l'étiquette, écrite de la
main de Guenée, qui accompagne cet exemplaire, nous lisons, au-
dessous du nom, Brtareus, le renseignement qui suit : « Je ne
puis trouver cette belle espèce dans aucun auteur. Comme c’est
une ©, 1l est possible que le ©, qui est peut-être très différent,
ait déjà été décrit. »
Le mâle est, en effet, comme dans toutes les espèces de ce
groupe, un peu différent de la femelle, mais pas autant que le
supposait Achille Guenée. Nous donnons ci-après la description
des deux sexes, mais nous conservons le nom proposé par le
savant continuateur du Species; l’espèce appartient évidemment
à la même souche phylétique que Clitarcha, toutefois elle en dif-
fère assez notablement par la coloration et par la disposition des
taches noires aux ailes postérieures.
Mäle. —— Ailes antérieures d’un roux sombre assez foncé, avec
un système de taches brunes entremêlées de taches plus claires
difficile à décrire; la disposition de l’ensemble rappelle, de très
près, ce que nous trouvons chez Clitarcha; 11 y a, touchant le
bord costal, deux taches claires s'étendant vers l’intérieur de
l'aile, mais ne dépassant pas les premières branches de la radiale;
dans la région apicale, existent toujours trois petits points ovales,
hyalins, celui du milieu ayant un diamètre à peu près double des
latéraux.
Les ailes inférieures sont noires à la base et sur la plus grande
partie de leur étendue le long du bord externe, elles portent,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 71
entre les deux parties noires, une bande rouge brique assez large
entrecoupées de lignes noires au moins sur les nervures externes.
Deux rangées maculaires de taches d’un jaune rosé se voient sur
la bande noire externe; la première de ces rangées, c’est-à-dire
la plus interne, est formée de quatre ou cinq points, mal limités,
dans les espaces internervuraux; la deuxième, la plus externe,
comprend 7 à 8 taches claires, allongées, dont les deux dernières,
en remontant vers l’angle interne, sont rouges, en totalité ou en
partie comme la bande qui les précède.
Tête, thorax et abdomen bruns, beaucoup plus pâles en dessous.
En dessous, nous retrouvons le même système de dessins qu’en
dessus; toutefois, aux îlots de taches brunes des ailes antérieures
correspondent une série de maculatures d’un noir velouté très
franc et mieux limitées; la base des ailes est d’un rouge orangé.
Aux ailes inférieures, correspondant à la tache brune du dessus,
nous trouvons un espace blanchâtre ou ovale allongé, encerclé
de brun; le long du bord externe, nous retrouvons les deux ran-
gées de taches claires, mais celles du rang interne sont beaucoup
mieux marquées dans la région de l’angle anal.
Femelle. — La femelle est tout à fait semblable au mâle, mais
sa taille est plus grande; le bord externe des ailes antérieures
est également plus arrondi et les taches claires beaucoup plus
blanches.
Le dessin des ailes inférieures est, de même, identique à celui
du mâle; l’abdomen est fortement parsemé d’écailles rouges en
dessus.
Dans les deux sexes, la frange des premières ailes est brune;
celle des secondes ailes est blanche; on voit aussi toujours, aux
ailes postérieures, dans la bande rouge et près du bord externe
intérieur un point noir, vaguement pupillé de rouge.
Il n’est pas douteux que les deux exemplaires de Cas/nia
Briareus qui nous ont permis de caractériser cette espèce n’aient
pour patrie l'Amérique méridionale; malheureusement nous
n’avons, ni pour l’un ni pour l’autre, aucune indication de localité.
72 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Castnia Pyrrhopygeides &, sp. nov.
Ailes antérieures triangulaires, d’un brun olhvâtre, arrondies
le long de la côte dans la région apicale et à sommet bien mar-
qué; une bande grisàtre oblique traverse le disque du milieu
costal à l’angle interne qu’elle n’atteint pas; une bande macu-
laire, formée de cinq petits points, de même couleur, mais beau-
coup moins visible, occupe la région subapicale. En dessous, ces
deux bandes sont plus visibles; toute la base de l’aile est brune,
tandis que le reste est d’un brun rougeûtre.
Les ailes inférieures sont également triangulaires, subsinuées
le long de leur bord externe et légèrement prolongées en un lobe
arrondi à l’angle anal; la coloration fondamentale de ces ailes
est un noir roussâtre velouté; une large tache semi-annulaire se
voit dans la région antéro-latérale et une bandelette blanchâtre
ou jaune grisâtre se trouve à l’angle anal dont la marge est rou-
geatre.
En dessous, les ailes postérieures sont d’un roux plus ou moins
violacé, mais toute la région du bord abdominal jusqu’à la racine
de l’aile est d’un gris verdâtre à reflets chatoyants; la disposi-
tion de la tache semi-annulaire est la même qu’en dessus.
Tête, thorax et abdomen bruns en dessus; en dessous, l’abdo-
men est d’un gris rougeâtre; l’anneau pygidial est rouge avec
une moucheture d’écailles noires en dessus.
Cette gracieuse petite Castnie, dont trois exemplaires CO
existent dans la collection de M. Ch. OBERTHÜR, provient de
Zaruma, Equateur, d’où elle a été rapportée, en 1891, par M. de
Mathan. Nous lui donnons le nom de Pyrrhopygoides, en raison
de son aspect général, qui rappelle de très près celui du genre
Pyrrhopyge, de la famille des Hesperidæ.
Castnia Palatinoides ©, sp. nov.
Les mâles de l’espèce Palatinus sont toujours beaucoup plus
nombreux que les femelles dans les collections; sachant, par
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 73
expérience, combien les deux sexes sont parfois dissemblables
dans ces arrangements phylétiques, nous aurions certainement
été tentés de rapporter à Palatinus le mâle dont la description
suit, si nous n'avions déjà eu sous les yeux, avec une certitude
absolue, plusieurs mâles absolument authentiques de cette
espèce.
La silhouette générale et l’ensemble du dessin sont les mêmes
que chez Palatinus; les différences les plus essentielles se ren-
contrent aux ailes inférieures, où la tache orangée de la base est
plus étendue, mais où, par contre, la bande noire qui part de
l’angle anal est beaucoup plus étroite; 1l en résulte que, au lieu
de trouver le long du bord postérieur de l’aile, des taches toutes
petites et punctiformes, comme chez Palatinus, nous avons ici
une série de grandes macules contiguës, seulement séparées les
unes des autres par les filets noirs des nervures.
En dessous, les ailes antérieures sont d’un orangé pâle légè-
rement rembrunies dans la région de l’angle apical; 1l existe, le
long du bord externe, quatre macules ovoides brunes bien mar-
quées (deux points noirs seulement se voient à la même place
chez Palatinus); les ailes inférieures sont d’un blanchâtre crème,
légèrement rosé; les taches sombres du bord externe sont bor-
dées, en dedans, d’un arc roux, mais les deux dernières taches,
près de l’angle anal, sont très foncées.
Un seul exemplaire G de Palatinoides existe dans la collection
Charles OBERTHÜR; il a été recueilli en 1800, par M. Marc de
Mathan, dans les plaines nord-est du Brésil; 1l est probable que
cette espèce se substitue petit à petit à Palatinus à mesure qu’on
s’avance vers l’ouest et qu’on atteint les vallées supérieures du
bassin de l’ Amazone.
Castnia Fuscorubra, sp. nov.
Nous désignons sous ce nom une Castnie superbe découverte
au Pérou, en 1866, par M. de Mathan; nous ne connaissons mal-
heureusement que l’un des sexes de cette espèce, la femelle, mais
74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
elle se distingue néanmoins à première vue de toutes les autres
formes de la souche phylétique Palatinus, par ses ailes inférieures
d’un rouge brique clair, coupées parallèlement au bord externe
d’une large bande noire qui s’atténue et s’efface avant d’arriver
à la marge antérieure.
Les ailes antérieures sont d’un roux brun uniforme avec un
certain nombre de taches sombres plus ou moins visibles; vers
le milieu du disque, on distingue une aire un peu plus claire
limitée, du côté de la racine de l'aile, par un espace brun s’éten-
dant jusqu’à l’insertion et en dehors, du côté du bord externe,
par une ligne brune, sinuée s'étendant jusqu’à la région du bord
postérieur. Au milieu de cette aire éclaircie, se trouve une tache
sombre s'étendant, vers l’avant, jusqu’au bord costal; le bord
externe est arrondi comme toujours chez les femelles.
Dans la région apicale de l’arle, se voient trois fenêtres trans-
parentes dépourvues d’écailles, celle du milieu environ quatre
fois plus grande que les fenêtres latérales.
Ailes inférieures d’un rouge brique clair, plus pales le long
du bord abdominal et dans la région de l’angle anal; une tache
sombre occupe la base de l’aile jusqu’au tiers du disque environ;
une large bande noire transversale part de l’angle anal et
s’avance parallèlement au bord externe et en diminuant de lar-
geur dans la direction de l’angle interne où elle s’efface; une
étroite ligne noire suit le bord externe. La frange est blanche ou
d’un blanc grisàtre aux quatre ailes.
En dessous, les antérieures sont d’un beau rouge orangé avec
trois groupes de taches plus sombres; l’une de ces taches, la plus
grande, est située vers l’extrémité de la cellule discoïdale et est
rattachée au bord antérieur par une bande d’un rouge brun; la
région de l’angle apical et le bord externe sont d’un gris fauve.
Les inférieures sont en entier d’un jaune fauve avec des taches
d’un rouge brun plus foncé, la bande noire du dessus transpa-
raît en gris devenant d’un jaune orange dans la région de l’angle
anal. La frange est d’un jaune fauve aux quatre ailes, mais
devient un peu brune vers l’angle apical des antérieures.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 75
L'espèce que nous venons de décrire se rapproche incontesta-
blement d’/rca var. S'audingeri Druce; cependant l’ensemble
des caractères ne permet pas d'identifier ces deux formes.
Castnia Lutea, nom. nov. (— Æerrichia Cronis, Bucheck. nec
Cramer:):
Comme 1l n’existe pas de texte pour accompagner les planches
du travail de M. Buchecker, la description qui suit se rapporte
canne. delauPl 2 du Sys, Erxrom. Castnia.
Ailes antérieures à fond jaune, entièrement bcrdées de noir,
avec une petite tache rouge à l'insertion; en avant, le long du
bord costal, une tache jaune triangulaire s'étend jusqu’à la tache
médiane du disque, dont elle n’est séparée que par une mince
ligne noire; le long du bord externe, s'étendent deux rangées
de taches blanches, l’une complète, voisine de la marge; l’autre
formée seulement de trois macules allongées dans la région de
l’angle apical.
Les ailes inférieures sont entièrement jaunes, sauf une étroite
bordure noire le long du bord externe; les nervures sont aussi
marquées par de lines lignes noires.
Le thorax et les trois premiers segments de l’abdomen sont
noirs ; la partie postérieure de l’abdomen est jaune avec l’extré-
mité d’un brun orangé.
On ne sait rien des caractères du dessous.
Cette espèce serait de Surinam, mais on n’a aucun autre détail
sur son origine m1 sur les particularités de sa capture.
Castnia Strandi, nom. nov. (— C. Cronis Strand. nec Cramer.
Porc, pie 6. €).
Ailes antérieures d’un bleu pâle azuré entièrement bordées de
noir sur tout leur contour; une large tache triangulaire, d’un bleu
azuré, part du bord externe et s’étend en pointe vers l’arrière;
76 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ces deux taches sont séparées par une bandelette noire peu
épaisse; le long du bord externe, existent, au milieu de la bor-
dure noire, deux rangées de taches azurées, l’une complète, paral-
lèle à la marge, est formée de neuf points dont les quatre anté-
rieurs sont plus petits; la seconde, dans la région de l’angle
apical, ne comprend que trois macules allongées.
Les ailes inférieures sont d’un jaune pâle dans toute leur
étendue, sauf la bordure externe qui est noire et élargie à la nais-
sance des nervures; une bande transversale d’un gris bleuté,
courbée en S très ouvert, traverse le disque du bord antérieur
vers l’angle anal; une petite macule noire, de forme irrégulière,
se voit tout à fait à la racine des ailes postérieures.
Tête, antennes et thorax noirs, avec seulement deux points
rouges aux angles huméraux et deux autres points blancs un peu
en arrière plus rapprochés. Abdomen d’un jaune pâle en dessus
avec l'extrémité orangée.
Cette forme est probablement une femelle; sa patrie serait la
Guyane, mais aucune indication précise n’a été donnée sur ce
point.
Castnia Odila, sp. nov.
Cette charmante petite Castnie, que nous dédions à l’une des
plus gracieuses petites-filles de M. Charles OBERTHÜR, a été
recueillie au Pérou, en 1884, par M. de Mathan, elle appartient
sans aucun doute au phylum cronidien, mais se distingue de
toutes les espèces qui précèdent par la bordure des ailes posté-
rieures qui porte une bande maculaire de huit points blancs.
Ailes antérieures largement bordées de noir, avec une tache
blanche triangulaire, allongée, subtransparente et avec un reflet
nacré sur le disque; à l’intérieur de la bordure noire, le long
du bord costal, on trouve une macule blanche triangulaire dont
la base s'appuie sur la subcostale; trois ou quatre macules gri-
sâtres, allongées, s’observent un peu plus loin dans la région de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE Fi
l'angle apical. Une série de points blancs arrondis est dis-
posée le long du bord externe; les cinq derniers de ces points,
ceux qui s’avancent Jusqu'à l’angle interne, sont très nets.
Les ailes inférieures sont d’un blanc jaunâtre très pâle; mais
le long du bord externe existe une bande noire, large de 4 à
$s millim., au milieu de laquelle se voient huit macules blanches
arrondies dans les espaces internervuraux.
En dessous, le dessin est absolument le même qu’en dessus.
Thorax noir, sauf, sur les côtés, au niveau des épimères pro-
thoraciques et mésothoraciques, où se voient des taches rouges
pourpres qui se prolongent de 6 à 8 millim. le long de la costale.
Abdomen blanc, avec le bord postérieur des segments bordé
de jaune; l’extrémité porte, comme toujours, un faisceau de soies
squammiformes orangées.
ÈS Q est inconnue.
Cette élégante espèce provient de la grande plaine nord-orien-
tale du Pérou arrosée par le fleuve Amazone; son étiquette d’ori-
gine porte Cavallo Cocho, mai-juillet 1884.
Castnia Candida, sp. nov.
Encore une Jolie Castnie blanche du phylum cronidien; cette
espèce provient également du Pérou; elle a été recueille, en
1887, à Moyobamba, par M. Marc de Mathan. Toutes les Castnies
de ce groupe revêtent, plus où moins, le facies des Piérides; celle-
ci, par sa silhouette générale et par sa taille, pourrait être com-
parée à la Piéride du chou (Q Pieris brassicæ), si commune dans
notre pays, d’où le nom de Candida que nous lui avons donné.
Aüïles antérieures d’un blanc pur nettement bordées de brun
noirâtre le long de leur bord postérieur et sur les côtés; en avant,
le long du bord costal, la bordure brune est interrompue, vers le
milieu de l’aile, sur une étendue d’environ un centimètre. Une
bandelette brune, brisée en son milieu, part de la racine de l’aile
et traverse longitudinalement toute la partie blanche du disque;
78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
une autre bandelette brune part du bord postérieur et remonte
vers l’angle apical, où elle se bifurque; entre les deux branches
de la bifurcation, dans les espaces internervuraux se trouvent
trois points blancs estompés intérieurement; le long du bord
externe, existent des macules blanches, de plus en plus allongées
et presque confluentes, dans la région de l’angle interne.
Ailes inférieures d’un blanc entièrement Jaunâtre très pale à
reflet nacré; le long du bord externe, existe seulement un étroit
liséré noir avec des élargissements de même couleur à l'insertion
.des nervures.
La frange est blanche aux ailes postérieures, d’un brun pâle
aux antérieures.
En dessous, aux ailes antérieures, le dessin est le même qu’en
dessus, avec cette différence que la bandelette brune longitudi-
nale n’est représentée que par transparence et par une petite
flamme brune dans la région médiane du disque; la bande brune
transversale n’est bien marquée que dans la région de l’angle
apical; elle s’efface ensuite de plus en plus et transparaît seule-
ment dans la traversée des trois derniers espaces internervuraux.
Toutes les macules blanches, le long du bord externe, sont nettes
et bien limitées.
Aux ailes inférieures, nous trouvons la même disposition qu’en
dessus, mais, en outre, trois points noirs arrondis et alignés
s’observent dans les espaces internervuraux 4, 5 et 6.
Tête et thorax bruns avec des mouchetures blanches symé-
triques; les régions des épimères prothoraciques et mésothora-
ciques portent aussi des taches pourpres; la base de la costale,
sur une longueur de 5 à 6 millimètres, est également pourprée;
l’abdomen est d’un blanc jaunâtre avec la pointe orangée; l’ovis-
capte, légèrement saillant à l’extrémité de l’abdomen, présente
les caractères ordinaires.
Le pays de Moyobamba, d’où provient cette Castnie, se trouve
dans la partie septentrionale du Pérou, au pied des premiers
contreforts de la région andinique.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 70
CASTNIA CRONIDA, Pebana, subsp. nov.
Ailes d’un blanc pur, largement bordées de noir; en dessous,
aux ailes antérieures, chez les GO, on trouve une petite mouche-
ture noire à l’angle radiculaire et huit macules blanches le long
du bord externe, mais les trois antérieures sont ponctiformes.
Nous avons deux exemplaires de C. Cronida var. Pebana (1)
dans la collection de M. Charles OBERTHÜR.
CASTNIA URUGUAYANA, Cinerascens, subsp. nov.
Dessus des ailes antérieures d’un gris pâle cendré, avec un
système de bandes blanches disposé comme dans l’espèce-type;
ailes inférieures bordées de noir et portant sur la partie
centrale du disque, qui est rouge, quatre taches noires irrégu-
lièrement arrondies; le tout est entremêlé de taches blanches plus
abondantes et confluentes dans la région de l’angle anal.
En dessous, on retrouve, aux antérieures, le même dessin qu’en
dessus; toutefois, sauf une légère bordure costale et une autre
plus large, le long du bord externe, qui sont noires, tout ce qui
est gris cendré sur le dessus est ici d’un rouge orangé; les bandes
blanches sont un peu plus élargies qu’en dessus.
Aux inférieures, le rouge ne persiste, en dessous, que le long
du bord abdominal et dans la région de l’angle anal; les taches
noires ont la même étendue et la même disposition qu’en dessus;
mais la partie centrale du disque est d’un blanc rosé.
La frange est blanche aux quatre ailes.
L’étiquette de provenance porte Banda Oriental, sans indica-
tion plus précise.
(3) Du nom de Pébas, ville du Pérou, située sur le fleuve Amazone.
80 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Castnia Fulvofasciata, sp. nov.
La collection de M. Charles OBERTHÜR nous montre égale-
ment une troisième morphe appartenant à la souche phylétique
Pelasgus et qui, à notre avis, se distingue du type par un certain
nombre de caractères assez tranchés, sans parler du reflet géné-
ral du dessous des ailes qui est d’un roux violacé, notablement
plus pâle que dans les vrais Pelasgus.
Cette troisième morphe, toujours de petite taille (envergure
20-22 millim.), est originaire du Pérou ou des parties les plus
occidentales du Brésil; tout en présentant un ensemble de carac-
tères absolument identiques à ceux de Pelasgus, nous remarquons
que la bande claire, transversale, des ailes antérieures est d’un
jaune beaucoup plus franc que dans l’espèce type; la courbure
postérieure de cette bande se modifie déjà légèrement dans les
formes brésiliennes de Santo-Paulo-d’Olivença; mais, dans
les exemplaires péruviens de Huallaga (Chambireyacu), la bande
claire forme une brisure très nette à son bord extérieur avec une
pointe en crochet assez accentuée dans la région de l’angle
interne.
Tous ces petits détails ne constituent pas, évidemment, un
ensemble de variations bien étendu; néanmoins, nous les consi-
dérons comme suffisants pour donner à ces petites morphes
brasilo-péruviennes tout au moins les caractères d’une race géo-
graphique distincte, et nous proposons de donner à cette race
le nom de Fulvcfasciata.
Gazera Albicornis, sp. nov.
Appartenant à la même souche phylétique que Melanolimbata,
existe, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, une très
curieuse espèce, provenant aussi de Tarapote et se rapprochant
beaucoup plus du Buckleyi Druce que le Tarapotensis de
M. Preiss. Nous avons donné à cette espèce le nom d’Albicornis,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 81
à cause de la coloration de ses antennes qui sont d’un blanc
crème dans presque toute leur étendue, aussi bien en dessus qu’en
dessous, tandis que ces mêmes organes, chez Buckley: Druce et
T'arapotensis Preiss, sont noirs ou tout au moins très sombres
dans leur partie funiculaire.
Ailes antérieures d’un jaunâtre assombri dans leur tiers infé-
rieur en dessus, mais devenant plus claires dans leur milieu et
un peu au delà; région apicale noire. Vers le milieu de l’aile,
pres du bord costal, se voit un gros point noir arrondi, absolu-
ment analogue à celui qui existe chez Pellonia. Au-dessous de
ce point, le disque est parcouru, de la base à la région de l’angle
interne, par deux lignes courbes, noires, se raccordant au bord
‘inférieur de la cellule discoïdale; la ligne qui rejoint ce point
de raccord au bord externe est légèrement incurvée et sa conca-
vité est tournée vers l’angle apical; le long du bord postérieur,
une tache sombre allongée s'étend de l'insertion à l’angle
interne, où elle porte une éclaircie qui se fond quelquefois avec
la colcration fondamentale du disque.
Les ailes inférieures ont une coloration générale rouge brique
plus ou moins lavée de gris; elles sont bordées de noir sur tout
leur contour postérieur et portent sur le disque une bande hori-
zontale noire continue chez les GO, maculaire chez les © O ; les
espaces internervuraux sont légèrement flammés de jaune à l’inté-
rieur de la bordure noire.
En dessous, l’ornementation des ailes est la même qu’en des-
sus; toutefois, la coloration générale est toujours plus pâle et
les taches noires sont moins accentuées. |
L’abdomen est d’un brun roux en dessus, d’un brun noir plus
ou moins foncé en dessous, avec le dernier article rouge (le des-
sous est entièrement rouge brique chez les Q); les antennes sont
d’un blanc crème aussi bien en dessus qu’en dessous.
Trois exemplaires dans la collection Ch. OBERTHÜR, deux SC
et une Q ; tous sont très frais et proviennent de Tarapote (Pérou).
Parmi les échantillons qui ont été introduits dans le commerce
6
82 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
par Staudinger sous le nom de Z'arapotensis, on trouve quel-
quefois des exemplaires d’AZbzcornis; grâce aux figures qui
accompagneront notre travail d’ensemble, nous espérons qu’à
l’avenir toute confusion pourra être évitée entre ces espèces.
Gazera Prædata, sp. nov.
Ailes antérieures d’un rouge ocracé assombri dans leur
moitié inférieure, plus claires vers leur extrémité, avec un bande
Jaunâtre transversale, courbée et légèrement maculaire, allant
du bord costal dans la direction de l’angle interne. Toute la
région apicale est d’un brun noir, sauf cette bande transversale
Jaunâtre et un petit point blanc. près du bord externe, dans le
4° espace intranervural. De la base, partent aussi deux bandes
longitudinales plus ou moins brisées; l’une, en avant, s’avance
le long de la sous-costale; l’autre, en arrière, un peu en avant
du bord marginal; trois flammes Jaunâtres occupent les extré-
mités des espaces internervuraux dans la région de l'angle
interne
Ailes postérieures d’un rouge brique dans toute leur étendue,
avec une marge noire, nettement dentées à la terminaison des
nervures; sur le disque, quelques points noirs sont alignés trans-
versalement; le plus gros, qui se trouve vers l’angle anal, est
légèrement éclairé de jaune à son bord externe.
En dessous, le dessin des quatre ailes est le même qu’en dessus;
toutefois, on trouve aux inférieures une bande brune allongée
et à milieu rouge près de la marge antérieure; cette bande existe
aussi en dessus, mais la partie rouge centrale est beaucoup moins
accentuée.
Thorax noir avec une bande humérale rouge en avant et tra-
versé en son milieu par une autre bande jaune. L’abdomen, qui
est noir en dessus, est rouge en dessous et sur les côtes; son pre-
mier anneau, en arrière du thorax, est recouvert d’écailles rouges.
Les antennes sont d’un jaune crème, en dessus et en dessous,
dans toute leur étendue.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 83
L’unique exemplaire que nous avons pu étudier est une
femelle; le mâle nous est inconnu.
Cette espèce habite l’Equateur.
Gazera Zagræoides, sp. nov. (PI IV, Fig. 6).
Nous donnons le nom de Zagræowdes à une grande espèce
de Colombie, très voisine de Zagræa Felder, mais s’en distin-
guant néanmoins par des caractères très nets et très constants.
Au point de vue de la taille et de l’aspect général, à première
vue, Zagræoides ressemble beaucoup à Zagræa; l’ensemble des
taches jaunes, aux ailes antérieures, présente à peu près la même
disposition, à l’exception de la grande tache allongée suivant
l’axe de l’aile qui se dilate en jaune à son extrémité, tandis
qu’elle reste étroite et toujours colorée en rouge chez Zagræa.
L'ensemble des taches noires, le long du bord postérieur de
l’aile, est à noter; cet ensemble, qui forme une tache continue
chez Zagrea, est le plus souvent interrompu avant d’arriver à
l’angle interne chez Zagræoides, de manière à former un gros
point noir arrondi, tout à fait caractéristique de l’espèce.
Aux ailes inférieures, dont le fond est rouge brique, nous trou-
vons aussi des tâches jaunes allongées le long du bord marginal,
mais ces taches, relativement étroites, restent toujours nettement
rectangulaires, alors qu’elles s’élargissent, dans leur partie
basale, chez Zagræa (1).
En dessous, la disposition des taches est la même qu’en dessus;
la grosse tache noire des ailes antérieures est tout à fait isolée;
quant aux points, transversalement alignés, des ailes postérieures,
ils sont plus larges vers la côte; chez Zagræa, au contraire, nous
trouvons, aux ailes antérieures, deux macules allongées et gémi-
nées, tandis qu’aux postérieures les points internervuraux dimi-
nuent de largeur en se rapprochant du bord costal.
(1) Ce caractère est toujours plus accentué et plus facile à observer chez les
femelles que chez les mâles.
84 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
En dessus, l’abdomen est rougeâtre sur les côtés avec une
bande dorsale brune élargie sur les trois derniers segments; en
dessous, 1l est jaune avec une bande noire ventrale.
Nous avons pu étudier, dans la collection de M. Charles
OBERTHÜR, deux exemplaires femelles de cette belle espèce;
tous deux proviennent de Colombie : Santa Fé de Bogota.
Le mâle nous est inconnu.
Castnia Pelopioides, sp. nov.
Nous donnons à cette espece, originaire de l’Equateur, le nom
de Pelopioides pour indiquer qu’elle est extrêmement voisine
de Pelopia Druce. La taille et le facies général sont les mêmes,
et, comme les petites différences que nous observons ne portent
que sur des particularités de coloration, peut-être sommes-nous
seulement en présence d’une simple variation locale, c’est-à-dire
d’une race géographique de Pelopia.
L'exemplaire unique de cette espèce que nous avons eu l’occa-
sion d’observer, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR,
est un male; les ailes antérieures sont entièrement d’un brun noir
enfumé en dessus, avec les nervures noires très accentuées, mais
elles ne sont pas bariolées de gris verdâtre au voisinage de
l’angle interne, ainsi que cela existe chez Pelopia (1). En outre,
le dessous des ailes antérieures est, non pas d’un gris verdâtre
(greenish grey almost 1o the base), mais d’un brun violacé uni-
forme, sauf à la base où la coloration est presque noire. On peut
caractériser Pelopioides ainsi qu'il suit
Ailes antérieures d’un brun roussâtre de plus en plus assombri
et presque noir dans leur moitié inférieure; les nervures sont d’un
noir intense et très marquées. Ailes inférieures d’un noir profond,
mais avec une Jarge bordure d’un vert bleuâtre satiné, entre-
coupée par les nervures.
(1) « Streaked with greenish grey near the anal angle. »
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 85
En dessous, les ailes antérieures sont d’un brun violacé cha-
toyant, plus éclairci et lavé de bleuâtre dans la région apicale
ainsi que le long du bord externe; la coloration et le dessin des
inférieures sont les mêmes qu’en dessus. La tête, les antennes, la
partie supérieure du thorax sont noirs ; sur les côtés, le thorax est
rouge brique. L'’abdomen manque malheureusement dans l’exem-
plaire que nous avons étudié; il y a tout lieu de croire qu'il est
d’un rouge clair comme chez Pelo pa.
L’étiquette d’origine, qui accompagne cet échantillon, porte
cette seule indication : Ecuador.
Peut-être encore pourrait-on penser que Pelopia et Pelopioides
représentent les deux sexes d’une même espèce; mais, comme
Mr. Herbert Druce ne nous renseigne pas de ce côté, 1l nous est
impossible d'exprimer une opinion ferme à ce sujet. Espérons
que de nouvelles découvertes nous permettront bientôt de
résoudre ces petites difficultés.
La Notice qui précède renferme les descriptions de 34 espèces
ou variétés nouvelles; pour deux d’entre elles : VNewmanni et
Briareus, nous avons conservé les noms choisis par Achille Gue-
née, mais qui ne furent Jamais publiés. Si nous tenons compte,
d’autre part, des quelques rectifñications que nous avons été
amené à faire, dans le travail d'ensemble que nous sommes près
de terminer, nous voyons que le nombre des Castnies connues
dépasse aujourd’hui cent cinquante.
Nous sommes évidemment encore loin de connaître toutes les
espèces, mais nous avons l’espoir que notre travail constituera
une étape utile pour les recherches futures et qu’il pourra servir
de base à de nouvelles généralisations.
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EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE I
F1G. 1. -— CASTNIA GUYANENSIS, Houlb. (Grand. naturelle). Quoique
originaire de la Guyane, cette espèce ne peut pas être identifiée avec
celle qui a servi à la figuration du C. Dedalus par Cramer.
PLANCHE TT
FIG. 2. -— CASTNIA AMAZONENSIS, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce
géante de la vallée de l’Amazone, le plus souvent confondue, dans les
collections, avec le C. Dedalus, Cramer.
PEANCHE III
FIG. 3. — CASTNIA OBERTHÜRI, Houlb. (Grand. naturelle). Magnifique
espèce provenant de l’Equateur, voisine de Cacica. Elle en diffère par
la bande transversale et par les taches des ailes inférieures, qui sont
jaunes au lieu d’être rouges.
PLANCHE IV
FIG. 4. — CASTNIA ALBOMACULATA, Houlb. (Grand. naturelle). Très
belle espèce du phylum Zicus, originaire des grandes plaines du Haut-
Amazone.
FIG. 5. — CASTNIA EVALTHONIDA, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce
de la souche phylétique Ævalthe, avec la bande jaune apicale très
étroite. Colombie.
FIG. 6. — CASTNIA ZAGRÆOIDES, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce de
Colombie, avec un gros point noir près de l’angle interne aux ailes
antérieures et une bande jaune élargie vers le milieu du disque.
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CTI: “ŒNIINLSVT) S4U AHIX I],
TRIBU DES CASTNIINÆ. PIE
FIG. #4.
FIG D:
FIG. 4. Castnia Albomaculata, Houlb.; FIG. 5. C. Evalthonida, Houlb. ;
F1G. 6. €. Zagræoides, Houlb. (Grand. naturelle).
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Avis au Lecteur
La guerre rendue de plus en plus atroce par les
effroyables cruautés, les dévastations sauvages et les dépor-
tations inhumaines dont les Allemands ne cessent de se
rendre coupables, la guerre, dis-je, la plus meurtrière et la
plus barbare qui ait jamais épouvanté le Monde, continue
de sévir sur nous avec une violence toujours intensifiée
depuis le commencement d'août 1914.
Aux soldats qui, chaque jour, tombent sur le champ de
bataille, en sacrifiant si généreusement leur vie pour con-
server à nos arrière-neveux une Patrie et la Liberté, 1l faut
des remplaçants.
Tous ceux qui peuvent porter les armes sont successive-
ment appelés aux combats. Les champs et les villes ont vu
partir tous leurs citoyens valides. Les ateliers, sauf ceux où
l’on travaille pour la guerre, deviennent presque déserts.
Dès lors, pourra-t-on dire, le moment n'est-il pas venu
d'interrompre les œuvres consacrées aux Sciences, aux
Lettres et aux Arts? Privé des coopérateurs nécessaires,
comment peut-on continuer ces travaux de la paix?
En effet, devant les difhcultés toujours plus graves que
nous éprouvons maintenant à produire les clichés photo-
typographiques destinés à l'illustration des livres, et en face
du ralentissement que subissent forcément la composition
et l'impression du texte même de ces livres, — puisque nos
8 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
collaborateurs, incessamment convoqués pour le service
militaire, ne cessent de quitter notre Imprimerie, — j'avoue
que je me suis laissé quelquefois allé à envisager la néces-
sité d'attendre des temps plus propices.
Il est bien vrai que, par cas de force majeure, toute pro-
duction typographique devient tellement longue et com-
pliquée que la cessation momentanée des publications
entomologiques ne paraîtrait pas sans excuse.
Mais le temps marche inexorable, quelles que soient les
circonstances ; l’âge avance. Pendant combien de temps
encore pourrai-je travailler ? D'ailleurs, c’est aussi une
manière de servir son pays que d'éditer des œuvres de
science; Je me suis précédemment expliqué à ce sujet.
Alors comme un peu d'activité, si peu que ce soit même,
vaut mieux que l'arrêt du travail commencé, je ne pouvais
me décider à suspendre l’accomplissement de mes projets.
Cependant, devant les obstacles matériels, quelle que
soit la volonté, on reste parfois impuissant.
Aucune époque, me disais-je, n'a connu pareille situation
et aussi graves embarras. Je reconnais que je me sentais
pour ces causes incertain et chancelant.
C’est alors qu'ayant désiré revoir voltiger le Syrichthus
armoricanus sur les gazons que parfument si délicieuse-
ment le serpolet et les roses des dunes de la Guimarais,
je me rendis à Cancale, au mois de juin de la présente
année 1917, et là, après avoir profité d’une belle matinée
ensoleillée pour réjouir mes yeux de la vue des papillons
et des fleurs dans un site à la fois superbe et charmant,
rentré à mon logis, un livre de poésies : Les Feuilles
d'Automne, vint entre mes mains.
Œuvre de jeunesse de Victor Hugo, les vers portent la
date de 1829 à 1831. Quelques pages de prose les pré-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 0
cèdent. C’est la préface du livre. J'y lus les lignes suivantes
dont il me sembla que je pouvais, toutes proportions gar-
dées entre les époques qui, pour être troublées, l’une et
l’autre, ne sont cependant pas également tragiques, en faire
l'application aux circonstances actuelles.
Je trouvai du reste, dans les paroles d’un des plus
illustres poètes, un motif puissant d'encouragement à ne
pas laisser s’éteindre, même pour un moment, l’activité
qui doit nous animer tous, jusqu’à notre dernier souffle,
et malgré les obstacles, je résolus d’essayer, par tous les
moyens, de mettre au Jour un nouveau livre d'Entomo-
logie.
Voici donc les extraits que Je transcrivis :
« Le moment politique est grave ; personne ne le
conteste et l’auteur de ce livre moins que personne. Au
dedans, toutes les solutions sociales remises en question ;
… au dehors, çà et là, sur la face de l'Europe, des peuples
tout entiers qu'on assassine, qu'on déporte en masse, ou
qu'on met aux fers.
Enfin, au dehors comme au dedans, les croyances en
lutte, les consciences en travail... Voilà où nous en sommes
au mois de novembre 1831.
Sans doute en un pareil moment, au milieu d’un si
orageux conflit de toutes les choses et de tous les hommes,
en présence de ce concile tumultueux de toutes les idées,
de toutes les croyances, de toutes les erreurs occupées à
rédiger et à débattre en discussion publique la formule de
l'humanité au XIX' siècle; c’est folie de publier un volume
de pauvres vers désintéressés.
Folie! Pourquoi?
L’Art —— et l’Auteur de ce livre n’a jamais varié dans
cette pensée — l'Art a sa loi qu'il suit, comme le reste a
io LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
_—
la sienne. Parce que la terre tremble, est-ce une raison
pour qu'il ne marche pas? Voyez le XVI siècle; c’est une
immense époque pour la société humaine ; mais c’est une
immense époque pour l'Art... Ce n’est partout sur le sol
de la vieille Europe que guerres pour une idée, de peuple
à peuple, de roi à roi, d'homme à homme, que cliquetis
d'épées toujours tirées et de docteurs toujours irrités, que
commotions politiques, que chutes et écroulement de
choses anciennes, que bruyant et sonore avènement de
nouveautés ; en même temps ce n'est dans l'Art que Chefs-
d'œuvre. On convoque la Diète de Worms; mais on peint
la Chapelle Sixtine. Il y a Luther; mais il y a Michel-
Ange.
Ce n’est donc pas une raison... pour que l'Art, cette
chose éternelle, ne continue pas de verdoyer et de florir
entre la ruine d’une société qui n’est plus et l’'ébauche d’une
société qui n'est pas encore.
Parce que la tribune aux harangues regorge de Démos-
thènes, parce que les rostres sont encombrés de Cicérons,
parce que nous avons trop de Mirabeaux, ce n’est pas une
raison pour que nous n'ayons pas, dans quelque coin
obscur, un poète.
Il est donc tout simple, quel que soit le tumulte de la
place publique, que l'Art persiste, que l’Art s’entête, que
l'Art reste fidèle à lui-même, /exax propositi.….. »
Eh bien! que l'Art mis au service de la Science et que
la Science de la Nature maîtresse de l'Art, Vatura artis
magistra, comme disaient les Artistes Hollandais du
XVIII siècle, persistent et s’entêtent, acceptant une pro-
gression très lente sans doute, mais tout au moins un mou-
vement valant mieux que l’immobilité.
Alors essayons de mettre au jour ce fascicule quator-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE li
zième, malgré la lacune qui constitue dans l’ordre des
Planches une sérieuse irrégularité.
L'étude sur les Castnia, objet de l'effort le plus labo-
rieux et le mieux entendu de M. le Professeur Houlbert,
aurait dû paraître avant la Révision des Espèces du Genre
Actinote.
Mais si les Planches coloriées destinées à illustrer la
Monographie des Castnia sont presque toutes terminées, —
et de façon à faire le plus grand honneur à M. J. Culot et
à M”° Juliette Millo, sa fille, l’un et l’autre artistes aussi
habiles que consciencieux, — les nombreuses reproduc-
tions photographiques des illustrations diverses des Castria
par les anciens Auteurs, sont loin d’être mises au point.
M. Houlbert a voulu traiter le sujet si intéressant dont
il a entrepris d'écrire l’histoire, suivant une méthode qui
m'a paru constituer un remarquable progrès sur tous les
modes de travail usités jusqu’à ce jour dans l’'Entomologie.
Pour que l'œuvre de mon savant ami paraisse dans sa
complète ampleur, il faut que le texte soit accompagné de
tous les clichés photographiques dont l'utilité s’est révélée.
Pour produire ces clichés, il faut des photographes et
j'ai déjà dit que c’est aux armées que presque tous les
nôtres remplissent actuellement leur glorieux et périlleux
devoir.
Dès lors, la production des clichés très ralentie oblige
à reporter à plus tard la publication d’un livre qu'il me
tarde pourtant de mettre au jour.
Il y a aussi l'étude sur les Aegerüdæ de M. Ferd. Le
Cerf qui attend, pour paraitre, que quelques lacunes
soient comblées. Entre autres, les spécimens uniques et
irremplaçables envoyés à M. J. Culot, pour servir de
modèle à des Planches nouvelles, viennent seulement, et
i 2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
après un délai trouvé par nous bien long, de lui parvenir.
On comprendra, sans que Jj'insiste sur ce sujet, à quelles
difficultés et à quelles préoccupations les Editeurs de
hvres scientifiques sont exposés du fait de la guerre.
Quoi qu'il en soit, je fais appel à l’indulgence de mes
amis. Pour le moment, l'essentiel est que, sur cette terre
de France où la plus noble des causes a trouvé tant de
vaillants défenseurs, l'Art au service de la Science et la
Science servie par l'Art persistent, s'entêtent et restent
fidèles à eux-mêmes, comme Victor Hugo l'a dit si élo-
quemment dans les lignes ci-dessus rapportées.
Rennes, Juillet 1917.
CuarLes OBERTHUR.
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LR PA
: {
Contributions
à l’histoire de la LYCAENA ARGUS
et des Formes, Races
et Espèces qui y étaient jusqu'ici rattachées.
Comme suite aux Considérations sur plusieurs Espèces de
Lycæna imprimées aux pages 453 à 520 du Volume XII des
Etudes de Lépidoptérologie comparée paru en 1916, mes savants
amis MM. les D" Jaques Reverdin, de Genève, Courvoisier, de
Bâle, T. A. Chapman, de Reigate, ont bien voulu écrire les obser-
vations qu’on lira plus loin avec tout l’intérêt que méritent des
travaux s1 autorisés.
Cependant la question n’est pas encore close. J'espère pouvoir
ajouter plus tard des documents biologiques pour lesquels Je
compte sur le concours très obligeant et expérimenté de M. Harold
Powell qui est avec moi ici, en ce moment.
Ensemble nous avons déjà appris à connaître les œufs que la
Lycæna Armoricana pond sur l’ajonc. Nous avons vu éclore la
première chenille et nous espérons obtenir d’ici la fin du présent
été, des renseignements exacts sur la vie évolutive de cette jolie
Lycæna. Nous venons d’observer dans les landes de Monterfil,
là où croît la bruyère rose (Æyica ciliaris), en mélange avec les
ajoncs, quelques colonies assez nombreuses de papillons. Nous
avons remarqué les petits essaims de mâles voltigeant au voisi-
nage de certaines importantes fourmilières, pendant que les
femelles nous ont paru vivre plus isolées, les unes par rapport
aux autres, ne pas s'éloigner beaucoup du lieu qui les a vues naître
16 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
et se fixer le soir, la tête en bas, sur les tiges de graminées où elles
s’apprètaient à passer la nuit.
Nous avons recueilli plusieurs exemplaires superbes dont les
ailes, en dessous, sont très richement colorées. Sur le fond brun
mordoré des ailes, les taches noires, la large bande submarginale
orangée, les points marginaux métalliques se détachent vigou-
reusement, se trouvant agréablement rehaussés par la série de
chevrons blancs qui s'étend généralement aux ailes inférieures,
entre les deux lignes de points noirs dont l’une surmonte la
bande orangée. Vraiment le faciès de la Zycæna Armoricana est
bien différent de l’aspect que présentent toutes les formes voi-
sines encore aujourd’hui ratttachées à A7gus.
Comme une nouvelle éclosion de l’imago se fait en août et
septembre, nous ne cesserons guère, d’ici quelques semaines, de
nous tenir en contact avec la Zycæna Armoricana, tout au moins
dans l’un ou l’autre de ses divers états.
Je convie d’ailleurs tous mes amis Entomologistes à collaborer
à la question si intéressante de l’étude de la biologie et de la
distinction spécifique des Zycæna myrmécophiles.
À Genève notamment, il me paraît qu’il serait aisé de réaliser
pour la Zycæna de Versoix (Aegus, Chapman) des observations
analogues à celles que pour Armoricana, M. Powell et moi, nous
nous efforcerons de mener à bonne fin, dans le pays breton.
Monterfil, 10 juillet 1917.
Charles OBERTHÜR,
I. — Note sur l’armure génitale mâle
chez LYCAENA ARGUS L. et ses variétés
Par le Docteur Jaques REVERDIN.
À la fin de juillet 1916, mon ami Charles Oberthür m'’écri-
vait : « À propos de papillons, j'aimerais avoir le cœur net sur
ce qui suit : La Lycæna Argus, de Rennes, et la Lycæna Argus,
de Genève, sont-elles ou non, deux formes d’une même espèce
ou deux espèces distinctes ? Voulez-vous me permettre de vous
envoyer des Argus de Rennes pour faire la comparaison des
genitalia ? »
Il va sans dire que jJ’acceptai avec empressement cette propo-
sition et je me mis à la besogne sans tarder. Les premiers résultats
obtenus me firent constater des différences assez frappantes entre
l’armure de Zigurica et celle d’Armoricana. Mais il était évident
que je ne devais pas me borner à l’examen de ces deux formes
et que la comparaison devait, au contraire, être étendue à toutes
celles que je pourrais me procurer.
Grâce à l’obligeance de plusieurs collègues, je pus avoir à ma
disposition des exemplaires de nombreuses localités. De France,
j'en reçus de Bretagne, de la Marne, des Hautes-Pyrénées, des
Hautes et Basses-Alpes et de Corse; j'en possédais moi-même
de l’Ain, de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l’Isère. De
Suisse, j'avais dans ma collection des Argus des environs de
Genève, du Valais, plaine et montagne, et j'en reçus d’autres des
2
18 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
cantons de Berne, des Grisons et du Tessin; d’Italie, on m’envoya
des exemplaires du Piémont (Valdieri, col de Tende, Mollière,
Pré-St-Didier) et d’autres parties de l’Italie (Florence, Lucques,
Avellino, Monti Albani, Abruzzes, Salzomaggiore, Valsassina et
Valcamonico); d'Allemagne me vinrent des Argus de Nürem-
berg et de Lychen, en Prusse Orientale; d'Autriche, de Fischa-
mend et de Budafok, en Hongrie. Ma collection renfermait
quelques exemplaires de l’Oural et de Laponie et 1l vint s’en
ajouter d’autres de Suède ; enfin, comme Je n'avais en fait
d’Ayrgus asiatiques que deux exemplaires de la var. Dschagatai,
Gr. Gr., plusieurs collègues me cédèrent généreusement des Argus
du Japon et de Juldus. Je dois tous ces dons à MM. Ch. Oberthür,
Courvoisier, Fruhstorfer, Gelin, Périnet, Querci, Rehfous et Tu-
rati, que Je remercie; c’est grâce à eux que Jj’ai eu la possibilité
d’effectuer les recherches dont je vais donner les résultats.
Dans le nombre des exempiaires qui m'ont servi se trouvent
des représentants des variétés suivantes : A7woricana Oberthür,
Ligurica (Oberthür) Courvoisier, Bellieri Oberthür, Alpina
Berce, A7gulus Frey, Argellus Turati — Aberonica Verity,
Nivea Courvoisier, Mira Verity, Insularis Leech, et Dschagatai
Gr. Gr., sans compter Argus typique, soit des Alpes soit de la
plaine.
Le nombre des préparations de l’armure se monte à 103 et
cela peut paraître exagéré; mais il faut savoir que chez les
Lycæna qui m’occupent, il n’est pas facile de les bien réussir.
Pour bien voir les différentes parties constituantes de l’armure,
chez eux, 1l est nécessaire de la placer de face vue par son côté
ventral, et non pas seulement de profil, car, dans cette dernière
position, les détails échappent par le fait de superpositions. Or,
dans sa situation normale, l’armure est concave du côté distal
et pour placer la préparation de face, il est nécessaire de
redresser la courbure, ce qui ne va pas toujours sans quelques
brisures ; une autre difficulté chez Argus vient de ce que l’extré-
mité des valves se replie souvent et l’on n’arrive pas toujours
à l’étaler; on ne peut alors se rendre un compte exact de la
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 19
denture qui se trouve en ce point. En examinant les figures de
la Planche I, on verra que si, dans la Fig. 1, les deux valves
sont en bonne situation, dans les Fig. 2 et 3, l’extrémité des
valves gauches est repliée; dans la Fig. 1, l’extrémité droite de
l’uncus est déformée par ie redressement.
Il est donc nécessaire de faire un grand nombre de prépara-
tions pour en avoir un nombre suffisant d’utilisables pour la
comparaison, car 1l est bien évident que cette comparaison ne
peut avoir de valeur que si elle porte sur de bonnes et nombreuses
préparations.
C’est la raison qui m’empêche de me prononcer sur la forme
de Corse Bellieri et sur celle du Japon /nsularis; je n’ai pas eu
assez d'exemplaires à ma disposition pour avoir des préparations
réussies de ces formes; quant à Planorum, je n’en ai pas eu du
tout, à moins que Dschagatai ne lui appartienne, ce que j'ignore.
Pour le moment je ne suis en mesure de donner mon opinion
formelle que sur les autres formes, en particulier sur Argus des
Alpes, Armoricana et Ligurica; quand je dis Argus, des Alpes,
c’est simplement parce que chacun comprendra de quoi il s’agit;
mais cet Argus n’habite pas exclusivement les Alpes ; on le
rencontre aux Pyrénées et aussi dans quelques localités de la
plaine; je donnerai du reste la liste complète des exemplaires
utilisés pour les préparations avec leurs localités.
Voyons maintenant comment sont constituées les armures géni1-
tales mâles chez ces trois formes et quelles sont les différences
qui les distinguent les unes des autres.
Chez les Zycæna, comme chez les Lépidoptères en général,
l’armure se compose des pièces suivantes : une pièce dorsale,
deux pièces latérales du côté ventral, des connectifs qui relient
les uns aux autres et l’ædeagus renfermant le pénis proprement
dit, formé par la terminaison du canal déférent. Chez les Z'ycæna,
on trouve une pièce particulière en forme de fourche placée entre
les connectifs du côté ventral de l’armure, c’est la furca des
auteurs anglais,
|
20 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
La pièce dorsale est formée de deux parties, l’une appartenant
au neuvième segment abdominal, c’est le tegmen, et la seconde
au dixième segment, on la nomme uncus; chez les Zycæna dont
je m'occupe, l’uncus est bifurqué et se divise en deux parties ter-
minées en pointe mousse. L’uncus est ordinairement pourvu de
deux appendices que
Le l’on a pris longtemps
Ti pour le scaphium de
Gosse, jusqu’au moment
où Chapman a montré
que c'étaituurneteRrettE
Cet auteur a remplacé
la désignation erronée
de scaphium par celle
de gnathos ; de mon
côté J'ai proposé le
terme d’apophyses laté-
rales de l’uncus qui a
l’avantage de ne pas
préjuger de leur forme,
laquelle est assez va-
riable suivant les espèces
et les genres ; enfin,
Fi16. 1. — L'armure mâle chez Lycœna Argus, Bethune Baker les ap-
sauf les valves qui ont été enlevées :
1. Uncus. pelle, chez les Zycæna,
2, Apophyses latérales (Gnathos, Falces).
are k falces. Ces apophyses
4. Connectifs de iecerf (Cingula). ’ ñ
5. Ædœagus (Penis sheath). latérales de l’uncus ont,
6. Furca.
7. Commissure postérieure des connectifs; le saccus chez Argus, la forme de
ne se voit pas du côté ventral.
deux longs crochets re-
courbés, insérés à la base de l’uncus, et terminés par une extré-
mité libre pourvue d’un petit crochet aigu.
En comparant l’uncus et ses apophyses latérales chez les trois
formes que nous étudions, nous voyons que les deux moitiés de
l’uncus bifurqué sont sensiblement pareilles quant à leur forme
chez toutes trois, mais que, chez ZLigurica, elles sont manifeste-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 21
ment plus longues que chez les deux autres; ceux-c1 ne semblent
pas différer entre eux sous ce rapport.
Les apophyses latérales sont nettement différentes, chez Zigu-
rica, de ce qu’elles sont chez Argus et Armoricana; chez tous
trois, elles sont formées de deux branches réunies par une partie
courbe; la branche qui s’insère à l’uncus est la plus courte et
celle qui se termine par une extrémité libre, plus longue; on voit
immédiatement que, chez Ligurica, la branche libre est beaucoup
plus longue que chez les deux autres; on peut mesurer l’impor-
tance de cette différence de la façon suivante (Fig. 3 et 4) : avec
un compas dont la branche pointue est placée au sommet de la
courbe en & et celle qui porte le crayon au bord supérieur de
l'insertion de la 1
courte branche en
b, on trace un arc
de cercle bc; on
voit alors que cet
arc de cercle coupe
la branche libre
F1G. 2. — La valve droite ;
plus loin de sa 1. Bord supérieur de la valve. —2. Bord inférieur de la valve.
3. Concavité avant le peigne. — 4. Le peigne.
pointe, chez Ligu-
rica, que chez A7gus et que chez Armoricana; calculant la valeur
de cette différence, je trouve que, chez Ligurica, la portion débor-
dante de la branche libre équivaut à 43 % de sa longueur totale,
et chez Argus à 24 % seulement.
Une autre différence qui m’a immédiatement frappé en exa-
minant mes préparations et la mensuration exacte de toutes celles
qui s’y prêtaient, a démontré l'exactitude de mon observation;
voici de quoi il s’agit : la longueur de l’uncus, relativement à la
longueur totale de l’armure vue de face, n’est pas la même dans
les trois formes d’Argus. J'ai mesuré sous ce rapport 11 prépa-
rations d’A7gus, 7 d’'Armoricana et 6 de Ligurica; en calculant
les moyennes, les résultats obtenus sont les suivants : la longueur
totale étant comptée 100, l’uncus mesure en moyenne 17,3 chez
Argus, 10,1 chez Armoricana et 26,2 chez Ligurica. La longueur
52 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
relative de l’uncus est donc un peu plus grande chez A7moricana
que chez A7gus; elle l’est bien plus encore chez Zigurica ; il
F1G. 3.— Uncus et apophyses
latérales
chez Lycœnu Argus.
ressort des chiffres obtenus que, chez
Ligurica, l’'uncus mesure plus du quart
de la longueur totale ; chez les deux
autres moins du cinquième. Ces mensu-
rations ne peuvent certainement pas
prétendre à une exactitude mathéma-
tique, puisque le redressement de la
courbure expose à des déformations qui
varient d’une préparation à l’autre, et
il y aurait intérêt à les multiplier ;
néanmoins 1l ne reste aucun doute sur
le fait même.
Passons à l’examen des valves. Leur
forme générale est, à bien peu de chose
près, la même chez les trois papillons; elles semblent pourtant
légèrement plus allongées chez Ayrworicana (PI. I, Fig. 3) que
chez 41722 AErE
courtes chez Zigurica
1), plus
CET
Fig. 2) que chez les deux autres;
ces différences sont trop minimes
pour avoir une valeur réelle, car
il faut tenir compte des variations
individuelles et de l’orientation
des préparations qui ne peut
être toujours absolument 1iden-
tique.
Une autre différence, qui me
semble évidente et suffisamment
accusée pour avoir de l’impor-
tance, s’observe dans le peigne de
a
F1G. 4 — Uncus et apophyses latérales
chez Lycæna Ligurica.
Chapman. L’extrémité externe de la valve présente deux parties
saillantes, l’une, en bas, plus ou moins arrondie et mousse, et
A . . ; ,
une autre, du côté supérieur, munie sur son bord d’une rangée
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 23
de petites dents; c’est à cette dernière partie que Chapman a
donné le nom de peigne. Le bord denté du peigne est perpendi-
culaire à l’axe de la valve; il est presque rectiligne chez Argus
(REA Frs, da), convexe, chez Armortcana (PI, IT Fig. 314);
chez Ligurica (PI IL Fig. 2 a) il est rectiligne et plus court
que chez les deux autres papillons. De plus, le bord supérieur
de la valve présente, avant l’angle qu’il forme avec le peigne,
une concavité profonde chez Armoricana (PI. II, Fig. 3 a), moins
profonde chez A7gus (PL II, Fig. 1 a), et encore moins chez
Lisurica (PI. Il, Fig. 2 a).
La direction du bord denté et de son angle inférieur est diffé-
rente aussi chez les trois papillons, comme on s’en rendra compte
facilement en examinant les figures, de sorte que les trois types
se différencient nettement sous ce rapport comme sous ceux que
j'ai relevés.
Quant au nombre des dents dont est muni le peigne, ce nombre
étant variable d’un individu à l’autre, il faudrait un très grand
nombre de préparations pour savoir s’il existe une différence
constante sous ce rapport entre les trois formes.
L'ædeagus (Fig. 1) et (PI I, Fig. 1, 2 et 3) est notablement
plus long chez Zigurica que chez Argus et chez Armoricana; je
ne trouve pas de différence entre ces deux derniers.
Je crois donc pouvoir conclure maintenant que les caractères
de l’armure sont différents chez Argus, Armoricana et Ligurica
et que Ligurica est plus différent des deux autres qu’ils ne le
sont entre eux.
Ces différences anatomiques sont-elles suffisantes pour affirmer
que ces trois papillons sont autant d’unités spécifiques dis
tinctes? Je suis disposé à le croire, mais cependant j’expliquerai
tout à l’heure pourquoi ce n’est pas sans réserves.
Voici maintenant la liste des exemplaires qui ont servi aux
préparations, avec l'indication de leur localité; J'ajoute que le
plus souvent un plus ou moins grand nombre d’exemplaires de
la même provenance ont été préparés. Cette liste est divisée en
24 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
séries ayant comme en-tête l’indication de la forme dont elles
possèdent l’armure.
LISTE DES EXEMPLAIRES PRÉPARÉS
A7gus.
France : Salins (Savoie), La Grave (Hautes-Alpes), Digne,
Enchastrayes (Basses-Alpes), Cautarets (Hautes-Pyré-
nées ).
Suisse : Hermance, Allondon (Canton de Genève), Martigny,
Saillon, Forêt de Finges, Arolla, Gemmi, Grund, La-
quinthal, Algaby, Alpienalp, Randa, Taeschalp, Zermatt,
Huhten (Canton du Valais), Gasternthal (Canton de
Berne), Celerina (Canton des Grisons), Solduno, Locarno,
Fusio, Val Blenio (Canton du Tessin).
Italie : Baveno, Valdieri, Col de Tende, Pré-Saint-Didier,
Valsassina (Primaluna), Valcamonico (Oglo), Salzomag-
giore, Lucca, Avellino.
Allemagne : Nüremberg, Lychen (Prusse orientale), Waid-
bruck.
Autriche : Ofenpass, Lana.
Russie : Oural central.
Suède : Laponie septentrionale, Ile Gotland, Skaralide.
Turkestan.
Ligurica.
France : Sillery (Marne), Divonne (Ain), Tougues, Pied du
Grand-Salève (Haute-Savoie), Allevard, Uriage (Isère).
Suisse : Versoix, Allondon (Canton de Genève), Oria
(Tessin).
Italie : Florence, Abruzzes, Monti Albani.
Autriche : Fischamend (Basse-Autriche), Budafok (Hon-
grie).
Asie : Fort Narine (Turkestan), Juldus.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 25
Ayrmoricana : Ille-et-Vilaine.
Bellier: : Corse.
Insularis : Japon.
Il résulte de l'étude des préparations faites avec ces exem-
plaires que les variétés se répartissent de la façon suivante, entre
Argus et Ligurica : les variétés Alpina, Argulus, Argellus = À dbe-
tonica et Nivea appartiennent à A7gus; les variétés Mira, Dscha-
gatai et peut-être /nsularis appartiennent à Zigurica.
En ce qui concerne Bellier: et Insularis, voici ce que J'ai cons-
taté en examinant les trop peu nombreuses préparations que J'en
ai pu faire : Bellieri possède un uncus et des apophyses latérales
semblables à ceux d’A7gus, mais son peigne est différent du
sien ; le bord du peigne est vertical et rectilhigne et ne porte que
7 à 9 dents; celles-ci sont plus développées que chez Argus; le
bord supérieur de la valve est moins concave avant le peigne
que chez A7gus.
Insularis a une armure qui ressemble beaucoup à celle de
Ligurica, son peigne en particulier est semblable au sien, sauf
que la concavité du bord supérieur de la valve est moins accusée;
d’autre part, ses apophyses latérales, tout en étant plus longues
que chez A7gus, sont cependant moins longues que chez Ligurica
dans leur partie libre. Ces différences semblent bien indiquer
qu’/nsularis est une forme distincte, mais le nombre de mes pré-
parations est trop minime et je dois rester dans le doute jusqu’à
ce que je puisse contrôler la constance de ces différences, légères
du reste.
Quant à Vzivea, voici ce qui résulte de mes examens : j’ai reçu
des Mivea de la Forêt de Finges, que m'a envoyées Courvoisier
lui-même, donc authentiques, et d’autres papillons, avec cette
désignation, de Turati, ceux-ci provenant des Abruzzes et des
Monti Albani; or les premiers ont l’armure d’Aygus et les
seconds celle de Zigurica; ni chez les uns, ni chez les autres Je
n'ai découvert le moindre caractère particulier; pour cette raison
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
D
©
Je suis obligé de suspendre mon appréciation relativement à cette
variété, comme pour Bellier: et Insularis. Je ne parle que du point
de vue anatomique; car, en ce qui regarde Bellieri, ses caractères
comme papillon sont assez particuliers pour me faire pencher en
faveur de sa spécñcité; elle ne m'est pas démontrée anatomi-
quement, c’est tout ce que Je puis en dire.
Mon collègue Courvoisier, à qui j'ai demandé de faire l’examen
des écailles androconiales de ces papillons — (et 1l possède une
compétence connue pour cet examen) — a bien voulu s’en charger;
il m'a donné les conclusions suivantes de son travail : Argus —
Argyrognomon = Idas se décomposerait, d’après la forme des
écailles androconiales, le nombre de leurs lignes et des points de
ces lignes, en sept espèces distinctes; deux de ces espèces ont été
déjà séparées par lui; ce sont /rsularis et Planorum; les cinq
autres sont : /das, Ligurica, Bellieri, Nivea et Armoricana.
Êt maintenant une question se pose : sommes-nous autorisés
à regarder les différences notées entre les armures et les andro-
conies comme suffisantes pour en conclure à des unités spécifiques
distinctes ? 11 ne me semble pas qu’il en soit ainsi, étant donné
que les différences portent plutôt, en ce qui concerne l’armure,
sur les proportions relatives des parties que sur leur forme et
que, d’autre part, la forme et les autres caractères des écailles
androconiales varient, dans de certaines limites, 1l est vrai, soit
dans la même espèce, soit dans un même exemplaire; dans le cas
particulier d’Argus et de ses variétés, les différences de forme
des androconies ne sont pas très grandes. Dans ces conditions,
ne doit-on pas se demander s’il ne s’agit pas simplement de
formes locales, de variétés plutôt que d’espèces distinctes ? Il ne
me semble pas que nous puissions aujourd’hui trancher cette
question avec les seules données anatomiques. |
En effet, je crois que l’étude de l’armure ne permet de con-
clure avec certitude à une distinction spécifique, que lorsque les
différences de forme sont assez grandes pour que l’accouplement
fertile soit jugé impossible; encore, dans ces cas, les tendances
personnelles de l’auteur ont une part dans son jugement.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 2
Quant aux écailles androconiales, il faudrait avoir démontré :
1° que ces écailles ont bien pour fonction de disséminer une subs-
tance odorante; 2° que réellement cette substance odorante attire
les femelles et favorise l’accouplement; 3° que, par conséquent,
1l doit y avoir pour chaque espèce une substance odorante spéci-
fique; alors seulement on pourrait peut-être conclure de la diffé-
rence de forme des écailles androconiales à une différence spéci-
fique entre les papillons qui les possèdent. On voit quelle série
d’hypothèses doit être démontrée valable, faute de quoi tout
l’édifice croule. Ces hypothèses sont-elles démontrées justes, en
ce qui concerne les Zycæna? je ne le sache pas et, jusqu’à de
nouvelles conquêtes dans ce domaine, je pense pour ma part
qu’une conclusion affirmative n’est pas possible sans l’appui des
données biologiques.
Je conclus donc à une probabilité, mais non à une certitude,
et je dis : l'espèce linnéenne Argus doit probablement se décom-
poser en plusieurs unités spécihiques distinctes, l'étude des geni-
talia me semble permettre de supposer que : Argus, Armoricana
et Ligurica doivent être séparés en espèces distinctes.
Peut-on distinguer ces trois espèces autrement que par l'examen
de leurs armures ou de leurs androconies ? Voyons ce qu’il en est.
Armoricana se reconnaît en général facilement à la coloration
de son revers gris et beaucoup plus foncé que celui d’A7gus;
mais comme on peut rencontrer des A7gus qui présentent par
exception un revers de cette coloration foncée, il est nécessaire,
pour avoir une certitude, de connaître la provenance de l’exem-
plaire. Je me demande à ce propos si les papillons du Tessin
qu'Oberthür fait rentrer dans Armoricana ne sont pas plutôt de
ces Argus exceptionnels à revers foncé que de vrais A7woricana;
mais n'ayant pas vu ces exemplaires et ne connaissant pas leurs
caractères anatomiques, je ne dis ceci qu’avec réserves expresses.
La forme des ailes d'Armoricana est assez différente de celle
d’Ayrgus; ses ailes antérieures sont plus étroites, plus allongées
. . . \
et leur angle apical est un peu plus aigu, mais ces caractères ne
28 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
sont pas absolument constants et d’ailleurs, comme 1ls ne peuvent
s’apprécier que par l’examen de séries un peu nombreuses, 1ls
n’ont que peu de valeur pour la diagnose d’un exemplaire en
particulier.
La distinction entre Argus et Ligurica est encore moins facile;
J'ai eu la preuve que les Eépidoptérologistes les plus compétents
peuvent s’y tromper. J'ai, pour ma part, cherché à me mettre au
clair sur cette question de la diagnose de Zigurica et, cependant,
plus d’une fois, la préparation de l’armure m’a convaincu
d’erreur ; je n’aurais jamais soupçonné que Dschagatai, par
exemple, appartint à Zzgurica, si je n’avais pas vu son armure
male, semblable à la sienne.
Tout ce que je puis dire, c’est que certains caractères particu-
liers s’observent souvent chez Ligurica, mais en ajoutant immé-
diatement que trop d’exceptions se rencontrent pour que leur
présence ou leur absence permette une diagnose sûre.
Voici les caractères particuliers que j'ai trouvés fréquents,
mais non constants, chez Ligurica : 1° la forme générale des ailes
antérieures plus large, celle du bord externe plus convexe, surtout
au voisinage de l’apex, que chez A7gus,; 2° l’existence d’une série
complète de lunules jaunes sur le revers des aïles postérieures
d’un bord à l’autre; ces lunules ne sont pas, comme c’est fré-
quemment le cas chez d’autres formes, chez A7gus en particulier,
absentes ou effacées au voisinage de l’apex; elles sont d’un jaune
rougeâtre en général et non jaunâtre pâle. Mais il y a encore des
exceptions à cette règle; chez Dschagatai, qui a pourtant l’armure
de Zigurica,; la forme des ailes n’est point celle que je viens
d'indiquer, si j'en juge par les deux exemplaires que je dois à
Ch. Oberthür et qui lui venaient de Grum lui-même.
La question de diagnose reste donc ouverte et le restera proba-
blement longtemps encore; c’est une raison de plus pour sus-
pendre le jugement et faire des réserves sur les conclusions que
l’on peut baser sur l’étude anatomique.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 29
Je voudrais en terminant dire quelques mots sur la distribution
d’Ayrgus, de Ligurica et d’Armoricana.
Argus, on le sait, est généralement abondant dans les Alpes et
répandu sur des territoires de grande étendue; je l’ai partout
rencontré dans les montagnes du Valais et partout en nombreux
exemplaires. Dans la plaine, sa distribution paraît plus loca-
lisée; dans le canton de Genève, je ne l’ai pris qu’à l’Allondon
et sur les bords de la rivière l’Hermance et pas ailleurs Jusqu’ici.
Ligurica se rencontre chez nous constamment en colonies res-
treintes et étroitement localisées; j’en possède du vallon de la
Versoix et de l'embouchure de l’Allondon, dans le Rhône, dans
le canton de Genève, de Tougues et du pied du Grand Salève
dans la Haute-Savoie et de Divonne dans l’Ain.
Un fait qui peut avoir une certaine importance est le suivant :
Ligurica se trouve à Tougues et, plus près d’Hermance, le long
de la route qui relie ces deux localités, et jamais Je n’y ai vu
voler A7gus, tandis que j'ai pris ce dernier, à l’exclusion de
Ligurica, sur les bords de la rivière l’Hermance, à environ deux
kilomètres de là. A l’Allondon, même remarque : Ligurica habite
seul le voisinage de l’embouchure de la rivière dans le Rhône et
à un kilomètre plus haut, vers le pont de l’Allondon, c’est Argus
et Argus seul qui vole. Nulle part, je n’ai eu l’occasion de trouver
les deux espèces en cohabitation, ni de prendre des exemplaires
de transition entre les deux formes. Ces faits me semblent des
arguments en faveur de la spécificité propre de Zigurica et
d’A7gus.
Quant à Ayrmoricana, je sais par Charles Oberthür qu’il se
trouve en Bretagne, dans les environs de Rennes, établi lui aussi
en colonies, et que ces colonies habitent des territoires limités;
aucune autre forme d’Aygus n’habite la Bretagne, je crois.
Il reste donc à connaître la biologie propre à chacune des
formes pour être au clair. Tout ce que nous savons aujourd’hui
est à reprendre à nouveaux frais, puisque l’on n’a pu tenir
compte, dans ce qui en est connu jusqu'ici, des formes que l’on
30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ignorait; nous ne savons par conséquent pas à laquelle appar-
tiennent les données déjà acquises. Lorsque nous connaïîtrons la
ponte, la plante ou les plantes nourricières, les caractères de l’œuf,
de la chenille, de la chrysalide dans leurs détails comparatifs
pour chaque forme, alors seulement nous pourrons savoir si, oui
ou non, ces formes doivent être séparées en autant d’unités spé-
cifiques distinctes.
Genève, 28 février 1917.
D° J. LE: REVERDIN.
FIG:
PIC:
TG:
FIG.
FIG
FIG
PACE NADES PEANGEEES
PLANCHE I.
1. L’armure génitale mâle chez Zycæna Argus.
L’armure génitale mâle chez Lycæna Ligurica.
[S]
3. L’armure génitale mâle chez Lycæna Armoricana.
PLANCHE Il.
14. La valve et son peigne chez Zycæna Argus.
za. La valve et son peigne chez Lycæna Ligurica.
. 34. La valve et son peigne chez Lycæna Armoricana.
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Argus.
Ligurica.
Armoricana.
PLANCHE I.
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=
(ai
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(de
Ligurica.
Ayrmoricana.
II. — Opinion du D' Courvoisier
M. le Professeur-Docteur Courvoisier, de Bâle, a adressé à son
collègue, M. le Professeur-Docteur J. Reverdin, à Genève, la lettre
suivante :
« Basel, 2-II 1917.
Geehrtester Herr College,
Endlich bin ich so weit, dass ich Ihrem Wunsch entsprechen
und Ihnen die Resultate meiner Untersuchungen der Andro-
conien der verschiedenen /das (Argyrognomon) Formen mitteilen
kann.
Leider habe ich eine Sendung, die mir Herr Charles Oberthür
schon am 12 Januar angekündigt hat, noch nicht erhalten. Er
wollte mir noch einige Armoricana und Bellieri nebst verschie-
denen andern Lycænen schicken. Ich glaube aber dass das
Material das Sie mir gesandt haben, nebst einigem das ich bereits
besass, zur Entscheidung der Frage genügt, welche Exemplare
besondere Arten darstellen.
In meiner Androconien Arbeit die Sie von mir erhalten haben
und die ich auch an Herrn Oberthür schickte, habe ich schon
mitgeteilt dass /#sularis Leech und Planorum Alph., die bisher
als Varietäten von /das L. (Argyrognomon) galten, wegen ihrer
abweichenden Androconien als gute Spezies gelten müssen.
Die Abbildungen die ich gab, lassen darüber keinen Zweifel
aufkommen.
Jetzt bin ich in der Lage Ihnen Folgendes mitzuteilen :
Die Zdas Exemplare aus unserer Gegend und aus Norddeut-
schland, sowie die kleine Form des Wallis und vieler
schweizerischer Alpentäler, die Frey beschrieben und A7gulus
3
34 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
genannt hat, haben alle die gleichen Androconien (S. beiliegende
Zeichnung Fig. 2).
Dagegen sind die Androconien der Formen A7moricana
(Fig. 3), Bellieri (Fig. 4), Ligurica (Fig. 5) und Nivea mihi
(Fig. 6) alle sowohl von denjenigen der Art /das, wie unter sich
so verschieden, dass ich sie alle für besondere Arten halten
muss. Sie werden wohl bei der Besichtigung meiner Figuren
zur gleichen Ansicht gelangen.
Vielleicht darf ich, da ich in franzôsischer Sprache (trotz
meinem franzôsischen Namen) schlecht korrespondieren kann,
Sie nun bitten, Herrn Oberthür die obigen Mitteilungen
zukommen zu lassen, da Sie 1hm ja auch über Ihre Unter-
suchungen der Genitalapparate der erwähnten Arten berichten
werden.
Hier môchte ich mir erlauben im Bezug auf den Namen
Ligurica Folgendes zu sagen : Im Frühjahr 1910, sandte ich
Herrn Oberthür ein Stück einer /das-Form, die ich in Anzahl
am Luganersee gefangen hatte und die ich wegen ihrer eigentüm-
lichen Beschaffenheit als eigene Form ZLigurica benannte.
Diesen Namen teilte ich auch Herrn Oberthür mit. Kurz darauf
publzierte ich auch den Namen in meiner Arbeit « Entdeckungs-
reisen » (Ænt. Zeitschrift Stuttgart, 1010).
Fast gleichzeitig erhielt ich von Herrn Oberthür sein Fasci-
cule IV. Darin teilte er mit, er habe von « Jemand » unter dem
Namen Zigurica eine eigentümliche Argus-Form erhalten und
acceptiere nun diesen Namen. Er besprach diese Form ausführ-
lich und bildete davon zahlreiche Exemplare verschiedener
Provenienz ab. Ich sah daraus, dass er offenbar sich nicht mehr
erinnerte, von mir Exemplar und Namen dieser Form erhalten
zu haben. Natürlich schreibe ich das nicht um ein Prioritätsrecht
geltend zu machen. Denn tatsächlich hat Herr Oberthür den
Namen Zigurica zuerst publiziert und ich anerkenne unbedingt
seine Prioritaät. Vielleicht interessiert er sich aber doch dafür,
dass ich es war, der ihm die erste Zigurica von Cassarate am
Luganersee zugesandt habe,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 35
Sie haben mich auch gebeten darauf zu achten, ob die Andro-
conien in verschiedenen Jahreszeiten, speziell bei Zigurica,
varüeren. Ich habe keinen Unterschied gefunden. Auch bei
T'hersites konnte ich den Unterschied, den Herr Ball bei dieser
Spezies in verschiedenen Jahreszeiten gefunden haben vill, nicht
bestaetigen, wie ich das in meiner Ihnen ebenfalls zugesandten
T'hersites-Arbeit bereits mitgeteilt habe...…. COURVOISIER. »
TRADUCTION FRANÇAISE
« Bâle, 2-II 1917.
Très honoré Collègue,
Je suis enfin au point de pouvoir répondre à votre désir et
vous communiquer les résultats de mes recherches des Andro-
conies des diverses formes de Z/das (Argyrognomon).
Malheureusement, je n’ai pas encore reçu un envoi que
M. Charles Oberthür m’annonçait déjà le 12 janvier (*). Il voulait
m'envoyer encore quelques Armoricana et Bellier: avec différents
autres Zycæna : mais je crois que le matériel que vous m'avez
envoyé suffit, avec ce que je possédais déjà, pour la décision de
la question que dépeignent des exemplaires des spécialités spéci-
fiques.
Dans mon travail sur les Androconies que vous avez reçu de
moi, et que j'ai aussi envoyé à M. Oberthür, J'ai déjà fait
connaître que /nsularis Leech et Planorum Alph, considérés
jusqu'ici comme des variétés de Zdas L. (Argyrognomon),
doivent valoir comme bonnes espèces, à cause de la divergence
—— ————____—_—————_—_—_—_— —_—"—…—"—"—…"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"———
(*) J'ai reçu, à la fin de février 1917, une lettre de M. le Prof. Dr Courvoisier
m'annonçant l’arrivée à Bâle de mon envoi de /ycænides. Toutefois, cet envoi
était « dans un état assez délabré et une partie des papillons avait bien souffert. »
C’est toujours la guerre, hélas! — Ch, OBTER.
36 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des Androconies. Les figures que j'ai données ne laissent
subsister aucun doute à ce sujet.
Maintenant je suis en état de faire connaître ce qui suit :
Les exemplaires /das de nos environs et du nord de l’Alle-
magne, aussi bien que la petite forme du Valais et beaucoup des
vallées des Alpes suisses, que Frey a décrits et appelés du nom
Argulus, ont tous les mêmes Androconies (voir la Fig. 2 du
dessin ci-annexé).
Par contre, les Androconies des formes Ayrwmoricana (Fig. 3),
Bellieri (Fig. 4), Ligurica (Fig. 5) et Nivea mihi (Fig. 6) sont
tous différents aussi bien entre eux que les uns et les autres de
l’espèce /das; c’est pourquoi je dois les tenir tous pour des
espèces à part.
Vous serez sans doute du même avis après inspection de mes
figures.
Comme je peux mal correspondre en langue française (*)
(malgré mon nom français), je pourrais peut-être vous prier de
vouloir bien faire tenir les communications ci-dessus exprimées
à M. Oberthür, en le tenant au courant de vos recherches sur les
appareils génitaux des espèces dont il est question.
Maintenant je pourrais me permettre de dire ce qui suit, rela-
tivement au nom Zigurica. Au printemps de l’année 1910,
J'envoyais à M. Oberthür un exemplaire d’une forme d’/das que
J'avais capturée en nombre auprès du lac de Lugano, et qu’à
cause de sa constitution spéciale j'avais appelée comme forme
distincte : Legurica. J'avais communiqué ce nom à M. Oberthür.
Peu après, je publiais ce nom dans mon travail « Voyage de
découverte » (Ent. Zeitschrift Stuttgart, 1910).
Presque en même temps, je reçus de M. Oberthür son Fasci-
cule IV. Il y faisait connaître qu’il avait reçu de « quelqu’un »,
sous le nom Zigurica, une forme spéciale d’A7gus et qu’il
acceptait ce nom. I] discutait cette forme en détail et en figurait
(*) Je sais, par expérience, que le Dr Courvoisier correspond très bien en
français; dans la circonstance, il pèche par excès de modestie, — Ch. OBTHR.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47
de nombreux exemplaires de diverse provenance. Je vis là qu’il
ne se souvenait évidemment plus d’avoir reçu de moi les exem-
plaires et le nom de cette forme. Naturellement, je n’écris pas
cela pour réclamer un droit de priorité. Car c’est réellement
M. Oberthür qui a, le premier, publié le nom : ZLigurica, et je
reconnais sa priorité sans contestation. Peut-être trouvera-t-1l
cependant quelqu’intérêt à savoir que c'était moi celui qui lui
avait envoyé le premier exemplaire de ZLigurica, de Cassarate,
près du lac de Lugano.
Vous m’avez prié de faire attention si les Androconies, spécia-
lement chez Ligurica, varient dans les diverses saisons. Je n’ai
trouvé aucune différence. Chez T'Aersites, je n’ai pas pu davan-
tage confirmer la différence que M. Ball prétend avoir trouvée
dans les diverses apparitions saisonnières de cette espèce, ainsi
d’ailleurs que je l’ai déjà fait connaître dans mon travail sur
T hersites que je vous ai pareillement envoyé... COURVOISIER. »
Enfin, j'ai reçu directement de M. le Prof. D' Courvoisier une
lettre datée de Bâle, 4 mars 1017, dont j’extrais ce qui suit :
« Sie fragen mich was ich über die Formen Aywmoricana,
Bellieri, Ligurica denke. Ich habe diese, ebenso wie meine Vivea
längst für gute Arten gehalten, he die Androconien mir hierfür
den Beweis lieferten.
Was die von Ihnen erwähnte Form A/pina betrifft, so bin ich
nicht ganz im Klaren was Sie darunter verstehen. Ich weiss nur
von der Form A/pina, Berce, die der Autor selbst zu A7gus und
nicht zu Aegon rechnet. Diese Form die nach der Original-
beschreiburg unten stark weiss bepudert sein soll, habe ich in
unsern Schweizer Alpen nie beobachtet. Die kleine, unten
graugelbliche, meist mit kleinen Ocellen versehene Form der
Walliser, Berner, Lessiner, Graubündner, und Tiroler Alpen
(identisch mit Lapponica, Gerhdt) ist jedenfalls nicht A/fina,
Berce, sondern Argulus, Frey. (Mittlgen d. schweiser. entomol.
38 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Gesellschaft, 1882). Diese Form aber hat die gleichen, nur
kleineren Androconien wie unser gewühnlicher /4as, ist also eine
alpine Form desselben. »
Voici la traduction française :
« Vous me demandez ce que je pense à propos des formes
Armoricana, Bellieri, Ligurica. Je les ai depuis longtemps tenues
pour de bonnes espèces, aussi bien que ma Vivea, avant même
que les Androconies ne m’en aient fourni la preuve.
En ce qui concerne la forme mentionnée par vous comme
Alpina, je ne vois pas clairement ce que vous entendez par là.
J'ai seulement connaissance de la forme A/pina, Berce, que son
auteur lui-même attribue à A7gus, non à Aegon. Cette forme qui,
d’après la description originale, doit être fortement poudrée de
blanc en dessous, je ne l’ai jamais observée dans nos Alpes
suisses. La petite forme, en dessous gris jaunâtre, surtout munie
de petits ocelles, venant des Alpes du Valais, de Berne, du Tessin,
des Grisons et du Tyrol (identique à Zapponica, Gerhdt), en
tout cas, ce n’est pas A/pina, Berce, mais Argulus, Frey. (Mittlgen
d. schweizer. entomol. Gesellschaft, 1882). Cependant, cette
forme a les mêmes Androconies, seulement plus petites, que notre
ordinaire /das; elle n’est autre chose qu’une forme alpine du
même. »
Argus L. (Aegon).
11-12 Rippen (1).
11-13 Knôtchen, gross.
Netze spärlich, fein.
RER. Idas L. (Argyrognomon Bgstr.).
Er LE) — 10-11 Rippen.
ei ss 10 Knôütchen, gross.
Netze mässig reichlich, fein.
Armoricana Obthr.
13-14 Rippen.
12-13 Knôtchen, klein.
Netze reichlich, stark.
Pee RS. Bellieri Obthr.
BA
SOEUR » A , Ri
ÉTAT ee EE 13-14 Rippen.
LTÉE / 12-13 Knôtchen, klein.
Netze reichlich, fein.
ER Ligurica Counr-
LÉ STE FN 13-14 Rippen.
a 12-13 Knôtchen, klein.
Ne LS Et se . 5 . .
7 Netze mässig reichlich, fein.
EEE
Nivea Courv.
13-14 Rippen.
10-11 Knôtchen, gross.
Netze reichlich, stark.
(x) Rippen=Côtes; Knôtchen=Petit nœud; Netze= Réseaux; reichlich=
abondant; spärlich—maigre; mässig—modérément; gross=grand; fein=fin;
klein=petit; stark= fort.
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III. — À new european LYCAENA
Plebeius Argus (Ærgyrognomon) & Aegus, sp. nov.
By T. A. CHAPMAN, M. D.
M. Oberthür sent me specimens of some half dozen local races
of Plebeius Argus (Argyrognomon) expressing his belief that
they were not all one species and asking me to investigate
whether any light could be thrown on the question by an exa-
mination of the genital appendages, androcomia, etc.
This I have done, mounting the appendages of some half a
gross of examples, of M. Oberthür’s specimens and of others,
and using also the preparations I had by me. I have to thank
Messrs. Bethune-Baker, H. J. Turner, A. H. Jones and other
friends for various specimens.
The resulting conclusion I arrive at, so far as this particular
enquiry goes, is that there are in his examples two very distinct
species, one a species new to the European list and from a very
restricted habitat, the others are local races of A7gus. T call
this species Argus as that is the name adopted in the Zépidop-
térologie comparée. Otherwise I should call it Argyrognomon,
calling the species so long associated and confounded with it
Aegon. One of these two should be called Argus, but till our
authorities are agreed as to which it is, the only way to avoid
confusion is to drop Argus and use names, though one of them
must be wrong, that are free from ambiguity. This is no dis-
loyalty to the law of priority, which I strenuously uphold, and
42 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
which in this case I will instantly obey, as soon as there is
certainty as to what such obedience consists in.
Before making the examination of the appendages, I thought
that 1f there was a distinct species amongst the races to be
examined, that was most likely to be the form A7woricanus,
with its strong and bold markings, the exaggeration, compared
with most other forms, of the red marginal markings, usually
forming a continuous band and so on.
This, however, proved not to be the case, the form that turned
out to be distinct inhabits the country around Geneva, and is in
fact closely related to, but probably not identical with Melissa,
a North American form, and with the Argus of Sarepta, of the
Amoor and Japan which have a many named forms, of which,
I think, Wacrargus, Butl., is the oldest. There seem to be, at
least the following forms that may fairly claim specific rank :
Argus (Argyrognomon), Europe;
Aegus, Geneva;
Micrargus, China and Japan;
Melissa, North America;
(Scudderu, » pe
My specimens, so named, are Melissa, 1 have probably not
obtained true Scudder.
Sareptensis, Sarepta,
with not improbably others.
I myself incline strongly to this opinion, and propose for the
European form the name of Aegus (*).
Argus and Aegus differ in the male ancillary appendages to
a wide and unmistakeable degree.
There is some variation in the case of Argus, in different indi-
viduals and from different localities, these variations are trifling
(*) One of the Allobroges, who inhabited the home of this species.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 43
however compared with the differences between Argus and
Aegus. They are fairly comparable with differences that
I showed to exist in different forms and races of the allied
species Aegon (Argus) in Plates À and B in the Proceedings
of the Entomological Society of London for 1909.
A specimen from Budapest, taken by M. Sheldon, which he
has kindly allowed me to examine, proves to be Aegus; a notable
extension to the habitat of this form. The falces of these species
differ in a point that deserves mention. In A7gus, Aegus and
Micrargus, the straight portion does not rapidly become thinner,
but before the extremity is hollowed out on one side, so as to
form a rather long open hook. In Melissa and Sareptensis, it
tapers regularly and ends in a very small hook. (See photo-
graphs.)
The male genitalia of Argus have the dorsal hooks (falces)
fairly broad and with a regular sweeping curve from their origin
to where the last half becomes straighter, but not quite straight.
The terminal toothed process (Xarpe) of the claspers has a
marked angular bend at the neck, or one might say its dorsal
margin is deeply recessed before the extremity, the teeth number
9 to 12 varying in different individuals rather than in races
and are much bolder than those of Aegus.
In Aegus the hooks, falces, are more definitely angled before
the straight portion is reached, and this straight portion, is a
good deal longer than in A7guws and much more entitled to be
called straight.
The toothed end of the clasp, has very little of the recessed
margin below the head. The teeth are very much smaller, rather
more numerous than in Aygus, and with a much greater tendency
to become evanescent at the lower end of the margin, so that
counting them is difficult. The individual variations in the two
species never approach each other near enough to suggest that
further variation might bridge over the difference.
I have not been able to detect any differences in the ædeagus,
not having amongst my mounted specimens a sufficient number
44 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
of cach, to be able to compare them in precisely the same aspect.
Most of the photographs show the ædeagus in profile, when there
is a slight bulbousnous seen just above the base, and below it
the small remaining portion is narrowed and often paler, but the
aspect 1s different when the view is dorsal (or ventral) for then
the base beyond the position of the bulb (which is not then very
distinct) spreads like an umbrella or lamp-shade, as may be seen
in the photograph of A/pina (Pyrénées) (Fig. 1), in which
example this spread portion happens to be unusually dark,
another specimen of the same race, with the view in profile and
no extra pigment present looks just like ordinary examples from
Switzerland and elsewhere.
The lateral dorsal processes, beyond the falces are slightiy, but
distinctly longer and narrower in Aegus than in A7gus.
The Asiatic and American forms seem to be distinct from
Aegus, to an extent sufficient to make them distinctive specific
forms.
Melissa is distinguished by the straight portion of the falces
being very long and very slender.
The Japanese forms have falces more like those of Aegus, as
have specimens from the Amoor (both hill and valley) but have
the toothed end of the clasp much wider.
Curiously enough a specimen from Sarepta has the long dorsal
processes and long slender falces of Melissa, but the broad
harpe of the Japanese form (Wicrargus).
Aster (Labrador) does not differ to a spechñc extent from
Melissa.
It may be desirable to say a word or two as to the variation
in the appendages of Argus. The falces vary in thickness, for
example a specimen from Pontresina (Fig. 6) has them very
slender, in other specimens from the same locality they are of
the usual thickness. The width of the dorsal armature varies,
as pressed flat in my preparations, for instance as so measured
the width varies from 0.53 mm. (in a specimen of var. Bellieri)
through 0.56 (specimen from Digne and Guethary) to 0.63 (Swiss,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 45
var. Armoricanus, and var. Alpina, Pyrénées), to 0.66 (in speci-
mens from Allos and Switzerland). Slight differences appa-
rently exist in the side processes of the dorsal armature, these
are so soft as to vary under different aspects and pressures so
that any measurements are unreliable, and the differences are
therefore doubtful.
It may be noted that the darkness of the Figs. 10, 11 and 12
is photographic, the preparations are of similar pale chitinous
colour as the others. ;
The number of teeth varies very much, or perhaps rather the
teeth that are well developed may be the whole set, or may be
perhaps two-thirds of them, the remainder being small or even
too small to be counted. I cannot correlate these variations witk
any race or variety —— e. g. Armoricanus may have 10 to 13 teeth,
Alpina (Digne) 10 to 14; Alpina (Pyrenees) 7 to 12. À specimen
from Saas-Fee has 10 without evanescent ones. Var. Nivea
(Pfynwald, etc.) has 11, 12 or 13, sometimes with and sometimes
without an evanescent tail.
In the Aegus section, we may take the falces as fairly defining
the species. The simplest measurement seems to be the length
of the straight portion from the lowest point of the curve or
bend. As compared with A7gus with a length of 0.4 mm., we
find Micrargus (Amoor, Japan) with a length of 0.53, Melissa
(America [and Sarepta]), 0.56 and Aegus (Geneva) of 0.63 mm.
In Micrargus, the straight piece is not quite so straight as in
the others, and, as in Aegus, it is fairly robust, in Melissa and
in Sareptensis it is much more slender and very straight, so that
it looks very long though not really as long as in Aegus. In
Melissa the soft processes are more slender than in Aegus and
Micrargus, and still more so in Sareptensis.
In Aegus and Micrargus, the angle below the end of the clasp
so pronounced in Argus just exists, and the teeth are small and
numerous, 16 to 20; in Melissa and Sareptensis the teeth are
still smaller.
In Micrargus the toothed extremity is not only without appre-
46 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ciable angle, but is very short and very broad, at least as broad
as in A7gus, whilst in Melissa it is narrow and even narrower in
A egus.
The width across the base of the teeth 1s in A7gws, 0.10 mm.;
Micrargus, 0.2; Melissa, 0.16; Aegus and Sareptensis, O.13.
The specimens are mounted as nearly as may be in the same
manner, with special reference to giving a dorsal view of the
dorsal armature and displaying the dentate end of the clasp,
they are all pressed flat so as to be easily photographed, the
photographs are by Mr. F. N. Clarke.
The evidence of the androconia is strongly in favour of
Plebeius Aegus being one species and all the other European
forms of A7gus being another. It is perhaps not quite decisive
for this reason that in both Aegws and A7gus there is consi-
derable variation.
The typical form in Aegus is a circular outline with a long
shaft. In Argus the outline is rather quadrilateral with two more
or less straight sides, narrowing basally and more or less rounded
ends and a shañft rather shorter than in Aegus. Aegus varies a
little in the Aygus direction but really very little, but Argus
varies very much so that some specimens are, judging by axdro-
conta only, doubtful. These variations in A7gus do not afford
any material for further dividing it into races or species, since,
for example, a number of specimens from one locality, Val Veni
(Courmayeur) afforded as great a range of forms, as occurs
throughout the species. See Figs. 57 and 56, Androconia of
Aegus and of A7gus, var. Armoricanus.
The androconia of the American and Asiatic species agree
very closely with those of Aegus.
I have not been able to detect any differences in the female
appendages, to which I can attach specific value. In neither
form (Argus and Aegus) is there any definite terminal plate to
the rein (heina), in both there is a slight irregular longitudinal
line of chitin along the ductus, opposite about the middle of
the rein, the amount of this varies a little in individuals. In
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47
some specimens, the wall of the rein is chitinised for about the
terminal half, here again there is individual and not specific
variation; for example in three specimens from Val Veni (Cour-
mayeur), one has the faintest tinting, one has a fair amount
and the third is darkly chitinised.
These variations are illustrated in Figs. 37 to 42.
Apart from the appendages, Aegus can be separated from all
races of A7gus by the following points, and there are probably
others that have escaped me, as I am not adept at descriptions
of imagines. The marginal row of spots (or ocell:) on the
underside consists of a series, each of which has a central black
spot (with metallic centre in some of those on the hind wing),
round this is a circle, orange basally, uncoloured marginally,
basal to this again is a row of black spots that may be regarded
as a further circle, expressed only at this side of the ocellus.
Each of these black spots of this inner row, has in Argus the
angular outline of an arrowhead, in Aegus it is crescentic. It has
in A7gus a sharp central point directed basally and at each end
a sharp point directed distally and between these on its distal
edge, it has an angular recess corresponding to the central point
on its opposite margin. In Aegus the inner and outer marginal
lines of each spot has a smooth regular curvature. This regular
curvature of the outer margin of this row of spots in Aegus and
its reentrant angle in Aygus is perhaps the most constant and
characteristic feature in the form of these spots. In both species
these spots vary a good deal in their size, intensity, and in
showing these specific forms, but it is the case that Aegus never
“has the angular outline except rarely on the basal side of some
hind wing spots, never on the fore wing, and Argus never fails
to show it in at least some of them and in many specimens the
whole row shows the specific form, angular in the one species,
crescentic in the other. I have spoken of the orange mark of
each ocellus as a circle round the central black spot. It is
however only orange on its basal side. The colour of the mar-
ginal side differs in the two species. In Argus it is identical
48 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
with the ground colour of the rest of the wing, in Aegus it is
more or less definitely white. This seems a very small and trivial
point but it is very constant and is the difference between the
two species that may be really depended upon.
The orange marks take a definite part in the structure of these
spots that differ so much in Aegus from Argus. In the latter it
is either a series of separate spots or if, as is more usual, they
are united to form a band, this band is very zig-zag, the points
of the arrowheads reaching down towards the sides of the
central spots of the ocelli. In Aegus it is a more continuous
band, the flat arches of the inner row of black spots leaving its
inner edge moderately straight. This is very evident in com-
paring Aegus with such a well-marked form as Arwmoricanus, in
which at first glance one is inclined to say the orange is much
more a strong band than in Aegws, but though the colour is more
intense and there may be as great or even a greater area of it,
it has not so continuous an appearance as in Aegus and whilst
a broad line could be drawn right along the band in Aegus, in
Armoricanus the most slender line would have to wave up and
down to avoid the black spots on either side of the orange band.
These differences are well brought out in the photographs by
Mr. Tonge, showing the undersides of specimens of A7mori-
canus, of a fairly typical Argus from Le Lautaret and of Aegus.
I do not propose to describe the American and Asiatic forms
related to Aegzs but they agree generally in these differences
and especially in the white submarginal line or band.
These distinctions are based on male specimens, in the females
the characters are less strongly defined. Females of Aegus may
show a definite amount of arrowhead form of the black spots
on the hind-wings, rarelv on the fore-wings, and in occasional
specimens the marginal area (or line) that is white in Aegus, is
pale in A7gus especially again on the hind-wing, so that one
can almost call it white, though not quite of the clear white of
Aegus. In both species and both sexes, the specific differences
are less pronounced on the hind-wings than on the fore-wings,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 49
and the hind-wings of some female A7gus, var. Armoricanus,
have the orange band nearly as straight and clear as in Aegus.
The marginal spots may be described as being in A7gus a row
of definite and distinct ocelli, not difficult to recognise as such,
but in Aegus the orange band is so broadened and straightened
and the inner row of black spots so lifted up that to regard the
spots as a series of ocells is much less easy.
M. Oberthür has called this Genevan species, var. Ligurica
and it becomes therefore necessary to enquire whether it 1s really
entitled to the name. In the Zépidoptérologie comparée, Fasc. IV,
M. Oberthür figures (Figs. 201, 292) two specimens from North
China (and Manchuria) as Ligurica, these are of the Asiatic form
that is probably not conspecific with the Genevan insect but is
very closely related to it. He also figures (Figs. 203, 204) two
specimens from Cernobbio which are with equal certainty Argus.
We have here a valuable illustration of M. Oberthür’s law as
to the necessity of a good figure. One may be as certain of what
these specimens look like as if one had the actual specimens
before us. Fig. 201 shows the pale border and the crescentic
black spots, 203 has no pale border and the black marks have
the definite arrowhead form, though not strongly marked.
Following up Zigurica we find that it originated with Cour-
voisier, who figured it in Zr15s, Vol. XXV, PL II, Fig. 1. This
figure is more like the Genevan species than like Argus, but here
we have to do with figures, not by Culot. The specimen is from
Lugano and it is most highly probable that it is the same race
as M. Oberthür’s figures of the specimen from Cernobbio and
as I have from Locarno, and one from Lugano (Monte Bré)
(which are almost identical with the Cernobbio figure), both of
which are A7gus.
Courvoisier’s figure is Genevan in the white border, but his
next figure (Fig. 2) has also a white border. This is a specimen
of Argus from the Pfynwald. Now I took a good series in the
Pfynwald in 1913, which no doubt are of the form figured. They
are large and pale (var, Nivea, Courv.) and when] first saw them
4
50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
I thought I had got Zycidas since Asragalus exscapus was
abundant at the spot where they occurred and was no doubt
their food-plant.
These specimens from Pfynwald, those I have from Locarno
(and Reazzino), from the Lago di Garda, from Bex, and one
from Lugano (Monte Bré), all agree in having very pale under-
sides in some almost white, in having borders white or almost
white to the hind-wings, pale but certainly not white, to the
fore-wings, these specimens are all Argus, and seem to be abso-
lutely the same as the forms shown in (both) Courvoisier’s
figures, except that the artist has given a white border both to
the fore-wings and to the hind. That this is a vagary of the
artist (or lithographer) there can be little doubt, as the whole
plate 1s of very inferior character, and in his descriptions Cour-
voisier refers to the white area z#side the marginal spots in the
case of var. Vivea (Pfynwald) only, but in neither to one out-
side it.
There is however one very curious point, and if there is any-
thing in it, it makes all that TI have above said and what any
one else, so far as I know, has said, quite beside the point, and
that 1s that the figure 1s really very like Aegon, and the point
I have just referred to, is, that the third spot of the basal series,
is out of alignment with the others in a way that is frequent,
though not perhaps normal in Aezon, but is much rarer in A7gus.
The conclusion is that if it be Aegon, then Aegon and Argus
have in this region forms that are closely alike, and unlike their
more typical aspects, if it be Aygus, it is Argus and not Aegus.
The position of the aberrant spot may be due to an error of
the draughtsman or it may be correctly delineated, but this does
not alter the conclusion that the figure, whatever it 15, 1s not
Aegus. What it is can only be determined by an examination
of the appendages.
The figures of Argus in the 2oth Livraison of the Ezudes viz.
Figures 52 to 58, and Calliopis, 64 and 65, belong to the Argus
and not to the Aegus section,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 51
The figures of Argus in the 4th Fascicule of the Zépidopté-
rologie appear to belong to A7gus, except Figs. 291 and 202,
Ayrgus-Aegina, Fig. 301, and A7gus-Insulanis, Figs. 305, 306,
which belong to Micrargus. Argus Nevadensis, Figs. 250, 260,
is puzzling, it looks most like Aegus, it may be A7gus, but
I think it highly probable it is really Aegon, as there is so far
as I know, no other record of Argus from Central or Southern
Spain.
It seems desirable to enquire whether Aegus is in any way
related to Zephyrus (or Lycidas).
Zephyrus differs from Aegus as regards the ancillary appen-
dages in having the falces shorter and thicker, and in the harps
of the claspers having very much finer teeth, being thus further
from Argus. It also has a fold in the middle of the clasp, that
is not present in either A7gus or Aegus. It is curious that
Zephyrus from Greece, Turkey, and Spain and Zycidas from
Switzerland agree very closely, but a specimen I have, labelled
Armenia, has a harp with a longer narrower neck. Pylaon agrees
very closely with Zepayrus, especially in the fold in the middle
of the clasp, but the end of the harp is quite large and spathu-
late, so much so, as in the absence of intermediates to be by itself
a good specific character. Æ#rypilus (with a dark upper side
in the G') is again very similar but has no duplication in the
middle of the clasp and the neck of the harp is rather long and
the head very narrow. Notwithstanding these apparent relations
to Zephyrus, Eurypilus, as shewn by the ædeagus, is not a
Plebeius, but a Polyommatus.
The question arises as to whether, the three forms, Micrargus,
Melissa and the European Genevan form Aegus are to be
accepted as three distinct species, or as races of one species.
Until we get a little more light on them, as by a comparison of
life histories and early stages, it seems desirable to regard them
as three species, since the differences in character of the ancillary
appendages are more than may be taken to be varietal, and they
52 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
differ in general factes, etc., sufficiently even to have been des-
cribed, 1. e. the Asiatic forms, as a number of distinct species.
The Genevan form therefore requires a name, a specific name,
which will become a varietal one, 1f these several forms are finally
determined to be all one species. In either case, it is certainly
very remarkable that this species, which belongs to the Mzcrargus
and not to the A7guws group of forms should exist in one res-
tricted locality in Central Europe and not elsewhere throughout
Europe. At Sarepta in South-East Russia, which may for fau-
nistic purposes be regarded as rather Asiatic than European, the
form may claim to be a distinct species and is certainly nearer
as regards the appendages, to Melissa, than to Aegus or to
Micrargus. 1 propose for it the name Sareptensis.
À specimen from Geok Tepe in the Transcaucasus is the most
intermediate specimen I have met with, between Argus and
Aegus. The borders are almost white the black chevrons are
arrowheaded, the male armature has the dorsal portion distinctly,
almost typically A7gus, the extremity of the clasp is but shightly
recessed at the upper margin; the teeth are small, nine or ten of
fair size, but not so large as in Argus and half a dozen towards
the lower end very small but large enough to count. The insect
is no doubt A7gus, the most eastern I have seen. We may fairly
say that it varies (under some eastern influence) in the same
direction that had long previously established Aegus, Micrarçgus
and Melissa.
An examination of the series of A7gus at the British Museum
gives the following results. Three forms happen to be accom-
panied by mounted appendages, these are, Micrargus, Butler;
Argiva, Str., and Roxana, Gr. Gr. these all have the Mzcrargus
form. Micrargus is Japanese, the other two are Central Asian,
they all have the white margin and judging by the same cha-
racter the following named forms are probably of the same race
and are all Central Asian : Bactriana, Gr. Gr.; Tomyris, Gr. Gr.;
A laina, Str.; Orientalis, Leech: Barine, Leech, from Japan, would
seem to belong to the same race; MWicrargus, Butler, being the
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 53
oldest name (1873) of these, would seem to be the specific name
they fall under. On the other hand, all the European forms
have the dull-coloured border, from the Alps, Norway, La-
pland, etc., and are all Argus. The new Genevan form is not
represented.
The specific characters may be tabulated as under :
MELissA
ARGUS AEGUS and MICRARGUS
SAREPTENSIS
Submarginal line, underside. | Same colour White.
as ground colour
of wing.
Black chevrons of marginal | Arrow-headed. Crescentic.
ocelli.
ATTATOCONAEe ee Parallel sided, Circular.
square ended.
Straighter and longer.
Short & slightly
curved.
Terminal portion of falces..
ÉBDASIOMEMSPS Ce re Angle below Straight.
extremity.
Mens tie Teeth larger. leeth smaller.
Straight portion Of falces. |"... 7"... Narrow. Broad.
Fairly robust. Slender. |Fairly robust.
Geographical distribution .. Europe, District North Asia.
one asiatic of Geneva. America
locality : Buda-Pest. (Sarepta).
Geok Tepe.
b4 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
EXPLANATION OR PEATES
PLANCHE lI.
1. Plebetus Argus, Var Alpina l(PyrénÉES) 1 ee ee x 30
» ») » ») (Digne) in Re SE Pre x 30
Se » » » D M(GUÉTRAT) EEE A CREER x 30
PEANCHEMT:
4. Plebeius ArgUS, Nar. Armorncanus (Larillé)"..- ec x 30
» » D» L Pelliert (COTSICA) ee RE TRE x 30
6. » » (PontreSina) Re ere 030)
PLANCGHEAULE
7: PLebEUS ATEUS NU AUOS)S ERP re ee ects. eee eee x 30
8. » » (Switzerland), MER Ress PURES x 30
9 » ») DM Tes ce-rtecc-e-r-ccteer---e-ccesse ee x 30
PLANCHE MIV.
10. Dorsal armature, var. AlHina (Pyrénées)... X 45
(Same specimen as Fig. 1).
11. Dorsal armature, var. A7moricanus...........................%. X 45
(Same specimen as Fig. 4).
12. Dorsal armature, var. Belliers..................5..0..ssss.s X VA
(Same specimen as Fig. 5).
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE V.
1 End of. claspisvar Ain (Pyrénées) me asc
(Same specimen as Fig. 1).
AAAEndAIOLClASp VAT APMOrICANUS 2e den encres mens ee
(Same specimen as Fig. 4).
PAIE ClAS D, AVATAR NP EUMIBTT Sida tene noce acparonares etre
(Same specimen as Fig. 5).
PLANCHE VI.
DO LACS ATAUSUICELtIRIE)..--.24-r-rs0en- cases cassccveas vos ceees
17. » » » OS Al ArMAEE rene creer
18. » » » end of clasp snle= = recc--rPeere
PEANCHE: VIT
19. Flebeius Aegys (NeYEEE)..7..-......s240 ROSE A RER CORRE
20. » D (VICES ONE) RES 20 race cet ren ne denecece cernes
21 » » (HN ARRET RE PE CE Ne
PLANCHE VIII.
PnCElabeius AEouS INErSOIR),.- 5.320 tee ne ceretnen te nebesereee
22. » » » dorsal ArMatUTeNS ste aees rames
24. » » » end of clasp resonance cess-sephees
PLANCHE IX.
26. Plébeius Melissa (California)..:.................... RE
26. » DAT OTOR ED) nee ree Bee cnnse nd emnersmedeempereses
27 » Micrargus (Amoor, Hill)....................................
PLANCHE, X:
28. Plebeius Micrargus (Amoor, Valley) ..............................
30. » » » » dorsal armature ......
20: » » » » end.of clasp:..2-%
55
x 90
x 90
x go
x 30
x 45
x 90
X
30
30
X
X
45
X
30
30
X
x 90
56
ae
2
33"
34
35:
36.
37-
38.
39-
40.
42.
43.
44.
45:
46.
47:
48.
49.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE XT.
Plébeius Micrargus (Nokohama)/ "MER eR ST ARR
» » » dorsal armature ;..::,.7.:.2
» » » end of clasp rc dar Terre
PLANCHE XII.
Plebeius Sareptensis (Sarepta)- 2. Énsteecehece
» » » dorsal MAMA Per
» » » end'ofclasp "re
PLANCHE XTIT:
Plebeius Areus, var. AlpinaN(Disne) MONET
» » D IN ITEG (PIN A walTE ONE ER TEESS
» Aeras Verso) 108.2 PR En A ee D ete
PLANCHE XIV.
Plebeius Argus (Val Ven) O2 eee ee ce
» » (var liourica 2?) (Locarno), QE
» » (Saas=Rée) 10-70 - mn cceee
PLANCHE XV.
Plebeius Argus, var. Nivea (Lago di Garda), dorsal armature.
» » » » » end of clasp..….
Plebeius Melissa, var. Aster (Labrador), dorsal armature...
» » » » » end.of clasp.....….
PLANCHE XVI.
Plebeius Zephyrus (Greece)...
» » » dorsal ATMAIUTE"---e--ee
» » » end Of Clasp....." #4. +.
x 30
X 45
x 30
X 45
x 30
x 30
x 30
X 30
x 30
x 45
x 90
X 45
<°'25
x 45
53.
54.
55.
56.
57-
58.
59:
60.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 57
PLANCHES XVIT
PPEbeUS Lophyras ii rmenta):., 28. ennn ee oc hineee X 25
» » » dorsal armatnre "2... X 45
» » » end'ofnclaspane ares x 90
PLANCHE XVIII.
POP EIUS EDR PTUS OV aR VIVANT relaie int X25
» » » » dorsal armatures... x 45
» » » ») end of clasp FToncodaodc onto doc x go
PLANCHE XIX.
Androconia of Plebcius Argus, var. Armoricanus.............…. X 250
» » AE ASS NErSORE) ne eur x 250
PEANCHE XX.
Plebeius Argus, var. Armoricanus, underside..…................... X 4%
» M (Pcrlautiret) underside 2.070. X 4%
PlebeiusAegas (Veyrer), junderside.:...22..4..M ours x 4%
These are selected as very typical forms of the two
species, male specimens.
LUE LS A AL LA 0)
L ne or TT
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7
II. — Un nouveau LYCAENA européen
Plebeius Argus (Argyrognomon) et Æegus, nova species
Par T. A. CHAPMAN, M. D.
PRADUCRIONNERANCAISE
M. Oberthür m’a envoyé des spécimens d’une demi-douzaine
de races locales de Plebeius Argus (Argyrognomon), me disant
qu’il ne les croyait pas toutes de la même espèce et me demandant
de rechercher s’il ne serait pas possible de jeter quelque lumière
sur la question, en examinant les appendices génitaux, andro-
conias, etc.
Je l’ai fait et j'ai monté les appendices d’environ une demi-
grosse d’échantillons, tant spécimens de M. Oberthür que
d’autres Entomologistes, et en me servant aussi des préparations
que j'avais en ma possession. Je dois remercier MM. Bethune-
Baker, H. J. Turner, A. H. Jones et autres amis, pour leurs
différents spécimens.
La conclusion à laquelle j’aboutis, et qui résulte de cet examen
particulier, est qu’il y a dans ses spécimens deux espèces très
distinctes : l’une qui est une espèce nouvelle sur la liste euro-
péenne et qui vient d’un habitat très restreint; les autres étant
des races locales d’Argus. J’appelle cette espèce Argus, parce
que c’est le nom adopté dans la Lépidoptérologie comparée;
autrement Je lui donnerais le nom d’A7gyrognomon, nommant
Aegon l’espèce si longtemps associée et confondue avec elle.
L’une des deux devrait être appelée A7gus; mais Jusqu'à ce que
nos Autorités, tombant d’accord, décident à laquelle devra être
60 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
attribué le nom d’A7rgus, le seul moyen d’éviter la confusion est
de renoncer au nom A7gws et d'employer des noms — (quoique
l’un d’eux soit faux) — qui soient exempts de toute ambiguïté.
Ceci n’est pas manquer à la loi de priorité que je soutiens
énergiquement et à laquelle, en ce cas, je me soumettrai immé-
diatement dès qu’une certitude sur la question exigera cette
soumission.
Avant de faire l’examen des appendices, je pensais que s’il
y avait une espèce distincte parmi les races à examiner, c’était
très probablement la forme A7woricanus, avec ses taches
accentuées et nettes, l’exagération, par comparaison avec la
plupart des autres formes, des taches marginales rouges, formant
habituellement une bande continue, etc.
Cependant, il n’en fut pas ainsi; la forme qui se trouva être
distincte, habite la récion de Genève et est, en fait, très parente,
mais probablement pas identique à Melissa, forme de l’ Amérique
du Nord, et avec l’Argus de Sarepta, ou de l’Amour, ou du
Japon qui ont des noms nombreux, parmi lesquels Micrargus,
Butler, est, je crois, le plus ancien. Du moins, 1l semble que les
formes suivantes peuvent, à juste titre, obtenir un rang spécifique:
Argus (Argyrognomon), Europe;
Aegus, Genève;
Micrargus, Chine et Japon;
Melissa, Amérique du Nord;
(Scudderu, » DE
Mes spécimens ainsi nommés sont Melissa; je n’ai pas
obtenu le vrai Scudderu, probablement.
Sareptensis, Sarepta,
et d’autres très probablement.
Je penche très fortement pour cette opinion, et je propose
pour la forme européenne le nom de Aegus (*).
(*) Un des Allobroges, qui habitait le zome de cette espèce.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 61
Argus et Aegus diffèrent par les appendices mâles ancillaires,
notablement et de façon à ne pas s’y tromper.
Dans le cas d’Aygus, il y a des variations tenant aux individus
et à la provenance de localités différentes; ces variations sont
toutefois insignifiantes, si on les compare aux différences qui
existent entre A7gus et Aegus. On peut faire la comparaison
avec les différences que j'ai signalées comme existant entre
différentes formes et races de l’espèce voisine Aegon (Argus)
sur les planches À et B dans les Proceedings of the Entomolo-
gical Society of London for 1909.
Un spécimen de Budapest, pris par M. Sheldon, qui me l’a
gracieusement confé pour examen, prouve que c’est Aegus; donc
c’est une notable extension à l’habitat de cette forme. Les falces
de ces espèces diffèrent en un point qui mérite mention. Dans
Argus, Aegus et Micrargus, la portion droite ne devient pas
rapidement plus mince, mais devant l'extrémité elle est creusée
sur un côté, de manière à former un crochet ouvert et assez long.
Dans Melissa et Sareptensis, la portion droite s’amincit réguliè-
rement et finit en un très petit crochet. (Voir photographies).
Les genitalia mâles d’Azrgus ont les crochets dorsaux (falces)
assez larges et présentant une courbe régulière et rapide à
partir de leur naissance jusqu’à l’endroit où la dernière moitié
devient plus droite, mais non tout à fait droite. L’appendice
terminal (4arpe), denté, des pinces a une inclinaison angulaire
accentuée à la partie rétrécie; on peut dire que son bord dorsal
est profondément en retrait avant l'extrémité; les dents, au
nombre de O à 12, varient suivant les individus plutôt que
suivant les races et sont beaucoup plus marquées que celles de
l’Aegus. Chez l’Aegus, les crochets (falces) sont en angle, de façon
plus déterminée, avant d’arriver à la partie droite, et cette partie
droite est beaucoup plus longue que chez l’Argus et mérite plus
encore d’être appelée : droite.
L’extrémité dentée de la pince n’a qu’une toute petite partie
du bord en retrait, en dessous de la tête. Les dents sont beaucoup
plus petites, plutôt plus nombreuses que dans l’A7gus, et
G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
présentent une plus grande tendance à devenir imperceptibles à
la partie inférieure du bord, de sorte qu’il est difficile de les
compter. Les variations individuelles dans ces deux espèces ne
se rapprochent jamais assez pour faire penser qu’une variation
de plus puisse supprimer la différence.
Je n’ai pas pu relever des différences dans l’ædeagus, n’ayant
pas parmi mes spécimens montés un nombre suffisant de chacun
pour me permettre de les comparer sous le même aspect exac-
tement. La plupart des photographies représentent l’ædeagus
de profil ; 1l y a une légère protubérance bulbeuse que l’on aper-
çoit alors juste au-dessus de la base; et en dessous, la petite
portion restante est retrécie et souvent plus päle; mais l’aspect
est différent quand la vue est dorsale ou ventrale; car alors
la base au delà de la position du bulbe (lequel n’est pas alors
très distinct) s'étale comme un parapluie ou comme un abat-Jour,
ainsi qu’on peut le voir dans la photographie d’A/prina
(Pyrénées) (Fig. 1); dans cet exemplaire, cette portion étalée
se trouve être sombre, ce qui est peu ordinaire; un autre spécimen
de la même race, avec la vue de profl sans la présence de pigment
supplémentaire, ressemble exactement aux exemplaires ordinaires
de Suisse et d’ailleurs.
Les appendices dorsaux latéraux, au delà des falces, sont
légèrement, mais nettement plus longs et plus étroits dans
l’Aegus que dans l’Aygus.
Les formes asiatiques et américaines semblent être distinctes
de l’Aegus d’une façon suffisante pour en faire des formes
spécifiques à part.
Melissa se distingue par le fait que la portion droite des
falces est très longue et très mince.
\
Les formes japonaises ont des falces plus semblables à ceux
de l’Aegus ; de même les spécimens de l’Amour (monts et
vallées); mais ils ont l’extrémité dentée de la pince beaucoup plus
large.
Assez curieusement, un spécimen de Sarepta a les longs appen-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 63
dices dorsaux et les longs et minces falces de Melissa; mais il
a la large Larpe de la forme japonaise (Wicrarçus).
Aster (Labrador) ne diffère pas suffisamment de Melissa pour
être spécifié.
Il serait intéressant de dire un mot des variations des appen-
ciressdenul A 77725 Mes yalcesNamenttauv point (de vuerde
l'épaisseur, par exemple 1ls sont très minces dans un spécimen de
Pontresina (Fig. 6); dans d’autres spécimens de la même
localité, 1ls sont de l'épaisseur habituelle. La largeur de l’arma-
ture dorsale varie; aplatie dans mes préparations et ainsi
mesurée, la largeur varie de 0,53 mm. (dans un spécimen de var.
Bellieri) à 0,56 (spécimens de Digne et Guethary), à 0,63 (Suisse,
var. Ayrmoricanus, var. Alpina, Pyrénées), à 0,66 (dans des
spécimens de Allos et de Suisse). De légères différences existent
apparemment dans les appendices latéraux de l’armature
dorsale; ceux-ci sont si mous qu’ils varient sous différents aspects
et sous différentes pressions, de sorte qu'aucune mesure ne peut
être considérée comme exacte et, par conséquent, les différences
sont douteuses. I] faut noter que la couleur foncée des Fig. 10,
11 et 12 est due à la photographie; les préparations sont de la
même couleur pâle, chitineuse que les autres.
Le nombre des dents varie beaucoup, ou peut-être les dents
qui sont bien développées constituent-elles l’ensemble complet,
ou seulement les deux tiers, les autres étant petites, ou même trop
petites pour être comptées. Je ne puis identifier ces variations
à aucune race ou variété. Ainsi, Aymoricanus peut avoir 10 ou
13 dents; A/pina (Digne) 10 à 14; Alpina (Pyrénées) 7 à 12.
Un spécimen de Saas-Fee en a 10 sans dents imperceptibles.
Var. Nivea (Pfynwald, etc.) en a 11, 12 ou 13; quelquefois avec,
quelquefois sans prolongement effacé.
Dans la section de l’Aegus, nous pouvons considérer les
falces comme définissant nettement l'espèce. La plus simple
mesure semble être la longueur de la partie droite, à parüur du
point le plus bas de la courbe. En comparaison à l’Argus
envisagé avec une longueur de 0,4 mm., nous trouvons Micrargus
64 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
(Amour, Japon) avec une longueur de 0,53, Melissa (Amérique
et Sarepta ?) de 0,56, et Aegus (Genève) de 0,63 mm.
Dans le Micrargus, la partie droite n’est pas tout à fait aussi
droite que dans les autres et, comme dans l’Aegws, elle est assez
robuste; dans Melissa et dans Sareptensis, elle est beaucoup plus
mince et très droite, de sorte qu’elle paraît très longue, bien
qu’elle ne soit pas réellement aussi longue que dans l’Aegus.
Dans Melissa, les appendices mous sont plus minces que dans
l’Aegus et Micrargus; ils le sont plus encore dans Sareptensis.
Chez l’Aegus et le Micrargus, l'angle sous l’extrémité de la
pince, si prononcé dans Argus, existe tout juste; les dents sont
petites et nombreuses : 16 à 20; dans Melissa et Sareptensis, les
dents sont encore plus petites.
Chez Micrargus, l'extrémité dentée n’est pas seulement sans
angle appréciable; mais elle est très courte et très large, du moins
aussi large que dans l’Argus, tandis que dans Melissa elle est
étroite et encore plus étroite dans Aegus.
La largeur de la base des dents est, dans A7gus, 0,19 mm. ;
Micrargus, 0,2; Melissa, 0,16; Aegus et Sareptensis, 0,13.
Les spécimens sont montés autant que possible de la même
manière, avec l'intention spéciale de donner une vue dorsale de
l’armature dorsale et de montrer l’extrémité dentée de la pince, ils
sont tous aplatis de façon à être plus facilement pho‘ographiés;
les photographies sont de M. F. N. Clarke.
La preuve fournie par les Axdroconies est fortement en faveur
de ce fait que le Plebeius Aegus est une espèce et que les autres
formes européennes de l’Argws en sont une autre. Ceci n’est
peut-être pas tout à fait décisif pour cette raison qu'il y a, à
la fois dans Aegus et Argus, des variations considérables.
La forme type dans Aegus est un contour circulaire avec une
longue tige. Dans Argws, le contour est plutôt quadrilatéral,
avec deux côtés plus ou moins droits se rétrécissant à la base,
et des extrémités plus ou moins arrondies et une tige plutôt
plus courte que dans l’Aegus.
Aegus varie un peu dans le sens de A7gus, mais en réalité
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 65
très peu; cependant A7gus varie beaucoup, de telle façon que
certains spécimens sont douteux, si l’on en juge par les Axdro-
contes seulement. Ces variations dans A7gus n’offrent pas
matière à pousser plus loin la division en races ou espèces,
puisque, par exemple, un certain nombre de spécimens provenant
d’une même localité, Val Veni (Courmayeur), offraient un aussi
grand nombre de formes différentes qu’on en trouve dans toute
l'espèce. Voir Fig. 57, 56. Androconies d’Aegus et d’A7gus,
var. A7moricanus.
Les Androconies des espèces américaines et asiatiques se
rapprochent beaucoup de celles d’Aegus.
Je n’ai pas pu relever des différences dans les appendices
femelles, auxquels je puisse attacher une valeur spécifique. En
ni l’une ni l’autre forme (Argus et Aegus), on ne peut distinguer
nettement une plaque terminale à la bride; dans les deux existe
une ligne légère, irrégulière et longitudinale de chitine le long
du ductus, environ vis-à-vis le milieu de la bride; la quantité
varie un peu selon les individus. Dans certains spécimens, la
paroi de la bride (Lena) est chitinisée sur à peu près la moitié
terminale. Là encore, il y a une variation selon les individus, mais
non une variation spécifique; par exemple, chez trois spécimens
du Val Veni (Courmayeur), l’un a une très faible teinte, l’autre
est plus fortement teinté et le troisième est d’une teinte chitineuse
foncée.
Ces variations sont illustrées par les Fig. 37 à 42.
En dehors des appendices, Aegus peut être distingué de toutes
les autres races d’Ayrgus par les points suivants; encore y en
a-t-il probablement d’autres qui m’ont échappé, car je ne suis
pas très expert dans les descriptions de l’imago.
La rangée marginale des taches ou ocelles du dessous des ailes
se compose d’une série; chaque ocelle a un point central noir
(avec un centre métallique dans quelques-uns des ocelles sur
l’aile inférieure); autour du point est un cercle, qui est orange
du côté de la base et incolore du côté marginal; du côté basal, se
trouve encore une rangée de taches noires que l’on peut considérer
5
66 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
comme un cercle de plus, existant seulement du côté intérieur de
l’ocelle. Chacun de ces ocelles noirs de cette rangée intérieure a,
dans Argus, le contour angulaire d’une tête de flèche; dans
l’Aegus il est en forme de croissant. Il a dans Aygws une pointe
centrale aiguë dirigée vers la base et,à chaque extrémité,une pointe
aiguë dirigée vers le bord distal; entre ces deux pointes, sur le
bord distal, se trouve un retrait angulaire correspondant à la
pointe centrale sur le bord opposé. Dans l’Aegus, les lignes
marginales intérieures et extérieures de chaque tache ont ure
courbe régulière et douce. Cette courbe régulière du bord extérieur
de cette rangée de taches dans Aegus, avec son angle rentrant
dans l’Argus, est peut-être le trait le plus constant et le plus
caractéristique dans la forme de ces taches. Dans les deux
espèces, ces taches varient beaucoup en dimension, intensité, et
aussi dans la façon dont elles caractérisent ces formes spéci-
fiques ; mais 1l est un fait, c’est que Aegus n’a jamais le contour
angulaire, sauf, par exception, sur le bord basal de quelques
ocelles sur l’aile postérieure, jamais sur l’aile antérieure, et
Aygus ne manque Jamais de l’avoir; du moins dans quelques
ocelles, et, dans beaucoup de spécimens, la rangée tout entière
montre la forme spécifique angulaire dans une espèce, tandis
qu’elle est en forme de croissant dans l’autre. J’ai indiqué la
marque orange de chaque ocelle formant cercle autour du point
noir central. Cependant elle n’est orange que vers le côté basal.
La couleur du côté marginal diffère dans les deux espèces. Dans
l’Argus, il est semblable à la couleur du fond du reste de l’aile;
dans l’Aegus, il est d’un blanc plus ou moins nettement défini.
Ceci semble être une remarque sans importance, mais c’est un
fait constant, et c’est une différence entre les deux espèces à
laquelle on peut se fer.
Les marques orange tiennent une part définie dans la struc-
ture de ces ocelles qui diffèrent tellement dans l’Aegus et
dans l’Argus. Dans ce dernier, c’est soit une série de taches
séparées ou, si, comme il arrive le plus souvent, elles s’unissent
pour former une bande, cette bande est en zigzag, les pointes des
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 67
têtes de flèche descendant vers les bords des taches centrales des
ocelles. Chez l’Aegus, c’est une bande plus continue; les arcs
aplatis de la rangée intérieure des taches noires laissant ce bord
intérieur à peu près droit. Ceci est très évident si l’on compare
l'A egus à une forme bien marquée comme celle de l’Armoricanus,
dans laquelle, à première vue, on pourrait dire que la teinte
orangée constitue une bande beaucoup plus forte que dans
l’Aegus; mais, quoique la couleur orangée en soit plus intense
et l’étendue aussi grande et même plus grande, elle n’est pas
aussi continue que dans l’Aegus; de plus, tandis que dans
l’Aegus une large ligne pourrait être tracée tout le long de la
bande, chez l’Armoricanus la ligne la plus mince devrait onduler
afin d’éviter les ocelles noirs de chaque côté de la bande orange.
Ces différences sont nettement établies dans les photographies
faites par M. Tonge, montrant la face de dessous des spécimens
d’Armoricanus, d’un A7gus bien caractérisé provenant du
Lautaret, et d’un Aegus.
Je ne propose pas de décrire les formes américaines et asia-
tiques voisines de l’Aegus; mais elles concordent généralement
au point de vue de ces différences et surtout pour la ligne ou
bande submarginale blanche.
Ces distinctions sont établies d’après des spécimens mâles;
dans les femelles, les caractères sont moins nettement définis. Les
femelles d’Aegus peuvent présenter un certain nombre de taches
noires en tête de flèche sur les ailes postérieures, rarement sur les
ailes antérieures, et on peut trouver des spécimens dans lesquels
la bande marginale qui est blanche dans Aegus est pale dans
Argus, surtout sur l’aile postérieure, de sorte qu’on pourrait
presque la dire blanche, quoiqu’elle ne soit pas d’un blanc clair
comme dans Aegus. Dans les deux espèces et dans les deux sexes,
les différences spécifiques sont moins prononcées sur les ailes
postérieures que sur les ailes antérieures, et les ailes postérieures
de certaines femelles Â7gus, var. Armoricanus, ont la bande
orange presque aussi droite et aussi claire que dans Aegus.
On peut dire que dans Argus les taches marginales forment
5*
68 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
une rangée d’ocelles définis et distincts, pas difficiles à identifñer
comme tels, mais dans l’Aegus la bande orange est s1 élargie et
si redressée et la rangée intérieure des taches noires est si relevée
qu'il est moins facile de considérer les taches comme formant une
série d’ocelles.
M. Oberthür a appelé cette espèce genevoise var. Zzgurica; 1l
devient donc nécessaire de voir si, vraiment, ce nom est celui qui
lui convient. Dans la Zépidoptérologie comparée, Fasc. IV,
M. Oberthür représente (Fig. 201-202) deux spécimens du Nord
de la Chine et Mandchourie comme étant des Zigurica; ceux-ci
appartiennent à la forme asiatique qui, probablement, n’est pas
tout à fait de la même espèce que celle de l’insecte de Genève,
mais qui s’en rapproche beaucoup. Il représente aussi (Fig. 203-
204) deux spécimens de Cernobbio qui sont aussi certainement
des A7gus.
Nous avons ici un témoignage appréciable de la loi de
M. Oberthür, concernant la nécessité d’une bonne figure. Nous
sommes aussi bien renseignés sur l’aspect de ces spécimens que si
nous avions les vrais spécimens sous nos yeux. La Fig. 201 montre
la bordure pâle et les points noirs en forme de croissant; la
Fig. 203 n’a pas la bordure pâle et les taches noires ont nettement
la forme en tête de flèche, bien que pas fortement marquée. Dans
nos recherches sur ZLigurica, nous trouvons qu’il fut indiqué pour
la première fois par Courvoisier, qui le représenta dans /75s5,
Vol. XXV, PI II, Fig. 1. Cette figure ressemble davantage à
l’espèce de Genève qu’elle ne ressemble à Argus; mais, ici, nous
avons à faire avec des figures qui ne sont pas de Culot. Le
spécimen est de Lugano, et 1l est plus que probable qu’il est de
la même race que le spécimen de Cernobbio, représenté dans les
figures de M. Oberthür, et de la même race que ceux que Jj’ai
de Locarno et un de Lugano (Monte Bré) (qui sont presque
identiques à la figure de Cernobbio); les deux sont Argus.
La figure de Courvoisier est genevoise par la bordure blanche,
mais la figure suivante (Fig. 2) a aussi une bordure blanche.
Ceci est un spécimen d’Argus du Pfynwald. J'en pris un bon
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 69
nombre dans le Pfynwald, en 1913, qui, à n’en pas douter, sont
de la forme représentée. Ils sont grands et pales (var. Nivea,
Courv.), et quand je les vis pour la première fois, je crus que
javais pris Zycidas, puisque l’'As/ragalus exscapus était
abondant en cet endroit où je les trouvais, et était certainement
la plante dont ils se nourrissaient. :
Ces spécimens du Pfynwald, ceux que je possède de Locarno
et Reazzino, du Lago di Garda, de Bex et un de Lugano (Monte
Bré) ont, tous, une face inférieure très pâle, presque blanche dans
quelques-uns, des bordures blanches ou presque blanches aux
ailes postérieures, pâles, mais non blanches, pour les ailes anté-
rieures; ces spécimens sont tous des A7gus et semblent être
absolument les mêmes que les formes indiquées dans les deux
figures de Courvoisier, sauf ce fait que l’artiste a donné une
bordure blanche, à la fois aux ailes antérieures et aux ailes
postérieures. C’est une fantaisie de l’artiste ou du lithographe,
sans doute, car la planche tout entière est très inférieure, et, dans
ses descriptions, Courvoisier fait mention de l’espace blanc en
dedans des taches ocellées marginales dans le cas de var. Mivea
(Pfynwald) seulement; mais en aucune il n’indique une bande
blanche en dehors.
Il y a cependant un point très curieux, et, s’il a quelque impor-
tance, tout ce que j'ai dit ci-dessus et tout ce qui a pu être dit
est tout à fait à côté de la question, c’est que la figure est
réellement très semblable à Aegor, et le point auquel Je viens
de faire allusion est que le troisième point de la série basale n’est
pas dans l’alignement des autres, ce qui est fréquent, sans être
normal peut-être dans Aegon, mais ce qui est beaucoup plus rare
dans Argus. La conclusion est donc que : si c'était Aegon, alors
Aegon et Argus ont, dans cette région, des formes très ressem-
blantes, les unes aux autres, et différentes de leurs aspects les
plus typiques; si c'était Argus, c'est Argus et non Aegus.
La position de ce point qui constitue une aberration est peut-
être due à une erreur du dessinateur, ou bien le point est peut-être
correctement dessiné; mais ceci ne modifie pas cette conclusion
7Ô LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
que la figure, quelle qu’elle soit, n’est pas Aegus. Ce qu’elle est
ne peut être déterminé que par l’examen des appendices.
Les figures d’Aygus dans la 20° Livraison des Æfudes (Fig. 52
à 58), et Calliopis (Fig. 64 et 65), appartiennent à la section de
l’Argus et non à celle de l’Aegus.
Les figures d’Argus dans le 4° Fascicule de la Zépidopté-
rolo gie semblent appartenir à l’Argus, excepté les Fig. 201 et 202,
Argus-Aegina (Fig. 301) et Argus-Insularis (Fig. 305, 306), qui
appartiennent au Micrargus. Argus-Nevadensis (Fig. 259, 260)
est embarrassant; 1l ressemble surtout à Aegus,; c’est peut-
être un A7gus, mais je suppose plutôt que c’est, en réalité, un
Aegon; car, autant que je sache, il n’y a pas d’autre mention
d’Argus venant de l’Espagne centrale ou méridionale.
I1 serait désirable de rechercher si Aegus est, d’une manière
quelconque, parent de Zephyrus (ou Lycidas).
Zephyrus diffère de l’Aegus en ce qui concerne les appendices
ancillaires; car les falces sont plus courts et plus épais, ec dans les
harpes des pinces qui ont des dents beaucoup plus fines, s’éloi-
gnant ainsi de l’Argus. Il a aussi un pli dans le milieu de la
pince, pli qui n’existe pas soit dans l’A7gus ou dans l’Aegus.
Il est curieux de noter que le Zephyrus, de Grèce, de Turquie et
d’Espagne, et le Zycidas, de Suisse, se rapprochent étroitement;
mais un spécimen, que je possède avec l'étiquette A7zen1a, a une
harpe avec la partie rétrécie plus longue et plus étroite.
Pylaon se rapproche beaucoup de Zephyrus, surtout dans le
pli du milieu de la pince; mais l'extrémité de la harpe est très
large et en spatule, à tel point que, en l’absence d’intermédiaires,
elle pourrait constituer un bon caractère spécifique. Euwrypilus
(avec un dessus des ailes foncé dans le O') est encore très sem-
blable, mais il n’a pas de pli dans le milieu de la pince et la
partie retrécie de la harpe est assez longue et la tête très étroite.
Malgré ces relations apparentes avec Zephyrus, Eurypilus,
comme on le voit par l’aedeagus, n’est pas un P/lebeius mais un
Polyommatus.
La question est de savoir si les trois formes, Wicrargus, Melissa
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 71
et la forme genevoise européenne de l’Aegus, doivent être
acceptées comme trois espèces distinctes ou comme races d’une
même espèce. Jusqu’à ce que nous soyons mieux éclairés sur ces
formes, par une comparaison de l’histoire de leur vie et de leurs
états primitifs, 1l semble qu’on doit les considérer comme trois
espèces, puisque les différences, dans le caractère des appendices
ancillaires, sont trop importantes pour être considérées comme
des variations et qu’elles diffèrent comme faciès général, etc.
suffisamment pour avoir été décrites dans les formes asiatiques
comme un nombre d’espèces distinctes. La forme genevoise
réclame donc un nom, un nom spécifique, qui deviendra un nom
de variété, si ces différentes formes sont, finalement, définies
comme étant toutes de la même espèce. Dans les deux cas, 1l est
certainement très remarquable que cette espèce, qui appartient
au groupe des formes du Micrargus et non de l’Argus, n’existe
que dans une région très restreinte de l’Europe centrale et nulle
part ailleurs en Europe. A Sarepta, dans le Sud-Est de la Russie,
qui peut être au point de vue de la faune regardé comme asiatique
plutôt qu’européen, la forme peut être considérée comme une
espèce distincte et se rapproche davantage au point de vue des
appendices de Melissa que de l’Aegus ou du Micrargus.
Je propose pour celle-ci le nom de Sareptensis.
Un spécimen de Geok Tepe, dans la Transcaucasie, est le plus
intermédiaire que j’ai rencontré, entre Argus et Aegus. Les bords
sont presque blancs; les chevrons noirs sont en tête de flèche;
l’armature mâle a la partie dorsale, nettement, presque conforme
au typique Argus; l'extrémité de la pince n’est que légèrement en
retrait au bord supérieur; les dents sont petites, neuf ou dix de
bonne dimension, mais pas aussi grandes que dans A7gus, et une
demi-douzaine vers la partie inférieure très petites, mais assez
grandes cependant pour qu’on puisse les compter. L’insecte est,
évidemment, A7gus; c’est le plus oriental que J'ai vu. Nous
pouvons bien dire qu’il varie (sous quelque influence due à la
région orientale) dans le sens qui, depuis longtemps, a établi
Aegus, Micrargus et Melissa.
72 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Un examen des séries d’Argus au Musée Britannique donne
les résultats suivants : Trois formes y sont accompagnées
d’appendices montés, ce sont : Micrargus, Butler; Argiva, Str.
et Roxana, Gr. Gr. toutes ayant la forme Wicrargus. Micrargus
vient du Japon; les deux autres sont de l’Asie centrale; toutes
ont la marge blanche et, si l’on en juge par ce même caractère,
les formes ci-dessous nommées sont probablement de la même
race et sont de l’Asie centrale : Bactriana, Gr. Gr.; Tomyris,
Gr. Gr.; Alaina, Str.; Orientalis, Leech; Barine, Leech, du Japon,
sembleraient appartenir à la même race; Wicrargus, Butler, étant
le nom le plus ancien (1873) de celles-ci, semblerait être le nom
spécifique qui leur convient. D'autre part, toutes les formes
européennes ont une bordure de couleur terne, Alpes, Norvège,
Laponie, etc. et toutes sont Argus. La nouvelle forme genevoise
n’est pas représentée.
Les caractères spécifiques peuvent être ainsi mis en tableau
MELissA
ARGUS ÂEGUS et MIcRARGUS
SAREPTENSIS
Ligne submarginale en | Mème couleur Blanc.
dessous. que celle du
fond de l’aile.
L
Chevrons noirs des ocelles | En tête de flèche. En forme de croissant.
du bord marginal.
ARATOCONIES Re A bords paral- Circulaire.
lèles; extrémité
carrée.
Partie terminale des falces . | Courte et lége- Plus droite et plus longue.
rement courbe.
Extrémités des pinces ..... Angle sous Droite.
l'extrémité.
— TE Dents Dents plus petites.
plus grandes.
Partie droiterdes ace PCIe CE RS rec Étroite. Large.
Assezrobuste. Mince. Assezrobuste,
Distribution géographique. Europe, District Amérique Asie.
une localité de Genève. du Nord
asiatique : Buda-Pest. (Sarepta).
Geok Tepe.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 73
EXPLICATION. DES PLANCHES
PLANCHE I.
M PEU ATEUS Var ADI a (EP NEÉNÉES) 1.0 eue 30
2 » ») » » (AD EST) MAR AR OR EUR ERE RS 30
3° » » » » (Guéthary) eee ee Lecce x 30
PLANCHE Il.
4. Plebcius Argus, var. Armoricanus (Laïllé)..............…. re x 30
» » Doc DoilierA (Corse)... eeeL dance x 30
6. » » (Ponte) 20e xX 30
PÉANCEE"TIIT.
Reese Ares MONO) A EN MN errant x 30
8. » » DSISSE AP Gen ce oem en En oee x 30
») » DT ess cena elec satcieminiaielelelsl siniaieie esteieteelelpis)e eee e(n 6 11e x 30
PLANCHE IV.
10. Arrmmature dorsale, var. A/pina (Py16nÉes)..........u.sse.. x 45
(Même spécimen que Fig. 1).
= Armapure doreale,) Var: ATMOTIEURUS I rtennes eee nta ve X 45
(Même spécimen que Fig. 4).
PA Armaturendorsale, var P//1672. 10 edit. is X 45
(Même spécimen que Fig. 5).
74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE V.
13. Extrémité de la pince, var. Alpina (Pyrénées)...
(Même spécimen que Fig. 1).
M Extrémite ue la pinee, Var APMONMCONUS Te ER ROUE.
(Même spécimen que Fig. 4).
is Extrémite dela pince, var PEN ren RER AE Re
(Même spécimen que Fig. 5).
PEANCEE VTT
Os Plebeiuss Argus (Cettinje) "7-21 see 0 nt MERE ee Tee TOURS
17e » » » armaturehdorsalet#" "7772000
18. » » » extrémité de lA pince 17...
PLANCHE VII.
OP ledEiuSr Aesus (NEVER) A OU 0 SD
20. » D. 1(VErSOI):;2.5 tee
21: » D MCÉTELEX) eee Re sde
PLANCHE VIET
22. Pleboiuss Are eus i(NÉrSOE) ARE CRE PARC
23: » » » armature dorsale...
24. » » » extrémité de 12MpINCe.
PLANCÇCETE Xe
25 Pleberus Melissa (Calionie) "2 RES Le
26. » De. I(FOTONÉON ER RE
27e » Maicrargus (Amour) MODtABRE)......... 70.
PLANCHE X.
28. Plebeius Micrarpus (Amour avAllÉE) 2.62 eee
30 » » » » armature dorsale
30. » » » » extrémité de la pince.
XD
X 45
x 90
x 30
x 30
x 30
X 45
x 90
* 130
x 30
x 30
X 45
x go
_ ii dif
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PEANCHE XT.
nu re 0eius Micraneas (No ONama).. "RP ere: urnes ee sons
De: » » » armature dorsale...
so » » » extrémité dela pince...
PLANCHE XII.
SIC OEIUS DATEDIENSISNISATEDA) «20e deemecee-soucraeoer er aence
SLE » » » armature (HOrSAlE eee
36. » » » EXTTÉMIIO de lANDIACE
PLANCHE XIII.
Se LUEbEMN ATEUS, Var. Alfinal (Digne) MO: LER 0.0, cphe rec
38. » » HONTE y Daald)E Ones serre ce
39- » ABUS ANTON) NO Rec Ress eonsse té tsce ec eecare
PLANCHE XIV.
ND eus Ar eus (Val Vend) O2 etes menace ess
41. » D (Var Le urice 2) OCARno) MO 2e
42. » » (SAS Re) MON ES LRU R Reee een
PLANCHE XV.
43. Plebeius Argus, var. Nivea (Lac de Garde), armature dorsale.
44. » ») ») ») » extrémité de la pince.
45. Pleberius Melissa, var. Aster (Labrador), armature dorsale...
46. ») » » » » extrémité de la pince.
PLANCHE, XVT:
PE NA AT TE LEILAATLON EEE 0) PRE CE PAC ORNE ET TER
48. » » » AAMALUReNTORSA EME ne
49: » » » extrémité dela pince...
7
x 30
X 45
x 90
XN20
X 45
x 00
x 30
x 30
x 30
X20
X 30
x 0
X 45
x 90
X 45
90
X
x 90:
76 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PLANCHE XVII.
50." Plebeius-Zephyrus (AEFMÉNIE)s EAN EAN NES Xv25
51 » » » armature dorsale #7 X 45
52. » » » extrémité de la pince. x 90
PLANCHE: XVIII.
53. Plebeius Zephyrus, var. Lycidas........…. RAR RS MOSS X'25
54. » » » ») armature dorsale. X 45
Lt » » » » extrémité de la pince... x 90
PLANCHE XIX.
36. Androconies de Plebeius Argus, var. Armoricanus............…. *X 250
De » » Aegas \(VÉESOIRIN ESPN x 250
PLANCHE XX.
58. Plebeius. Argus, var. Armoricanus, face inférieure... X4%
59. » »ou(De Lautaret) face Imférieute.t-"."-""-2"% X 4%
6o. Plebeius Aegus (Veyrier), face inférieure............................ X 4%
Ceux-ci représentent des formes très typiques des deux
espèces, spécimens mâles.
Plebeius Argus, var. Alpina.
Pyrénées ; 2. Digne; 3. Guetharv.
PLANCHE I.
[e]
V9
“
.
PLANCHE
4. Plebeius Argus, var.
; — — —… PBellieri:
Armoricanus.
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Pontresina).
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Plebeius Argus :
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5,
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PLANCHE
Switzerland.
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9
PLANCHE IV.
10. Plebeius Argus, var. Alpina (Pyrénées).
fie _ — — Armoricanus.
12 — — — DBellieri.
PLANCHE VW.
SeS)e
"ANUS.
Alpina (Pyrén.
Armor
Var:
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Plebeius
Plebeius Argus
Cettin]je).
PLANCHE VI.
PLANCHE VII.
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10.
O.
Veyrier
(Versoix Je
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Plebeius
Aegus (Versoix).
PLANCHE VIII.
1)
LE
24
PrANCHE IX
26. Plebeius Melissa (California).
26. — = (Toronto).
— Micrargus ? (Amoor-Hill).
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PrANCHE-X:
Plebeius MWicrargus (Amoor-Valley).
PLANCHE XI.
Plebeius Micrargus (NYokohama).
2]
DJ
to
PE]
PLANCHE XII.
a).
ptensis (Sarept
Plebeius Sare
CU Co Co
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Plebeius
PLANCHE XIII.
Argus, var. Alpina (Digne), Q.
Nives (Pfynwald), Q.
Aegus (Versoix), Q.
V9
ENS EMERREENEE
= pévcq ein chi
PLANCHE XIV.
40. Plebeius Argus (Val Veni), ©.
“ie -- — var. ligurica? (Locarno), Q
; — — (Saas-Fee), Q.
XV.
PLANCHE
À
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Naivea (Lago di Garda).
3-44. Plebeius Argus, var.
4
4
(Labrador
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47-45-49.
PLANCHE XVI.
Plebeius Zephyrus (Greece).
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PLANCHE XVII.
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PLANCHE XVIII.
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PLANCHE XIX.
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IC
Le Genre ACTINOTE
Il n’y a pas encore beaucoup d’années, les Entomologistes
classaient dans le Genre Acraea un petit nombre d’Espèces
indiennes et océaniennes de Lépidoptères Rhopalocères, avec une
grande quantité d’Espèces africaines et américaines.
Ce Genre Acraea a été démembré comme beaucoup d’autres;
les Espèces américaines qui s’y trouvent encore répertoriées dans
À Synonymie Catalogue of Diurnal Lepidoptera, by W.EF. Kirby,
(London, 1871), sont maintenant colloquées par les plus modernes
Auteurs dans le Genre A c/inote, Huebner.
La révision des Espèces actuellement connues de ce Genre
A ctinote a été faite par le D' Karl Jordan, pour le grand ouvrage
entomologique entrepris vers 1906 par le Profess.-Doct. Adalbert
Seitz et intitulé : Die Grossschmetterlinge der Erde. Dans l’édi-
tion en langue française dite : Les Macrolépidoptères du Globe,
les pages 359 à 374 contiennent les descriptions et observations
relatives aux Espèces du Genre Arznote; les Planches 81, 82, 83
y présentent la figuration correspondante au texte.
Malheureusement, la figuration en question n’a pas été assez
étendue; on constate dans la représentation — pourtant indispen-
sable —— des Espèces et des Variétés nommées pour la première
fois, de trop nombreuses et regrettables lacunes. À chaque page,
on est arrêté par des énonciations nouvelles d’Espèces et de
6
78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Variétés d’Espèces qui sont restées simplement décrites et dont
aucune figure ne fait connaître l’aspect et les particularités dis-
tinctives.
Par suite de Je ne sais quelle bizarre conception, on est tout
étonné de constater que ce sont plutôt les Espèces anciennement
connues et généralement déjà figurées dans d’autres ouvrages, qui
sont représentées sur les Planches du livre du Profess.-Doct.
Adalbert Seitz. Cependant, 1l eût été surtout nécessaire que toutes
les Espèces et Sous-Espèces — (suivant les termes : Species et
Subspecies, fréquemment employés par le D' Karl Jordan) —
fussent représentées; car la figuration des nouvelles Espèces et
Variétés importait beaucoup plus encore que celle des autres.
En effet, s’il est possible de se référer aux ouvrages des anciens
Auteurs, il est, dans la plupart des cas, impossible de se rendre
exactement compte des caractères relatifs à telle Speczes ou
Subspecies décrite par le D' Karl Jordan, mais non représentée
dans l’ouvrage de Seitz.
Pourtant le Professeur-Docteur Adalbert Seitz, dans les Pros-.
pectus qui furent répandus à travers le monde entomologique
par la maison éditrice de l’ouvrage de Seitz (Alfred Kernen),
promettait « la classification de chaque papillon à première vue;
plus de Musée, plus de collection privée avec des papillons non
classihés »! Tous ces avantages séduisants devaient être réalisés
au moyen de 7.000 planches d'un coloris parfait où seraient
reproduits environ 40.000 papillons.
Pour moi qui cherche à obtenir la détermination exacte — et
non par à peu près — des Lépidoptères et qui, pour jouir de ce
résultat véridique, réclame toujours la figure à l’appui d’une
description, je trouvais, dans l’entreprise du Professeur-Docteur
Adalbert Seitz, la satisfaction donnée à tous les vœux que j'avais
tant de fois formés.
Je n’avais jamais lu plus alléchante promesse, d’autant plus
que l’ouvrage : Les Macrolépidoptères du Globe, devait répondre
à tous les goûts et à tous les besoins les plus divers.
QOu’on en juge !
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 70
Je transcris ici, textuellement et sans y changer une lettre, les
phrases mêmes du Prospectus que J’ai sous les yeux :
« Chaque Faune ou chaque volume peut être souscrit pour
soi-même.
L'œuvre entière a commencée en 1906 et sera terminée en 1913
c. à d. en 6 ans 6 mois. Les livraisons sont publiées d’abord tous
les quinze jours, ensuite tous les 10 jours, tous les 8 jours en 1910
et à dater de 1911 tous les 3-4 jours.
Seitz, Les Macrolépidoptères du Globe, est non seulement le
plus grand mais aussi le meilleur marché ouvrage de toutes les
publications de son genre.
L'ouvrage est indispensable pour chaque musée, bibliothèque
et collectionneur privé.
Pour tout acheteur, vendeur, changeur de grand valeur parce
qu’il leur permet de classifier et taxer les papillons et controller
les offres de vente.
En étranger, dans les colonies l’acheteur de l’ouvrage Seitz,
Macrolépidoptères du Globe, peut en tirer bénéfice et vénération
en s’occupant de la chasse et de la vente de papillons. »
Dans cette partie de l’annonce que je fais reproduire, comme
il est exposé ci-dessus, il y a des avantages auxquels Je ne pré-
tends point; c’est ainsi que Je laisse à d’autres, notamment aux
heureux habitants des Colonies, le bénéfice, — sans parler de la
vénération, — que peut procurer la chasse et la vente des
papillons.
Je m'en tiens à la facilité et à la sûreté des déterminations que
j'aurais voulu trouver en consultant l’ouvrage et je me plains
d’être déçu dans mes espérances.
Hélas! ce Prospectus mirifique, c'était un simple chiffon de
papier.
Je déplore donc l’absence de figuration des Species et Sub-
species nouvelles dans la révision du Genre Aczinote, par le
D' Karl Jordan, l’un des éminents collaborateurs du Professeur
Docteur Adalbert Seitz. En effet, ce dernier, comme il le dit
80 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
lui-même, a obtenu le concours « des connaisseurs et spécialistes
les plus réconnus : Aurivillus (Stockholm), Bartel (Berlin),
Eïffinger (Francfort s. 1. M.), Fruhstorfer (Genève), Haensch
(Berlin), Janet (Paris), Jordan (Tring), Mabille (Paris), Prout
(Londres), Roeber (Dresden), Stand-Fuss (Zürich), Strand
(Berlin), Warren (Tring), Weymer (Elberfeld) ».
Evidemment, le but que le Professeur-Docteur Adalbert Seitz
voulait atteindre était louable, et je proclame hautement mon
entière approbation des intentions exprimées dans le Prospectus
dont J'ai ci-dessus transcrit les termes.
Mais il ne suffisait pas de promettre; il fallait tenir, c’est-à-dire
assurer le moyen d’obtenir « la classification de chaque papillon
à première vue ».
Malheureusement, rien d’aussi avantageux n’est réalisable pour
le Genre Ac/inote, faute de la figuration complète indispensable.
Pourtant, combien la publication du tableau des connaissances
actuelles pour ce Genre Actinote eût été utile et fructueuse si le
D" Karl Jordan avait bien voulu nous gratifier de bonnes figures
représentant toutes les Species, Subspecies et Aberrations qu’il
citait pour la première fois.
Présentement, malgré les promesses du Prospectus et — qui
plus est, -_ contrairement à l'intérêt incontestable de la Science
entomologique, la lumière nécessaire manque toujours.
En effet, les descriptions laissent subsister un doute, que seule
la bonne et exacte figure, avec un coloris parfait, comme dit Seitz,
aurait résolu.
Dès lors, quel parti prendre ?
Nous nous trouvons, par le fait des descriptions sans figures,
en face d’une véritable obstruction.
Cette absence des figures équivaut à une barrière cadenassée,
supposée infranchissable. Si l’on ose s’aventurer sur les lisières
de ce maquis si bien défendu, on risque de tomber dans une foule
d’embüûches. Aussi lorsqu'on s’est rendu compte des pièges et des
dangers qui vous attendent, on est enclin à abandonner l’étude
commencée jusqu’à ce que, plus tard, —— mais quand sera-ce? —
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 81
une excellente figure vienne, par-ci, par-là, donner un rayon de
lumière.
J'ai maintes fois exprimé mon sentiment en présence de situa-
tions semblables; j'ai formulé l’adage : « Pas de bonne figure à
l’appui d’une description, pas de nom valable ».
En conséquence, aujourd’hui Je passe outre. Alors, ainsi que
Lord Walter Rothschild a bien voulu me l'écrire, à la date du
19 janvier 1917, à propos de la Faune des Lépidoptères de la
Barbarie : « Z am writing a sort of appendix — (to the work
published by Dr. Jordan) — giving notes and all the localities
of my specumens » — (but with a complete series of the figures).
Le D" Karl Jordan fournit le tableau de ses connaissances
actuelles concernant le Genre À c/note, tel qu’il peut être envisagé
d’après les collections anglaises qui sont d’ailleurs fort impor-
tantes et dont l’Auteur a eu la disposition. Cependant, si considé-
rables que puissent être les documents réumis à Tring-Park et au
British Museum — qui sont sans doute les deux établissements
principaux où le D' Karl Jordan a trouvé les matériaux pour sa
monographie, — il reste toujours quelque chose à glaner dans les
collections des autres Pays. Des apports d’origine différente y
ont parfois introduit des Espèces ou des Variétés qui sont restées
autre part ignorées.
Je complète donc, pour ma part, au moyen des documents que
j'ai rassemblés à Rennes, le travail publié dans Les Macrolépi-
doptères du Globe, et j'espère que d’autres contingents s’ajoutant
successivement à ceux déjà publiés, augmenteront sans cesse nos
connaissances relatives aux intéressantes Acreidæe d’Amérique.
Pour faciliter les recherches, je me conforme dans l’étude qui
va suivre, à peu près au mode de classification adopté par le
D' Karl Jordan, dans l’ouvrage de Seitz.
Rennes, janvier 1017.
Charles OBERTHÜR.
S2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Actinote Radiata, Hewitson.
Bien figurée par Hewitson, sous les n° 39, 40 (Of) et 41 (Q)
de la PI. Acraea VI, dans le Vol. IV de {{lustrations of new
spectes of exotic Butterflies, d'après des individus provenant
de « Ecuador ».
Ma collection contient 5 G étiquetés comme suit : Sarayacu,
eastern side of Ecuador; C. Buckley 1870.
Le O' Radiata est figuré, en dessus seulement, sur la ligne a de
la PI. 81, dans l’ouvrage de Seitz. Le corps et surtout l’abdomen
y sont représentés beaucoup trop épais. J’ignore ce qu’est exac-
tement la race ou variété Zx{ensa, K. Jordan, du Pérou oriental,
sommairemcent décrite, non figurée.
Actinote Erinome, Felder.
L’exemplaire représenté par Felder, dans Reise der oest.
Fregatte Novara, Lepidoptera, Tab. XLVI, fig. 1 (en dessus
seulement), montre une petite tache rouge, de forme allongée,
complémentaire, mais indépendante de la large bande maculaire
rouge extra-cellulaire aux ailes antérieures.
La figure publiée dans l’ouvrage de Seitz (ligne a de la PI. 81)
ne reproduit pas cette petite tache. Du reste, je possède 4 O' qui
manquent tous de la petite tache rouge en question.
Ils sont étrquetés comme suit : La Oroya, S. E. Pérou, Ocken-
den; Hillipani, Pérou; et Montaña de Huanta, Quebrada de
Choimacota, Monte-Rico, 9 agosto 1870.
Le D' Karl Jordan cite trois variétés : Sczana, Jordan, Cara-
baia, Jordan; T'estacea, Salvin et Godman (B7yz1a, Hewitson).
Sctana est indiqué comme aberration; non figurée.
Carabaia est décrite, comme suit : ailes antérieures avec raie
costale et ordin. des deux côtés, ou au moins en dessous, avec une
tache cellulaire rouge jaunâtre. S. E. du Pérou; non figurée.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 83
Je pense que je possède 2 ©‘ de La Oroya, Rio Inamhari, 5. E.
Pérou, saison sèche, mai 1905, par 3.000 pieds, envoyés par
Ockenden. Un G' de Chanchamayo est orné de la raie costale
rouge des deux côtés, mais est dépourvu de la tache cellulaire
rouge jaunâtre. Cet exemplaire de Chanchamayo est à Carabaia
ce que Byzta, Hewitson, de Bolivie, est à Z'estacea, Salvin et
Godman, également de Bolivie. |
B yzia dont je possède 7 C'et 1 ©, diffère de Testacea dont ma
collection contient 11 GO, parce que chez Byzta la tache rouge
cellulaire aux ailes supérieures, reste confinée dans la cellule,
tandis qu’elle se développe, chez 7 es/acea, dans les deux espaces
intranervuraux, au-dessous de la nervure médiane.
L’A céinote Testacea est figurée en dessus et en dessous dans
la ligne & de la PI. 81. Le corps et l’abdomen y sont démesuré-
ment amplifñés, comme pour Kadiata.
Le ground colour du dessous des ailes inférieures est d’un
gris d’ocre jaunâtre dans tous les exemplaires de Byzza et T'es-
lacea que J'ai sous les yeux et non d’une teinte rosée, comme on
peut le voir sur la figure que Seitz a publiée.
C’est de Germain que j'ai reçu presque tous les exemplaires
de Byz1a et de T'estacea figurant dans ma collection. Il les avait
pris à Cochabamba, Vungas del Espiritu Santo, en 1888 et 1880.
Les quelques autres échantillons ont été récoltés à La Paz, par
E. Garlepp. La © est plus grande que le d'; elle est très sombre
en dessus; la tache rouge extracellulaire est très réduite. En des-
sous, la base des ailes supérieures, entièrement d’un rouge pâle,
est séparée par une bande noire assez large, — qui n’aboutit ni
au bord costal, ni à l’angle interne, — de la tache rouge extra-
cellulaire, laquelle se fond presque dans le lavis gris jJaunâtre
qui recouvre l’espace apical et le bord terminal.
Le dessous des ailes inférieures, semblant plus pâle vers la
base et dans l’espace cellulaire, est de la même teinte gris Jau-
nâtre sur laquelle les nervures se détachent en noir, tandis que
le milieu de chaque espace intranervural est parcouru dans le sens
de la longueur par un long trait noir.
84 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Actinote Abana, Hewitson.
Initialement figurée sous les n°* 35 et 36 de la PI VI, Acræa,
dans le Vol. IV des Z{Zustrations of new species of exotic Buiter-
fes, by W. C. Hewitson.
Le D' Karl Jordan fait représenter Abara, en dessus seule-
ment, dans la ligne a de la PI. 81. Mais la figure qu’il donne dans
l’ouvrage de Seitz diffère de celle que publia Hewitson, en ce
sens que la large tache médiane rouge, selon la figure donnée par
Hewitson, ne s’étend pas jusqu’à la base des ailes, alors que dans
la ligne « de la PI. 81, l’aile supérieure est rouge depuis la base
jusqu’à l’espace apical qui, seul, reste brun.
Il est vrai que, dans sa description, le D' Jordan signale la
variation de Abana dans les termes suivants : L’aire jaune de
l’aile antérieure s'étend jusqu’à la base ou bien, lorsqu'elle est
réduite, se résout en raies.
Ma collection renferme 3 G' avec la base des ailes supérieures
presque entièrement rouge, étiquetés ainsi : Huambo, dép' Ama-
zonas, Pérou septentr., 3.700! altitude, Jean Stolzmann, 1880.
Six autres Œ chez lesquels la tache rouge, de dimension réduite,
se résout en raies, viennent de Huancabamba, Nord-Pérou,
6-10.000 pieds, 1903, et de Sarayacu (C. Buckley).
Le D' Jordan décrit, malheureusement sans la figurer, une
subspectes, qu’il appelle Capnodes, provenant de Frontina, An-
tioquia, Colombie.
Actinote Euryleuca, Jordan.
Décrite à la page 360 et figurée dans la ligne ® de la PI. 82,
d’après peu de GO connus de Moyolamba (sic), N. du Pérou.
Je possède 16 G' de Moyobamba (M. de Mathan; 1° semestre
1887); de Sarayacü (C. Buckley) ; de Tarapoto (M. de Mathan).
Les collections Boisduval et Guenée contenaient chacune un
spécimen.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 85
Actinote Mathani, Obthr.
Nouvelle Espèce décrite d’après 21 O', tous d’une excellente
conservation, pris par de Mathan, à Chachapoyas, dép‘ Ama-
zonas, Pérou, en 1880.
Voisine de Æuryleuca; même taille; même aspect général.
Mathani diffère de Euryleuca pour les caractères suivants : fond
des ailes d’un gris de souris, plus foncé, moins mélangé de jau-
nâtre, semblant d’une teinte ardoisée; la tache blanc jaunàâtre des
supérieures est composée de macules plus étroites, toutes situées
en dehors de la cellule discoiïidale; la côte, sur les deux faces,
est soulignée, au départ de la base, par un trait rouge carmin.
En dessus, les ailes inférieures, chez Æuryleuca, sont bien rayon-
nées par les nervures et dans les espaces intranervuraux, au moyen
des traits noirâtres qui ressortent sur la teinte brun clair, un peu
jaunâtre, du fond. Chez Mathani, le fond des ailes est umi; on
distingue les nervures très finement noires; mais elles ressortent
moins nettement à cause du ground colour plus foncé des ailes.
Actinote Hylonome, Doubleday.
Représentée, mais sur la face dorsale seulement, dans le Genera
of Diurnal Lepidoptera.
Y a-t-1l deux Espèces ou simplement deux Races ? J’incline
pour deux Races, peut-être saisonnières ? l’une, noire en dessus;
l’autre, simplement brune ; celle qui est noire en dessus, très
foncée en dessous, notamment sur les ailes inférieures, dont la
base montre un fond d’un jaune un peu rougeûtre, traversé par
les nervures et les traits noirs; celle qui est brune en dessus, avec
les ailes semblant plus allongées, le ground colour du dessous
d’un jaune nankin très clair, présentant seulement au delà de la
cellule et le long du bord terminal des inférieures, un obscurcis-
sement marqué.
J'ai reçu de Merida (Venezuela) beaucoup d’exemplaires des
86 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
deux races, celle qui est plus claire et celle qui est plus foncée.
Je possède aussi des échantillons de Caracas et de Colombie.
L'Actinote Hylonome est anciennement connue; les collections
Boisduval, Guenée, Christ. Ward en contenaient quelques spé-
cimens.
Je ne puis savoir si c’est la race claire ou la race foncée qui a
été représentée sur la ligne 4 de la PI. 82, en l’ouvrage de Seitz.
Le dessus des ailes, seul, y est figuré; outre que sur la face dor-
sale, la différence entre les deux races est moins saillante, l’im-
pression chromolithographique donne le ton intermédiaire entre
les deux et empêche d’être fixé.
Actinote Neleus, Latreille.
L’Espèce est commune dans diverses localités de l’ Amérique
du Sud. Je note dans ma collection, où sont alignés 107 Cf et
seulement 2 ©, les indications de provenance comme suit
Région de S. Fé de Bogota; Ambato (Equateur); Tambillo
(Pérou); Zamora (Equateur); Districto de Pereira, Cauca (Nou-
velle-Grenade); Chachapoyas, Amazonas (Pérou); de Bogota à
Buenaventura, Get ©, 14 décembre 1877 à 22 février 1878
(Nouvelle-Grenade): Manizales (Nouvelle Grenade); de Baños
à Canelos {Equateur oriental); Cauca-Juntas {Nouvelle-Gre-
nade); Minas de Muzo (Nouvelle-Grenade).
Parmi ces documents se trouvent le © et la Q provenant de
la même région et pris par feu Otto Thieme, dans le même temps,
lcrs du voyage qu’il effectua en Colombie, pendant les années
1877 et 1878.
I] résulte de cette circonstance que J’ai des chances de connaître
la véritable Q de l’Aczinote Neleus. Mais cette ©, que Je crois
la vraie, diffère de celle qui est considérée par le D' Karl Jordan,
comme la réelle © de Weleus et qu’il a fait représenter dans la
ligne à de la PI. 81.
C’est du reste la copie de l’A crea Edulis, Weymer, telle qu’elle
est figurée sous le n° 11 de la PI. II, dans Zepidopteren gesammelt
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 87
auf einer Reise durch Colombia, Ecuador, etc., in den Jahren
1868-1877 von Alphons Stiübel.
Je fais représenter le papillon que je considère comme la
vraie ©Q de Weleus. Elle diffère de l’Edulis, Stübel, parce que
la tache blanc jaunâtre des ailes supérieures se trouve placée en
deçà de la cellule discoiïdale, alors que cette même tache est
située au delà, dans les deux échantillons que je rapporte à
Neleus.
Latreille a figuré Neleus GO, en dessus et en dessous, sous les
n® 7 et 8 de la PL XXXVI, dans le Recueil d’'Observations de
Zoologie et d’Anatomie comparée, par Al de Humboldt et
A. Bonpland.
Le papillon, comme tous les autres qui avaient été aplatis dans
un livre par les voyageurs, est représenté avec un corps démesu-
rément élaroi. Il est décrit à la page 86, avec le nom de Æelico-
nius Neleus.
Actinote varians, Jordan.
À la page 361 de l'édition en langue française de l’ouvrage
de Seitz, Les Macrolépidopt. du Globe, le D' Karl Jordan réunit
sous le même vocable synthétique : AZcione, plusieurs formes ou
même Espèces parmi lesquelles certaines sont décrites pour la
première fois. Malheureusement elles ne sont pas figurées.
En lisant les prospectus de Seitz, j'avais, ainsi que je le dis
plus haut, l’illusion de croire que nous trouverions dans ses livres
une figuration tellement complète que toutes les déterminations
en seraient singulièrement facilitées. Hélas! si les Espèces bien
connues et déjà figurées ailleurs sont de nouveau représentées
comme Je l’ai exposé ci-dessus, telles que : Veleus, Radiata,
Abana, Erinome, les nouvelles, celles que nous aurions le plus
d'intérêt à voir représentées pour la première fois, sont oubliées.
Sur la seule page 361, le D' Karl Jordan nomme les nouvelles
Actinote Hæmera, Varians, Cyanea, Extensa, Melina. En van
je cherche sur le texte la référence à l’image. Il n’y a point de
88 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
figure ; seulement quelques mots pour définir ces nouveautés :
c'est-à-dire toujours l’obscurité au lieu de la lumière et le doute
au lieu de la certitude promise, ardemment désirée, mais toujours
absente.
Quoi qu’il en soit, ne pouvant parvenir à comprendre ce que
peuvent être exactement Varians et Extensa, je me demande si
Cyanea qui est, paraît-il, une forme fréquente de Varians, la-
quelle habite la Colombie centrale et occidentale, ne serait pas
l'A c/inote entièrement noire en dessus, pourvue d’un reflet indigo,
brune en dessous, avec une petite tache basilaire jaune, divisée
en trois parties par les nervures, dont l’abdomen est rouge et que
J'ai reçue jadis de Manizales, en quelque quantité.
Pourtant j'ai sous les yeux trois autres formes très sombres
en dessus, l’une colombienne, les deux autres péruviennes, très
distinctes entre elles, que je trouve plus ou moins référables à
Varians, Cyanca, Extensa. Je regrette infiniment de ne pouvoir
leur établir un état civil.
Je fais cependant figurer avec le nom de Cyanea le papillon
que Je crois le plus rapproché de cette C'yanea, d’après la des-
cription que J'ai lue et méditée; mais les autres ?...
Ne pouvant donc obtenir aucune détermination certaine, au
moyen des descriptions sans figure, je laisse innommées des
formes cependant très intéressantes et Je passe à la première
forme figurée avec le nom de Sarsanda, Druce, dans le texte,
modifié en Sarsandra sur la ligne 4 de la PI. 82. Je crois que
tous les Entomologistes regretteront avec moi que le dessous des
ailes n’ait pas été figuré.
Il n’en est pas de même de la forme suivante : Sybelatus,
Jordan, qualifiée de sxbspecies nova. Comme l’Ac#inote Subelatus
est représentée sur les deux faces, il m’est facile d’y rapporter
six exemplaires C et © de ma collection; l’un d’eux a été cap-
turé par de Mathan à Honda (Nouvelle-Grenade), en 1800. Les
autres viennent des environs de Quito (Equateur). La © est plus
grande que le G' et le fond de ses ailes est d’un brun un peu
plus pâle.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 89
Je ne puis savoir si je possède, ou non, Melina, Jordan, décrite
(loc. cit. p. 361), non figurée.
Actinote Theophila, Dognin.
Unpotest fpeurétsous lenr4tderla Pludans lat première
livraison de la Note sur la Faune des Lépidoptères de Loja,
publiée en 1887, par P. Dognin.
Ce GS type ne montre, au delà de la tache basilaire rouge,
qu’une faible trace rougeatre dans l’espace extracellulaire.
Il y a des exemplaires totalement dépourvus de cette trace
rouge. Ma collection contient une longue série de © provenant
de Zamora (Equateur) et de Tambillo (Pérou).
Je pense que T'heophila est une Espèce distincte de A/cione,
Hewitson, surtout à cause de la différence dans la forme et
l’épaisseur de la bande noire des ailes supérieures, au delà de
la cellule discoiïdale, en dessous.
Actinote Alcione, Hewitson.
Figurée sous le n° 7 de la PI 1, Acrea, dans [{lustrations of
new Species of exotic Butterflies, Vol. I, d’après un individu
provenant de Quito. La collection Boisduval contenait un exem-
plaire tellement pareil à celui figuré par Hewitson qu’on pourrait
croire qu’il a servi de modèle à la figure en question. A/czone est
la forme jaune d’une Espèce commune à Ambato où elle est
représentée par des spécimens dont les ailes supérieures sont
plus souvent maculées de rouge que de jaune, avec les transitions
de couleur. J’ai classé dans ma collection 44 Q provenant toutes
d’Ambato. La © varie pour le développement de la tache blanche
Je fais figurer une paire choisie comme représeatant la forme la
plus ordiraire.
Alcione G à taches jaune pâle, conforme au type Hewitsonien,
est représentée sur la ligne 4 de la PI 82, dans l’ouvrage de
Seitz.
90 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Actinote Corduba, Hewitson.
Le O'est figuré sur la ligne à de la PI. 81. Je considère Sodalis,
Butler, dont le O' est représenté sur la ligne 4 de la même PI. 81,
comme une variété locale de Corduba. J'ignore ce que peuvent
être Salmonea, Jordan, et Messeres, Jordan, nommées, mais non
figurées dans l’ouvrage de Seitz (page 362).
Le D' Karl Jordan s’abstient de faire état des Q des Ac#inote
Corduba, Sodalis, etc. Je crois devoir faire figurer dans le présent
ouvrage Corduba ©, de La Paz, en Bolivie.
Mes exemplaires de Sodalis proviennent des localités péru-
viennes : Moyobamba et Huambo.
Dans cette dernière localité, les exemplaires font la transition
à Corduba. Quant à cette dernière Corduba, je possède de nom-
breux G' qui furent capturés à Chanchamayo (Pérou), La Paz et
Cochobamba (Bolivie).
Actinote Erebia, Obthr.
Je connais un seul G' de Chachapoyas (Pérou) où il fut récolté
par de Mathan, en 1880.
Le dessus est noir, mais avec un beau reflet indigo qui joue sur
la surface des ailes; on distingue, près de la base des supérieures,
à la naissance de la nervure médiane et sur la nervure même, un
trait rougeâtre très fin.
En dessous, l’Ac/inote Erebia est plus obscure que Corduba;
la tache noire au delà de l’espace basilaire rouge, sur les supé-
rieures, est plus large et d’un noir plus profond.
La couleur du fond des ailes inférieures est d’un brun rou-
geàtre umi, sans éclaircie.
L’abdomen est d’un noir indigo, avec une ligne jaunâtre sur
le milieu du dessous. La forme des ailes supérieures est moins
élancée et plus arrondie chez Ærebia que chez Corduba,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE OI
Actinote Incarum, Obthr.
J'ai reçu le O' seulement de Chanchamayo (Pérou). Comme
pour l’Actinote Érebia, la © m'est encore inconnue.
Le dessus des ailes est d’un brun noir, avec un reflet ardoisé
surtout sensible le long du bord extérieur de la tache basilaire
rosée, assez courte, divisée en trois parties par les nervures, n’étant
contiguëé ni au bord costal, ni à la base, n1 au bord interne.
En dessous, la tache rosée du dessus est assez exactement
reproduite. L’aile inférieure ressemble à celle de Corduba; mais
le ground colour est plus obscur. On distingue une éclaircie sub-
marginale; la base des ailes inférieures présente une petite tache
Jaune divisée par les nervures noires.
L’abdomen est noir, couvert d’une pulvérulence rouge, qui
donne un aspect d’un brun rouge sombre.
En dessous, sur les ailes supérieures, le reflet soyeux, un peu
ardoisé du dessus, se reproduit sur le bord extérieur de la tache
rosée.
Actinote Leucomelas, Bates.
Contrairement à ce qui se passe pour les autres Espèces
d’Actinote, 1l semble que le G' appelé Vox par Bates est moins
commun que la © ZLeucomelas, du même Auteur.
Mes exemplaires proviennent de Costa-Rica; Volcan de Chi-
riqui ; San-Pedro Sula (Honduras) ; Région de Cordoba
(Mexique).
Les deux sexes sont figurés, la © en dessus, le G' en dessous,
sur la ligne 4 de la PI. 81, dans l’ouvrage de Seitz. Le C' et la Q,
avec le nom de Acræa Nox, sont assez bien figurés sous les n° 3,
4, 5 et 6 de la PI. 16, dans Bzologia Centrali A mericana.
Actinote Ozomene, Godart.
Le C'est figuré sous le n° 2 de la PI. XVIII dans 7 Xe Genera
of Diurnal Lepidoptera, par Doubleday, Westwood et Hewitson.
02 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
L’Espèce est commune en Colombie et dans certaines régions
de l’Equateur.
Je l’ai reçue de Manizales, de la contrée située entre Bogota
et Buenaventura et de Cauca-Juntas, en Nouvelle-Grenade.
Le G' varie, en dessus, pour le développement de la tache
basilaire rouge orange, quelquefois presque tout à fait absente
(Ab. Reducta, K. Jordan). Je possède 2 G' Ab. Reducta, de Nou-
velle-Grenade.
Chez le O', Ab. Calimene, Rebel, en dessous, l’aire basale est
rouge au licu d’être jaune; ma collection contient 2 O, l’un de
Manizales, l’autre de la région de Bogota.
La © de Ozomene, dont j'ai reçu 14 exemplaires de Mani-
zales, a tantôt la tache des ailes supérieures, en dessus, entière-
ment rouge, tantôt rouge, plus près de la base, et jaune le long
du côté extérieur.
Il y a aussi des C' qui, en dessus, ont la tache basilaire rouge,
s’éclaircissant en Jaunâtre vers le côté extérieur.
À Ambato et à Quito (Equateur), se trouve la variété Clæsa,
Hewitson, figurée, par cet Auteur, sous les n“ 37 et 38 de la
PI. VI, Acræa, dans le Vol. IV de Illustrations of new Species
of exotic Butterflies.
Actinote Stratonice, Latreille.
La Oest figurée, sous les n°%7,et,8 dela PEER VI avee
un corps démesurément élargi, comme tous les autres papillons
peints dans le Recueil d'observations de Zoologie et d’ Anatomie
comparée faites par Al. de Humboldt et À. Bonpland. Latreille,
qui s’était chargé de rédiger la partie entomologique du Recueil
en question, a décrit à la page 02, avec le nom de Æelicontus
Stratonice, le papillon Q que les voyageurs avaient rapporté
aplati dans un livre.
J'ai reçu beaucoup de spécimens du pris à Manizales et de
Bogota à Buenaventura. Ce sexe d’Actinote Stratonice est repré-
senté dans la ligne a de la PI. 82 de l’ouvrage de Seitz. Je pos-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 03
sède seulement 6 exemplaires de la ©, dont un provient des
chasses de Humboldt et Benpland.
Il semble que S/ratonice présente quelques variétés géogra-
phiques, notamment Weridana, Jordan, décrite à la page 363 dans
l'édition française de l’ouvrage de Seitz.
La tache des ailes supérieures, en dessus, chez la Q est Jaune
au lieu d’être rouge. Weridana n’a pas encore été figurée.
Le Œ de la variété Acipha, Hewitson, de la région de Bogota,
est représenté sous le n° 8 de la PL IT, Acræa, dans le Vol. II de
Illustrations of new Species of exotic Butterflies.
La Q de Acipha a la tache de l’aile supérieure jaune.
Quant à la variété Carica, Weymer, M. de Mathan l’a capturée
à Chachapoyas, Amazonas, Pérou.
Je ne connais pas la ©.
Larica € a été figuré sous le n° 6 de la PL. III, dans Lepidoÿ-
teren gesammelt auf einer Reise durch Colombia, Ecuador, etc.
von Alphons Stübel, bearbeitet von Gustav Weymer und Peter
Maassen.
Dans la description, l’Auteur Weymer omet de mentionner
une tache jaune paille située sur la côte, à la base des supérieures,
en dessous, et une autre tache également jaune paille à la base
des inférieures, laquelle tache est séparée en deux parties par la
nervure noire.
Chez S/ratonice, les mêmes taches sont rouges.
Le D' Karl Jordan mentionne trois nouvelles formes qu’il
nomme Marthe, Diversa et Æreta. X1 les décrit sans les figurer.
Je me déclare impuissant à me rendre compte de ce que sont
réellement ces trois formes nouvelles. Il en est de même pour
Adoxa décrite par Jordan, comme Espèce à part, à la page 363
de l’ouvrage de Seitz.
Actinote Læta, Obthr.
Je possède deux & d’Ambato et une © de Baños (Equateur).
Chez le ©, en dessus, le ground colour est d’un noir profond
avec un faible reflet indigo, au voisinage du bord anal et du bord
7
04 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
marginal. La tache orange des ailes supérieures est largement
étendue; elle s’éclaircit en jaune vers le côté extérieur. Le bord
costal est noir et se lie plus ou moins à une tache noire sécuri-
forme cellulaire.
Le dessous reproduit le dessus, mais le noir se transforme en
brun mat, pour le ground colour. À la base des inférieures, on
aperçoit une tache jaune qui irradie dans l’espace basilaire, avec
des traits plus gros dans la cellule.
Le papillon que je suppose être la Q de Zæ/a, est plus grand;
la tache costale sécuriforme, noire, aux ailes supérieures, s'étend
jusqu’à la rencontre du bord interne et sépare la teinte orange
basilaire de la couleur jaune extracellulaire.
Le dessous diffère du dessus, notamment par le rétrécissement
de la tache noire sécuriforme aux supérieures. Sur les inférieures,
dont le fond est brun rougeâtre clair, on distingue, en outre des
nervures noires et des traits noirs intranervuraux, une éclaircie
blanchâtre dans la cellule et une seconde éclaircie extracellulaire
parallèle au bord marginal dont elle épouse la courbe.
L’abdomen de la ©, noir en dessus, est blanc jaunâtre en
dessous, avec une fine ligne médiane noire et les incisions des
anneaux noires. L’abdomen du Œ est également noir, avec un
mince filet jaune sur le milieu, en dessous. On perçoit avec une
loupe les mêmes incisions annulaires noires, coupant le filet ven-
tral jaune.
Actinote Callianthe, Felder.
Le ©‘ est représenté sous les n°6 et7 dela PI XEVINdass
Reise der œsterreich. Fregatte Novara um die Erde, etc, von
D' Cajetan Felder, Rudolf Felder und Alois F. Rogenhofer;
Wien, 1864-1867.
La figure de l’Acfinote Callianthe Œ est rééditée dans l’ou-
vrage de Seitz, sur la ligne à de la PI. 82.
Ma collection contient 4 O', dont 2 ont été envoyés de Mani-
zales; le 3° fut capturé dans un voyage entrepris de Bogota à
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE O5
Buenaventura par feu Otto Thieme, du 14 décembre 1877 au
22 février 1878. Le dernier figurait dans la collection Boisduval.
Le D° Karl Jordan décrit, sans les figurer, les Aczinote Alba,
Amaœæna, Ruja, comme Subspectes se rattachant à Callianthe. Je
ne puis que regretter l’absence de figure
Je ne connais pas les Acinote Naura, Druce, et Chea, Druce.
Cette dernière est seule figurée dans l’ouvrage de Seitz, sur la
ligne à de la PI. 81.
Actinote Trinacria, Felder.
La collection Boisduval contenait un seul S' de Colombie,
conforme à la figure publiée dans Novara, sous les n° 2 et 3 de
la PI XLVI, sauf que, dans mon exemplaire, la tache rouge, sur
le dessus des supérieures, est d’un carmin moins intense et moins,
pur et que les nervures noires, divisant la tache en question en
trois parties, paraissent plus épaisses.
Actinote Tenebrarum, Obthr.
Je possède un O' que rapporta Otto Thieme de son voyage de
Bogota à Buenaventura. L’Actinote Tenebrarum diffère de Tr1-
nacria par sa taille plus grande, la forme de ses ailes plus
arrondie. Le dessus de ses ailes est entièrement noir, avec un
reflet bleu indigo. Le dessous ne diffère de T'rinacria que par le
rétrécissement de la tache rouge cellulaire des supérieures.
Actinote Tenebrosa, Hewitson.
Une Q est figurée sous les n°° 33 et 34 de la PL Acræa VI,
dans /{lustrations of new Species of exotic Butterflies (Vol. IV).
Une autre ©, très différente de celle qui est représentée dans
l’ouvrage de Hewitson, est figurée sur la ligne a de la PI 82,
dans l’ouvrage de Seitz. Cette seconde Q paraît cependant bien
96 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
être référable spécifiquement à la première; car je possède dans
ma collection cinq Q d’Ambato (Equateur) parmi lesquelles
trois sont analogues à celle qui a servi de modèle à Hewitson et
deux se rapportent à l’autre qui est reproduite dans l’ouvrage de
Seitz; mais dans ces cinq exemplaires on constate une transition
incontestable entre les deux formes.
T'encbrosa, Hewitson, est bien la Q de Segesta, Weymer, dont
J'ai reçu plusieurs centaines d’exemplaires ©, tous pris à Ambato.
Le © Tenebrosa (Segesta, Weymer) se trouve figuré sous le
n° 1 de la Taf. III, dans Zepidopteren gesammelt auf einer Reise
durch Colombia, etc., von Alphons Stübel.
Segesta est donc un nom à supprimer de la Nomenclature.
Le O' Tenebrosa, avec ce nom Segesta, a été figuré dans l’ouvrage
de Seitz, sur la ligne à de la PI. 82.
Actinote Flavibasis, Jordan.
Décrit à la page 364 dans l’ouvrage de Seitz. Cette fois, le G
a été figuré sur la ligne g de la PI. 81 et la Q sur la ligne e de
la même PI. 81, mais avec le nom Ozomene, erroné par interpo-
sition de }Zavibasis. Le D' Karl Jordan le fait d’ailleurs con-
naître à ses lecteurs.
Ma collection contient de Nouvelle-Grenade 10 Œ et 1 Q.
Je considère comme variétés de Ælavihasis deux formes tout
à fait pareilles, en dessus, c’est-à-dire avec la même tache basale
rose sur les supérieures et le même reflet bleu indigo sur les ailes.
C’est en dessous que sont caractérisées les différences. Chez
Eulalia, la tache rose à la base des supérieures, est beaucoup plus
étendue et d’un rose saumoné pâle; la cellule est close par un
trait noir; les ailes inférieures ont le fond d’un brun foncé avec
des points roses tout près du corps. Le rayonnement jaune de
Flavibasis n'existe pas.
Chez Eulo gia, la tache rose basilaire aux supérieures, se fond
en une teinte jaune clair, vers son extrémité, et la tache rose
s'étend assez loin pour qu’on puisse distinguer deux gros points
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 07
noirs, l’un cellulaire, l’autre infracellulaire. Les ailes inférieures
sont teintées de jaune tout près du corps, au lieu d’être, à cette
place, colorées en rose, comme chez Æzxlalia.
Je possède quatre C'; deux référables à Æzlalia, deux à Eu-
logia. Tous les quatre viennent de Manizales.
Actinote Dicæus, Latreille.
Initialement figurée avec le nom de Æeliconius Dicæus, sous
les n° 3 et 4 de la PL XLIT dans le Vol. II du Recueil d’Obser-
vations de Zoologie et d’ Anatomie comparée faites dans l'Océan
Atlantique, dans l’intérieur du Nouveau Continent, etc. par Al.
de Humboldt et À. Bonpland. Dans la description, imprimée
(loc. cit.), p. 130, Latreille semble indiquer que tous les exem-
plaires de son Æeliconius Dicæus ne sont pas ornés de la petite
ligne ou bande transverse et oblique d’un rouge carmin clair,
près du milieu des ailes antérieures, en dessus. Cependant l’exem-
plaire que fait représenter cet Auteur est assez largement pourvu
de cette bande.
Ma collection contient un C' de ceux qui furent rapportés par
AI de Humboldt et A. Bonpland. Ce papillon a été aplati dans
un livre comme les Ac/inote Neleus et Stratonice que ces illustres
voyageurs ont collectionnées en Amérique méridionale, durant
les années 1700, 1800, 1801, 1802 et 1803.
L’ouvrage descriptif auquel a collaboré Latreille a paru en
1833.
Quoi qu’il en soit, la papillon Dicœus que j'ai sous les yeux
est plus que centenaire.
L’étiquette sur papier vert, probablement écrite par Latreille,
est ainsi conçue : « Dice L' perou humb. » J'ai scrupuleusement
respecté, dans cette copie, la manière dont fut écrit le texte que
J'ai sous les yeux.
À l’épingle est fixée une seconde étiquette, calligraphiée,
celle-ci, par feu Buquet, qui fut trésorier de la Société entomo-
logique de France et qui, doué d’un certain talent calligraphique,
08 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
—
avait été prié par le D' Boisduval d’écrire les étiquettes pour sa
collection.
Cette seconde étiquette est ainsi libellée : Dice. Latr. in Humb.
Colombie.
Ainsi le même spécimen étiqueté : perou, par Latreille, est
réétiqueté Colombie par Boisduval. De plus, Latreille et Bois-
duval donnent le même nom Dice sur leurs étiquettes respectives,
alors que Latreille, à la page 130 du Recueil d’Observations, etc.
fait imprimer Dicée (nom français) et Dicæus (nom latin). C’est,
à mon sens, le seui nom Dicæus qui doit définitivement compter.
Le D° Karl Jordan a fait imprimer : Diceus, à la page 365,
dans l’ouvrage de Seitz.
Je possède la variété O' Sinefascia, Jordan, chez laquelle la
tache basale rose existe seule sur le dessus des ailes supérieures,
à l’exclusion de la bande discale.
La variété A/bofasciata, Jordan (PI 81; ©, ligne z) vient de
l’Equateur (Loja-Ambato), d’où j'ai reçu plus de 150 ©, et de
Sarayacü (Buckley), d’où j'ai aussi 2 G. Les variétés d’Ambato
sont nombreuses; tantôt la couleur rose est plus pâle, tantôt la
ligne noire qui sépare la partie rose est plus épaisse ou plus
étroite.
Je crois pouvoir rapporter à Dicæus et très près de la variété
Albofasciata, une variété Pallasia, différente de Al/bofasciata :
1° par la teinte rouge un peu orangée de la tache basilaire et de
la bande discale à l’aile supérieure, en dessus; 2° par l’élargis-
sement, en dessous, de la même tache basilaire et de la bande
discale rouge. De plus, la ligne noire, épaisse, séparatrice de la
tache basale et de la bande discale rouge, affecte une forme un
peu courbe, au lieu d’avoir la direction droite qu’on remarque
chez Albofasciata. Le reflet bleu indigo sur le milieu des infé-
rieures, en dessus, est assez accentué; le bord marginal restant
d’un noir mat.
La ligne séparative noire des deux taches rouges aux supé-
rieures peut disparaître; 1l ne reste plus qu’une grosse tache cellu-
laire noire, comme dans la sous-variété Pallasinia. Je fais figurer
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 00
Pallasia et Pallasinia dans le présent ouvrage. Pallasia et Palla-
sinia ont été capturées à Chachapoyas, par M. de Mathan.
La forme Rosaria, Weymer (S/übel-Reise, PI. III, fig. 2), a été
recueillie à Honda (Nouvelle-Grenade), en quelques exemplaires,
par M. de Mathan.
La Q que Je possède, référable à Dicæus, m’a été envoyée par
Fassl, comme provenant de Tolima (1.700 mètres), avec le nom
de Olge.
Actinote Amida, Hewitson.
Initialement figurée, en dessus seulement, sur la PL XXII,
dans Z'ransactions of the entomological Society of London, new
Series, Vol. II, 1852-1853, et décrite p. 245, comme venant de
New-Grenada. |
Le C'et la Q sont représentés sur la ligne # de la PI. 81, dans
l'ouvrage de Seitz. Je possède 3 O' et 1 ©, dont les provenances
sont étiquetées ainsi qu’il suit : Cet Q Bogota; 1 G' Venezuela;
MoNPéÉrou.
En dessous, la bande extracellulaire et la tache basale des
ailes supérieures du O' ne sont pas de la même couleur. La tache
basale est rouge, la bande extracellulaire est jaune.
Contrairement à l’opinion exprimée par le D' K. Jordan, je
ne considère pas la © Thcogonia, Weymer (S/äbel’s Reise in
Sud-Amertka, Taf. Il, fig. 13), comme la © Awida.
Actinote Thespias, Weymer.
La Q est figurée sous le n° 12 de la PI. II dans Szäbel, Reise
in Sud-Amerika. Je possède trois exemplaires provenant de
Merida (Venezuela).
Le G — ou supposé tel — est décrit par K. Jordan (Seitz,
p. 365), mais non figuré. Cette absence de figuration est très
regrettable. Je crois posséder le G'; mais, faute de figure, dans
un groupe où 1l est si difhcile de faire les identifications spéci-
i00 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
fiques et les réunions de sexes avec certitude, une bonne repré-
sentation coloriée de chaque unité serait tout à fait nécessaire.
Je fais figurer le papillon que je crois pouvoir référer comme ©
à Z'hespras ©. Il porte l’étiquette Bogota et se trouvait dans
l’ancienne collection Christ. Ward. Il a le fond des ailes, en
dessus, d’un noir profond avec un très faible reflet indigo. Le
dessous des inférieures est d’un brun mat très obscur.
Actinote Callianira, Geyer.
Le O' est figuré sous les n° 845 et 846 dans Zu/raege zur
Sammlung exotischer Schmetterlinge, von Carl Geyer, publié à
Augsburg, en 1837, comme Forsetzung des Huebner’ schen
Werkes.
Je possède 8 © de Huancabamba (Nord-Pérou) et de Chan-
chamayo.
Ce que Otto Staudinger représente comme Callianira
Huebner, sur la PI. 32, dans Æxotische Tagfalter (Fürth, 1888),
est A/bofasciata.
En ce qui concerne Eyuris, K. Jordan, décrite à la page 365
dans Seitz, non figurée, je pense qu’elle peut bien être considérée
comme une variété de Callianira, Geyer. J’en possède 3 exem-
plaires provenant de la Oroya, Rio Inamhari (S.-E. Pérou). Un
spécimen est figuré dans le présent ouvrage.
Quant à Szenia, K. Jordan, également décrite à la page 365
dans le même ouvrage de Seitz, je pense que je puis lui rapporter
8 d que J'ai reçus de Huambo et de Chachapoyas (Pérou). Je
fais représenter un des exemplaires que je considère comme réfé-
rables à Szenia.
Chez Stenia, la ligne noire qui, sur le dessous des ailes supé-
rieures, sépare la tache basilaire rouge de la bande discale jaune,
peut être complète et s'étendre du bord costal jusqu’au bord
interne, tout près de l’angle interne; ou bien elle peut être arrêtée
à la nervure médiane, comme dans l’exemplaire que je donne
pour modèle de figuration. L’abdomen de S/exza est entièrement
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE IOI
noir; celui de Ewris a une ligne rouge sur le milieu de l’abdomen,
en dessous.
Actinote Jucunda, Jordan.
Jerpossède 1 otde Bolivie et Crde Quito:
Le o' de l’Espèce a été décrit et figuré dans l’ouvrage de
Sets, (p.305 et 360,1. 8x, ligne Z.
Actinote Griseata, Butler.
Ma collection contient un seul G' provenant de Chanchamayo
(Pérou) et dont les ailes sont semblables à la Q figurée dans
l’ouvrage de Seitz, sur la ligne à de la PI. 81.
Otto Staudinger me l’avait vendu sous le nom de A/tferia,
Hopffer.
Actinote Comta, Jordan.
Figurée en dessus seulement, sur la ligne 4 de la PL 82 dans
l’ouvrage de Seitz et décrite à la page 366, par le D' Karl Jordan.
Je possède 3 © de Callanga, Prov. de Cuzco, au Pérou.
Les ailes inférieures, en dessous, sont d’un gris pâle avec les
nervures et les traits intranervuraux noirs; l’espace basilaire est
plus clair et la partie extracellulaire plus foncée.
La base des ailes supérieures, sur la face inférieure des ailes,
est d’un noir mat, profond.
Actinote Culoti, Obthr.
Ambato (Equateur).
J'ai fait figurer le C' sous le n° 3400 de la PI. CDVI, dans le
Vol. XII des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée.
Je ne connais pas en nature les Ac/inote Anaxo, Hopffer, non
figurée, Ailaris, Jordan, figurée, mais en dessus seulement sur la
102 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ligne a de la PI. 82, Amphilecta, Jordan, Desmiata, Jordan, non
figurées, seulement décrites aux pages 366 et 367 de l’ouvrage
de Seitz.
Actinote Eresia, Felder.
Figurée dans Vovara, sous les n° 4 et 5 de la PI XLVI.
J'ai reçu de Cochachamba, La Paz, en Bolivie, 3 d'et 1 Q de
la forme Æyesina, Hopffer, ë7 Seitz, PI 82, ligne c; j'ai obtenu
d’Ambato, en Equateur, 4 G'et 8 Q de la forme ZLep/ogrammma,
Jordan, z# Seitz, PI. 82, ligne c. La © est seulement plus grande
que le C. Autrement, les deux sexes sont semblables, comme chez
Culoti.
Actinote Lacrymosa, Obthr.
Caucar
Ressemble beaucoup pour ses ailes inférieures, en dessous, à
Actinote Eresia. En dessus, les taches qui sont semées sur le fond
noir des ailes, sont d’un jaune nankin clair. Aux supérieures, les
taches en question, au lieu d’être plus ou moins confluentes, sont,
chacune, encore plus séparées que dans ÆZ7esia ; les ailes infé-
rieures sont plus noircissantes.
Actinote Laverna, Doubleday.
Figurée sous le n° 4 de la PI XVIII, dans 7 ke Genera of
Diurnal Lepidoptera, by Edward Doubleday et John West-
wood, 1llustrated by William C. Hewitson. Ce bel ouvrage fut
publié à Londres, de 1846 à 1850; le premier volume où se
trouvent les Acræide, fut l’œuvre de Edouard Doubleday.
La figure de Zaverna donnée sur la ligne e de la PI. 82, dans
l’ouvrage de Seitz, ne semble pas présenter une idée exacte de
lÆspèce
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103
En effet, chez Laverna, qui vient de Venezuela, la couleur
jaune, sur les ailes supérieures et les ailes inférieures, en dessus,
n’est pas uniforme. Malgré cela, la figure en chromolithographie
publiée sur la PL 82, ci-dessus relatée, donne une même colora-
tion rouge orange sur les taches basilaire et extracellulaire de
l’aile supérieure et sur l’aire médiane des ailes inférieures, en
dessus, seul côté des ailes dont Seitz nous donne la représen-
tation.
En réalité, si la teinte de la tache basilaire est d’un rouge
orange, la couleur de la tache extracellulaire est plus claire.
D'ailleurs la figure publiée dans 7'ke Genera of Diurnal Lepi-
doptera rend bien la physionomie de l’Ac#inote Laverna.
Je puis apprécier ce qu’est exactement Zaverna par le moyen
de trois échantillons, 2 G' et 1 Q, que contenait la collection
Boisduval. Je suis porté à croire que ces trois échantillons sont
contemporains de celui qui a servi de type à Doubleday et qui
a été reproduit par Hewitson.
Le D' Boisduval était l’ami des trois collaborateurs dont,
plus haut, j'ai rappelé les noms : Ed. Doubleday, Westwood et
Hewitson. Le savant Entomologiste français s’intéressait vive-
ment à la publication du Genera of Diurnal Lepidoptera. X] avait
prêté plusieurs papillons précieux, afin qu’ils fussent figurés dans
l’ouvrage. De plus une participation commune aux mêmes envois
se produisait assez souvent.
En ce qui concerne Laverna, les spécimens de la collection
Boisduval, à cause des étiquettes anciennes, des épingles et de
la façon dont les ailes se trouvent étendues, indiquent une pro-
venance probablement anglaise. [1 est permis, sans invraisem-
blance, de les attribuer à la même source d’où était issu le spe-
cimen typicum de Edward Doubleday.
L’'Actinote Laverna G' n’a pas été figurée en dessous; la Q
n’a Jamais été représentée.
Le groupe d’Espèces auquel appartient Zaverna contient plu-
sieurs formes distinctes entre elles, mais dont les différences ne
peuvent ressortir qu’au moyen d’une excellente figuration. Cette
104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
considération me porte à faire représenter, en dessus et en
dessous, les deux sexes d’Ac/inote Laverna, d'autant plus que,
sur la ligne e de la PI. 82, la figure donnée par Seitz, — outre
qu’elle est incomplète, puisqu'elle ne comprend pas le dessous
des ailes, — est, ainsi que Je l’ai exposé ci-dessus, très défectueuse
comme coloration.
Actinote Euclia, Dognin.
Au temps où M. Dognin travaillait utilement pour le progrès
de la Science entomologique et estimait que la publication
d’excellentes figures est nécessaire pour assurer la connaissance
exacte des Espèces de Lépidoptères nouvellement décrites, cet
Entomologiste faisait paraître, relativement à :a faune lépidop-
térologique de Loja (Equateur), un ouvrage illustré qui méritera
toujours l’estime et la reconnaissance publiques.
Dans la première livraison (Paris, 1887), M. Dognin donne,
sous le n° 3 de la PI. I, une figure coloriée, très bien reproduite,
de l’Acrea Exuclia.
De cette figure, 1l appert que les Ac#inote décrites avec les
noms de Zypsipetes, Catochæera et Bulis par le D' K. Jordan et
figurées, — malheureusement en dessus seulement, — sur la
ligne e de la PI. 82, peuvent être envisagées comme des races
locales d’ÆEuclia.
Leontine, Weymer, figurée sous le n° 4 de la PL III, dans
Stübel Reise in Sud-America, est vraisemblablement l’une des
formes Q de quelqu’une des formes dont les noms sont rapportés
ci-dessus.
Ma collection contient 2 G' de Quito et 1 Œ du Pérou aussi bien
référables à Ca/ochæra qu’à Bulis. Ils diffèrent seulement de
Euclia, Dognin, parce que la bande orangée extracellulaire n’est
pas aussi large.
Je crois qu’une Espèce (ou Race locale?), très voisine d’ÆEuc/a,
est celle que j'ai appelée Avuncula; en dessus, elle ressemble
beaucoup à Bulis, Catochæra et même ÆEuclia; mais, en dessous,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 105
elle est bien distincte par ses ailes inférieures d’un brun rouge
uni, Simplement traversé par les nervures noires et par les traits
intranervuraux également noirs.
Je possède 2 O' envoyés de Chachapoyas par Marc de Mathan.
Actinote MenϾtes, Obthr.
Ma collection contient 2 ' bien semblables entre eux, prove-
nant de l’Equateur (Ambato).
Menaætes diffère de Euclia, en dessus, par la couleur jaune très
pâle des ailes inférieures et de la tache extracellulaire des supé-
rieures, la tache basale restant un peu plus rougeûtre. On dis-
tingue un gros trait cellulaire noir. Le fond des ailes est d’un
noir profond; la séparation noire, entre les deux taches jaunes
des supérieures, est épaisse. Le dessous des ailes ressemble beau-
coup, mais en plus pâle, à Euclia, Bulis, etc.
La tête, le corps, les pattes sont d’un noir profond.
Actinote Momina, Jordan,
et Actinote Demonica, Hopffer.
Les deux Espèces se ressemblent parfaitement en dessus. La
distinction en parait difficile à saisir d’après les observations
imprimées dans Seitz, p. 368. Je crois comprendre, sans en être
bien sûr, que c’est en dessous qu’elles diffèrent.
En effet, l’une : Momina, aurait le ground colour du dessous
entièrement rougeâtre, avec une éclaircie sur l’espace cellulaire
des inférieures; l’autre : Demonica, aurait la tache extracellu-
laire des supérieures jaune clair et l’éclaircie médiane des infé-
rieures plus prononcée ?
Il est très regrettable que Seitz n’ait pas publié la figure du
dessous des ailes et se soit borné à représenter sur les lignes à
et e de la PI. 82 le dessus des ailes qui est tout à fait le même
chez Momina et Demonica.
106 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Je tâche de combler la lacune en faisant figurer non seulement
le dessus, mais aussi le dessous des ailes des deux Aczinote, si
voisines l’une de l’autre. J'ajoute la figuration d’une forme rouge
de la Q Demonica, très différente des formes © représentées
dans l’ouvrage de Seitz; c’est sans doute la forme Awrantia,
Jordan (42 Seitz, p. 368), dont la figure a été omise.
Mes exemplaires de la supposée Momina proviennent des loca-
lités suivantes : Chanchamayo, Callanga (Prov. Cuzco), au Pérou;
Cochabamba, La Paz, en Bolivie.
Mes exemplaires de Demonica sont étiquetés comme suit
Huambo, Tambillo, Moyobamba, Chachapoyas, au Pérou; Rio
Tanampayo, en Bolivie.
Actinote Moyobambæ, Obthr.
Décrite d’après un O' pris à Moyobamba, par M. de Mathan.
En dessus, fond des ailes brun noir: bordure brune des infé-
rieures très large; une barre noire traverse la cellule des supé-
rieures; la base des supérieures et le disque des inférieures est
rouge orange; la tache extracellulaire des supérieures est étroite,
de forme un peu sinueuse, de couleur ocre jaune. Aux inférieures,
une ombre brune courbe passe à l’extrémité de l’espace cellulaire.
Le dessous des supérieures reproduit le dessus, en plus pâle.
Dessous des inférieures à peu près comme chez Æwclia, Bulis,
Catochera.
Actinote Rufina, Obthr.
J'ai un S de Cochabamba, un C de Baños-Canelos (Equateur),
une © d’Ambato.
Ces trois spécimens sont de taille relativement assez grande;
le d mesure 5 centimètres et la Q 6 centimètres, depuis l’apex
gauche jusqu’à l’apex droit. Le fond des ailes est ocre rouge
avec un trait noir cellulaire et un entourage brun noirâtre, de
moyenne largeur pour les quatre ailes. La barre noire qui sépare
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 107
la tache basale de l’extracellulaire, aux supérieures, est assez
épaisse. La Q a la base et le milieu des supérieures presque
hyalin; de plus, la teinte ocre rouge des supérieures est plus pâle.
Le dessous du d est comme le dessus, mais avec la coloration
atténuée. Le dessous de la Q a un aspect huileux vitreux et
semble dans certaines parties dépourvu d’écailles.
Actinote Anteas, Doubleday.
Je déclare ne pas connaître la véritable Ac/inote Anteas dont
les ailes supérieures, en dessus, sont ornées de taches d’une cou-
leur jaune primevère, ainsi que cela est représenté sous le n° 5
de la PI. XVIII, dans 7 Le Genera of Diurnal Lepidoptera. Le
D" K. Jordan ne connaît pas plus que moi la forme figurée par
Doubleday, car le papillon qu’il appelle Ay/eas et qu'il fait
représenter sur l’espace d de la PI. 83, dans l’ouvrage de Seitz,
montre des taches colorées en fauve très pâle et nullement en
jaune primevère.
Je possède des exemplaires semblables à A/eas, selon Jordan;
mais, Je le répète, Je n’ai Jamais rien vu de pareil à la forme
représentée par Doubleday.
Ici, se pose la question suivante : Est-ce que la coloration
donnée sur la PI XVIII du Genera of Diurnal Lepidoptera est
exacte ?
À mon avis, la réponse doit être affirmative; les planches, dans
le Genera, ayant été dessinées et coloriées avec le soin le plus
consciencieux.
L’Acfinote Ânteas provient de Venezuela et, d’après le texte
du Genera, existait dans la collection du British Museum. Si
l’exemplaire type y existe encore, on peut se rendre compte de
la coloration réelle, à moins cependant que le temps, dont l’action
est fatale, n’en ait modifié la teinte si fraîche et si délicate. Mais
ne perdons pas de vue ceci : Tous les papillons que nous connais-
sons et qui sont figurés dans le Genera, y sont parfaitement
reproduits. Ad omnibus disce unum.
108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Feu Otto Staudinger, dans Æxotische Tagfalter, représente
Anteas conforme à la figure donnée par Seitz, c’est-à-dire tout
autrement que dans l’ouvrage de Doubleday. D'ailleurs Stau-
dinger a soin d’avertir qu’il ne possède pas le livre de Dou-
bleday, « ... aber das Doubleday-Hewitson’sche Werk, worin
Anteas algebildet ist, habe ich leider im Augenblicke nicht ber
der Hand ».
Dans Biologia Centrali-Americana, V' Acræa Anteas Q (non ©)
est représenté sous le n° 1 de la PI. 16, avec une coloration d’un
ferrugineux très pâle, mais non jaune primevère, pour les macules
des ailes supérieures, en dessus.
Cela est une nouvelle preuve que la véritable Ac/inote Anteas,
Doubleday, n’est présentement connue de personne. Sans doute
elle est localisée dans quelque contrée du Venezuela où elle n’a
pas été recherchée depuis sa découverte ?
Le D' Karl Jordan cite trois for». nov. voisines d’Anfeas,
savoir : Æolochroa, Ochrotænia, Straminosa; 11 les décrit assez
sommairement, mais 1] ne les figure point.
De même, en révisant les Ac/inote du groupe de 7'kalia, Linné,
qui est l’Espèce la plus anciennement connue de tout le Genre
et qui a été figurée sous le n° 53 de la PI. 43, par Charles Clerck,
à Stockholm, en 1750, dans /cones Insectorum rariorum cum
nominibus eorum trivialibus locisque e C. Linnei Arch. R. et Equ.
Aur. Syst. Nat. allegatis, le D' Karl Jordan nomme pour la pre-
mière fois, sans les figurer, une foule de subspecies et form. nov.
dont la plupart ne se trouvent pas représentées sur les Planches
de l’ouvrage de Seitz.
Pourtant, c’est surtout dans ces groupes où les diffèrences spé-
cifiques sont peu apparentes, quoique semblant certaines, et où la
distinction entre chaque Species, Subspecies, Forma, est souvent
difficile à saisir exactement, surtout au moyen d’une description
assez sommaire, que les bonnes figures sont le plus nécessaires.
Du reste le D' K. Jordan n’ignore point les difficultés du
sujet qu’il traite; je ne puis mieux faire que de mettre sous les
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 100
yeux du Lecteur les observations, d’ailleurs très judicieuses,
écrites par l’Auteur et imprimées à la page 370 de l’édition fran-
çaise : Les Macrolépidoptères du Globe.
Voici le morceau en question
« L'étude des Ac/inote du groupe 7'Lalia qui vivent dans les
Andes, tant qu’elles n’appartiennent pas aux espèces précédentes,
présente de telles difhcultés que nous ne sommes pas arrivés à
des résultats satisfaisants. D’après mon matériel, 1l vole dans
plusieurs districts 3 ou 4 formes indépendantes les unes des
autres, c’est-à-dire différentes au point de vue spécifique, mais
dont les différences avec les particularités d'exemplaires d’autres
districts sont si minimes, qu'il est actuellement impossible de
donner une diagnose précise de ces espèces. Plusieurs formes sont
assez constantes en couleur; d’autres au contraire varient mani1-
festement du rouge orange au gris Jaune pâle; le dessin, l’écail-
lure, la forme des ailes, les parties génitales et la nervation
n’offrent aucune particularité tranchée, d’après laquelle on
pourrait réunir en espèces des exemplaires provenant de contrées
différentes.
Vis-à-vis de telles circonstances, il nous paraît indiqué de ne
désigner pour le moment que les formes facilement reconnais-
sables et de considérer les autres comme des variations pro-
bables jusqu’à ce que par des recherches ultérieures sur un
matériel plus riche et à la suite de résultats plus précis, fournis
par les élevages, nous ayons des données plus exactes sur ces
formes douteuses. Considérant que les chrysalides dont Je pos-
sède deux formes andiniques, ont de courtes épines, tandis que
les chrysalides d’une forme brésilienne appartenant à À. pellenea
et venant de la Bolivie orientale, ont de longues épines, Je consi-
dère les formes andiniques comme À. eqguatoria et celles qui volent
dans les régions qui s'étendent de l’est des Andes jusqu’à
l'Atlantique et du côté du nord jusqu’à la côte nord du Vene-
zuela, comme À. pellenea. Cette division purement géographique
sera certainement reconnue fausse, cax plusieurs formes andi-
niques appartiennent à À. pellenea; mais elle a l'avantage, pour
8
110 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
_
nos connaissances actuelles encore imparfaites, de pouvoir rela-
tivement facilement trouver les noms d’exemplaires dont le lieu
de capture serait erroné. »
Le D' K. Jordan ne se fait point d’illusion sur la satisfaction
que peut donner son ouvrage. « Nous ne sommes pas arrivés à
des résultats satisfaisants », dit-1l; de plus, la division géogra-
phique qu’il adopte faute de mieux, sera, —— toujours d’après
lui, — reconnue fausse.
Alors, quelle utilité peuvent avoir les descriptions sans figures
et quel cas pouvons-nous en faire raisonnablement ? On dirait
que voulant imiter Dédaie, fils d’'Hymétion, constructeur du
fameux Labyrinthe, le D' K. Jordan a voulu édifer, à l’intention
des Entomologistes, une indéchiffrable énigme, puisqu'il nous a
refusé les figures qui auraient été pour nous le peloton de fil
lhibérateur. Moins heureux que Thésée, nous n’avons pas trouvé
notre Ariane.
Dans cette circonstance, quel parti prendre ?
Je n'hésite pas un instant; je considère comme nuls et non
avenus tous les noms que n’éclaire pas une figure et, sans me
flatter de résoudre toutes les difficultés que le D’ Karl Jordan
a ressenties et que Je n’ignore point, je me ferai un devoir, au
moyen de bonnes figures qui seront l’œuvre de mon digne ami,
le Maître J. Culot, de mettre tous les Entomologistes à même de
connaître à quoi s'appliquent les dénominations que je donne
aux Ac/inote non encore figurées jusqu’à ce Jour.
Les descriptions sans figure, c’est l’œuvre de l’Erèbe, fils du
Chaos et de la Nuit; les descriptions avec bonnes figures, c’est
au contraire le produit de l’intervention de l’Aurore qui ouvre
les portes du Jour.
Encore une fois, je me demande à quel mobile le D' Karl
Jordan a bien pu obéir, en s’abstenant de figurer un si grand
nombre de nouvelles formes auxquelles 1l donnait pourtant des
noms.
A-t-1l voulu fabriquer des types à ajouter à tous les autres
et obliger les Entomologistes, avides de vérité, à franchir la mer,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 5
— abstraction faite des submersibles, des torpilles et des mines,
— et à entreprendre, avec leur collection de papillons ‘dans leurs
bagages, le pèlerinage vers le Bois sacré au milieu duquel est
bâti le Temple qui renferme les précieux types ?
Le fruit du voyage, me dira-t-on, ce serait sans doute l’obten-
tion de la détermination cherchée, grâce à la comparaison faite
sur place des specimina determinanda aux specimina ty pica.
Cependant est-il admissible qu’une pareille dépense, sans
parler de la perte de temps, soit imposée à chacun, en particulier,
pour prix de la vérité ?
Mes contradicteurs qui, pour protester contre l’adage : « Pas
de bonne figure à l'appui d'une description, pas de nom valable »,
invoquent les frais élevés que coûte l’exécution de bonnes figures,
seraient bien aimables d’envisager cet autre côté de la question
financière que je prends la liberté de signaler à leurs méditations.
Tout de même :l est, au sens général, plus économique de
publier une bonne figure qui n’est pas unique comme le /yprcum
specimen et qui survit plus sûrement à la destruction, presque
inévitable par l’action du Temps, des specimina typica.
Avec la bonne figure publiée dans un livre, les Entomologistes
désireux d’obtenir une détermination exacte, sont dispensés
d’un long et onéreux déplacement.
Lorsque le Professeur-Docteur Adalbert Seitz lança le muri-
fique Prospectus relaté plus haut, il avait senti cette gêne que Je
signale, sans me fatiguer, car la vérité doit toujours être rappelée
à ceux qui, obstinément et de parti pris, se refusent à la recon-
naître.
Ledit Professeur-Docteur semblait animé d'excellentes inten-
tions. On dit d’ailleurs que l’enfer en est pavé. Mais on dit aussi
qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et qu’il parait plus aisé de
promettre que de tenir.
Ceci étant posé, je vais tâcher de travailler sans laisser en
arrière le moindre rideau d'ombre. Une fois de plus, je déclare
que je considère définitivement comme valables les seuls noms
112 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
attribués à des Lépidoptères qui ont été figurés avec une per-
fection suffisante. Les descriptions sans figure constituant une
obstruction attentatoire au progrès de la Science, 1l n’y a pas
à en tenir compte.
Voici donc les Species, Subspecies où Forme d’Actinote dont
je crois devoir publier la figuration, parce qu’il me semble que
la figure n’en a pas encore été reproduite Jusqu’ici, au moins
d’une façon suffisante
Actinote Morio, Cbthr.
Caraça (Brésil); j'ai reçu de P. Germain (2° semestre 1884)
1 d'et1 Q.Il y avait un O' dans la collection Boisduval.
Assez grande Espèce; le G' mesurant 5 à 6 centimètres et la Q
près de 7 centimètres, d’un apex à l’autre; fond des ailes brun
noir en dessus; aux supérieures, l’espace basilhaire et inférieur
à la nervure médiane, a les écailles moins denses, de sorte que
l’aspect est un peu hyaln et brillant par opposition au reste des
ailes qui est mat. Dans la cellule, 1l y a d’abord un espace clair,
puis une tache formée de quelques atomes jaunâtres, près de
l'extrémité. La tache extracellulaire est composée de quatre taches
d’un jaune nankin, séparées entre elles par les nervures noires.
Sur les inférieures, on distingue par transparence les traits intra-
nervuraux du dessous des ailes. En dessus, la tête, le corps et
l’abdomen sont tout noirs.
Le dessous des ailes supérieures est plus pale qu’en dessus et
montre les mêmes taches; le dessous des inférieures est d’un
jaune d’ocre clair, traversé par les nervures noires et les traits
intranervuraux, également noirs.
Le dessous de l’abdomen est jaune pâle; deux lignes latérales
noires, partant de la base du thorax, se réunissent au point anal
qui est noir et pourvu d’un appareil corné, en forme de V.
Il y a deux taches thoraciques jaunes, entre les pattes; les
palpes sont noirs, aimsi que les antennes.
PA
4
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 11
[2]
Actinote Lorida, Obthr.
Décrite d’après un Œ de la collection Boisduval; l'étiquette
porte : Amérique méridionale.
Envergure : 5 centimètres; en dessus, fond des ailes brun noir;
le disque des inférieures orange; toutes les taches ordinaires des
supérieures hyalines, sauf vers la base, au-dessous de la nervure
médiane où l’on voit un semis d’atomes d’une couleur orangée.
La cellule est traversée, dans son milieu, par un gros trait noir.
Le dessous reproduit le dessus, mais les ailes inférieures sont
traversées, du bord costal vers le bord anal, par une bande coudée
assez développée.
Actinote Hahneli, Stoer.
Provient de Merida (Venezuela) où l’avait prise le chasseur
Hahnel, originaire, Je crois, de Sagan, et qui récoita pour moi
d’abord à San Esteban (Venezuela); puis pour Otto Staudinger,
notamment dans la région amazonienne.
Hahnel était un Entomologiste très habile. Feu Staudinger me
vendit, avec le nom de Æaneli, un exemplaire d’A c/inote que
je fais figurer, pour assurer ce nom qui a été conservé par le
DAKarljordan-(Seitz p.370):
Je fais représenter, avec le nom de Merideæ, une variété ou
peut-être Aberration de A c/inote Hahneli, capturée également à
Merida. La bande médiane, transverse, aux ailes inférieures, et
la disposition des taches subbasilaires, jaunes, sur le dessus des
supérieures, sont un peu différentes.
Actinote Auloeda, Obthr.
Je possède trois exemplaires pris par E. Gounelle, en 1803,
dans l’Etat de Pernambuco, à un lieu dit : Serra de Communaty.
L’Actinote Auloeda est remarquable par l'extension de la
teinte orangée sur la base des supérieures et la surface des infé-
rieures, en dessus. La bordure noire des ailes inférieures est très
114 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
étroite, très dentelée intérieurement ; les nervures ne sont pas
accusées en noir; Awloeda est, dans son ensemble, une forme très
peu mélanisante en dessus.
En dessous, le fond des ailes est d’un fauve orangé pâle; les
inférieures sont traversées, dans leur milieu, par une ligne brisée
peu accentuée.
Le dessous de l’abdomen et notamment la petite poche anale
sont de couleur jaune.
J'aborde le côté plus critique et plus difficile de la question.
Je me trouve en face d’une série d’Espèces (ou Formes ?) aux-
quelles convient une même description, mais qui paraissent être
distinctes entre elles. D'ailleurs je les classe par localités, et, afin
de commettre le moins d’erreurs possible, je laisse de côté toutes
les unités chez lesquelles je ne dispose pas authentiquement des
deux sexes, c’est-à-dire du O' et de la ©, émanant du même
envoi et récoltés ensemble au même lieu. Je m’entoure donc de
toutes les garanties au moyen desquelles je désire éviter les
faux pas.
Mon but est de donner quelques points de repère bien certains,
grace à une figuration qui montre exactement et complètement
chaque Espèce (ou Forme ?) sous son aspect véritable, de façon
à les rendre toutes reconnaissables, surtout si l’on a devant soi
des individus d’une provenance identique à ceux que je fais
représenter et dont j’indique minutieusement l’origine dans cet
ouvrage.
Il est souvent difficile de réunir bien sûrement les deux sexes
dans les nombreuses Espèces et Formes du Genre Actinote. Je
crois qu’il faut se garder d’apparier des et des Q de prove-
nance différente, même peu éloignée. Je présente donc le matériel
qui doit servir de modèle à la figuration, comme suit
Actinote Brettia, Obthr.
Manizales, reçu de A. M. Patino; Voyage de Bogota à Buena-
ventura, récolté par Otto Thieme, depuis le 14 décembre 1877
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 115
au 22 février 1878; Cauca, Juntas, colligé par M. de Mathan, fin
de l’année 1807 et commencement de 1898; en tout 25 d'et I Q.
L’Actinote Brettia varie un peu pour la taille; elle est remar-
quable par la forme allongée de ses ailes antérieures, le dévelop-
pement, dans le sens de la longueur, des taches basilaires qui, en
dessous, se relient fréquemment, aussi bien près du bord costal
que du bord interne, à la tache maculaire extracellulaire. La poi-
trine est marquée, entre les pattes, de deux points Jaunes ; le
dessous de l’abdomen a le milieu jaune entre deux lignes latérales
noires, le reste étant d’un blanc jJaunâtre, sauf sur la face dorsale
qui est noire. La couleur tire, — un peu plus ou moins, — vers
l’orange.
L’Actinote Brettia ressemble à Crucis, Jordan, 2x Seitz (PI. 83,
ligne c); mais la forme est différente; comme il est dit plus haut,
les ailes supérieures sont sensiblement plus allongées. Tous les
exemplaires que J'ai sous les yeux sont bien conformes entre eux
dans leurs caractères essentiels. Les nervures noires sont assez
épaisses. Je fais représenter 2 O' et 1 Q.
Le papillon figuré par Otto Staudinger, dans Æ£xotsche Tag-
falter, sur la PI. 32, comme O' d’Acræa Anteas, Dbd. et qui paraît
une ©, ressemble à la © de Acfinote Brettia, Obthr. Mais
l’'Anteas, selon Staudinger, n’est pas l’Au’eas, selon Doubleday,
ainsi que Je l’ai exposé plus haut, n1 l’Anfeas, selon Godman et
Salvin (Biolog. Centr. Americ., Tab. 16, fig. 1). Cette dernière
forme (ou peut-être Espèce spéciale ?) se trouve dans l’ Amérique
centrale. Je la possède, conforme à la figure précitée, venant de
S. Pedro Sula (Honduras).
Actinote Byssa, Obthr.
Merida et Caracas (Venezuela).
Feu Otto Thieme a recueilli cette Ac/inote, en mai et juin
1877. Ma collection contient 11 exemplaires.
’Actinote Byssa, très voisine de Anteas, est assez grande.
Les ailes inférieures et la base des supérieures, en dessus, sont
110 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
colorées en orangé assez vif et la tache extracellulaire est grosse
et Jaune pâle; la bordure noire des inférieures est large. En
dessous, les ailes inférieures, sauf à l’espace basilaire qui reste
clair, sont jusqu’au bord terminal salies d’une ombre brune.
Je fais représenter un O' et une Oside Merida.
Actinote Lolia, Obthr.
Cochabamba, Vungas del Espiritu Santo, en Bolivie; 2 GO
reçus de P. Germain, en 1880.
IT y avait un exemplaire semblable et originaire de Bolivie,
dans la collection Boisduval, avec le nom de Zolia (in Musæo)
que J'ai conservé.
Je fais représenter les 2 O' de Cochabamba.
Lolia ressemble aussi à Crucis, Jordan; mais la bordure noire
des ailes inférieures, chez ZLolia, est faiblement indiquée, tandis
qu’elle est épaisse chez Crucis. Le fond des ailes est orange pâle;
la bande noirâtre qui sépare, aux ailes supérieures, en dessus, là
tache basilaire orangée de la tache extracellulaire, de même cou-
leur, est étroite.
En dessous, la surface des ailes inférieures est d’un Jaune très
clair, ainsi que la tache extracellulaire des supérieures. L'ombre
extracellulaire, qui forme un angle saillant aux inférieures, est
bien indiquée.
Les côtés de la poitrine sont un peu ponctués de jaunàtre;
l’abdomen est blanc jaunâtre, en dessous, mélangé de noir; sa
face dorsale est noire.
Actinote Brylla, Obthr.
Santo Antonio dos Brotos, Districto de San Fidelis, Prov.
Rio de Janeiro; reçu de Auguste Vincent (de von), qui séjourna
au Brésil depuis 1876 à 1882.
Je fais figurer un et une ©, celle-ci sans doute obtenue
d’éclosion; car, à l’épingle de cette Q est fixée, sur une tige de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 1007
plante, la chrysalide blanche, rayée de noir avec de longues épines
noires, d’où est sorti le papillon.
L’Actinote Brylla est du groupe de Pellenea, Huebner, dont
elle diffère surtout par le rembrunissement uniforme de la sur-
face des ailes inférieures, en dessous.
Hucbner a figuré 2 O' en dessus et en dessous.
Les ailes inférieures de Pellenea, Huebner, sont d’une couleur
orangée, traversées par un chevron extracellulaire, allant du bord
costal au bord anal, assez prononcé, mais net et bien séparé de
la couleur du fond. Au contraire, chez Brylla &, l’aile inférieure
est entièrement brune, sans présenter le chevron angulaire plus
foncé, mais avec une éclaircie extracellulaire, approchant tout
près du bord costal et qui manque chez Pellenca.
‘fa Drest beaucoup plus grande; en dessous, elle est très pale;
il faut regarder le papillon sous un certain jour, pour distinguer
l’éclaircie costale des ailes inférieures. On aperçoit une trace
brune, très fine, du chevron extracellulaire.
Il est possible que B7ylla soit une variété de Pelleneu.
Actinote Bubona, Obthr.
S. Antonio de Barra, dans la province de Bahia, au Brésil,
d’où Ch. Pujol m’a envoyé une série d'exemplaires C' et Q.
L’Actinote Bubona est une grande Espèce.
Le O', en dessus, ressemble à Carycina, Jordan (4x Seitz, PI. 83,
ligne à); mais les taches basilaires sont bien plus développées,
c'est-a-dire simplement séparées par les nervures noires qui ne
sont pas démesurément grosses. Chez Carycina, la partie basi-
laire jaune forme quatre taches, très séparées par l’envahissement
du fond noir.
Le dessous des ailes est clair; on voit sur les ailes inférieures
une trace de chevron brun, extracellulaire, et une tache plus pâle,
sur le côté extérieur de ce chevron, près du bord costal dont elle
est séparée par la nervure noire.
118 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Je fais figurer, avec le C, deux formes de ©, l’une qui est plus
obscure en dessus, et l’autre qui est plus pâle. En dessous, elles
sont très analogues.
L’Ac/inote Bubona est très voisine de Brylla; mais les couleurs
de Bubona, en dessus, sont plus vives et le dessous des ailes est
plus clair chez Bzbona.
Actinote Brychia, Obthr.
Nouvelle-Grenade, Rio Magdalena à Bogota (Otto Thieme,
août et septembre 1877.
Le c, uniformément orange, ressemble à B7ylla, mais est plus
petit. En dessous, les ailes inférieures sont très différentes; tandis
que chez Brylla, la surface est presque entièrement brune, avec
une seule tache plus claire, extracellulaire, voisine du bord costal,
comme 1l est dit plus haut, dans la description, chez Brycia, la
surface des ailes inférieures est orangée avec le bord marginal
brun. La ligne coudée, en chevron, extracellulaire, allant du bord
costal vers le bord anal, est sinueuse, assez fine et nette.
Le dessous des ailes inférieures de Bryclua serait plus voisin
de celui de Buhona; mais la forme des ailes et la teinte du dessus
des ailes diffèrent. Chez Brychia d, les nervures des aïles infé-
rieures sont très fines, ainsi que les traits imtranervuraux.
En dessus, la Q Brychia a les taches des ailes supérieures
Jaune pâle, tandis que la surface des inférieures est orangée.
Ma collection contient 8 gf et 3 Q.
Actinote Byzas, Obthr.
Venezuela; Caracas (Otto Thieme, mai, juin 1877); et S. Fer-
nando Apure (Laglaize, 1806).
Petite Espèce, caractérisée, en dessus, par la ligne noire, coudée
en chevron, descendant du bord costal au bord anal des infé-
rieures, et par la tache extracellulaire d’un jaune plus pâle que
la tache basilaire et la surface des inférieures.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 119
Le dessous des ailes est très remarquable; l’ombre brune qui
représente la ligne coudée en chevron du dessus, est épaisse et
entre deux parties claires, celle de la base et une bande qui la
sépare du bord terminal, lequel est brun.
Jémossede unetsenende 15: ohet31 01e fais figurer 10. et
“Uas
Je désigne sous le nom de /#sularis une variété prise à l’île de
Trinidad, en décembre 1911, par Miss Marg. Fountaine. J'en fais
représenter une paire. Dans cette variété /zsularis, la bande jaune
clair, extracellulaire, se prolonge jusqu’à l’angle interne.
Actinote Brauronia, Obthr.
Venezuela; Merida.
Il y a en Venezuela une autre Espèce d’Ac/inote plus grande
et plus forte que Bysas. Le C de Brauronia a les ailes supérieures,
en dessus, quelquefois uniformément d’un jaune clair, d’autres
fois la base des ailes est orangée; les taches basilaires sont
séparées par des traits nervuraux, noirs, épais.
J'ai sous les yeux 7 G'et 2 Q de Merida; ils sont certainement
différents des 13 d' et 3 Q de Caracas et S. Fernando Apure.
Une même description leur convient ; mais Bysas est frêle autant
que Brauronia paraît robuste. Le fond noir des ailes est très vif
et opaque chez Brauronia S'; chez By3as, le fond brun des ailes,
sans être transparent, est cependant bien moins densément coloré.
Je crois que Byzas et Brauronia, dont je fais figurer 1 et
1 ©, sont spécifiquement distincts.
La ©, chez Brauronia, ressemble à la © Bubona, mais la forme
des ailes est beaucoup plus élancée.
Actinote Zaratensis, Obthr.
J'aireçu 3 paires de Zarate (Rép. Argentine) en 1881.
Le d est de teinte pâle et comme effacée, en dessus. Le fond
brun noir est relativement clair; les taches extracellulaires jaune
120 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
paille ressortent bien distinctement; mais les taches basilaires
des supérieures et la coloration orangée du milieu des ailes infé-
ricures se distinguent moins nettement de la couleur brune enve-
loppante que dans les autres Espèces.
En dessous, les ailes inférieures sont brun clair avec une
éclaircie transversale extracellulaire formant un angle ou che-
vron, depuis le bord costal jusque vers le bord anal.
La ©, de forme plus allongée, est, en dessus, d’un jaune
nankin très pale, se différenciant mieux que chez le Œ du fond
brun noir, bien que la teinte n’en soit pas très foncée. Les ailes
inférieures, en dessus, sont traversées par un chevron extracellu-
laire, brun noir, net, pas très épais. Le dessous est plus clair que
le dessus. Les côtés de la poitrine sont bi-ponctués de blanc
jaunatre.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I21
EXPLICAMIONNDES PLANCHES
PLANCHE CDI
GENRE ACTINOTE.
N°8 3849. MATHANI ©, Obthr.
Chachapoyas (Pérou); texte, p. 85.
3850. NELEUS Q, Latr.
De Bogota à Buenaventura (Nouvelle-Grenade) ; texte, p. 86.
3851. CYANEA O', Jordan.
Manizales (Nouvelie-Grenade) ; texte, p. 87, 88.
3852. ALCIONE ©, Hewitson.
Ambato (Equateur); texte, p. 80.
3853. ALCIONE ©, Hewitson.
Ambato.
PPANCAPICDEXIN
GENRE ACTINOTE.
N° 3854. CORDUBA ©, Hewitson.
FarPaz (Bolivie) "texte, p. 00.
3855. EREBIA ©, Obthr.
Chachapoyas (Pérou); texte, p. 9o.
3856. INCARUM C', Obthr.
Chanchamayo (Pérou) ; texte, p. 91.
3857. LÆTA O', Obthr.
Ambato (Equateur); texte, p. 93, 94.
3858. LÆTA ©, Obthr.
Baños (Equateur).
N°s 3859.
3860.
3861.
38062.
3863.
7
<
3865.
3866.
3804.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PEANCHELCDIEXN
GENRE ACTINOTE.
TENEBRARUM O', Obthr.
De Bogota à Buenaventura; texte, p. 95
EULALIA ©, Obthr.
Manizales; texte, p. 06, 07.
EULOGIA C', Obthr.
Manizales; texte, p. 06, 97.
ALBOFASCIATA-PALLASIA Œ, Obthr.
Chachapoyas : texte, p. 98, 00.
ALBOFASCIATA-PALLASINIA ©, Obthr.
Chachapoyas ; texte, p. 98, 90.
PLANCHE CDEXVI
GENRE ACTINOTE.
THESPIAS O', Weymer.
Bogota; texte, p. 09 ct roc
CALLIANIRA-STENIA ©, Jordan.
Chachapoyas; texte, p. 100.
EuRris ©, Jordan.
S.1E- PÉTOUS; texte D: 100.
S67 £
3867 ? LAVERNA © et Q, Doubleday.
3868 \
Venezuela; texte, p. 102, 103, 104.
PLANCHE CDLXVII
GENRE ACTINOTE.
N°s 3869. LACRYMOSA ©, Obthr.
Gauca; "texte, jp. 102:
3870. AVUNCULA O', Obthr.
Chachapoyas; texte, p. 104.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 123
N°5 3871. MENOETES O', Obthr.
Balzapamba (Equateur) ; texte, p. 105.
3872. MOMINA CO, Jordan.
Huancabamba (Nord-Pérou) ; texte, p. 105, 106.
3873. DEMONICA O', Jordan.
Tambillo (Pérou); texte, p. 105, 106.
PLANCHE -CDEXVITI
GENRE ACTINOTE.
N°5 3874. DEMONICA ©, Jordan.
Chachapoyas; texte, p. 106.
3875. MOYOBAMBÆ O', Obthr.
Moyobamba; texte, p. 106.
3876)
RUFINA 6! et C, Obthr.
3877) ‘i
d, Baños-Canelos; ©, Ambato (Equateur); texte, p. 106,
107.
3878. Moro ©, Obthr.
Caracar(Brésil) "texte /porr2:
PÉANCHE CDLXIX
GENRE ACTINOTE.
N°5 3879. LORIDA, Obthr.
Amérique méridionale (ex coll. Boisduval) ; texte, p. 113.
3880. HAHNELI ©, Stgr.
Merida (Venezuela) ; texte, p. 113.
3881. HAHNELI-MERIDÆ ©, Obthr.
Merida:ttexte pir3:
3882. AULOEDA ©, Obthr.
Serra-de-Communaty (Pernambuco); texte, p. 113, 114.
3883. BRETTIA O', Obthr.
Manizales ; texte, p. 114, 115.
124 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PPFANCEE CDEXNX
GENRE ACTINOTE.
N°5 3884. BRETTIA O', Obthr.
Manizales ;:texte, p.114 rc.
3885. BRETTIA Q, Obthr.
Manizales ; texte, p. 114, 115.
3886. Byssa S, Obthr.
Menda: texte, p.116, 16.
3587. BYSSA ©, Obthr.
Nerida texte p.125 116:
3888. LOLIA ©, Obthr.
Cochabamba (Bolivie); texte, p. 116.
PEÉANICEEACDIEXI
GENRE ACTINOTE.
N°s 3889. LOLIA ©, Obthr.
Cochabamba ; texte, p. 116.
3800 )
BRYLLA ' et ©, Obthr.
3891 ) <
Santo-Antonio-dos-Brotos (Rio-de-Janciro) ; texte, p. 116, 117.
3892. BUBONA C', Obthr.
S.-Antonio-de-Barra (Bahia); texte p. 117, 118.
3803. BUBONA-MELANISANS d', Obthr.
S.-Antonio-de-Barra.
J'ai cu tort de laisser imprimer, à la page 118, ces mots :
« Je fais figurer, avec le O', deux formes de ©, l’une qui
est plus obscure en dessus ct l’autre qui est plus pâle ».
J'aurais dû dire : Je fais figurer deux formes de ©, l'une
qui est plus obscure en dessus (//elanisans, fig. 3803), et
l'autre qui est plus pâle (fig. 3892) et -dont la Q corres-
pondante est représentée sous le n° 3894 de la Pl
CDLXXII.
J'ai retrouvé une Q elanisans, de S.-Antonio-de-Barra.
Peut-être /elanisans est-cile une Espèce distincte de
Pubona ?
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 125
PLANCHE CDLXXII
GENRE ACTINOTE.
N°5 3894. BUBONA ©, Obthr.
38006
3807
3898
3509
N°5 3000 )
3901
3004 l 7
3905 )
S.-Antonio-de-Barra; texte, p. 118.
€ PRveua d' et Q, Obtht.
Rio-Magdalena à Bogota; texte, p. 118.
ne AOC ObDir
> 4
Les n°5 3897 et 3808 vicnnent de Caracas; le n° 3809
vient de S. Fernando-Apure (Venezuela) ; texte, p. 118, 110.
J'ai eu tort de laisser imprimer, à la page 119, ces mots :
« Je fais figurer 1 Oct 2 Q »; j'aurais dû dire : Je fais
figurer 2 ONet nn 0:
F
PLANCHE CDEXXIII
GENRE ACTINOTE.
3YZAS-INSULARIS Œ et ©, Obthr.
Ærinidad ; texte; D. TI9;
BRAURONIA et Q, Obthr.
Merida; texte, p. 110.
ARATENSIS O et ©, Obthr.
Zarate (Argentine); texte, p. 119; 120.
PLANCHE ,CDLXXIV
Lépidoptères des frontières chinoises du Thibet.
N° 3006. ARASCHNIA CHINENSIS ©, Obthr.
L'exemplaire figuré a été pris par les chasseurs indi-
gènes de Tä-tsien-lou, en 1910. Il appartient à l'Espèce
chinoise non encore décrite dont je fais mention, toute-
fois sans lui imposer de nom, à la page 203 dans Île
Volume III des Ætudes de Lépidoptérologie comparée.
9
126 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
N° 3907. EURIPUS CHARONDA-MONBEIGI ', Obthr.
Nord du Yunnan; région voisine de Tsekou.
Cette remarquable aberration d’une superbe Espèce
asiatique m'a été envoyée par feu le P. Emile Monbeig, en
1914.
Leech à donné une figure excellente de Æuripas Cha-
ronda-coreanus d', sous le n° 8 de la PI. XVI, dans Putter-
flies from China, japan and Corea (London, 1802-1894).
Dans l’aberr. Monbeigi, les points jaunes submarginaux
des ailes supérieures, en dessus, sont transformés en
lignes ; aux ailes inférieures, ces points jaunes ordinaires
sont absents. En dessous, toutes les taches normales sont
atténuées et l’espace basilaire des ailes supérieures est
beaucoup plus noir.
3p08 0 to
RE MONBEIGI S, , Obthr.
J
Dédié à la mémoire du Père Emile Monbeig, des Mis-
sions-Etrangères de Paris, tué sur la route de Tä-tsien-lou
à Batang, le 11 juin 1914, très zélé Naturaliste et dont
j'ai publié le portrait et la notice biologique dans le Vol.
XI (Texte) des Ætudes de Lépidoptérologie comparée.
Jai reçu, en janvier 1914, plusieurs exemplaires, tous
mâles, pris à Siao-Ouisi, par le Père Emile Monbeig, au
cours de l'année 1913.
La nouvelle Espèce varie par albinisme et mélanisme,
c'est-à-dire par le développement ou le rétrécissement des
taches blanchâtres des ailes. J'ai fait représenter deux
échantillons, l’un de la forme albinisante, l’autre de la
forme mélanisante. Il semble que le nombre des Espèces
de Preris est considérable dans la région sino-thibétaine.
La Picris Monbeigi a la forme des ailes assez arrondie et
relativement peu allongée.
Je prépare une révision des Espèces de Lépidoptères
de la faune sino-thibétaine; la Planche CDLXXIV est
publiée en vue de ce travail qui nécessitera d’ailleurs une
figuration étendue, notamment pour les Argynnis, les
Melitea, les Lycænidæ ct les Æesperide. J'ai remis à
M. J. Culot (août 1917) les matériaux qui sont destinés à
servir de modèle pour plusieurs Planches coloriées. On
verra reproduites sur ces Planches, présentement en pré-
paration, plusieurs Espèces fort remarquables.
TPE
À propos des AEGERIIDÆ#
Les Lépidoptères du groupe des Aegertwdeæ, que les anciens
Auteurs désignaient par le nom de Sesza, ne semblent avoir fait
jusqu'ici l’objet d’aucun travail d’ensemble, si ce n’est dans le
Volume ÏI du Species Général des Lépidoptères Hélérocères
Sphingides, Sesudes et Castnides, par le Docteur J. A. Boisduval,
paru à Paris, chez l’Editeur Roret, en 1874.
Le travail en question, qui occupe près de cent pages de texte
impriné (p. 381-470), ne représente cependant qu’une ébauche
bien incomplète de la Monographie qui ne pourra être publiée
que plus tard, lorsque les éléments d’information suffisants et
qui manquaient à Boisduval, auront pu se trouver réumis.
Présentement, nous sommes encore loin de disposer d’une docu-
mentation assez complète pour pouvoir aborder un pareil ouvrage
sur des bases sinon définitives, au moins susceptibles de quelque
stabilité.
Les Aegeride, qui sont répandus dans le monde entier, pa-
raissent être représentés par un nombre d’Espèces considérable.
Seules, les Sesza européennes peuvent être envisagées comme assez
généralement connues, bien qu’il reste certainement plusieurs
Espèces à découvrir, notamment dans la région méditerranéenne.
Mais tout nous porte à croire que les vastes contrées encore peu
explorées, entomologiquement parlant, de l’Asie, de l’Afrique,
128 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de l'Amérique et de l'Océanie, nourrissent une très grande quan-
tité d’Espèces encore ignorées. Certainement, ce que nous con-
nassons d’Espèces d’Aegernde exotiques, est bien peu impor-
tant par rapport à ce que nous ne connaissons pas. £a quae scimus
sunt minora; ea quae ignoramus sunt iajora, comme disait Linné.
Les Sesia, dont les chenilles sont endophytes, du moins d’après
nos connaissances actuelles, offrent d’ailleurs le plus grand intérêt
au Naturaliste; leur ressemblance avec les Insectes d’ordre diffé-
rent, spécialement avec les mouches Hyménoptères, augmente
encore l’attrait que suscite l’observation de ces curieux papillons.
Les Aegeräidæ constituent toujours pour le chasseur, même
sur les points les plus souvent explorés de l’Europe, une proie
très désirable et fort recherchée. Aussi toutes les fois que les
Entomologistes aperçoivent une Sesza, essayent-1ils d'en opérer
la capture. Jamais, je n’ai vu personne dédaigner de s’en rendre
maître; mais l’ai toujours remarqué que chacun considère plutôt
comme un heureux événement la rencontre et la prise d’une Sesza.
Cependant, au cours de la carrière entomologique la mieux
remplie, les bonnes occasions semblent être restées généralement
peu nombreuses. Je puis m’en rendre compte en examinant les
Sesia des collections Boisduval, Guenée, de Graslin, Bellier de
la Chavignerie, Constant Bar, Vazquez. Tous ces zélés chasseurs
avaient presque toujours soigneusement conservé et étiqueté les
exemplaires de Sesia tombés entre leurs mains, au cours de leurs
investigations entomologiques. Quelquefois, l’un ou l'autre
d’entre eux avait eu la chance de récolter une Espèce en quelque
abondance d'individus; mais, comparativement aux papillons
des autres familles, combien peu d’'Espèces de Sesza ils avaient
eu la bonne fortune de saisir eux-mêmes, au cours de leurs
chasses pourtant longuement et laborieusement poursuivies et le
plus souvent dirigées avec une remarquable sagacité.
Qu’on me permette d’invoquer le témoignage de ma propre
expérience et celle du très habile chasseur, M. Harold Powell,
qui se trouve près de moi au moment où J'écris ces lignes. Pour
nous, tout comme pour ceux dont j’ai plus haut rappelé les noms,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 129
la capture d’une Sesia fut toujours un événement d'autant plus
agréable qu'il s’est présenté plus rarement.
Je ne crois cependant pas que les Sesza, généralement difficiles
à obtenir, soient, dans la Nature, des papillons moins abondants
et par conséquent plus rares que les autres. Je suis même convaincu
que les Sesia sont simplement des Lépidoptères localisés en
conformité de la distribution sur la terre des plantes dont se
nourrissent leurs chenilles. En effet, du moment qu’on connait
la plante affectionnée par telle Espèce de Sesza et qu’on est fixé
sur les mœurs et l’époque d’apparition du papillon, 1l paraît
assez généralement facile de récolter, en certaines circonstances
favorables, un nombre d’exemplaires quelquefois très grand.
C’est ainsi que M. Zickert, de Catane, ayant remarqué que la
Sesia cruentata, Espèce jusqu'ici prétendue rare, vivait, à l’état
de larve, dans un poirier planté en un Jardin voisin de sa demeure,
acheta l’arbre et le fit découper de façon à pouvoir en loger chez
lui les tronçons. L’éclosion des papillons se fit alors dans la
chambre même où les billes de bois de poirier avaient été déposées
et 1l fut aisé à M. Zickert de recueillir les échantillons au fur et
à mesure de leur émergence. Le nombre des papillons ainsi récoltés
fut relativement assez élevé, puisqu’une soixantaine d’exemplaires
fut mis à ma disposition par le chasseur.
La Sesia Uroceriformis-armoricana, dont la larve vit dans les
racines de l’ajonc (U//ex europaeus), n’est point rare dans cer-
taines landes de Bretagne.
D'une part, on peut recueillir en mars et avril les pieds d’ajonc
habités par la larve et voir éclore le papillon pendant l'été,
depuis le 15 juillet à la mi-août.
D'autre part, lorsqu'une femelle fraichement éclose et encore
vierge se trouve en un buisson d’ajonc et qu’attendant un peu,
avant de prendre son vol, elle reste fixée sur une tige, on peut
voir voltiger, à un ou deux mètres, au-dessus de la femelle, une
certaine quantité de mâles qu’en aucune circonstance 1l ne serait
possible d’apercevoir réunis en un tourbilion aussi nombreux.
Alors, en survolant la femelle, cet essaim de mâles forme comme
130 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
un petit nuage grisàtre et mobile qu’un heureux coup de filet
peut faire presque tout entier prisonnier. On conçoit que c’est une
excellente occasion de se procurer une certaine quantité d’exem-
plaires mâles de la Sesza Uroceriformis.
La Sesia Chrysidiformis, à l’état de larve, vit dans les racines
de Rumex et se trouve souvent dans les bordures d’oseille, en
plusieurs jardins potagers, même urbains, notamment à Rennes.
Le papillon se montre parfois, dès les premiers jours de juin,
avec une véritable abondance. Les femelles se posent sur les
feuilles d’oseille et les mâles arrivent souvent en foule, en vue
de l’accouplement. Mais tel jardin, où les Sesia Chrysidiformis
ont paru en grande abondance, semble, au bout de quelque temps,
déserté par les Sesza en question, sans que les circonstances de
culture aient pourtant changé.
En outre j'ai appris que le chasseur Faroult avait récolté,
aux environs de Bou-Saada, un millier d'exemplaires de la Sesia
qui a été appelée /ispar, à cause de la dissemblance si grande
qu’on remarque entre les deux sexes. Comme 1l y a relativement
peu de temps que cette Sesia Dispar est connue, il est permis de
penser que la longue ignorance où nous sommes restés de l’Espèce
en question, est plutôt due à l'insuffisance des explorations ento-
mologiques dans le sud de l’Algérie et de la Tunisie, qu’à la
rareté même de ladite Sesza.
En 1014, au mois de juin, la Sesta Flavida parut abondam-
ment aux environs de Lambèse. Dans une localité restreinte,
l’Arabe Sari-Amar put capturer, en très peu de jours, un assez
bon nombre de femelles fraichement écloses. 11 prit relativement
très peu de mâles, parce que, si les femeiles restent quelque temps
au repos, après leur émergence, — ainsi que cela se passe pour
Urocertfornus, d’après les observations relatées plus haut, — le
vol rapide des mâles, plus actifs que les femelles et s’attardant
moins longtemps près de la racine de la plante où s’est formée
li chrysalide, les dérobe immédiatement aux yeux du chasseur.
I} paraît néanmoins certain que la Sesta Flavida est représentée
à Lambèse par de nombreux individus.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 121
Il convient d'observer encore qu’il y a des années où l’éclosion
de certaines Espèces de Sesia est plus particulièrement abon-
dante; dès lors il y a lieu d’envisager que le retour de chaque
saison n’amène pas nécessairement l'apparition régulière et au
même lieu, -— ainsi que je l’ai fait remarquer ci-dessus pour
Chrysidif ormis, — en quantité constamment et sensiblement aussi
grande, des papillons des diverses Espèces de Sesza.
Enfin, tous les chasseurs-entomologistes ont constaté que les
Sesia sont imitées par un assez grand nombre d’Insectes de
divers ordres, surtout Hyménoptères et Diptères, mais aussi
Orthoptères. Ces Insectes, imitateurs des Sesza par leur aspect
extérieur, vivent en même temps et dans les mêmes lieux qu’elles.
Recherchant à Monterfil ces mêmes Sesza Uroceriformis dont j'ai
déjà parlé plusieurs fois, je me suis souvent trouvé tout à fait
illusionné par des mouches ou même par des sauterelles qui, dans
les touffes d’ajonc, présentaient un aspect analogue à celui des
papillons. Je croyais d’abord apercevoir une Sesza; mais Je ne
tardais guère à me rendre compte de la déception causée par ce
mimétisme.
Il ne viendra à l’idée de personne de croire que cette imitation
des Sesia par d’autres Insectes doit avoir, entre autres objets, le
but de défendre les papillons contre les recherches des Entomo-
logistes. 11 serait, en effet, puéril de considérer que les Hommes
peuvent être envisagés comme des ennemis assez redoutables des
Sesia pour qu’une protection naturelle ait pu être donnée à
l’Espèce, de manière à empêcher sa disparition, du fait de nos
investigations. Pareille opinion paraïîtrait à tout le monde con-
traire à la réalité. Les Sesza ont des ennemis bien plus dangereux
et mieux armés pour les découvrir que ne peuvent l’être les mieux
oculés des Entomologistes. Or, je ne pense pas que le mimétisme
trompe les Insectes chasseurs de Sesza. Ceux-ci connaissent par-
faitement la proie qu’ils convoitent et 1ls savent la découvrir
bien mieux que nous ne le savons nous-mêmes.
Aussi, la destruction d’une ou plusieurs Espèces de Sesza ne
semble-t-elle pas pouvoir être occasionnée par le zèle immodéré
132 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des collecteurs, ainsi que cela arriva probablement jadis en Angle-
terre pour Polyommatus Dispar et pourrait advenir bientôt en
Suisse pour Lycaena Lycidas, Nemeophila Cervini, et à Digne
pour Z'harës Honnoratii.
Les véritables ennemis des Sesia sent des Insectes: il serait
très intéressant de connaître exactement les massacreurs dont les
coups sont quelquefois si rapides.
Toujours au sujet d’'Uroceriformis, je me souviens d’avoir
observé le fait suivant : me trouvant sur la lande de Roveny, non
loin de ma demeure de Monterhl, par une belle matinée d’août
1907, le vol d’un petit nuage de mâies, au-dessus d’un buisson
d’Ulex europacus, me révéla la présence d'une femelle dans
l’intérieur de la touffe épineuse. Pour découvrir la femelle en
question, j'écartai les rameaux piquants et j’aperçus en effet le
papillon que Je recherchais, en train de grimper du sol sur une
tige. Il était superbe et d’une fraicheur admirable. Mais comme
1} était encore près de la terre d'où 1i était sorti et que la touffe
était haute, je Jugeai à propos de le laisser monter jusqu’au haut
du buisson, de façon à pouvoir le capturer sans lui faire subir
aucun dommage. En attendant, je crus que j'avais le temps de
saisir d’un coup de filet les males qui tourbillonnaient au-dessus
de la femelle en question. Cela fut rapidement réalisé et, tandis
que Je remettais à la personne qui m’accompagnait, le soin de
s'assurer de la possession des mâles, je m’'occupai de nouveau de
la femelle. Dans le court intervalle de temps qui s'était écoulé
pour l’action que je viens de rapporter, la femelle avait déjà péri.
Je la vis étendue par terre, sur le dos, la tête et les ailes intactes,
mais morte et montrant son ventre entièrement vidé par l’action
d’un parasite qui avait laissé subsister seulement la mince paroi
extérieure du dessus de l’abdomen. Quel était cet ennemi qui,
d’un seul coup, venait d’arracher le corps presque tout entier de
la Sesia ? Je ne fus pas assez heureux pour m’en rendre compte;
mais l’œuvre de ce destructeur me parut singulièrement fou-
droyante.
Je ne connais malheureusement rien des mœurs mn des parti-
(e2)
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 13
cularités qui doivent caractériser certaines Espèces d’Aegerde
exotiques. Tous les échantillons que nous avons reçus jusqu’ici
des différents explorateurs, sont dépourvus de renseignements
concernant les circonstances de leur capture. D'ailleurs, presque
toujours, ce sont des exemplaires isolés qui nous parviennent et
dont la prise semble due à un heureux hasard.
J'ai signalé à quelques chasseurs, notamment à M. Gugelmann,
qui voyageait naguère au Mexique, l'intérêt qu’il y aurait à saisir
les Aegerüde et Glaucopide, en même temps que les Hyménop-
tères qui les imitent ; il m'avait paru animé des meilleures inten-
tions pour correspondre à mes vues. Déjà 1l m'avait envoyé
d’intéressantes mouches mimétiques; mais la guerre a tout
arrêté.
Si les Sesza sont encore peu connues, — du moins pour la faune
extra-européenne, — 1l paraît cependant utile de faire, sans plus
tarder, exactement connaître les Espèces dont 1l existe présen-
tement des échantillons dans les collections, afin de préparer les
bases des travaux plus complets auxquels pourront s’adonner nos
successeurs. Je suis d’autant plus disposé à agir ainsi que j'espère
voir, à bref délai, paraître des travaux complémentaires, œuvre
d’'Entomologistes pourvus de documents différents des nôtres.
Je leur demande instamment de ne pas se borner à des descrip-
tions sans figures qui créeraient un nouveau motif de confusion
et seraient plutôt un obstacle qu’un aide au progrès de la Science.
Je les supplie, au nom de l’intérêt scientifique le plus évident, de
ne rien décrire, sans éclairer leurs diagnoses au moyen d’une figu-
ration excellente et qui fixera, pour toujours et définitivement,
les Entomologistes, aussi bien de l’époque présente que des temps
futurs, sur la nature même des Espèces d’Acgerude dont il sera
fait état. Le Docteur Boisduval a mentionné dans le Species
Général, sous le titre de Sésies supplémentaires, près d’une cen-
taine d’Espèces qu’il ne connaissait généralement que par les
descriptions, notamment du fameux Walker. Que sont devenus
les specimina f{ypica de cette centaine d’Espèces ? Evidemment,
quand le specimen typicum est perdu, l'identification certaine est
134 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
devenue impossible et les noms restent un poids mort dont il faut
se débarrasser par l’annulation pure et simple.
Toutefois, je dois faire observer que la figuration des Aege-
ride, pour être complète et vraiment utile, doit comprendre le
dessus et le dessous des papillons, non seulement pour les ailes,
mais aussi pour le corps et les pattes. Il est en effet très nécessaire
de connaître la partie ventrale de J’abdomen qui est souvent
spécifiquement caractéristique.
On m'excusera de dire que J'ai toujours trouvé fort regrettable
que Sir George F. Hampson, dans Catalogue of the Arctiade
an the collection in the British Museum (London, 1900), n’ait pas
suivi cette méthode qui parait s'imposer désormais, notamment
pour les Acgerüde, les Syntomide et les Glaucopide. Va
détermination de quelques Espèces décrites, mais incomplètement
figurées par cet Auteur, — puisque le dessous de l’abdomen n’est
pas représenté dans les Planches en chromolithographie de lou-
vrage précité, — reste incertaine du fait de cette figuration
insufhsante.
Relativement à l’iconographie des Aegeräide, telle que je
l'ai moi-même entreprise, Je crois devoir rappeler que le fasci-
cule XI des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée contient,
sur les 8 Planches CCECXVINCCCXVIL CCCMIMACCENES
CCCXX, CECXXL:CCEXXIL 1CCCXR MN PIS 82 houres cols:
riées des Sesza de la faune barbaresque.
Mon intention était en effet -— et est toujours — de faire pour
les Sesia qui habitent depuis le golfe de Gabès, à l’est, jusqu'aux
côtes du Maroc que baignent, vers l'extrême ouest de la Bar-
barie, les flots de l'Océan Atlantique, ce que J'ai fait Jusqu'ici
pour les RAopalocères, les Sphingides, les Bombycides, les
Zygaenides du nord de l’Afrique. La guerre a jusqu'ici arrêté
la publication des descriptions et notices qui concernent les
Acgeruidæ barbaresques.
Seules, les Planches, d’ailleurs très bien exécutées par
M. J. Culot, ont jusqu'ici pu paraître.
Mais j'ai envisagé, en ce qui concerne les Aegeraide, un but
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 135
plus général et J'ai consacré la 1" partie du fascicule XIT des
mêmes Æ/udes de Lépidoptérologie comparée à la figuration
d’une première série des Aegeridæe exotiques, principalement de
celles faisant partie de ma collection, sur les PI CCCLXXIII
ACCCEXXXT.
88 spécimens se sont ainsi trouvés représentés, en dessus et
en dessous, suivant la méthode préconisée plus haut, c’est-à-dire
en dessous comme en dessus, aussi bien pour les ailes que pour
les pattes et le corps.
Toutefois la figuration de toutes les Aegeriile exotiques dont
je pouvais assurer la connaissance n’était pas complète ainsi.
C’est pourquoi je fais paraître, avec le présent Volume XIV
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, 7 nouvelles Planches
d’Aegerndæ, dont 6 sont coloriées, sous les n“ CDLXXV à
CDLXXXI, offrant ensemble la représentation de 64 Aegertidæ
ct Hyménoplères mimétiques.
Cependant, sur une seule Planche portant le n° CDLXXX,
il n’a paru utile de reproduire que le dessus des 3 Lépidoptères
et des deux Hyménoptères figurés.
Sur ces 7 dernières Planches, qui paraissent avec le présent
volume, il n’y a pas que des exemplaires faisant partie de ma
collection à avoir servi de modèle à mon si distingué collabo-
rateur artistique Jules Culot. En effet j'ai jugé utile de com-
prendre dans la figuration quelques types appartenant au
Muséum national d'Histoire Natureile de Paris et à M. Ferdi-
nand Le Cerf, Préparateur audit Muséum, de façon à étendre le
plus possible nos connaissances relatives aux Acgerude.
Comme chacun le sait, M. F. Le Cerf a déjà collaboré au
Volume X des Æf/udes de Lépidoptérologie comparée. I est
l’auteur d’un excellent travail concernant l’histoire comparative
et anatomique des Sa/yrus Abdelkader, Nelvai et Lambessanus,
qui a paru dans ce Volume X, et il y a fait preuve des meilleures
qualités d’observateur et de dessinateur scientifique.
C’est encore M. FE. Le Cerf qui a bien voulu se charger de tout
ce qui concerne les descriptions des Aegertide, dans les E/udes
1 30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de Lépidoptérologie comparée, ainsi du reste que j'en avais fait
part aux Lecteurs de cet ouvrage, aux pages 7-11 du fascicule XI
et à la page 7 du fascicule XII {1° partie) parus en avril 1916 et
en Juillet 1916.
Je ne pouvais trouver pour les Sesza un collaborateur plus
compétent et mieux averti. Mais, comme on le sait, M. F. Le Cerf
est mobilisé et la guerre est la cause qu’il dispose de bien peu
de temps libre pour les travaux entomologiques.
C’est ainsi que, malgré sa laborieuse ardeur, M. F. Le Cerf
n'a pas encore Joui des loisirs suffisants pour achever l’étude
qu'il a entreprise, à ma demande, sur les Aegertdeæ de Barbarie.
J'espère toutefois que ce dernier ouvrage pourra paraître en
même temps que la Monographie des Castnies par M. le Pro-
fesseur C. Houlbert, de l’Université de Rennes.
On jugera, dans les pages qui suivent, de l’excellente méthode
apportée par M. F. Le Cerf à la partie descriptive consacrée aux
Espèces exotiques d’Aegerndæ, qui, seule, a pu être terminée
jusqu’ici.
En outre M. F. Le Cerf a réalisé, avec une réelle perfection,
des dessins au trait qui ont été reproduits dans l’ouvrage par les
procédés phototvpographiques. Je remercie donc très cordiale-
ment mon dévoué collaborateur et cher ann de son concours si
compétent et si averti pour mes publications lépidoptérologiques.
Je devance le jugement qui sera certainement porté par les
Entomologistes sur son travail, en le félicitant hautement des
connaissances si précises et si étendues dont 1l fait preuve. C’est
à lui qu'appartient tout l'honneur d’un ouvrage dont 1l est
l'unique Auteur et qu'il a réalisé dans des conditions particuliè-
rement difficiles, ce qui augmente encore le mérite du travail
accompli.
Cancale, 14 septembre 1917.
CuarLes OBERTHUR.
Contributions à l'étude des AEGERIIDÆ
Description et Iconographie d’Espèces et de Formes
nouvelles ou peu connues
Par Fd LE CERF
Préparateur au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris.
AVANT-PROPOS
Sous le titre général de Contributions à l'étude des Aegeride,
je me propose de publier une série de Mémoires et de Notes
détachées sur la Systématique, la Morphologie, la Biologie, etc.
de cette intéressante famille de Lépidoptères-Hétérocères, sans
leur donner, au moins quant à présent, le caractère d’une œuvre
d’ensemble.
Etant donné le nombre proportionnellement très petit d'espèces
exotiques connues et le fait que la plupart ne le sont que par de
rares individus, souvent uniques ou d’un seul sexe, j’estime qu’une
telle entreprise serait prématurée et ne dépasserait pas l’intérêt
relatif d’un Catalogue très imparfait. Outre celle qui résulte de la
pauvreté de la documentation, l’étude des Aegerides présente en
effet des difficultés nombreuses au premier rang desquelles 11 faut
placer l’insuffisance à peu près générale des descriptions, l’ab-
sence de figures et les trop fréquentes attributions génériques
erronées.
Les anciens Auteurs n’ont pas été seuls à considérer les Aege-
riidæ comme des Macrolépidoptères et à les traiter comme tels
138 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
dans leurs travaux; de nos jours encore, paraissent des descrip-
tions rédigées, à distance et en quelques lignes, de ces Insectes,
riches en caractères peu apparents, rendus moins visibles encore
par la taille médiocre ou petite de la plupart des espèces et que
décèle seulement un minutieux examen à la loupe. Même en
laissant de côté l’état de conservation fréquemment défectueux
des échantillons, dû tant à leur grande fragilité qu'aux hasards
de leur capture, il faut encore compter avec l’éparpillement des
types et la difficulté de leur consultation, la destruction de cer-
tains d’entre eux et les affinités extrêmement étroites des espèces
et des genres, l’ignorance des premiers états et des mœurs, les
con fusions synonymiques si difficiles à débrouiller, les erreurs de
détermination, etc., etc...
Il vaut donc mieux, actuellement, s'attacher à faire connaître
les formes inédites, augmenter les précisions sur les espèces peu
ou mal étudiées, rectifier les erreurs anciennes, en un mot éclaircir
les obscurités et accumuler une documentation sûre qui sera plus
tard mise en œuvre avec plus de certitude et d’utilité.
Le présent mémoire s'inspire des considérations qui précèdent
et constitue le premier pas dans la voie où Je compte m’engager.
En premier lieu, je me suis astreint à rédiger des descriptions
méthodiques dans lesquelles les caractères se trouvent analysés
dans un ordre logique : tête, corselet, abdomen, pattes et ailes;
elles ont l’inconvénient d’être fort longues et d’exiger beaucoup
de temps; mais on ne contestera pas Je pense qu’elles donnent,
associées aux figures qui les accompagnent, une idée aussi exacte
que possible des formes auxquelles elles s'appliquent et dans
lesquelles l’équivoque est réduite au minimum. Je n’inaugure rien;
déjà, vers le milieu du siècle dernier, Zeller avait donné des
descriptions longues et précises, grâce auxquelles la plupart de
ses espèces peuvent être reconnues plus facilement ; de nos jours,
la même méthode est suivie dans l'étude d’autres Ordres par des
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 139
Zoologistes éminents qui, à leurs descriptions très détaillées,
adjoignent eux aussi, comme complément 2#dispensable, une
figuration non moins minutieuse.
Pour ce qui est de celle-ci, on sait depuis longtemps que je suis
un adepte convaincu des idées de M. Charles Oberthür ; toutes les
formes décrites ou étudiées dans ce mémoire sont figurées; lorsque
cela m’a paru nécessaire, j'ai ajouté, aux figures en couleurs des
planches, des dessins au trait dans le texte pour préciser certains
caractères. Je n’ai fait qu’une seule exception concernant exclu-
sivement les Genres nouveaux que J'ai été amené à créer, et dont
les détails de caractères, actuellement dessinés, paraîtront dans
un mémoire ultérieur.
Il est un point encore sur lequel je me suis séparé de la plupart
de mes prédécesseurs; c’est en ce qui a trait aux synonymies et
aux disjonctions génériques ou spécifiques. Le plus souvent,
aucune explication justificative des mutations de cette nature
n’est fournie, et l’on reste dans l’ignorance des motifs qui ont
déterminé tel ou tel auteur à les opérer; c’est assurément com-
mode, mais j'ai cru devoir, là encore, pratiquer autrement et suivre
d’autres exemples. Dans ce mémoire, comme dans ceux qui sui-
vront, j'exposerai les raisons qui me font placer telle espèce ou tel
genre en synonymie avec telle ou tel autre, ou, au contraire,
séparer ces espèces ou ces genres ; cette mamière de procéder
rentre d’ailleurs dans le cadre du programme exposé plus haut.
Il arrivera parfois que les comparaisons et les rapprochements
proposés n’auront qu’un caractère de probabilité, ou seront même
nettement dubitatifs, mais c’est le résultat inévitable des causes
précédemment énumérées.
Pour éviter de surcharger la nomenclature de synonymes, j’ai
analysé avec soin toutes les descriptions originales à l’exception
d’un très petit nombre que Je n’ai pu me procurer; malgré tous
mes efforts, je ne suis pas certain d’avoir réussi; souvent Je me
suis trouvé en présence d’énigmes insolubles et quelques-unes des
attributions que j'ai faites, devront sans doute être révisées; c’est
140 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le cas en particulier de plusieurs formes que J'ai rapportées à des
genres ou à des espèces de Walker.
J'ignore si tous les types des Aegernde décrites par cet auteur
existent toujours, mais Je suis bien convaincu que si certains
d’entre eux sont perdus, les genres ou les espèces auxquels ils
servaient de base devront disparaître de la nomenclature, car ses
descriptions sont absolument insuffisantes pour les faire recon-
naître.
Avec toute l’autorité qui s’attache à son nom, Sir George F.
Hampson, a déjà commencé pour d’autres Familles l’élimimation
des espèces qui se trouvent dans ce cas; il est tout à fait désirable
dans l’intérêt même de la précision scientifique et de la certitude
qu’elle doit comporter, que cette exécution soit poursuivie, quelque
regret qu’on en ait pour la mémoire d’un savant dont l'œuvre
considérable mérite le respect.
*#
*k *%
À l'exception d’un petit nombre d’espèces de taille minime
et pour lesquelles un agrandissement s’imposait, les figures
publiées ici sont toutes de grandeur naturelle; outre les carac-
tères du dessus, elles donnent ceux du dessous du corps qu’il
m'a paru indispensable de faire reproduire, ils sont toujours
importants chez les Aegeride, et c’est une grosse lacune que
leur absence, aussi bien dans les descriptions que dans les
figures publiées par les nombreux auteurs qui se sont occupés de
cette Famille. M. J. Culot les a exécutées avec un grand talent
auquel je suis heureux de rendre hommage et dont l’éloge n’est
plus à faire; elles sont très « vraies » dans l’ensemble et repro-
duisent bien les individus modèles, tels qu’ils se présentent à
première vue; mais 1] y a un degré de précision que le dessin en
orandeur naturelle ne saurait dépasser, surtout quand il s’agit
d’accumuler, comme c’est le cas pour ces Lépidoptères, beaucoup
de caractères sur une surface très restreinte. Les difficultés de la
mise en couleurs étaient donc considérables, et, quoique le résultat
général soit satisfaisant, il s’est trouvé que quelques détails ont
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 141
échappé ou ont été altérés par des écarts de pinceau des coloristes ;
sauf dans deux ou trois cas, 1l ne m’a pas semblé nécessaire de les
signaler individuellement; je me borne à attirer l’attention sur
ce point et à indiquer que les précisions contenues dans les des-
criptions permettront toujours de redresser ou de compléter ce
qui ne saurait dans aucun cas être interprété comme des diver-
gences réelles entre l'individu figuré et le texte correspondant.
*
Devant la confusion et l’instabilité des dénominations usitées
par les Auteurs qui ont décrit des Aegeriides et pour diminuer
l’incertitude qui en résulte trop souvent, J'ai procédé à une révi-
sion des caractères employés jusqu'ici. Parmi ceux dont je me suis
servi dans le présent mémoire, certains déjà utilisés aussi bien
pour les Lépidoptères que pour d’autres Ordres, avaient des
noms caractéristiques, dépourvus de toute ambiguité, Je les ai
conservés; par contre, il m’a paru avantageux d’éliminer quelques
dénonunations n’ayant pas un caractère de constance ou d’exac-
titude suffisantes et de les remplacer par d’autres, parfois moins
expressives mais plus justes. Introduisant des détails nouveaux
ou délaissés, j'ai dû créer pour eux des noms particuliers ; comme
pour les précédents, je me suis attaché à leur donner un caractère
topographique plutôt que descriptif, par conséquent plus général
et moins exposé aux inexactitudes résultant des variations géné-
riques, spécifiques ou même individuelles; dans l’ensemble, je me
suis limité à l’emploi — toujours dans le même sens et pour tous
les groupes — des termes suivants, énumérés dans l’ordre où ils
se présentent à l’analvse
TÊTE
Vertex.
Nuqgue.
Front.
Palpes.
Trompe.
10
142 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Poils péricéphaliques. — Ce sont les poils courts, implantés per-
pendiculairement, qui bordent le pourtour de la tête en arrière
des yeux, depuis la face inférieure du crâne jusqu’à la nuque.
Plaque ju gulaire. — C’est seulement pour la commodité de l'étude
que Je place, parmi ceux de la tête, ce caractère qui appartient
en réalité au thorax. Il est constitué par des écailles insérées
sur la partie inférieure de l’anneau prothoracique et formant
une plaque lisse, plus ou moins cordiforme, couvrant la base
des hanches antérieures; c’est sur elle que glisse la partie
inférieure de la tête et sa coloration est, à peu d’exceptions
près, celle des poils péricéphaliques.
Antennes.
Veux.
Ocelles. — Bien que sur les exemplaires de collection la coloration
des ocelles paraisse sujette à des variations causées par les
conditions dans lesquelles s’est accomplie la dessiccation, j’ai
cru cependant utile de la mentionner ainsi que celle des yeux.
THORAX
Coîlier.
T'horax. — Te prothorax étant pratiquement invisible, Jj’emploie
ce terme pour désigner l’ensemble du méso et du métathorax
et des ptérygodes, précisant éventuellement les caractères
particuliers à ces différentes pièces.
Ptérygodes.
Touffes latérales du métathorax. — Ce sont des touffes de poils,
parfois très longues et très denses qui prennent naissance de
chaque côté du métathorax, en arrière et au niveau de l’inser-
tion des ailes inférieures et s’épanouissent plus ou moins sur
le métathorax et la base de l’abdomen.
Taches latéro-pectorales. — Localisées aux côtés du mésothorax
au-dessous du niveau des ailes supérieures; 1l y en a au
maximum deux : une antérieure, petite, en avant sous l’extré-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 143
mité du collier ; une autre, médiane, de dimension très
variable, occupant parfois presque toute la surface du méso-
thorax, sous l’attache des ailes supérieures; elles peuvent
exister simultanément ou séparément, et manquent complè-
tement dans des groupes entiers.
i .
74
D]
ê
l
[
eo
Q
NN
C2
[|
i |
LOEL EE \ | FÉR
Lao 27 er.
FIG. 1. — Schéma des principaux caractères du corps
TÊTE. — v.=vertex; X.— front; Zi. ao.=liture antéoculaire; 7 9, 29, 5 D.—
articles du palpe; #.= trompe; p. j. = plaque jugulaire; P. pc. = poils
péricéphaliques; #. = nuque; a. = antenne: y. = œil; 0. = ocelle.
THORAX. —- c.= collier (patagia) ; Ms1.= Mésothorax ; plg.=pterygode; 0.1. pé.—
bordure interne de la ptérygode; Z. m. 4. — ligne médiane du thorax; Ait. —
Métathorax; 4.7. mt. = touffe latérale du métathorax; %. a. = hanche anté-
rieure ; #.e. h. a. — bordure externe de la hanche antérieure ; 4. m. — hanche
(ou articulation coxofémorale) médiane; %. 9. = hanche (ou articulation
coxofémorale) postérieure; 4. /p. a. = tache latéropectorale antérieure ;
{. 1p. m. = tache latéropectoraie médiane; 5. Pc. = surface postcoxale.
ABDOMEN. — /. 7 à 4. 8 — tergites abdominaux libres; $/. 7 (+2) — premier
et second sternites intimement fusionnés; 54. 3 à 54. 8 — autres sternites
abdominaux; 4. a. — brosse anale; #. ». et ?. l. = pinceau médian et
pinceau latéral de la brosse anale ; ?1. = pleuræ; à. 2, &. 4, b. 6 = bôrdures
postérieures des second, quatrième et sixième segments; 2. #». — ligne
médiane dorsale de l’abdomen.
Surface postcoxale. — - Je désigne ainsi la région postérieure libre
du métathorax terminant le thorax au-dessous de l'insertion
de l’abdomen ; c’est sur elle que le premier sternite de celui-ci
vient s’appliquer en se défléchissant.
144 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ABDOMEN
T'ergites. — Je rappelle pour mémoire qu’il y en a huit de libres
chez le mâle et sept seulement chez la femelle.
Sternites. —- Conformément à l’usage, je confonds sous le nom
de « premier sternite » l’ensemble formé par les deux pre-
miers sternites qui sont soudés et considère, pour rétablir la
correspondance avec les tergites, celui qui suit comme le
troisième.
Pleurae. — C’est la zone membraneuse portant les stigmates, qui
s'étend latéralement entre les tergites et les sternites.
Brosse anale. — Pinceau de poils fixés sur le dernier tergite et ses
pleurae, terminant l’abdomen. Ces poils sont érectiles et su1-
vant qu'ils sont accolés ou épanouis, l’aspect de cet ornement
change beaucoup; l’usure le modifie également au point de
le rendre méconnaissable. La brosse anale est généralement
allongée, ovalaire, chez le mâle et de coupe rectiligne chez
la femelle; elle est formée de trois pinceaux plus ou moins
distincts : un médian et deux latéraux.
PATTES
Hanches :
À ntérieures.— Etroitement contiguës par leur bord interne,
elles forment un large bouclier couvrant la partie antérieure
du mésothorax; leur coloration souvent discolore ou di-
morphe est généralement spécifique.
Médianes el postérieures. — Formées de pièces multiples,
elles ont dans l’ensemble la couleur du thorax, seul leur
sommet sur lequel s’articule le fémur est parfois coloré diffé-
remment (ordinairement plus clair); eu égard à cette colo-
ration et à son extension variable, j’emploie de préférence
les termes « Zanche » ou « articulation coxofémorale »,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 145
plutôt que celui de #rochanter plus exact morphologiquement,
mais trop limitatif.
Fémurs.
T'ibias.
T'arses.
AILES SUPÉRIEURES
Base.
Côte.
Bord interne.
Point ou trait discocellulaire. — C’est la bande transversale de
largeur et de forme variables couvrant les nervures disco-
cellulaires, de la côte à l’angle inférieur de la cellule.
Taches ou aires vitrées (hyalines). — Espaces dénudés dont le
nombre, fréquemment spécifique ou sexuel, varie de 1413f
elles peuvent manquer partiellement ou complètement, mais
ni leur présence ni leur absence ne constitue un caractère
générique. Je les désigne par leur emplacement :
Infracellulaire — toujours beaucoup plus étroite que
longue, elle s'inscrit au-dessous de la cellule, dans l’espace
compris entre la nervure radiale et le bord interne.
Intracellulaire — le plus souvent triangulaire, elle occupe
en totalité ou en partie la cellule; elle peut être divisée longi-
tudinalement par une ligne d’écailles, continue ou inter-
rompue, partant de l’angle des discocellulaires et nommée
trail récurrent.
Ultracellulaire — s'étend au delà de la cellule entre Îles
nervures discocellulaires et le limbe, sur le disque qu’elle
couvre en totalité ou en partie. C’est la plus variable, spéci-
fiquement et individuellement, comme forme et comme déve-
loppement; rarement uniloculaire elle est divisée en un cer-
[ain nombre d’aréoles par les nervures qui traversent cette
partie de l'aile.
140 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Espace terminal. — Surface écaillée de largeur très diverse,
comprise entre la tache vitrée ultracellulaire et le bord
externe de l’aile.
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2 Zase ulfre 4
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FIG. 2. — Schéma des principaux caractères des ailes
AILE SUPÉRIEURE. — #. — base; c. = côte; à.52. — bord interne; {. = nervure
médiane (cubitale) ; 4. dsc. — trait ou point discocellulaire; 7e. = tache
externe du trait discocellulaire; e./. — espace terminal; Z.#. = ligne
marginale; frg. = frange; .v.infre. = tache vitrée infracellulaire; £.7.
intre.=tache vitrée intracellulaire; £.v. wltrc.=tache vitrée ultracellulaire;
PUS Al Ge CO TNT ON ELNUTES LA SN (CU MN, INÉDIT ES RTE)
traversant l’aire vitrée ultracellulaire et divisant celle-ci en aréoles ; Z.7.=trait
récurrent émis dans la cellule par le trait ou point discocellulaire.
AILE INFÉRIEURE. — fr.— frein; c.—=côte; . dsc.=trait ou point discocellulaire ;
l. m.=ligne marginale; /rg.= frange; c.a.—champ anal; Z. &.=lobe basal;
M. = nervure médiane (cubitale) ; #. 7 à, n. 1 D, n. 1C, n°2, n 3) n 3,
n. 5, n. 6=nervures 1 à 6; Dec. s.=nervure discocellulaire supérieure; De. z.
— nervure discocellulaire inférieure.
Bordure terminale ou marginale. — Etroite ligne d’écailles paral-
lèle et contiguë au bord externe, concolore ou plus foncée que
l’espace terminal et précédant immédiatement la frange.
Franges.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 147
AILES INFÉRIEURES
Base.
Nervures.
Trait ou point discocellulaire. — Est souvent réduit à une petite
tache sur la discocellulaire supérieure ; manque dans des
groupes entiers.
Bordure marginale. — Moins régulière dans sa forme qu’aux ailes
supérieures, elle est encore sujette à des variations indivi-
duelles; elle peut être extrêmement fine, mais ne manque
jamais même quand l'aile est en apparence complètement
transparente.
Lobe basal. — C’est une extension prononcée de la membrane
alaire, développée entre la base du bord abdominal et l’extré-
mité de la nervure 1 a. Le lobe basal est un caractère constant
de la sous-famille des Melittine, il ne se rencontre ailleurs
que chez un très petit nombre de genres de transition, parti-
cipant à des degrés divers des caractères de cette Sous-
Famille.
Malgré la multiplicité des formes qu’elle renferme, on n’a pas
encore tenté de mettre un peu de clarté dans la systématique des
Aegerüdæ, par l'établissement de grandes coupes basées sur des
caractères très généraux, et dans lesquelles viendraient se grouper
les genres ayant un minimum d’affinités phylogéniques. Il en
résulte un grand désordre, les genres sont placés un peu au
hasard de la taille et de la couleur, des détails de la vestiture
des ailes et des pattes, etc.
Pour remédier en partie aux inconvénients de cette absence de
méthode, et sans vouloir préjuger des résultats auxquels conduira,
dans l’avenir, l'étude de la Famille tout entière, je divise celle-ci
148 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
en trois Sous-Familles caractérisées par la structure des ailes
inférieures :
Ailes inférieures {oujours pourvues à la base du bord
abdominal d'un lobe bien développé et limité par la
nervure 1%; nervure 6 fortement écartée de la côte et
divergente dencelle- Che ARE PP Re ee I Melittiinæ.
Nervure 3 plus
rapprochée de 4
: 0 Nr que de 2 à la base
Ailes inférieures généralement RE
, ct souvent tigée
dépourvues de lobe basal; ner- re
f à avectelle 592. II Aegeriinæ,
vure 6 rapprochée de [a côte et
parallèle à celle-ci.
Nervure 3 plus
rapprochée de 2
| que de 4 à la base. IIT Tinthiinæ.
J'élimine provisoirement les caractères tirés de la forme ou de
la longueur des appendices et de leur ornementation, ainsi que la
nervulation des ailes supérieures, soumise à un polymorphisme
étendu et dont l'interprétation judicieuse exigerait une étude
particulière.
Lorsqu’au mois de juin 1914, M. Charles Oberthür, dont J'étais
alors l’hôte à Rennes, voulut bien me confer l’étude des Aegerudeæ
exotiques de sa Collection, nous ne pensions n1 l’un n1 l’autre que
la guerre dont l'Allemagne menaçait depuis des années notre
pays, allait se déchainer avec une barbarie que l’on pouvait croire
reléguée à jamais dans le Passé.
Inapte au service armé et mobilisé à mon vif regret dans les
services de l'arrière, j'ai eu l’heureuse fortune de pouvoir disposer
en moyenne d’une heure par jour, dans la soirée, pour m'occuper
d’Entomologie; malgré sa précarité, cette minime liberté, sans
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 140
cesse menacée par l'incertitude du lendemain, m’a cependant
permis d’entreprendre et de mener à terme l’étude des matériaux
qui font l’objet de ce mémoire. Les difficultés ne m'ont pas
manqué. En dehors de l’analyse proprement dite, de la compa-
raison et de la description des espèces, je me suis trouvé très gêné
par les indispensables et fastidieuses recherches bibliographiques
qui exigent tant de temps et ne se peuvent effectuer que dans des
Bibliothèques naturellement fermées aux heures où J'étais libre;
cet inconvénient a été atténué dans la mesure du possible par
l’obligeance de M. Charles Oberthür qui n’a pas craint de m’en-
voyer en communication, malgré les risques du voyage, plusieurs
ouvrages rares de sa riche bibliothèque, et par la complaisance de
M. J. Magnin. Je prie ces Messieurs d’accepter mes plus sincères
remerciements.
Quel que soit le soin que je me suis efforcé d’apporter à son
exécution, on ne s’étonnera pas qu'un travail poursuivi dans des
conditions matérielles aussi défectueuses, au milieu des fatigues
physiques et des préoccupations morales imposées par la Guerre,
s’en ressente et en porte les traces.
EN HR
150 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
I. —. Sous-Famille : MELITTIINÆ
GENRE MELITTIA Hbn.
(= Pansa Wallgrn.; — Eumallopoda Wallgrn.).
Melittia satyriniformis Hbn. (PI CDLXXV, fig. 3910).
Melittia satyriniformis Hübner (J. D.), Zutrage zur Sammlung Exotischer
Schmetterlinge, p. 17, PI. XXXII, fig. 453-454 (1825).
Aelittia satyriniformis Auct. [part.].
De toutes les espèces du genre Aelittia Hbn. celle-c1 semble la
plus commune et la plus étudiée, elle a fait l’objet d’un grand
nombre de publications et passe pour la mieux connue. En réalité,
il règne à son endroit des confusions multiples et son histoire
est des plus embrouillées.
Sa description originale a été publiée en 1825 par J. Hübner,
dans : Zuträge zur Sammlung Exotischer Schmetterlinge, p. 17,
PI. XXXII, fig. 453-454. Sommaire, comme d’usage à l’époque et
particulièrement chez Hübner, cette description serait insuffisante
à elle seule pour faire reconnaître l’espèce, mais la figure qui
l’accompagne est excellente. Elle représente un mâle dont les ailes
supérieures et le corps sont noirs, les palpes et les pattes rouge
écarlate et noir, mêlés de blanc, et le ventre rouge écarlate. Hübner
assigne simplement comme habitat à son espèce : Amérique, sans
que rien dans la description permette de préciser s’il s’agit de
l'Amérique du Nord ou de l’Amérique du Sud.
La présence à la même page et sur la même planche d’une autre
Aegerie : Paranthrene pepsidiformis Hbn. (— Sanninoidea ext-
liosa Say), portant la même indication de patrie et commune aux
Etats-Unis, a incité les auteurs à attribuer cette provenance à
Melitiia satyriniformis.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE TT
Quelques années après Hübner, T. W. Harris, dans The new
England Farmer, VII p. 33 (1828), faisait à son tour connaitre,
sous le nom d’Aegeria cucurbitæ, une Melittia dont le nom était
tiré des plantes nourricières de sa chenille. Jusqu’en 1851, Harris
publia une importante série de travaux sur l’espèce qu’il avait
nommée, et dès 1842 il en faisait connaître en détail les mœurs et
les premiers états (The new England Farmer, XX, p. 260).
En 1848, J. O. Westwood (The Cabinet of Oriental Entomo-
logy, p. 62, PL XXX, fig. 6), décrit Zrochilium ceto sur une
femelle de la collection H. G. Harrington. Après avoir indiqué
qu’elle lui fut communiquée comme « native of India », il ajoute
qu’il la croit « native of North America » sur l'autorité de
spécimens du British Museum, et signale en outre qu’une « beau-
tiful closelv allied species » du Venezuela existait à cette époque
dans la collection du Museum Britannique.
F. D. Walker, incapable de reconnaître exactement Weliftia
cucurbitæ par les descriptions sans figures de Harris, fait de
celle-ci, avec un point de doute, une variété de Welittia (= Tro-
chilium) ceto Westw. (List of the specimens of Lepidopterous
Insects in the British Museum, III, p. 66, 1856); plus loin, p. 67,
il décrit Melittia pulchripes sur deux exemplaires du Venezuela
et du Para, et dont un au moins n’est autre que l'individu signalé
précédemment par Westwood, mais 1l invalide bientôt cette nou-
velle Melittia dans les termes suivants (Addenda, p. 259) :
« This species is figured in Hübner, Exot. Schm., f. 453-454 ». Il
néglige d’indiquer que ces figures représentent Melittia sal yrini-
formis Hbn., complètement omise dans le volume VIII, et, par une
de ces contradictions fréquentes chez lui, il se borne à la men-
tionner beaucoup plus tard, en 1864, dans le volume XXXI (p. 26),
(Supplément) du même ouvrage, parmi les S#hingide d’Amé-
rique du Nord, en compagnie de Sesia venata Feld. d’Amboine.
A. D. Boisduval (Species Général des Lépidoptères, Hétéro-
cères, I, p. (1874), ne connaissait en nature que des individus de
Géorgie; il les rapportait pour une part à Melittia satyriniformis
Hbn., pour une autre à Melittia cucurbitæ Harris, en rétablissant
152 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
pour celle-ci, aux dépens de ce/o Westw., la priorité méconnue par
Walker. Par contre, l’Addenda de cet auteur (Z. c.) ayant échappé
à son attention, 1l traite en espèce distincte Âelittia pulchripes
Wikr., d’après sa description originale.
Dans le volume IT de Papilio (1882), Hy-Edwards fait paraître
la description de Welitfia amæna, établie sur un mâle du Kansas;
elle différerait de Melittia cucurbite Harris par ses ailes supé-
rieures dépourvues de tache vitrée, l’abdomen « black with pur-
plsh reflections » et les côtés des segments bordés de blanc
verdâtre, la touffe anale orange brun avec des poils noirs et
mélangé de blanchâtre, tous les tarses noirs, etc.
H. Druce, dans la « Biologia Centrali-Americana », Lepidop-
tera-Heterocera, I, p. 32 (1884), continue à séparer spécifiquement
Melittia satyriniformis Hbn. et Melittia ceto Westw., mais, comme
Walker, place en synonymie de la première Melittia pulchripes
Walk. dont il a probablement vu le type au British Museum. I] ne
connaît en nature de la première que des individus du Yucatan et
du Guatemala, et de la seconde du Guatemala et de Panama.
Parmi les autres localités qu’il cite dans les habitats de ces deux
Melittia, d'après Walker et Boisduval, ne figure pas la République
Argentine, indiqué un an plus tôt par Hy-Edwards pour #. ceto
Westw.
Enfin, en 1897, Wm. Beutenmüller, qui s’est fait une spécialité
de l’étude des Aegertidæe Nord-Américaines, réunit comme syno-
nymes à Meliltia salyriniformis Hbn. Melittia (— Acegeria)
cucurbilæe Harris et Melittia (— Trochilium) ceto Westw. (Journal
of the New-Vork Entomological Society, Vol. V, p. 34-35). Deux
ans plus tard, dans son « Synopsis of Welittia of America North
of Mexico, with description of a new Species » (Bulletin American
Museum Natural History, Vol. XII, p. 149 (1800), il confirme ses
précédentes synonymies et leur ajoute Melitlia amæna Hy-Edw.
Ces travaux précédaient de peu sa belle « Monograph of the
Sesiidae of America North of Mexico » parue en 1go1 in
Memoirs of the American Museum Natural History, Vol. I,
Part VI, où les mêmes conclusions se trouvent reproduites, ap-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 153
puyées d’une importante Bibliographie et suivies d’un bref histo-
rique. Celui-ci est quelque peu superhciel, Melittia pulchripes y est
complètement omise, tout comme dans la Bibliographie, et on y
voit, par exemple, en ce qui concerne Z7ochilium ceto, que
Westwood « ...wrongly recorded it from China. », ce qui est
inexact; il y est dit aussi : « Hubner’s figure is fairly good and
cannot be mistaken for anything else » et cela s'accorde peu avec
les identifications auxquelles il croit devoir s'arrêter, comme Je
l’établirai plus loin. Cependant une indication est fort intéres-
sante : « .. since Doubleday, in a letter dated Feb. 27, 1841, calls
Harris’s attention to Hübner’s figure, and states that Ae. cucur-
bite was M. satyriniformis. For same reason the names À egeria
or Melittia cucurbitæ or celo were used in litterature and collec-
tions up to 1897 wen attention was called by me to Hübner’s
figure. » Il aurait fallu ajouter ici « en Amérique », car en fait, en
Europe le nom de Harris, à peu près inemployé, tomba en désué-
tude, et c’est sous le nom de Saz/yriniformis Hbn. pour les mâles
et de ceto Westw. pour les femelles que les Melittia nord-améri-
caines furent classées dans les collections et mentionnées dans les
ouvrages. Dans tous les cas, la lettre de Doubleday citée par
W. Beutenmüller, fait remonter à l’illustre auteur britannique la
première tentative de synonymie proposée pour Welittia sat yrint-
formis Hbn., mais il n’en fut guère tenu compte ni par Harris, ni
même par les compatriotes et contemporains de Doubleday.
Beutenmüller disposant d’un matériel considérable, et à même de
consulter les types des auteurs américains, jouissant d’une répu-
tation de spécialiste averti, fut plus heureux, ses conclusions ont
été adoptées et nul jusqu'ici n’y a fait d’objections.
Pourtant l’étude des matériaux de la collection Ch. Oberthür,
du Museum de Paris et de ma collection personnelle, pour la
détermination desquels je me suis reporté aux sources, m’a con-
vaincu qu’elles étaient rien moins que fondées et le résultat auquel
J'ai abouti diffère complètement de celui de l’auteur américain.
Les exemplaires que j'ai en mains proviennent des Etats-Unis,
du Honduras, de Colombie et du Venezuela, ils forment une petite
154 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
série de 18 individus des deux sexes, se référant à trois unités
distinctes.
La première est la véritable Welithia satyriniformis de Hübner,
qu'aucun des auteurs qui en ont parlé ne paraît avoir connue
en nature. J'en possède un mäle de Colombie, acquis en 1011
de M. G. À. Baër, tout à fait conforme aux descriptions et
figures originales. En même temps que je le fais représenter,
PI CDLXXV, je crois utile d'en donner ici la descnption
détaillée.
d. — Vertex noir bronzé foncé; front noir bronzé bordé de
blanc pur devant les yeux; palpes à premier article noir, second
rouge extérieurement, noir en avant avec une petite tache blanche
à l’extrémité; troisième rouge à pointe noire; trompe brun foncé;
plaque jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques blanc pur;
antennes noires; veux brun foncé; ocelles orange.
Collier et thorax noir bronzé foncé; touffes latérales du méta-
thorax concolores, mêlées de grisâtre à la base; surface postcoxale
noire avec des poils blancs peu abondants.
Abdomen noir bronzé foncé, septième tergite bordé de gris
foncé; brosse anale noire portant latéralement quelques poils
blancs. Ventre avec les deux premiers et le dernier sternites noir
bronzé foncé et les cinq sternites intermédiaires rouge écarlate
bordés de noir.
IHanches antérieures noires, bordées extérieurement de blanc,
fémurs noir bronzé tachés de rouge au sommet en dessus, tibias
noirs avec une ligne longitudinale rouge en dessous, tarses noirs
avec une tache blanche à la base du premier article en dessous.
Fémurs médians noirs; tibias noirs avec une bande transversale
externe blanc bleu et la crête supérieure rouge écarlate; éperons
noirs; tarses noirs tachés de blanc à la base des deux premiers
articles en dessous. Fémurs postérieurs noirs frangés de longs
poils concolores et portant une tache blanche à l’extrémité du
bord inférieur, tibias fortement hérissés, noirs avec la moitié lon-
gitudinale externe et la crête supérieure rouge écarlate, une bande
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 155
transversale blanc bleu, s'atténuant et passant au blanc pur sur la
crête supérieure coupe la face externe au niveau de la première
paire d’éperons en arrière desquels se trouve une tache blanc pur
sur la crête inférieure; éperons des deux paires noirs, les externes
poilus de blanc postérieurement ; tarses hérissés des mêmes poils
que les tibias, noirs jusqu’au dernier article avec le premier et le
second article rouge écarlate extérieurement.
Ailes supérieures opaques, noires glacées de bleu verditre
foncé, munies à la base d’une courte tache vitrée infracellulaire.
Dessous noir bleu.
Ailes inférieures transparentes à reflet bleu foncé; nervures et
ligne marginale — fine et égale — noir bronzé foncé, lobe basal
opaque, concolore, à base gris blanchâtre et parsemé de rares
écailles blanc bleu. Dessous semblable avec le lobe basal unifor-
mément noir. Franges des deux paires noir bronzé.
Envergure : 31 millimètres.
1 O, Colombie, Bogota, ex G. A. Baër (1911), Coll. Fd. Le Cerf.
À mon avis, 1l ne peut y avoir aucun doute, c’est bien là l’espèce
décrite et figurée par Hübner et pour laquelle celui-ci s’est borné à
indiquer comme provenance : Amérique, sans autre précision. Sa
coloration générale très foncée et bien tranchée : noir, blanc et
rouge écarlate, ainsi que ses tarses postérieurs noirs jusqu’au
sommet la séparent nettement des espèces suivantes.
Melittia cucurbitæ Harris (PI. CDLXXV, fig. 3911, 39120 ).
Aegeria cucurbitæ Harris, The New-England Farmer, Vol. VII, p. 33
(1828).
Melittia satyriniformis Auct. nec Hbn. [part.].
C’est l’espèce, bien distincte de la précédente, qui peuple les
Etats-Unis, de laquelle je considère comme typiques une paire
de très vieux exemplaires étiquetés, le mâle : /4zalis Dru. —
cucurbite Harris, Am. Bor., la femelle : cucurbitæ Harris — ceto
Westw., Am. Bor.; ils proviennent de la collection Boisduval et,
1506 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de l’avis de M. Charles Oberthür, il est probable que celui-ci les
tenait de Harris avec qui, très longtemps, 1l fut en relations. Ce
sont eux qui ont servi à Boisduval pour le Species Général des
lépidoptères, mais la manière dont 1l est traité dans cet ouvrage
de Melitlia salyriniformis et de Meliltia celo prouve que les
étiquettes accompagnant ces deux individus ont été écrites anté-
rieurement à la rédaction du Species, et ceci nous reporte assez
loin, puisque Boisduval dit en 1874, dans sa préface, que cette
rédaction était commencée depuis plus de vingt ans et achevée
depuis six ans.
Quoique le temps les ait fanés, on reconnaît sans peine, à
l'intégrité de leurs franges et de leur écaillure, qu’ils ont été
obtenus ex larva, et seul, pendant des années, Harris fut à même
d'élever l’espèce qu’il avait découverte, et dont voici la descrip-
tion d’après les exemplaires de la collection Boisduval (Coll.
Charles Oberthür) :
Œ.— Vertex gris bronzé verdâtre; front bronzé clair, largement
bordé de blanc devant les yeux; palpes à premier article blanc,
second jaune fauve latéralement, blanc en avant, avec un petit
pinceau terminal oblique de poils noirs, troisième fauve et blanc;
trompe brun roussâtre; plaque jugulaire blanche mêlée de quel-
ques écailles bronzées au sommet; poils péricéphalhiques blancs;
yeux bruns; ocelles jaune topaze.
Collier et thorax gris bronzé verdâtre; dessous du thorax plus
clair, avec une petite tache latéropectorale antérieure blanche,
sous l’extrémité du collier; surface postcoxale couverte de poils
blancs.
Abdomen gris bronzé verdâtre avec toute la région dorsale des
troisième, quatrième et cinquième tergites, et la base du sixième
rouge fauve; trois points noirs placés sur le milieu de la base des
quatrième, cinquième et sixième tergites se détachent sur cette
large macule claire et une ligne d’écailles gris plus ou moins pâle
borde tous les tergites à l'exception du premier et du dermer;
brosse anale formée de poils courts, rouges et noirs. Ventre jaune
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 157
ocracé un peu mêlé de fauve pâle, avec les deux premiers sternites
gris bronzé.
Hanches antérieures blanches assez fortement mélangées de
fauve; fémurs fauves à crête inférieure blanche; tibias noirs en
dessus, fauves en dessous; tarses noirs tachés de fauve à la base
des articles en dessus et de blanc en dessous. Articulations coxo-
fémorales médianes blanc ocracé, fémurs fauves passant au rouge
vermillon sur la crête supérieure, tachés de noir à la base et au
sommet de la crête inférieure et traversés au mieu de la face
externe par une ligne médiane blanche ; éperon interne noir,
externe blanc; tarses noirs annelés de blanc à la base des quatre
premiers articles. Articulations coxofémorales postérieures gris
bronzé verdâtre; fémurs concolores, frangés inférieurement de
poils blancs et tachés au sommet de blanc ocracé et de fauve;
tibias hérissés de longs poils, noirs sur la crête inférieure et la
moitié de la face externe de la base à la première paire d’éperons
derrière laquelle se trouve une tache blanche, rouge fauve au dela
et sur toute la longueur de la face externe et de la crête supérieure;
quelques poils blancs forment une ligne transversale et se réu-
nissent à une touffe de même couleur placée entre la base et le
milieu de la face interne; éperons noirs, les externes poilus de
blanc postérieurement ; tarses couverts des mêmes poils que les
tibias, rouge fauve sur la face externe et le dessous du premier
article, noirs en dessus et du côté interne, blancs sur les deux
derniers articles; les articles 2 à 5 sont en outre écaillés de blanc
sur les deux faces et de noir en dessous.
Aïles supérieures opaques, gris bronzé verdâtre luisant, avec
une courte tache vitrée infracellulaire linéaire. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes avec des nervures et la ligne mar-
ginale gris bronzé verdâtre, cette dernière s’élargit et se fond
entre les nervures 2 à 6; l’espace internervural 6-7 est complè-
tement opaque, concolore. Lobe basal opaque, gris bronzé verdâtre,
presque entièrement recouvert d’écailles et de poils gris clair.
‘Dessous semblable à lobe basal gris bronzé. Franges des deux
paires gris bronzé, très pâle à la base des ailes inférieures.
11
158 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Q.— Diffère du mâle par l’abdomen rouge fauve en dessus du
troisième tergite au sommet; la présence d’un quatrième point
noir dorsal sur le septième tergite, le ventre un peu plus foncé, les
nervures des ailes inférieures plus fortement écaillées et la bor-
dure marginale plus large, mais aussi diffuse.
Envergure : ©, 25 millimètres; ©, 34 millimètres.
1,0, 1 ©, Am. B: (= Amérique boréale) vex Ælarris)pMus
D's Boisduval, Coll. Ch. Oberthür.
Meldittia cucurbitæ Harr, Var. ceto Westw. (PL CDLXXV,
fig. 3013 Ÿ, 3014 O).
T'rochilium ceto Westwood (J. O.), The Cabinet of Oriental Entomologie,
p. 62, PI. XXX, fig. 6 (1848) [fer].
Melittia ceto Auct.
Melittia satyrimiformis Beutenm. #ec Hbn.
Je rapporte comme variété à cucurbitæ Harris l’espèce de West-
wood; elle diffère du type par la ligne marginale des ailes infé-
rieures sensiblement moins large, nettement définie et de largeur
égale de la nervure 2 à l’apex dans les deux sexes; l’espace inter-
nervural 6-7 transparent chez le mâle.
C’est cette forme que l’on reçoit du littoral atlantique des
Etats-Unis, et c’est à elle que se réfère la figure de T. ceto Westw.
comme l’établit sans conteste la minceur et la régularité de la
ligne marginale des ailes inférieures.
Envergure : , 29-31 millimètres; ©, 30-37 milimètres.
4 ©, 4 Q : Philadelphie, ex Mr. Peale (Mus. Philadelphie,
18...), Coll. Museum de Paris — New-York, ex L. Feld, Coll.
Ch. Oberthür -— New-York, ex Coll. H. Deckert (1912), Coll.
Fd: Le Cerf.
De la troisième espèce je ne connais que des femelles, toutes de
l’Amérique Centrale. Je les identifie à Melia pulchripes Walker,
malgré la synonymie que celui-ci a cru devoir établir et qui ne
saurait être maintenue.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 159
Melittia pulchripes Walk. (PI CDIXXV, fig. 3915).
Melittia pulchripes Walker (F. D.), List of the specimens of the Lepidop-
terous Insects in the collection of the British Museum, VIII, p. 07
(1856) [fer].
Melittia satyriniformis Auct. nec Hbn. [part.].
Q. — Extrêmement voisine de M. cucurbitæ Harris dont elle
se distingue par les caractères suivants :
Les cinq derniers tergites de l’abdomen sont fauve roux et non
rouge vif ; ils portent cinq gros points noirs dont le premier, placé
sur le troisième tergite est diffus et fondu avec la teinte noir
bronzé verdâtre des premiers tergites. Ventre jaune ocracé clair.
Deuxième article des palpes longé par une ligne noire plus ou
moins bien marquée en dehors. Fémurs antérieurs rouge vif. Crète
et moitié longitudinale externe inférieure des tibias médians ct
postérieurs noires, les taches blanches en arrière des éperons res-
sortent ainsi sur fond noir et non sur fond rouge. Aux ailes infé-
rieures, les nervures et la bordure marginale sont plus finement
écrites que chez ceto Westw., et l’espace internervural 6-7 est
transparent.
Envergure : 20-38 millimètres.
6 QQ, Venezuela; Honduras, San Pedro Sula, ex Erich
Wittkugel (1895-1896), Coll. Ch. Oberthür. — Bogota, Colombie,
ex \G A Baër (ro1r), Coll Fd'Ee Cerf:
Sur les exemplaires défraichis et frottés, les points noirs du
dessus de l’abdomen paraissent former une ligne continue
séparant en deux la couleur fauve roussâtre du fond et c’est sans
doute ce que Walker a voulu exprimer en disant : « abdomen
vitlis duabus rufescentibus ».
L’individu que je fais représenter et que je tiens pour conforme
aux types de Walker provient comme l’un d’eux du Venezuela.
Les autres femelles, du Honduras et de Colombie en diffèrent
160 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
légèrement en ce que le noir est un peu réduit aux palpes et vers
le dessous des tibias postérieurs.
Je n’ai vu aucun exemplaire pouvant se rapporter à Melittia
amaæna Hy-Edw., mais si les caractères donnés dans la description
sont exacts et, notamment les tarses entièrement noirs, l’absence
de tache vitrée aux ailes supérieures et de rouge à l’abdomen, 1l y
aurait lieu de la considérer comme une forme différente de celles
étudiées 1c1, et pour la distinction rapide desquelles j’ai étabh le
tableau dichotomique suivant :
Coloration générale noir bronze très foncé ;
pas de teinte rouge ou fauve sur le dessus de
l'abdomen ; premier article des palpes et plaque
jugulaire noirs; ventre rouge écarlate, tarses
postérieurs noirs jusqu’au sommet................ .… WW. Satyriniformis Hbn.
Colombie.
Get © avec l'es
paceinternervural 6-7
des ailes inférieures
opaque et la ligne
marginale élargie et
Coloration générale À fondue M. cucurbitæ Harr.
bronzé-verdâtre ; dessus ne te
de l’abdomen plus ou
moins largement écaillé Ligne marginale
de fauve ou de rouge;
premier article des pal-
pes et plaque Jugu-
laire blancs ; ventre
ocracé plus ou moins
clair; derniers articles
des tarses postérieurs
blancs.
des ailes inférieures
étroite et nettement
définie ; espace inter-
nervural 6-7 transpa-
rent chez le O', opa-
que-chez la0:" 27
Espace internervu-
ral 6-7 transparent
M. cucurbite Harr.
var. ceto Westw.
Etats-Unis.
M. pulchripes WIKk.
Amérique centrale.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 161
A ce tableau je joins (fig. 3) la représentation des ailes infé-
rieures de ces diverses formes, montrant la disposition si remar-
quable de l’écaillure de la ligne marginale et de l’espace
internervural 6-7.
FIG. 3. — Ailes inférieures des espèces et variétés du groupe de Æ/e/ittia
satyriniformis Hbn.,
a, b — Melittia cucurbitæ Karr. CO Q.
c, d = M. cucurbitæ Harr. var. ceto Westw. C Q.
e = M. satyriniformis Hbn. d.
f = M. pulchripes Wikr.. O.
Melittia Khmer n. sp. (PI CDLXXV, fig. 3916).
d.— Vertex gris bronzé, hérissé de quelques poils gris et noirs;
iront blanc à centre bronzé clair irisé de verdâtre. Palpes à pre-
mier article blanc; second épais, jaune vif en dessus, jaune pâle en
dessous, avec quelques poils noirs au milieu extérieurement et à
l'extrémité en dessous ; troisième article long, aigu, à somme: noir.
Trompe noire. Plaque jugulaire blanc jaunâtre, poils péricépha-
liques blancs. Antennes noires, avec le sommet un peu écaillé de
blanc en dessous. Veux bruns; ocelles jaunes.
162 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Collier gris foncé à reflet bleu d’acier et à bord postérieur plus
clair. Thorax recouvert d’écailles gris foncé à sommet gris pale.
Dessous concolore avec une ligne longitudinale blanc jaunâtre
étendue de l’extrémité du collier à la base des aïles inférieures.
Touffes latérales du métathorax formées de poils gris foncé et
blanc grisâtre; surface postcoxale couverte de poils blancs.
Abdomen gris foncé avec quelques écailles blanches petites,
peu apparentes, plus abondantes vers la base, et une ligne dorsale
et médiane de cinq petites taches noires placées à la base des
second, troisième, quatrième, cinquième et sixième tergites ; brosse
anale très courte, noire en dessus, gris Jaunâtre latéralement.
Ventre Jaune roux pâle.
Hanches antérieures blanches, à bord externe et sommet jaune;
fémurs noir bronzé longés en dessus de jaune fauve et en dessous
de blanc; tibias noirs en dessus, jaune fauve en dessous; tarses
noirs. Fémurs médians noir bronzé, à sommet jaune fauve exté-
rieurement ; tibias jaunes mêlés de blanc dans leur moitié proxi-
male externe, noirs du milieu à l’extrémité et en dessous, jaune
vif en dessus; éperons noirs; tarses noirs, avec la base des trois
premiers articles blanc pur. Fémurs postérieurs noir bronzé avec
le sommet blanc jaunâtre; tibias peu hérissés, noirs, avec une
ligne de poils fauves interrompue de blanc sur la crête supérieure,
une autre ligne transversale et médiane d’écailles blanches et une
petite tache blanche sur la crête inférieure en arrière de la pre-
mière paire d’éperons. Tarses noirs longés de fauve sur le premier
article. Eperons noirs, l’externe de la seconde paire blanc au
sommet en arrière.
Ailes supérieures opaques, gris foncé, reflétant légèrement en
bleuâtre avec quelques poils blancs à la base du bord interne, une
étroite tache vitrée infracellulaire et une intracellulaire très
courte, linéaire, mal définie. Dessous un peu plus pâle.
Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
gris foncé; lobe basal opaque, concolore, bordé de jaunûtre.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris foncé.
Envergure : 28 millimètres.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103
Type : 1 G, Cambodge, Angkor, Coll. F. Le Cerf.
Malgré sa livrée plus terne et la présence d’une très petite tache
vitrée intracellulaire cette espèce est très étroitement apparentée
aux espèces américaines du groupe de M. satyriniformis Hb. et
tout particulièrement à M. cucurbitæ Harris, des Etats-Unis. La
disposition des zones claires aux pattes, la présence et l’arran-
gement en ligne des points noirs dorsaux, la forme et la vestiture
des palpes entre autres détails sont identiques chez #/. K'hmer
et M. cucurbite.
Melittia Chimana n. sp. (PL CCCLXXV, fig. 3132).
Q.— Vertex noir bleu, hérissé sur la nuque de longs poils noirs
et blancs; front noir bronzé lituré de blanc devant les yeux;
palpes noir ferrugineux mêlés de blanc sur toute leur surface;
trompe brun noirâtre; plaque jugulaire noire mêlée et bordée de
blanc; poils péricéphaliques blancs. Antennes noires; yeux brun
ardoisé, ocelles jaune topaze.
Collier blanc; mésothorax et ptérygodes noirs, métathosax
blanc; surface postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen
noir avec le premier tergite en entier et les côtés du second blancs;
des écailles blanches parsèment également les deux derniers
tergites ; brosse anale rudimentaire, noire. Ventre blanc jaunâtre.
Hanches antérieures noires, frangées de poils concolores;
tibias noirs un peu mêlés de blanc; tarses blancs en dessus et en
dessous, noirs du côté interne. Articulations coxofémorales
médianes et postérieures noires mêlées de blanc; fémurs médians
noirs, avec quelques écailles blanches au sommet ; tibias médians
hérissés, noirs, un peu tachés de blanc extérieurement au milieu;
tarses noirs à premier article annelé de blanc, fémurs postérieurs
noirs, mêlés de blanc à la base; tibias postérieurs hérissés de poils
noirs, mélangés extérieurement en dessus et à l’extrémité de poils
blancs ; tarses hérissés de poils noirs, tachés de blanc à la base
du côté interne et à l'extrémité du premier article.
104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ailes supérieures opaques, noir ferrugineux, parsemées
d’écailles bleu pale et portant près de la base une courte tache
vitrée infracellulaire. Dessous noir pourpré.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite
bordure marginale noires. Dessous semblable. Franges des quatre
ailes gris bronzé.
Envergure : 32 millimètres.
Type : 1 Q, Equateur, La Chima, Prov. los Rios (1° semestre
1803); ex Marc de Mathan; Coll. Ch. Oberthür.
Apparentée à Melithia funesta Le Cerf et surtout à Melittia
rugia Druce, mais bien distincte par sa coloration fonciere ferru-
gineuse et non noir bleuûtre, l’absence d’aire hyaline dans la
cellule, la pilosité concolore des pattes et des tarses, la base de
l’abdomen blanc pur comme le collier, et le lobe basal des ailes
postérieures transparent et non écaillé de « vert bleuâtre métal-
lique. » Druce ne parle pas de la coloration du ventre.
Melittia funesta nov. sp. (PI CDLXXV, fig. 3918).
Q.-—- Vertex non hérissé noir bleu; front noir pourpré, lituré
de blanc devant les yeux. Palpes noirs, mêlés extérieurement et
en avant de blanc; face interne blanche. Trompe brune. Plaque
jugulaire noir bleu; poils péricéphaliques jaune roussâtre dans
le tiers inférieur de l’occiput et noirs jusqu’à la nuque. Antennes
noires. Yeux brun roux; ocelles jaune topaze.
Collier noir pourpré. Thorax en entier noir bleu; surface
postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen noir bleu avec les
côtés du premier tergite et le troisième — presque en totalité —
écaillés de blanc jaunâtre. Ventre noir bleu avec un large senuis
médian d’écailles blanches, élargi vers l’extrémité du corps.
Hanches antérieures noir bleu; fémurs concolores ; tibias poilus,
noir bleu en dessus, blanc jaunâtre en dessous; tarses noirs en
dessus, blanc jaunâtre en dessous. Fémurs médians et postérieurs
noir bleu, un peu écaillés de blanc le long de la crête inférieure;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 165
tibias médians noir bleu mêlés d’un peu de blanc jaunâtre en
dessus avant le sommet; éperons noirs; tarses à premuer article
velu, noir, largement annelé de blanc jaunâtre, deuxième et troi-
sième noirs tachés extérieurement de blanc jaunâtre, quatrième
et cinquième noirs; tibias postérieurs noir bleu à reflet bronzé,
mêlés d’écailles et de poils blanchâtres et hérissés avant le milieu
de poils blanc jaunâtre mêlés de noir en dessus, noir bleu en
dessous. À cette partie hérissée succède une zone couverte d’écailles
noir pourpré en dessus, blanc jaunâtre luisant à reflet verdâtre
latéralement et en dessous, à laquelle fait suite une touffe hérissée
et épanouie de longues écailles et de poils noir bronzé à reflet vert
doré mêlés d’écailles et de poils blanc jJaunâtre. Eperons noirs,
écailleux, les postérieurs blancs en arrière. Tarses hérissés de poils
plus longs que ceux des tibias, noir bronzé à reflet vert doré très
légèrement mêlés de blanc jaunâtre; les deux derniers articles
blanc jaunâtre en dessous.
Ailes supérieures opaques, noir pourpré à reflet vert bronzé le
long du bord interne et sur le disque, éparsement semées d’écailles
blanc bleuté et portant trois taches vitrées : une infracellulaire
courte et assez large, une intracellulaire extrêmement petite,
linéaire, et une ultracellulaire réduite à un triangle minuscule à la
base de l'intervalle des nervures 3 et 4 Dessous noir bronzé
verdatre sans écailles blanches.
Ailes inférieures transparentes à reflet bleu; lobe basal réduit
et en partie transparent ; nervures, trait discocellulaire et bordure
marginale noir pourpré. Franges des deux paires noir bronzé.
Envergure : 31 millimètres.
Type : 1 ©, Brésil, ex M. Pechetto (1854), Coll. du Museum
de Paris.
Sa coloration sombre, ses très petites taches vitrées, son lobe
basal réduit et en grande partie transparent, la disposition en
deux touffes distinctement séparées des longs poils de ses tibias
postérieurs rendent cette espèce facile à reconnaître. Elle est
apparentée au groupe qui comprend entre autres : Meli{fia ruçia
Druce, Melittia chimana Te Cerf — parmi les espèces améri-
106 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
caines — et Melittia iridisquamma Mabille — parmi les espèces
africaines.
Je la décris sur un exemplaire complet mais un peu vétuste,
et dont l’abdomen seul est endommagé; un individu semblable,
également ancien et non nommé, existe dans la collection du
British Museum.
Melittia Hervei n. sp. (PI CDLXXV, fig. 3919).
Q. —- Vertex noir bleu, non hérissé; front noir bronzé très
étroitement lituré de blanc devant les yeux. Palpes non hérissés,
blanc jJaunâtre, avec une courte ligne externe sur le sommet du
second article et le troisième article noirs. Trompe courte et faible,
jaunâtre. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. An-
tennes noires, à peine plus claires en dessous. Veux noirs, ocelles
jaunes.
Collier noir à reflet bleu d’acier. Thorax en entier noir bronzé
pourpré; surface postcoxale noire. Abdomen entièrement noir.
Hanches antérieures noires; fémurs noirs, frangés inférieure-
ment de poils concolores et un peu écaillés de rouge fauve au
sommet de la face externe ; tibias noirs ; tarses Jaunâtres en
dessous, noirs en dessus avec la base des troisième et quatrième
articles et le cinquième en totalité jaune orangé. Pattes médianes
entièrement noires. Pattes postérieures à fémurs noirs frangés
inférieurement de poils concolores, tibias hérissés de longs poils
noirs ; éperons antérieurs noirs, l’externe à sommet blanc; éperon
postérieur interne noir, externe noir en avant, blanc au sommet et
poilu de rouge fauve en arrière; tarses hérissés de longs poils
rouge fauve.
Aïles supérieures opaques, noires, avec deux petites taches
vitrées : une intracellulaire courte et coupée obliquement au
sommet, et une ultracellulaire réduite à une petite aréole ovalaire
entre la base des nervures 3 et 4. Dessous semblable. Ailes infé-
rieures transparentes à reflet bleu; nervures noires; bordure mar-
ginale noire assez large, irrégulière, mal définie; lobe basal com-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 167
plètement écaillé de noir bleu brillant. Dessous semblable. Franges
des deux paires longues, assez grossières, noir bronzé, coupées de
noir bleu le long du lobe basal aux inférieures.
Envergure : 39 millimètres.
Type : 1 ©, Pérou, Chanchamayo, ex Oswald Schuncke (1912);
Coll. Ch. Oberthür.
Cette espèce est dédiée à M. Hervé Oberthür, petit-fils de
M. Ch. Oberthür. Elle n’est voisine d’aucune des espèces que Je
connais en nature ou par leur description; seul, le dessin de ses
ailes supérieures a quelque rapport avec celui de Melittia funesta,
du Brésil.
Melittia natalensis Bultler var. occidentalis n. var.
(PICDEXXKV, he. 3017).
La Collection du Museum de Paris contient de cette espèce un
exemplaire du Congo que j'ai comparé à Londres aux types de
Butler; il montre avec ceux-ci qui proviennent de Port-Natal les
différences suivantes :
Taille plus grande, coloration franchement noire et non brun
chocolat des ailes supérieures et présence à celles-ci de deux taches
hyalines punctiformes au lieu d’une seule.
Envergure : 38 millimètres.
Type : r: ©, Haut-Oubanghi, Congo français, ex M. Viancin
(1895), Coll. du Muséum de Paris.
Deux caractères importants sont omis dans la description ori-
ginale, le premier consiste en une petite tache hyaline entre la
base des nervures 3 et 4, aux ailes supérieures, l’autre est la cclo-
ration du lobe basal des ailes inférieures, ce lobe est noir recouvert
d’écailles bleu pâle qui le font paraître gris bleuatre un peu
lustré. On trouve cependant une allusion au premier de ces carac-
tères dans la description d’une autre espèce africaine, Me!/if#1a
aenescens du même auteur, parue 22 ans après celle de M.natalensis
et qui a « .. the same transparent spot between the second and
108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
‘
third median branches. », mais si cette fois la description est
exacte 1] n’en est pas de même de la figure qui l'accompagne car
clle montre des ailes complètement opaques et dépourvues de
toute trace de point transparent. |
Melittia pellecta Swinhoë. (PI CDLXNXI, fig. 3064).
VWélitlia pellecta Swinhoë, Transactions of the Entomological Society
of London, p. 169, PI. VI, fig. 2 (1890) [fe].
Ma collection contient un individu que je crois être le mâle
encore inconnu de cette espèce, décrite par Swinhoë sur une femelle
capturée en août 1888 à Rangoon (Siam). Il est assez fortement
défraichi, mais un examen minutieux permet de retrouver des
traces suffisantes de tous ses caractères.
La coloration de la tête, du thorax, de l’abdomen, des pattes
et des ailes inférieures correspond bien à la description origi-
nale, seules les ailes supérieures offrent une différence importante,
elles sont entièrement d’un noir un peu bleuâtre, à l’exception
d’une large tache vitrée quadrifide, arrondie, étendue de la ner-
vure 3 à la nervure 7, mais cette différence ne dépasse pas l’am-
plitude du dimorphisme sexuel. Des découvertes ultérieures
confirmeront, je l’espère, le rapprochement que je fais ici, bien
qu’il constitue une exception à la règle d’après laquelle chez les
Aegerüde, c'est le mâle qui présente habituellement le plus grand
nombre de taches vitrées et les mieux. déveléppées. On peut
d’ailleurs observer qu’à défaut du nombre, le développement de
l’aire vitrée ultracellulaire, seule présente dans le mâle, est plus
considérable que celle d'aucune des trois de la femelle chez qui
elles sont aussi moins nettement définies.
En outre du caractère des ailes supérieures, je compléterai par
les détails suivants la déscription de M. pellecta Swh.
d. — Antennes très brièvement pectinées et ciliées, noires en
dessus, brunes en dessous. Trompe brun roussâtre; plaque jugu-
laire blanc Jaunâtre à centre noir; poils péricéphaliques blancs.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 169
Veux bruns; ocelles jaune topaze bordés en avant de petits poils
blancs. Toufles latérales du inétathorax noir grisâtre à base
blanche. Hanches antérieures noires à base et bord interne blancs.
Eperons des pattes médianes et postérieures noirs. Ventre noir.
Le lobe basal des ailes inférieures est beaucoup moins bleu qne
sur la figure accompagnant la description, il est noir saupoudré
peu densément d’écailles bleu pâle; quelques-unes de celles-ci
marquent la base des ailes supérieures. Franges noires.
Envergure : 33,5 millimètres.
Hype no) Cambodse Calle. Le’Cérr
Melittia pauper n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3135).
d.— Vertex hérissé, gris brunâtre; front gris bronzé lituré de
blanc devant les yeux; palpes blancs à la base, en dessous, et
du côté interne, Jaunâtres extérieurement et en dessus, avec
quelques écailles brunes sur le milieu du second article. Trompe
brun foncé; plaque jugulaire blanche, mêlée de jaunatre dans
sa partie médiane. Poils péricéphaliques blancs. Antennes ?
(détruites). Yeux bruns, ocelles rouge rubis.
Collier, thorax en dessus gris olivâtre portant de chaque côté
en dessous deux petites taches latéropectorales blanches : une
antérieure près de l’extrémité du collier, l’autre sous la base des
ailes.
Abdomen gris olivâtre avec le bord postérieur des tergites
mèlé d’écailles plus claires, blanchâtres sur les deux premiers
tergites. Ventre jaune roussâtre. Brosse anale rudimentaire,
olivâtre en dessus, jaune roussâtre en dessous.
Hanches antérieures blanches, un peu salies de jaunûtre;
fémurs gris olivatre, longés en dessus de blanc et frangés infé-
rieurement de poils gris et blancs; tibias gris olivâtre un peu
mêlés extérieurement de jaune roussâtre ; tarses blancs en dessus,
gris ohvâtre latéralement et en dessous. Articulation coxotémo-
rale des pattes médianes blanches, des postérieures gris olivatre
170 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
à moitié distale blanche. (Pattes médianes détruites); fémurs
postérieurs gris olivâtre à sommet blanc jaunâtre; tibias hérissés
de longs poils fauves à la base et à l’extrémuté, jaune terne au
milieu en dessus, extérieurement et sur la face interne, gris
olivâtre en dessous; éperons gris olivâtre foncé avec des poils
jaunâtres en arrière. Tarses détruits à l’exception du premier
article qui porte des poils fauves et noirs.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et un
large espace terminal gris olhvâtre; le point discocellulaire large
et concolore forme dans la cellule une longue pointe continuée
jusqu’à la côte par une ligne d’écailles. Dessous semblable à côte
jaunûtre.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite
ligne marginale gris olivâtre; lobe basal écaillé de même couleur,
éclairci et partiellement transparent au centre. Dessous sem-
blable. Franges des quatre ailes gris terne.
Envergure : 32 millimètres.
Type : 1 œ', Pérou, Lima; 18/22 mars 1890; Coll. Ch. Oberthür.
Melittia Madureæ n. sp. (PI CCCLXXIIL, fig. 3111).
Q. — Vertex brun bronzé; front gris bronzé, lituré de blanc
devant les yeux. Palpes noir bronzé avec la base et deux lignes
longitudinales blanches; trompe rousse. Plaque jugulaire blanche
mêlée de poils bruns; poils péricéphaliques blancs. Antennes
brunes à la base (le reste est détruit). Yeux brun roux, ocelles
jaune safran.
Collier bronzé pourpré mêlé d’olivâtre; thorax et ptérygodes
brun olivâtre portant en dessous une tache latéropectorale anté-
rieure blanche et mêlés éparsement d’écailles blanches. Abdomen
noir bronzé un peu pourpré avec le bord postérieur du second
tergite blanc; brosse anale courte, concolore, à sommet blanc
jaunâtre. Ventre noir bronzé avec une large bande médiane
blanche formée de taches trapézoïdales contiguës; dernier sternite
jaunâtre.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE NA
Hanches antérieures noires, traversées obliquement par une
large bande médiane blanche; fémurs noir bronzé, avec quelques
écailles blanches éparses en dessus et à la base; bord inférieur
blanc dans sa moitié terminale; tibias noirs en dessus, blancs en
dessous et au sommet; tarses noirs en dessus, blanc jaunâtre en
dessous. Articulations coxofémorales postérieures noires, tachées
de blanc; fémurs médians et postérieurs noir bronzé mêlés de
blanc au milieu, au sommet et le long de la crête inférieure;
tibias médians hérissés, noir pourpré, avec deux rangées trans-
versales et médianes de poils clairsemés, bleu pâle, et un anneau
terminal de poils blancs; tarses noir bleu, annelés de blanc;
tibias postérieurs hérissés de longs poils pourprés passant au
brunâtre en dessus et à l’extrémité, avec deux rangées transver-
sales médianes de poils bleu pâle et l’extrémité blanche; deux
fortes taches blanches marquent en dessous le bord inférieur,
au niveau de l'insertion des deux paires d’éperons, lesquels sont
noirs; tarses poilus, noir pourpré avec le premier article taché
en dessous, à la base, de bleu pâle 1irisé; dernier article blanc.
Ailes supérieures noires, un peu pourprées, avec une longue et
étroite tache vitrée infracellulaire, une intracellulaire courte,
divisée longitudinalement par une ligne d’écailles, et comblée
dans sa partie supérieure par un semis assez dense d’écailles brun
noirâtre; ultracellulaire petite, trifide, la division médiane —
entre les nervures 4 et 5 — étant la plus courte et la plus étroite.
Dessous semblable, un peu plus pâle.
Ailes inférieures transparentes à reflet bleu; nervures et bordure
marginale noir bronzé; lobe basal écaillé de noir bronzé et en
partie recouvert d’écailles bleu pâle. Dessous semblable. Franges
des quatre ailes brun bronzé.
Envergure : 36 millimètres.
Type : 1 ©, Indes-Orientales, Trichinopoly; R. P. J. Castets;
Coll. Ch. Oberthür.
Melittia madureæ doit se placer au voisinage de M. chalo:-
forms F. avec laquelle elle a beaucoup d’analogie sous le double
rapport du faciès et de la vestiture.
17» LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Melittia congoana n. sp. (PI CCCLXXIIT, fig. 3112).
Q.-— Vertex brun un peu hérissé sur la nuque; front brun bronzé
lituré de blanc devant les yeux. Palpes blanc jaunâtre avec deux
lignes noires longitudinales sur l’extrémité du second et le troi-
sième articles. Trompe brune, plaque jugulaire blanc jaunûtre.
Poils péricéphaliques blanc jaunâtre. Antennes noires en dessus,
avec l’extrémité jaunâtre en dehors et une ligne d’écailles blanches
en avant, brunes en dessous. Veux bruns; ocelles jaune topaze.
Collier et thorax brun bronzé; ptérygodes concolores; pinceaux
latéraux du métathorax mêlés de jaune roussâtre ct de grisitre.
Abdomen noir bronzé avec les second, quatrième et sixième ter-
cites bordés d’une ligne d’écailles blanches; brosse anale très
courte, gris Jaunâtre. Ventre blanc sale.
Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs brun bronzé lar-
sement bordés en dessus et en dessous de blanc jaunâtre; tibias
bruns en dessus, jaunâtres en dessous ; tarses blanc jJaunatre longés
en dessus par une ligne noire. Articulations coxofémorales
médianes et postérieures blanchâtres; fémurs bruns fortement
méêlés de blanc sur la crête supérieure, le tiers terminal externe,
et frangés inférieurement de longs poils blancs. Tibias médians
noirs largement tachés de blanc en dessus et en dessous, mêlés de
quelques poils fauve rougeatre sur le milieu de la crête supérieure,
et portant au milieu de la face externe des écailles bleu d’acier
brillant; tarses noirs en dessus, blanc en dessous, à premier
article velu, largement annelés de blanc à la base ainsi que le
second ; éperons noirs. Tibias postérieurs hérissés de longs poils
noirs, mêlés en dessus de blanc jaunâtre, auxquels s'ajoutent vers
le sommet et en dessous des poils fauve rougeatre peu nombreux ;
ils sont interrompus extérieurement de blanchâtre à la base, au
milieu et au sommet, et portent deux plaques d’écailles bleu
d'acier; éperons noirs; tarses à premier article hérissé de longs
poils noirs mêlés en dessus de fauve rougeûtre et extérieurement
de blanchâtre (les autres articles sont détruits).
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 173
Ailes supérieures noir bronzé à base un peu roussâtre avec trois
aires vitrées bien développées : infracellulaire large et longue,
atteignant le milieu du trait discocellulaire ; ultracellulaire
rétrécie de la base au sommet et formé de quatre aréoles inégales.
Trait discocellulaire large, prolongé en pointe aiguë dans la
cellule; espace terminal parsemé d’écailles bleu pale. Dessous
semblable à côte concolore.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une étroite
bordure marginale noir bronzé; lobe basal peu large, écaillé de
brun bronzé et un peu mélangé de gris jaunâtre. Dessous sem-
blable. Franges des quatre ailes brun bronzé.
Envergure : 37 millimètres.
pee mo houmby (Congo), ex E. Petit (1883), Coll:'Ck
Oberthür.
Cette espèce doit être considérée comme un représentant afri-
cain du groupe asiatique qui a pour type Welittia chalcif ormis F.
Melittia Staudingeri Bdv. (PI CCCLXXIV, fig. 3123).
Melittia Slaudingert Boiduval, Species Général des Lépidoptères, Hété-
rocères, I, p. 478 (1874).
Melittia indica Hmpsn. nec Btlr. {part.] Fauna of British India, Moths,
LE, p:203: (802).
J'ai en mains le type de cette espèce, décrite par Boisduval sur
un exemplaire du Sylhet, et dont Hampson : Fauna of British
India Mots, X, p. 203 (1892), fait un synonyme de Melittia indica
Btir. Cette synonymie n'est pas justifée, M. Staudinger: Bdv. est
une espèce distincte qui doit reprendre sa place dans la nomen-
clature; mais 1l est juste de reconnaître que la description incom-
plète et pour certains détails inexacte de Boisduval, ainsi que
l’absence de figure, sont pour une bonne part la cause de l’erreur
commise par le célèbre auteur anglais; sans avoir le type sous les
yeux, il est impossible d’identifier Melittia Staudingeri d’après
le seul texte du Species.
12
1 74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
En outre du type, vétuste et incomplet, la Coll. Ch. Oberthür
contient un autre mâle en bon état, capturé en 1894 au Sikkim,
figuré sous le n° 3123, PI CCCLXXIV des Etudes de Lépidopté-
rologie comparée avec le nom douteux de Melittia? indica Btlr.
et sur lequel j'ai rédigé la description détaillée suivante :
d. — Vertex non hérissé, noir bronzé, un peu mêlé de erisâtre;
front brun bronzé bordé de jaune pâle devant les yeux. Palpes
jaune ocracé pâle, mélangés en avant de poils noirs et longés de
noir extérieurement et en dessus dans leur moitié distale; trompe
brun noirâtre. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaune
ocracé pâle. Antennes robustes, longues, noires en dessus et à
massue brun rougeâtre en dessous. Yeux brun foncé; ocelles rap-
prochés, incolores, bordés en avant d’écailles jaune pâle.
Collier, thorax et ptérygodes brun olvâtre; touftes latérales
du métathorax concolores à base jJaunàtre. Abdomen noir avec
des lignes d’écailles blanches très ténues et incomplètes au bord
des tergites. Ventre noir bordé irrégulièrement de blanchâtre aux
troisième et quatrième sternites, les trois suivants presque entie-
rement blanc jaunâtre, le dernier et la brosse anale noirs.
Hanches antérieures Jaune ocracé, un peu mêlées de noir vers
l’extrémité; fémurs noirs recouverts d’écailles jaune ocracé et
frangés inférieurement de poils de même couleur; tibias noirs,
longés en dessus et latéralement de deux lignes Jaune ocracé et
d’une ligne roussâtre; dessous roussâtre; tarses noirs en dessus
jaune ocracé en dessous. Articulations coxofémorales des pattes
médianes et postérieures noires mêlées de jJaunâtre. Fémurs
médians et postérieurs noirs extérieurement, largement bordés en
dessus et frangés inférieurement de jaune ocracé pâle. Tibias
médians brun olivâtre un peu mêlés de noir et portant extérieu-
rement trois bandes transverses bleuàtres faiblement indiquées;
crête inférieure jaunâtre surtout devant les éperons, qui sont noirs;
tarses noirs. Tibias postérieurs hérissés de longs poils passant au
brun foncé sur la face externe et portant à l’extrémité, en dessus,
une touffe de poils jaune ocracé ; une petite tache blanche marque
LÉPIDOPTÉROLOGIE - COMPARÉE 175
la crête inférieure après la première paire d’éperons; éperons ct
tarses entièrement noirs.
Ailes supérieures transparentes, avec la côte, les nervures,
l’espace terminal et le trait discocellulaire noirs; celui-ci émet
dans la cellule une pointe assez longue, aiguë et l’espace terminal,
très étroit à l’angle dorsal, s’élargit vers l’apex en couvrant la
fourche des nervures 7 et 8. Aire vitrée ultracellulaire étendue
de 3 à 9, ovale, formée de anq divisions dont la médiane est la
plus longue et la supérieure la plus courte. Dessous semblable
à côte concolore.
Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
noirs ; lobe basal écaillé de noir et un peu mêlé de jaune ocracé
à la base et à la marge. Dessous semblable. Franges des quatre
ailes brun noirâtre.
Envergure : 33-37 millimètres.
Mae Cr CO lype- linda, ex Mus: Dr. Boisduval; Sikkim,
Lachin-Lachong, 8.000-16.000 pieds (Eté 1894), ex-chasseurs
indigènes du R. P. Bretaudeau, Coll. Charles Oberthür.
Melittia Staudinger: Bdv. appartient au même groupe que les
autres espèces asiatiques ayant un trait récurrent dans la partie
distale de la cellule : 47. z2d1ca Btilr., M. eurytion Westw., etc.
Elle pourrait se placer au voisinage de Melittia gigantea Moore,
dont la collection du Museum de Paris contient une très mauvaise
femelle et rappelle aussi dans une certaine mesure l’espèce sud-
américaine que J'ai appelée Meliftia xanthopus.
De même aspect général que WMelittia gigantea Moore mais de
taille inférieure et de coloration plus sombre, elle s’en différencie
aisément par le corselet de même teinte que l’abdomen, à peine
plus clair, le lobe basal des ailes inférieures noir, partiellement
mêlé de rares écailles bleuâtres et non rouge ocracé, l’abdomen
dépourvu d’écailles ocracées et le ventre blanc bleuâtre dans sa
partie terminale, les pattes beaucoup plus foncées, notamment les
postérieures dont le tibia légèrement teinté de ferrugineux obscur
en dehors, ne porte qu’une petite touffe de poils jaunes à
l'extrémité en dessus. J’ajouterai enfin, que dans la mesure
176 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
où les déterminations faites sur les descriptions sans figures
de Moore : Descriptions of New Indian Lepidopterous Insects
from the Collection of the late Mr. W. S. Afkinson, p. 10
(1870), et de Hampson : Fauna of British India, Moths, 1, p. 203
(1892), permettent de s’en rendre compte, c’est de Melittia newara
Moore qu’elle paraît le plus proche; elle en diffère dans l’en-
semble par son coloris bien plus foncé, et dans le détail par le
thorax brun olivâtre foncé et non « bright golden yellow »,
l’absence de poils rouges à l’articulation du fémur et du tibia
aux pattes postérieures.
Melittia eurytion Westw. (PI CCCLXXIIT, fig. 3114-3115).
Trochilium eurytion Westwood, Cabinet of Oriental Entomology, p. 62,
Pl%0; fie Hi (r848).
Cette espèce a fait l’objet de deux figures : l’une, en couleurs,
accompagne la description originale de Westwood, l’autre, en
noir, se trouve sous le n° 131 à la page 203 de la Fauna of British
India, Moths I {1802), par sir George F. Hampson. Tout en
donnant l’une et l’autre une idée suffisamment exacte de l’espèce
qu’elles représentent, ces deux figures montrent quelques diffé-
rences. Sur la première, le corselet est vert olive, l'abdomen brun
renforcé de rougeûtre et bordé de blanc à tous les segments; sur
l’autre, le thorax et l’abdomen sont homochromes et le second
dépourvu de bordures blanches.
La description de Westwood indique : « .. Abdomen black
with the segments varied with white scales... » et celle de
Hampson — qui compare cette espèce à #. volatilis Swinh. —- :
«.… the abdomen with more distinct silvery segmental bands... »
ce qui ne s’accorde pas avec la figure. Par ailleurs, la forme des
ailes, le dessin et notamment la dimension des aires vitrées sont
semblables.
Dans la Collection Ch. Oberthür se trouvent 10 SO et 1 Q de
Melittia eurytion Westw. provenant du Sikkim, de l’Assam, du
LÉPIDOPTÉROLOGIE ‘COMPARÉE 177
Se-Tchouen et du Thibet. Aucun de ces exemplaires ne porte de
bordure blanche à tous les segments abdominaux ; chez l’un,
figuré PI. CCCLXXIIT, n° 3115, elle font totalement défaut et
ce mâle s’accorde ainsi avec celui qui est représenté dans la
Fauna of British India; un autre — figure 3114 de la même
planche — n’en porte que deux, aux second et septième tergites;
la plupart en ont un troisième au quatrième tergite et chez
quelques-uns un quatrième est plus où moins visible au sixième
tergite. Ces bordures sont extrêmement fines, formées d’une seule
rangée d’écailles; elles s’accompagnent dans certains cas d’un
léger semis parallèle d’écailles également blanches, placé vers le
milieu des troisième et cinquième tergites.
Deux autres caractères plus importants et habituellement assez
stables pour être spécifiques se montrent plus variables, ce sont Île
trait discocellulaire et la tache vitrée ultracellulaire des ailes
supérieures.
Le premier, tout en conservant du côté interne sa forme carac-
téristique anguleuse et prolongée dans la cellule par un trait
récurrent, varie en largeur du simple au double; cet élargissement
n’est pas symétrique, c’est-à-dire qu’il ne se produit pas également
de part et d’autre des nervures discocellulaires, mais porte surtout
vers l’extérieur aux dépens de l’aire vitrée ultracellulaire, de sorte
que son dessin n’est pas sensiblement modifié.
Il n’en est pas de même pour l’aire vitrée ultracellulaire dont
l’étendue varie en surface dans le rapport de 1 à 3; déjà un peu
réduite du côté interne par le trait discocellulaire, elle se trouve
soumise à une diminution plus considérable du côté externe par
l'extension de l’espace terminal qui tend à empiéter de plus en
plus et d’une manière irrégulière sur le disque par son bord
interne. Celui-ci forme tantôt une courbe régulière, tantôt une
ligne droite presque verticale et parallèle au trait discocellulaire
ou bien au contraire oblique de la côte vers l’angle dorsal et enfin
dans certains cas une ligne brisée dont les espaces internervuraux
marquent les crans. L’aire vitrée ultracellulaire peut être ainsi
aussi large que haute ou plus haute que large et affecter une série
1 78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de formes variées : arrondie ou ovalaire, rectangulaire ou sub-
triangulaire dont je reproduis les principales dans les cinq croquis
de la figure 4.
Bien qu’il puisse être très accentué, ce développement de cer-
taines surfaces écaillées aux dépens des parties claires discales,
influe peu sur le nombre des divisions de l’aire vitrée ultra
FIG. 4. — Variations de forme et de développement du point discocellulare
et de la tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures chez Melittia
eurylion Westw.
de Ta-tsien-lou.
b = d de Darjeeling.
c= © du Sikkim.
d = q du Sikkim.
e= Q des Khasis-Hills.
cellulaire ; normalement de cinq chez le mâle, 1] ne se trouve réduit
à quatre par l’élimimation de l’aréole supérieure — entre les ner-
vures 7 et 9 — que chez le G de Ta-tsien-lou dont l’aile supérieure
droite est représentée sous la lettre a de la figure 4. C’est là un
cas extrème dans l’ensemble et quoique cette aréole subisse un
rétrécissement progressif en rapport avec celui de la surface vitrée
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 170
dont elle fait partie, elle persiste quitte à devenir punctiforme,
comme cela s’observe dans un mâle des Khasis-Hills dont l’aire
vitrée est aussi restreinte que celle de l’individu de Ta-tsien-lou ;
d’ailleurs, tous les degrés entre le développement maximum et la
disparition totale se retrouvent dans la série des exemplaires de
la collection Ch. Oberthür.
Pas plus que la largeur du trait discocellulaire 1ls ne paraissent
caractériser des races locales; on trouve dans la même région, au
Sikkim ou dans l’Assam, par exemple, des spécimens à tache
ultracellulaire très large et d’autres à tache étroite; peut-être les
specimens thibétains font-1ls exception et appartiennent-1ls exclu-
sivement à la seconde de ces formes, mais Je ne puis avoir d’opi-
nion sûre à ce sujet, n’en ayant que deux sous les yeux; de même,
je ne connais qu’une femelle à tache large mais seulement quadri-
fide — fig. 4 e — et ne sais si cette disposition est constante et
d’ordre sexuel.
En somme, Melittia eurytion Westw. parait moins fixée que ses
congénères quant aux détails du dessin des ailes supérieures et
représente, parmi les espèces asiatiques, le maximum de variation
actuellement connu.
À l’iconographie très limitée de cette espèce, que J'ai rappelée
en commençant, il y aurait lieu d’ajouter la mauvaise figure
donnée par Max Bartel dans l’ouvrage de A. Seitz : Les Macrolé-
pidopières du Globe, édition française, II PI. 51, C (1912), mais
elle ne représente certainement pas Melittia eurytion Westw. et
Je ne vois pas à quelle Melittia elle s'applique.
Envergure : O, 28-33,5; ©, 38,5 millimètres.
10 GO, 1 Q, Assam, Khasis-Hills, ex Native Collectors ;
Sikkim, ex Môwis (1891); Darjeeling, ex Chasseurs indigènes
du R. P. Bretaudeau (1804); Frontières orientales du Thibet, ex
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1906); Ta-tsien-lou, ex
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1902); Siaô-Lou, ex
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1902), Coll. Ch. Oberthür.
180 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Melittia chalciformis F. (PI CCCLXXIIT, fig. 3110).
Sesia chalciformis Fabricius (J.-C.), Entomologia Systematica III Pars I,
p. 382 n° 14 (1793).
Sphinx bombyliformis Cramer: (P.), Papillons Exotiques IV, p. 241,
PI. 400 fig. C (1789-17 ?).
? Melittia anthedoniformis Hübner (J.), Systematische Verzeichniss der
bekannte schmetterlinge p. 128, n° 1374 (1816).
Welittia bombyliformis Walker (F.-W.), List of the specimens of
Lepidopterous Insects in the Collection of the British Museum,
Pars VIIT, Sphingidæ, p. 69 (1856) (partim).
Melittia bombylipennis Boisduval (A.), Species Général des Lépidoptères,
Hétérocères T. I, p. 473 (1874). ,
WMelittia chalciformis Hampson (G.-F.), Fauna of British India, Moths,
I, p. 204 (1892) (partim).
Walker n1 Boisduval n’ont parlé de Sesia chalciformis F.
à laquelle Hampson a rapporté le Sphinx Bombyliformis de
Cramer et le Trochilium phorcus de Westwood comme synonymes.
Je ne connais pas d’individus rigoureusement conformes aux
figures de Cramer et de Westwood, mais il me paraît difficile
d’admettre l'identité de Sphinx (— Melittia) bombyliformis Cr.
avec Zrochilium (— Melittia) phorcus Westw.; mises à part, les
différences de coloris dues aux exagérations coutumières des
anciens iconographes, un caractère différentiel important n’en
existe pas moins dans la forme et la dimension de l’aire vitrée
ultracellulaire composée seulement de quatre aréoles courtes et
inégales chez bombyliformis Cr., tandis qu’il y en a cinq formant
une large macule arrondie chez phorcus Westw.; indépendamment
de ceux que l’on pourrait encore relever, ce caractère suffit à lui
seul à rendre au moins douteuse la synonymie proposée entre ces
deux espèces.
Déjà Butler, dans la description de Melittia indica (Ann. et
Mag. Nat. Hist. (4), XIV, p. 411, 1874) comparaît les caractères
de cette nouvelle espèce à ceux de Melittia bombyliformis Cr. et
il ajoutait : « .… M. Phorcus Westw. is also clearly distinct from
bombyliformis Cr. ». Enfin Walker (1. c.) qui le premier a placé
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE II
M. phorcus Westw. en synonymie avec Sphinx bombyliformis Cr.
y ajoutait encore une espèce : Melittia anthedoniformis Hbn. dont
je ne connais que la diagnose, elle n’a pas été figurée et Hampson
ne l’a pas retenue.
En ce qui concerne chalciformis F. et bombyliformus Cr. les
différences qui les sépareraient d’après leurs descriptions ne
portent que sur des détails minimes, faciles à interpréter diffé-
remment et leur rapprochement, effectué par Hampson, me parait
ici pleinement justifié. J'ai sous les yeux un très vieil exemplaire
indéterminé, et malheureusement dépourvu de localité, de la
collection Ch. Oberthür, de facies asiatique évident et qui
s'accorde aussi bien que possible avec les descriptions de Fabricrus
et de Cramer. M. Culot l’a figuré, avec son talent habituel, sous
le n° 3110 de la Planche CCCLXXIII, tel qu’il se présente dans
son état actuel, en donnant toutefois un peu trop de netteté aux
taches vitrées de l’aile supérieure.
En le comparant aux textes précités et surtout à la figure
donnée par Cramer, on observera que la concordance n’est absolue
ni dans les dessins, ni dans la coloration générale, mais l’analyse
et l'interprétation raisonnées des dites descriptions et figure font
clairement ressortir que les divergences relevées sont plus appa-
rentes que réelles.
C’est ainsi, notamment, que l’aire vitrée ultracellulaire de l’aile
supérieure, qui semble trifide, est en fait quadrifide, la qua-
trième aréole, plus petite que les autres, et qui termine en haut
l’aire vitrée en question, étant masquée par un feutrage de moi-
sissure et de poussière qui la dissimule complètement. A la loupe,
on trouve des écailles roux brunâtre éparses sur les parties noires
de l’aile supérieure : côte, nervures principales et surtout au
pourtour de l’aire vitrée ultracellulaire; la couleur de l’abdomen
devait comporter, comme aux ailes supérieures, une certaine pro-
portion d’écailles roux brunâtre, elles sont aujourd’hui réduites
à quelques unités difficiles à déceler. Etant donnée la vétusté
du spécimen étudié ici, il n’est pas douteux que ces écailles étaient
plus nombreuses et plus apparentes sur l’individu frais et que,
182 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
maintenant encore, elles représentent les vestiges des taches brun
rougeatre représentées avec excès mais aux mêmes endroits sur
la figure de Cramer. Parmi les plus importants, certains caractères
s'accordent très exactement avec la description de Fabricius;
je citerai : la couleur de la tête et du thorax : « .… auwreo ore
flavo... », des pattes : « .. favescentes,... femora tertii paris,
nigra, libie hirsulissime, crasse intus nigre, extus flavo. » et tout
particulièrement les « . striis baseos tribus hyalinis… » de l’aile
supérieure qui correspondent tout à fait à ce que l’on voit sur
la figure de Cramer et sur notre individu où l’aire vitrée intra-
cellulaire est complètement divisée en deux par un fort trait noir
longitudinal. Le nombre des Melittia qui présentent cette dispo-
sition est limité, elles forment un groupe différent de celui qui
renferme entre autres : Melittia indica Btlr, Melittia gigantea
Moore, Melittia eurytion Westw. et aussi Melittia phorcus Westw.,
toutes espèces chez lesquelles le trait recurrent transcellulaire
s’atténue rapidement et n’atteint pas la côte.
Si regrettable que soit l’absence de localité qui nous prive d’un
élément intéressant à connaître, elle ne retire rien de leur valeur
aux considérations qui précèdent, et ce n’est pas trop s’avancer,
Je crois, que de considérer l’exemplaire de la collection Oberthür
comme spécifiquement référable, pour autant qu’il est possible
de s’en assurer à notre époque, à la véritable Sesia (— Melitfia)
Chalciformis F., originairement décrite du Tranquebar.
Envergure : 35,5 millimètres.
1 ©, (? localité), ex abbé Mège, par Lambertye, Coll. Charles
Oberthür.
Melittia indica Btir. (PL CDLXXVI, fig. 3921-3922).
Melittia bombyliformis Walker F. D., List of the specimens of Lepidop-
terous Insects in the Collection of the British Museum, VIII,
pp. 69-70 (1856) [partim].
Melittia indica Butler A. G., Annals and Magazin of Natural History (4),
XIV, p. 411 (1874).
Q: Melittia sumatrana Le Cerf, Etudes de Lépidoptérologie comparée,
XII (1e partie), p. 8, Pl. CCCLXXIIT, fig. 3-116 (1916):
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 183
D’après les indications d’origine qu’il attribue à son « type »,
il paraît certain que cette espèce fut créée par Butler sur l'individu
de la collection du British Museum que Walker a référencé sous
la lettre & à », Loc. cit, p. 70, parmi ceux qu'il classait sous le nom
de : Melittia bombyliformis Cr. 11 n’est pas possible de savoir,
d’après le texte de Walker, si celui-ci le faisait rentrer dans l’une
de ses variétés B et y, mais je rappelle qu’il ne séparait pas de
M. bombyliformis le Trochilium (— Melittia) phorcus de West-
wood que Butler affirme être « clairement distinct ».
Hampson dans la « Fauna of British India, Moths, X, p. 103
(1802), sur un matériel plus important en nombre et en prove-
nances, donne de Melittia indica une courte description, un peu
différente dans le détail de celle de Butler et comme elle
dépourvue de figure; il lui rapporte comme synonyme Weliftia
Staudingeri Bdv., espèce également non figurée, tout à fait
distincte et dont je parlerai plus loin.
J'ai en mains une petite série d'individus de A. ëndica Btir.
parmi lesquels deux mâles appartenant au Muséum de Paris et
provenant d’Indo-Chine, que j'ai déterminés à Londres sur ceux
du British Museum ; ils sont conformes au type de Butler et
s'accordent bien avec sa description; c’est ainsi qu’ils ont, entre
autres caractères : le thorax uniformément fauve roussâtre, ainsi
que le collier et le premier tergite abdominal, les tibias postérieurs
densément couverts de poils noir brun avec deux touffes testa-
cées, le trait discocellulaire des ailes supérieures prolongé dans la
cellule par un trait récurrent ne dépassant pas la moitié de la
longueur de celle-ci; le lobe basal des ailes inférieures brun
foncé, partiellement recouvert d’écailles jaune un peu verdâtre.
J'ajouterai encore que sur les individus frais la base de l’aile
supérieure, la côte et les principales nervures sont fortement
saupoudrées d’écailles de même teinte que le thorax, qui dispa-
raissent et peuvent manquer complètement chez ceux qui ont volé.
A ces mâles du Museum s’en ajoutent six autres de la Collection
Charles Oberthür, originaires du Sikkim, de l’Assam et de
Malacca, un septième de Darjeeling, mutilé mais bien recon-
184 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
naissable, de ma propre collection, et enfin une femelle de
Sumatra de la Coll. Ch. Oberthür. En dehors de la taille et de
l'intensité de la coloration — influencée par leur état de conser-
vation variable — ces dix exemplaires ne présentent entre eux
que des différences assez légères dans la largeur et la forme de
l’aire vitrée ultracellulaire et du trait discocellulaire des ailes
supérieures. Ces deux caractères paraissent varier dans le même
sens que chez Welitlia eurytion Westw., mais dans des proportions
beaucoup plus limitées. Très large et presque régulièrement ova-
laire ou arrondie dans les exemplaires du Sikkim, la première est
un peu plus réduite chez un des mâles d’Indo-Chine et affecte
chez l’autre une forme trapézoidale due à ce que l’aréole supé-
rieure est extrêmement petite et que celle qui la suit est nota-
blement plus courte que les suivantes. Cet exemplaire cochinchi-
nois est représenté PI. CDLXXVI, sous le n° 3021, en même temps
qu’un individu du Sikkim offrant le maximum de développement
du caractère en question et portant le n° 3922. Ainsi que chez
M. eurytion Westw., tous les autres spécimens sont intermédiaires
entre ces deux termes.
La variation la plus notable est fournie par l’unique exemplaire
de l’Assam que j'ai pu étudier; chez lui le trait discocellulaire,
deux fois plus large que dans les exemplaires du Sikkim, n’est
pas prolongé dans la cellule par un trait récurrent et forme seule-
ment une très large pointe aiguë; bien qu’il soit assez endommagé
et que, par suite, certains caractères se trouvent altérés ou disparus,
je ne crois pas devoir le considérer comme différent spécifiquement
de M. indica Btir. dont il n’est probablement qu’une variété pure-
ment individuelle.
Sous le nom de : Melitfia sumatrana n. sp. J'ai fait figurer
dans la première partie du Volume XII des Etudes de Lépidoÿ-
térologie comparée, Pi. CCCLXXII, fig. 3113, une femelle que
je crois devoir rapporter à Welittia indica Btlr. Dans l’ensemble
elle diffère du mâle par une coloration générale un peu plus
obscure due peut-être à ce que le dessus du corps est légèrement
frotté, la largeur notablement plus grande, aux ailes supérieures,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 185
des parties noires : côte, nervure médiane, bord interne et espace
terminal, la longueur du trait récurrent dans la cellule, et par
l’écaillure gris jaunâtre du lobe basal des ailes inférieures. Par
suite de l’extension des surfaces écaillées, les aires vitrées infra
et intracellulaire se trouvent sensiblement rétrécies, mais si ces
caractères donnent à cette femelle un faciès différent de l’en-
semble des mâles elle se rapproche beaucoup par son trait disco-
cellulaire assez épais et surtout par son aire vitrée ultracellulaire
de forme trapézoïdale irrégulière du mâle indochinois cité plus
haut, figuré PI CDLXXVI sous le n° 3021 et chez qui ces dessins
sont semblables.
Cette espèce est donc très voisine de . chalciformis F. telle
que Je l’ai définie plus haut; elle s’en distingue par la coloration
générale plus foncée, les ailes supérieures dépourvues de fauve
autour des aires hyalines, le trait récurrent de la tache vitrée
intracellulaire n’atteignant pas la côte, l’aire vitrée ultracellulaire
plus grande et formée de cinq aréoles, la coloration du lobe
basal des inférieures et le ventre blanc depuis la base.
Autant qu’on en peut juger par ses provenances actuellement
connues, Welitfia indica Btir. est propre aux régions montagneuses
de l’Asie tropicale orientale et de l’Insulinde. Des éléments
étudiés ici il résulte que sa répartition géographique limitée,
d’après Hampson, au Sikkim, au Sylhet et au Tenasserim, s’étend
vers l’Est à travers toute la Péninsule Indo-Chinoise et descend
au Sud jusqu’à l’extrémité de la grande île Malaise.
Dans toutes ces régions, elle ne présente pas de formes ou de
races distinctes, mais sa taille diminue graduellement du nord au
sud de-son habitat et les plus grands individus, ceux du Sikkim,
sont aussi ceux chez lesquels les parties claires sont les plus
développées. Par les dates de capture que portent deux d’entre
eux, on constate que l’apparition de cette Aegerie est plus précoce
à sa limite méridionale et orientale — mai — qu’au Sikkim —
juillet -— ce qui est évidemment en rapport avec les régimes clima-
tériques et plus encore peut-être avec l’altitude.
Envergure : 27-32 millimètres.
186 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
9 SO, 1 Q, Assam, Khasis Hills, ex Native Collectors; Sikkim,
ex Chasseurs indigènes du R. P. Bretaudeau (1804); Darjeeling,
ex Môwis (1801); Malakka, ex J. Waterstradt (1904); Marang,
S-O. Sumatra, ex W. Doberty (1890), Coll. Ch. Oberthür. —
Indo-Chine, ex J. Harmand (1871), Coll. Muséum de Paris
Annam, Vinh (Haut Song-Ca), V-1911, ex Bonhotal (1911, Coll.
E. Boullet > Coll. Muséum de Paris — Darjeeling, VII-20-1807,
Coll: FE. Le Cerf,
Melittia proxima n. sp. (PI CDLXXVI, fig. 3923).
.— Vertex un peu hérissé, brun olivâtre foncé, un peu mêlé
de noir en avant; front bronzé lituré de blanc jaunâtre devant les
yeux. Palpes à premier article jaunâtre, deuxième un peu plus
pâle avec deux lignes longitudinales noires : une antérieure, une
latérale ; troisième jaunâtre à sommet noir; trompe brune. Plaque
jugulaire blanc jaunâtre bordée tout autour de poils noirs clair-
semés; poils péricéphaliques blanc jaunâtre passant progressi-
vement au brun olhivätre vers la nuque. Antennes noires en dessus,
brun ferrugineux en dessous, longées extérieurement par une ligne
d’écailles blanc jaunâtre, dilatée vers l'extrémité. Yeux noir
ardoisé; ocelles incolores transparents.
Collier noir bronzé à reflet bleu d’acier, complètement recouvert
d’écailles brun olivâtre foncé. Thorax, ptérygodes, métathorax et
ses touffes latérales brun olivâtre foncé; en dessous, le thorax est
bronzé et porte de chaque côté une petite tache latérale blanche
antérieure; surface postcoxale couverte peu densément de poils
blancs.
Abdomen noir pourpré avec le premier tergite écaillé de brun
olivâtre comme le thorax; des écailles blanc jaunâtre bordent
postérieurement les premier, second, quatrième, sixième et septième
tergites et forment en outre une mince ligne transversale obsolète
sur le milieu des troisième et cinquième tergites; brosse anaie
noire bordée latéralement de quelques écailles blanches. Ventre
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 187
blanc pur à l’exception du premier sternite que recouvrent presque
complètement des écailles noir bronzé.
Hanches antérieures jaune ocracé clair, un peu mêlées de noir
au bord externe; fémurs blanc ocracé écaillés de noir au milieu
de la face externe; tibias jaune ocracé clair avec deux lignes
longitudinales noires en dessus; tarses blanc ocracé longés en
dessus par une ligne noire. Hanches médianes et postérieures
blanc ocracé bordées postérieurement de noir; fémurs médians
noirs en dehors avec le bord supérieur blanc et le bord inférieur
frangé de poils ocracé clair ; tibias médians noirs avec trois lignes
transversales d’écailles bleu pâle : une antérieure obsolète, une
médiane large et en forme de chevron, une postérieure étroite
prolongée en dessous par une tache blanche devant la base des
éperons; en dessus, les poils couvrant le bord supérieur se pro-
longent en une pointe terminale blanche; tarses noirs à premier
article blanc dans moitié proximale; second et troisième articles
annelés de blanc à la base. Fémurs postérieurs noirs extérieu-
rement, largement bordés en haut et au sommet de blanc ocracé,
frangés le long du bord inférieur de fins poils noirs et blancs;
tibias postérieurs noirs en dessous et sur la face externe qui est à
peine éclaircie de bronzé olivâtre foncé après le milieu; 1ls portent
sur la crête supérieure de longs poils blanc ocracé, une touffe
épanouie de poils jaune pale et du côté externe une plaque
terminale d’écailles noir 1risé; des poils blancs forment près de
la base une étroite ligne transverse oblique et sur la crête infé-
rieure trois taches arrondies dont la première continue la bande
transverse, la seconde en arrière de la première paire d’éperons
et la troisième formée par les poils qui terminent l’éperon externe
de la seconde paire; tarses noirs.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne,
les nervures et l’espace terminal noir pourpré; la tache vitrée
infracellulaire atteint à peine le niveau du bord interne du trait
discocellulaire; celui-ci, aussi large que haut, porte au milieu du
bord interne une courte pointe obtuse; la tache vitrée ultracellu-
laire, arrondie extérieurement, est formée de cinq aréoles dont
188 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
la première est petite; des écailles blanc bleuté parsèment l’espace
terminal. Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanc bleuté.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite
hgne marginale noir pourpré; lobe basal noir, largement écaillé
de bleu pâle métallique. Franges des deux paires bronzé peurpré.
Envergure : 30-31 millimètres.
Types : 4 ©, Sikkim, ex chasseurs indigènes du KR. P. Bretau-
deau (1804); Darjeeling, ex Môwis (1891); Collines Khasia, ex
Native! Collectors, Coll Ch: Oberthüur —="Darjechns, ex Coll
F. Le Cerf.
Melitlia proxima n. sp., extrêmement proche de Welittia indic
Melitt p'ext t proche de Welittia indica
Btir. en diffère par la coloration générale beaucoup plus foncée,
la plus grande largeur de l’espace terminal et du point discocel-
lulaire qui en outre n’émet pas de trait récurrent dans la cellule;
les tibias médians dépourvus de fauve roussâtre extérieurement
et de poils blanc ocracé le long de la crête inférieure; les tibias
postérieurs également privés de fauve roux et la coloration carac-
téristique du lobe basal des ailes inférieures.
Melittia marangana n. sp. (PI CCCLXXIIT, fig. 3116).
Q — Vertex et nuque noir bronzé mêlés de poils roux; front
bronzé lituré de jaune ocracé pale devant les yeux; palpes jaune
ocracé clair, mélangés en avant de poils noirâtres et portant une
ligne externe de cette couleur sur le second et le troisième articles;
trompe bien développée brun foncé; plaque jugulaire et poils
péricéphaliques blanc ocracé; antennes noires en dessus, brunes
en dessous; yeux brun noirâtre, ocelles grenats.
Collier noir bronzé fortement mêlé de roux fauve, terminé de
chaque côté par des écailles jaune ocracé clair. Thorax roux
fauve, ptérygodes et touffes latérales du métathorax concolores ;
en dessous le thorax est bronzé et porte une petite tache latéro-
pectorale antérieure Jaune ocracé, prolongée inférieurement par
une ligne verticale de même couleur; surface postcoxale couverte
de poils blancs.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 189
Abdomen roux fauve de la base au cinquième tergite, noir du
sixième au sommet avec tous les segments bordés de jaune ocracé
clair; brosse anale noire mêlée de jaunâtre. Ventre blanc ocracé,
mêlé de bronzé sur le milieu des trois premiers sternites.
Hanches antérieures jaune ocracé, fémurs noir bronzé avec les
crêtes supérieures et inférieures Jaunes, tibias jaune ocracé longés
par deux lignes noires : une externe et une supérieure, tarses noirs
en dessus, jaune ocracé en dessous. Hanches médianes et posté-
térieures noires, bordées de jaune ocracé à la base; fémurs mé-
dians noir bronzé extérieurement, écaillés de jaune ocracé
sur les crêtes supérieures et inférieures; tibias roux fauves annelés
de noir bronzé à la base et à l’extrémité, et portant une large
tache blanc bleuâtre sur la crête inférieure, devant la base des
éperons, ceux-ci sont noirs; tarses noirs à premier article lar-
gement annelé de blanc à la base, second et troisième avec une
petite tache basilaire externe de même couleur; fémurs postérieurs
noir bronzé, un peu tachés de jaune ocracé en dehors à l’extrémité;
tibias hérissés de longs poils roux fauve en dessus et sur la face
externe, jaune ocracé pâle sur la face interne, noirs en dessous;
ils portent en dessous deux grosses taches blanc bleuâtre devant
la base des éperons et des écailles de même couleur forment une
ligne transversale médiane à peine distincte sur la face externe;
quelques poils noirs marquent la crête supérieure avant le milieu
et la face externe avant l’extrémité; éperons noirs, les externes
des deux paires tachés de jaune en arrière, au sommet, tarses
noirs en entier avec les trois premiers articles hérissés de longs
poils.
Ailes supérieures transparentes à base écaillée de roux fauve;
côte, bord interne, trait discocellulaire, nervures et espace terminal
noir bronzé. Taches vitrées bien développées : infracellulaire,
atteignant le milieu du trait discocellulaire, celui-c1 est plus haut
que large, anguleux, et pourvu d’un trait récurrent ne dépassant
pas le tiers de la cellule; ultracellulaire irrégulière, formée de
cinq aréoles dont la supérieure est très petite et la seconde nota-
blement plus courte que les trois inférieures qui sont subégales ;
13
100 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
quelques écailles blanc bleuâtre parsèment l’espace terminal.
Dessous semblable, dépourvu de fauve et de blanc bleuûtre.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une fine
ligne marginale noir bronzé; lobe basal complètement écaillé de
fauve roux. Dessous semblable. Frange des deux paires gris
bronzé.
Envergure : 30,5 millimètres.
Type : 1 Q, Marang, S-O. Sumatra, ex W. Doherty (1800),
Coll. Ch. Oberthür.
Cette espèce établit le passage entre les espèces à coloration
foncière noir et roussâtre et celles à coloration noir et fauve. Le
dessin de ses ailes supérieures est semblable à celui de certaines
formes individuelles de Melittia indica Btir. signalées plus haut,
c’est-à-dire ayant la tache vitrée ultracellulaire en forme de tra-
pèze irrégulier, telle qu’elle existe aussi chez Welithia batchiana
n. Sp.; le trait récurrent qui traverse la cellule est plus court que
chez cette dernière et l’espace terminal est aussi moins large. La
coloration roux fauve du corps la distingue de prime abord de
Melittia indica Btlr. et la rapproche encore de Melittia batchiana
mais elle est moins vive que chez cette dernière dont l’écarte au
surplus la teinte jaune ocracé clair et non noire de la bordure des
segments abdominaux.
Melittia batchiana n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3020).
d. — Vertex un peu hérissé, noir mêlé de blanc. Front noir
bronzé avec une très étroite liture blanche, élargie inférieurement
devant les yeux. Palpes blancs en dessous, noirs en dessus, longés
en avant par deux lignes noires : une antérieure et une latérale;
trompe brun noirâtre à extrémité rousse. Plaque jugulaire et poils
péricéphaliques blancs. Antennes très finement dentées et cihées,
noires en dessus, brunes en dessous. Veux brun foncé; ocelles
grenats.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 101
Collier noir à reflet bleu d’acier brillant, fortement mêlé de
fauve. Thorax et ptérygodes noirs avec une couverture assez dense
de poils fauves; extrémité des ptérygodes, métathorax et ses
touffes latérales fauve vif. En dessous le thorax porte de chaque
côté une large tache latéropectorale antérieure blanche. Surface
postcoxale blanche.
Abdomen noir recouvert d’écailles fauve vif sauf sur le sep-
tième tergite et la brosse anale; postérieurement tous les tergites
sont bordés de jaune fauve. Ventre jaune ocracé, avec les pleurae
garnies de poils fauve vif. Brosse anale rudimentaire, noire,
terminée de grisâtre.
Hanches antérieures blanches, avec une ligne longitudinale
médiane et le bord externe noirs; fémurs à face externe noire
mêlée de blanc; crête supérieure blanche; crête inférieure frangée
de poils blancs; tibias noirs mêlés de blanc en dessus, roux fauve
en dessous; tarses blancs avec une ligne d’écailles noires en
dessus. Hanches médianes et postérieures noires à la base, blanches
au sommet; fémurs médians et postérieurs noirs mêlés de blanc
extérieurement, blancs en dessus et en dessous; tibias médians
noirs, éparsément semés de blanc et portant en dessous, à la base
des éperons, une petite tache blanche arrondie; éperons noirs;
tarses noirs avec la base du premier article largement annelée de
blanc; second et troisième articles tachés de blanc en dessus,
troisième, quatrième et cinquième blanc Jaunâtre en dessous.
Tibias postérieurs hérissés de longs poils noirs à la base et en
dessous, rouge fauve extérieurement et en dessus, blanc sur le
sommet de la face interne et à l’extrémité; en dessous deux petites
taches blanches marquent la base des éperons et sur la face
externe des poils blancs forment deux lignes transversales,
étroites et obliques : l’une près de la base, l’autre après le milieu;
éperons noirs; tarses noirs jusqu’au sommet avec une touffe de
poils rouge fauve sur le premier article. :
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, les
nervures, le trait discocellulaire et un large espace terminal noir
un peu pourpré; le trait discocellulaire, presque carré, porte au
102 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
milieu du bord interne une pointe prolongée en un fin trait
récurrent dans la cellule; des écailles blanc bleuâtre parsèment
l’espace terminal. L’aire vitrée infracellulaïre se prolonge jus-
qu’au-dessous du trait discocellulaire et l’ultracellulaire à peine
plus large que celui-ci, est formée de quatre aréoles dont la supé-
rieure est punctiforme et la troisième plus courte que les deux
autres. Dessous dépourvu d’écailles blanc bleuâtre.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale
noir pourpré; lobe basal en entier noir pourpré. Dessous sem-
blable. Franges des deux paires noir bronzé.
Envergure : 33 millimètres.
Type : 1 ©, Batjan, ex J. Waterstradt (10904); Coll. Ch.
Oberthür.
Très voisine de Meliltia amboinensis Feld. dont elle n’est peut-
être qu’une race mélanienne et fortement différenciée, WMelittia
batchiana s’en distingue de prime abord par la coloration plus
vive des parties fauves du corps, l’extension du noir aux ailes
supérieures et aux pattes, et la présence d’un trait récurrent bien
marqué dans la cellule.
Melittia amboinensis Feld.
Melittia amboinensis Felder, Sitzungberichten der Akademien Wissens-
chaîft, Wien, XLIII, p. 28 (1861).
Avec les doutes inévitables que comporte toute détermination
faite sur un texte de quelques lignes et dépourvu de figure, je
rapporte comme races locales à Melitlia amboinensis Feld. les
formes suivantes qui toutes appartiennent à une même unité
spécifique. Dans l’ensemble elles correspondent à la description
originale de Felder, mais aucune comparaison utile ne pouvant
être faite sur celle-ci, je définirai pour chacune les légères diffé-
rences de détail qui les caractérisent après avoir donné de celle
qui présente le dessin le plus complet une description détaillée.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103
M. amboinensis Feld. var. celebica n. var. {PI CCCLXXIII,
1117, ©).
d. — Vertex un peu hérissé noir, taché de blanc sur la nuque
et devant les ocelles; front bronzé foncé, avec une liture de blanc
d'argent devant les yeux, élargie inférieurement. Palpes à pre-
mier article blanc jaunâtre, second blanc avec deux lignes noires
longitudinales : une antérieure et une latérale, troisième noir un
peu taché de blanc. Trompe bien développée, brune. Plaque
jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Antennes noires en
dessus, brun foncé en dessous, longées extérieurement par une
ligne d’écailles blanc jaunâtre, élargie vers le sommet. Yeux
bruns; ocelles rouge orange.
Collier noir bronzé à reflet bleu d'acier, en majeure partie
recouvert d’écailles brun cannelle. Thorax et ptérygodes bronzé
foncé recouvert des mêmes écailles brun cannelle que le collier;
touffes latérales du métathorax un peu plus claires; en dessous,
le thorax est brun bronzé entouré par une large bande d’écailles
blanches; surface postcoxale couverte de poils blancs.
Abdomen noir bronzé avec les troisième et cinquième tergites
brun cannelle dans presque toute leur longueur ; tous les tergites
sont bordés de brun cannelle; brosse anale très courte, noire.
Ventre blanc ocracé, un peu sali de grisâtre au milieu du premier
sternite et avec le dernier blanc pur.
Hanches antérieures blanches un peu mêlées d’écaiiles noires
au bord externe; fémurs noir bronzé avec toute la face interne,
la crête supérieure et le bord inférieur blancs; tibias noir bronzé
avec deux fines lignes longitudinales blanches; tarses blancs,
finement longés de noir en dessus. Articulations coxofémorales
médianes et postérieures blanches; fémurs médians et postérieurs
noir bronzé largement bordés de blanc le long des bords supérieur
et inférieur ; tibias médians velus, noirs, avec trois bandes trans-
versales d’écailles bleu pâle sur la face externe : une près de la
base, plus ou moins obsolète, une médiane et une terminale aui se
prolonge en dessous par des écailles blanches formant une tache
arrondie; en outre une petite touffe blanche termine en dessus
104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
les poils de l’extrémité du bord supérieur. Tarses noirs, à premier
article blanc dans sa moitié basale, les suivants blanchâtres du
côté interne et très légèrement en dehors au sommet des second
et troisième articles. Tibias postérieurs hérissés de longs poils :
noirs à la base et en dessous, rouge ferrugineux dans la moitié
supérieure de la. face externe et en dessus, blancs et très longs
au bord interne et au sommet; trois taches blanches marquent
la face externe du tibia : une oblique, transversale, entre la base
et la première paire d’éperons, une plus courte immédiatement
après ceux-ci, et la dernière plus petite, formée par les poils
couvrant le sommet de l’éperon externe de la seconde paire; cet
éperon est noir un peu mêlé de rouge, tous les autres sont noirs.
Tarses hérissés sur les trois premiers articles des mêmes poils que
les tibias, noirs, un peu mêlés extérieurement de rouge ferrugineux
sombre et de blanchâtre sur le premier article.
Ailes supérieures transparentes, un peu couvertes à la base
d’écailles blanc bleu, avec la côte, le bord interne, les nervures,
le trait discocellulaire et l’espace terminal noir bronzé pourpré.
Le trait discocellulaire, un peu plus large que la côte forme un
angle dans l’extrémité de la cellule; l’espace terminal parsemé
d’écailles blanc bleu se rétrécit rapidement de la côte vers l’angle
dorsalet couvre presque entièrement la fourche des nervures 7 et 8;
la tache vitrée infracellulaire n’atteint pas le milieu du bord
inférieur du trait discocellulaire: la tache vitrée ultracellulaire,
en forme de trapèze arrondi, est formée de cinq aréoles dont la
supérieure est la plus petite. Dessous semblable, sans écailles
blanc bleu sur l’espace terminal.
Ailes inférieures transparentes avec le lobe basal noir bronzé,
traversé par un trait médian blanc ocracé à reflet bleu pâle; ligne
marginale — très fine — et nervures noir bronzé pourpré. Dessous
semblable, dépourvu de trait clair sur le lobe basal. Franges des
quatre ailes noir bronzé.
Q.— Diffère du mâle par ses antennes simples, sa coloration
générale moins foncée, l'extension un peu plus grande des parties
rouges. Le métathorax est rouge fauve, ses touffes latérales sont
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 195
concolores à base jaunâtre. En outre des troisième et cinquième
tergites, le septième et la brosse anale sont rouge fauve un peu
mêlés de noir. Les tarses médians sont fauve orangé du côté
interne. Aux pattes postérieures, la couleur rouge est plus déve-
loppée, elle couvre les trois derniers articles du tarse et passé au
blanchâtre sur le cinquième.
La tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures est un peu
plus étroite que chez le mâle et sur le lobe basal des ailes infé-
rieures, les écailles blanches sont plus étendues et un peu mêlées
de fauve. Franges éclaircies à ces mêmes ailes de la base à la
nervure IC.
Euvergure : Œ, 29-30 millimètres; ©, 33 millimètres.
Types : 3 GO, 1 ©, Célèbes, Macassar, ex W. Doherty (1806),
Coll. Ch. Oberthür.
Melittia amboinensis Feld. var. Meeki n. var. (PI. CCCLXXIV,
HE ATZL O).
Présente avec celebensis les différences suivantes :
Œ. — Taille plus grande; coloration brun olivâtre des écailles
de couverture du collier et du thorax; abdomen noir bronzé, seu-
lement bordé de fauve roux à tous les segments; parties noires
des palpes, des hanches antérieures et des pattes des trois paires
beaucoup plus étendues; articulations coxofémorales des pattes
médianes et postérieures blanches bordées de noir; taches blanches
des tibias postérieurs extrêmement réduites; quatrième et cin-
quième articles des tarses postérieurs blanc jaunâtre du côté
interne; tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures plus
développée, ovalaire, lobe basal des ailes inférieures largement
écaillé de jaune roussâtre clair à la base.
Q.— Présente, par rapport à celle de celebica, les mêmes diffé-
rences que le mâle, sauf en ce qui concerne les parties rouges des
pattes postérieures qui sont plus développées et se continuent
sans interruption de la base du tibia au sommet du tarse, la base
des ailes supérieures écaillée de fauve et la présence d’un court
100 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
"© ————
trait récurrent émis dans la cellule par le trait discocellulaire.
Le lobe basal des ailes inférieures est presque entièrement fauve
ainsi que la frange qui le borde.
Envergure : G, 33 millimètres; ©, 32 millimètres.
Types : 1 S,3 Q ©, [les Trobriand, Fergusson IX-X-XTI, 1304;
Kiriwimi II, 1805, ex A. S. Meek, ColL Ch. Oberthür.
Melithia amboinensis Feld. var. Doddi n. var. (PI CCCLXXIIT,
Hg. 3110 ©, 312010).
O. — Plus foncé que celebica et Meekt; thorax brun roux;
abdomen noir et, comme chez Meeki, bordé seulement de fauve
roux à tous les segments; ventre Jaune orangé à premier sternite
blanchâtre mêlé de noirâtre au milieu; hanches antérieures
blanches dans leur moitié longitudinale interne, noires extérieu-
rement; articulations coxofémorales médianes noires bordées de
blanc, postérieures entièrement noires; parties rouges des tibias
postérieurs notablement réduites, plus foncées et passant au brun
rouille sur le tarse dont les trois derniers articles sont fauves
extérieurement. Premier article des tarses médians faiblement
tachés de blanc en dessous à la base.
Ailes supérieures à base très peu écaillées de blanc et de fauve,
trait discocellulaire plus étroit et à peine anguleux; espace
terminal moins large, découvrant complètement la fourche des
nervures 7 et 8; tache vitrée infracellulaire atteignant le niveau
du bord externe du trait discocellulaire; lobe basal des aïles
inférieures couvert sur la moitié de sa surface par des écailles
roussatres et blanc bleu.
Q. — Diffère de celle de Meeki par les hanches antérieures
blanches largement tachées de noir au milieu, les articulations
coxofémorales blanches mêlées de noir, les pattes médianes
comme celles du male ainsi que les ailes supérieures.
Envergure : O', 29-35 millimètres; ©, 34 millimètres.
Types : 3 SO, 2 Q, Australie, Kuranda (Queensland) ex Dodd
(1907-1913), Coll. Ch. Oberthir.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 197
Melittia amboinensis Feld. var. asiatica n. var.
d. — Extrêmement voisine de la précédente dont elle a la
taille, la coloration foncée et ke même développement des aires
vitrées, cette forme ne s’en distingue uniquement que par la forme
un peu plus arrondie extérieurement de l’aire vitrée ultracellulaire,
le ventre un peu plus clair, les taches blanches plus grandes, au
premier article des tarses médians et au dessous des tibias posté-
rieurs, la couleur entièrement noire des dermiers articles des tarses
de la troisième paire.
Envergure : 31,5 millimètres.
Types : 2 GO, Darjeeling ex Môwis (1891) et : Sikkim ex
chasseurs indigènes du R. P. Bretaudeau (1804), Coll. Charles
Oberthür.
Melittia amboinensis Feld. var. javana n. var. (PI CCCLXXIII,
HE, 3128 O!).
Q-: — Semblable pour la coloration du corps et des pattes
à celebicaQ , mais avec les bandes fauves des tergites plus réduites
et les hanches postérieures noires. |
Ailes supérieures pareilles à celles de Doddi ©, sans écailles
fauves à la base; lobe basal des ailes inférieures grisâtre avec un
trait mal indiqué, formé d’écailles blanches. Ventre jaune ocracé
assez clair.
Envergure : 30-34 millimètres.
Types : 3 QOQ, Java occidental, Mont Gédé [4.000 pieds]
VIITI-1892, et Sækabæmi [2.000 mètres] 1893; Java méridional,
Palaouan, 1802, ex H. Frühstorfer, Coll. Ch. Oberthür.
d'. — Je rattache à cette race un mâle de Sumatra qui présente
pour ce sexe les mêmes caractères différentiels que les femelles de
Java par rapport à celles des autres formes. La coloration du
corps est semblable, les pattes ont des bandes blanches aussi
développées et le rouge du même ton clair, le dessin des ailes
108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
supérieures identique et le lobe basal des ailes inférieures pareil-
lement écaillé de gris blanchâtre.
Envergure : 26 millimètres.
Type : 1 O, Sumatra, ex Siboga 11-1003, Coll. Ch. Oberthür.
Par sa large distribution géographique et sa variation, peu
frappante de prime abord, mais étendue aux diverses régions du
corps et des appendices, cette Welittia fournit un bon exemple du
processus par lequel se différencient les races locales chez les
Aegerides, et de l’intérêt qui s’attache à la recherche et à l’utili-
sation des caractères de détail par lesquels on peut les distinguer.
D'importance médiocre en apparence, prises isolément, ces diffé-
rences forment en s’additionnant un ensemble dont la valeur
s’accroit du fait que le dessin des ailes qui, par ses modifications,
constitue la base habituelle des distinctions subspécifiques dans
les autres Familles de Lépidoptères, se trouve réduit ici à un petit
nombre d'éléments, de type très uniforme et fortement concentrés,
par suite de la faible surface des ailes et du développement, pro-
portionnellement considérable, des surfaces dénudées. On peut
encore ajouter que les variations du dessin, déjà très limitées en
amplitude, sont encore rendues moins sensibles par l’absence de
polychromie, la coloration ne comportant souvent qu’une seule
teinte, très rarement plus de deux, et celles-ci étant constamment
disposées longitudinalement, à l'exclusion de lignes, bandes ou
traits transversaux détachés sur le fond.
Les figures 5 à 9 reproduisent pour les races que j'ai distinguées
chez Melittia amboinensis Feld. les détails caractéristiques des
ailes et des pattes.
Pour les premières, on voit se réduire peu à peu la surface de
certaines parties écaillées des ailes supérieures : trait discocellu-
laire et espace terminal, au profit des aires vitrées intra et ultra-
cellulaires en même temps qu'aux inférieures s’accentue la diffé-
renciation du lobe basal.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 199
Fic. 5. — Différences caractéristiques dans le développement, aux ailes supé-
rieures et inférieures, des surfaces écaillées (trait discocellulaire et espace
terminal), des taches vitrées et de la vestiture du lobe basal chez les diverses
races de Melittia amboinensis Feld.
a, b. — Melittia amboinensis-MEEKI COQ, Iles Trobriand.
c, d. = Melittia amboinensis-CELEBICA GQ;, Célèbes.
e,f. = Melittia amboinensis-Dopp1 SO, Queensland.
g. = Melittia ambhoinensis-ASIATICA ©, Sikkim.
h. = Melittia amboinensis-JAVANA ©, Java.
|
200 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
FIG. 6 à 9. — Différences caractéristiques dans le développement des parties
claires et foncées des hanches et des pattes chez les diverses races de Melittia
amboinensis Feld.
2. j. = Melitiia amboinensis-MEEKI GO, Iles Trobriand.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Melittia amboinensis-ASIATICA G, Sikkim.
2. = Melittia amboinensis-JAVANA ©, Java.
202 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Moins faciles à saisir, à première vue, les caractères des pattes
ne sont pas moins importants, et de plus, les modifications qu’ils
présentent, dans l’augmentation ou la diminution du blanc aux
hanches, aux tibias et aux tarses, ainsi que l'intensité diverse des
couleurs claires et du rouge fauve en particulier, ne sont pas
parallèles aux précédentes, ce qui permet de constater une fois
de plus que les causes de variation n’agissent pas également et
dans le même sens sur tous les caractères, et que ceux-ci conservent
sous ce rapport une indépendance plus ou moins marquée.
D'après les matériaux étudiés ici, le centre de dispersion des
formes se référant spécifiquement à Melittia amboinensis Feld.,
paraît se trouver dans la Polynésie, au voisinage des petits
archipels, d’où provient la variété Weeki que je considère comme
la forme Ja plus primitive de l’espèce. De la Polynésie, elle aurait
émigré dans deux directions principales : au nord, vers l’Asie
continentale, et vers l’Australie au sud.
Entre ces deux termes, on cbserve qu’en s’éloignant de leur
point de départ, la coloration générale des diverses races marque,
par rapport à Meeki, une tendance à s’éclaircir en remontant vers
le nord de l’Equateur et à s’obscurcir vers le sud. Cependant, les
deux races particulières aux limites extrêmes de l’habitat : Inde
et Queensland font exception et manifestent une convergence
d'autant plus remarquable qu’on ne saurait l’expliquer par la
similitude de climat et de fiore de ces deux régions.
Bien que je ne connaisse pas d’autres individus que ceux de la
Collection Ch. Oberthür, je ne crois pas, étant donnée sa distri-
bution, que l'habitat de Melittia amboinensis Feld. soit discon-
tinu. Elle peuple probablement toute la Malaisie, l’Asie méri-
dionale orientale et la Polynésie, et des découvertes ultérieures
combleront les lacunes qui existent actuellement sur ce point.
J'ajouterai en terminant que parmi les dix-huit exemplaires
que j'ai sous les yeux je ne relève qu’un seul cas de variation
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 203
individuelle, relevant d’ailleurs plutôt de la tératologie, car il
s’agit de l’asymétrie que présente chez une femelle de Doddi le
dessin des ailes supérieures, la petite aréole transparente norma-
lement comprise dans la fourche des nervures 7 et 8, est présente
à gauche mais fait défaut à droite où elle se trouve recouverte par
un prolongement de l’écaillure de l’espace terminal.
Melittia distincta n. sp. (PL CCCLXXIV, fig. 3122).
Q.— Vertex noir un peu hérissé; front bronzé très finement
hturé de blanc devant les yeux. Palpes à premier article blanc
(les autres sont détruits). Trompe noir brunâtre. Plaque jugulaire
blanc jaunâtre; poils péricéphaliques blancs jusqu’à la nuque
exclusivement. Antennes noires en dessus avec le dessous rous-
sâtre et longées postérieurement sur toute leur longueur par une
ligne blanche passant au jaune vers le tiers terminal. Yeux brun
foncé; ocelles rouge rubis.
Collier noir à reflet bleu d’acier. Thorax bronzé foncé à ptéry-
godes concolores et portant en dessous une petite tache latéro-
pectorale blanc jaunâtre. Métathorax et ses touffes latérales fauve
roussâtre,; surface postcoxale noire, revêtue de poils jaune pâle.
Abdomen brun bronzé avec les deux premiers tergites couverts
de poils fauve roussatre, coupés de brun bronzé sur la ligne
médiane et les suivants étroitement bordés de fauve roux. Ventre
jaune roussâtre.
Hanches antérieures noires à bord interne blanc jaunêtre;
fémurs noirs avec une ligne longitudinale d’écailles blanches sur
la crête supérieure ; tibias noirs en dessus, roux en dessous; tarses
fauve roussâtre, longés de noir en dessus. Articulations coxo-
fémorales médianes et postérieures noires bordées de poils blancs.
Fémurs médians et postérieurs noirs à crête supérieure longée de
blanc. Tibias médians noirs avec un très petit nombre d’écailles
blanc bleuâtre extérieurement et de poils roux en dessus, éperons
noirs; (tarses détruits). Tibias postérieurs à base et sommet noirs,
hérissés de longs poils roux, un peu éclaircis en dessus et sur la
204 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
face interne et mêlés à l’extrémité de quelques poils blancs; sur
la face externe on distingue deux lignes transversales blanchâtres
peu apparentes l’une près de la base, l’autre brève, après les
premiers éperons; la crête inférieure porte une forte tache blanche
en arrière de la première paire d’éperons. Eperons noirs, les
externes des deux paires marqués postérieurement de roux auquel
s’ajoute du blanc sur celui de la seconde paire. Tarses hérissés,
noirs, un peu mêlés de roux sombre en dessus, avec les trois
derniers articles fauve roussâtre du côté interne.
Ailes supérieures transparentes à côte, bord interne, nervures,
trait discocellulaire et un très étroit espace terminal noir pourpré;
le trait discocellulaire, de même largeur que la côte, est à peine
sinué au bord interne, 1l n’émet n1 trait récurrent n1 pointe dans
la cellule; l’espace terminal, un peu élargi vers l’apex, est parsemé
d’écailles blanc bleuâtre; il laisse à découvert la fourche des
nervures 7 et 8. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très fine
ligne marginale noir pourpré; lobe basal en entier Jaune rous-
sâtre. Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris bronzé,
celles des inférieures jaune roussâtre de la base à l’extrémité de
la nervure 1 c.
Envergure : 35 millimètres.
Type : 1 ©, Khasis, ex Native Collectors, Coll. Ch. Oberthür.
Melittia distincta n. sp. est voisine de M. nepcha Moore, mais
elle s’en différencie par la teinte fauve roussätre terne et homo-
chrome de toutes les parties qui, chez zepcha, sont jaunes ou
rouges, les hanches antérieures (— pectus) noires bordées étroi-
tement de blanc le long du bord interne, les fémurs médians et
postérieurs noirs et non : « .. pure white fringed with black... »,
l’absence complète de pointe récurrente au trait discocellulaire
des ailes supérieures, etc.
Hampson qui place M. dorsatiformis décrite par lui en syno-
nymie de M. nepcha Moore y ajoute également M. congruens
Swinhoë chez qui les surfaces écaillées de l’aile supérieure sont
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 205
notablement plus larges, la couleur de l’abdomen différente et
paraît en somme encore moins voisine de M. xepcha Moore que
M. distincta.
Melittia tabanus x. 59. (PI CCCLXXIV; fig. 3128).
d — Tête large, à vertex mêlé de poils bruns et jaune foncé;
front noir bronzé lituré de jaunâtre devant les yeux; palpes dres-
sés, un peu hérissés à premier article Jaunâtre, second plus foncé,
longé de noir extérieurement, troisième court et concolore, noir
en avant; trompe brunâtre clair; plaque Jugulaire et poils péricé-
phaliques jaunâtres ; yeux brun ardoisé; ocelles jaunes, antennes
noires.
Collier brun bronzé un peu plus foncé que le thorax dont les
poils sont brun roux mêlés postérieurement de quelques écailles
jaunâtres ; dessous brun bronzé un peu varié de roussâtre.
Abdomen brun bronzé éclairci de roussâtre au bord postérieur
des segments dont le quatrième, en dessus et en dessous, le
septième, en dessus seulement, et la courte brosse anale portent
en outre des écailles blanches.
Hanches antérieures brun bronzé, cuisses de même couleur
ainsi que les tibias en dessus; base, sommet et dessous roussâtre;
tarses noirs en dessus, interrompus de roussâtre à chaque article
et uniformément de cette couleur latéralement et en dessous.
Cuisses médianes et postérieures brun noir, avec la base, Île
sommet, les crêtes supérieure et inférieure jaune roussâtre; tibias
médians noir brun fortement mêlés à la base, en dessus et au
sommet de roussâtre; tarses noirs extérieurement et en dessus,
roussâtres aux articulations et en dedans. Tibias postérieurs
hérissés, noir brun fortement mélangés de poils roussâtres for-
mant quatre zones distinctes : deux avant le milieu et deux ou
niveau des éperons; tarse à premier article velu mêlé de noir et
de roux (les suivants sont détruits).
Ailes supérieures longues et étroites, en ovale allongé à
l’apex, transparentes et teintées de jaunâtre de la base à l’extré-
14
206 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
mité de la cellule avec la côte, les nervures et une bordure termi-
nale brun noirâtre: cette bordure, de largeur médiocre, diminue
rapidement de la côte à l’angle dorsal; elle imite extérieurement
la tache vitrée ultracellulaire, plus haute que longue, arrondie en
dehors et composée de six divisions par suite de l'absence
d’écailles entre les nervures 2 et 3 (Cu?-Cut) qui sont nota-
blement écartées; trait discocellulaire brun bronzé, prolongé en
pointe vers la base du côté interne et très oblique extérieurement.
Ailes inférieures transparentes, avec une touffe d’écailles jaune
foncé à la base, le trait discocellulaire brun noir, les nervures
brun roux et une très fine bordure marginale brun noir. Frange
des deux paires brun grisätre, éclairci à la base des inférieures;
dessous comme le dessus mais plus pâle.
Envergure : 30 millimètres.
Type: 1 o', Tenasserim (Mergui); ex Lakat et Pamboo,
(V-1895); Coll. Ch. Oberthür.
Parmi les espèces congénères décrites et non figurées que Je ne
connais pas en nature, c’est avec Melittia sangaica Btilr. de Chine,
que Melitlia tabanus paraît avoir le plus d’affinités; elle en diffé-
rerait par la coloration du collier et des ptérygodes, la dispo-
sition et la réduction du jaune à l’abdomen et la coloration brune
du ventre. Butler n’indique pas le sexe du type de 1/. sangaica
et ne parle pas de la forme des ailes supérieures qui chez
M. tabanus sont remarquablement étroites.
Melittia burmana x. 55. (PL CCCLXXIV; fig. 3124).
Q — Vertex un peu hérissé de poils brun olivâtre; front bronzé
lituré de blanc pur devant les yeux. Palpes à premier article
blanc, second blanc Jjaunâtre avec trois lignes longitudinales
d’écailles et de poils noirs : une antérieure, une latérale et une
supérieure; trompe noir brun à la base, jaunâtre au sommet.
Plaque jugulaire blanc jaunâtre; poils péricéphaliques brun
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207
jaunâtre à la partie supérieure de la tête, passant au blanc jau-
nâtre à la partie inférieure. Veux brun noirâtre, ocelles jaunes;
antennes noires en dessus, brun fauve en dessous.
Collier et thorax brun olivâtre; poils métathoraciques conco-
lores; en dessous, le thorax est blanc depuis les hanches anté-
rieures jusqu'aux hanches médianes. Abdomen brun noirûtre,
muni d’une ligne d’écailles blanches au bord des deuxième,
quatrième et sixième segments; septième segment très fortement
mêlé d’écailles jaunes ; brosse anale noir brun à extrémité jaune.
Ventre jaune pâle.
Hanches antérieures blanc jaunâtre, un peu écaillées de noir
en dedans et fortement au bord externe, où elles forment une
bordure diffuse; fémurs blanchâtres longés en dessus de noir;
tibias noirs en dessus, jaune fauve en dessous; tarses noirs mêlés
de blanc à la partie supérieure, jaune fauve en dessous. Fémurs
médians noirs du côté externe avec le sommet, la crête supérieure
et la pilosité de la crête inférieure blanc pur; tibias noir bleu
mêlés de fauve et tachés de blanc avant le milieu et à l'extrémité;
hanches et fémurs postérieurs noirs ; tibias postérieurs garnis sur
la face interne et en dessous de longs poils noirs; ils sont lisses
et noirs extérieurement, interrompus de jaune et de blanc bleuté
avant et après la première paire d’éperons; crête supérieure
portant de longs poils jaunes formant à l’extrémité du tibia une
touffe plus ou moins hérissée; éperons concolores, non garnis de
poils ; tarses noirs à premier article portant de longs poils noirs
à reflet irisé formant à l’extrémité du tibia une touffe un peu
mêlée latéralement et inférieurement de jaune.
Ailes supérieures transparentes avec la base olivâtre, la côte,
les nervures et le point discocellulaire noir brun; espace terminal
noir, parsemé d’écailles blanches, moyennement large à l’apex,
diminuant rapidement de largeur et réduit à une bordure filiforme
de la nervure 5 à l’angle dorsal; espace entre les nervures 2 et 3
(Cu ?-Cu !) entièrement écaillé de noir. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine
ligne marginale noires; lobe basal écaillé de noir brunâtre à
208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
reflet verdâtre et longé de jaune à la marge; franges des quatre
ailes brun bronzé.
Envergure : 33,5-34,5 millimètres.
Types : 2 ©, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m. alt.]
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür.
Parmi les espèces à coloration foncée, paraît avoir une certaine
ressemblance avec Melithia sangaica Btlr. mais en différerait
surtout par l’absence de jaune au thorax et à la base des ailes, les
palpes blanchâtres, la présence de deux anneaux blancs à
l’abdomen, la coloration jaune pale du dernier segment. La
couleur du ventre n’est pas indiquée dans la description originale.
Melittia sulphureopyga n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3125).
Q — Vertex hérissé, noir; front brun bronzé étroitement lituré
de blanc brillant. Palpes non hérissés, à premier article blanc pur,
second blanc jaunâtre mêlé en dehors et en avant de poils noirs;
troisième noir. Trompe jaune clair. Plaque jugulaire jaunâtre,
poils péricéphaliques blanc pur. Yeux brun noir, ocelles jaune
orangé. Antennes longues, noires en dessus, brunes en dessous
dans le tiers terminal.
Collier et thorax brun olivâtre; poils métathoraciques conco-
lores. Abdomen brun olhivâtre foncé du premier au sixième
sternites, septième en entier jaune soufre pale; brosse anale brun
olivâtre foncé. Ventre jaune soufre pâle graduellement mêlé vers
la base de brun bronzé où cette couleur domine.
Hanches antérieures fauves; fémurs noirs, poilus en dessous,
éclairés latéralement et en dessus de fauve; tibias noirs à base
et sommet fauves; les tarses sont du même fauve, interrompus
de noir aux articulations. Fémurs médians et postérieurs noir
brunâtre à pilosité concolore ; tibias médians noirs, assez fortement
poilus, mêlés vers le milieu de quelques poils blancs et de poils
fauves à l’extrémité; tarses noirs. Tibias postérieurs complètement
hérissés de longs poils, jaune serin de la base jusqu’au milieu
LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 209
et noir brun à reflet bleu du milieu à l’extrémité ; éperons écailleux
et poilus, noir brun; tarses hérissés de très longs poils noir brun
sur les deux premiers articles et d’une pilosité plus courte et
graduellement réduite sur les trois autres articles qui sont noirs
en dessous et Jaune pâle en dessus.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et le
point discocellulaire —— assez étroit — noir mat; espace terminal
noir brunâtre, saupoudré de quelques écailles blanches, large à
l’apex et se rétrécissant rapidement vers l’angle dorsal.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine
ligne marginale noires; lobe basal écaillé de brun noir. Dessous
semblable. Franges des quatre ailes brun noirûtre.
Envergure : 37-41 millimètres.
Types : 2 ©, Volcan de Chiriqui (Panarra), mai-juillet 1808;
ex M. de Mathan, Coll. Ch. Oberthür.
Melittia xanthopus n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3127).
Œ — Vertex noir olivâtre; front gris Jaunâtre foncé, très étroite-
ment lituré de blanc; palpes jaunes extérieurement, blanchâtres
intérieurement avec deux lignes noires longitudinales : une externe
sur le second article et une autre en avant, le long des trois
articles. Trompe bien développée, brune; plaque jugulaire blan-
châtre à la base, jaune au sommet; poils péricéphaliques blancs.
Antennes longues et épaisses, non courbées au sommet, nettement
dentées et ciliées, noires en dessus, brunes en dessous. Veux brun
noir, ocelles rose rubis.
Collier et thorax brun olivatre ; abdomen noir olhivatre finement
bordé de jaune à tous les segments; brosse anale concolore;
ventre Jaune longitudinalement dans toute sa partie médiane, du
troisième au dernier segment.
Hanches antérieures Jaune fauve; fémurs très poilus, de même
couleur ainsi que les tibias et les tarses. Hanches médianes et
postérieures jaune fauve, les fémurs ont le bord supérieur jaune
fauve, ils sont mêlés de noirâtre et fortement poilus de jaune
210 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
sale inférieurement; tibias médians fauve roux vers la base et
de plus en plus mêlés de noir vers le sommet qui est entièrement
de cette couleur; tarses noirs à dernier article jaune. Tibias pos-
térieurs hérissés de longs poils noirs, mêlés à la base et en dessus
de fauve, du côté interne de Jaunâtre pâle et extérieurement vers
l’extrémité de fauve roux. Eperons externes des deux paires noirs
en avant, et munis à l'extrémité d’une touffe serrée de poils jaune
fauve. Tarses crêtés de longs poils, noirs sur lés deux premiers
articles, jaune vif sur les derniers.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un
point discocellulaire quadrangulaire et une étroite bordure ter-
minale élargie à l’apex, noir de suie. Le trait discocellulaire, un
peu anguleux du côté interne, porte une légère indication de trait
récurrent. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale
noires; base et lobe basal écaillés de noir à reflet vert bleuûtre.
Dessous semblable. Frange des deux paires noir brunûtre.
Envergure : 34-44 millimètres.
Types : 3 g'o', Pérou (Province de Cuzco), Vilcanota [3.000 m.
alt.|, et Bolivie, La Paz (ex Garlepp) acq. O. Staudinger (18090) ;
Coll. Ch. Oberthür.
Melittia Powelli n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3924).
Q,--— Vertex gris olivâtre un peu hérissé de poils noirs; front
bronzé lituré de jaune devant les yeux; palpes grêles, jaunes,
mêlés latéralement de noir sur le second article et avec la pointe
du troisième noire; trompe rousse; plaque jugulaire et poils péri-
céphaliques Jaunes. Antennes noires en dessus, brunes en dessous
et semées extérieurement d’écailles jaunes plus abondantes vers
le sommet; yeux brun roussâtre; ocelles jaune topaze.
Collier, thorax et ptérygodes gris olivâtre; touffes latérales du
métathorax mêlées de jaune pâle à la base; en dessous le thorax
est plus clair qu’en dessus et écaillé de jaune dans toute sa partie
inférieure; surface postcoxale jaune.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 211
Abdomen noir un peu pourpré, avec les six premiers tergites
bordés de jaune de chaque côté et de bronzé au milieu, septième
jaune à sommet noir; brosse anale rudimentaire, concolore, bordée
de jaune; ventre jaune.
Hanches antérieures jaune un peu ocracé, fémurs Jaunes, ainsi
que les tibias qui sont un peu mélangés de noir en dessus, et au
sommet, tarses jaunes. Hanches médianes et postérieures jaunes;
fémurs médians et postérieurs de même couleur frangés inférieu-
rement de longs poils concolores; tibias médians noirs avec un
très petit nombre de poils brun roux extérieurement vers le milieu,
et le dessous jaune dans toute sa longueur; éperons noirs; tarses
noirs, avec la face interne des trois derniers articles et le dessus
du cinquième jaune; tibias postérieurs hérissés de très longs poils,
noirs en dessus, extérieurement et en dessous, beige clair du côté
interne, éperons noirs, les deux externes hérissés en arrière de poils
jaune ocracé clair; tarses couverts des mêmes poils que les tibias,
noirs de la base au troisième article, jaunes de celui-ci au sommet.
Ailes supérieures transparentes à côte, bord interne, nervures,
trait discocellulaire et espace terminal noir bronzé pourpré; les
aires vitrées sont bien développées, l’infracellulaire dépasse un
peu le trait discocellulaire, l’intracellulaire, beaucoup plus courte,
est coupée obliquement au sommet et l’ultracellulaire, ovale, se
compose de cinq aréoles dont quatre grandes entre les nervures 3
à 7 et une plus courte et étroite entre 2 et 3; le trait discocellulaire
étroit à la base et large au sommet est presque triangulaire et
couvre l’angle supérieur de la cellule ; quelques écailles gris
olivâtre marquent la base de la côte. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu violacé peu marqué;
nervures et bordure marginale noir pourpré; lobe basal noir
pourpré recouvert d’écailles bleu d’acier clair étendues jusqu’au
tiers de la nervure 1 c. Dessous pareil mais dépourvu d’écailles
bleues. Franges des quatre ailes longues, noir bronzé.
Envergure : 51 millimètres.
Type : 1 ©, Chanchamayo, Pérou, ex Oswald Schuncke (1912);
Coll. Ch. Oberthür.
212 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Melittia Powelli n. sp. est dédiée à M. Harold Powell, l’éminent
et dévoué collaborateur de M. Charles Oberthür dont les explo-
rations entomologiques en Algérie et les observations biologiques
ont enrichi la Science de tant de découvertes intéressantes.
Elle est étroitement apparentée à Melitlia xanthopus, de Pérou
et Bolivie, et à Melittia sulphureopyga, de Colombie, toutes deux
nouvelles également et décrites 1c1.
Melittia Brabanti n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3027).
d.-- Tête large à vertex étroit, non hérissé, gris noirâtre. Front
bronzé olivâtre lituré de blanc devant les yeux. Palpes grêles,
ascendants, jaunâtres, longés extérieurement et fortement mé-
langés en avant et au sommet de noir bronzé. Trompe brun
roussâtre. Plaque jugulaire jaune à base noire; poils péricépha-
liques très courts, blancs passant au noir sur la nuque. Antennes
longues, robustes, brièvement bipectinées et ciliées, noires en
dessus, brun foncé en dessous. Veux gros et saillants brun roux,
ocelles bien découverts, proéminent, Jaune topaze.
Collier bronzé olivâtre. Thorax gris olivâtre, ptérygodes conco-
lores à base noire; côtés du thorax en dessous jaune sale; touffes
latérales du métathorax Jaunâtres mêlées de noirâtre avant
l'extrémité; surface postcoxale jaune sale. Abdomen gris noirâtre
avec une bordure d’écailles blanches au second tergite; brosse
anale assez longue, trilobée, concolore. Ventre jaune sale.
Hanches antérieures jaune sale à base et bord externe noirs;
tibias noirs en dessus, roussâtres en dessous ; tarses noirs en dessus,
blanc jaunâtre en dessous. Articulations coxofémorales médianes
et postérieures jaune sale; fémurs médians noirs avec l’extrémité
de la crête supérieure jaune; fémurs postérieurs noirs avec la moi-
tié longitudinale supérieure et une étroite frange terminale jaunes.
Tibias médians noirs, marqués au milieu de la face externe par
quelques poils blancs; tarses noirs à premier et second articles
frangés inférieurement de longs poils; le premier article porte
en outre une petite tache blanche sur le milieu de la crête supé-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 213
rieure; éperons noirs. Tibias postérieurs hérissés de très longs
poils noirs mêlés en dessus de blanc jaunâtre, tachés en dessous
et un peu extérieurement de jaunâtre pâle; éperons noirs anté-
rieurement, jaunâtres postérieurement; tarses hérissés jusqu’au
sommet des mêmes poils que les tibias, noirs un peu mêlés de
blanc jaunâtre en dessus, à dernier article blanc, et tachés en
dessous du premier article de quelques écailles blanc bleuûtre.
Aïles supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le trait
discocellulaire, et une très étroite bordure marginale noir bronzé;
espace entre les nervures 2 et 3 partiellement écaillé; trait disco-
cellulaire élargi, comblant en partie l'extrémité de la cellule dans
laquelle il émet un trait récurrent qui n’atteint pas la côte. Dessous
semblable, avec quelques écailles blanches à la côte.
Aüles inférieures transparentes avec la base, les nervures, le
trait discocellulaire et une étroite bordure marginale noir bronzé.
Lobe basal transparent, écaillé de noirâtre sur son pourtour et de
bleu verdâtre très pâle à la base du bord abdominal. Dessous
semblable, avec la base des nervures principales blanc sale.
Franges des quatre ailes noir bronzé.
Envergure : 44 millimètres.
Type : 1 ©, Guyane française, Gourdonville, ex E. Le Moult,
Coll Le Cerf:
Grande Melittia remarquable par son aspect robuste, ses yeux
volumineux, ses ailes longues et larges, sa brosse anale bien diffé-
renciée, ses tarses médians hérissés de longs poils aux deux
premiers articles et surtout par l’écart considérable qui sépare
aux ailes supérieures les nervures 3 et 4, plaçant cette dernière
très près de 5 sur tout son parcours; cette disposition remarquable
ne se retrouve aussi accusée que dans le genre 771lochana Moore
(= Scoliomima Btlr.). Aux ailes inférieures 4 et 5 sont également
beaucoup plus rapprochées que chez aucune autre Mefittia. C’est
avec Melittia xanthopus Le Cerf, de Bolivie, que Melittia Brabanti
a le plus d’afhnités.
Je l’ai dédiée à la mémoire de mon respectable et regretté
collègue M. Edouard Brabant, décédé en novembre 1913 et dont
214 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
les collections ont été volées en 1914 par les Allemands en même
temps que les meubles, objets d’art et de valeur du château de
Morenchies, près de Cambrai. Ces collections étaient fort impor-
tantes, composées de séries d’individu; de choix accumulés depuis
plus de quarante ans et comprenaient, outre les types des espèces
décrites par notre collègue, beaucoup de cotypes et de types
d’autres auteurs et notamment les Sphingides, Bombycides, Noc-
tuides et Microlépidoptères de la collection A. Constant.
Melittia Josepha n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3126).
Q. —— Vertex non hérissé gris bronzé; front gris bronzé
largement bordé d’écailles blanches, plus denses devant les yeux.
Palpes dressés, non hérissés, à premier article blanc en dessous,
brun noir en dessus; second noir avec une ligne longitudinale
Jaunâtre en avant, troisième très petit, noir. Trompe bien
développée jaune fauve. Plaque jugulaire jaunâtre, poils péricé-
phaliques blanc d’argent. Veux brun noir, ocelles jaune topaze
clair. Antennes noires à sommet brun roux en dessous.
Collier noir bleu à reflet pourpré et vert d’acier. Thorax noir
bleu avec des poils et des écailles jaunes formant une large tache
a la base de chaque ptérygode, une tache médiane entre celle-c1
et des macules en bordure du scutellum; poils métathoraciques
noirs, mêlés de jaune. Abdomen noir bronzé en dessus avec deux
taches jaunes en demi-cercle à la partie antérieure de chacun des
six premiers segments, septième portant une petite tache médiane
jaune formée seulement de quelques écailles; il est mêlé posté-
rieurement de blanchatre et terminé par une courte brosse conco-
lore. Ventre blanc.
Hanches antérieures noir bronzé largement tachées de jaune
dans la partie médiane; fémurs noirs, tibias noirs mêlés de fauve;
tarses Jaune fauve interrompus de noir aux articulations en
dessus; jaunâtres en dessous. Pattes médianes absentes. Les
postérieures ont les hanches jaunes, les fémurs noirs bordés en
dessus de poils clairs; tibias très longs noir verdâtre, largement
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 215
tachés obliquement au milieu de jaune vif et hérissés en dessus
dans leur moitié terminale d’une crête régulière de longs poils
noirs mêlés à l'extrémité externe de blanc pur; éperons noirs
couverts en arrière de poils blanc pur. Tarses de même longueur
que le tibia, entièrement hérissés en dessus de longs poils noirs
décroissant régulièrement de taille du premier article au dernier
et mêlés également du côté externe d’écailles pihformes formant
une frange blanc pur.
Ailes supérieures transparentes, avec la côte et une étroite
bordure marginale prolongée jusqu'à la base le long du bord
interne noir brun. Un semis d’écailles fauve päle couvre obli-
quement l’espace terminal de la côte à l’angle dorsal ainsi que
les nervures et le point discocellulaire dont le centre est mêlé
de noir. Dessous plus clair avec la côte et la base jaunûtres.
Ailes inférieures transparentes, à nervures finement écrites en
fauve et plus foncées à l’extrémité; lobe basal transparent; ligne
marginale noire. Dessous semblable. Franges des deux paires
gris bronzé.
Envergure : 36 millimètres.
Type : 1 Q, Zaruma (Equateur), ex M. de Mathan (1301);
Coll. Ch. Oberthür.
Melittia cyaneifera Walk. (PI CCCLXIV, fig. 3129).
Melittia cyaneifera Walker (K.), List of the specimens of Lepidopterous
Insects in the Collection of the British Museum, Pars VIII, Sphin-
gidæ, pp. 67-68 (1856) (partim).
Melittia cyanifera Burm. (sic) Hy. Edwards, Papilio III, p. 157 (1883).
Bien que peu rare et figurant en permanence depuis longtemps
au Catalogue des marchands d’Insectes, Melittia cyaneifera
Walk. n’a fait l’objet depuis sa description que de mentions
aussi brèves que peu nombreuses et restait encore à figurer.
La Collection Charles Oberthür contient deux exemplaires de
cette Aegerie brésilienne, l’un de Nova Friburgo, l’autre de la
216 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Serrha da Communaty (Etat de Pernambuco); ce sont des
femelles et elles appartiennent à deux formes distinctes.
La première, complète et d’une grande fraîcheur, a les touffes
latérales du métathorax en partie bleu pâle, la surface postcoxale
noire, mêlée de poils blanc jaunâtre peu nombreux, l'abdomen
noir en dessus avec des traces de bordure blanc bleuâtre de
chaque côté du second tergite, la brosse anale bordée de fauve
orangé. En dessous, le ventre est noir de la base au troisième
sternite, blanc du quatrième au dernier dont les #leuræe et le
sommet sont tentés d’orangé. Aux ailes supérieures, l’aire vitrée
ultracellulaire, s'étend de la nervure 3 à la nervure 0.
La seconde, de même taille, mais privée de ses pattes posté-
rieures, est défraîchie, ses ailes ont les franges usées par le vol
et l’abdomen notablement déprimé en dessous indique que la
ponte était assez avancée lorsqu'elle fut capturée. Sa coloration
générale est un peu moins foncée, plus olivâtre; les touffes laté-
rales du métathorax sont fortement mêlées de jaunâtre, la surface
postcoxale couverte de longs poils blancs; l’abdomen noir en
dessus avec tous les tergites étroitement liturés de blanc et la
brosse anale entièrement noire. En dessous, le ventre est noir,
pourvu à la base des mêmes poils blancs que la surface postcoxale,
et éparsement mêlé d’écailles blanc jaunâtre au bord postérieur
des sternites, le dernier étant en entier de cette couleur. L’aire
vitrée ultracellulaire des ailes supérieures, arrêtée sur la nervure 7,
ne comporte que quatre aréoles au lieu de cinq. Enfin on trouve
chez l’une comme chez l’autre une légère éclaircie hyaline diffuse
sous la nervure 2, cette éclaircie étant un peu moins développée
chez l’exemplaire de Nova-Friburgo.
Etant donnée la conservation imparfaite de la seconde femelle,
on pourrait être tenté d’attribuer aux causes mécaniques de des-
truction, comme la ponte et le vol, une part dans la production
des différences qui la séparent de la première, notamment dans
la coloration du ventre, mais je ferai remarquer qu’il n’existe
aucun désordre dans l’écaillure des sternites qui est bien complète
et ne laisse nulle part le tégument à nu, d’ailleurs, s’il en était
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 217
ainsi, le dernier segment qui Joue dans la ponte un rôle plus actif
que les autres serait le premier et le plus atteint, or 1l n’en est
rien et son écaillure blanc ocracé est intacte.
Il est plus rationnel et plus logique de penser que ces diffé
rences n’ont pas d’autres causes que les influences locales parti-
culières aux habitats respectifs de ces deux individus, l’un situé
presque sous l’Equateur et au nord, l’autre placé à plus de
30 degrés au sud, et appartenant en outre à des systèmes orogé-
niques différents.
On a donc affaire à deux races, mais ici se pose le problème
de savoir si l’une d’elles se rapproche assez de la forme typique
pour lui être attribuée et laquelle, aucune ne provenant de la
localité originale du type de Walker. Pour en décider, on ne
dispose malheureusement, en l’absence de figure et le type étant
pratiquement inaccessible en ce moment, que de textes bien
imprécis.
Melittia cyaneifera a été décrite par Walker en 1856 sur deux
exemplaires de la collection du British Museum provenant de
Rio-de-Janeiro, ex collection Stevens; le sexe n’est pas indiqué
et rien dans la description ni dans la diagnose qui la précède
ne permet de savoir s’il s’agit du mâle, de la femelle, ou des deux
sexes ; 1] n’est pas davantage question du nombre des divisions
de l’aire vitrée ultracellulaire et seule l'indication d’après laquelle
l’abdomen est « — testaceous beneath... » nous sera de quelque
utilité, encore dois-je faire remarquer que ce caractère, commun
à un très grand nombre de Melitiia n’est aucunement spé-
cifique de M. cyaneifera Walk. En outre, en 1874, G. A. Bulter,
examinant les types de Walker, reconnut que les deux exemplaires
appartenaient à deux espèces distinctes, il conserva le nom de
M. cyaneifera pour celui dont le principal caractère est d’avoir
la base (— le lobe basal) de l’aile inférieure écaillé de bleu,
et de l’autre fit le type d’une nouvelle espèce M. latimargo Btilr.
chez qui parmi d’autres différences ce lobe est : « .… clothed with
greenish testaceous scales... » mais dont le ventre est également
« ochraceous »; comme Walker, il négligea de préciser le sexe
218 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de son type et le nombre des divisions de la tache vitrée ultra-
cellulaire.
En faisant la part des insuffisances coutunuères à Walker et
en me fondant tant sur la coloration du ventre que sur certains
caractères communs à M. cyaneifera et à M. latimar go, je considère
comme typique la forme méridionale pourvue de cinq aréoies à la
tache vitrée ultracellulaire aux ailes supérieures et qui a de plus
le ventre blanc ocracé du quatrième sternite au sommet, c’est elle
F1@. 10. — Melittia cyaneifcra Wikr. 9. — A : corps et ailes vus en dessous;
« : face ventrale de l’abdomen (Grossissement : x 2 env.).
Fi1G. 11. — Meliitia cyaneifera Wikr. var. reducta n. var. $. — B : corps et ailes
vus en dessus; b : face ventrale de l'abdomen (Grossissement : x 2 env.).
qui ést représentée sur la Planche CCCLXXRIV, fe. #129/des
« Etudes de Lépidoptérologie comparée ».
Quant à l’autre exemplaire, J'en fais le type d’une race
géographique septentrionale que je nomme var. 7educta n. var,
et pour que ses caractères différentiels énumérés plus haut soient
aussi clairement exposés que possible, je figure ici, côte à côte,
la forme typique et la variété avec le détail de la face ventrale
de l’abdomen.
Dans un mémoire publié dans : Pañalio, III, p. 157 (1883),
Henry Edwards signale avoir reçu de Carlos Berg, de Buenos-
Ayres, parmi d’autres Aecerides : Melittia cyanifera Burm: Dans
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 219
cette indication 1l y a d’abord une erreur évidente d'orthographe,
car 1l s’agit, cela n’est pas douteux, de M. cyaneifera, puis une
seconde dans le nom de l’auteur; Burmeister a peut-être « déter-
miné » les Aegerides en question, 1l n’a jamais que je sache décrit
de Melitlia cyanifera ou cyaneifera qui est et reste de Walker.
Carlos Berg avait reçu beaucoup d’lnsectes des environs de
Rio-de- Janeiro et 1l est fort probable que la Melia adressée
par lui à Henry Edwards non seulement était bien l’espèce de
Walker mais encore que c’en était la forme réellement typique
puisque, comme nous l’avons vu, les types de l’auteur anglais
étaient de Rio même.
Envergure : 38,5-36 millimètres.
MOI Brésil, Nova Friburgo, février 1884, ex P. Germain;
Serrha de Communaty, Etat de Pernambuco, 1-2-18903, ex
E. Gounelle, Coll. Ch. Oberthür.
Melittia latimargo Butler. (PL CDLXXVI, fig. 3025-3926).
Melittia (= Eumallopoda Wallern.) Zatimargo Butler, Annals and
Magazin of Natural History (4) 14, p. 410 (1874).
Melittia cyancifera Walker, List of the Lepidopterous Insects in the col-
lection of the British Museum, Pars VIII, Sphingidæ, p. 67, n° 4
(1856) (partim).
Comme la précédente, cette espèce a été mise en vente au cours
de ces dernières années par les marchands entomologistes, mais
n’a pas été figurée n1 mentionnée depuis sa description.
Elle est très voisine de . cyaneifera W]Ikr. mais bien distincte
et les caractères donnés par Butler suffisent à la faire reconnaître;
J'ajouterai seulement que le mâle a cinq aréoles dans la tache
vitrée uitracellulaire avec l’indication d’une sixième dans l’angle
des nervures 7 et 8, tandis que chez la femelle cette tache est d’un
tiers plus étroite et seulement quadrifde.
La collection du Museum de Paris renferme 2 œ et 1 Q de
cette espèce provenant du Brésil méridional. Contrairement au
type de Butler, ils sont plus petits que les Melittia cyaneifera
220 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Wkr. de la collection Ch. Oberthür, mais on sait que chez les
Aegeriidæ a taille est des plus variable et, comme rien d’autre
ne les distingue, je les tiens pour conforme à la race type de Rio-
Janeiro.
Ces exemplaires frais éclos ont été capturés ensemble, sur le
tronc d’un arbre en décembre 1913, à Curnityba, Etat de Parana
(Brésil), par M. P. Lombard, d’après le témoignage de qui cette
espèce serait fort indolente, se déplaçant lentement et se laissant
facilement prendre directement au flacon sans l’aide du filet.
Envergure : O', 32-34 millimètres; ©, 32 millimètres.
2 GS, 1 ©, Curityba, Etat de Parana (Bréal), XTP1913;1ex 8.
Lombard, Coll. du Museum de Paris.
Melittia Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXV, fie. 3130).
Q — Vertex très ras, roux foncé en arrière et brun bronzé à
reflet bleuâtre en avant; front jaune terne avec la partie centrale
supérieure bronzée. Pelpes courts, n’atteignant pas la base des
antennes, grêles, lisses et écartés, Jaune terne; trompe brun clair.
Plaque jJugulaire jaune, poils péricéphaliques blancs. Veux bruns,
ocelles rose rubis. Antennes brun rouille en dessus, rousses en
dessous à l’exception du premier article qui est blanc.
Collier et thorax roux. Abdomen d’un roux un peu plus pâle,
lécèrement assombri vers l’extrémité des segments 1, 3 et 5 et
avec les segments 2, 4 et 6 brun clair; le septième segment est
presque entièrement de cette couleur ainsi que la brosse anale.
Dessous du thorax et de l’abdomen entièrement Jaune sale.
Hanches antérieures jaunes; fémurs et tibias jaune fauve;
tarses concolores, plus foncés en dessus et coupés de noir aux
articulations. Fémurs médians et postérieurs roussätres, longés
en dessus et en dessous de fauve; tibias médians fauves, à
sommet noir; tarses médians fauves avec le premier article mêlé
de blanc jaunâtre et les autres fortement marqués de noir en
dessus dans presque toute leur longueur. Tibias postérieurs cou-
verts d’une longue et épaisse pilosité jaune, tachés de brun près de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 221
la base et au delà, en dessus et en dessous du milieu; éperons
hérissés de poils jaunes; tarses entièrement couverts des mêmes
poils jaunes que le tibia auxquels s’ajoute sur le dessus du
premier article une grosse touffe de longs poils noirs et bruns.
Ailes supérieures transparentes avec une tache fauve terne sur
la base; la côte et les nervures noir brunâtre un peu violacé;
espace terminal large, de même teinte, un peu plus pâle et parsemé
d’écailles blanches, coupé très obliquement de la côte à l’angle
dorsal; espace entre les nervures Cu? et Cu! transparent. L’aire
hyaline ultracellulaire est limitée à sa partie supérieure par la
tige commune des nervures 7 et 8.
Point discocellulaire assez large, concolore. Dessous semblable
à côte Jaune pâle. Ailes inférieures transparentes avec les ner-
vures et une bordure marginale brun bronzé; lobe basal écaillé
de même couleur; dessous mêlé de jaune. Franges des quatre
ailes gris bronzé.
Envergure : 41 millimètres.
Type : 1 ©, Amazones, Iquitos; ex Marc de Mathan; Coll.
Ch. Oberthür.
Melittia Louisa n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3131).
Q. — Vertex noir; front brun, partiellement lituré de blanc
devant les yeux. Palpes jaune foncé à premier article couvert de
poils roux fauve; trompe brune; plaque jugulaire noire à sommet
Jaunâtre; poils péricéphaliques roux fauve. Antennes noires en
dessus, brunes à la pointe et en dessous, fauves en dehors. Veux
noir brun, ocelles jaune foncé.
Collier roux fauve antérieurement, noir postérieurement ; thorax
noir, ptérygodes noires dans leur moitié longitudinale interne,
roux fauve extérieurement du collier à la côte des ailes supé-
rieures ; touffes latérales du métathorax roux fauve. En dessous,
le thorax porte une large tache latéropectorale jaune clair mêlée
de fauve. Abdomen noir avec le troisième tergite en entier roux
fauve, milieu du quatrième, côtés des cinquième et sixième, et
15
222 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
septième en entier roux fauve; brosse anale courte fauve. Ventre
jaune clair à base grisâtre.
Hanches antérieures noires largement bordées de roux fauve
extérieurement et au sommet; fémurs noirs, tibias roux fauve à
base noire en dessous, tarses jaune fauve. Articulations coxo-
fémorales médianes et postérieures Jaunes; fémurs médians et
postérieurs noirs à crête supérieure et sommet jaune fauve; tibias
médians velus, noirs, interrompus au milieu par une ligne trans-
versale de poils blancs et portant au sommet en dessus une touffe
_de poils roux fauve; tarses jaune fauve coupés de noir au sommet
des articles; tibias postérieurs hérissés, noirs à la base et au
sommet, des poils roux fauve coupent le noir près de la base en
dessus, et couvrent le côté externe et le dessous; celui-ci porte
en outre des poils blancs; éperons jaunes; premier article des
tarses hérissé de poils fauves en dessous, noirs en dessus.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un
large espace terminal, le bord interne et la moitié supérieure de
la cellule noirs; des écailles roux fauve bordent les aires hyalines,
notamment le pourtour de la tache vitrée ultracellulaire qui est
quadrifide, à bord externe oblique. Un semis d’écailles blanc
bleuâtre couvre l’espace terminal de l’apex à l’angle dorsal.
Dessous semblable, noir pourpré, à côte roussâtre à la base.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne
marginale noires; lobe basal par moitié noir et fauve roux.
Dessous semblable à base et côte fauve. Franges des quatre ailes
gris bronzé, coupées de fauve à la base des ailes inférieures.
Envergures : 34,5 millimètres.
Type : 1 Q, Mexique; Coll. Ch. Oberthür.
Melittia Boulleti n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3028).
d. — Vertex vert olive, hérissé de longs poils formant une
touffe dressée sur la nuque et un long toupet couché en avant
entre les antennes. Front bombé, bronzé clair luisant, très finement
lituré de blanc le long des yeux. Palpes pubescents, olivâtres,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE DE
[eS
[SN]
mêlés de jaunâtre et longés extérieurement de noir. Trompe
brune. Plaque jugulaire jaune olivâtre. Poils péricéphaliques
longs, noirs mélangés de roussâtre. Antennes noires en dessus
avec quelques écailles blanches éparses vers le mieu et le dessous
brun roux. Yeux brun foncé; ocelles jaune orange.
Collier large et saillant noir bronzé à reflet bleu d’acier. Thorax
brun olivâtre en dessus, plus foncé en dessous, à surface postcoxale
concolore. Abdomen noir bronzé avec les trois prermers tergites en
partie recouverts d’écailles et de poils brun ohvâtre; brosse anale
rudimentaire, concolore, imperceptiblement mêlée de jaune au
sommet. Ventre bronzé, mêlé sur les quatre derniers sternites
d’écailles jaune pâle et blanches.
Hanches antérieures couvertes de longs poils, roussâtres au
centre, noirs autour; fémurs noir brun en dessus, hérissés en
dessous de longs poils gris, fauves et noirs; tibias noirs en dessus
avec une petite tache médiane blanc bleuûtre, frangés extérieu-
rement de longs poils noirs et à dessous jaune roussâtre; tarses
Jaune roussâtre, longés en dessus par une fine ligne noire. Fémurs
médians et postérieurs noirs, hérissés inférieurement de longs
poils noirs; tibias médians velus, noirs traversés par une bande
médiane de poils blanc bleu; tarses noirs en dessus, jaune roux
au sommet et en dessous, avec le premier article couvert à la base
de longs poils jaune roussâtre un peu mêlé de noir. Tibias posté.
rieurs noirs à la base, hérissés de longs poils jaune soufre au
miheu et brun foncé à sommet roux dans le tiers terminal. Eperons
brun noir. Tarses noirs à dessous jaune roussâtre, hérissés en
dessus et en dedans de longs poils noirs à sommet roux sur les
deux premiers articles.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne,
le trait discocellulaire — très étroit —, et les nervures noirs; une
étroite bordure marginale concolore, un peu élargie à l’apex et
semée d’écailles blanc bleu court parallèlement au bord externe;
espace entre les nervures 2 et 3 très étroit et écaillé de noir.
Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanches au bord
externe.
224 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ailes inférieures transparentes à lobe basal bien développé et
écaillé de gris brunâtre; nervures et bordure marginale très
finement écaillées de noir. Dessous semblable. Franges des
quatre ailes bronzées.
Envergure : 35 millimètres.
Type : 1 &, Vallée du Pungoué, Guengère, Mozambique, ex
G. Vasse (1906), Coll. du Museum de Paris.
La coloration et les caractères spécifiques de cette belle We/z/tia
la placent tout à fait à part parmi les espèces africaines; peut-
être se rapproche-t-elle des formes polynésiennes qui me sont
inconnues et dont plusieurs ont les ailes transparentes. Il est
probable que lorsqu'on démembrera l’immense genre Melrttia
elle formera une coupe séparée, intermédiaire entre les espèces
à vertex hérissé abondamment et celles à tête rase; je n’en connais
pas chez qui l’écallure des ailes soit aussi réduite.
Melithia Boulleti est dédiée en témoignage de respectueuse
affection à M. Eugène Boullet, Associé et bienfaiteur du Muséum
National d'Histoire Naturelle, en compagnie de qui j'ai le plaisir
de procéder au classement de la collection de Lépidoptères du
Museum depuis octobre 1907.
Melittia Victrix n. sp. (PL CCCEXXNW 69.317133 3194)
d. — Vertex hérissé de poils noirs, dressés sur la nuque et
prolongés en toupet saillant entre les antennes; front écaillé de
blanc d’argent brillant, lituré de blanc mat devant les yeux.
Palpes hérissés, blancs, mêlés de poils noirs en dessus, en avant,
et au sommet des second et troisième articles; trompe brune;
plaque jugulaire blanche, poils péricéphaliques blancs. Antennes
très courtes, épaisses, non courbées au sommet, finement cihiées
de la base aux trois cinquièmes de leur longueur, noires en dessus,
brunes en dessous, blanc jaunâtre extérieurement. Veux brun
noir; ocelles jaune foncé.
Collier bleu d’acier très brillant, avec une ligne transversale
médiane noir mat. Thorax revêtu d’une pubescence couchée brun
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 225
bronzé et parsemé antérieurement de rares poils jaunes; méta.
thorax et touffes latérales roux doré. En dessous le thorax est
brun bronzé, fortement mêlé de poils grisâtres et porte en avant
une petite tache latéropectorale blanche; surface postcoxale
couverte de longs poils Jaune safran.
Abdomen brun bronzé avec une ligne d’écailles gris bleuûtre
au bord de tous les tergites que des écailles roussâtres couvrent
du second au septième ; elles sont particulièrement denses sur les
troisième, quatrième et cinquième tergites, et s’interrompent sur
la ligne médiane où elles laissent apparaître une ligne de points
noirs. Brosse anale très brève, brun noirâtre. Ventre blanc.
Hanches antérieures blanches, traversées obliquement par une
hgne noire avant l’extrémité qui est gris Jaunâtre clair; fémurs
noirs, frangés inférieurement de longs poils, densément mêlés de
blanc sur toute leur surface; tibias, noir bronzé dessus, blancs en
dessous; tarses noirs en dessus, blancs en dessous. Fémurs
médians et postérieurs noir bronzé fortement écaillés de blanc
en dessus et en dessous; tibias médians poilus, noirs, mêlés à la
base et au milieu de poils et d’écailles irisées bleu pâle et terminés
par des poils blancs; éperons brun foncé; tarses à premier article
poilu, noirs en dessus, blancs en dessous sur les quatre derniers
articles. Tibias postérieurs hérissés, noirs à la base, en dessous,
avant et après le milieu, et du côté interne, extérieurement brun
fauve, un peu mêlé de blanc en dessus et à l’extrémité, et de
roussâtre avant le milieu; en outre une tache blanche se trouve
sur la crête inférieure en arrière de la première paire d’éperons
et une plaque de larges écailles bleu d’acier 1risé marque le côté
externe avant l’extrémité. Eperons internes noirs, externes noirs
en avant, blanc jaunâtre en arrière; tarses couverts jusqu’au
sommet de longs poils noirs, mêlés extérieurement de roux et
à premier article taché de blanc en dessous.
Auiles supérieures transparentes, teintées de brunâtre avec la
côte, les nervures, l’espace terminal et un trait discocellulaire
assez large, formant une courte pointe dans la cellule, noir
pourpré; des écailles roussätres parsèment la base de la côte, le
226 LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
bord interne et un peu le trait discocellulaire, et des écailles bleu
pale forment une ligne anguleuse sur l’espace terminal. La tache
vitrée ultracellulaire est large, trapézoïdale, formée de cinq
divisions dont la première est un peu plus courte que les autres.
Dessous semblable à côte plus claire.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne
marginale noir pourpré. Lobe basal entièrement transparent.
Franges des quatre ailes gris bronzé.
Q. — Vertex hérissé, noir mêlé de blanc; front blanc. Palpes
jaune roussâtre à base Jaune pâle; trompe rousse. Plaque jugu-
laire blanc jaunâtre, tachée de roux fauve à l’extrémité. Poils
péricéphaliques blanc jaunâtre de la base des palpes au milieu
du bord postérieur des yeux, noirs au delà. Antennes noires en
dessus, parsemées de quelques écailles blanches avant le sommet,
brunes en dessous, jaune roussâtre extérieurement. Veux bruns,
ocelles jaune foncé.
Collier brun ferrugineux, un peu éclairci antérieurement.
Thorax brun ferrugineux, mesoscutellum jaune pâle; côté et
touffes latérales du métathorax Jaune d’or mêlées de brun et
d’un peu de blanc. En dessous, le thorax porte antérieurement
une petite tache latéropectorale blanche. Abdomen noir, à premier
tergite mêlé de brun, second tergite jaune sauf à la base qui est
mêlée de noir et de brun; quelques écailles bleu pâle irisé par-
sèment le dernier tergite; brosse anale rudimentaire, noire. Ventre
blanc teinté de grisatre sur les côtés.
Hanches antérieures jaune pâle mêlées de roux, fémurs roux
fauve, hérissés en dessous et un peu mêlés de noir; tibias velus,
fauves à sommet noir, et mêlés en dehors et à l’extrémité de poils
blancs; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous, avec le premier
article coupé de blanc au milieu et à l'extrémité. Fémurs médians
et postérieurs blanc jaunâtre, frangés inférieurement de longs
poils noirs et gris; tibias médians noirs à la base, au milieu en
dessus et un peu extérieurement, fauve roux dans le reste avec
quelques poils jaunes et blancs vers le milieu; tarses noirs en
dessus avec les premiers articles tachés de blanc au sommet et le
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 227
dessous jaunâtre ; tibias postérieurs jaune fauve à la base, passant
au fauve roux varié de clair, avec la moitié terminale de la crête
supérieure noire; des poils jaunâtres marquent la base du côté
interne et quelques poils blancs l’extrémité; éperons internes
noirs mêlés de fauve roux, externes longuement frangés en arrière
de jaune et de fauve roux; tarses hérissés jusqu’au sommet, noirs,
mélangés extérieurement de fauve et à dernier article Jaune.
Ailes supérieures transparentes, teintées de roux à la base, avec
la côte, les nervures, et un très large trait discocellulaire — deux
fois plus large que haut —- noir bronzé; espace terminal large,
noir pourpré, parsemé d’écailles bleu pâle 1irisé formant une
double courbe concave. Tache vitrée infracellulaire atteignant
le milieu du trait discocellulaire, intracellulaire courte, ultracel-
lulaire quadrifide, en trapèze irrégulier, la première division étant
plus courte que les trois autres qui sont égales. Dessous semblable
à base et côte Jaune roussatre.
Aïles inférieures transparentes avec la ligne marginale et les
nervures noir pourpré à l’exception de 1° en entier, de la base
de 1° et de la médiane qui sont fauves. Lobe basal écaillé de
fauve doré. En dessous, la côte est fauve et la base du lobe basal
noire. Frange des quatre ailes gris bronzé, divisée longitudina-
lement par une ligne plus foncée et interrompue de Jaune à la
base des inférieures.
Envergure : ç* 20-22 millimètres, © 32 nullimètres.
Types : 2 g'o. 1 ©, Afrique occidentale, Johann Albrechts
Hôhe Station, Kamerun, L. Conradt (1898);Coll. Ch. Oberthür.
Melittia æthiopica n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 3920).
Œ. — Vertex densément hérissé de longs poils formant un
épais toupet dirigé en avant et une touffe dressée sur la nuque.
Front proéminent, écailleux, blanc brillant, à centre bronzé clair.
Palpes dressés et appliqués sur le front, couverts de longs poils
blanc grisâtre, mêlés extérieurement de poils noirs au milieu du
second article. Trompe roussâtre clair. Plaque jugulaire et poils
228 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
péricéphaliques blancs. Antennes très courtes, à peine aussi
longues que le thorax, minces à la base, épaisses au sommet,
noires en dessus parsemées d’écailles blanc bleuatre et fauves,
blanches extérieurement dans toute leur longueur, rousses en
dessous avec l’extrême pointe noire. Yeux bruns; ocelles très
petits, Jaunes.
Collier noir bronzé à reflet métallique. Thorax noir bronzé
abondamment revêtu de poils blanchâtres, formant en majeure
partie les touffes latérales du métathorax. Dessous noir bronzé
avec les mêmes poils blancs qu’en dessus et portant de chaque
côté deux taches latéropectorales : une antérieure composée
d’écailles fauves et blanches sous l'extrémité du collier, et une
plus petite, fauve, sous la base de l’aile antérieure; surface
postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen noir, légèrement
mêlé d’écailles fauves et blanches, avec tous les tergites bordés
d’une ligne d’écailles blanches; brosse anale très courte, noire
bordée de blanc latéralement. Ventre blanc sale avec deux taches
noir bronzé de chaque côté de la ligne médiane sur le troisième
sternite.
Hanches antérieures blanches dans leur moitié proximale,
noires dans leur moitié distale; fémurs blancs à sommet jaunâtre,
longés en dessus d’une ligne d'’écailles noires; tibias noirs,
mêlés de blanc en dessus, blancs en dessous; tarses noirs en
dessus, coupés de blanc au sommet des articles, blancs en dessous.
Pattes médianes détruites. Fémurs postérieurs noir bronzé,
frangés en dessous de poils blancs; tibias hérissés, noirs à la
base, couverts d’écailles et de longs poils blancs en dessus et en
dehors avec une petite touffe médiane d’écailles bronzées, noir
bronzé mêlé d’écailles brun roux et de poils blancs et noirs dans
leur moitié distale; crête inférieure pourvue d’une frange de longs
poils noirs à reflets bleu d’acier, interrompue de blanc près de
la base et après la première paire d’éperons ; éperons noirs, mêlés
de roux; tarses hérissés de poils et d’écailles noires à reflet bleu
d’acier et brun roux en dessus, coupés de blanc en dessous, au
mileu du premier article.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 229
Ailes supérieures transparentes, teintées légèrement de rous-
sâtre, avec la base noire très légèrement tachée de fauve, la côte,
le bord interne, les nervures, un large trait discocellulaire et
l’espace terminal noir bronzé; des écailles fauve roussätre par-
sèment le trait discocellulaire, notamment le lông de son bord
externe, et des écailles blanc bleu couvrent éparsement la moitié
externe de l’espace terminal. Les trois taches vitrées sont bien
définies : l’infracellulaire atteint le milieu du trait discocellu-
laire ; l’intracellulaire est courte et large, et l’ultracellulaire
—— presque deux fois plus haute que large — formée de cinq
divisions dont les deux premières sont les plus courtes. Dessous
gris foncé, fortement mêlé de blanchâtre.
Aïles inférieures transparentes, légèrement teintées de rous-
sâtre avec les nervures et la ligne marginale noir bronzé; lobe
basal transparent. Dessous semblable. Franges des quatre ailes
gris bronzé.
Envergure : 23 millimètres.
Type : 1 ©, Abyssinie, ex Schimper (1850), Coll. du Museum
de Paris.
Appartient au même groupe que les autres Melitiia à vertex
fortement pubescent : M. brevicornis Auriv., M. œdippus Obthr.,
M. Victrix Le Cerf, etc.
Melittia Laboissierei n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3030).
©. — Vertex noir; front noir bronzé lituré de blanc Jaunâtre
devant les yeux; palpes faiblement hérissés, blanc jaunâtre, mêlés
en avant et latéralement de poils noirs sur les second et troisième
articles; trompe brun roussâtre; plaque jugulaire et poils péricé-
phaliques blanc jaunâtre: antennes fortement renflées au sommet,
finement dentées et ciliées, noires en dessus, gris argenté extérieu-
rement, brun roussâtre en dessous ; yeux brun foncé; ocelles grenat
clair.
Collier noir bronzé brillant. Thorax noir bronzé; en dessous,
230 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
il porte une petite tache latéro-pectorale antérieure jaunâtre;
surface postcoxale concolore; touffes latérales du métathorax
gris Jaunätre. Abdomen noir bronzé, semé éparsément d’écailles
blanc jaunâtre et bordé d’une ligne très fine d’écailles blanches
aux second, quatrième et septième tergites; brosse anale à peine
différenciée noir bronzé. Ventre blanc jaunûtre.
Hanches antérieures blanc jaunâtre, marquées d’une ligne de
poils noirs parallèle au bord externe ; fémurs blanc Jaunâtre
longés en dessus par une ligne noire; tibias blanc jaunâtre en
dessus, jaune roussâtre en dessous, avec deux lignes longitudi-
nales noires; tarses noirs en dessus, blanc jaunâtre latéralement
et en dessous. Fémurs médians blanc jaunâtre mêlés de bronzé sur
la face externe et au sommet; tibias hérissés de poils noirs et roux,
avec la crête inférieure blanche et deux lignes étroites, transver-
sales, blanc bleuâtre au milieu de la face externe; tarses noirs
extérieurement, blancs sur la face interne, au sommet des articles
en dessus et sur les trois quarts proximaux du premier article qui
est poilu. Fémurs postérieurs noir bronzé à crête supérieure rous-
sâtre ; tibias hérissés de longs poils, noirs en dessous, bruns et roux
extérieurement, jaune sale en dessus de la base au milieu; trois
lignes d’écailles blanc jaunâtre traversent la face externe : une
près de la base, une autre avant et la dernière après le milieu,
celle-ci se continue en dessous et forme une tache blanche en
arrière de la première paire d’éperons; les éperons des deux paires
sont noirs avec le sommet roux postérieurement: tarses hérissés
jusqu’à l’extrémité de longs poils noirs et portant sur la face
externe, près de la base du premier article, une petite touffe de
poils fauve roussâtre.
Aüïles supérieures transparentes à base noire, avec la côte, le
bord interne et l’espace terminal noir bronzé; aire vitrée infra-
cellulaire atteignant le trait discocellulaire, intracellulaire bien
développée, ultracellulaire en trapèze arrondi, plus étroite en haut
qu’en bas, formée de cinq aréoles inégales dont la supérieure est
la plus courte et l’inférieure la plus grande; le trait discocellu-
laire, noir bronzé, de forme presque carrée, porte au milieu du bord
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 231
interne une courte dent et des écailles blanc bleuatre parsèment
lPespace terminal. Dessous noir bronzé.
Ailes inférieures transparentes, à base, nervures et ligne margi-
nale noir bronzé; lobe basal opaque, concolore, en partie recouvert
de poils jaunâtres. Dessous semblable. Franges des deux paires
bronzées, interrompues de jaune roussâtre le long du lobe basal
des ailes inférieures.
Envergure : 26 millimètres.
Hyper Usanda VMEÉoth\Coll'F. Le'Cerr.
Cette petite Melittia est apparentée aux espèces de la région
indo-malaise du Groupe de Melittia indica Btlr.; elle en a la
forme et le dessin et un peu aussi la coloration générale; le trait
récurrent qui divise chez ses congénères la cellule des ailes supé-
rieures fait défaut, mais au point où il prend naissance, vers le
milieu du trait discocellulaire, on remarque une petite saillie angu-
leuse qui se retrouve à peine plus marquée chez Melittia nepcha
Moore et Melittia Kulluana Moore.
Je l’ai dédiée à mon collègue et ami V. Laboissière, sergent-
fourrier d'infanterie territoriale.
Melittia usambara n. sp. (PI CDI XXI, fig. 3965).
@.-— Vertex brun ardoisé; front blanc sale, un peu mêlé de
brun ardoisé sous la base des antennes. Palpes à premier article
blanc (les autres sont détruits); trompe faiblement développée,
jaunatre; plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs jau-
nâtre (antennes détruites). Veux bruns; ocelles jaune pale.
Collier noir; thorax noir; ptérygodes concolores, tachées de
blanc bleuâtre à la base, à l'extrémité et sur la base de la côte
de l'aile supérieure; métathorax blanc avec de très longues
touffes latérales noires recouvertes de poils blanc bleuàtre. En
dessous, le thorax porte des écailles blanc jaunâtre ne formant
pas de taches latéropectorales définies. Surface postcoxale cou-
verte de poils blanc jaunatre.
232 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Abdomen noir avec les côtés de tous les tergites, sauf le qua-
trième, largement écaillés de bleu azuré pâle; brosse anale rudi-
mentaire, noire à sommet Jaunatre. Ventre blanc jaunatre.
Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs noirs à sommet
blanc; tibias noirs en dessus, jaune roussatre en dessous; tarses
noirs en dessus avec la base du premier article et le dessous
blancs. Articulations coxofémorales médianes et postérieures
blanc jaunatre. (Pattes médianes détruites). Fémurs postérieurs
noirs largement écaillés de blanc jaunâtre tout le long du bord
supérieur ; tibias hérissés de poils noirs, mêlés en dessus (et exté-
rieurement ?) de blanchâtre; éperons concolcres, les postérieurs
écaillés de blanc en arrière; tarses à premier article hérissés des
mêmes poils noirs que le tibia, les quatre suivants noirs en dessus,
blanc Jaunàtre en dessous.
Aïles supérieures noir bronzé, parsemées d’écailles blanc
bleuâtre et portant trois taches vitrées : une infracellulaire
longue et étroite, atteignant le trait discocellulaire qui est macu-
laire et aussi large que l'espace terminal; une intracellulaire
cunéiforme, de moitié plus courte que la précédente et une très
étroite ultracellulaire, courbe et composée de quatre aréoles
punctiformes comprises entre les nervures 3 et 7. Dessous sem-
blable mais dépourvu d’écailles blanc bleuatre.
Aïles inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
noir bronzé; lobe basal écaillé de bleu d’azur pâle brillant.
Dessous semblable avec la base du lobe noir. Franges des deux
paires noir bronzé.
Envergure : 31 millimètres.
Type : 1 ©, Afrique orientale (Usambara), Pangani, ex L.
Conradt (1801), Coll. Ch. Oberthür.
Melittia usambara n. sp. est décrite sur un individu assez
fortement maltraité mais dont un examen minutieux permet de
retrouver la plupart des caractères avec une netteté suffisante.
Elle est apparentée à Melittia brevicornis Auriv. de qui elle
diffère par la taille plus grande, l’absence de bordure blanche
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 233
aux segments et la présence de larges macules latérales blanc
leuté, l’aire vitrée ultracellulaire quadrifide aux ailes supé-
rieures, la coloration bleu d’azur pale du lobe basal des ailes
inférieures, les tarses postérieurs non poilus jusqu’au sommet.
Melittia Houlberti n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 3031).
Q.— Vertex fauve; front bronzé très finement lituré de blanc
devant les yeux; palpes fauves, un peu tachés de blanc sur la face
interne des deux premuers articles ; trompe brun roussâtre; plaque
jugulaire noir bleu, mêlée de poils fauves; poils péricéphaliques
fauves. Antennes noir bleu parsemées aux deux tiers de leur
longueur, en dessus, d’écailles blanches ne formant pas de tache
distincte; yeux brun ferrugineux; ocelles grenat.
Collier fauve, terminé de chaque côté par une petite plaque
d’écailles blanches. Thorax entièrement fauve en dessus, noir bleu
en dessous. Abdomen noir bronzé en dessus, couvert d’un semis
espacé de très petites écailles blanches lancéolées qui n’en
modifient pas sensiblement la teinte. Ventre noir bronzé.
Hanches antérieures noir bleu à base fauve, pattes noir bleu
avec quelques écailles blanches à la base du premier et sur le
dessus des trois derniers articles du tarse. Pattes médianes noir
bleu, à tibia un peu pourpré et coupé extérieurement dans sa partie
médiane par une très légère ligne blanche transversale; éperons
noirs ; tarses concolores portant les mêmes écailles blanches
qu'aux pattes antérieures. Fémurs postérieurs noir bleu; tibias
couverts de poils denses, pas très longs et couchés, noir bleu,
passant au pourpré cuivré vers l’extrémité du côté externe, et
fauves, indistinctement interrompus de blanc, sur les trois quarts
de la crête supérieure; éperons concolores avec l’extrème pointe
des deux externes blanc pur; tarses couverts jusqu’à l’extrémité
des mêmes poils que les tibias mais plus courts, pourpré cuivré à la
base du premier article, noir bleu dans le reste.
Ailes supérieures opaques, noir verdâtre, éparsément semées de
très petites écailles blanches. Dessous noir bleu brillant.
234 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ailes inférieures opaques noir bleu brillant sur les deux faces
à l’exception d’une étroite et courte ligne transparente sous la
base de la nervure cubitale. Dessous semblable. Franges des deux
paires concolores.
Envergure : 29 millimètres.
Typé : 10, Uganda; VI23th, Collf Fe Ceère
Cette espèce est très voisine de Pansa (—Melittia) aureosqua-
mata Wallgr. de la Cafrerie orientale, décrite sur un individu
dont le sexe n’est pas indiqué et qui n’a Jamais été figurée.
D'après la description originale elle s’en distinguerait par la
taille d’un quart plus petite, l'absence de jaune d’or sur le troi-
sième segment abdominal et de fauve à la base des fémurs anté-
rieurs et aux tibias médians, la limitation du fauve à une partie
seulement de la crête supérieure aux tibias postérieurs, le semis
d’écailles blanc pur de l’abdomen et des ailes supérieures, l’exis-
tence du fauve à la base des hanches antérieures (— pectus
Wallgr.) et d’une petite ligne transparente aux ailes inférieures.
Enfin, elle présente la particularité d’avoir les nervures 7 et 8 des
ailes antérieures tigées sur plus des quatre cinquièmes de leur
longueur.
Melittia Houlberti est dédiée à M. le Professeur Constant
Houlbert, de Rennes, en témoignage de cordiale sympathie.
GENRE PREMELITTIA n. gen.
Tête petite; vertex étroit non hérissé; front bombé et assez
saillant. Trompe complètement avortée. Palpes de dimension
moyenne, écailleux, non hérissés. Antennes fusiformes, non
courbées au sommet. Corps robuste et assez long; brosse anale
très courte.
Pattes longues, robustes, non hérissées, tibias postérieurs portant
en dessus, avant le milieu et à l’extrémité, une crête de poils
- courts; premier article des tarses pubescent.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 235
Nervulation. — Ailes supérieures : cellule longue et étroite;
nervure 1 bien développée, non bifurquée à la base, 2 naissant
avant l’angle inférieur de la cellule, 3 de cet angle et plus près
de 4 que de 2; tige commune de 7 et 8 très courte, 9 partant du
même point, à l’angle supérieur de la cellule, 10 et 11 très
brièvement tigées à la base et naissant près de 0.
Ailes inférieures : cellule ovale au sommet, longue et étroite;
nervure 1 a assez courte et limitant un lobe basal médiocrement
développé; 2 naissant au milieu du bord inférieur de la cellule et
3 avant l’angle duquel part 4; 5 de l’angle des discocellulaires ;
6 bien développée et partant de l’angle supérieur de la cellule,
7 assez loin de cet angle, courte et réunie à 8.
Génotype : Premelithia rufescens n. sp.
Premelittia rufescens n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3136).
Q-:— Vertex non hérissé, jaune fauve; front plus foncé, assez
largement bordé de jaune clair devant les yeux. Palpes, poils
péricéphaliques et plaque jugulaire jaunes. Yeux brun noir, ocelles
gros, rose rubis. Antennes jaune foncé, avec le tiers terminal brun
roux en dessous.
Collier jaune fauve; mésothorax brun chatain à ptérygodes
concolores, bordées étroitement de jaune tout autour et plus
largement aux angles postérieurs; métathorax écaillé de jaune
terne au milieu et poilu latéralement de brun.
Abdomen brun foncé avec le second segment bordé postérieu-
rement d’une ligne d’écailles jaune fauve; premier, troisième et
cinquième largement tachés latéralement, en avant de jaune, cette
couleur formant une étroite bande, tranversale et continue sur
le cinquième segment; brosse anale rudimentaire, un peu plus
claire que le fond et mêlée de quelques écailles Jaunes. Ventre
en entier jaune fauve.
Hanches antérieures jaune fauve; aux trois paires de pattes :
fémurs un peu plus foncés; tibias jaune fauve avec une ligne
brune sur la crête supérieure, les postérieurs ont en outre la base
236 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
brune et quelques poils fauves, courts et dressés en deux touffes
peu étendues sur la crête supérieure : une avant le milieu, l’autre,
plus petite, à l'extrémité. Eperons Jaune pâle. Tarses jaunes à
premier article fauve.
Ailes antérieures brunes avec une tache vitrée intracellulaire
linéaire le long de la nervure médiane (Cu), une longue et large
infracellulaire et une ultracellulaire très diffuse, étroite en haut à
la tige commune de 7 et 8 où elle commence, et très élargie infé-
rieurement sur la nervure 2 où elle s’arrête. Point discocellulaire
concolore, mal défini, simplement formé par l’épanouissement
de l’écaillure qui couvre la côte et comble la moitié longitudinale
supérieure de la cellule. Dessous semblable, à base de la côte
jaune d’or.
Ailes inférieures transparentes avec la bordure marginale et
les nervures brunes; lobe basal concolore. Dessous un peu plus
clair. Franges des quatre ailes gris châtain, éclairées de fauve à
la base des inférieures.
Envergure : 35 millimètres.
Type : 1 ©, Bolivie, Cochabamba, Vunga-del-Espiritu-Santo;
ex P. Germain (1888-1889); Coll. Ch. Oberthür.
Proche parente des WMeliffia Hb. par l’ensemble de ses carac-
tères mais dont elle diffère à première vue par ses pattes moins
longues et dépourvues des touffes de poils caractéristiques, cette
intéressante espèce porte une livrée peu brillante et assez répandue
en Amérique. Elle sera néanmoins aisément reconnue grâce à ses
caractères particuliers et la disposition des parties jaunes sur le
fond brun châtain.
GENRE NEOSPHECIA n. £.
Vertex hérissé; front bombé, saillant. Antennes de longueur
médiocre, en massue épaisse, obtuses à la pointe, non courbées,
dépourvues de houppe terminale. Palpes assez longs, porrigés,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 237
un peu hérissés à la base, à troisième article petit et aigu. Trompe
complètement avortée. Ocelles assez gros, saillants.
Corps robuste, cylindro-conique, brosse anale courte.
Pattes robustes, de longueur médiocre, avec les éperons
pubescents. Tibias postérieurs un peu courbés en S, non hérissés;
premuer article des tarses moins long que la moitié du tibia et
courbé en sens inverse.
Nervulation. -— Ailes supérieures : nervure 1 bien développée,
non bifurquée à la base; 2 naissant avant l’angle inférieur de
la cellule, 3 de cet angle et plus près de 4 que de 2; 7 et 8 non
tigées; Oo de l’angle supérieur de la cellule; 10 et 11 partant
presque du même point près de l’angle supérieur de la cellule.
Ailes inférieures : cellule ovale, étroite, atteignant le milieu
de l’aile; nervure 1 a courte, limitant un petit lobe basal peu
prononcé; 2 et 3 naissant loin avant l’angle inférieur de la
cellule, 4 de cet angle, 5 de l’angle des discocellulaires, 6 bien
développée, 7 absente.
Génotype : Neosphecia combusta n. sp.
à
Neosphecia combusta n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3137).
©. -— Vertex noir, front noir bronzé portant deux toulles
d’écailles saillantes au-dessous de la base des antennes. Palpes
à premier article noir extérieurement, jaune intérieurement; second
jaunâtre en dessus, jaune roux en dessous avec une touffe d’assez
longs poils noirs à la base et longé par deux lignes noires; troi-
sième noir à base jaune en dessus. Plaque jugulaire jaune pâle;
poils péricéphaliques très courts, jaune foncé. Veux noir brun,
ocelles orange. Antennes fauves en dessus, brunes en dessous.
Collier et thorax brun noirâtre; ptérygodes concolores, ter-
minées par une touffe d’écailles jaune foncé. Le métathorax est
bordé postérieurement d’une ligne d’écailles jaunâtres et ses
pinceaux latéraux sont jaune foncé.
Abdomen brun noir avec le bord postérieur du deuxième
tergite et le bord antérieur du troisième fondus en une bande
16
238 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
transversale jaune fauve. Brosse anale — rudimentaire — et
ventre brun noir uniforme.
Hanches antérieures brun noir, bordées latéralement en dehors
et inférieurement de blanc jaunâtre; fémurs et tarses fauves; les
tibias sont de cette couleur, mêlés de poils brun noir. Fémurs
médians et postérieurs brun noir; tibias médians brun noir, mêlés
en dessus, et en dehors avant le milieu, de poils fauve roux;
éperons et tarses noir brun. Tibias postérieurs noir brun, largement
tachés de Jaune clair du côté externe, entre le milieu et le sommet;
tarses noir brun; éperons noirs antérieurement, Jaune clair posté-
rieurement ; tarses noir brun.
Ailes antérieures opaques, brun roux, avec la base noire,
l’espace terminal un peu éclairci et une tache vitrée infracellulaire
n’atteisnant pas la discocellulaire. Dessous semblable mais plus
clair.
Aïles inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
brun roux; lobe basal écaillé de brun fauve. Franges des deux
paires brun noirûtre.
Envergure : 30 millimètres.
Type : 1 ©, de Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu-
Santo; ex P. Germain (1888-1889); Coll. Ch. Oberthür.
Comme la précédente, cette espèce constitue un terme de
passage entre les Melittia et les autres Æveriide, mais elle est
déjà sensiblement plus éloignée des WMelitiia que Premelittia
rufescens.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 239
II. —_ Sous-Famille : AEGERIINÆ
GENRE MELITTINA gen. nov.
Q. — Tête assez large, à front légèrement bombé. Palpes
courts, porrigés, à premier article hérissé en dessous de longs poils
formant une touffe rectilhigne. Trompe bien développée. Antennes
courtes, à base mince et massue très épaisse. Corps court et épais,
sans brosse anale différenciée. Pattes médianes et postérieures
longues, à tibias et tarses velus. Corps court et épais. Ailes larges
et arrondies.
Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 rudimentaire, non
divisée à la base ; 2 naissant avant l’angle inférieur de la cellule,
3 de cet angle, 7 et 8 tigées sur la moitié de leur longueur; 9 de
l’angle supérieur de la cellule, 10 rapprochée de 9 à la base,
11 éloignée de 10.
Ailes inférieures dépourvues de lobe basal. Cellule dépassant
la moitié de la longueur de l’aile; nervure discocellulaire supé-
rieure très brève, inférieure fortement oblique. Nervure 1 a très
courte; 2 naissant peu après le milieu du bord inférieur de la
cellule et 3 un peu avant l’angle, 4 de cet angle et courbée vers
le milieu; 5 de l’angle des discocellulaires, 6 de l’angle supérieur
de la cellule et 7 partant du même point.
Génotype : Melittina nigra n. sp.
Melittina nigra n. sp. (PL CDLXXVIL fig. 3033).
@.— Vertex — non hérissé — et front noir bleu. Palpes noirs,
très légèrement mêlés de blanchâtre, à premier article muni d’une
très longue touffe de poils noirs pendant verticalement en dessous
de la tête. Trompe jaune pâle. Plaque jugulaire et poils péricé-
phaliques noir bleu. Antennes noir bleu, longées extérieurement
d’une ligne d’écailles jaune pâle, avec la moitié terminale de la
massue rousse en dessous. Veux noirs; ocelles jaune pâle.
240 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Collier, thorax et abdomen noir bleu.
Hanches, fémurs et tibias antérieurs noir bleu, tarses noir bleu
en dessus, jaune pale en dessous. Fémurs médians et postérieurs
noir bleu, tibias médians noir bleu annelés de blanc au sommet ;
éperons blanc jaunâtre; tarse à premier article velu, noir bleu, les
quatre suivants noirs en dessus, jaune roussâtre en dessous. Tibias
postérieurs noir bleu, annelés de blanc mêlé de roussàtre au
sommet; tarses couverts de poils noir bleu, fortement mêlés de
roux, très longs sur le premier article, décroissant rapidement de
longueur sur le second et le troisième; les trois derniers articles
roux en dessous. Eperons noirs, à base et sommet jaune.
Ailes supérieures transparentes, assombries par un semis
d’écailles noir fuligineux sur le disque et formant une ligne
continue divisant longitudinalement la cellule; côte, bord interne,
nervures et un étroit espace terminal mal défini noir fulhigineux;
trait discocellulaire, large, arrondi, noir profond. Dessous sem-
blable.
Ailes inférieures transparentes avec un semis d’écailles noir
fuligineux entre les nervures; trait discocellulaire, bordure mar-
ginale et nervures assez largement écrits en noir. Dessous sem-
blable. Franges des quatre ailes larges, gris noirâtre.
Envergure : 21,5 millimètres.
Type O0; Bresiliex P"ReMoult, Coll FA PeICErE
Cette curieuse petite espèce ne se rapproche d’aucune de celles
que me sont connues ; elle forme un genre à part, très distinct des
Melittia par l’absence de lobe basal aux ailes inférieures et le
\ A 2
rapprochement à ces mêmes ailes des nervures 3 et 4.
GENRE PSEUDOMELITTIA n. gen.
d. — Tête de grosseur moyenne; vertex non hérissé; front
légèrement bombé; palpes grêles, dressés, non hérissés; trompe
bien développée. Antennes assez longues, peu renflées, n1 pectinées
ni ciliées. Corps robuste; abdomen cylindro-conique terminé par
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 241
une brosse bien différenciée, assez longue, étroite et bifide. Pattes
robustes. Tibias médians pubescents, tibias et tarses postérieurs
hérissés de longs poils comme chez les Melittia; tarse postérieur
plus court que le tibia.
Ailes supérieures à bords subparallèles et sommet arrondi.
Nervulation : nervure 1 obsolète, non bifurquée à la base, 2 nais-
sant très près de l’angle inférieur de la cellule duquel part la
nervure 3 ; 4 plus près de 5 que de 3, 7 et 8 tigées sur un peu moins
que la moitié de leur longueur, 0 de l’angle supérieur de la cellule,
10 et 11 largement écartées à la base.
Ailes inférieures très larges et mumies d’un lobe basal remar-
quablement développé; cellule dépassant à peine la moitié de la
longueur de l’aile. Nervulation : 1 a longue et bien distincte;
2 naissant aux deux tiers de la cellule, 3 et 4 du même point
a l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire supérieure très
courte et oblique, inférieure très longue et verticale, 5 de leur
angle, 7 absente.
Génotype : Pseudomelittia Berlandi n. sp.
Pseudomelittia Berlandi n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3032).
d.— Vertex noir bleu, un peu mélangé de blanc jaunâtre et de
roux; front blanc brillant à centre grisâtre et à partie supérieure
teintée de Jaune pâle. Palpes blancs extérieurement, semés
d’écailles noires et à troisième article noir. Trompe brun jaunâtre.
Plaque jugulaire blanc jaunâtre à pointe extrême fauve. Poils
péricéphaliques blancs jusque sur la nuque. Antennes noires,
longées extérieurement de blanc. Veux bruns; ocelles incolores.
Collier noir bronzé brillant, terminé de chaque côté par une
touffe d’écailles roux fauve. Thorax noir bronzé mêlé antérieu-
rement et de chaque côté du métathorax d’écailles et de poils
roux fauve; ptérygodes concolores tachées à la base de blanc
jaunâtre et de roux fauve, et bordées d’écailles blanches sur la
base de la côte des ailes supérieures. En dessous, le mésothorax
242 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
porte une large tache latéropectorale blanc jJaunâtre et la surface
postcoxale des poils blancs.
Abdomen noir bronzé, semé d'’écailles blanches piliformes sur
les côtés des tergites; ces écailles deviennent de véritables poils
couvrant les pleuræ et dont la longueur s’acroît de la base à l’ex-
trèmité du corps ; en avant, elles sont mêlées de jaune sur les deux
premiers segments. Brosse anale formée d’écailles et de poils
noirs et blancs, plus courts au centre que sur les côtés. Ventre noir
avec les troisième, quatrième et cinquième sternites bordés d’une
ligne d’écailles blanches et le dernier velu roux fauve.
Hanches antérieures Jaunes — pattes détruites — fémurs
médians et postérieurs noir bleu, longés sur les crêtes supérieure
et inférieure et tachés extérieurement au sommet de blanc jau-
natre. Tibias médians noir bleu annelés de blanc au sommet,
tachés de rouge fauve au milieu en dessus et de blanc jaunatre
extérieurement ; tarses noir bleu annelés de blanc au sommet des
articles. Tibias postérieurs noir bleu portant en dessus deux taches
rouge fauve au mieu et à l’extrémité, suivies latéralement et en
dessous d’écailles et de poils blancs et jaunâtre; éperons blanc
Jaunâtre en avant, noirs en arrière; tarses à premier article couvert
de longs poils, noirs en dessus, rouge fauve extérieurement, et
blanc à la base en dessous ; second, troisième et quatrième rouge
fauve en dessus, blanc jaunâtre en dessous, cinquième noir bleu.
Ailes supérieures transparentes, à reflet bleu d’acier ; côte, bord
interne, nervures, trait discocellulaire —— presque carré —— et un
étroit espace terminal apical noir bronzé; une ligne d’écailles
noires divise longitudinalement la cellule et des écailles blan-
chatres éclaircissent la couleur foncière sur l’espace terminal. La
tache vitrée ultracellulaire arrondie étendue de 2 à 9 et le trait
discocellulaire sont bordés d’écailles jaune pale, peu serrées.
Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanches et avec très peu
de jaune.
Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu d’acier ; lobe basal
proéminent, transparent ; nervures et bordure marginale finement
écrites en noir. Dessous semblable. Frange des quatre ailes courte,
LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 243
bronzée, coupée de jaune clair le long du lobe basal des ailes
inférieures.
Envergure : 24,5 millimètres.
Type : 1 O, Afrique orientale allemande, Coll. Fd. Le Cerf.
J'ai acquis cette espèce sous le nom de Melitfia sp. ?; ses carac-
tères génériques sont bien différents de ceux des Melittia et elle
constitue à elle seule un genre très intéressant. La présence aux
ailes inférieures d’un lobe basal proportionnellement plus déve-
loppé que chez aucune Melittia est tout à fait remarquable et peut
expliquer autant que la pilosité des pattes postérieures l’erreur
qui la faisait attribuer à tort au genre de Hübner.
Cette Ægerie est dédiée à mon excellent confrère et ami Lucien
Berland, Préparateur au Museum, sous-lieutenant d’infanterie,
blessé très grièvement à la tête de sa section à la bataille de
Verdun.
GENRE HETEROSPHECIA n. gen.
Tête large à front plat; antennes sétacées, très finement et
brièvement ciliées chez le çj'; trompe bien développée; palpes
velus, non hérissés, longs, dressés verticalement, un peu divergents,
à troisième article obliquement porrigé, long et aigu. Pas de brosse
anale différenciée; fémurs médians et postérieurs très plats et
très larges. Tibias médians et postérieurs et premier articie des
tarses hérissés d’assez longs poils touffus.
Nervulation. — Ailes supérieures à cellule allongée, atteignant
presque les deux tiers de la longueur de l’aile; nervure 7 absente.
Ailes inférieures à cellule large et très longue, son angle
inférieur se trouvant à peu près, comme aux supérieures, aux
deux tiers de l’aile. Nervures discocellulaires presque égales,
l’inférieure verticale; 1 a rudimentaire, 3 et 4 très courtes et très
rapprochées à leur origine, la dernière étant fortement courbée,
244 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
2 naissant un peu avant l’angle inférieur de la cellule, 5 de l’angle
des discocellulaires, 7 séparée de la côte, 6 absente.
Génotype : Xeterosphecia myticus n. sp.
Heterosphecia myticus n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3139).
— Vertex non hérissé, noir, mêlé de quelques poils grisatres;
front gris bronzé, limité de blanc en haut, entre les antennes, en
bas, et latéralement devant les yeux. Palpes à premier article
blanc, second noir à la base et extérieurement, blanc sale en
avant et en dedans, troisième noir avec la base blanche en dessous.
Poils péricéphaliques noirs; plaque jugulaire blanc sale. Yeux
gris brun, ocelles jaune orange. Antennes noires en dessus et en
dessous, Jaune terne extérieurement; trompe brune.
Collier noir luisant. Thorax noir mêlé en avant de poils
roussatres peu nombreux. Abdomen noir de part et d’autre avec
le second tergite et tous les sternites bordés d’une ligne d’écailles
blanc sale.
Hanches antérieures noires à sommet blanc; fémurs noirs,
tibias velus, noirs; tarses concolores avec les deux premiers
articles velus.
Hanches médianes et postérieures bordées de blanc; fémurs
médians noirs; tibias noirs hérissés de poils ras, dressés, annelés
de blanc sale avant le milieu et à l'extrémité; tarses noirs avec
les mêmes poils blancs que le tibia à l'extrémité. Fémurs
postérieurs noirs extérieurement, blanc sale le long de la crête
supérieure et sur la face interne; tibias noirs et hérissés, annelés
de blanc sale après la base, vers le milieu et au sommet, et
couverts du côté interne de longs poils Jaunâtres; éperons nus,
noirs antérieurement, blanchàtres postérieurement. Tarses noirs,
a premier article hérissé et mêlé de blanchâtre, second avec une
courte touffe sur la moitié proximale.
Ailes supérieures transparentes avec la base, la côte, les nervures
et une fine ligne marginale noires; le point discocellulaire est
étendu en une large macule couvrant tout le disque de l’aile et
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 245
se prolongeant inférieurement presque jusqu’à l’angle dorsal,
au milieu entre 4 et 6 presque jusqu’à la marge et comblant tout
l’espace entre la nervure 7 et la côte à l'exception d’un petit
point hyalin près de l’angle supérieur de la cellule; en outre un
petit point noir s'inscrit entre les nervures 6 et 7, au-dessus du
prolongement médian de la macule discale. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur
partie médiane; nervures écrites en noir, les discocellulaires,
l'extrémité de la cellule, la côte, ies nervures 2 et 3 étant plus
fortement marquées ; ligne marginale noire, étroite, un peu
élargie entre 1 c et 2. Frange des quatre ailes courte, noire.
Envergure : 24 millimètres.
Type : 1 O, Assam, Naga-Hills: ex W. Doherty (1889); Coll.
Ch. Oberthür.
GENRE MELANOSPHECIA nov. gen.
Palpes dressés obliquement, assez grêles. Trompe bien déve-
loppée. Antennes assez longues sans massue différenciée, gra-
duellement épaissies. Ocelles petits, rapprochés du sommet des
yeux. Thorax fortement bombé. Abdomen subcylindrique peu
aigu au sommet, terminé par une brosse anale courte, égale. Pattes
robustes, tibias et tarses postérieurs couverts de longs poils.
Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 courte et non
divisée à la base; 2 naissant avant l’angle inférieur de la cellule,
3 rapprochée de 2 à la base et graduellement écartéc; 6 absente,
9 de l’angle supérieur de la cellule, 10 et 11 très rapprochées à
leur origine, épaissies et coalescentes au cinquième de leur lon-
gueur et parallèles dans le reste de leur parcours.
Ailes inférieures : pas de lobe basal différencié, cellule
dépassant un peu la moitié de la longueur de l’aile; nervure 1 a
obsolète, 2 et 3 naissant avant l’angle inférieur de la cellule,
4 de cet angle, 6 absente, 8 aboutissant au deux tiers de la côte.
Génotype : Melanosphecia atra n. sp.
246 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Melanosphecia atra n. sp. (PI CCCLXXVTI; fig. 3140).
Q. — Vertex et front noir verdâtre; palpes noirs, mêlés de
quelques écailles rousses au sommet des second et troisième
articles. Trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques
noirs. Antennes noires en dessus, rousses à la base et en dessous.
Yeux brun foncé, ocelles jaune pâle.
Collier, thorax et abdomen en dessus noir bronzé; brosse anale
concolore un peu éclaircie à l’extrémité. Ventre noir, avec le bord
des sternites marqué de quelques écailles blanchâtres.
Hanches antérieures noir bronzé ; fémurs, tibias et tarses
concolores avec quelques écailles blanches à l’extrémité du tibia.
Articulation coxofémorale des pattes médianes et postérieures
blanc jaunâtre; fémurs et tibias noirs; éperons blanc jaunâtre;
tarses noirs en dessus, blancs en dessous.
Aïles supérieures entièrement opaques, noir bronzé; dessus
semblable, légèrement teinté de pourpré sur le disque.
Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale
noires. Discocellulaires et base des nervures 2 et 3 largement
écaillées. Franges des quatre ailes noir bronzé.
Envergure : 24 millimètres.
Type : 1 Q, Nouvelle-Guinée, Baie de Geelwink, Vaour;
ex W. Doherty (1802); Coll. Ch. Oberthür.
Par son facies : taille, corps épais, ailes supérieures opaques,
tibias et tarses postérieurs hérissés, Melanosphecia atra présente
une très grande ressemblance avec les espèces du genre Meliftia,
à tel point que j'aurais été tenté de l’identifier avec Melittia tristes
Roths. malgré les quelques différences de détails que révèlent
les descriptions si l'analyse de ses caractères ne m'avait montré
avec évidence qu’elle n’est nullement apparentée à ce genre et
qu'il y a lieu d'établir pour elle une coupe générique distincte.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 247
Melanosphecia Bouvieri n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3034-
3935).
Q.— Tête plus large que le thorax; vertex noir mêlé de poils
fauves; nuque fauve. Front noir à reflet bleu d’acier très étroi-
tement lituré de blanc d'argent devant les yeux. Palpes dressés
obliquement, aigus, entièrement fauves. Trompe jaune roussatre.
Plaque jugulaire petite, noire, bordée de fauve; poils péricépha-
liques fauves, précédés d’une ligne d’écailles blanc d’argent.
Antennes longues et épaisses, fauves à pointe noire en dessus.
Yeux brun foncé; ocelles petits, jaune pâle.
Collier noir à reflet bleu d’acier, bordé de fauve en avant et
à chaque extrémité. Thorax noir bleu, touffes latérales du méta-
thorax, un peu mélangées de poils blancs; surface postcoxale
concolore, dépourvue de poils blancs. Abdomen noir bleu avec
une très légère indication de bordure blanche aux second et troi-
sième tergites. Ventre noir avec tous les sternites bordés de blanc
d'argent.
Hanches antérieures et fémurs noirs; tibias noirs frangés de
poils noirs et fauves vers le sommet ; tarses noirs mêlés de fauve.
Articulations coxofémorales médianes et postérieures bordées de
blanc ; fémurs médians et postérieurs noirs, un peu tachés de blanc
à la base de la crête inférieure; tibias médians noirs portant
extérieurement vers le milieu et au sommet quelques écailles
blanches; éperons internes fauves, externes noirs; tarses noirs
à premier article très finement longé de blanc en dessus et en
dessous, et à trois derniers fauves en dessous. Tibias postérieurs
noirs, hérissés de longs poils, portant une longue plaque d’écailles
blanches à la base du côûté interne et une étroite ligne transversale
médiane de même couleur sur la face externe; éperons noirs, longés
postérieurement de blanc; tarses noirs avec les deux premiers
articles hérissés cômme les tibias.
Ailes supérieures opaques, noir bleu brillant, passant au
pourpré sur l’espace terminal. Dessous semblable. Ailes inférieures
transparentes à l'exception d’une large macule noir, pourpré
248 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
brillant, prolongée sur les nervures, étendue de la côte à l’apex
et descendant Jusqu’entre les nervures 2 et 1 c; nervures et bordure
marginale concolores. Dessous semblable. Franges des deux paires
noires.
Envergure : 26,5 millimètres.
Type : 1 ©, Bornéo, Lohaban, ex KR. Oberthür (1808), Coll.
du Museum de Paris.
En outre du type, la collection du Museum contient un autre
exemplaire de cette espèce différant par une taille un peu moindre
— 23,5 milhimètres — et la teinte bleu violacé de toutes les parties
pourprées, c’est également une femelle, capturée au Sebroang,
Bornéo, par M. P. Chaper.
Je dédie cette belle espèce à mon éminent Maître, M. le Pro-
fesseur E. L. Bouvier, membre de l’Institut, protesseur au
Museum National d'Histoire Naturelle, sous les ordres de qui
je m’honore de travailler au Laboratoire d’Entomologie.
GENRE CALLITHIA n. gen.
Vertex non hérissé; front très peu saillant; antennes de lon-
gueur médiocre à base mince et sommet fusiforme, simples chez
le cf. Palpes non hérissés, ascendants, à troisième article oblique,
mince et aigu. Trompe bien développée.
Thorax globuleux; abdomen grêle et assez court, terminé par
une brosse anale peu différenciée, réduite aux deux pinceaux
latéraux, courts, étroitement appliqués sur les valves génitales.
Pattes longues, minces, à tibias lisses, terminés par des poils
qui forment aux postérieurs une touffe de longueur croissante
sur le dessus du quart terminal et se continue sur le tarse où
elle s'atténue rapidement ; éperons postérieurs pubescents.
Nervulation. — Ailes supérieures : cellule étroite, en ovale
allongé à l’extrémité. Nervure 1 fine, non bifurquée à la base;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 249
2 et 3 naissant avant l’angle inférieur de la cellule, écartées à la
base, rapprochées au sommet ; 4 de l’angle inférieur de la cellule;
7, 8 et 9 tigées, partant de l'angle supérieur de la cellule; 1e et
11 loin de cet angle, écartées à la base et graduellement
rapprochées.
Ailes inférieures : cellule étroite, très rapprochée de la côte,
atteignant le milieu de l’aile; nervure 12 courte, obsolète; 2 et 3
peu écartées à la base, naissant loin avant l’angle inférieur de la
cellule, 4 de cet angle, 6 absente; 8 confondue avec la côte; disco-
cellulaire supérieure courte, très oblique; discocellulaire inférieure
trois fois plus longue et inclinée de la côte vers le bord anal. Pas
de lobe basal différencié.
Génotype : Callithia Oberthüri n. sp.
Callithia Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3138).
— Vertex non hérissé, noir bronzé, mêlé en arrière de quel-
ques poils blancs. Front bronzé bordé latéralement par une étroite
liture blanche peu visible, et mêlé en haut, sous la base des
antennes, de rares écailles blanches. Palpes dressés, couverts de
poils noirs, mêlés en avant de poils blancs. Trompe bien déve-
loppée, brune. Plaque jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques
courts, blancs. Yeux noir brun, ocelles rose rubis. Antennes noires
avec la pointe en dessus et la massue en dessous brun roux.
Collier bronzé brillant. Thorax noir luisant, métathorax conco-
lore avec deux taches jaunes latérales. Abdomen brun chocolat
avec le bord des segments et les deux derniers presque en entier,
noir pourpré. Brosse anale réduite à deux petits faisceaux
d’écailles plates et allongées, accolés sur la Jointure supérieure
des valves génitales. En dessous, le métathorax est garni posté-
rieurement de longs poils blanc jaunâtre; les deux premiers
sternites abdominaux sont noirs, fortement mêlés d’écailles
Jaunâtres et tous les autres sont jaune vif; les #/euræ sont brun
chocolat plus clair que sur le dos.
250 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Hanches antérieures noir luisant ainsi que les fémurs et le
dessus des tibias, le dessous de ceux-ci est brun pourpré; tarses
brun cannelle. Fémurs et tibias médians noir luisant, les seconds
traversés obliquement au tiers de leur longueur par une ligne
d’écailles jaune vif; éperons noirs, tarses brun roux. Fémurs
postérieurs noir luisant longés en dessous de blanc, portant en
dessus quelques écailles de cette couleur près de la base et
extérieurement une tache jaune vif un peu après le milieu. Après
cette tache commence une touffe dense, graduellement épaissie,
d’écailles piliformes noires aplaties, à sommet lancéolé, dressées
obliquement ; cette touffe atteint son maximum de développement
à l’extrémité du tibia et se continue sur le tarse où elle forme
une crête épaisse sur les deux premiers articles, puis diminue
rapidement de longueur jusqu’au dernier qu’elle n’atteint pas;
elle est mélangée sur le tarse d’écailles blanches disposées en
ligne longitudinale.
Ailes supérieures entièrement opaques, noir lustré sur la côte,
les principales nervures et le milieu de la cellule, brun chocolat
partout ailleurs. Dessous concolore mais plus clair.
Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale
finement écrites en noir brun. Discocellulaire nue; lobe basal
petit et transparent. Dessous semblable.
Franges des quatre ailes gris bronzé foncé.
Envergure : 34 millimètres.
Type: 1 œ, Nouvelle-Grenade, Etat de Cundinamarca,
Cananche; ex Marc de Mathan (1° semestre 1900); Coll Ch.
Oberthür.
Voisine des Melittia par son faciès et une partie de ses carac-
tères, cette belle espèce que j'ai dédiée à mon éminent Maïtre et
Ami M.Charles Oberthür est remarquable par ses antennes simples
chez le mâle, la longueur et vestiture de ses pattes postérieures,
l’absence du lobe basal et de la nervure 7 aux ailes inférieures,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 251
GENRE PHLOGOTHAUMA Btir
Phlogothauma Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3141,
3142).
Œ. —- Vertex hérissé, noir postérieurement et à pointe jaune
entre les antennes; front jaune d’or lituré de blanc devant les
yeux. Palpes jaunes, longés extérieurement de noir sur les second
et troisième articles; premier article en dessous et second au
sommet en avant blanc pur. Trompe brunâtre. Plaque jugulaire
blanche au milieu, jaune latéralement; poils péricéphaliques
blancs. Antennes noires en dessus, brunes en dessous, à premier
article jaune. Veux brun noir, ocelles rubis.
Collier noir, bordé de jaune. Thorax noir, ptérygodes conco-
lores, traversées par une ligne jaune se prolongeant jusqu'à la
pointe au bord interne et sur la base des ailes supérieures. Des
écailles forment une tache sur le milieu du mésothorax qui est
bordé postérieurement de même couleur. Toufles latérales du
métathorax blanches. Pas de taches latéropectorales en dessous.
Abdomen noir bleu avec une grosse tache d’écailles jaunes un
peu mêlée de blanc sur le milieu du second tergite et une bordure
mal définie de même couleur aux quatrième, cinquième et sixième
tergites; brosse anale noir bleu, avec de rares poils jaunes à la
base. Ventre noir avec le milieu de tous les sternites blanc jaunâtre.
Hanches antérieures noires, largement bordées de jaune d’or
en dehors et au sommet; fémurs noirs, frangés de poils; tibias
noirs, un peu mêlés de jaune et frangés de poils noirs; tarses
jaune d’or à premier article noir. Articulations coxofémorales
médianes et postérieures blanches ; fémurs médians et postérieurs
noirs, longés en dessous de fins poils blancs ; tibias médians noirs
largement tachés de fauve en dehors; tibias postérieurs noirs,
hérissés en dessus et au sommet de poils fauves; éperons et tarses
252 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des deux paires noirs, coupés de jaune à l’extrémité des articles
en dessus, gris Jaunâtre en dessous.
Ailes supérieures transparentes avec un point jaune sur la
base de la nervure médiane, la côte, les nervures, le bord interne
et le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal étroit,
parallèle au bord externe, noir pourpré mêlé de jaune vers l’apex.
Les aires vitrées sont très larges; l’ultracellulaire, quadrifide, a
des divisions de longueur égale mais l’inférieure est triangulaire
par suite de la position de la nervure 3 sur laquelle s'appuie son
bord inférieur. Dessous semblable à côte jaune et semé d’écailles
de mème couleur sur le trait discocellulaire et lapex.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, une étroite
ligne marginale — légèrement festonnée — et un étroit trait
discocellulaire noirs. Dessous semblable. Franges des deux paires
noir bronzé.
Q.— Vertex et front jaune d’or étroitement lituré de blanc
devant les yeux ; palpes hérissés de longs poils noirs sur le
premier article, jaunes sur le second, troisième nu, aigu, jaune.
Trompe brune; plaque jugulaire noire bordée latéralement de
fauve. Poils péricéphaliques blancs. Antennes jaune d’or à
sommet brun en dessus, jaune en dessous à la base, brunes du
milieu au sommet. Yeux noirs, ocelles jaune foncé.
Collier jaune d’or; mésothorax noir dans sa moitié antérieure,
jaune d’or avec quelques poils noirs de chaque côté du milieu
dans sa moitié postérieure; ptérygodes jaune d’or avec la base et
le sommet noirs; métathorax noir; surface postcoxale blanche;
pas de taches latéropectorales. Abdomen noir avec le sixième
tergite jaune d’or bordé de noir, le septième et la brosse anale
jaune d’or passant graduellement au fauve; les pinceaux latéraux
de la brosse anale portent quelques poils noirs. Ventre noir, à
dernier sternite jaune d’or.
Hanches et fémurs antérieurs noirs; tibias noirs à la base, au
sommet et en dessous, jaune fauve en dessus; tarses Jaune d’or.
Articulations coxofémorales médianes et postérieures blanches;
fémurs médians et postérieurs noirs; tibias médians jaune fauve;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 253
tarses noirs en dessus, coupés de jaune, à l’extrémité des articles,
jaunes en dessous; tibias postérieurs noirs à la base et dans leur
tiers terminal en dessous, jaune fauve dans le reste; éperons jaune
pale; tarses noirs en dessus, coupés de jaune à l’extrémité des
articles, jaunes en dessous.
Ailes supérieures opaques, fauve doré à reflet pourpré avec
la base, la côte, un léger semis marginal et les nervures du disque
— légèrement indiquées — noir pourpré; un point jaune marque
la base de la nervure médiane et une petite tache vitrée ultra-
cellulaire, triangulaire, se trouve entre les nervures 3 et 4. Dessous
fauve, à l’exception de l'extrémité de la côte et d’une étroite
bordure marginale noir pourpré.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures secondaires,
la bordure marginale et la base noir pourpré; trait discocellulaire,
nervure médiane et bord anal jaune fauve. Dessous semblable.
Franges des quatre ailes bronzé pourpré sauf à la base des infé-
rieures où elle est jaune d’or.
Envergure : Gf: 25-25,5; ©: 28-29 millimètres.
Types : 5 O,6 ©, Kuranda, Queensland (Australie), ex Dodd;
Collections Ch. Oberthür et F. Le Cerf.
GENRE ADIXOA Hpsn.
Adixoa soror n. sp. (PI. CCCLXXVI, fig. 3143).
cd. — Vertex noir bleu à nuque jaune pale; front bronzé lituré
de blanc devant les yeux; palpes noirs, blancs extérieurement
sur le second article et jaune pâle en dessous. Trompe brune;
plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Antennes noires
à la base (le reste manque). Veux noir brun, ocelles jaune foncé.
Collier noir pourpré; thorax également à ptérygodes conco-
Icres, marquées d’une petite touffe d'écailles fauve orange sur
la base des ailes antérieures. Métathorax bordé de fauve orange.
17
254 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
En dessous, le thorax porte en avant une tache latéropectorale
fauve orange.
Abdomen noir, avec les pleuræ du premier segment blanches
et les quatrième et sixième tergites bordés de fauve orange; brosse
anale courte, noire avec deux petits pinceaux latéraux blancs.
Ventre noir, à quatrième segment bordé de jaune orange latéra-
lement et de blanc au milieu.
Hanches antérieures noires (pattes détruites). Articulations
coxofémorales médianes et postérieures blanches; fémurs et
tibias médians et postérieurs noirs; tarses noirs, coupés de blanc
au sommet des articles en dessus.
Aüïles supérieures noir pourpré avec trois taches vitrées à reflet
bleu pâle : infracellulaire courte et étroite; intracellulaire oblique
et teintée de jaunâtre; ultracellulaire ovale, quadrifide, à divisions
subégales. Dessous semblable à côte plus claire. |
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, la bordure
marginale et un large trait discocellulaire noir pourpré. Dessous
semblable. Franges des quatre ailes noires.
Envergure : 24 millimètres.
Type : 1 C, Sikkim, Kurseong; ex R. P. Bretaudeau (1804);
Coll. Ch. Oberthür.
Le genre Adixoa créé par Hampson ne contenait jusqu'ici que
trois espèces, une de l’Inde : Adzxoa alterna \WNIÏkr. génotype, une
du Tenasserim : Adixoa auricollum Hmps. et la troisième, plus
récente, des îles Philippines : Adixoa tomentosa Schultze. À dixoa
soror apparaît donc comme la forme la plus septentrionale de ce
petit genre bien caractérisé et l’une des moins variées en couleurs.
C’est avec Adzxoa auricollum Hmps. qu’elle a le plus d’affinités
mais elle s’en distingue aisément par l’absence de fauve au collier,
au cinquième tergite et à tous les sternites sauf le quatrième, la
présence de fauve au métathorax, de blanc aux articulations coxo-
fémorales et à la base du ventre, etc. Sa brosse anale, extrêmement
petite et courte, est aussi bien différente de celles d’Ad1x0a alterna
Wilkr. et Adixoa tomentosa Schultze telles qu’elles ont été repré-
LÉPIDOPTÉEROLOGIE COMPARÉE 255
sentées sur les figures de ces deux espèces publiées par Hampson
in Fauna of British India, Moths I (1802), p. 198, fig. 125 et par
Schultze un Philippines Journal of, Sciences (LIL), p: 28; Plux,
fig. 2 a-d (1908).
GENRE PARANTHRENE Hübn.
(= Memythrus Newm.; — Sciapteron Stgr.; — Pramila Moore).
Paranthrene Charlesi n. sp. (PI. CCCLXXVI, fig. 3144).
œ. — Vertex noir bleu; front jaune pâle portant au milieu
une tache ronde gris bronzé. Palpes noirs extérieurement, blancs
en dessous et en dedans. Trompe petite, brune. Poils péricépha-
liques Jaunes. Plaque jugulaire noir bronzé mêlée et bordée de
blanc jaunâtre. Antennes à base jJaunâtre (le reste est détruit).
Yeux bruns, ocelles rouge foncé.
Collier noir bronzé taché latéralement de jaune. Thorax noir
bronzé à reflet bleu. Abdomen noir bleu portant une étroite
bordure jaune foncé aux segments 1 et 4. Brosse anale longue,
concolore avec deux lignes de poils jaunes peu nombreux au bord
interne des deux pinceaux latéraux. Ventre noir bronzé avec les
sternites bordés de jaune foncé.
Hanches antérieures noir bleu largement tachées de blanc dans
toute leur partie médiane; fémurs et tibias noir bleu ainsi que
le premier article du tarse dont les quatre derniers sont blancs.
Pattes médianes et postérieures entièrement noir bleu.
Ailes supérieures noir un peu pourpré sur l’espace terminal et
d’un beau bleu d’acier brillant dans la cellule; elles portent deux
taches hyalines : une infracellulaire assez courte et large, et une
ultracellulaire en rectangle oblique, divisée en quatre aréoles
subégales par les nervures 4, 5 et 6. Dessous noir pourpré.
Ailes inférieures transparentes avec une large bordure terminale
noir pourpré, prolongée en pointe sur la nervure 2 et finissant vers
256 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
l’angle anal. Point discocellulaire noir pourpré, très large et étalé
en une macule irrégulière, prolongée dans la partie supérieure
terminale de la cellule. Frange concolore aux quatre ailes.
Envergure : 30 millimètres.
Type : 1 ©, Papouasie, côte entre Baie Geelwink et Bae
Humboldt ; ex W. Doherty (4° trimestre 1806) ; Coll. Ch. Oberthür.
Cette très belle espèce constitue à elle seule une coupe à part
dans le genre Paranthrene Hbn., aucune autre, à ma connais-
sance, n'ayant à la fois la cellule des ailes supérieures complè-
tement écaillée et les taches vitrées infra et ultracellulaires bien
développées ; à ce propos, je dois signaler que sur la figure 3144
seule la figure gauche reproduit exactement la forme de la tache
vitrée ultracellulaire, sur la figure droite, cette tache est repré-
sentée avec cinq aréoles au lieu de quatre; il y a donc lieu de
supprimer l’aréole supérieure de ladite figure en ramenant la
couleur de la côte jusqu’à la nervure 7.
Paranthrene Charlesi n. sp. est dédié au capitaine d’artillerie
Charles Oberthür, fils aîné de M. Charles Oberthür.
Paranthrene limpida n. sp. (PI CCCLXXVI; fig. 3145).
œ. — Vertex noir; front blanc à centre bronzé clair. Palpes
noirs ; trompe brun roux; plaque jugulaire blanche; poils péricé-
phaliques blancs. Antennes longues et minces, très finement
ciliées, noires en dessus, brun foncé en dessous. Veux brun noir,
ocelles jaune d’ambre.
Collier et thorax noir bronzé à reflet bleu. Abdomen de même
couleur avec quelques écailles jaune foncé au bord du second
segment ; brosse anale longue, très étroite, concolore. Ventre noir
bronzé avec le premier sternite en entier et le milieu du bord des
suivants, sauf le dernier, blanc pur.
Hanches antérieures noir bleu; fémur, tibia et premier article
du tarse noirs, les quatre dermiers articles blancs. Pattes médianes
absentes. Articulation coxofémorale des pattes postérieures noire
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 257
étroitement bordée de blanc au bord interne; fémurs noirs ainsi
que les tibias dont la face externe porte une tache blanche vers
le mieu; tarses noirs.
Ailes supérieures transparentes largement teintées de jaune
d’ambre avec la base, la côte et le bord interne noir à reflet bleu;
point discocellulaire en trait étroit et oblique, Jaune semé
d’écailles noires à la partie supérieure du bord interne. Espace
terminal très réduit presque rectiligne, écaillé peu densément de
brun noirâtre. Dessous semblable à côte jaunatre.
Ailes inférieures transparentes, un peu teintées de jaune, avec
les nervures et le point dicocellulaire -- linéaire — plus foncés
et une fine ligne marginale noire. Dessous semblable. Frange des
quatre ailes bronzée.
Envergure : 20 millimètres.
Pype : 1 O, Java, Res. Sækabæœmi, ex J.-B. Ledru (1895);
Coll. Ch. Oberthür.
Paranthrene limpida n. sp. est apparenté au groupe indien des
P. (= Sciapteron Stgr.) grotei Moore, P. (— Sciapteron Stgr.)
cæruleëmicans Hmpsn. et particulièrement à ?. {= Pramila Moore
— Sciapteron Stgr.) atkinsoni Moore chez qui les ailes supérieures
ont une écaillure excessivement réduite et portent un trait disco-
cellulaire rectangulaire de couleur claire et limité par des écailles
foncées.
Mais si le dessin est analogue chez P. limpida la coloration
est différente, l’aspect est plus élancé et moins arrondi.
Paranthrene zoneiventris n. sp. {PI CCCLXXVI, fig. 3146).
cd. — Vertex noir bronzé; front gris ardoisé lituré de blanc
devant les yeux. Palpes jaunes, avec une ligne longitudinale
externe noire sur le second et le dessus du troisième articles.
Trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes.
Antennes noir bleu, très brièvement ciliées, portant une petite
258 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
—
tache blanche sur le côté externe de l’article basilaire. Veux brun
noir, ocelles jaune topaze.
Collier noir pourpré terminé de chaque côté par des écailles
jaunes. Thorax noir bleu, ptérygodes concolores dans leur moitié
longitudinale interne, jaunes extérieurement. Touffes latérales
du métathorax mêlées de jaune. Le dessous du thorax est mélangé
en avant d’écailles jaunes ne formant pas de taches latéro-
pectorales définies.
Abdomen noir bleu à reflet pourpré avec un semis assez dense
d’écailles jaunes sur le second tergite, et les quatrième, cinquième
ct sixième entierement jaunes à l’exception d’une étroite bande
noire proximale; brosse anale noir bleu largement bordée latéra-
lement de jaune. Ventre noir avec les cinq premiers sternites
bordés de jaune sur la moitié de leur largeur.
Hanches antérieures jaunes; fémurs jaunes à l’exception de la
base, du sommet et du dessous qui est frangé de poils noirs;
tibias noir bleu, un peu jaunâtres en dessous; tarses Jaunes.
Articulations coxofémorales médianes et postérieures Jaunes;
fémurs médians et postérieurs noirs, à moitié terminale jaune et
à sommet noir; tibias médians noirs avec une touffe de poils
jaunes au milieu, en dessus et à l’extrémité; éperons Jaunes;
tarses Jaunes mêlés de noir bronzé en dessus; tibias postérieurs
noir bleu, largement écaillés de jaune au milieu, en dessus et au
sommet ; éperons Jaunes; tarses Jaunes mêlés de noir bronzé.
Aüïles supérieures transparentes, teintées de jaune d’ambre de
la base au delà du milieu de la cellule, avec la côte, les nervures,
le bord interne, le disque en entier et une courte pointe dans la
cellule noir bleu; un vif reflet bleu d’acier s’étend de la hase
sur toutes les parties transparentes de l’aile et se prolonge en
traits inégaux entre les nervures 6 à 9. Dessous semblable, à côte
jaune et semé sur le disque de quelques écailles jaunes.
Ailes inférieures transparentes à reflet bleu d’acier pâle, avec
les nervures, le trait discocellulaire, et une très fine bordure
marginale noire. Dessous semblable à côte très légèrement Jaune.
Franges des quatre arles noir bronzé.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 259
Envergure : 29-31 millimètres.
Types : 2 G', Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.]l;
ex Doherty (1800); Cell. Ch. Oberthür.
Je ne connais en nature aucune des espèces asiatiques du
groupe auquel appartient Paranthrene soneiventris n. sp.; celui-ci
paraît établir une transition entre les formes à ailes supérieures
opaques : ?. {abaniformis Rott., P. pernix Leech, P. bicincta
Moore et celles à ailes supérieures transparentes : P. afkinsont
Moore, P. limpida Le Cerf, etc. etc.
D'après les descriptions, c’est aux environs de P. grote: Moore
et P. cœruleimicans Hmpsn. que P. soneiventris n. sp. doit se
placer, mais indépendamment des détails de coloration 1l se
distingue à priori des deux par le développement de la surface
écaillée des ailes supérieures.
Paranthrene Davidi n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 20).
d. — Vertex non hérissé, noir bronzé; front bronzé lituré de
blanc devant les yeux. Palpes noirs en dessus et latéralement,
jaunes en avant. Trompe noirâtre. Plaque jugulaire noire mêléc
d’écailles blanches à la base; poils péricéphaliques blancs, passant
au jaune sur la nuque. Antennes noires finement dentées et cihiées.
Yeux brun noir; ocelles grenat clair.
Collier noir bleu. Thorax noir bronzé portant en dessous une
tache latéropectorale jaune en avant; ptérygodes concolores;
touffes latérales du métathorax noires, pourvues de quelques
écailles jaunes à la base. Abdomen noir bronzé avec les second
et quatrième tergites étroitement bordés de jaune; brosse anale
noire légèrement frangée de blanc au sommet des poils des pin-
ceaux latéraux. Ventre noir avec le quatrième sternite bordé de
jaune; extrémité et bord inférieur des valves génitales longés
de blanc.
Hanches antérieures, fémurs et tibias noir bronzé; tarses noirs,
tachés en dessous de blanc à l’extrémité des articles. Articulations
260 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
coxofémorales médianes et postérieures marquées de jaune au
sommet, fémurs médians et postérieurs noirs; tibias ‘des deux
paires noirs, portant sur la crête inférieure une tache médiane
blanche qui se prolonge en pointe transversale oblique de chaque
côté. Eperons noirs, un peu écaillés de blanc en arrière. Tarses
noirs annelés de blanc à l’extrémité des deux premiers articles.
Ailes supérieures opaques, brun noirätre un peu pourpré, avec
deux aires vitrées, nettes à la base et se perdant graduellement
dans le fond au sommet : une infracellulaire atteignant le trait
discocellulaire et une intracellulaire dont la partie supérieure,
limitée par un trait récurrent noir, se prolonge jusqu’à l'angle
supérieur de la cellule. Un reflet bleu d’acier pâle couvre le disque
et les aires transparentes. Dessous semblable.
Ailes inféricures transparentes avec le trait discocellulaire, les
nervures et une assez forte ligne marginale noir bronzé pourpré.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes bronzées.
Envergure : 26,5-20 millimètres.
Types : 2 O', Principauté thibétaine de Mou-Pin, ex P. Armand
David (1871), Coll. du Museum de Paris.
Paranthrene Davidi appartient à la première section du genre
Paranthrene Hbn. {= Memythrus Newm. — Sciapteron Stor.)
établie par Hampson pour les espèces dont les mâles ont les
antennes bipectinées cilhiées ; par la taille et la coloration, il paraît
intermédiaire entre les espèces du groupe /abaniformis KRott.
d'Europe et les espèces asiatiques telles que ?. Zonaventris
Le Cerf de Haute-Birmanie.
C’est de Paranthrene bicincta W]Ikr. du nord de la Chine et de
Paranthrene pernix Leech du Japon que ?. Davidi est le plus
voisin; d’après les descriptions, il se distinguerait du premier
par le front bronzé lituré de blanc, les hanches antérieures entiè-
rement noires et probablement aussi par les tibias tachés de blanc
et les tarses annelés de blanc aux deux premiers articles, mais
la description de Walker ne permet pas d’acquérir de certitude
sur ces deux points. Avec ?. pernix Leech, il a en commun la
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ZÔI
coloration générale et notamment les hanches antérieures mono-
chromes, les pattes faiblement tachées de clair et la brosse anale
composée de poils à sommet blanc; 1l s’en écarte par le coller
noir et la présence de deux anneaux jaunes seulement au bord
des tergites abdominaux.
Par une erreur singulière, Leech a décrit pernix comme un
Bembecia et tout récemment Max Bartel, sous prétexte de rectifier
L.eech, a fait de ce Paranthrene bien caractérisé une Chameæs-
phectia !
J'ai dédié Paranthrene Davidi à la mémoire de l'iliustre
missionnaire, explorateur et naturaliste dont les chasses dans la
Mongolie, le Se-Tchouen et le Thibet ont fourni une quantité
prodigieuse de documents de toutes sortes et enrichi la science
d’un nombre considérable d'espèces nouvelles. Emile Blanchard,
G. À. Poujade et surtout M. Ch. Oberthür, dont le P. A. David
fut l’ami jusqu’à sa mort, ont fait connaître un grand nombre des
espèces nouvelles de Lépidoptères figurant dans les récoltes du
grand voyageur.
Paranthrene tristis n. sp. (PL CDILXXVII, fig. 3937).
©. — Vertex non hérissé, noir; front noir bronzé hturé de
blanc pur devant les yeux. Palpes grêles, non hérissés, à premier
article noir, second et troisième jaune pâle, longés extérieurement
par une ligne d’écailles noires, et blancs sur la face interne;
trompe brun foncé; plaque jugulaire jaune pâle; poils péricé-
phaliques blancs; antennes noires; yeux brun noirâtre, ocelles
Jaune topaze.
Collier noir pourpré. Thorax et abdomen noir bronzé. Le thorax
porte en dessous une haute tache latéropectorale antérieure Jaune;
les touffes latérales du métathorax, concolores, sont mêlées de
quelques longs poils blancs.
Hanches antérieures et médianes noir bronzé; hanches posté-
rieures légèrement écaillées de blanc au sommet du bord interne.
Pattes des trois paires noir bronzé avec les éperons blancs et le
262 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
sommet des deux premiers articles des tarses tachés de blanc
en dessus.
Ailes supérieures entièrement opaques, un peu glacées de bleu
nacré dans la cellule et sur le disque, avec un semis peu dense et
peu apparent d’écailles brun roux entre la base du bord interne
et la cellule et le long de la nervure radiale dans la cellule.
Dessous un peu plus pale avec une fine ligne blanche le long
de la côte.
Ailes inférieures transparentes à base noire; nervures et trait
discocellulaire noir bronzé, bordure marginale de même couleur,
un peu élargie entre les nervures 1 c à 5. Dessous semblable avec
une petite tache blanche sur la côte, près de la base. Franges des
deux paires noir hronzé.
Envergure : 27,5 millimètres.
Type: 1 Q, Hué, Annam, ex Vitalis (1907), Coll. Charles
Oberthür.
Paranthrene Henrici n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3147).
Q.—- Vertex noir postérieurement, jaune d’or en avant entre
les antennes; front Jaune lituré de blanc devant les yeux. Palpes
jaune d’or, avec une ligne longitudinale externe noire; trompe
rousse; plaque jugulaire Jaune d’or; poils péricéphaliques blancs.
Antennes noires, rousses extérieurement et à tiers basal Jaune
en dessous ; quelques écailles Jaunes forment, en dessus, une petite
tache mal définie avant le sommet. Yeux noirs; ocelles Jaune pâle.
Collier et thorax noir pourpré; ptérygodes en entier Jaune d’or;
touffes latérales du métathorax mêlées de poils blancs; pas de
taches latéropectorales en dessous du thorax. Abdomen noir bleu
à reflet pourpré avec les deux derniers tergites en entier rouge
fauve à l'exception d’une étroite bordure noir bleu; brosse anale
rouge fauve. Ventre avec le milieu des quatre premiers sternites
jaunes et les trois derniers d’un rouge fauve plus pâle qu’en
dessus.
Hanches antérieures Jaune d’or étroitement bordées de noir
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 203
le long du bord interne; fémurs noirs frangés de iongs poils;
tibias noirs ; tarses à premier article noir, les quatre derniers blanc
pur. Articulations coxofémorales médianes et postérieures jaune
d'or; fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias médians
noirs, avec une large tache externe jaune d’or entre la base et
le milieu, sommet jaune avec quelques écailles blanches en
dessous; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous, coupés de
blanc et de jaune à l’extrémité des premier et second articles;
éperons noirs. Tibias postérieurs noir bleu, un peu tachés de jaune
en dessus avant le milieu et au sommet; éperons internes noirs,
éperons externes jaune pâle; tarses noirs en dessus avec un point
blanc sur l’extrémité du premier article, jaunes en dessous.
Ailes supérieures opaques, métalliques, noir bleu sur la côte,
bleu d’acier foncé sur la base de la cellule, le bord interne, la
discocellulaire et la marge externe, violet pourpré dans l’extré-
mité de la cellule et sur le disque. Dessous semblable, plus terne
et moins pourpré.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, une fine
bordure marginale et un large trait discocellulaire noir pourpré.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes noir pourpré.
Envergure : 37 millimètres.
Type : 1 Q, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.];
ex Doherty (1800); Coll. Ch. Oberthür.
Paranthrene Henrici n. sp. fait partie d’un groupe largement
représenté dans les dépendances orientales de l’Inde britannique,
mais dont la plupart des espèces ne sont connues que par un seul
sexe ; 1l est possible que le nombre des unités actuellement cata-
loguées soit réduit plus tard par des appariements judicieux.
La place de Paranthrene Henrici n. sp. paraît être auprès de
P. noblei Swinh. et de P. sikkima Moore; il diffère du premier,
dont les deux sexes sont connus, par les antennes et le collier
noirs, les ptérygodes entièrement jaunes, les deux derniers tergites
et la brosse anale rouge orange, le ventre jaune orange, les tarses
antérieurs à quatre derniers articles blanc pur. P. s2#kima Moore,
264 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
connu seulement par le mâle, possède aussi ce dermer caractère
mais s’écarte de P. Henrici par le thorax qui ne porte qu’un trait
jaune de chaque côté (sans doute au bord interne des ptérygodes),
les tarses médians et postérieurs pointillés de blanc et les carac-
téres du corps qui sont ceux de ?. noblei Swhn.; les descriptions
ne parlent pas de la coloration du ventre.
Je dédie cette superbe espèce, en témoignage d’estime et de
cordiale sympathie, à l’aspirant d'infanterie Henri Oberthür,
petit-fils de M. Charles Oberthür, engagé volontaire, gravement
blessé devant Vaux, à la bataille de Verdun, et actuellement
prisonnier en Allemagne dans un camp de représailles.
Paranthrene celebica n. sp. (PI CCCILXXVI, fig. 3148).
Q.— Vertex noir bleu; front gris bronzé, bordé latéralement
de blanc. Palpes noirs, trompe brun roux, plaque jugulaire noire.
Poils péricéphaliques blancs; antennes (brisées) noires à la base.
Veux brun noir, ocelles rose rubis.
Collier et thorax noir bleu; abdomen noir bleu, semé posté-
rieurement de rares écailles rouge orangé; brosse anale entièrement
rouge orangé. Ventre noir bleu avec deux petites touffes d’écailles
blanc pur sur les pleuræ des quatrième et cinquième segments et
le dernier sternite rouge fauve. Pattes entièrement noires à
l’exception des tarses de la première paire qui sont blanc pur.
Ailes supérieures opaques, noir bleu métallique en dessus, un
peu pourprées en dessous.
Aïles inférieures transparentes portant une large macule disco-
cellulaire prolongée sur la nervure 2 et couvrant la cellule en
entier; bordure marginale et toute la base, sur une large surface,
noir bleu. Dessous semblable. Frange des quatre ailes noir
pourpré.
Envergure : 42 millimètres.
Type : 1 ©, Nord-Célèbes, Toli-Toli (novembre-décembre
1895); ex HFruhstorfer; Coll Ch"Oberthür
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 265
Paranthrene javana n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3140).
Voisin de l’espèce précédente dont il a l’aspect et la coloration
générale mais dont il se distingue aisément par les différences
suivantes :
Surfaces bleues des ailes inférieures réduites et ne couvrant
que la cellule et le point discocellulaire; bordure marginale et
nervures moins larges. Les deux dermiers tergites de l’abdomen
saupoudrés densément d’écailles rouge vermillon. Hanches des
pattes postérieures blanches. I] n’y a pas de petites taches latérales
blanches sur les pleuræ des quatrième et cinquième segments de
l’abdomen, mais 1l y en a une au milieu du bord du premier
sternite. Les tibias médians et postérieurs sont marqués de blanc
à l’extrémité et l’éperon externe de la deuxième paire aux pattes
postérieures est également blanc.
Envergure : 38,5 millimètres.
lyper NO Ava Buitenzors ; ex ].-B. Éédru (1805); Coll:
Ch. Oberthür.
Paranthrene andamana n. sp. (PI CCCLXX VII, fig. 3150).
Q.— Vertex noir bleu; front blanc, teinté légèrement de gris
à sa partie supérieure. Palpes noirs, mêlés en avant de quelques
écailles jaunes sur le second article. Trompe rousse; plaque
jugulaire blanche à la partie supérieure, noire inférieureinent.
Poils péricéphaliques blancs. Antennes noires. Veux noirs, ocelles
orange.
Collier noir bronzé; thorax noir bleu portant latéralement une
petite tache blanche au niveau de l’extrémité du collier. Abdomen
noir bleu muni d’une petite touffe de poils blancs de chaque côté
du premier segment; brosse anale noire à pinceau médian petit
et d’un jaune orangé. Ventre noir bleu, parcouru par une ligne
médiane blanche continue du premier au quatrième sternite.
Hanches antérieures noires, écaillées obliquement de blanc à
la base; fémurs et tihias noirs; tarses noirs à l'exception des
266 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
trois dermiers articles qui sont Jaune pâle. Pattes médianes et
postérieures avec les hanches blanches et quelques écailles de
même couleur au milieu et à l’extrémité des tibias.
Ailes supérieures opaques, noires à reflet bleu vert métallique.
Ailes inférieures transparentes avec la base, les nervures, une fine
bordure marginale et la cellule bleu vert métallique. Dessous un
peu plus pâle Frange des quatre ailes noir pourpré.
Envergure : 40,5 millimètres.
Type : 1 Q, Andamans, Port-Blair; Coll. Ch. Oberthür.
Paranthrene Meeki Druce (PI CCCLXXVITI, fig. 3151-3152,
99)
Sctapteron Meekr H. Druce, Annals and Magazin of Natural History
(VIII), I, p. 207 (1898).
J'ai en mains quatre exemplaires de cette belle espèce qui n’a
pas encore été figurée; ils proviennent des chasses de À. S Meek
et, comme le type de Druce, ont été capturés à Kiriwimi, Trobriand
Island, en mars, avril et mai 1805. Ce sont des femelles et elles
varient un peu pour la couleur qui tout en conservant son éclat
métallique passe du vert au bleu foncé pourpré, et pour l’étendue
de la surface écaillée des ailes inférieures. La forme moyenne est
représentée par les individus chez lesquels une large macule
centrale descend de la côte jusqu’à la nervure 1 c, qu’elle couvre
sur plus de la moitié de sa largeur, tandis que la bordure mar-
ginale, assez large, se dilate un peu entre 1 c et 2. Sur la Planche
CCCLXXVIT figurent les deux termes extrêmes que j'ai pu
observer : sous le n° 3151 est une femelle dans laquelle la macule
centrale touche à peine la nervure 1 c, tandis que chez une autre
que représente la figure 3152 cette même macule est dilatée et se
prolonge jusqu’à la bordure marginale (1).
Envergure : 31,5-35 millimètres.
4 Q ©, Kiriwini, Trobriand Isl. IIT-IV-V, 1805, ex A. S. Meek,
Coll. Ch. Oberthür.
(r) Cette disposition, par suite d'un défaut de coloriage, n'est pas exactement
rendue sur la planche en question.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207
Paranthrene Oberthüri n. sp. (PI CCCLXX VIT, fig. 3153).
Q.— Vertex noir; front noir bronzé irisé de bleu et largement
bordé latéralement de blanc pur. Palpes noirs; trompe rousse.
Plaque jugulaire noire à base blanche. Poils péricéphaliques
blancs. Antennes noires. Veux brun noir, ocelles jaune pâle.
Collier, thorax, abdomen et pattes en entier noir bleu.
Ailes supérieures à côte noir pourpré et un étroit espace terminal
brun pourpré foncé; tout le reste de l’aile couvert d’écailles
cuivré métallique très brillant. Dessous brun pourpré avec
l’espace terminal cuivré métallique brillant.
Ailes inférieures couvertes de la même teinte métallique à
l’exception de deux taches transparentes de largeur égale, l’une
étendue le long du bord interne de la nervure cubitale à l’extrémité
de 1h, l’autre courbe, parallèle au bord externe, de la nervure 1°
à la nervüre 5. Dessous semblable. Frange des quatre ailes brun
pourpré.
Envergure : 37 millimètres.
Type : 1 ©, Moluques, Batjan; ex W. Doherty (août 1897);
Coll. Ch. Oberthür.
Cette magmifique espèce est dédiée à mon cher et respecté
Maïtre et Ami M. Ch. Oberthür. Elle n’est voisine d'aucune des
espèces du genre Paranthrene qui me sont connues en nature ou
par leurs descriptions; ses ailes supérieures opaques et d’un si
vif éclat métallique ainsi que la large écaillure de ses ailes infé-
rieures, coupant le disque et rejoignant la ligne marginale, lui
donnent un certain rapport avec les espèces précédentes appar-
tenant à la même région géographique, et un peu aussi avec
l’espèce africaine suivante qui a comme elle le corps et les appen-
dices uniformément noirs et une vestiture alaire répartie de la
même façon.
Enfin, j’ajouterai que cette espèce paraît ressembler beaucoup,
sous le double rapport de la couleur et du dessin, à PAloge-
thauma scintillans Btilr., de Nouvelle-Bretagne, chez qui les ailes
supérieures sont « .… golden cupreous with fiery pink reflections,
268 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
the secondaries (ailes inférieures) with the basal half from
costa to submedian vein golden cupreous with fiery reflections,
abdominal and external areas hyaline... »; en dehors de ces
caractères communs, dont le plus remarquable est la présence aux
ailes inférieures de deux aires hyalines, PAlogothauma scintiiluns
Btir. s’écarte de Paranthrene Oberthiüri par l'existence aux ailes
supérieures d’une tache hyaline marginale étendue du bord interne
au-dessus de la nervure radiale supérieure, le front et le collier
blanc perle, les palpes, hanches et surface inférieure des fémurs
« brassy yellow », etc.
se
Les six Paranthrene qui précèdent appartiennent à trois groupes
distincts, étroitement apparentés et qui conservent dans les détails
de la coloration et du dessin des traces évidentes de leur origine
commune; les modifications de l'une et de l’autre écartent et
rapprochent tour à tour ces espèces, marquant les étapes de leur
segrégation. L’analyse permet de reconstituer celle-ci et montre
qu’elle ne s’est pas poursuivie pour tous les caractères en même
temps et dans le même sens ; certains d’entre eux ont persisté sans
altération, tandis que d’autres sont en voie de régression ou même
ont disparu complètement.
Tous ont pour caractère principal commun d’avoir les ailes
supérieures entièrement opaques, de couleur métallique et la
première coupe s'établit sur les ailes postérieures : transparentes
chez P. Henrici Le Cerf, elles sont partiellement écaillées dans
les autres espèces; le trait discocellulaire s’épaissit et devient
diffus chez ?. celebica, en même temps que des écailles noires
s'étendent largement sur le pourtour de la cellule dont le centre
seul demeure vitré; chez P. javana et P. andamana les écailles
couvrent la cellule; elles descendent jusqu’à la nervure 1 « chez
P. Meeki Druce le long de laquelle elles se prolongent même
jusqu’à la marge interne dans la forme individuelle que j'ai
figurée sous le n° 3152, PI. CCCLXXVII, ébauchant une connec-
tion qui trouve son plus grand développement chez ?. Oberthiin
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 2069
Le Cerf où l’écaillure couvre toute la cellule et la moitié du
disque.
Un autre caractère de coloration suit une marche inverse :
Paranthrene H enrici, P. celebica, P. javana, P. andamana portent
du rouge orangé à l’extrémité du corps, mais tandis que cette
couleur couvre entièrement les derniers segments abdominaux et
la totalité de la brosse anale chez ?P. Henricr, elle se restreint
à un semis plus ou moins dense chez ?. celebica et P. javana, et
ne persiste plus, très pâle, chez P. andamana qu’au pinceau
médian de la brosse anale. ?P. Meekz et P. Oberthür: en sont
dépourvus.
Enfin, un troisième caractère est constitué par la présence au-
dessous du corps : hanches et milieu des sternites, de parties
claires, blanches ou jaunes; réparti très inégalement, 1l parait en
voie de disparition rapide, et les formes étudiées 1c1 sont très
démonstratives à cet égard, mais les degrés de cette régression
sont s1 brusques qu'il est permis de penser que l’examen d’espèces
plus nombreuses diminuerait ses écarts et la montrerait plus
régulière.
C’est chez P. Henrici que ce caractère a gardé le plus grand
développement : les hanches antérieures et le milieu du ventre sur
toute sa longueur sont jaunes; P. andamanensis a les hanches
antérieures bordées de blanc et porte seulement une étroite ligne
ventrale blanche sur les quatre premiers sternites. Les autres
espèces ont perdu toute trace de ligne ventrale, P. Meeki a les
hanches des trois paires bordées de blanchâtre, cette couleur ne
subsisté plus qu’aux hanches postérieures chez P. javana et
manque tout à fait dans ?. celebica et P. Oberthür:.
A côté de ces variations de la coloration et parallèlement à
elles, les Paranthrene en question montrent dans les détails de la
nervulation quelques différences dont la plus apparente consiste
dans la position de la nervure 3 aux ailes inférieures. Celle-ci,
chez les Paranthrene typiques : P. abaniformis Rott. etc, part
presque du même point que la nervure 4 à l’angle inférieur de la
cellule ou de cet angle même. Il en est ainsi chez P. Henrici, mais
13
270 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
dans les cinq autres espèces elle se trouve distinctement écartée de
la nervure 4 et tend à se rapprocher de la nervure 2, sans pourtant
que cet écart atteigne la moitié de la distance entre le point
d’émergence de 2 et l’angle inférieur de la cellule. Quoique très
marquée dans certains cas, cette particularité ne paraît cependant
pas se prêter à l’étahlissement de coupes tranchées à cause des
transitions qu’on relève entre les espèces. Elle est intéressante en
ce qü’elle établit un lien entre le genre Parenthrene Hbn. et les
genres voisins : Szra Walk. (Sura chalybea Btlr., par exemple),
Phlogothauma Btlr., Tirista WIkr., etc.
Contrôlée sur un matériel suffisant et étendue aux Paranthrene
des diverses régions du globe, elle fixerait non seulement sur sa
valeur propre, mais aussi sur celle des dits genres, si mal carac-
térisés par leurs descriptions originales sars figures, et fournirait
peut-être, associée à d’autres caractères, des éléments utiles pour
éclaircir le contenu passablement confus du genre Paranthrene
Hbn.
Paranthrene anthrax n. sp. (PI CCCLXXVIL, fig. 3154).
Q.— Vertex noir; front bronzé clair à reflet pourpré. Palpes
noirs à second article longuement hérissé. Trompe jaune. Plaque
jugulaire noire; poils péricéphaliques noir pourpré. Antennes
noires en dessus, brun roux à la pointe en dessous. Yeux brun
noir, ocelles Jaunes.
Corselet, abdomen et pattes entièrement noir mat.
Ailes antérieures noires, glacées de bleu sur la côte, les nervures
et le bord interne et de bleu pourpré sur l’espace terminal. Dessous
un peu pourpré.
Aüïles inférieures noir bleu plus clair que les supérieures avec
deux grandes taches transparentes dont l’une s’étend le long du
bord abdominal, de la base à l’extrémité de la nervure 2, et
l’autre, arrondie et festonnée du côté interne, de la nervure 2 à
l'extrémité de la nervure 6. Bordure marginale étroite et concolore.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 271
Envergure : 43 millimètres.
Type : 1 ©, Sierra-Leone, Freetown; ex À. Mocquerys (1889);
Coll. Ch. Obertnür.
GENRE SURA Wikr.
Sura bicolor n. sp. (PI CCCLXXVIL fig. 3155 O'; g. 31506 Q).
J'avais indiqué avec doute cette espèce sous le nom de Swyra
xylocopif ormis \NIkr. dans l’explication des Planches parues au
fascicule XII (première partie) des Etudes de Lépidoptérologie
comparée. Une étude plus approfondie du texte de Walker m’a
Ôté tout espoir de conserver cette détermination, même en faisant
la part des négligences et des inexactitudes si fréquentes dans
les descriptions de l’auteur britannique et je suis convaincu
maintenant qu’il s’agit d’une espèce distincte de S. xylocopi-
forms WIkr.
d.— Tête, palpes, antennes, thorax et pattes entièrement noir
verdâtre; les antennes sont fortement bipectinées et ciliées, la
trompe courte et faible jaunâtre, les yeux brun noir et les ocelles
grenat. Abdomen noir verdâtre avec le dernier tergite et la brosse
anale jaune orangé. Dessous ur peu moins foncé à dernier
sternite Jaune.
Ailes supérieures opaques, vert bronzé luisant. Ailes inférieures
opaques un peu plus claires que les supérieures et munies près
de la base d’une petite tache hyaline entre 1 « et la cellule.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes noir bronzé.
Q.— Plus grande et plus épaisse, de même couleur mais avec
les antennes simples, le dernier tergite et la brosse anale rouge
orangé, le ventre entièrement noir, une seconde tache, vitrée
courte et linéaire dans la cellule et les ailes inférieures teintées
de bleuätre près des taches transparentes.
Envergure : C, 31 millimètres, ©, 38,5 millimètres.
yperm'of ur Q; Nord Transvaal, Zoutpansberg, Shilouvane,
ex H. A.Junod (1906), Coll. Ch. Oberthür.
272 LÉPIDOPTÉROLOGIL COMPARÉE
Sura bicolor diffère de Sura xylocopiformis WIkr. par
l’abdomen terminé de jaune orangé mais dépourvu de bordures
pourpres aux segments abdominaux, à quoi 1l faut ajouter, en
admettant que le type de Walker soit une Q — ce que la des-
cription laisse supposer en lui attribuant des antennes « simples,
subfhliformes » —- la présence d’une seconde tache vitrée aux
ailes inférieures chez la femelle.
Sura ignicauda Hmpsn. (PI CDLXXX, fig. 3050).
Trilochana ignicauda Hampson (G. F.), Fauna of British India, Motbs, I,
p. 191, fig. 120 (1802) [”1as].
Connue seulement jusqu'ici par la description originale, établie
sur un mâle du Burma de la Collection Elwes, cette espèce est
représentée dans la Collection Ch. Oberthür par une femelle pro-
venant des chasses de H. Fruhstorfer, à Java, et envoyée par lui
comme : Sura (—Trilochana) chalybea Btilr., espèce bien diffé-
rente, de coloration monochrome, plus claire, dépourvue complè-
tement d’aires hvalines à la base des ailes inférieures et qui
d’ailleurs n’est probablement pas à sa place dans le genre Syra
Wlkr.
D’après la description et la figure de Hampson, la femelle de
Sura ignicauda diffère à peine du mâle par la coloration mais
elle est plus grande. Ses palpes sont grêles et non frangés de
poils gris, les deux principaux traits transparents allongés de la
base des ailes inférieures sont plus courts et les touffes latérales
du métathorax fortement mêlées de poils blancs; comme dans
toutes les Aegertdes la brosse anale a une coupe différente : elle
n’est pas trilobée et forme un pinceau épais, ovale, allongé, com-
mençant latéralement au cinquième segment et décroissant régu-
lièrement de largeur peu après son origine.
Envergure : 42 millimètres.
1 Q, Java occidental, Mont Gedé [1000’], Août 1892, ex
H. Fruhstorfer:; Coll. Ch. Oberthür.
C’est à tort que Hampson a fait de cette Aegerie une Trilo-
chana Moore; les caractères énumérés dans la diagnose générique
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 273
et la nervulation, exactement reproduite sur la figure accompa-
gnant sa description originale ne laissent aucun doute à cet égard.
Elle doit se placer dans la tribu des Paranthrenine et, pour
autant que l'attribution de l'espèce africaine précédente soit
exacte, dans le genre Szra WIkr.
A un degré moindre que 7’ rilochana Scolioides Moore, égale-
ment figurée sur la même planche et dont 1l est question ailleurs,
Sura ignicauda Hmpsn. est mimétique de Scolia rubiginosa F,
répandue à travers l’Asie tropicale et l’Insulinde et dont un
exemplaire de Java est représenté à côté d’elle sous le n° 3960.
Elle en reproduit assez bien la forme et la coloration, mais 1l
est évident que, comme pour toutes les Aegerides dont le mimé-
tisme se rapporte à un modèle déterminé, sa ressemblance avec
l’'Hyménoptère doit être beaucoup plus frappante, chez l’insecte
vivant et en action dans son milieu, qu’elle n'apparaît 1c1 sur un
spécimen desséché, auquel la préparation, nécessaire pour l'étude,
a imposé une attitude dépourvue de naturel.
La taille de la Scolie est en moyenne notablement supérieure
a celle de Swra ignicauda; cependant l’amplitude de ses varia-
tions est très large, à côté d'individus plus petits que celui qui est
figuré, la collection du Muséum de Paris en contient d’autres dont
l’envergure dépasse 83 millimètres.
GENRE OLIGOPHLEBIA Hpsn.
Oligophlebia cristata n. sp. (PI CCCLXXVII, fig. 3159).
Q. — Vertex noir; front bleu d’acier foncé brillant. Palpes
noirs; trompe jaune. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques
noirs. Antennes noires. Veux noirs, ocelles incolores.
Collier et corselet noirs. Abdomen noir, caréné sur la ligne
médiane et portant une crête formée de quatre touffes aplaties
d’écailles dressées et de taille décroissante, sur le milieu des
274 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
troisième, quatrième, cinquième et sixième tergites. Le quatrième
segment est bordé postérieurement de blanc ainsi que l’extrémité
du sixième. Ventre blanc de la base au quatrième sternite, noir
dans le reste.
Hanches antérieures noires à sommet blanc. Pattes antérieures
et médianes absentes. Hanches médianes noires. Hanches posté-
rieures blanches du côté interne; fémurs noirs avec deux taches
blanches : une sur la base de la crête supérieure, l’autre à
l'extrémité de la crête inférieure; tibias noirs avec une tache
blanche médiane sur la face externe et une autre sur la face
interne; éperons blancs.
Tarses noirs à second et
troisième articles blancs.
Ailes supérieures noi-
res, avec l’espace termi-
nal bronzé pourpré et
une petite tache hyaline
trifide en forme de
Fi. 12. — Oligophlebia cristata n. sp. 9. — Corps
vu de profil pour montrer les crêtes d’écailles
caractéristiques des tergites abdominaux (Gros- Dessous semblable.
sissement : »x 6,).
bande étroite verticale.
Franges noir bronzé.
Aïles inférieures transparentes à nervures finement écrites en
noir; ligne marginale ténue, noir bronzé. Franges noires de la
base à la nervure 2 et blanc pur de la nervure 2 à l’apex.
Envergure : 17 millimètres.
Type : 1 ©, Java, Sækabæmi; ex JB. L'edrul (805); Coll
Ch. Oberthür.
Jusqu'en 1910, le genre Olrgophlebia Hmpsn. ne renfermait
que le génotype ©. zigralba décrit par Hampson sur un male
unique de Ceylan in : Fauna of British India, Moths I (1892),
p. 201, fig. 130. En 1910, dans : The Records of Indian Museum,
p. 210, Meyrick fit connaître une seconde espèce : ©. amalleuta
de l’Inde continentale, également d’après un seul mèle. L'espèce
nouvelle de la collection Oberthür est donc la troisième de ce
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 275
petit genre singulier et à coup sûr l’une des plus intéressantes,
c’est aussi la seule femelle connue; par sa taille et sa coloration,
elle se place auprès de ©. rigralba Hmpsn. mais ses joues (genæ),
son front et ses palpes entièrement noirs, ses hanches antérieures
seulement en partie blanches, sa large aire ventrale blanche et
surtout sa très curieuse crête dorsale ne permettent pas de la
confondre avec l’espèce cinghalaise.
Je donne dans le croquis ci-joint l’aspect caractéristique que
montre de profil le corps épais et caréné de Oligophlebia cristata.
GENRE PROZÆGERIA n. £g.
Palpes assez longs, dressés obliquement, à pilosité rase hérissés
d’une touffe dense de longs poils à la base sur le premier article
et la base du second; troisième article acuminé. Trompe bien
développée. Palpes labiaux visibles, à premier article court et
cylindrique, second plus long et plus gros, ovoide. Antennes de
longueur moyenne, oraduellement épaissies, finement denticulées
et ciliées. Pattes de longueur moyenne et assez grêles, non
hérissées.
Nervulation. — Ailes supérieures : 1 obsolète peu après la
base où elle est bifurquée; 2 et 3 rapprochées à la base et presque
parallèles dans leur parcours; 7 et 8 non tigées et naissant de
l’angle supérieur de la cellule; 11 très écartée de 10 à son origine
et très rapprochée à son sommet.
Ailes inférieures : 1* obsolète, 2 et 3 partant du même point
a l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire supérieure très
courte discocellulaire inférieure oblique; $ naissant de l’angle,
7 absente.
Génotype : Proægeria Vouauxt n. sp.
2706 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Proægeria Vouauxi n. sp. (PI CCCLXXXI, fig. 3195).
cd. — Vertex non hérissé, noir violacé; front noir bronzé,
étroitement lituré de blanc devant les yeux, cette liture s’élar-
gissant sur l’épistome et disparaissant avant d’atteindre la base
des antennes. Palpes noir bronzé, hérissés à la partie inférieure
du premier article et la base du second d’une grosse touffe de
poils noirs; au-dessus de cette touffe et en avant, les second et
troisième articles sont très fortement mêlés de blanc. Trompe
jaune pèle; plaque jugulaire noire à extrémité blanc jaunûtre;
poils péricéphaliques blancs. Veux gris brun, ocellés petits et
incolores. Antennes noir bleu en dessus longées dans leur tiers
basal d’une ligne d’écailles blanches, noir rougeâtre en dessous.
Collier et thorax noir bronzé un peu pourpré. Abdomen noir
bronzé dans sa moitié antérieure, jaune doré satiné dans sa moitié
terminale passant au Jaune orangé terne à l’extrémité; ces couleurs
ne sont pas tranchées mais se fondent l’une dans l’autre. Ventre
noir bronzé jusqu’au sixième sternite, extrémité et milieu de
chaque segment écaillé de jaune d’or foncé.
Hanches antérieures noir bronzé à sommet jaune; fémurs noirs,
tibias noirs en dessus, jaune foncé en dessous. Hanches médianes
et postérieures en majeure partie Jaunes. Pattes médianes entiè-
rement noires; les postérieures ont les fémurs noirs, les tibias
noirs, longés dans leur moitié terminale en dessus et en dessous
d'une fine ligne d’écailles jaune d’or; éperons externes très
courts et blancs, internes très longs et noirs. Tarses noir bronzé
à premier article Jaune d’or en dessous.
Ailes supérieures opaques, noir bleu se fondant en noir pourpré
sur l’espace terminal et portant vers la base une courte tache
vitrée infracellulaire linéaire; dessous noir violacé.
Ailes inférieures transparentes, teintées de jJaunâtre avec les
nervures et la ligne marginale noir bleu; trait discocellulaire
épais, triangulaire ; un senus d’écailles noir bleu obscurcit l’apex
et descend jusqu’entre les nervures 3 et 4 Dessous semblable.
Franges des deux paires noir bronzé.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 277
Envergure : 27,5 millimètres.
Type : 1 g', Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür.
J'accomplis un pieux devoir en donnant à cette espèce le nom
de mon collègue et ami l’abbé Léon Vouaux, assassiné par les
Allemands le 26 août 1914.
Si cruel que soit le sort de ceux qui tombent sur le champ de
bataille, leur mort est glorieuse et comporte une part de la triste
fatalité qui s'attache à la guerre, juste ou non. Mais lorsqu'il
s’agit de femmes, de prêtres, de vieillards et d’enfants délibé-
rément violés, assassinés et martyrisés, ce n’est plus 1a guerre et
Jamais on n’exprimera assez haut tout le mépris qu’inspire aux
hommes de bonne foi une telle régression vers la Barbarie. C’est
un devoir d’en citer et d’en répandre tous les exemples précis,
Ôtant aux modernes Barbares la possibilité de contester les
crimes, les « actes allemands », qui couvrent désormais d’une honte
ineffaçable le nom Allemand. On m'’excusera donc de rapporter
ici les pénibles détails que j'ai recueillis sur la mort de l’abbé
Vouaux; je dédie ce récit aux Entomologistes allemands et à
certains germanophiles qui ne sont pas tous étrangers.
Professeur au lycée de la Malgrange, près Nancy, l’abbé Léon
Vouaux était parti vers la fin de juillet 1914 à Jarny (M.-et-M.)
pour remplacer éventuellement, dans les devoirs de son sacerdoce,
son frère l’abbé A. Vouaux, curé de cette petite ville, que la mobi-
lisation devait en effet bientôt appeler. Le 25 août 1914, Îles
troupes allemandes entraient à Jarny et, conformément aux
théories des Treitschke et des Bernhardi, s’emparaient d’otages
(en réalité de victimes à être fusillées « pour l’exemple »); parmi
ceux-ci figuraient l’abbé Vouaux et le maire de Jarny accusés
d’avoir fait des signaux aux troupes françaises. Inutile de dire que
le mensonge était flagrant, les troupes françaises étant hors de
portée des signes qu’on aurait pu leur adresser et quand bien
même cela eût été possible, la vue extrêmement affaiblie par des
années d’études acharnées et minutieuses de l’abbé Vouaux l’au-
278 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
rait mis dans l’impossibilité de les faire utilement; 1l connaissait
d’ailleurs trop bien les protagonistes de la « Deutsche Kultur »
pour leur fournir le moindre prétexte à exercer leurs violences
coutumières.
Mais à cette époque l’Allemagne marchait à la conquête du
monde, elle était victorieuse et si le fameux manifeste de ses
03 Intellectuels, impérissable monument d’une mauvaise foi sans
égale, n’avait pas encore vu le jour, un de ses généraux, à qui on
reprochait les pillages, les destructions et les massacres injustifiés,
sans raison d'ordre militaire, répondait avec hauteur que c’étaient
eux, les Allemands, qui écriraient l’Histoire et que la Gloire effa-
cerait tout! Il était donc inutile de se gêner, il y avait tant de
temps qu’outre Rhin on se préparait à cette orgie sanglante, tant
de temps que l” « armure étincelante » et la « poudre sèche »
ne servaient pas et qu’on était fatigué de sabrer à vide et de
tirer à blanc.
Le 26 août au matin, les otages étaient emmenés en dehors de
Jarny vers le cimetière; en tête marchait l’abbé Vouaux, baisant
dévotement son crucifhix. L’officier allemand qui commandait le
peloton d’exécution le lui arracha des mains et le piétina puis,
au dire de témoins oculaires, lorsque les balles eurent abattu les
malheureuses victimes, il se jeta sur l’abbé Vouaux qui vivait
encore, lui creva les yeux à coups de sabre et lui écrasa la
figure.
Voici ce qu'écrivait, au lendemain de sa mort, un de ses col-
lègues de la Malgrange :
« C’est une haute et belle intelligence qui a disparu. Elle a pen-
dant vingt-deux ans honoré notre corps professoral, plus d’un
Institut catholique de France a désiré se l’adjoindre. Esprit
ferme, vif et pénétrant, ouvert à toutes les curiosités, avide de
savoir et de comprendre, passionné de lectures et d’études,
M. Vouaux était au surplus servi par une mémoire prodigieuse
qui ne perdait guère de ce qu’elle avait une fois acquis et par
une puissance de travail qui semblait défer la fatigue et l’usure.
Littérature et Philologie, Philosophie et Théologie, Langues et
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 279
Sciences, 1l s’intéressait à tout avec un goût égal... » et on peut
ajouter un égal succès.
Collaborateur de la savante collection des « Apocryphes de
l'Ancien Testament » il avait publié en 1913 les « Actes de Paul
et ses lettres apocryphes », œuvre magistrale que l’Académie
Française, voulant rendre hommage à « un grand lettré », cou-
ronna du Prix Saintour. Une suite, les « Actes de Pierre » était
achevée et devait paraître en 1914.
Le savant chez l’ahbé L. Vouaux ne le cédait pas à l’historien,
sa compétence justement réputée dans les Lichens et les Cham-
pignons était mise à contribution par une foule de botanistes
français et étrangers. Outre des notes éparses dans des publi-
cations et des revues diverses il laisse dans cette branche de la
Science un « Synopsis des Champignons parasites des Lichens »
qui fait autorité et que les spécialistes tiennent pour remarquable.
Mais c’est par l’Entomologie que je l’ai connu, car cet esprit
universel était aussi entomologiste. En compagnie de son frère,
il s’occupait — à un point de vue général — un peu de tous les
ordres et plus spécialement des Coléoptères de la Tribu des
Cétomides; à eux deux 1ls en avaient réuni une collection dont
l’importance augmentait rapidement. L'abbé L. Vouaux n’avait
encore rien publié en Entomologie, car son esprit positif répugnait
à la vanité des publications hâtives, mais par ce qu’il a donné
dans les autres voies où s’est exercé son étonnante activité on peut
mesurer ce qu'a perdu à coup sûr l’Entomologie française.
Des tentatives avaient été faites pour sauver du pillage boclie
les collections des frères L. et A. Vouaux — qui, Je le répète,
composées avec beaucoup de méthode et d’esprit de suite étaient
déjà très intéressantes — et d’abord on avait paru réussir, mais
aux dernières nouvelles, qu'il y a malheureusement trop de
chances de croire exactes, elles auraient été volées et emportées
outre-Rhin.
Né à Baccarat, le 25 février 1870, Léon Vouaux eut le triste
destin de vivre juste de l’une à l’autre des deux guerres iniques
déchaïnées par l’Allemagne contre la France.
280 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
GENRE TELEOSPHECIA n. gen.
Tête petite, globuleuse. Palpes grêles, plus de deux fois plus
longs que la tête, porrigés et légèrement défléchis, à second article
rectiigne, deux fois plus long que le premier et le troisième réunis,
ce dernier aigu et relevé obliquement. Antennes sétacées finement
ciliées chez le Œ. Trompe bien développée. Ocelles bien décou-
verts, séparés de l’œ1l par un espace égal à une fois leur largeur.
Ailes complètement recouvertes d’écailles minces, semi-hyalines,
peu denses. Pattes grêles, non hérissées; brosse anale courte et
étroite.
Nervulation. -— Ailes supérieures longues et larges, ovales.
Nervure 1 obsolète, 7 et 8 tigées sur la moitié de leur longueur;
10 absente.
Ailes inférieures ovales, à cellule courte ne dépassant pas le
tiers de l’aile; discocellulaires très obliques. Nervure 14 rudimen-
taire; 2 naissant très près de l’angle inférieur de la cellule, 3 et 4
de cet angle même et brièvement tigées ; nervure 7 absente, 8 rap-
prochée de la cellule à la base et assez largement écartée de 6
au milieu de la longueur de celle-ci.
Génotype : Z'eleosphecia bibio n. sp.
Teleosphecia bibio n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3160).
d. — Vertex noir, mêlé sur la nuque de quelques poils
Jaunâtres; front bronzé, lituré de blanc devant les yeux. Palpes
noirs à premier article blanc en dessous ; plaque jugulaire
blanche; poils péricéphaliques blancs mêlés de noir vers le sommet
de la tête. Trompe brune. Veux brun noir, ocelles rouge rubis.
Antennes noires avec une ligne externe d’écailles blanches.
Collier, thorax et abdomen noir bronzé en dessus et en dessous
à l'exception du bord du dernier sternite qui est écaillé de olanc.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 281
Hanches antérieures noires, tachées longitudinalement de blanc
à la base du bord interne. Pattes des trois paires noires.
Ailes supérieures couvertes de petites écailles brunâtres, leur
donnant une teinte fuligineuse sur laquelle se détachent en noir
pourpré les nervures, la côte, le bord interne et la ligne marginale;
le point discocellulaire ne se distingue pas du fond.
Les ailes inférieures ont la même vestiture que les supérieures
à l’exception de la base qui est nue et transparente et de l’épais-
sissement de l’écaillure sur la nervure radiale et la nervure 3 qui
la continue directement, formant un long trait noir traversant
l’aile de la base au bord externe. Dessous des quatre ailes un
peu plus clair et luisant, avec la côte écaillée de blanc, surtout
à la base. Franges concolores, ténues et peu denses.
Envergure : 21 millimètres.
Type : 1 g', Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu-Santo;
ex P. Germain (1888-89); Coll. Ch. Oberthür.
Cette petite et singulière espèce a une ressemblance superhcielle
avec Sesia hades Druce, décrite dans la Biologia Americana,
Lepidoptera Heterocera, T. II, p. 323, PI LXIX, fig. 16, mais elle
s’en éloigne radicalement par ses caractères génériques tout à fait
particuliers.
Teleosphecia bibio n. sp. est vraisemblablement mimétique des
Diptères de la famille des Bibionides déjà copiés par d’autres
Lépidoptères comme M. Ch. Oberthür l’a montré pour P/ecia
funebris mimé par trois Syntomides du genre Sawrita H. S.:
S. tipulina Hbn. (= bibio Btlr.), S. culicina Obthr, et S. pipio
Obthr. : Etudes de Lépidoptérologie comparée, VI, p. 320, PI.
COX he TIa1, 1132 /et 1133 (1012).
GENRE LEPTÆGERIA n. gen.
Tête arrondie; vertex plat. Palpes porrigés, non hérissés sauf
à la base du second article qui est très long ainsi que le troisième.
Antennes courtes épaisses, finement et brièvement ciliées. Trompe
282 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
bien développée. Ocelles placés juste au-dessus du sommet des
veux sur des tubercules assez saillants.
Corps allongé, subcylindrique. Pattes longues et minces, non
hérissées; tarses postérieurs couverts en dessus d’écailles pili-
formes jusqu’à l'extrémité. Brosse anale composée de deux
pinceaux latéraux étroits et allongés, appliqués le long du dernier
segment.
Nervulation. —— Ailes supérieures longues et étroites, en partie
transparentes ; nervures 2 et 3 rapprochées à l’origine; 7 et 8 tigées
sur la moitié de leur longueur.
Aïles inférieures ovales, transparentes, sans lobe anal diffé-
rencié; nervure 1* fine et courbe; 3 et 4 tigées brièvement sur le
sixième environ de leur longueur; 7 absente.
Génotype : Leptægeria flavocastanea a. Sp.
Leptægeria flavocastanea n. sp. (PI CCCLXXVIIT, fig. 3162).
©. -— Vertex brun noir luisant, mêlé de jaune en avant; front
bronzé clair largement lituré de blanc devant les yeux. Palpes
jaunes avec une petite tache noire externe à la base. Poils péricé-
phaliques jaunes. Antennes noir brun mêlées de jaune rougeûtre
en dessous dans leur partie basilaire; trompe jaune foncé. Yeux
bruns, ocelles incolores.
Collier brun bronzé luisant. Thorax brun châtain, avec les
ptérygodes bordées de jaune; métathorax muni de deux touffes
latérales d’écailles jaunes, cette couleur couvrant en entier le
thorax en dessous.
Abdomen brun châtain luisant s’obscurcissant graduellement
jusqu’au noir bronzé vers l’extrémité; premier segment largement
bordé de jaune. Ventre plus clair avec le premier sternite blan-
châtre; brosse anale concolore.
Pattes entièrement Jaunes à l’exception des tibias postérieurs
qui portent en dehors et avant l’extrémité une petite tache brun
rouge.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 283
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le trait disco-
cellulaire, le bord interne, la ligne marginale et les nervures brun
bronzé; un semis très fondu d’écailles de même couleur couvre
l’espace terminal. Dessous un peu plus clair, mêlé de jaune sur
la côte et le trait discocellulaire.
Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale
finement écrites en brun bronzé. Franges des deux paires gris
brun.
Envergure : 22 millimètres.
Type : 1 Q, Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu-Santo;
ex P. Germain (1888-1880); Coll. Ch. Oberthür.
Leptægeria flavocastanea, par sa nervulation et ses pattes
pubescentes jusqu'à l’extrémité des tarses, se rapproche un peu
du genre nord-américain Podosesia Môschl., mais tous ses autres
caractères : faciès, vestiture des ailes et du corps, antennes et
surtout ses palpes lui assignent une place à part et ne permettent
pas de la confondre avec aucune autre Ægerie.
GENRE HYMENOPHECIA nov. gen.
Q.—- Tête petite, transversale; front à peine bombé; palpes
longs, dressés obliquement, portant inférieurement une longue et
épaisse touffe de poils sur les deux premiers articles; troisième
plus long que le second, grêle, cylindrique, glabre ; trompe
absente; antennes assez courtes, peu épaisses, subcylindriques.
Corps élancé; thorax ovalaire; abdomen aliongé, rétréci et
presque pédonculé à la base; brosse anale assez longue, formée
de poils égaux accolés; pattes grêles et lisses, les postérieures plus
courtes que l’abdomen.
Aïles supérieures de longueur et de largeur moyennes; infé-
rieures ovalaires et remarquablement étroites. Nervulation : Ailes
supérieures à cellule assez large, un peu prolongée à l’angle supé-
rieur, atteignant les trois cinquièmes de la longueur de l’aile;
284 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
nervure 1 rudimentaire, 2 naissant avant l’angle inférieur de la
cellule, parallèle et assez écartée de 3 qui part de cet angle, 4 plus
près de 5 que de 3, 7 absente, 0 de l’angle supérieur de la cellule,
10 et 11 très écartées à la base et très rapprochées au sommet.
Ailes inférieures à cellule étroite, prolongée obliquement en
pointe aiguë à sa partie inférieure et ne dépassant pas la moitié
de la longueur de l'aile; bord abdominal rectiigne; nervure 1 a
absente, 2 naissant aux quatre cinquièmes de la cellule, 3 et 4 non
tigées, de l’angle inférieur de celle-ci, 5 de l’angle des discocel-
lulaires qui sont toutes deux très obliques et dont la supérieure
est près de trois fois plus courte que l’inférieure, 6 absente,
7 partant d’une petite aréole diffuse à l’angle supérieur de la
cellule.
Génotype : }'ymenosphecia albomaculata n. sp.
Hymenosphecia albomaculata n.sp. (PL CDLXXIX, fig. 3957).
Q.—- Vertex noir bronzé, faiblement hérissé sur la nuque de
fins poils blancs; front noir bronzé, lituré de blanc d’argent
devant les yeux; palpes hérissés inférieurement sur les deux
premiers articles de longs poils noir bronzé et d’autres, plus
courts, en avant à l’extrémité du second article, troisième article
concolore en dessus, blanc en dessous; plaque jugulaire noir
bronzé, poils péricéphaliques jaune foncé; antennes noires, brun
ferrugineux en dessous dans leur tiers proximal avec l’article
basilaire blanc; yeux brun noirâtre; ocelles jaune topaze.
Collier et thorax noir bronzé. Abdomen noir bronzé en dessus
avec une petite tache jaune basale de chaque côté des deux pre-
miers tergites et d’autres, plus grandes et triangulaires sur le
troisième tergite; brosse anale un peu plus claire que le fond en
dessus et en dessous. Ventre noir bronzé avec les deux premiers
sternites blanc pur.
Hanches et pattes antérieures noir bronzé. Pattes médianes et
postérieures avec la crête inférieure des fémurs dans toute sa
longueur, la base et le sommet de la même région aux tibias posté-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 285
rieurs et les éperons des deux pairs blanc pur; tarses des trois
paires grisâtres en dessous.
Ailes supérieures noires à la base, opaques, brun bronzé pâle,
glacées de bleu passant au pourpre vers le sommet ; deux éclaircies
mal définies ébauchent à la base de l’aile une tache vitrée infra-
cellulaire assez longue et une intracellulaire très courte. Dessous
bronzé pourpré.
Aïles inférieures transparentes à léger reflet bleu, avec la base
noire, les nervures noir bronzé et une bordure marginale assez
légèrement indiquée, bronzée, formant des dents peu distinctes
dans les intervalles nervuraux. Dessous semblable avec les parties
écaillées bronzé pourpré comme aux supérieures. Franges des
deux paires bronzé pourpré.
Envergure : 34 millimètres.
Hyper o, Usanda MEoth.; Coll F. Le Cerf.
Avec son abdomen étranglé à la base et que les taches claires
des premiers tergites font encore paraître plus étroit cette espèce
mime probablement certains Vespides et notamment des Polistes.
Par la coloration générale elle rappelle certains Paranthrene,
Myrmecosphecia Le Moulti, Aegerina ovinia, Sincara Manoba, etc.
mais par ses caractères génériques, c’est près de Leplægeria flavo-
castanea qu’elle doit se placer.
GENRE STENOSPHECIA nov. gen.
©. — Tête de grosseur moyenne à front légèrement bombé
et saillant; palpes longs subporrigés, non hérissés à troisième
article plus long que la moitié du second. Trompe bien déve-
loppée. Corps robuste. Abdomen cylindrique, plus de deux fois
plus long que le thorax. Pattes de force et de longueur moyennes
à tibias pubescents, non hérissés.
Ailes longues et larges. Nervulation : ailes supérieures à cellule
dépassant les deux tiers de l’aile; nervure 1 bien développée,
non divisée à la base, 2 très rapprochée à la base de 3 qui part
19
286 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
de l’angle inférieur de la cellule, 4 plus près de 5 que de 3,
7 et 8 tigées sur les deux tiers de leur longueur, 9 de l’angle
supérieur de la cellule, 10 et 11 écartées à la base, réumies et
confondues vers le tiers de leur longueur, puis à nouveau séparées
dans leur tiers terminal.
Ailes inférieures : cellule dépassant à peine la moitié de la
longueur de l’aile; nervure 1 a très fine dépassant de peu le
milieu du bord abdominal, 2 naissant un peu avant l'angle
inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle et tigées sur un
cinquième de leur longueur; discocellulaire supérieure plus
courte que l’inférieure d’un quart environ, toutes les deux
obliques, 5 de leur angle, 7 de l’angle supérieur de la cellule,
6 absente.
Génotype : S/enosphecia columbica n. sp.
Stenosphecia columbica n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3066).
Q. — Vertex non hérissé, brun noirâtre; front bronzé clair
luisant. Palpes brun bronzé fortement mêlés de blanc en dessus
et extérieurement. Trompe brun noirätre. Plaque jugulaire et
poils péricéphaliques brun bronzé. Antennes brun bronzé. Yeux
brun noirâtre; ocelles rose très pâle.
Collier et thorax brun bronzé. Abdomen brun bronzé en dessus,
bronzé clair en dessous; brosse anale concolore. Pattes des trois
paires en entier brun bronzé avec les éperons concolores et les
tarses blanchâtres du côté interne.
Ailes supérieures écaillées de brun bronzé avec la base et un
très large trait discocellulaire plus foncés; elles portent trois
taches vitrées peu étendues : une infracellulaire courte et mal
définie; une intracellulaire triangulaire, logée à l’angle supérieur
de la cellule, petite et fondue inférieurement dans le semis
d’écailles qui couvre la cellule, et une ultracellulaire plus de deux
fois plus haute que large, formée de cinq divisions dont les trois
médianes sont égales et plus courtes que les deux extrêmes.
Dessous semblable, un peu plus clair.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 28
RS)
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et un large
trait sur la discocellulaire supérieure brun bronzé foncé; bordure
marginale brun bronzé clair et de largeur égale de la base à l’apex.
Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris bronzé.
Envergure : 30 millimètres.
Type : 1 ©, Santa-Fé de Bogota, Colombie, Coll. F. Le Cerf.
GENRE CHAMANTHEDON n. gen.
Formes grêles et élancées ; tête petite, globuleuse ; vertex étroit,
non hérissé; front peu bombé; palpes grêles, non hérissés, dressés
obliquement, à troisième article court et aigu. Trompe complè-
tement avortée. Antennes fusiformes, simples chez le mâle.
Corps mince, long, comprimé latéralement; brosse anale assez
longue, sans pinceau médian différencié, formée de deux pinceaux
latéraux longs, égaux, un peu écartés. Ailes longues et étroites.
Pattes longues, très grêles, lisses, à tarses beaucoup plus longs
que les tibias (3 fois aux pattes antérieures, 2 fois aux pattes
médianes, et plus d’une fois et demie aux pattes postérieures).
Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1* rudimentaire,
non bifurquée à la base, 2 naissant près de l’angle inférieur de
la cellule, 3 de cet angle, 7 et 8 tigées sur un tiers de leur longueur,
0 de l’angle supérieur de la cellule, 10 absente, 11 écartée de 9 à
la base.
Ailes inférieures : cellule atteignant le mieu de l'aile, à
sommet oblique et aigu. Nervure 1* obsolète, 2 naissant avant
l’angle inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle et tigées sur le
cinquième de leur longueur; 5 de l’angle des discocellulaires qui
sont égales et très obliques, 6 de l’angle supérieur de la cellule,
7 absente.
Génotype : Chamanthedon hypochroma n. sp.
288 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Chamanthedon hypochroma n. sp. (PI CCCLXXIX; fig.
3178).
cg — Vértex, front et palpes noir bleu Mrompe courteset
mince, Jaune pâle. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques noirs.
Veux noirs, ocelles jaune clair. Antennes noir bleu.
Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir bleu avec les deux
premiers tergites jaune d’or et une bordure étroite de même
couleur aux segments 4 à 7, et des traces diffuses sur 5 et 6;
brosse anale longue, étroite, noir bleu. Ventre en entier jaune d’or.
Hanches antérieures blanc pur, fémurs noir bleu, tibias et tarses
noir bleu en dessus, jaunâtres en dessous. Hanches médianes et
postérieures blanches; fémurs médians et postérieurs noir bleu;
les tibias sont de cette couleur en dessus et jaunàtres en dessous
ainsi que les tarses.
Ailes supérieures noir bleu sur la côte et les nervures, noir
pourpré sur l’espace terminal qui est large. Trait discocellulaire
noir bleu, quadrangulaire et élargi à la partie supérieure. Tache
vitrée infracellulaire étroite, prolongée jusqu’à la base de la
nervure 2, ultracellulaire plus longue que haute, divisée en quatre
aréoles fondues extérieurement dans l’espace terminal. Dessous
avec la côte et des stries internervurales jaunes.
Ailes inférieures transparentes à nervures et point discocellu-
laire noir pourpré; bordure marginale de même couleur, élargie
sur 1°. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre ailes
gris bronzé.
Envergure : 17,5-10,5 millimètres.
Types : 4 ', Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m. alt.];
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür.
Apparentée à Sesia flavipes Hmpsn, de Bangalore et de
Ceylan, et à Chamanthedon xanthopleura n. sp. de l’Inde méri-
dionale, cette espèce ne rentre dans aucun des genres établis aux
dépens des anciennes Sesia (auct. non Fab.) et j’ai dû établir
pour elle et les espèces voisines qui ont aussi la trompe avortée,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 289
les antennes simples chez le mâle, la nervure 10 absente aux ailes
supérieures, etc., un nouveau genre dont elle est le type.
En dehors de la taille qui varie légèrement, je n’ai relevé de
différence entre ces quatre exemplaires que dans la largeur de la
bordure jaune du quatrième tergite qui manifeste chez deux
d’entre eux une tendance à s’élargir.
Chamanthedon xanthopleura n. sp. (PI CCCLXXIX, fig.
3179).
d. — Vertex noir; front noir bleu finement lituré de blanc
devant les yeux. Palpes noirs extérieurement, jaunes intérieu-
rement. Trompe absente; plaque jugulaire noire; poils péricé-
phaliques jaunes ; antennes noir bleu à massue épaisse. Veux noirs,
ocelles jaune pale.
Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir bleu en dessus;
brosse anale concolore bordée de jaune au bord znferne des
pinceaux latéraux. Ventre noir avec le dernier sternite jaune en
entier sauf la pointe extrême; les pleuræ de chaque segment
portent des taches jaune d’or formant, de la base à l’extrémité
de l’abdomen, une ligne ponctuée, régulière et ininterrompue.
Hanches antérieures noires bordées extérieurement de jaune
d’or; fémurs noir bleu un peu tachés de jaune d’or, tibias noirs,
épiphyse tibiale jaune. Fémurs médians et postérieurs noir bleu
à base jaune sur les deux tiers de leur longueur; tibias médians
et postérieurs jaune d’or avec une ligne longitudinale en dessus
et le sommet noir bleu. Tarses deux fois plus longs que les tibias,
noirs en dessus, Jaunes en dessous.
Ailes supérieures très allongées, avec la côte, les nervures et un
large trait discocellulaire noir pourpré; espace terminal étendu,
fauve doré, traversé de noir par les nervures; ligne marginale
noire. Taches vitrées bien développées : imfracellulaire atteignant
l’angle inférieur de la cellule, ultracellulaire petite, quadrifide,
plus haute que large. Dessous un peu plus clair, à côte Jaune.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, le point
290 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
discocellulaire et la bordure marginale noir pourpré. Franges des
quatre ailes gris bronzé.
Envergure : 17 millimètres.
Type : 1 &', Indes orientales, Trichinopoly ; ex R. P. J. Castets;
Coll: Ch: Oberthür.
Voisine de la précédente, Chamanthedon xanthopleura n. sp.
s’en distingue aisément par l’absence de jaune au bord des
segments abdominaux en dessus et en dessous, la coloration des
pattes, la dimension plus considérable du trait discocellulaire et
la teinte fauve doré de l’espace terminal.
GENRE CHAMÆSPHECIA Spüler.
Chamæsphecia minima n. sp. (PI CCCLXXIXK, fig. 3177).
.— Vertex noir bleu mêlé latéralement de blanchätre; front
blanc. Palpes blancs à troisième article bronzé. Trompe bruratre;
plaque jugulaire blanche; poils péricéphaliques blancs. Antennes
noires tachées de blanc avant le sommet. Veux noirs; ocelles
incolores, transparents.
Collier, thorax et abdomen noir bleu; brosse anale concolore ;
ventre bronzé avec l’extrémité du dermier sternite blanchâtre
latéralement.
Hanches antérieures blanches; fémurs bronzés; tibias bronzés
écaillés de blanc en dessous. Fémurs médians et postérieurs
bronzés ; tibias médians blancs; tibias postérieurs blancs, annelés
de bronzé avant l’extrémité. Tarses des trois paires bronzés avec
le premier article blanc au sommet.
Ailes antérieures bronzées avec les trois taches vitrées bien
développées : ultracellulaire ovale, formée de quatre divisions
dont l’inférieure est la plus courte. Dessous semblable à cûte
blanche.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale
noir bronzé. Franges des quatre ailes bronzées.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 291
Envergure : 0,5 millimètres.
Type : 1 g', Nouvelle-Grenade, de Bogota à Buenaventura;
ex O. Thieme (14 déc. 1877 au 22 fév. 1878); Coll. Ch. Oberthür.
Chameæesphecia minima n. sp. est, avec CA. micra Le Cerf que
J'ai décrite d'Algérie et qui est comme elle de couleur sombre,
la plus petite Ægerie décrite jJusqu’ici.
Chamæsphecia clathrata n. sp. (PL CDLXXXI, fig. 3967).
Q. — Vertex noir bleu; front noir bronzé; palpes noir bleu ;
trompe brun noirâtre; poils péricéphaliques noirs. Antennes
noires. Veux brun foncé; ocelles bruns.
Collier, thorax et abdomen noir bleu; brosse anale concolore.
Ventre noir avec les premier, quatrième, cinquième et sixième
sternites blanc d’argent.
Hanches antérieures blanc d’argent; fémurs noirs, tibias noirs
annelés de blanc à l'extrémité. Articulations coxofémorales
médianes et postérieures blanc d’argent; fémurs médians et
postérieurs noir bleu ; tibias médians noir bleu avec quelques poils
blancs à l’extrémité; tibias postérieurs noir bleu annelés étroite-
ment de blanc avant le milieu et plus largement à l’extrémité,
éperons blancs ; tarses des trois paires noir bleu annelés de blanc
au sommet du premier article.
Ailes supérieures noir pourpré avec deux très petites taches
vitrées : une intracellulaire punctiforme et une ultracellulaire
triangulaire formée de trois divisions dont l’inférieure est la plus
courte. Dessous semblable avec la côte blanchâtre et un fort semis
d’écailles jaune roussâtre dans la cellule et sur le trait disco-
cellulaire.
Ailes inférieures transparentes avec une large bordure mar-
ginale noir pourpré couvrant la moitié du disque et reliée au trait
discocellulaire — très large, épais et quadrangulaire — par un
prolongement qui couvre l'intervalle entre les nervures 2 et 3 et
se prolonge en ligne droite iusqu’au dessus de l’extrémité de
202 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
la nervure 1°. La partie vitrée de l’aile se trouve ainsi divisée en
deux aires distinctes : une basilaire, large et triangulaire, et une
discale semi-ovalaire. Dessous semblable. Franges des deux paires
noires.
Envergure : 14,5 millimètres.
Type : 1 Q, Congo français, Lambarené (Ogooué), R. Ellen-
berger (1911); Coll. Muséum de Paris.
J'ai signalé ailleurs les affinités de dessin de cette espèce
avec d’autres Ægerudes américaines et paléarctiques; c’est de
Chameæesphecia infuscata Le Cerf qu’elle se rapproche le plus,
quoiqu'elle appartienne à un groupe différent et peut-être même
à un autre genre; elle s’écarte en effet des CLamæsphecia vraies
par deux détails de nervulation : aux ailes supérieures, les ner-
vures 10 et 11 ne sont pas confondues au sommet mais seulement
convergentes, et aux ailes inférieures les nervures 3 et 4 ne sont
pas tigées et partent du même point à l’angle inférieur de la
cellule; la connaissance du mâle permettra sans doute de situer
plus exactement cette petite espèce.
GENRE DIPSOSPHECIA Spüler.
Dipsosphecia teleta n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3164).
cd. -— Vertex noir, hérissé postérieurement de poils jaunes;
front noir bronzé lituré de blanc devant les yeux. Palpes hérissés
jaune fauve, clair à la base, foncé en avant et à l’extrémité avec
une large ligne externe noire sur le second et le troisième articles.
Trompe brune; plaque jugulaire noire, mêlée de poils et d’écailles
jaunes ; poils péricéphaliques jaunes. Veux noir brun, ocelles jaune
pèle. Antennes épaisses, noires longées extérieurement d’une ligne
d'écailles Jaunes.
Collier noir bronzé brillant. Thorax noir recouvert de fins poils
grisatres avec les ptérygodes largement écaillées de Jaune au bord
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 293
interne; poils latéraux du métathorax mêlés de noir et de jaune
foncé; dessous noir portant de chaque côté une petite tache latéro-
pectorale formée de quelques écailles jaunes. Abdomen noir avec
tous les tergites sauf le premier bordés de jaune foncé; brosse
anale noire mélangée au milieu et latéralement de poils jaunes
peu nombreux. Ventre noir avec le bord des quatrième, cinquième
et sixième segments et le dernier sternite presque en entier Jaune
foncé.
Hanches antérieures noir bleu recouvertes, à l’exception de la
partie médiane du bord interne, d’écailles et de poils jaune foncé;
fémurs noir bleu ainsi que les tibias dont la base, le sommet et
le dessous sont jaune foncé. Hanches et fémurs médians et pos-
térieurs noir bleu; tibias médians Jaunes longés extérieurement
par une ligne noir bleu; tibias postérieurs noir bleu à face externe
et bord supérieur jaune foncé. Tarses des trois paires noirs en
dessus, jaunes en dessous.
Aüïles supérieures munies sur la base d’une petite tache jaune;
côte et nervures noir brun; espace terminal fauve roussâtre;
bordure marginale plus foncée et bord interne rouge fauve; trait
discocellulaire noir portant extérieurement un gros point médian
rouge fauve. Taches vitrées bien développées : ultracellulaire
ovale, quadrifide. Dessous plus clair et à côte Jaunâtre.
Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
noir bleu; trait discocellulaire noir, éclairé en dehors de rouge
fauve. Dessous semblable à côte jaune. Franges des deux paires
gris bronzé.
Envergure : 23 millimètres.
Type : 1 ', Brésil, Caraça; ex P. Germain (2° semestre 1884);
Coll. Ch. Oberthür.
Il ne m'a pas été possible de relever des différences génériques
appréciables entre cette espèce et les formes européennes et nord-
américaines qui ont pour type le plus anciennement décrit 2/p505-
phecia ichneumoniformis F.; D. teleta ressemble beaucoup à 2.
(= sesia auct.) #ellinipennis Bdv. des Etats-Unis auprès de qui
elle devra se placer.
294 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
—— —_—_—_—_—_—_—_—_—_—_————— —————
GENRE PYROPTERON Newm.
Pyropteron chrysomelæna n. sp. (PL CCCLXXVIII ;
he 105):
d. — Vertex noir pourpré; front blanc brillant. Palpes jaune
d’or à troisième article assez long; trompe Jaune; plaque jugu-
laire et poils péricéphaliques jaune d’or. Antennes noir pourpré
en dessus, roussâtres en dessous et à base Jaune d’or. Yeux brun
noir; ocelles jaune clair, très petits.
Collier jaune d’or; thorax noir pourpré avec le métathorax en
dessus et deux taches latéropectorales en dessous jaune d’or.
Abdomen noir, premier tergite en entier, second latéralement et
bord postérieur des cinquième, sixième et septième jaune d’or;
brosse anale trilobée, noire, bordée latéralement de jaune d’or.
Ventre noir à premier stermte Jaune d’or.
Hanches antérieures noires tachées de jaune d’or dans leur
moitié supérieure externe, fémurs noirs, tibias Jaune d’or à base
noire, tarses Jaune d’or, coupés de noir en dessus aux articu-
culations. Hanches médianes noires, hanches postérieures jaune
d’or; les pattes médianes et postérieures ont les fémurs noirs, les
tibias jaune d’or à base et à moitié terminale noires, et les tarses
jaunes à trois derniers articles noirs en dessus.
Ailes antérieures noir pourpré, portant trois taches vitrées bien
développées; l’infracellulaire n’atteint pas l'extrémité de la
cellule et l’ultracellulaire presque carrée est divisée en cinq aréoles
subégales. Dessous un peu pius clair, côte et espaces interner-
vuraux du champ terminal jaune d’or.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un petit trait
discoceliulaire et la bordure marginale noir pourpré; en dessous
la côte, la base et le bord anal sont jaune d’or. Franges des quatre
ailes noir pourpré à l’exception de la base des inférieures où elle
est Jaune d’or.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 295
Envergure : 17 millimètres.
Type : 1 G', Brésil, Rio-Janeiro; ex P. Germain (1883); Coll.
Ch. Oberthür.
En dehors de ses caractères de genre, je ne connais aucune des
affinités que cette brillante petite espèce peut avoir avec d’autres
Pyropteron américains et la faune paléarctique ne contient pas
de formes de ce type.
GENRE SYNANTHEDON Hbn.
Synanthedon subauratus n. sp. (PI. CCCLXX VIIT ; fig. 3166).
©. — Vertex noir et jaune; front lituré de blanc devant les
yeux. Palpes jaune d’or, trompe marron clair; plaque jugulaire
jaune d’or; poils péricéphaliques blancs. Antennes noir violacé,
écaillées en dessous et en dehors, sauf à la pointe, de jaune d’or.
Yeux bruns, ocelles rose rubis.
Collier noir irisé dans son milieu, jaune d’or de chaque côté.
Thorax noir à ptérygodes jaunes du côté exferne en avant, au
milieu et à l'extrémité; métathorax jaune d'or. Dessous avec de
giandes taches latéropectoraies jaune d’or.
Abdomen noir à reflet bleu d’acier presque entièrement
recouvert par les larges bordures jaunes que portent tous les
tergites. Brosse anale et ventre en entier Jaune d’or.
Pattes entièrement jaune d’or à l’exception des tibias antérieurs
et médians qui sont tachés extérieurement de bleu d'acier.
Ailes supérieures à côte et nervures noir bleu ; base des nervures
radiale et cubitale et bord interne jaune d’or. Taches vitrées tres
développées, ultracellulaire carrée, à cinq aréoles subégaies;
espace terminal pourpré, strié de jaune d’or entre les nervures
4 à 8. Dessous plus clair avec la côte jaune d’or.
Ailes inférieures transparentes à base jaune d’ér, sans trait
discocellulaire différencié; nervures et ligne marginale noir
206 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
pourpré. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre
ailes gris bronzé.
Envergure : 10,5 millimètres.
Type : 1 ©, Célèbes méridionales, région basse entre Maros et
Bamba; ex W. Doherty (1806); Coll. Ch. Oberthür.
Cette petite espèce et la suivante, malgré une coloration en
apparence bien différente, mais qui en réalité dérive du même
type, appartiennent au groupe de Syranthedon tipuliformis CI.
dont les représentants sont répandus à travers tous les continents;
d’après la description de Sesia phasiæformis Feld. elles semblent
aussi apparentées à cette Ægeride d’'Amboine.
Synanthedon versicolor n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3167).
Q. — Vertex noir, front noir bronzé lituré de blanc devant
les yeux. Palpes jaunes longés extérieurement de noir sur les
second et troisième articles ; trompe brune. Plaque jugulaire noire
mêlée de jaune; poils péricéphaliques blancs. Yeux noirs, ocelles
rubis. Antennes longues, noires, à base Jaune en dessous.
Collier noir mêlé de jaune. Thorax noir bleu en dessus et en
dessous avec deux grandes taches latéropectorales jaunes. Méta-
thorax jaune. Abdomen noir à reflet bleu vert, tous les segments
bordés postérieurement de Jaune. Brosse anale rouge orangé.
Ventre jaune excepté le second et les côtés du dernier sternites
qui sont noir bleu.
Hanches antérieures noir bleu largement bordées de jaune en
dehors; les pattes antérieures sont détruites. Fémurs médians et
postérieurs noir bleu, écaillés sur les crêtes supérieure et inférieure
et la face interne de Jaune; tibias médians Jaunes avec la base
et un large anneau postmédian noirs; tibias postérieurs jaunes
portant deux grandes taches noir bleu du côté externe : une entre
la base et le milieu, l’autre entre le milieu et le sommet. I arses
noirs en dessus, Jaunes en dessous et à l’extrémité de chaque
article.
Ailes supérieures transparentes à reflet 1risé bleu vif; côte noir
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207
verdâtre, nérvures, point discocellulaire et espace terminal noir
pourpré, ce dernier est mêlé avant la ligne marginale d’écailles
jaune d’or disposées en semis continu parallèle au bord et plus
dense vers la côte. Tache vitrée ultracellulaire grande, quadran-
gulaire, plus large en haut qu’en bas, composée de cinq aréoles
auxquelles s’en ajoute entre la fourche de 7 et 8 une sixième
ovale, entaillant l’espace terminal. Dessous semblable, côte jaune
ainsi que la majeure partie de l’espace terminal.
Aïles inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé-
rencié; nervures et ligne marginale noir pourpré. Dessous pareil
à côte Jaune. Franges
des deux paires gris
bronzé.
Envergure : 18,5 mil-
limètres.
Type : 1 ©, Marang,
sud-ouest de Sumatra : Fic. 13. — Synanthedon versicolor n. sp. 9. — Aïle
d supérieure droite, montrant la forme échancrée de
ex W. Doherty (1890); l'espace terminal et la disposition des parties claires
(Grossissement : x 7,25).
Coll. Ch. Oberthür.
Le reflet bleu d’acier vif de cette jolie espèce, la coloration
de sa brosse anale et surtout la forme caractéristique du dessin
des ailes supérieures permettent de la distinguer facilement de
toutes celles décrites jusqu'ici. Le dernier caractère étant à peine
visible sur la figure grandeur naturelle donnée sous le n° 3167
de la PI CCCLXXVIII, je représente ici (fig. 13) l’aile supérieure
avec un grossissement suffisant pour bien faire ressortir la dispo-
sition des aréoles de l’aire vitrée ultracellulaire, la forme et le
dessin de l’espace terminal.
Synanthedon chrysophanes Mevr. (PI. CDLXXIX, fig. 3042-
3943).
Sesia chrysophanes Meyrick, Proceedings of the Linnean Society of New
South Wales, I, p. 689 (1886).
Une petite série d'exemplaires des deux sexes de cette char-
mante espèce se trouve dans la collection Ch. Oberthür, et quatre
208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
d’entre eux, obtenus d’élevage par F. D. Dodd, sont d’une
fraicheur parfaite. En dehors du dimorphisme sexuel très pro-
noncé qui distingue les mâles des femelles, on ne relève pas de
différences entre ces exemplaires, et ils correspondent bien avec la
description originale.
Aucune figure de Syxanthedon chrysophanes Meyr. n’ayant été
publhée, je fais représenter un mâle et une femelle ex larva.
Par son faciès et la disposition générale de son dessin, cette
espèce se rapproche beaucoup de Syranthedon cynipiformis Esp.
d'Europe, du groupe de Syxanthedon tipuliformis CI. qui compte
de nombreux représentants sur tout le globe et particulièrement
dans la région Indo-Australienne où se trouvent plusieurs espèces
dans lesquelles les femelles ont la coloration jaune aussi déve-
loppée que chez celle de Syxanthedon chrysobhanes Meyr.
Envergure : O', 19-20 millimètres; ©, 24 millimètres.
3 90,2 Q ©, Mackay (Queensland); Townsville (Qucersland)
6. L'r7/10-VI-19got1 et 1910, ex'F: D'Dodd; Col Cb'Obernoe
Svnanthedon flavostrigata n. sp. (PL CDLXXVIIT, fig. 3946).
d. — Vertex non hérissé, noir bleu à nuque jaune. Front blanc
pur mêlé un peu vers le haut d’écailles bronzées isolées. Palpes
Jaunes avec une courte ligne noire externe sur l’extrémité du
second article et sur le troisième; trompe brunätre; plaque jugu-
laire et poils péricéphaliques jaunes. Antennes finement ciliées,
noir bleu, un peu tachées de blanc avant le sommet en dessus,
brunes en dessous avec l’article basilaire jaune. Yeux brun noir;
ocelles grenat clair.
Collier noir pourpré. Thorax noir bleu à ptérygodes concolores
écaillées de jaune le long du bord interne; touffes latérales du
métathorax Jaunes ; surface postcoxale écaillée de jaune.
Abdomen noir éparsément semé d’écailles blanc jaunûtre et très
finement bordé de jaune à tous les tergites; la bordure du septième
tergite est plus large que les autres. Brosse anale noire, mêlée de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 209
jaune au milieu et sur les côtés. Ventre noir presque entièrement
recouvert d’écailles jaunes.
Hanches antérieures jaunes. Hanches médianes et postérieures
jaunes au sommet du bord interne (pattes antérieures et médianes
détruites); fémurs postérieurs noir bleu, tibias jaunes, largement
tachés à la base de noir bleu en dessus, de blanc en dessous et
annelés de noir bleu entre les deux paires d’éperons; ceux-ci sont
jaunes; tarses jaunes, tachés de noir bleu en dessus, à l’extrémité
des articles.
Ailes supérieures transparentes, avec la côte, le bord interne, les
nervures et le trait discocellulaire noir bronzé pourpré; espace
terminal noir bronzé clair, largement écaillé de jaune entre les
nervures 3 à 8; des écailles de même couleur bordent extérieu-
rement le trait discocellulaire qu’elles échancrent légèrement au
milieu et couvrent la base des nervures 4 à 7. Dessous presque
entièrement Jaune à l’exception des nervures qui traversent l’es-
pace terminal et de la moitié interne du trait discocellulaire qui
sont noirs comme en dessus.
Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
finement écrites en noir bronzé; une petite tache triangulaire noire
marque la discocellulaire supérieure; la discocellulaire inférieure
est nue. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre ailes
bronzées.
Envergure : 15,5 millimètres.
Type : 1 S, Mexique, Tabasco (1913); Coll. Ch. Oberthür.
Appartient au groupe de Synanthedon tipuliformis C1. S. cono-
piformis Esp, etc.
Synanthedon Benoisti n. sp. (PI. CDI XXVIII, fig. 394, d';
PL CDLXXXTI, fig. 3960. O).
Œ. — Vertex non hérissé, noir bleu brillant; front noir bronzé
lituré de blanc d’argent devant les yeux. Palpes blanc pur en
dessous dans toute leur longueur, noirs en dessus; trompe brune;
plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs passant au jau-
300 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
nâtre sur la nuque. Antennes noir bleu, avec une petite tache
blanche en dessus avant l’extrémité. Veux noirs, ocelles jaune pâle.
Collier et thorax noir bleu; ptérygodes finement bordés de
jaune pâle. Le thorax porte en dessous une tache latéropectorale
blanc Jaunätre bien définie, arrondie. Touffes latérales du méta-
thorax mêlées de quelques poils jaune pâle; surface postcoxale
blanche. |
Abdomen long et grêle, noir bleu, avec les second et troisième
tergites bordés d’une ligne d’écailles jaune pâle; brosse anale
longue et étroite, noir bleu avec quelques poils blancs de chaque
côté. Ventre blanc avec le dernier sternite noir bleu sauf à la base.
Hanches antérieures blanches, un peu écaillées de’noir à la base
du bord interne; fémurs noir bleu; tibias noir bleu en dessus,
tachés de blanc près de la base et au sommet, roussâtres en
dessous. Hanches médianes noires; fémurs médians noir bleu
extérieurement; blancs sur la face interne; tibias noir bleu très
largement annelés de blanc au milieu et étroitement au sommet.
Hanches postérieures blanches bordées de noir bleu; fémurs
blancs à sommet noir bleu extérieurement; tibias noir bleu étroi-
tement annelés de blanc au milieu et à l'extrémité; éperons des
deux paires blancs; tarses des trois paires noirs annelés de blanc
en dessus, blancs en dessous.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne et
les nervures principales noir bleu; trait discocellulaire et espace
terminal noir pourpré; l’aire vitrée infracellulaire n’atteint pas le
trait discocellulaire, et l’ultracellulaire est carrée, composée de
cinq aréoles égales. En dessous la côte, le bord interne et les
nervures principales sont jaune pâle; des écailles blanc jaunâtre
forment des stries internervurales sur l’espace terminal. Dessous
semblable à côte jaune pâle. Franges des quatre ailes bronzé
pourpré.
Q.-— Dans la Collection Ch. Oberthür se trouve une femelle
recueillie à la Guyane, par C. Bar, et que je crois être celle de
Synanthedon Benoisti: elle est malheureuseinent dépourvue d’an-
tennes et de pattes, et le thorax est endommagé par le vert de gris
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 301
de l’épingle. Telle quelle, cependant, elle suffit à établir les prin-
cipales différences qui séparent les deux sexes. De taille plus
grande et de forme plus lourde, mais de coloration générale sem-
blable, elle se distingue en outre du mâle par les caractères
suivants :
Second et troisième tergites abdominaux bordés de blanc jau-
nâtre; pinceau médian de la brosse anale bordé de blanc de
chaque côté; ventre blanc du milieu du premier sternite au qua-
trième inclusivement, noir bleu dans le reste. Aux ailes supérieures,
l’espace terminal est notablement plus large, et par suite la tache
vitrée ultracellulaire plus étroite, presque deux fois plus haute
que large, enfin le trait discocellulaire est plus épais et un peu
anguleux au milieu du bord interne.
Envergure : G, 14 millimètres; ©, 19 millimètres.
Types : 1 G, 1 Q, Gourdonville, Guyane française, octobre
1014, ex R. Benoist; Coll. Muséum de Paris. — Guyane française,
ex Coll. C. Bar, Coll. Ch. Oberthür.
Synanthedon Benoisti paraît étroitement apparenté à Syran-
thedon (—Sesia) surinamensis Môschl., mais s’en distingue aisé-
ment par la teinte blanc pur des parties claires, la forme de l’aire
vitrée ultracellulaire des ailes supérieures, l’absence de jaune au
collier, au « bord postérieur du thorax » et de « longues taches »
de même couleur sur les « segments médians » de l’abdomen et de
bande pleurale Jaune foncé.
Je l’ai dédié à mon collègue R. Benoist qui en a découvert et
capturé le mâle type au cours d’une mission en Guyane, inter-
rompue par la guerre.
Synanthedon guyanensis n. sp. (PI. CDLXXVIIT, fig. 3945).
Sesia surinamensis Müschler H. B., Beytraege zur Schmetterlinge-Fauna
von Surinam (II, pp. 3-4), in: Verhandlungen der K. K. Zoologisch-
botanischen Gesellschaft in Wien, Jahrgang 1877, pp. 631-632
(1878) [fem. nec mas].
©. — Vertex noir bleu; front bronzé assez largement lituré de
blanc pur devant les yeux; palpes à premier article noir, second
20
302 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
jaune en dessous, et latéralement à la base, noir en dessus et
extérieurement, troisième noir en dessus, jaune en dessous; trompe
brun roussâtre; plaque jugulaire blanche à centre noir; poils
péricéphaliques blancs; antennes noir bleu; yeux noir bronzé;
ocelles grenats.
Collier noir bronzé brillant. Thorax noir bleu; ptérygodes
concolores, bordées d’une ligne d’écailles jaunes; en dessous le
thorax est noir bronzé et porte deux taches latéro-pectorales
jaunes : une antérieure, petite, et une médiane, très grande, cou-
vrant presque entièrement la région mésothoracique et réunie à la
première par un prolongement de sa partie supérieure. Surface
postcoxale blanche.
Abdomen noir bleu avec les second, quatrième et sixième ter-
gites bordés d’une rangée d’écailles jaunes; brosse anale conco-
lore portant latéralement quelques poils jaunes. Ventre noir avec
la moitié basilaire du premier sternite, des points sur les #/euræ
des trois premiers segments et le bord des quatre derniers sternites
jaune clair.
Hanches antérieures blanc pur, à bord interne étroitement écaillé
de noir; fémurs et tibias noir bleu; tarses concolores à premier
article annelé de blanc à la base et au sommet; fémurs médians
et postérieurs noir bleu longés de blanc sur la crête inférieure;
tibias médians noir bleu, traversés obliquement en dehors par une
fascie médiane blanche et terminés en dessus par une petite touffe
de poils jaunâtres; éperons noirs à pointe blanche; tarses blancs
sur la face interne et en dessous, noir bleu extérieurement et en
dessus, coupés de blanc à la base et au sommet du premier article
et à l’extrémité du second; tibias postérieurs noir bleu tachés de
blanc de la base au milieu de la face interne et très étroitement
annelés de même couleur au milieu et à l’extrémité de la face
externe; éperons blancs; tarses comme aux pattes médianes.
Aïles supérieures transparentes, à côte, bord interne et nervures
principales noir bleu; trait discocellulaire et espace terminal noir
pourpré; le premier est très étroit et le second, assez large, couvre
la fourche des nervures 7 et 8; tache vitrée infracellulaire attei-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 303
gnant le trait discocellulaire, ultracellulaire carrée, formée de
cinq aréoles subégales. Dessous semblable avec la base de la côte
blanc Jaunâtre et quelques écailles de même couleur éparses sur
l’espace terminal.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et la ligne
marginale très finement écrites en noir pourpré; discocellulaire
inférieure nue. Dessous avec la base de la côte blanc jaunûtre.
Franges des deux paires bronzé pourpré.
Envergure : 18-20,5 millimètres.
Types : 2 ©, Guyane française, Godebert VI, et Saint-Jean-
du-Maroni VII, ex E. Le Moult; Coll. F. Le Cerf.
Synanthedon guyanensis, var. clara n. var. (PL CDLXXXI,
fig. 3970).
Q.— Diffère du type par la réduction aux ailes supérieures de
l’espace terminal, réduit à une étroite bordure concave, légèrement
élargie à l’apex et découvrant largement la fourche des nervures
Tee:
Envergure : 19 millimètres.
Type : 1 ©, Guyane française; Nouveau Chantier VII, ex
E. Le Moult; Coll. F. Le Cerf.
Cette espèce est celle que Môschler a décrite, avec quelque
doute, comme la femelle de sa Sesza surinamensis. La figure en
noir qu’il donne du mâle de celle-ci (Loc. cit., Taf. VIII, fig. 1) ne
s'accorde pas avec sa description; elle est franchement mauvaise
et de tous points inexacte : la nervulation est fantaisiste, aux ailes
supérieures quatre nervures seulement — et non cinq — traversent
l’aire vitrée ultracellulaire, les ptérygodes sont entièrement claires,
par contre l’abdomen ne porte aucune trace des « longues taches
jaunes » sur les « segments médians », etc. C'est donc seulement
en m’appuyant sur les caractères et les détails fournis par le texte
que J'ai différencié guyanensis n. sp. de surinamensis Môschl. Ces
deux espèces sont certainement affines, mais quoique le mâle de la
304 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
première me soit inconnu je suis convaincu qu’elle est bien dis-
tincte spécifiquement de la seconde.
Synanthedon maculiventris n. sp. (PL CCCLXXVIIL fig.
3168).
d.— Vertex noir bleu, front bronzé pourpré lituré de blanc
devant les yeux. Palpes noirs en dessus, jaunes en dessous.
Trompe roux pâle; plaque jugulaire bronzé pourpré au milieu,
jaune latéralement. Poils péricéphaliques jaunes. Antennes noir
bleu. Veux noir brun; ocelles incolores.
Collier noir verdâtre. Thorax noir pourpré, ptérygodes conco-
lores à tiers postérieur jaune; métathorax jaune; en dessous le
thorax est presque entièrement écaillé de jaune. Abdomen noir
bleu avec les deuxième, quatrième et cinquième tergites étroi-
tement bordés de jaune; brosse anale longue, effilée, concolore.
Ventre noir bleu sur les troisième, septième et huitième sternites,
jaune dans le reste.
Hanches antérieures jaunes, avec deux bandes noir bleu trans-
versales : une à la base, l’autre avant le sommet; fémurs noir
bleu extérieurement, jaunes en dessous et du côté interne; tibias
noir bleu en dessus, jaunes en dessous; tarses jaunes avec une
ligne longitudinale noire en dessus. Articulation coxofémorale
médiane noir bleu, postérieure noir bleu tachée de jaune au milieu;
fémurs médians et postérieurs noir bleu extérieurement, jaunes
en dessous et du côté interne; tibias médians noir bleu largement
tachés de jaune avant le milieu; extrémité et éperons jaunes;
tibias pestérieurs noir bleu avec une touffe de poils jaunes sur la
moitié basale supérieure, des écailles et des poils jaunes au niveau
des éperons médians et à l’extrémité; face interne jaune à sommet
noir; éperons Jaunes avec une ligne noire en avant. Tarses des
2 paires noirs en dessus à l’exception du cinquième article qui est
Jaune ainsi que le dessous des quatre derniers en dessous.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le
bord interne, le trait discocellulaire et l’espace marginal — peu
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 305
large et laissant à découvert la fourche des nervures 7 et 8 —
noir pourpré; tache vitrée ultracellulaire étendue de la nervure 2
à la nervure 0. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale
noir pourpré. Dessous semblable. Franges des quatre ailes
concolores.
Envergure : 20 millimètres.
Type: 1 g, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür.
Cette espèce doit se placer au voisinage de Syranthedon
surinamensis Môschl.; comme celle-ci elle participe des caractères
des espèces du groupe de S. Zipuliformis CI.
Synanthedon javanus n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3181).
og. — Vertex noir verdâtre, nuque jaune: front noir pourpré
lituré de blanc devant les yeux. Palpes jaunes avec une ligne
longitudinale externe noire sur le second et le troisième articles ;
trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes.
Antennes noir pourpré. Veux noirs, ocelles Jaunes.
Collier et thorax noir bleu en dessus et portant en dessous deux
larges taches jaunes latéropectorales; ptérygodes bordées de
jaune du côté interne; métathorax jaune.
Abdomen noir bleu; deuxième, quatrième et sixième tergites
bordés de jaune; brosse anale noir bleu. Ventre noir avec les trois
avant-derniers sternites bordés de jaune dans leur partie médiane.
Hanches antérieures noir bleu du côté interne, jaunes dans leur
moitié longitudinale externe; fémurs noir bleu, tibias de même
couleur avec une large tache en dessus et le dessous jaune; tarses
jaunes en dessus sauf à l’extrémité qui est noir pourpré ainsi que
le dessous. Fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias
médians noir bleu avec une tache externe, les éperons et les poils
du sommet jaunes et une tache médiane blanche en dessous ; tibias
postérieurs noir bleu, étroitement annelés de jaune au milieu et
306 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
à l’extrémité; tarses noir bleu avec le sommet du premier article
jaune.
Ailes supérieures transparentes, à côte, nervures et trait disco-
cellulaire noir bleu; espace terminal large, rectiligne du côté
interne, roux doré obscur; tache vitrée ultracellulaire quadran-
gulaire, un peu plus large à sa partie supérieure. Dessous plus
clair avec la côte jaune. ;
Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé-
rencié; nervures et ligne marginale noir pourpré. Franges des
quatre ailes bronzé pourpré.
Envergure :.18 millimètres.
Type: 16, Java, Résid'Sækabæmi: ex J=B- Pedro @ébsie
CoilCh'Oberthüur.
Synanthedon javanus n. sp. doit prendre place dans la série
nombreuse et cosmopolite des espèces dont Syxanthedon tipuli-
formus CIKk. est le type.
Synanthedon flavipectus n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3171).
g: — Vertex noir verdâtre brillant; front blanc avec une
petite tache bronzée au centre. Palpes jaunes mêlés de poils noirs
au sommet des second et troisième articles ; trompe rousse. Plaque
jugulaire blanc jaunâtre; poils péricéphaliques blancs. Antennes
noir bleu. Yeux brun foncé, ocelles jaunes.
Collier et thorax noir bleu; en dessous le thorax est presque
entièrement recouvert par de larges taches latéropectorales jaunes;
surface postcoxale blanc d’argent. Abdomen noir bleu avec
les pleuræ des deux premiers segments jaunes, et une étroite
bordure de même couleur aux second, troisième et quatrième
tergites; brosse anale concolore. Ventre noir avec les deux
premiers sternites blanchâtres, le milieu des cinq suivants et
l’extrémité du dernier jaune d’or.
Hanches antérieures Jaune pâle; fémurs noir bleu; tibias noir
bleu, à dessous et sommet Jaune; fémurs médians et postérieurs
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 307
noir bleu ; tibias médians jaunes annelés de noir bleu à l’extrémité;
tibias postérieurs noir bleu extérieurement avec le côté interne
et quelques poils jaunes au milieu, en dehors et à l’extrémité.
Tarses des trois paires noirs en dessus coupés de jaune au sommet
des articles, jaunes en dessous.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne,
les nervures et le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal
noir pourpré, rectiigne du côté interne; tache vitrée ultracellulaire
carrée, composée de cinq divisions égales. Dessous semblable à
côte Jaune et semé d’écailles blanc jaunâtre sur l’espace terminal.
Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé-
rencié, avec les nervures et une étroite bordure marginale noir
pourpré. Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires.
Envergure : 12,5-15 millimètres.
ypesuz ct Parma: Coll Ch-Oberthür:
Voisine mais bien distincte de l’espèce suivante et comme elle
/ x . .
apparentée aux espèces du groupe de Syranthedon surinamensis
Môschl.
Synanthedon Germaini n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3172,
3173; 3174).
d.— Vertex noir bordé en arrière de poils jaunes; front blanc,
mêlé au centre d'’écailles ardoisées. Palpes blanc jaunâtre; trompe
brune à extrémité jaunâtre. Plaque jugulaire blanche à sommet
noir ; poils péricéphaliques blancs. Antennes très finement ciliées,
noires en dessus, brunes en dessous sauf au sommet. Veux noirs,
ocelles rouge orange.
Collier et thorax noir bleu; abdomen de même couleur à qua-
trième tergite bordé de jaune; brosse anale étroite, concolore
avec des traces de jaune au milieu et latéralement. En dessous,
les sternites des quatrième, cinquième et sixième segments sont
blanc jaunûtre.
Hanches antérieures noir bleu, bordées extérieurement de blanc
jaunâtre sur la moitié de leur longueur; fémurs et tibias noir
308 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
bleu mêlés en dessous de jaune pale. Fémurs médians et pos-
térieurs noir bleu; leurs tibias concolores et terminés par quelques
poils Jaunes; tarses des trois paires noirs en dessus, jaunes en
dessous.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le
trait discocellulaire et l’espace terminal noir bleu ou pourpré;
la tache vitrée ultracellulaire subcarrée, est formée de cinq aréoles
égales. Dessous semblable, plus clair et pourvu d’écailles jaunes
sur la côte, les nervures principales et le bord externe du trait
discocellulaire.
Ailes inférieures transparentes à nervures, bordure marginale
et trait discocellulaire noir bleu. Dessous pareil à l'exception de
la côte qui est jaune. Franges des quatre ailes noires.
Q.:— Diffère du mâle par le front noir lituré de blanc, la brosse
anale jaune avec un trait médian et les côtés extérieurs des
pinceaux latéraux noirs, la présence de deux sternites blancs au
lieu de trois et la réduction de la tache vitrée ultracellulaire aux
ailes supérieures.
Envergure : g', 12,5-15 mm.; Q, 13-19 millimètres.
Types : 2 ©, 3 ©, Brésil, Nova-Friburgo (févaer 1882)
ex P. Germain; Coll. Ch. Oberthür.
Les cinq spécimens que j’ai en mains montrent une variabilité
assez étendue dans la taille, surtout chez les femelles, mais qui
ne dépasse pas les proportions que nous connaissons chez les
Ægerudæ. Les caractères spécifiques sont plus stables, seule la
femelle figurée sous le n° 3173, PI. CCCLXXIX diffère des autres
par l’existence d’un seul sternite blanc —— le sixième — au lieu
de deux et la présence d’écailles blanches à la base des hanches
antérieures.
Synanthedon iris n. sp. (PI CCCLXXVITI, fig. 3160).
Q-— Vertex noir bleu à nuque fauve; front bronzé lituré de
blanc devant les yeux. Palpes noirs en dessus et du côté interne,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 309
blancs en dessous, troisième article mêlé de noir; trompe fauve.
Plaque jugulaire noir bleu à centre blanc; poils péricéphaliques
blancs jusqu'aux deux tiers des yeux, fauves dans le tiers
supérieur. Antennes noir bleu. Yeux brun noir, ocelles incolores.
Collier noir bleu écaillé de fauve en avant dans sa partie
médiane. Thorax noir bleu avec une ligne médiane d’écailles
fauves, divisée en arrière et bordant la suture mesoscutellaire.
Ptérygodes concolores, semées d’écailles fauves formant une
bordure le long du bord interne et à l’extrémité. Métathorax
taché latéralement et bordé postérieurement de fauve. Le thorax
porte en dessous une large tache latéropectorale fauve.
Abdomen noir bleu avec les pleuræ des deux premiers segments
fauves mêlées de blanc; premier, quatrième et sixième tergites
bordés de blanc, brosse anale noire à sommet blanc. Ventre noir
bleu à quatrième segment bordé de blanc.
Hanches antérieures noir bleu dans leur moitié longitudinale
interne, blanches dans leur moitié externe; fémurs noir bleu
extérieurement, pourpres du côté interne; tibias noir bleu en
dessus, blancs en dessous et au sommet. Articulations coxofé
morales postérieures blanches bordées de noir bleu; féniurs
médians et postérieurs noir bleu à crête inférieure blanche; tibias
médians tachés de blanc extérieurement avant le milieu, annelés
de blanc à l’extrémité; tibias postérieurs noir bleu annelés de
blanc au milieu et au sommet ; aux deux paires : éperons internes
noir bleu, éperons externes blancs. Tarses des trois paires noir
blet annelés de blanc en dessus et blancs en dessous sur les quatre
dermiers articles.
Ailes supérieures transparentes à côte noir bleu; nervures, bord
interne, trait discocellulaire et espace terminal noir pourpré;
l’espace terminal de largeur égale couvre la moitié du champ
ultracellulaire; tache vitrée ultracellulaire arrondie en dehors,
composée de cinq divisions et couverte ainsi que l’infra et l’intra-
cellulaire d’écailles incolores à reflet bleu pâle 1irisé. Dessous
semblable à bord supérieur de la cellule Jaune.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un court trait
310 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
discocellulaire et la bordure marginale noir pourpré. Dessous
semblable, à côte jaune dans son tiers médian.
Envergure : 25 millimètres.
Type: 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Obertnür.
Synanthedon iris paraît devoir se placer entre les espèces du
groupe de S. /puliformis CI. et celles du groupe de S. vespiformis
L.; malgré sa grande taille, la présence de trois traits clairs sur
le thorax et d’un reflet bleu opalin sur les ailes supérieures c'est
du premier qu’elle se rapproche le plus.
Synanthedon dimorpha n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3175,
3176).
œ.— Vertex noir; front noir violacé étroitement lituré de blanc
devant les yeux. Palpes noirs éparsément mêlés d’écailles jaunes
dans toute leur longueur; trompe Jaunâtre; plaque jugulaire
jaune et noire; poils péricéphaliques jaunes. Antennes jaune
roussâtre, à base et sommet noirs. Veux noirs, ocelles jaune
d’ambre. |
Collier noir luisant ; thorax et abdomen noir bleu; brosse anale
noire mêlée latéralement de quelques écailles jaunes. Ventre noir,
a base et sternites 4 à 7 largement bordés de jaune; dernier
sternite noir à base Jaune.
Hanches antérieures noir bleu, écaillées en dehors de jaune
pâle; fémurs noir bleu ainsi que les tibias dont l’épiphyse est
blanc jaunâtre. Fémurs et tibias médians et postérieurs noir bleu
en dehors, blanc jaunàtre en dedans, les tibias médians portent
en outre quelques poils blancs à l’extrémité et les postérieurs un
anneau linéaire de cette couleur au niveau de la première paire
d’éperons et quelques poils au sommet. Tarses des trois paires
Jaune clair, longés de noir en dessus.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un
trait discocellulaire linéaire et un très étroit espace terminal noirs;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 311
tache vitrée ultracellulaire arrondie en dehors, composée de cinq
aréoles. Dessous semblable à côte légèrement écaillée de Jaune.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale
finement écrites en noir. Dessous semblable; franges des quatre
ailes noires.
Q@. — Diffère du mâle par les palpes blanc jaunâtre avec une
ligne externe sur le second article et le troisième en entier noir,
les hanches antérieures blanc jaunâtre, le corps et les pattes entiè-
rement noirs, les ailes supérieures opaques noir bronzé, les
inférieures noires avec deux taches vitrées : une grande, étendue
de la base au milieu du bord interne et au point discocellulaire,
et une petite sur le disque. Dessous semblable.
Enversure (145 mi; 0,165 millimètres.
Brésil Caracan(2misemestre 1884);tex P. ‘Germain ;4Coll Ch
Oberthür.
Malgré la dissemblance considérable qui les sépare, je n’hésite
pas à considérer comme appartenant à la même espèce ces deux
exemplaires recueillis au même lieu et à la même date par
P. Germain, des exemples de dimorphisme sexuel aussi accentué
ne sont pas rares chez les Ægerudæ.
Par sa femelle, cette nouvelle espèce a beaucoup d’affinités avec
une Ægerie de l’Argentine dont je n’ai connu que la femelle :
Synanthedon (— Sesia auct.) infuscata Le Cerf des Andes de
Tucuman, et une autre : S. #ariona Beut. de l’ Amérique du Nord.
Ces trois espèces ont en effet, outre les ailes supérieures opaques
— à très peu près chez 21fuscata —, le même dessin caractéristique
des ailes inférieures, dessin qui ne se retrouve, à ma connaissance,
que chez Paranthrene scepsiformis Hy-Edw. et Paranthrene
admirantus Hy.-Edw. d'Amérique du Nord. Paregina Alluaudi
Le Cerf et (?) C. clathrata n. sp. d'Afrique, Tirista argentifrons
Wikr. du Mexique et, moins accentué, chez Chamesphecia umbri-
fera Stgr. de l’île de Corfou, en Europe.
312 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Synanthedon Autremonti n. sp. (PI CDLXX VII, fig. 3047).
d'. — Vertex et front noir bleu; palpes noirs, longés extérieu-
rement de blanc jaunâtre sur le second article dont la face interne
est entièrement blanche. Trompe brun noirâtre; plaque jugulaire
blanc jaunâtre; poils péricéphaliques noirs. Antennes noires. Ycux
noirs; ocelles rouge grenat.
Collier et thorax noir verdâtre; ptérygodes concolores, avec
l'extrémité et le bord inférieur jusqu’à la base de l’aile supérieure
rouge minium; en dessous le mésothorax porte, au-dessous de
la base des ailes supérieures, une tache latéropectorale rouge
orange. Abdomen noir verdàtre, avec une bande d’écailles rouge
minium sur les côtés des second, troisième et quatrième tergites ;
brosse anale concolore. Ventre noir bleu de la base au troisième
sternite, grisâtre sur le quatrième et blanc jaunâtre du cinquième
a l’extrémité.
Hanches antérieures blanc jaunâtre, avec une tache noire à la
base du côté externe; fémurs noir bleu, tibias noirs, un peu mêlés
de jaunâtre. Articulations coxofémorales médianes et postérieures
blanc jaunâtre; fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias
concolores, terminés par des poils blanc jaunâtre; éperons blancs;
tarses des trois paires noir bleu, annelés de blanc au sommet des
articles.
Ailes supérieures opaques, noir verdâtre; dessous largement
teinté de blanc jaunâtre de la base au delà du milieu et le long
de la côte. ;
Ailes inférieures noir bronzé, très légèrement éclaircies entre
l’extrémité de la cellule et l’apex, et portant une aire hyaline
basilaire trilobée, couvrant la cellule, la moitié de l’espace inter-
nervulaire entre 1° et la médiane et aboutissant au milieu du bord
interne. Dessous semblable mêlé de jaunâtre le long de li côte
et sur le disque. Franges des deux paires gris noirûtre.
Envergure : 14 millimètres.
Type : 1 ©", Brésil, Etat de Minas-Geraës (109173) Coll Re
Cerr
nn -
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 313
J'ai dédié cette charmante petite espèce à mon camarade le
caporal Pierre d’Autremont. Comme la précédente elle paraît
apparentée au même groupe d’espèces nord-américaines.
Synanthedon concavifascia n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3180).
œ. — Vertex noir bleu; front noir pourpré lituré de blanc
devant les veux. Palpes noirs en dessus, blanc jaunâtre en dessous.
Trompe noirâtre; plaque jugulaire blanc jaunûtre, poils péricé-
phaliques blancs. Veux noirs, ocelles jaune topaze. Antennes noir
bleu — au moins à la base, le reste étant détruit.
Collier et thorax noirs. Abdomen noir un peu pourpré avec le
bord postérieur du deuxième tergite et le quatrième en entier
écaillés de jaune très pâle. Brosse anale concolore, mêlée au milieu
de poils jaunâtres. Ventre noir avec tous les sternites, à l’exception
du troisième et du dernier, blanc jaunâtre.
Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs noir bleu; tibias
de même couleur en dessus, blanc jaunâtre en dessous; tarses
blanchâtres en dessus, noirs en dessous. Fémurs médians et pos-
térieurs noir bleu sur la face externe, jaune pâle sur la face
interne; tibias médians et postérieurs jaune pâle, largement
annelés de noir bleu entre le milieu et l’extrémité, tarses noirs
en dessus, jaunes en dessous et au sommet des articles.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et le
trait discocelluiaire noir pourpré; espace terminal très large dans
sa partie médiane, réduit vers l’apex et l’angle dorsal, roux doré
obscur ; tache vitrée ultracellulaire composée de cinq aréoles dont
la première et la dermière sont les plus longues et les plus larges.
Un petit point fauve doré obscur marque le milieu du bord externe
du trait discocellulaire. Dessous plus clair avec la côte jaune.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale
noir pourpré. Franges des quatre ailes bronzé pourpré.
Envergure : 17,5 millimètres.
Type : 1 g', Java oriental, Mont Ardjoëno [1.200-1.500 m.];
ex W. Doherty (mai 1891); Coll. Ch. Oberthür.
314 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Le caractère le plus remarquable de cette espèce réside dans la
forme concave, extérieurement, de l’aire vitrée ultracellulaire;
cette disposition est exceptionnelle et je ne l’ai rencontrée Jjus-
qu'ici que dans des Ægerides malgaches : Sesza opalimargo
Le Cerf, apparentée génériquement à concavifascia et S. s:1od1-
formis Mab., petite espèce qui n’est certainement pas à sa place
parmi les Syranthedon Hbn.
Synanthedon tenuiventris n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3170).
dd. Vertex noir; front noir bleu étroitement lituré de blanc
devant les yeux. Palpes grêles, longs, non hérissés, noirs en
dessus, blancs en dessous et en avant; trompe rousse; plaque
jugulaire noire bordée de blanc; poils péricéphaliques blancs.
Yeux bruns, ocelles rubis. Antennes longues, noir bleu, très
finement pectinées.
Collier et thcrax noir bleu; abdomen très long et très grêle,
brusquement rétréci et aplati latéralement après le second segment,
noir bleu avec une ligne d’écailles blanches au bord du troisième
tergite. Brosse anale longue, étroite, concolore. Ventre blanc à la
base et du troisième au cinquième sternites.
Hanches antérieures noires; fémurs noir bleu ainsi que les
tibias dont le dessus est blanc et l’épiphyse tibiale jaunâtre;
tarses blancs écaillés longitudinalement de noir en dessus.
Hanches médianes et postérieures blanches; fémurs et tibias
médians noirs, leurs tarses noirs en dessus et en dehors, blancs
en dessous et en dedans. Pattes postérieures détruites.
Ailes supérieures transparentes; côte, nervures, trait discocel-
lulaire et un étroit espace terminal noir bleu ou pourpré. Dessous
semblable à côte pale.
Ailes inférieures transparentes; nervures et bordure marginale
noire. Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires.
Envergure : 21 millimètres.
Types 1:94 Java, Mont Gede;ex/Ledru(r896);1CollmieR;
Oberthür.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 315
La perte des pattes postérieures de cet échantillon est des plus
regrettables, elle nous prive assurément d’un caractère intéressant
car il n’est pas douteux que la forme extrêmement grêle et
allongée de l’abdomen ait une répercussion sur le développement
de ces appendices. On peut donc prévoir dès maintenant que la
connaissance d’exemplaires complets amènera à retirer cette
espèce des Syrzanthedon pour la placer à part. A l’exception de
Wezssmannia agdistiformis Stgr. — dont la forme est tout autre
-— je ne connais pas d'Ægeride chez qui l'abdomen soit aussi
orêl
grêle.
Synanthedon spec.? A. (PI CDLXXXI, fig. 3071).
d.— Vertex noir verdâtre; front bronzé pourpré brillant lituré
de blanc d’argent devant les yeux; palpes grêles, blancs en
dessous, noir bronzé en dessus (trompe détruite); plaque jugu-
laire blanche, mêlée au sommet d’écailles bronzé pourpré; poils
péricéphaliques blancs. Antennes noir pourpré, très finement
cihées. Yeux noir brun; ocelles jaune orange.
Collier noir à reflet vert bronzé métallique. Thorax noir ver-
dâtre, ptérygodes noir violacé, marginées d’une ligne d’écailles
rouge fauve au bord interne; touffes latérales du métathorax noir
violacé. En dessous, le thorax porte de chaque côté une large tache
latéropectorale triangulaire rouge fauve, étendue du prothorax
à la suture mésométathoracique.
Abdomen détruit à l’exception du premier tergite qui est noir
violacé et du second qui est noir verdâtre.
Hanches antérieures blanches à bord interne noir violacé;
hanches médianes et postérieures écaillées de blanc à la base et au
bord interne. Pattes détruites à l'exception des postérieures dont
le fémur est noir violacé extérieurement et bronzé du côté interne;
tibias noir violacé extérieurement, bronzés sur la face interne qui
porte entre la base et le tiers médian une longue macule blanche;
éperons blancs; tarses à premier article noir violacé, les quatre
suivants blancs.
316 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, les
nervures, le trait discocellulaire et l’espace terminal noir pourpré.
L’aire vitrée infracellulaire atteint le trait discocellulaire et
l’ultracellulaire, plus large que l’espace terminal, est arrondie
extérieurement. Dessous semblable, avec des écailles jaune d’or
le long de la côte, de la nervure radiale et au bord interne du trait
discocellulaire; quelques autres, jaune pâle sont éparses entre les
nervures sur l’espace terminal.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne
marginale très finement écrites en noir pourpré. Dessous pareil.
Franges des quatre ailes noir bronzé.
Envergure : 24 millimètres.
Type : 1 ©, Guyane française, Cayenne, par Caternault, ex
Coll. A. Guenée; Coll. Ch. Oberthür.
L’exemplaire décrit ici est malheureusement trop incomplet
pour être nommé; Je suis cependant convaincu qu’il appartient à
une espèce inédite et J'espère que les caractères énumérés dans la
description permettront de l’identifier dans l’avenir.
C’est un Syranthedon bien typique, remarquable par le brillant
de sa coloration foncière noir bleu et violacé, la bordure rouge
fauve des ptérygodes, les grandes taches latéropectorales de
mème couleur, les surfaces blanc pur des tibias et des tarses, etc.
Dans son état actuel, il n’est guère possible de l’apparenter avec
une approximation suffisamment exacte à des formes déjà décrites,
cependant par ce que nous savons des espèces européennes et exo-
tiques chez lesquelles la présence du rouge au thorax est très
généralement liée à l’existence de la même couleur à l’abdomen,
on peut supposer par analogie qu’il en est de même chez Syxan-
thedon spec.? À, qui dans ce cas appartiendrait à un tout autre
groupe que les Syranthedon surinamensis Môüschl., S. Benoisti
Le Cerf, S. Le Moulti Le Cerf des mêmes régions et devrait alors
prendre place parmi les représentants américains du groupe de
Synanthedon culiciformis L., S. myopæformis Bkh, S. typhie-
formis Lasp. etc.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 317
Synanthedon spec. B. (PI CDELXXXI, fig. 3072).
Q. — Vertex noir bleu; front bronzé, lituré de blanc d’argent
devant les yeux; palpes noir bronzé, un peu tachés de blanc en
avant, au sommet du second article; trompe brun grisàtre; plaque
jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques blancs; antennes noir
bleu; yeux noirs; ocelles grenats.
Collier, thorax et abdomen noir bronzé à reflet bleu; brosse
anale concolore. Ventre noir bronzé.
Hanches antérieures, fémurs, tibias et tarses noir bronzé (pattes
médianes détruites); pattes postérieures noir bronzé, avec une très
étroite ligne transversale externe blanche sur le milieu du tibia,
quelques poils au-dessus à l’extrémité, et une courte tache éga-
lement blanche à la base du premier article des tarses du côté
interne.
Ailes supérieures transparentes à base, côte, bord interne, ner-
vures principales, trait discocellulaire et espace terminal noir
bronzé un peu pourpré. Le trait discocellulaire est épais un peu
oblique et légèrement anguleux au bord interne; l’espace terminal,
parallèle au trait discocellulaire et rectiligne, laisse à découvert la
fourche des nervures 7 et 8. L’aire vitrée infracellulaire dépasse
le trait discocellulaire et l’ultracellulaire, un peu plus haute que
large, est composée de cinq aréoles égales auxquelles s’ajoute
celle, très petite, incluse à la base de 7 et 8. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, une très fine
ligne marginale et un petit point triangulaire sur la discoceHulaire
supérieure noir bronzé pourpré. Dessous semblable. Franges des
deux paires bronzées.
Envergure : 27 millimètres.
1 ©, Principauté Thibétaine de Mou-Pin, ex P. Armand David
(1871); Coll. Muséum de Paris.
L'individu sur lequel est faite cette description est éga-
lement trop vétuste pour que les caractères donnés ci-dessus
q
puissent être considérés comme tout à fait sûrs, car 1l est probable
21
318 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
que l’usure produite par le vol d’abord, et ensuite les vicissitudes
traversées depuis sa capture et sa préparation ont altéré et peut-
être fait disparaître certaines couleurs fugaces ; je m’abstiens
donc de le nommer, cependant 1l me paraît utile de le faire con-
naître, parce qu’il représente certainement une espèce inédite, ses
caractères encore visibles ne concordant pas avec ceux des nom-
breux Syranthedon asiatiques publiés jusqu'ici.
GENRE ICHNEUMENOPTERA Hpsn.
? Ichneumenoptera albiventris n. sp. (PI CDLXXVIITI,
fig. 3048).
d. — Vertex bleu; front lituré de blanc devant les yeux;
palpes brun noirêtre; plaque jugulaire blanche, tachée de noir
bleu au centre. Poils péricéphaliques blancs. Antennes noir bleu
en dessus, brunâtres en dessous. Veux brun noir; ocelles jaune
foncé.
Collier noir bronzé, bordé antérieurement de jaune pâle. Thorax
noir bleu avec les second et quatrième segments bordés posté-
rieurement d’une fine ligne d’écailles blanches, interrompue sur
le milieu du dos. Brosse anale concolore avec quelques rares
écailles blanches de chaque côté, à la base. Ventre noir bleu avec
les troisième, quatrième et cinquième sternites en entier, et le
bord postérieur des sixième et septième blanc pur.
Hanches antérieures blanches à sommet noir (Pattes antérieures
détruites). Articulations coxofémorales médianes et postérieures
blanches à sommet noir; fémurs médians et postérieurs blancs;
tibias médians et postérieurs bleu d’acier avec quelques poils
blancs vers le milieu et le sommet blanc; tarses noir bleu, inter-
rompus de blanc au sommet du premier article et à dessous blanc
jaunâtre.
Ailes supérieures noir bronzé avec trois taches vitrées : une
infracellulaire longue atteignant le trait discocellulaire, une intra-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 319
cellulaire étroite et une très petite ultracellulaire trifide. Dessous
semblable avec la côte et le bord interne blanchâtres.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, le trait disco-
cellulaire et la bordure marginale — graduellement épaissie de
l’angle anal à l’apex — noirs. Dessous semblable. Franges des
quatre ailes noir bronzé.
Envergure : 15 millimètres.
Type : 1 c', Lambarené, Ogooué; ex R. Ellenberger (1913);
Coll. Muséum de Paris.
GENRE EPISANNINA Auriv.
? Episannina melanochalcia n. sp. (PL CDLXXVIITI,
fig. 3940).
Q. -- Vertex noir bleu, mêlé postérieurement de poils bru-
nâtres; front bronzé. Palpes, plaque jugulaire et poils péricé-
phaliques noir bleu. Antennes noir bleu en dessus, brun roussâtre
en dessous. Yeux bruns: ocelles rose rubis.
Collier, thorax, abdomen et pattes en entier noir bleu.
Ailes supérieures opaques, bronzé verdâtre métallique, bleuis-
sant un peu sur le limbe, avec la côte plus foncée. Dessous
semblable.
Ailes inférieures opaques, vert doré métallique passant au bleu
sur la côte et au bord externe et plus doré vers le bord anal.
Dessous semblable. Franges noir bronzé aux quatre ailes.
Envergure : 25 millimètres.
Type : 1 Q, Mozambique, vallée du Pungoué, Guengère;
ex G. Vasse (1906); Coll. Muséum de Paris.
? Episannina Ellenbergeri n. sp. (PL. CDLXX VII, fig. 3941).
d.— Vertex noir bleu non hérissé; front noir lituré de plombé
brillant devant les yeux. Palpes noirs. minces, dressés, non
320 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
hérissés, à troisième article très aigu. Trompe bien développée,
brunâtre. Plaque jugulaire noir verdâtre. Poils péricéphaliques
noirs. Antennes assez courtes, à sommet épais, n1 pectinées, ni
dentées, noir bleu à moitié terminale blanc pur en dessus. Veux
noir brun; ocelles incolores, brillants.
Thorax et abdomen en entier noir verdâtre; brosse anale
longue, concolore, formée de deux pinceaux latéraux dépassés
par un étroit pinceau médian à sommet incurvé. Pattes des trois
paires noir bleu; tibias médians et postérieurs hérissés de poils
concolores.
Ailes supérieures opaques à reflet métallique vert foncé,
bleuissant un peu au bord externe, plus obscur et mat sur les
discocellulaires. Ailes inférieures également opaques mais plus
brillantes et d’un bleu paon variant en violacé vers la côte; base
couverte d’écailles piliformes noires. Dessous des quatre ailes
bleu paon brillant; franges noir bleu.
Envergure : 22 millimètres.
Type : 1 c', Lambarené (Ogooué). Congo français; ex R.
Ellenberger (1913), Coll. du Muséum de Paris.
GENRE PSEUDALCATHOË n. gen.
Palpes dressés, grêles, un peu hérissés, à troisième article
oblique; palpes labiaux de deux articles très petits et soudés.
Trompe présente. Antennes peu épaisses, finement denticulées et
cihées. Ocelles écartés du sommet des yeux.
Pattes longues et grêles, non hérissées ; abdomen long et mince,
terminé chez le mâle par un très long prolongement caudiforme
couvert d’écailles piliformes comme chez A/cathoë Harr. et
Cryptomima Hmps.
Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 courte, obsolète,
non divisée à la base; 2 et 3 de l’angle inférieur de la cellule,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 327
7 et 8 très longuement tigées, 10 de l’angle supérieur de la cellule,
11 très épaisse et se confondant avec 10 dans son tiers terminal.
Ailes inférieures : 1* présente, 2 naissant près de l'angle
inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle même et très brièvement
tigées ; discocellulaire supérieure courte, discocellulaire inférieure
très oblique; 5 de l’angle; 7 absente.
Génotype : Pseudalcathoë Chatanayi n. sp.
Pseudalcathoë Chatanayi n. sp. (PL CCCLXXXI, fig. 3196).
dŒ. — Vertex et front noir verdâtre. Palpes concolores à troi-
sième article blanc en dessous. Trompe roussâtre; plaque jugulaire
et poils péricéphaliques noirs. Antennes jaune orangé à base noire
(leur moitié terminale est détruite) en dessus, brun ocracé en
dessous. Veux brun noir, ocelles jaune topaze.
Collier et thorax noir verdâtre un peu bronzé; pinceaux de
poils latéraux du métathorax noir terne. Abdomen noir verdâtre
sur les deux faces; extrémités latérales du dernier sternite à
reflet bleu; appendice caudiforme noir verdatre, de longueur
égale au trois quarts de l’abdomen environ.
Pattes des trois paires en entier noir verdatre.
Aïles supérieures noir verdàtre à l’exception de l'espace ter-
minal qui est moins foncé et noir pourpré; dessous semblable
un peu plus luisant et pourpré sur le disque.
Ailes inférieures noir pourpré avec l’aire anale, la base, et la
côte noir verdâtre; dessous comme aux supérieures. Franges des
quatre ailes noir pourpré.
Envergure : 33,5 millimètres.
Type : 1 og, Volcan de Chiriqui V-VI-1808; ex Marc de
Mathan; Coli. Ch. Oberthür.
Le nom du genre que j'ai créé pour cette étrange espèce rappelle
l’affinité apparente que lui donne avec le genre nord-américain
Alcathoë Hy.-Edw. le long appendice caudal squammeux qui
termine et prolonge son abdomen.
222 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Outre les précédents, il n’y a chez les Æ geriidæe qu'un autre
genre — monospécifique — pourvu de ce singulier caractère :
Cryptomima Btlr., connu seulement par un individu unique, de
l'Afrique centrale (Uganda).
Pseudalcathoë Chatanayi n. sp. est dédié à la mémoire de mon
ami Jean Chatanay, ancien élève et ancien préparateur à l'Ecole
normale supérieure, directeur de la Station entomologique de
Châlons-sur-Marne, sous-lieutenant d'infanterie, tué glorieu-
sement en entrainant sa section à l’attaque de Vermelles (Pas-
de-Calais).
GENRE PARASESIA n. gen.
Tête de grosseur médiocre, à front saillant. Palpes à premier
article assez long et très épais, presque globuleux, second courbe,
dressé, troisième oblique et plus long que la moitié du second.
Antennes assez courtes, épaisses; trompe bien développée; ocelles
petits et insérés sur un tubercule saillant obliquement.
Corps long et épais; brosse anale de la femelle semblable à
celles des femelles du genre 7'inthia Wkr. c’est-à-dire coupée
chliquement dans le sens dorso-ventral, et à pinceaux latéraux
longs. Ailes supérieures et inférieures transparentes.
Nervulation. — Aux supérieures, la nervure 2 est écartée de 3
et naît assez loin avant l’angle inférieur de la cellule; 7 et 8
tigées sur un quart à peine de leur longueur; 10 absente. Les ailes
inférieures ont un lobe anal petit mais distinct; nervure 14, obso-
lète; 2 et 3 naissant du même point à l’angle inférieur de la
cellule; 7 absente.
Génotype : Parasesia cristailina n. sp.
Parasesia cristallina n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3161).
Q.— Vertex brun noirâtre; front bronzé lituré de blanc devant
les yeux. Palpes noirs, hérissés inférieurement de longues écailles
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 323
spatulées concolores sur le premier article et la base du second;
trompe brune à extrémité Jaune. Plaque jugulaire noir brun;
poils péricéphaliques noirs. Antennes noires. Yeux brun noir;
ocelles jaune d’ambre.
Collier et thorax noirs. Abdomen noir en dessus avec la brosse
anale concolore et le quatrième tergite bordé d’une ligne d’écailles
blanc jaunâtre. Ventre noir brunâtre avec les quatrième, cin-
quième et sixième segments bordés de blanc jaunatre.
Hanches antérieures brun noir mêlées d’écailles jaunes au bord
externe et au sommet; fémurs brun noir longés inférieurement de
jaune foncé; tibias de même couleur et également parsemés en
dessous de jaune; tarses de cette couleur. Pattes médianes et
postérieures détruites.
Ailes supérieures transparentes à l’exception de la côte, du
bord interne, des nervures et d’une ligne marginale brun terne;
quelques écailles fauve rougeatre éclairent l’espace entre 8 et 0,
le bord interne et le côté externe du trait discocellulaire; base
noire.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine
ligne marginale brun terne, le bord interne teinté de rougeûtre
depuis le milieu du lobe basal jusqu’au delà de 1°. Dessous des
quatre ailes semblable au-dessus mais éclairé de fauve rougeatre
sur la côte et les discocellulaires. Franges minces et peu serrées,
gris bronzé.
Envergure : 24 millimètres.
Type : 1 ©, Brésil, Prov. de Rio-Janeiro, lagune de Sacua-
resma ; ex P. Germain (août-septembre 1884); Coll. Ch. Oberthür.
L’absence des pattes médianes et postérieures laisse un vide
peut-être important dans la série des caractères génériques de
cette espèce, mais elle présente tant de particularités faciles à
reconnaitre que Je n’ai pas craint d'établir pour elle une coupe
générique spéciale.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
9
W
&R
GENRE ALBUNA Hy.-Edvw.
Albuna Dybowskii n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3938).
Q.— Vertex non hérissé noir bleu; front blanc. Palpes blancs
mêlés inférieurement de poils noirs du côté externe des second
et troisième articles; trompe brun noirâtre. Plaque jugulaire et
poils péricéphaliques blancs. Antennes noires à la base (le reste
est détruit). Veux noirs; ocelles grenat clair.
Collier noir bleu au centre, blanc jaunâtre de chaque côté et
au bord postérieur. Thorax noir bronzé avec une tache jaune de
chaque côté de la ligne médiane du mesoscutellum; ptérygodes
concolores, marquées d’une tache blanche sur la base des ailes
antérieures et de quelques écailles de même couleur à la pointe.
TJouffes latérales du métathorax noir bleu à sommet jaune.
Dessous noir bronzé avec une tache latéropectorale formée
d’écailles jaunes et blanches sous la base des ailes supérieures.
Abdomen noir bleu avec les second, quatrième, cinquième et
sixième tergites très largement bordés de jaune; cette couleur
couvre presque entièrement le second tergite et s’élargit latéra-
lement sur le quatrième dont la partie proximale médiane seule
reste noire. Brosse anale noir bleu. Ventre noir bleu avec tous les
sternites, à l’exception du dernier, bordés de jaune clair.
Hanches antérieures blanches avec le sommet noir bronzé et
une ligne médiane d’écailles bronzées peu apparentes ; fémurs
à moitié longitudinale supérieure noire, inférieure blanche; tibias
noirs en dessus, à sommet et dessous blanc; tarses noirs avec
l'extrémité et le dessous des deux premiers articles blanc. Articu-
lations coxofémorales des pattes médianes et postérieures noir
bleu bordées de blanc; fémurs médians et postérieurs noirs sur
la face interne, la crête supérieure et la moitié longitudinale
externe, blancs dans le reste. Tibias médians et postérieurs noir
bleu annelés de blanc au milieu et au sommet; éperons blancs;
à
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 325
tarses des deux paires noir bleu annelés de blanc à l’extrémité
des articles et à face interne blanche.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne,
les nervures, le trait discocellulaire et l’espace terminal gris noi-
râtre luisant. Le trait discocellulaire étroit, ur peu coudé, porte
au milieu du bord externe quelques écailles jaune pâle, et la tache
vitrée ultracellulaire, ovale, est formée de quatre divisions
subégales. Dessous semblable à côte blanc jaunûtre.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale
gris noirâtre; elles présentent un petit lobe basal transparent.
Dessous semblable: Franges des deux paires concolores.
Envergure : 27 millimètres.
Type : 1 ©, Congo français, ex J. Dybowski (1806), Coll. du
Museum de Paris.
Albura Dybowski est dédiée à l’éminent explorateur qui l’a
découverte et dont les riches récoltes ont beaucoup enrichi les
collections nationales,
Il n’est pas certain que cette espèce soit bien à sa place dans
le genre A/buna Hy-Edw. établi pour deux espèces nord-améri-
caines d’un faciès assez différent, pourtant Je ne trouve de
caractères distinctifs ni dans la nervulation, ni dans les palpes,
ni dans la trompe et les antennes, seules les pattes ont les tibias
dépourvus de pubescence, lisses, avec deux rangées transversales
d’écailles piliformes : une médiane et une terminale comme chez
les Synanthedon Hbn.
Albuna aîricana n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3973).
Q.— Vertex noir, front blanc brillant avec la partie supérieure
écaillée de bronze clair. Palpes non hérissés, jaunes, avec une tache
noire externe au sommet du second article. Frompe bien déve-
loppée brunâtre; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes.
Antennes noires (au moins jusqu’à la moitié, le reste est détruit).
Yeux noirâtres; ocelles jaune foncé.
326 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Collier noir bronzé, terminé de chaque côté par une petite
plaque d’écailles jaunes. Thorax noir bronzé portant en dessous
une large tache latéropectorale jaune; ptérygodes concolores avec
quelques écailles Jaunes sur la base de la côte de l'aile supérieure.
Métathorax écaillé de jaune, à touffes latérales mêlées de noir et
de Jaune; surface postcoxale jaune dans sa moitié proximale,
noir bronzé dans le reste.
Abdomen noir bronzé, avec le même reflet bleu d’acier que le
collier et le thorax, et portant d’étroites bordures Jaunes aux
premier, second et quatrième tergites; brosse anale concolore,
courte et comprimée latéralement. Ventre noir bronzé avec les
deux premiers sternites et le quatrième en entier jaunes; des
écailles de cette couleur couvrent les pleuræ des deux premiers
segments et forment sur celles des autres segments des points
isolés.
Hanches antérieures Jaunes: fémurs noirs, finement tachés de
jaune extérieurement, au sommet de la crête inférieure; tibias
jaunes en dessus, noir bronzé en dessous; tarses jaunes longés de
brunâtre en dessus. Fémurs médians jaunes, largement annelés
de noir bronzé pourpré dans leur moitié distale; éperons conco-
lores; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous et au sommet des
articles en dessus. Pattes postérieures semblables.
Ailes supérieures transparentes, à côte, nervures et trait disco-
cellulaire — assez étroit — noir pourpré; l’espace terminal est
de largeur moyenne, bronzé pourpré, et s’avance en pointe dans
la fourche des nervures 7 et 8; tache vitrée ultracellulaire de
forme subquadrangulaire. Dessous semblable, un peu plus clair,
à base de la côte et bord supérieur de la cellule jaunes.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, une fine ligne
marginale et un point sur la discocellulaire supérieure noir
bronzé pourpré; discocellulaire inférieure nue. Dessous semblable,
avec la base de la côte jaune. Franges des quatre ailes bronzées.
Envergure : 26 millimètres.
Type : 1 ©, Togoland, ex L. Conradt (1892-1893), Coll. Ch.
Oberthür.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 327
Comme la précédente, et pour les mêmes raisons, J'ai placé
cette espèce dans le genre A/buna Hy-Edw.; en fait, elle a presque
tous les caractères des Syranthedon Hbn. dont elle diffère seu-
lement par la brosse anale très courte et comprimée, et la nervu-
lation des ailes inférieures dont les nervures 3 et 4 ne sont pas
tigées et partent du même point à l’angle inférieur de la cellule.
GENRE OSMINIA n. g.
d. — Tête un peu moins large que le thorax; front à peine
bombé; palpes dressés, atteignant le niveau du vertex, pubescents,
non hérissés, à troisième article très petit et oblique; trompe bien
développée; antennes longues, épaisses, à peine renflées, simples
dans le mâle.
Corps robuste, allongé, terminé par une brosse anale volumi-
neuse, composée de longues écailles spatulées, disposées en deux
faisceaux séparés par une raie médiane.
Pattes de développement médiocre, à tibias pubescents, non
hérissés; les postérieures plus courtes que l’abdomen.
Ailes supérieures étroites, à bord externe à peine arrondi et à
cellule atteignant les deux tiers de ia longueur de l’aile. Nervu-
lation : nervure 1 obsolète, 2 naissant avant l’angle inférieur, 3 de
cet angle, rapprochée et parallèle à 2, 4 très voisine de 5 à la base,
7 et 8 tigées sur plus de la moitié de leur longueur, o de l’angle
supérieur de la cellule, 10 et 11 écartées à la base et confondues
au quart de leur longueur ; discocellulaires verticales.
Ailes inférieures larges et arrondies, à cellule dépassant le
milieu de l’aile. Nervulation : nervure 1 à fine et courte, abou-
tissant un peu au delà du milieu du bord abdominal, 2 naissant
aux trois quarts de la radiale, 3 et 4 de l’angle inférieur de la
cellule, tigées sur un cinquième de leur longueur, 5 de l’angle des
discocellulaires qui sont égales et presque de même inclinaison,
7 absente.
Génotype : Osmima ferruginea n. sp.
(®3)
[]
ee)
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Osminia ferruginea n .sp. (PI CDLXXIX, fig. 3956).
d. — Vertex un peu hérissé, noir mêlé de brun ferrugineux et
de blanchâtre; front noir bronzé pourpré; palpes noirs mélangés
en avant de poils blanchätres; trompe rousse; plaque jugulaire
noir pourpré; poils péricéphaliques noirs et blanchâtres. Antennes
noires en dessus, brun foncé en dessous. Yeux noirs, ocelles
incolores.
Collier brun ferrugineux. Thorax noir mêlé d’écailles brun
ferrugineux et recouvert de fins poils roux; surface postcoxale
noire avec des poils blancs. Abdomen noir pourpré en dessus,
semé de brun ferrugineux, avec le bord des tergites très brillant.
Ventre concolore taché de blanc jaunâtre au milieu du quatrième
sternite et à la base du cinquième. Brosse anale plus longue que
la moitié de l’abdomen, composée de deux faisceaux étalés
d’écailles spatulées de longueur inégale, lui donnant un contour
presque rectangulaire et réparties symétriquement de part et
d'autre de la dépression médiane qui les sépare; elle est brun
ferrugineux en dessus, et en majeure partie noire en dessous.
Hanches antérieures noires, éparsément semées de poils ferru-
gineux; fémurs noirs à crête supérieure et sommet de la face
externe roussâtres; tibias noirs en dessus, roux en dessous; tarses
jaune roussâtres à premier article taché de noir au sommet en
dessus. Fémurs médians et postérieurs noirs, frangés inférieu-
rement de poils concolores et un peu semés de brun ferrugineux
en dehors; tibias médians noirs; tibias postérieurs noirs avec une
petite touffe de poils blanchâtres sur le milieu de la crête supé-
rieure et de rares écailles rousses peu visibles; tarses médians et
postérieurs Jaune roussâtre à l’exception du premier article et du
sommet des second et troisième qui sont noirs en dessus.
Ailes supérieures transparentes, avec la côte, les nervures, le
bord interne et le trait discocellulaire noir d’acier; espace ter-
minal de largeur moyenne et égale, noir pourpré. Les trois taches
vitrées sont bien développées et nettes, l’infracellulaire atteint le
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 329
trait discocellulaire qui émet dans la cellule une fine ligne récur-
rente, l’ultracellulaire, en rectangle oblique est formée de quatre
aréoles subégales; quelques écailles brun ferrugineux marquent
la base de la côte et parsèment l’espace terminal vers l’apex.
Dessous semblable, sans écailles ferrugineuses.
Ailes inférieures transparentes à léger reflet bleu, avec les ner-
vures et une étroite ligne marginale noir pourpré. Dessous pareil.
Franges des deux paires noir bronzé.
Envergure : 25 millimètres.
Type : 1 O', Mexique, Région de Cordoba, ex L. Conradt
(1901-3); Coll. Ch. Oberthür.
Espèce d’aspect robuste rappelant un peu certains Paranthrene,
mais d’un dessin plutôt comparable à celui des Syranthedon, et
surtout des Chameæsphecia ou des Pyropteron; elle est remar-
quable par la forme et le volume de sa brosse anale et ne paraît
être proche d’aucune des Aegeries d'Amérique septentrionale et
centrale actuellement connues.
GENRE VESPANTHEDON n cg.
d.— Tête de grosseur moyenne; vertex non hérissé; front peu
bombé; palpes dressés, n’atteignant pas le vertex, à premier et
second articles hérissés. Trompe courte et faible. Antennes lon-
vues, à massue allongée, dentées et finement cihées.
Thorax long et ovale. Abdomen deux fois et demie plus long
que le thorax, fortement rétréci à la base; brosse anale courte,
plate et assez large. Pattes longues et grêles; tibias antérieurs
frangés extérieurement de poils; tibias médians et postérieurs
dépourvus de pubescence.
Aïles longues et étroites. Nervulation : ailes supérieures à cellule
atteignant presque les deux tiers de l’aile et coupée obliquement
à l’extrémité. Nervure 1 obsolète; 2 naissant très près de l’angle
inférieur de la cellule, 3 de cet angle, 4 plus près de 5 que de 3,
330 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
7 et 8 tigées sur plus des deux tiers de leur longueur, o de l’angle
supérieur de la cellule, 10 naissant près de 0, 11 éloignée de 10
à la base et parallèle dans le reste de son parcours:
Ailes inférieures à cellule étroite, dépassant un peu la moitié
de la longueur de l’aile; bord interne parallèle à 1 «. Nervure 2
naissant aux deux tiers du bord inférieur de la cellule, 3 et 4 tigées
sur un tiers de leur longueur et partant de l’angle inférieur de
la cellule, 5 de l’angle des discocellulaires, celles-ci fortement
obliques et la supérieure très courte, 6 absente.
Génotype : Vespanthedon cerceris n. sp.
Vespanthedon cerceris n. sp. PI CDELXXIX, fig. 3055).
d. —- Vertex noir mêlé de poils jaunes. Front noir bronzé
LL
largement bordé de blanc de chaque côté. Palpes à premier article
hérissé de longs poils noirs ; second article couvert de poils jaunes
à la base, plus clairs vers 1e sommet, décroissant rapidement de
longueur; troisième article jaune clair. Trompe blanchâtre. Plaque
Jugulaire et poils péricéphaliques jaunes. Antennes jaune roussâtre
en dessus dans leur moitié proximale et extérieurement, noir bleu
jusqu’au sommet avec la pointe rousse; dessous brunâtre. Yeux
brun foncé; ocelles grenat.
Collier noir bleu dans sa partie médiane, jaune à chaque extré-
mité; thorax noir bleu; ptérygodes concolores avec une large
tache jaune antérieure à la base, près de l’extrémité du collier
et une autre, médiane et externe, en avant de la base de l’aile
supérieure. Métathorax couvert par les touffes latérales qui sont
épanouies, Jaunes à base noire. En dessous, le mésothorax porte
une tache latéropectorale médiane jaune et la surface postcoxale
est couverte de poils noirs et Jaunes.
Abdomen comprimé latéralement au niveau du second segment
et progressivement élargi au delà jusqu’au quatrième, noir bleu
avec le premier tergite taché de jaune latéralement, à la base et
au milieu du bord externe; second tergite également pourvu d’une
courte bordure médiane jaune et de larges taches triangulaires
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 331
latérales de même couleur; les troisième et quatrième tergites ont
de larges taches jaunes triangulaires latérales comme le second
mais sont dépourvus de bordure jaune; cinquième, sixième et
septième tergites étroitement bordés de jaune sur toute leur
largeur. Brosse’ anale noir bleu, courte et arrondie. Ventre à moitié
proximale du premier sternite noirâtre bordée de blanc, moitié
distale et troisième blancs bordés postérieurement de noir bleu,
quatrième jaune bordé de noir, les quatre dermiers noirs avec des
taches latérales Jaunes.
Hanches antérieures noir bleu à base et bord interne —- dans
sa moitié proximale -— jaunes; fémurs brun foncé, tibias jaunes
en dessus, brun noirâtre en dessous; tarses jaunes. Articulations
coxofémorales médianes noires, postérieures Jaunes bordées de
noir. Fémurs médians brun noirâtre à sommet jaune en dehors;
tibias jaunes dans leur moitié proximale avec quelques écailles
noires en dehors, brun noirâtre à reflet bleu du nulieu au sommet.
Fémurs postérieurs brun noirâtre écaillés de jaune le long de la
crête inférieure, tibias brun foncé avec la base noire et une tache
jaune en dessus, au milieu de la crête supérieure ; aux deux paires :
éperons roussâtres, tarses brun noirâtre en dessus, jaune roussâtre
en dessous.
Ailes supérieures transparentes avec la base, la côte, les ner-
vures, la moitié supérieure de la cellule et l’espace entre la
nervure 6 et l’apex brun noirâtre; ligne marginale étroite
concolore; deux courtes lignes d’écailles brun noirâtre forment
des traits aigus entre les nervures 4-5 et 5-6. Le trait discocellu-
laire, étroit, peu distinct, est écaillé de jaune pâle et des écailles
rousses courent en ligne au bord supérieur de la cellule et à la
base de l'intervalle des nervures 7 et 0. Dessous semblable avec
toutes les parties brunes écaillées de jaune.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très
fine ligne marginale brun noirâtre. Nervures discocellulaires
écaillées de jaune. Dessous semblable à côte et nervures prin-
cipales jaunes. Franges des quatre ailes brun noirûtre.
Envergure : 30 millimètres.
Le)
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
D)
C2
Type : 1 ©, Mozambique, forêt d’Inhanconde (Prov. de Goron-
goza) [alt. 350 mèt.|, ex G. Vasse (1907), Coll. du Museum de
Paris.
Espèce bien caractérisée et probablement mimétique de certains
Hyménoptères ravisseurs ; sa livrée et sa stature rappellent assez
bien dans l’ensemble les Guêpes carnassières auxquelles appar-
tient le genre Cerceris dont je lui ai donné le nom.
GENRE ÆGERINA n. gen.
Tête petite, transversale; vertex non hérissé. Front légèrement
bombé, peu saillant. Palpes dressés, dépassant un peu le sommet
de la tête, couverts chez le G' d’une pilosité très longue et très
épaisse sur les deux premiers articles, troisième grêle et aigu.
Trompe bien développée. Antennes assez courtes, fusiformes,
épaissies vers l’extrémité, simples dans les deux sexes.
Corselet robuste, globuleux. Abdomen grêle et aminci chez le
terminé par une brosse anale longue, épaisse, lancéolée pouvant
s'épanouir en une touffe globuleuse; cylindrique chez la Q avec
une brosse anale plus courte et alignée. Pattes assez grêles,
dépourvues de pilosité à l’exception d’étroites rangées trans-
versales au niveau des éperons, les postérieures plus courtes que
l’abdomen.
Ailes supérieures longues et étroites, terminées en ovale allongé.
Nervulation : 1 & courte et obsolète, non divisée à la base, 2 nais-
sant un peu avant l’angle inférieur de la cellule d’où part 3,
4 à égale distance de 3 et de 5, 7 et 8 tigées sur plus des deux
tiers de leur longueur, Q absente, 10 et 11 très rapprochées et
parallèles.
Ailes inférieures ovalaires, dépourvues de lobe basal. Nervu-
lation : 1 a très fine, aboutissant avant le milieu du bord abdo-
minal, 2 naissant un peu en avant de l’angle inférieur de la
cellule, 3 et 4 brièvement tigées (sur le sixième de leur longueur
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 333
environ), discocellulaire supérieure fortement oblique, plus
courte que l’inférieure qui est inclinée en sens inverse (vers la
base), 5 de leur angle, 6 absente.
Génotype : Æ gerina ovinia Druce.
Ægerina ovinia Druce (PI CCCLXX VITE, fig. 3163).
Ægeria ovinia H. Druce, Biologia Centrali-Americana, Lepidoptera Hete-
rocera, LT. II, p. 324, PL. LXVIIT, fig. 9 (r900) [few]:
Depuis que H. Druce a décrit et figuré cette espèce sur l’unique
femelle de la collection Salvin et Godman — aujourd’hui au
British Museum —- il n’a plus été question d’elle nulle part et le
mâle est demeuré inconnu. Je le décris ici sur deux exemplaires
assez anciens mais bien conservés, l’un provient probablement des
chasses de A. Sallé au Mexique et fait partie de la collection
Charles Oberthür, c’est lui qui a servi de modèle à la figure
n° 3163 de la PI CCCLXX VIII des ÆEzudes de Lépidoptérologie
comparée; l’autre fait partie des collections du Museum de Paris
qui l’a reçu en 1855 du Guatemala.
Ces deux mâles sont un peu dissemblables, celui du Museum
est un peu plus grand et un peu plus frais dans l’ensemble que
celui de la collection Oberthür, il a gardé ses antennes et sa brosse
anale est largement épanouie.
d. —- Vertex noir brillant, mêlé sur la nuque de poils blancs.
Front bronzé, très étroitement lituré de blanc d’argent devant
les yeux. Palpes hérissés de longues écailles piliformes noires
formant une longue touffe dirigée obliquement inférieurement,
plus courtes et alignées en avant où ils sont fortement mêlés de
blanchâtre. Trompe brune, plaque jugulaire et poils péricépha-
liques noirs. Antennes noires avec la base et le sommet brunâtres
en dessous. Yeux brun noirâtre; ocelles jaunes.
Collier et thorax entièrement noir bronzé. Abdomen noir bronzé,
avec une ligne d’écailles jaune pâle extrêmement fine au bord
22
334 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des second et quatrième tergites et une autre, plus large au
sixième; le second tergite porte en outre de chaque côté de la
ligne médiane deux petites taches arquées transversales, peu
apparentes et formées d’écailles jaune pale; brosse anale noire,
bordée tout autour de blanc jaunâtre, cette bordure est en réalité
constituée par le sommet de poils blancs et jaunes recouverts par
les poils noirs superficiels qu’ils dépassent un peu. Ventre noir
avec les quatrième, cinquième et sixième sternites blancs.
Hanches et pattes antérieures noires, avec le dessous du tibia
et du tarse jaune roussaâtre. Pattes médianes et postérieures noires,
pourvues aux tibias de quelques poils blancs en dessus et en
dessous, au niveau des éperons; ceux-c1 sont noirs en avant et
blancs en arrière; tarses concolores, blanchâtres en dessous et au
sommet des articles en dessus.
Ailes supérieures opaques, noir fuligineux pourpré, plus foncé
dans la cellule, avec trois taches vitrées peu étendues, mal définies:
une infra et une intracellulaires assez courtes, et une ultracellulaire
consistant en une éclaircie étendue obliquement sur la partie infé-
rieure de l’espace terminal, de la nervure 2 jusqu’entre les ner-
vures 4 et 5. Dessous semblable mais plus vivement pourpré.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une très
fine ligne marginale noir pourpré. Dessous semblable. Franges
des deux paires bronzé pourpré.
Envergure : 25-30 millimètres.
Types : 1 O, Mexique, Coll. Ch. Oberthür; 1 ©, Guatemala,
ex À. Augrand (1855), Coll. du Museum de Paris.
Chez le G du Mexique, les aires vitrées infra et extracellulaires
sont notablement plus grandes que chez l’exemplaire du Guate-
mala, la première surtout rejoint l’espace vitré ultracellulaire,
mais, comme je l’ai signalé plus haut, cet individu est assez frotté
et il ne faut voir sans doute dans cette différence qu’un résultat
de l’usure produite par le vol ou la capture.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 335
GENRE METASPHECIA n. gen.
Q. — Tête à front très large et presque plat; vertex non
hérissé. Palpes de longueur moyenne, épais, non hérissés, à second
article faiblement courbé et à troisième légèrement défléchi. Veux
ovalaires, près de deux fois plus hauts que larges, ocelles très
petits. Trompe bien développée. Antennes à peine plus longues
que le corselet, épaisses, légèicment fusiformes. Corps robuste,
abdomen cylindrique à dernier segment long et conique, brosse
anale non différenciée à l’exception d’un étroit pinceau médian,
prolongé en pointe. Pattes robustes, de longueur moyenne, à
tibias non hérissés ; tibias postérieurs un peu tordus en S; premier
article des tarses postérieurs épais et incurvé.
Nervulation. —- Ailes supérieures : nervure 1 bien développée
dans toute sa longueur et non divisée à la base; 2 et 3 très
rapprochées, naissant du même point à l’angle inférieur de la
cellule, 4 plus près de 3 que de 5, celle-ci naissant au-dessous
de l’angle des discocellulaires, 6 au-dessus de cet angle; 7 et 8
tigées sur les cinq sixièmes de longueur, 10 et 11 écartées à la
base, réunies et confondues dans leur quart terminal. Discocel-
lulaires égales formant un angle rentrant prononcé.
Ailes inférieures : 1* bien développée, aboutissant au milieu
du bord abdominal, 2 naissant un peu avant l’angle inférieur
de la cellule, 3 et 4 tigées sur un tiers de leur longueur, 6 absente,
8 atteignant la côte avant l’angle apical.
Génotype : Metasphecia Vuilleti n. sp.
Metasphecia Vuilleti n. sp. (PI CDLXXIX, fig. 3040).
Q.— Vertex gris brunâtre, front blanc d’argent; palpes brun
bronzé de la base au milieu du second article et blanc jusqu’au
sommet. Trompe brune; plaque jugulaire noir bronzé; poils
336 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
péricéphaliques blancs. Antennes noires; yeux brun noirâtre;
ocelles jaune pâle.
Collier, thorax et ptérygodes noir bronzé avec trois taches
blanches dont une sur le mésoscutellum et les deux autres sur
le milieu des ptérygodes. Dessous sans taches latéropectorales.
Abdomen avec les trois premiers tergites noir bronzé à reflet
bleuâtre et marqué de deux taches jaune pâle sur le second tergite,
de chaque côté de la ligne médiane; quatre derniers tergites et
brosse anale jaune paille. Ventre jaune paille à l’exception de
la base qui est noir bronzé jusqu'aux parties latérales du troisième
segment.
Hanches antérieures et pattes des trois paires noir bronzé;
tarses concolores, à derniers articles blanchâtres.
Aïles supérieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur
partie médiane avec la côte, les nervures, le trait discocellulaire
— très étroit et en angle rentrant — noir brunâtre; des écailles
de même couleur couvrent à l’apex l'intervalle des nervures
7 à o et descendent le long du bord externe où elles forment une
étroite bande marginale mal définie. Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, teintées comme les supérieures
de brunâtre dans leur milieu, avec les nervures et la ligne
marginale noir brunâtre; trait discocellulaire à peine indiqué
Dessous semblable. Franges des quatre ailes brun broncé.
Envergure : 28 millimètres.
Type : 1 ©, Koulhikoro, Haut-Sénégal et Niger, 5-VI-1912;
ex D’ Vuillet : Coll. F. Le Cerf.
Je nomme cette espèce en mémoire de mon ami André Vuillet,
Préparateur à l’Institut national agronomique et à la Station
entomologique de Paris, sous-hieutenant d'infanterie, glorieu-
sement tombé à la victoire de la Marne.
C’est de lui que je tiens cette Ægerie et en me l’offrant il
m'avait prié, au cas où elle serait inédite, de lui donner le nom
de son frère le docteur J. Vuillet, à qui en est due la découverte,
mais Je crois répondre aux sentiments du docteur Vuillet en
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 337
dédiant à la mémoire de celui que nous regretterons toujours
l’espèce nouvelle qui perpétuera son souvenir.
Par son faciès et ses taches blanc soyeux sur fond noir, Metas-
phecia Vuilleti paraît mimétique de certains Vespides ou
Mutilhdes.
GENRE AEGERIA Fab.
Ægeria Vassei n. sp. (PI. CDLXXVIIT, fig. 3039).
cd. — Vertex noir, nuque jaune d’or; front blanc taché au
milieu de gris bronzé à reflet irisé; palpes blancs, longés de noir
en dessus et à la pointe. Trompe gris brun, plaque jugulaire et
poils péricéphaliques blancs. Antennes noires très finement ciliées.
Yeux brun noir, ocelles jaune clair.
Collier noir bronzé, bordé en avant et prolongé de chaque côté
par des écailles blanches. Thorax noir; ptérygodes concolores,
terminées par une toutffe d’écailles jaunes; touffes latérales du
métathorax noires à sommet jaune mêlé de blanc. En dessous, le
mésothorax porte deux taches latéropectorales blanches.
Abdomen noir bronzé, avec les quatrième, cinquième et sixième
tergites bordés postérieurement d’une ligne d’écailles blanches;
dernier tergite blanc avec une ligne longitudinale médiane et
les bords latéraux noirs. De plus tous les tercites sont recouverts
d’un semis assez dense d’écailles blanches de chaque côté de la
ligne médiane. Brosse anale rudimentaire et composée seulement
d’une courte frange de poils bordant le dernier sternite. Ventre
noir.
Hanches antérieures avec quelques écailles noires au sommet;
fémurs noirs, tachés de blanc au sommet; tibias blancs, mêlés
de jaune extérieurement, avec la base et une petite tache médiane
noire. Fémurs médians et postérieurs frangés en dessous de longs
poils blancs et tachés de blanc extérieurement au sommet ; tibias
médians et postérieurs pubescents, variés de noir, de blanc et de
338 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
jaune; le blanc couvre le côté externe, le noir le bord supérieur,
la base, l’extrémité et forme autour du tibia un large anneau
médian; le Jaune s’étend, entre les parties noires, sur la crête
supérieure. Tarses des trois paires noirs, annelés de blanc.
Ailes supérieures transparentes, avec la côte, le bord interne,
les nervures, un large trait discocellulaire et une étroite bordure
marginale noirs; des écailles bianc jaunâtre parsèment le bord
interne de toutes les parties transparentes; elles sont plus abon-
dantes sur la tache vitrée infracellulaire qui est assez courte et
ne dépasse pas le milieu du bora interne. Dessous semblable un
peu jJaunâtre vers la base.
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne
marginale noires. Dessous semblable. Franges des deux paires
noir bronzé, coupées de blanc à la base du bord interne des ailes
inférieures.
Envergure : 28 millimètres.
Type : 1 c', Mozambique, Province de Gorongoza, Forêt
d’Inhanconde [350 m. al.]; ex G. Vasse (1907); Coll. Muséum
de Paris.
GENRE MACROTARSIPODES n. gen.
Vertex faiblement hérissé; front bombé, un peu saillant. Palpes
longs, velus, dressés obliquement, à troisième article incliné en
avant. Trompe bien développée. Pattes longues, grêles, lisses, les
postérieures beaucoup plus longues que l’abdomen; tibias avec
quelques poils au milieu en dessus et à l'extrémité; tarse plus
long d’un quart que le tibia, à dernier article terminé par une
petite touffe de poils.
Corps assez robuste; brosse anale rudimentaire.
Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 très courte, non
bifurquée à la base; 2 très près de l’angle inférieur de la cellule,
3 de cet angle, 5 de l’angle des discocellulaires, qui sont égales
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 339
et dont la supérieure est très oblique; 7 et 8 tigées sur la moitié
de leur longueur, o de l’angle supérieur de la cellule, 11 très
écartée de 10 à la base et se rapprochant progressivement.
Ailes inférieures : nervure 1* très fine, aboutissant au milieu du
bord abdominal, 3 et 4 tigées sur un quart de leur longueur et
partant de l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire for-
tement oblique; 7 absente.
Génotype : Macrotarsipodes tricinctus n. sp.
Macrotarsipodes tricinctus n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3182).
d. — Vertex non hérissé; noir, bordé latéralement de poils
roux fauve; nuque jaune d’or. Front gris bronzé clair, un peu
éclairé de blanchâtre inférieurement de chaque côté. Palpes jaune
soufre, avec quelques écailles noires à la base et une ligne longi-
tudinale externe noire sur les second et troisième articles. Trompe
brun noirâtre; plaque jugulaire noire avec deux petites taches
blanc jaunàtre au sommet ; poils péricéphaliques jaunes. Antennes
noir bleu en dessus, tachées au milieu de roux fauve, brunes en
dessous et longées extérieurement de roux fauve. Veux brun
noiratre ; ocelles grenat.
Collier et thorax noir bleu; ptérygodes concolores, étroitement
bordées de jaune roussâtre, passant au jaune pâle postérieu-
rement ; surface postcoxale recouverte de poils blancs.
Abdomen noir, parsemé de rares écailles rouge fauve plus
nombreuses sur le sixième tergite et bordé de blanc aux second,
quatrième et septième tergites.- Brosse anale concolore. Ventre
noir, à premier sternite blanc pur; second, troisième et quatrième
sternites bordés postérieurement de blanc jaunâtre. Valves anales
tachées de jaune roussâtre à l’extrémité.
Hanches antérieures noires, largement bordées de blanc le long
du bord externe; fémurs noirs; tibias noirs en dessus, roux fauve
en dessous; tarses blancs. (Pattes médianes détruites). Fémurs
postérieurs noir bleu, écaillés de blanc jaunâtre le long de la
340 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
crête inférieure; tibias noir bleu, avec quelques écailles blanches,
éparses sur la crête inférieure près de la base et de la première
paire d’éperons, plus nombreuses sur la face interne, et des poils
roux fauve en dessus au milieu et à l’extrémité; éperons blancs;
tarses noir bleu, à premier article blanc en dessous dans sa moitié
distale.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et
le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal noir pourpré
semé d’écailles rousses dans les espaces internervuraux 5 à 9;
quelques écailles de même couleur forment une très petite tache
a la partie supérieure externe du trait discocellulaire. Taches
vitrées bien développées : infracellulaire atteignant le trait disco-
cellulaire, ultracellulaire arrondie, étendue de la nervure 3 à la
nervure O, formée de six divisions. Dessous semblable avec la côte
jaune roussatre et des écailles de même couleur sur le trait
discocellulaire et l’espace terminal.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale
noir pourpré. Dessous semblable. Franges des deux paires noir
pourpré.
Envergure : 19,5 millimètres.
Type : 1 ©, Zoulouland ; ex D' Martin, Coll. Ch. Oberthür.
Voisin d’après la description de Macrotarsipus sexalis
Hmpsn. de la Nigeria et du Dahomey qui doit d’ailleurs rentrer
dans le genre Macrotarsipodes puisqu'il a, d’après Hampson,
les «... antennæ of G of normal length, with minute fascicles
of cihia and dilated at extremity... » et : «... hind wing with
veins 3, 4 shortly stalked... » caractères qui font défaut chez
Macrotarsipus albipunctus Hmpsn., génotype.
Macrotarsipodes tricinctus n. sp. se distingue de Macrotarsi-
podes sexualis Hmpsn. par la présence d’écailles roux ou rouge
fauve éparses çà et là, bien visibles mais trop peu nombreuses
cependant pour influer sur la coloration générale, les segments
abdominaux 2, 4 et 7 bordés de blanc, les hanches antérieures
bordées de blanc, les poils roux fauve des pattes et peut-être
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 341
aussi par la couleur du ventre dont Hampson ne parle pas dans
sa description.
Macrotarsipodes sexualis Hmpsn. var. Waterloti n. var.
(PI. CDLXXIX, fig. 3954).
©. — Diffère de la forme typique par la taille plus faible, la
réduction des parties rouge vif et leur remplacement partiel par
du jaune.
Palpes jaune un peu orangé; hanches antérieures, collier
(— patagia Hmpsn.), bord postérieur du métathorax, premier,
second, quatrième, cinquième et sixième tergites Jaunes; brosse
anale entièrement noire. Espace terminal des ailes supérieures
seulement marqué de rouge entre les nervures 7 et 9. Au cinquième
tergite le Jaune est moins étendu qu'aux autres segments.
Envergure : 20,5-21 millimètres.
Types : 2 Q ©, Porto-Novo, Dahomey, ex J. Waterlot (1912),
Coll. du Museum de Paris.
J'ai comparé ces échantillons aux types de Macrotarsipus
sexualis Hmpsn. au British Museum et n’ai pas relevé d’autres
différences que celles indiquées ici. Aux caractères donnés dans
la description originale j’ajouterai que le ventre est noir avec le
quatrième sternite bordé de jaune et que les ailes inférieures
portent sur la discocellulaire supérieure un gros point rouge
orangé. En dessous, la côte et les nervures principales des deux
ales sont rouge orangé.
Cette intéressante race locale est dédiée à M. J. Waterlot,
correspondant du Museum National d'Histoire naturelle, à qui
en est due la découverte.
Macrotarsipodes Graudidieri n. sp. (PI. CDLXXIX, fig. 3051).
q. — Vertex noir bronzé; front bronzé finement lituré de
blanc devant les yeux. Palpes grêles, longs, dressés jaune d’œuf.
Trompe bien développée brun clair. Plaque jugulaire jaune
342 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
orangé. Poils péricéphaliques et nuque jaune d’œuf. Antennes
longues, à peine renflées à l'extrémité, très brièvement ciliées,
noir pourpré en dessus, brunes en dessous longées extérieurement
de jaune d’œuf jusqu’à la pointe. Yeux noirs, ocelles grenat.
Collier noir bronzé, mêlé de brunâtre. Mésothorax noir brunâtre
pourpré, écaillé latéralement au-dessous des ailes de brun
roussâtre. Métathorax noir brunàtre; surface postcoxale rous-
satre. Abdomen noir bronzé en dessous, mêlé vers la base de
brunâtre; brosse anale courte, trilobée, à pinceau médian conco-
lore et à pinceaux latéraux jaune safran. Ventre un peu plus
clair avec les premier, quatrième, cinquième, sixième et septième
sternites écaillés de brun roussâtre; huitième Jaune safran.
Ailes supérieures longues et larges, transparentes, avec la côte
et une étroite bande terminale noir bronzé ; une fine ligne d’écailles
rousses longe le bord costal, de la base aux quatre cinquièmes de
sa longueur. Trait discocellulaire deux fois plus haut que large,
un peu oblique au bord interne, un peu anguleux dans sa partie
médiane, et en entier jaune de chrome. Dessous semblable avec
la côte Jaune.
Ailes inférieures transparentes, à lobe anal très accusé. Nervures
écaillées de jaune sauf l’extrémité des nervures 2 à 5, nervures
discocellulaires nues; ligne marginale étroite, noir bronzé. Dessous
semblable. Franges des quatre ailes noir bronzé.
Hanches antérieures jaune roussatre; fémurs, tibias, épiphyse
tibiale et tarses en entier jaune fauve à l’exception d’une petite
tache noire sur la base de la crête supérieure du tibia. Hanches
des pattes médianes et postérieures jaune fauve mêlées de rares
écailles bronzé clair. Fémurs médians et postérieurs Jaune roux.
Tibias médians jaune safran, un peu plus clairs inférieurement
et à la face interne, et marqués en dessus, à la base, d’une petite
tache noire; éperons Jaune clair; tarses concolores, deux fois plus
longs que le tibia. Tibias postérieurs plus longs que l’abdomen,
couverts en dessus et à l’extrémité du côté interne de poils couchés
jaune safran vif plus pâles à la base et sur la face interne; base
et extrémité longuement tachées de noir en dessus. Eperons assez
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 343
courts, jaunes; tarses presque deux fois plus longs que le tibia,
frangés en dessus et en dedans de poils couchés, safran vif en
dessous et du côté interne, noir en dessus et en dehors.
Envergure : 26 millimètres.
Type : 1 g', Tananarive, Madagascar: ex Sikora; Coll du
Muséum de Paris.
Cette espèce est intermédiaire entre les genres Macrotarsipus
Hmpsn. et Macrotarsipodes Le Cerf, elle a tous les caractères
de ce dernier mais possède en outre les tarses postérieurs frangés
de poils du premier.
Macrotarsipodes Grandidieri est dédié à M. Guillaume Gran-
didier qui continue les recherches et les magnifiques publications
de son père M. À. Grandidier sur l'Histoire physique et naturelle
de Madagascar.
Macrotarsipodes Haugi n. sp. (PL CDLXXIX, fig. 3052 ©,
3953 Q).
d. — Vertex noir bleu brillant, un peu mêlé de roussatre sur
la nuque; front bronzé irisé très finement lituré de blanc sur la
moitié inférieure de sa hauteur devant les yeux; palpes jaune
orange avec une ligne longitudinale externe noire sur le second
article; trompe roussâtre; plaque jugulaire noir bleu; poils péri-
céphaliques jaune orange; antennes noir bleu, très finement pec-
tinées; veux brun noir; ocelles jaune pâle.
Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir, avec les deux pre-
miers tergites un peu moins foncés et le troisième entièrement
bronzé luisant; brosse anale, concolore, très courte, formée de
deux petits pinceaux latéraux divergents et d’un médian rudi-
mentaire. Ventre noir bronzé avec l’extrémité du dernier sternite
bordée de jaune orange.
Hanches antérieures jaune orange, à base et bord externe —
en partie — noir bleu; fémurs jaune orange passant au rougeatre
vers la base; tibias et tarses concolores longés en dessus de bronze
clair. Pattes médianes et postérieures noir bleu.
344 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Ailes supérieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur
milieu ; côté bord interne et nervures principales noir bleu brillant;
trait discocellulaire concolore, largement étendu comblant en
majeure partie la cellule et formant une large macule centrale
concave extérieurement; la tache vitrée intracellulaire se trouve
ainsi réduite à un trait parallèle à la nervure cubitale; infracellu-
laire bien développée, terminée par un semis fondu d’écailles noir
bleu; ultracellulaire arrondie, composée de cinq aréoles dont les
trois médianes sont les plus longues et la supérieure divisée en
deux parties à peu près égales par la nervure 8. Espace terminal
de largeur moyenne, noir pourpré, parallèle à la marge, portant
au bord interne des dents courtes et nettes entre les nervures.
Dessous semblable.
Ailes inférieures transparentes, teintées de brun pâle sur le
disque et réflétant légèrement en bleu irisé; nervures très finement
écrites en noir; trait discocellulaire noir, triangulaire, allongé et
étroit; bordure marginale large, noir pourpré, obtusément dentée
entre les nervures, un peu prolongée entre 1 à et 1 c, et très réduite
le long du bord abdominal. Dessous semblable. Franges des deux
paires concolores.
Q.—- Vertex Jaune orange; front bronzé irisé, étroitement lituré
de blanc dans sa moitié inférieure devant les veux; palpes jaune
orange, un peu mêlés de noir au sommet du deuxième article en
dehors; trompe roussâtre; plaque jugulaire et poils péricépha-
liques jaune orange; antennes noir bleu; yeux bruns; ocelles
Jaunes.
Collier jauné orange coupé au centre par quelques écailles noir
bleu. Thorax en dessus jaune orange jusqu’au delà de la moitié
des ptérygodes et du mésoscutum, noir bleu dans le reste; en
dessous rouge orange jusqu’à la suture méso-métathoracique, noir
bleu sur toute la surface métathoracique. Abdomen noir bleu en
dessus. Ventre blanc ocracé à l’exception du dernier sternite qui
est noir bleu.
Hanches et pattes antérieures Jaune orange, avec un très petit
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 345
point noir bleu sur la base du tibia en dessus. Hanches et fémurs
médians Jaune orange, tibias concolores avec la base en dessus,
l’extrémité et les éperons noir bleu; tarses jaune orange. Hanches
et pattes postérieures noir bleu tachées de jaune orange sur la
moitié proximale de la face interne du fémur.
Ailes supérieures opaques, noir bleu passant au pourpré vers
l’extrémité. Dessous semblable.
Ailes inférieures opaques, noir bleu un peu violacé, avec une
large macule basilaire transparente, formée de trois taches vitrées :
une très large entre 1 a et 1 &, une plus courte et étroite entre I cet
la cellule et la troisième, un plus longue que la précédente et
coupée obliquement dans la cellule, Dessous semblable. Franges
des deux paires concolores.
Envergure : ©, 20,5 nullimètres; ©, 35 millimètres.
Types : 1 G, 1 Q, Lambarené (Ogooué), Congo français, ex
R. Ellenberger (1913), Coll. Museum de Paris.
Je dédie cette belle espèce à la mémoire du pasteur Haug,
décédé au début de la guerre, et qui fut longtemps correspondant
du Muséum National d'Histoire naturelle au Congo.
Elle a été découverte par M. KR. Ellenberger, qui a capturé les
deux sexes 2# copula, ce qui ne laisse aucun doute sur leur identité
spécifique.
Macrotarsipodes Haugi mâle a beaucoup d’affinité avec Macro-
tarsipodes (— Macrotarsipus) flammipes Hmpsn. de l’Uganda;
d’après sa description originale, celui-ci aurait la même coloration
générale, la même taille et le dessin des ailes semblable ; 1l s’écar-
terait de M. Haugi par les antennes orange en dessus, les ptéry-
godes et le collier en partie rouge orange, le ventre de cette couleur,
les pattes tachées d’orange, etc.
La femelle, quoique plus petite et différant notablement du
mâle, présente un dimorphisme moins accusé; les ailes transpa-
rentes et l’existence d’anneaux rouges à l’abdomen suffisent à la
distinguer de celle de #. Haugi. Par contre, celle-ci a une très
grande analogie de taille, de couleur et de dessin, avec une espèce
346 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
d’un genre voisin : / zpulamima flavifrons Holl. égalemen: décrite
de l’Ogooué sur un mâle unique et dont la principale différence
consiste dans l’existence de deux petites taches vitrées, en plus de
celle triñide et plus régulière de la base des ailes inférieures : une
linéaire le long de la cellule aux ailes supérieures et une « sub-
pyriform » sur le disque des inférieures.
GENRE SYLPHIDIA [Le Cerf.
Sylphidia perlucida Le Cerf (PL CDIXXIX, fig. 3050, d')
Sylphidia perlucida Le Cerf, Bulletin du Museum National d'Histoire
Naturelle/n°5;"p. 300, 1PIONC Gestion) mé#21)
J'ai décrit ce genre et cette espèce sur une femelle unique de
la collection du Muséum, reçue en alcool et qui avait un peu
souffert de ce mode d’envoi.
Depuis, M. R. Ellenberger, à qui en est due la découverte,
a adressé au Museum de Paris un couple bien frais, pris 22 co pula
dans la même localité que le type et qui, en me permettant de
faire connaître le mâle et de compléter la diagnose générique,
me fournit également l’occasion de redresser quelques points
de détails dans la description de la femelle :
Genre. — La diagnose établie sur le sexe femelle doit être
complétée par les caractères suivants propres au mâle :
Antennes très brièvement et finement ciiées ; abdomen conique,
pointu au sommet, terminé par une brosse anale bien différenciée,
formée de deux pinceaux latéraux longs et minces; tibias anté-
rieurs largement poilus extérieurement; pattes postérieures à tarse
dépourvu de crête et ne dépassant pas le sommet de la brosse
anale.
Q.-— La coloration foncière, sur l’insecte frais est noire, un peu
bronzée, et non gris foncé, les palpes ont le premier article noir,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 347
le second blanc avec une très fine ligne noire antérieure et une
autre latérale, élargie au sommet, troisième article noir avec une
hgne blanche en avant; plaque jugulaire noire à base blanche.
Le corselet porte en dessous deux taches latéropectorales blanches
de chaque côté : une antérieure petite et arrondie, et une médiane
à peine plus grande; surface postcoxale couverte de poils blancs;
en dessus, le bord interne des ptérygodes et la base des ailes
supérieures sont mêlés de quelques écailles blanches. Hanches
antérieures noires, à centre blanc. Aux tarses postérieurs, les
derniers articles ne sont pas seuls à porter une crête, celle-ci
s’étend en réalité sur tous les articles, elle est formée de longues
écailles pihiformes raides et complètement aplatie. La côte des
inférieures porte en dessous, près de la base, une petite tache
triangulaire blanche.
d.— Diffère morphologiquement de la femelle par son abdo-
men conique très large à la base, effilé au sommet, terminé par
une brosse anale en deux pinceaux écartés, les tarses des pattes
postérieurs normaux, c’est-à-dire non aplatis latéralement,
dépourvus de crête de poils ne dépassant pas en longueur
l’extrémité de l’abdomen, et par les caractères de détails suivants:
Palpes noirs avec le premier article et les deux tiers proximaux
du second blancs en avant; plaque jugulaire et hanches anté-
rieures blanc pur; tibias frangés extérieurement de blanc au
sommet, tarses noirs en dessus avec l’extrémité du premier article
et le dessous blancs. Fémurs médians noirs, à crête inférieure
blanche; tibias médians noir bleu largement annelés de blanc
avant le milieu en dessus et en dessous. Fémurs postérieurs noirs,
frangés de longs poils et tachés de blanc au sommet de la
crête inférieure; tibias postérieurs noir bleu, avec une petite
tache blanche médiane en dessus et le sommet des poils de
l’extrémité interne de la touffe erectile un peu roussâtres. Tarses
des deux paires noir bleu en dessus, blanc jaunâtre en dessous.
Corselet et ptérygodes dépourvus d’écailles blanches. Abdomen
noir bronzé en dessus avec les second et quatrième tergites fine-
ment bordés de blanc. Ventre blanc à l'exception d’un point
348 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
médian bronzé sur les trois premiers sternites et du dernier qui
est gris roussâtre.
Aux ailes supérieures, toutes les parties écaillées sont plus
larges, la ligne marginale forme des dents entre les nervures et
la tache vitrée infracellulaire, plus courte et plus étroite, atteint
à peine le milieu du bord interne. Aux ailes inférieures, Ja touffe
d’écailles du champ abdominal est plus courte, noire, dépourvue
de blanc au centre et seulement bordée à l’extrémité de quelques
poils de cette couleur. Franges des deux paires plus longues,
concolores, entrecoupées de blanc un peu avant la base aux ailes
inférieures.
Envergure : ©, 18,5 millimètres; ©, 10,5-21,5 millimètres.
19,2 Q (1 Q type), Lambarené, Ogooué (Congo français)
ex R. Ellenberger (1011-1913), Coll. du Museum de Paris.
Sylphidia pulchra n. sp. (PI CCCLXXX, fig. 3185).
œ. — Vertex noir bleu, front blanc d'argent, un peu écaillé
de gris ardoisé au centre. Palpes noir bleu ; trompe rousse à base
noire; plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Veux brun
noir, ocelles Jaunes. Antennes noires.
Collier et thorax bleu d’acier; ptérygodes concolores légè-
rement mêlées de rares écailles blanches en dehors, et complè-
tement blanches à la peinte; le thorax porte en outre de chaque
côté et en dessous du collier une bande d’écailles blanches;
métathorax blanc. Abdomen noir bleu à quatrième sternite bordé
de blanc; ventre noir bronzé.
Hanches antérieures et pattes des trois paires noires à reflet bleu
particulièrement vif sur les tibias; ceux-ci portent en dessus une
tache médiane, oblique, blanc d'argent. Tarses noirs en entier
aux pattes antérieures et médianes et blancs en dessous aux pattes
postérieures.
Ailes supérieures dépourvues de tache vitrée infracellulaire;
base largement noire, glacée de bleu d’acier brillant et tachée
de blanc pur à la base; côte, nervures et point discocellulaire noir
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 349
bleu ; bordure marginale étroite, noir pourpré. Dessous noir brun,
avec quelques écailles blanches à la côte, au-dessus du trait
discocellulaire.
Ailes inférieures transparentes à base très largement noire;
ervures et bordure marginale finement écrites en noir. Dessous
plus clair. Franges des quatre ailes bronzé pourpré.
Envergure : 25 millimètres.
Type : 1 &', Kamerun, Lolodorf ; ex L. Conradt (1804-1895);
Coll. Ch. Oberthür.
Cette très Jolie espèce est une Sy/phidia bien typique, elle
possède tous les caractères que j'ai fait connaître chez Sy/phidia
perlucida Le Cerf, génotype; seuls les pinceaux latéraux de la
brosse anale sont un peu plus courts et accolés au lieu d’être
divergents, mais cette disposition est probablement due aux
contractions qui ont précédé la mort.
Sylphidia modesta n. sp. (PL CCCLXXX; fig. 3184).
Q. —- Vertex noir bronzé; front blanc d’argent. Palpes noir
bronzé avec le premier article et la moitié du second blancs en
dessous; trompe petite, Jaune. Plaque jugulaire blanche; poils
péricéphaliques blancs. Antennes noir bronzé dessus, brunes en
dessous. Yeux noir brun, ocelles incolores.
Collier et thorax noir bronzé dessus et dessous; surface post-
coxale blanche; abdomen noir bronzé avec les pleuræ des deux
premiers segments et le bord postérieur du quatrième écaillés de
blanc (4); brosse anale brun roussâtre. Ventre brunâtre avec les
sternites bordés de grisâtre, cette teinte couvrant presque entiè-
rement les quatre derniers.
Hanches antérieures blanches ; fémurs noir bronzé, avec
l'extrémité de la crête inférieure blanche; tibias noir bronzé, avec
le dessous et l’extrémité blancs; tarses noir bronzé en dessus,
(1) Ce caractère, peu apparent à cause de l’état médiocre de l’échantillon n’a
pas été représenté sur la figure 3184 (côté droit).
23
350 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
blancs en dessous. Fémurs médians et postérieurs noir bronzé,
avec le bord et la côte inférieurs blancs; tibias médians, tachés
extérieurement de blanc dans leur tiers médian; éperons noirs;
tarses noir bronzé en dessus, avec le sommet du premier article
et le dessous blancs; tibias postérieurs noir bronzé; éperons noirs;
tarses noir bronzé à premier article blanc du côté interne.
Ailes supérieures noir bronzé pourpré avec une très légère
indication de tache vitrée infracellulaire (1), une intracellulaire
triangulaire, plus courte que la moitié de la cellule et une ultra-
cellulaire ovale, étendue de la nervure 3 à la nervure 9; espace
terminal étroit, parallèle au bord et formant des dents courtes,
régulières et aiguës entre les nervures. Dessous plus clair, avec
la côte, les nervures, le bord interne et un point sur le trait disco-
cellulaire jaune d’or.
Ailes inférieures transparentes avec la base, la moitié du champ
abdominal, les nervures et la bordure marginale noir pourpré.
Dessous avec la base, les nervures et le bord abdominal jaune
d’or. Franges des quatre ailes noir bronzé, coupées largement de
blanc à la base des inférieures.
Envergure : 17,5 millimètres.
Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1806); Coll. Ch. Oberthür.
Un peu diiférente des véritables Sy/phidia par la taille plus
courte des pattes postérieures, l’absence de crête d’écailles dressées
sur le tarse, la pilosité moins dense sur le tibia.
Sylphidia pauper n. sp. (PI CCCLXXX, fig. 3183).
Q.— Vertex noir bronzé; front blanc taché de bronzé dans
sa partie supérieure médiane. Palpes noir bleu ; trompe roussâtre ;
plaque jugulaire blanche; poils péricéphaliques blancs. Antennes
(x) Laissée à tort en clair sur la fig. 3184 pour la même raison que ci-dessus ;
elle n’est perceptible qu’à la loupe; le côté gauche de la fig. 3184 donne une
idée plus exacte de l’aspect de l’aile supérieure.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 351
noir bleu en dessus, brunes en dessous. Yeux brun noir, ocelles
rose pâle.
Collier, thorax et ptérygodes noirs; pas de taches latéro-
pectorales ; surface postcoxale blanche. Abdomen noir, avec
les pleuræ des deux premiers segments et le bord postérieur du
quatrième tergite écaillés de blanc; brosse anale noir bronzé.
Ventre blanc à l’exception de la base et du dernier sternite qui
sont bronzé clair.
Hanches antérieures noir bronzé. (Pattes détruites).
Ailes supérieures noir pourpré avec deux taches vitrées glacées
de lilas : une intracellulaire, en triangle arrondi, ayant à peine
en longueur le tiers de la cellule, une ultracellulaire ovale formée
de cinq aréoles dont la supérieure est peu nette et divisée par la
nervure 8; espace terminal large, parallèle au bord, non denté
entre les nervures. Dessous pourpré avec la côte et les nervures
principales jaune d’or.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un petit trait
discocellulaire et une bordure marginale un peu festonnée noir
pourpré. Dessous semblable à côte jaune. Franges des deux paires
noir bronzé.
Envergure : 16,5 millimètres.
Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (18096); Coll. Ch. Oberthür.
Malgré son mauvais état de conservation j'ai cru devoir décrire
cette espèce à cause du grand nombre de caractères qu’il est
possible de retrouver et qui suffisent à la faire reconnaitre. Elle
n’est peut-être pas à sa place dans le genre Sy/phidia Le Cerf,
c’est ainsi qu’elle manque notamment des touffes d’écailles si
curieuses que J'ai signalées sur les ailes inférieures du génotype :
Sylphidia perlucida Te Cerf du Congo et que depuis j'ai
retrouvées chez Sylphidia modesta n. sp. et Sylphidia pulchra
n. sp. toutes deux du Cameroun et décrites ici.
Je ne sais rien des pattes qui sont détruites, mais les antennes,
les palpes, la trompe, le dessin des ailes et la nervulation sont
ceux des Sylphidia.
352 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
GENRE TRILOCHANA Moore
(= Scoliomima Btlr.)
Trilochana scolioides Moore (PI. CDLXXX, fig. 3961).
Trilochana scolioides F. Moore. Descriptions of New Indian Lepidop-
terous Insects from the Collection of the late Mr. W. S. Atkinson,
po. PL up 2 (re70):
Cette grande Aegerie paraït rare dans les collections; à l’époque
où Sir G. F. Hampson publiait le premier volume des Zépidop-
tères Hétérocères de la Fauna of British India, 1] ne la connaissait
pas en nature; le type de Moore était encore unique, et la descrip-
tion qu'il en donne n’est que la reproduction arrangée de la
description originale; dans l’impossibilhité de les vérifier direc-
tement sur l’insecte même, il a assigné au genre des caractères
inexacts. Bien que ceux énumérés par Moore soient suffisants dans
l’ensemble, ils doivent être rectifiés sur certains points comme Je
l’établirai plus tard et présentent cette lacune grave qu'aucune
précision n’est donnée sur le sexe du type. Ce détail est important,
car la femelle de 7 74ochana scolioides offre cette singularité, fort
rare chez les Aegertide, d’avoir les antennes pectinées; la forme
et le volume de la brosse anale, composée et précédée de longs
poils ne permettant pas d'examiner le sommet des organes géni-
taux, on peut se trouver amené à considérer, par analogie avec ce
qui est la règle générale dans la Famille, les individus à antennes
pectinées comme des mâles. [Il semble que ce soit ainsi qu’ait
procédé Moore; car il n’aurait pas manqué de signaler la particu-
larité en question s’il l’avait remarquée. Butler a fait de même
pour son genre Scoliomima, dont les caractères ne diffèrent pas de
ceux de 771lochana Moore, et qui par conséquent doit être placé
en synonymie de celui-ci. On doit regretter que ce nom si expressif
ne puisse être conservé: il caractérise parfaitement les Aegerides
auxquelles Butler l’avait appliqué; ce sont toutes, en effet, des
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 353
espèces de forte taille mimétiques des Scolies, et leur ressemblance
est poussée assez loin pour qu’il soit possible d’apparier spécifi-
quement l’Hyménoptère et le Lépidoptère.
Butler et Pryer ont déjà dit combien est frappant le mimétisme
entre 7 rlochana (—Scoliomima Btlr.), insignis Btlr. et Tr2scol1a
patricialis Burm., toutes deux de Bornéo. À Java, H. Fruhstorfer
a capturé une autre 7 74lochana qu’il rapportait à la précédente,
à tort d’ailleurs puisqu'elle copie une espèce différente : 7 72scol:a
procer Illig.; 1l n’a rien publié à ce sujet, mais comme il avait
joint un exemplaire de l’Hyménoptère à l’Aegeride envoyé par
lui-même à M. Ch. Oberthür, on peut assurer que ce mimétisme
ne lui avait point échappé.
Bien que n’ayant fait l’objet d’aucun rapprochement jusqu’ici,
Trilochana scolioides Moore, tout comme ses congénères et au
même degré, imite une Scolie partageant son habitat : Scolia rubi-
ginosa F., près de laquelle je la fais représenter, PI CDLXXX,
fig. 3960. Au contraire de l’Hyménoptère qu’elle mime et qui
est répandu à travers toute l’Asie tropicale et l’Insulinde, cette
Aegerte n’est connue que du Sikkim, localité originale du type
et de la femelle, appartenant à M. Ch. Oberthür, étudiée 1c1.
Envergure : 51 millimètres.
1 ©, Darjeeling, ex Môwis (1891); Coll. Ch. Oberthür.
Trilochana Oberthüri n. sp. (PI CDELXXX, fig. 3063).
Q. — Vertex noir olivâtre; front bronzé clair, lituré de gris
nacré 1risé devant les yeux; palpes à premier article noir pourpré
(les deux autres sont détruits) ; trompe rousse, plaque jugulaire et
poils péricéphaliques noir verdàtre. Antennes unipectinées, noir
bleu brillant en dessus, noir grisàtre mat en déssous. Yeux brun
olivatre; ocelles jaune orangé.
Collier jaune mêlé en avant de quelques écailles bronzées.
Thorax noir un peu verdâtre, avec une large tache Jaune sur le
mesoscutellum ; ptérygodes concolores ; métathorax noir à touffes
latérales concolores et portant latéralement une touffe étroite de
354 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
poils blancs. Abdomen noir pourpré avec le premier tergite couvert
comme le métathorax de poils noirs en dessus et de poils blancs
latéralement; le second et le cinquième tergites portent de chaque
côté du milieu une large tache jaune; brosse anale noire. Ventre
noir recouvert dans toute sa partie médiane de poils dont la
longueur croît progressivement du premier au dernier sternite.
Hanches antérieures noir olivâtre (pattes détruites). Fémurs
médians et postérieurs noirs frangés en dessous de longs poils.
Tibias médians noirs avec quelques écailles jaunes sur le milieu
de la face externe; éperons et tarses noirs. Tibias postérieurs
hérissés de longs poils raides, avec quelques poils blancs au tiers
de la face interne et au sommet du bord supérieur, et traversés
extérieurement par une ligne anguleuse blanc bleuâtre médiane;
éperons noirs; tarses noirs hérissés des mêmes poils que le tibia
sur les deux premiers articles et les trois derniers blanc jaunâtre
du côté interne.
Ailes supérieures opaques, brunes, entièrement glacées de vert
bronzé passant au brunâtre vers la base et le long de la côte et au
bleu légèrement pourpré au bord externe. Dessous semblable.
Aïles inférieures opaques de même teinte que les supérieures
avec deux aires vitrées triangulaires : une courte et étroite entre la
base de la nervure 1 cet la cellule, l’autre très large, occupant tout
l’angle anal entre le bord anal et les nervures 1 & et 1 à.
Dessous semblable. Franges des deux paires concolores, longues
et grisätres aux inférieures entre la base et l’angle anal.
Envergure : 58 millimètres.
Type : 1 ©, Java occidental, Mont Gedé [4.000’] (août 1892),
ex H. Fruhstorfer; Coll. Ch. Oberthür.
Cette magnifique espèce est très voisine de T7#/ochana (—Sco-
lionima) insignis Btlr.; elle s’en distingue par l’absence de bande
Jaune continue sur le quatrième tergite, qui porte seulement deux
taches latérales, et par l’imitation d'une espèce différente d'Hy-
ménoptère : Z'riscolia procer Xlig. habitant aussi Java, en com-
pagnie de laquelle je la fais figurer.
RES
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 355
En plus de celui de la Coll. Ch. Oberthür, je connais de cette
grande espèce un second exemplaire provenant également de Java
et que je dois à la libéralité de M. Eugène Boullet, de Corbie.
11 s'écarte assez du type pour être considéré comme une variété
distincte à laquelle je donne, avec grand plaisir, le nom du
généreux Bienfaiteur et Associé du Muséum National d'Histoire
Naturelle de Paris.
Trilochana Oberthüri, var. Boulleti n. var.
Q. — Semblable à la forme typique pour la taille et la colo-
ration générale; elle s’en distingue par la disparition des taches
latérales jaunes du cinquième tergite à la place desquelles sub-
sistent seulement un très petit nombre d’écailles jaunes isolées et
peu apparentes.
Les pattes sont détruites, mais les palpes qui manquent chez
le type sont ici présents ; ils sont dressés, appliqués contre le front
et dépassent un peu le vertex, leur premier article, hérissé de
longues écailles, est noir bronzé, le second blanc jaunâtre à base
noirâtre et le troisième très petit, noir.
Envergure : 61 millimètres.
Hype no Java ex Bus Autran (1886);,Coll. Fd. Le Cerf:
Par suite de l’absence des taches jaunes au milieu du corps,
cette variété ne ressemble plus à Z'7iscolia procer Ylig., mais à une
espèce voisine qui en est également dépourvue et dont il existe un
spécimen indéterminé étiqueté : 7. procer Illig. var. ? originaire
de Sumatra, dans la Collection du Museum de Paris.
La coloration des ailes de cette belle espèce passe, suivant
l’éclairement, du vert doré bronzé au vert bleuâtre et prend, sous
la lumière couchée, un magnifique reflet bleu d’outremer foncé.
Autant qu’un matériel aussi restreint permet d’en juger, et bien
qu’elles miment des espèces de Scolies différentes, je crois que les
56 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
[S2]
deux 7 rlochana décrites ici ne sont que des formes locales de
Trilochana (=Scoliomima) insignis Btir. Les probabilités de cette
unité spécihique des trois formes maintenant connues du groupe
insignis peuvent être déduites de l’ensemble des caractères qu’elles
ont en commun et de ce que ceux par quoi elles diffèrent, se
réduisent essentiellement au développement variable de la couleur
jaune sur le cinquième tergite abdominal.
En dehors de celle-ci, les divergences de détail, que la mise en
parallèle d’insignis et d’Oberthuiri permet de relever, ne sont que
des nuances peu importantes, dues probablement pour une part
égale à une appréciation inexacte de certaines d’entre elles et à
l’état défectueux du type d’ixsignis, souligné d’ailleurs par
Butler dans sa description originale. Seule, l’absence d’aire vitrée
intracellulaire basale chez insignis aurait une certaine valeur si
elle était réelle; seulement, comme Butler a omis à plusieurs
reprises d'indiquer l’existence de caractères analogues et aussi
apparents, notamment dans la description de Mclittia natalensis
et sur la figure de Melittia œnescens, je ne suis nullement con-
vaincu que la tache vitrée en question, petite mais bien distincte
chez Oberthiri et Boulleti, ainsi que chez leur congénère T74l0-
chana scolioides Moore (du Sikkim), fasse vraiment défaut chez
insignis. Une autre considération s'ajoute aux réserves précé-
dentes, c’est la manière dont est dessiné le corps sur la figure
originale accompagnant la description. En m’aidant de celles-ci,
des deux individus que j'ai sous les yeux et en tenant compte des
analogies de structure que présentent entre elles à l’intérieur des
genres les espèces d’Acgerides en général et celles de la sous-
famille des Aegerninæ en particulier, j'ai reconstitué un dessin
du corps de 7'7älochana insignis certainement plus exact dans sa
forme que celui donné par Butler. Certains détails montrent
qu'indépendamment des restaurations destinées à compenser les
déformations dues aux chances de la capture et d’une conserva-
tion imparfaite, la figure en question a été quelque peu interprétée
de façon à rendre plus frappant le mimétisme de l’Aegerie et de
Triscolia patricialis Burm.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 357
En somme, 7 rlochana insignis Btlr., 7. Oberthiüri et T. Boulleti
ont la même taille, la même forme, la même coloration foncière
noire marquée aux mêmes endroits des mêmes taches Jaunes,
égales en forme et en dimension, sauf au cinquième tergite qui
montre, à cet égard et à l’exclusion de toute autre, les seules parti-
cularités suivantes :
F1G. 14.— Corps des trois formes de 7rilochana insignis Btlr. (Gross. x 0,25 env.).
I = T. insignis Btlr. forme type, Pulo Balhalla, Bornéo septentrional; mime
Triscolia patricialis Burm.
O = T. insignis var. Oberthür: n. var., Mont Gédé, Java; mime 7scolia 'procer
Illig.
B = T. insignis var. Boulleti n. var., Java; mime 7riscolia spéc.? ou Triscolia
procer Illig., var.?
Chez zsignis (fig. 14, L), le jaune couvre la totalité du tergite
et forme une bande égale, continue, coupant transversalement
l’abdomen.
Chez Oberthiür: (fig. 14, O), cette bande est largement inter-
rompue dans sa partie médiane, et réduite à deux taches latérales,
symétriques et de même grandeur que celles du second tergite.
Chez Boulleti (Kg. 14, B), le jaune a pratiquement disparu et
n'est plus représenté que par quelques rares écailles, éparses au-
358 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
dessus des pleuræ et trop peu nombreuses pour trancher distinc-
tement sur le fond.
Limitées à un seul détail de coloration chez des insectes sem-
blables par ailleurs, et présentant au surplus une gradation évi-
dente, ces différences ne peuvent guère être tenues pour spécifiques.
Quoique largement espacées, elles apparaissent comme les degrés
d’une variation conforme à ce que nous connaissons des lois,
encore mal définies mais certaines, qui régissent à l’intérieur de
l’espèce, la tendance à l’extension ou à la réduction de la couleur
et du dessin chez les Lépidoptères.
L’absence actuelle des transitions secondaires par lesquelles les
variétés d’une même espèce passent d’ordinaire progressivement
de l’une à l’autre, ne saurait prévaloir contre la réunion en une
seule unité d’insignis — Oberthiüri — Boulleti, celles-ci repré-
sentant exactement les trois termes principaux du processus
normal de toute variation de cette nature : #aximum, medium,
minimum. D'ailleurs et bien qu’il soit prématuré de contester leur
existence sur les seuls éléments dont je dispose, j'ajouterai cepen-
dant que de telles formes, imparfaitement tranchées, ne me
paraissent pas devoir se rencontrer dans les 7 74lochana du groupe
insignis, à cause de la relation très étroite qu’on observe chez elles,
entre la variation et le mimétisme, et qui paraît placer jusqu’à un
certain point la première sous la dépendance du second. C’est là
un des points les plus curieux et à coup sûr le plus intéressant
qui ressort de cette étude sommaire; je me borne à le signaler
brièvement, me proposant d’y revenir plus à loisir en des temps
plus propices aux études pacifiques.
À l'inverse de ce qui se produit chez les autres Aegeruide, où
la variation a pour conséquence d’altérer le mimétisme en dimi-
nuant plus ou moins sensiblement la ressemblance du Lépidoptère
pour l’insecte que celui-ci imite, elle aboutit chez 7 r1lochana
insignis Btlr. à un résultat différent, que l’on peut caractériser
en disant que dans les variétés de cette espèce la capacité mimé-
tique n’est pas diminuée, mais déplacée, reportée en quelque
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 359
sorte vers d’autres modèles, copiés à leur tour aussi fidèlement
que l’est Z'riscolia patricialis Burm. par la forme type : 2ns1gn1s
Ces autres modèles, indiqués plus haut, après chaque description,
sont naturellement aussi des Scolies, d’une taille analogue,
pourvues d’une coloration participant du même système de répar-
tition des taches jaunes sur le fond noir, mais ne présentant tou-
tefois pas de transitions entre elles (1).
En résumé, chez 7 rlochana insignis Btlr., Aegerie à mimétisme
défini ®, on voit s'ajouter et se superposer au polymorphisme
résultant normalement de la variabilité, un mimétisme propre à
chacune des formes dérivées, poussé au même degré de ressem-
blance, vis-à-vis de modèles différents également définis pour
chacune d'elles, que l’est celle de la forme type par rapport à la
Scolie dont elle reproduit la livrée.
Je ne connais pas d’autre exemple de cette singulière particu-
larité chez les Aegérides où elle constitue, je crois, le premier
exemple de ce que j’appellerai le polymimétisme spécifique.
GENRE MEGALOSPHECIA n. gen.
Front saillant. Palpes longs, dressés obliquement, non hérissés,
a second article fusiforme, troisième subcylindrique. Trompe bien
développée, de longueur moyenne. Antennes longues, épaisses,
(1) Il est possible cependant que l'individu de la Coll. du Muséum que je
considère comme une espèce voisine de 7réiscolia procer ne soit qu’une variété de
celle-ci, car il existe dans la même collection quelques exemplaires affectés de
la variation inverse, c’est-à-dire chez lesquels les deux taches latérales du milieu
de l’abdomen se réunissent par leur bord interne et forment ainsi une bande
continue, comme chez 7. patricialis.
(2) J'emploie ce terme de : « #imélisme défini » ou « spécifique » par oppo-
sition à celui de « mimétisme d’ensemble », de « Groupe », de « Genre » ou de
« Famille ». Le premier implique une imitation assez accusée pour qu'il soit
possible de rapporter, espèce à espèce, le mime et son modèle; le second, au
contraire, évoque bien une idée de ressemblance, mais imprécise et résultant
seulement de l’aspect général ou de quelque détail plus ou moins saillant.
360 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
fusiformes. Veux grands, ocelles petits. Pattes longues et fortes;
hanches antérieures très peu aplaties, presque cylindriques; pattes
postérieures à tibias pourvus sur la crête supérieure et la crête
inférieure de poils assez longs, non hérissés. Le tibia et le tarse
réunis une fois et demie plus longs que le corps; le premier
article du tarse est, à lui seul, presque aussi long que le tibia et
deux fois et demie plus que les quatre autres articles réumis.
Nervulation. — Aux ailes supérieures, la cellule est prolongée
à sa partie supérieure et les discocellulaires forment un angle un
peu rentrant; nervure 1° épaissie mais non divisée à la base,
2 et 3 rapprochées à leur origine, subparallèles, écartées seulement
au sommet, 3 naissant de l’angle inférieur de la cellule, 4 for-
tement écartée de 3 et courbée à la base, 5 naissant un peu
au-dessous de l’angle des discocellulaires, 6 très écartée de 5;
7, 8 et 9 tigées, 10 de l’angle supérieur de la cellule, 11 naissant
loin de 10, aux deux tiers de la cellule.
Aux ailes inférieures : 1* présente, discocellulaire oblique,
3 et 4 partant du même point, à l’angle inférieur de la cellule,
6 de l’angle supérieur de celle-ci, 7 absente.
Génotype : Megalosphecia gigantipes n. sp.
Megalosphecia gigantipes n. sp. (PI CCCLXXXI, fig. 31092).
Q. — Vertex noir brun; front noir bronzé, lituré de blanc
nacré devant les yeux. Palpes fauves, mêlés extérieurement de
noir. Trompe gris roussâtre; plaque jugulaire jaune fauve, un
peu mêlée de blanchâtre et tachée de brun au centre. Poils péricé-
phaliques noirs et fauves. Antennes noires à base roussatre en
dessous. Collier noir bronzé à reflet bleu et prolongé de chaque
côté par une tache jaune. Thorax noir bronzé pourpré; ptérygcdes
concolores mêlées d’écailles fauves. Métathorax pourvu latéra-
lement et en dessus de touffes de poils noirs et fauves.
Abdomen en entier noir bronzé bleuûtre.
Hanches antérieures fauve roux avec une ligne d’écailles brun
bronzé au bord interne; fémurs, tibias et tarses fauve roux.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 361
Hanches médianes et postérieures fauve roux; fémurs médians
brun bronzé à crête supérieure et tiers terminal roussâtre, tibias
et tarses fauve roux; fémurs postérieurs brun bronzé à sommet
roussâtre ; tibias fauves, tachés de noir dans leur partie médiane
supérieure et sur toute la face interne. Eperons et tarses concolores.
Ailes supérieures noires, un peu éclaircies sur l’espace terminal.
Dessous un peu plus clair à base et côte en partie fauve.
Ailes inférieures couvertes d’écailles bleu d’acier brillant sur
lesquelles se détachent en noir mat les nervures, un large trait
sous la cellule et une tache triangulaire sur la base du champ
anal. La bordure marginale est également noire et se prolonge
en trois traits fuligineux entre les nervures 1° et 4. Des taches
transparentes étroites existent sur l’extrémité inférieure du champ
anal, entre 1° et R, et en: forme de traits de chaque côté des
nervures 1° à 5. Dessous semblable, à base rousse. Franges des
deux paires noir pourpré.
ÆEnvergure : 63,5 millimètres.
Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Fühe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (18096); Coll. Ch. Oberthür.
Megalosphecia gigantipes Le Cerf, var. obscura n. var.
CIC COERRRE Mie" STOL);
Ditfère du type par l’absence de fauve au collier, au thorax,
aux palpes, aux hanches des trois paires de pattes et à la base de
l’aile inférieure en dessous; la plaque jugulaire brun bronéé,
légèrement mêlée de fauve, la réduction des traits vitrés le long
des nervures aux ailes inférieures et la présence d’une tache noire
sur la crête supérieure du tibia postérieur avant l’extrémité. La
taille est également plus réduite.
Envergure : 55 millimètres.
Type : 1: ©, Kamerun, Lolodorf; ex LL. Conradt (1894-1805);
Coll. Ch. Oberthür.
Les deux formes décrites ic1 correspondent probablement à des
races localisées à des altitudes différentes. En outre des autres
362 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
caractères énumérés dans la description —— et notamment la diffé-
rence de coloration qui est plus accusée que les figures ne le lais-
sent apparaître — c’est dans la diminution du nombre des stries
hyalines des ailes inférieures, réduites à une seule dans la forme
obscura tandis que la forme type ggantipes en porte trois, qu’il
faut voir la modification la plus remarquable séparant ces deux
races.
Megalosphecia gigantipes n. sp. est la plus grande de toutes
les Ægerides décrites jusqu'ici. Parmi les espèces africaines, elle
égale et dépasse Cicinnoscelis longipes Holl, de l’'Ogooué, avec
laquelle elle présente une certaine similitude de coloration, mais
dont elle s’écarte par ses caractères génériques.
GENRE SPHECIA Hbn.
Sphecia Oberthüri Le Cerf (PI CCCLXXX, fig. 3188 ©,
3189 Q).
La description de cette espèce a paru au Bulletin de la Société
Entomologique de France (1914) p. 422, donnant les travaux
déposés au cours de la séance qui a précédé le déchainement de
la « Deutsche Kultur » sur la Belgique et la France.
A cette description J'ajouterai les détails complémentaires
suivants : les antennes sont, dans les deux sexes, noires en dessus
avec la moitié basilaire roussâtre, et brun roux en dessous; la
plaque jugulaire est brun roux mêlé de noir.
Sur les figures 3188 et 3189, les hanches antérieures, les articu-
lations coxofémorales et les tibias doivent être du même brun
rougeâtre que la base des ptérygodes et des sternites abdominaux.
Sphecia Oberthiüri, dédiée à M. Charles Oberthür, paraît voisine
de Trochilium ignicolle Hmpsn. du Cachemire et de Sphecia
flavicollis Hmpsn. de la même région que je ne connais ni l’une
ni l’autre en nature et dont aucune figure n’a été publiée: elle est,
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 363
dans l’ensemble, mimétique des Guêpes et copie probablement
une espèce ou un groupe d’espèces déterminées.
Sphecia gloriosa Le Cerf (PI. CCCLXXXI, fig. 3190).
Décrite à la même séance que la précédente et publiée p. 421 du
Bulletin de la Société entomologique de France (1914). J'avais
d’abord donné à cette espèce le nom de S. #andarina 1. 1. qui
a été conservé par erreur dans l’explication des planches à la
p. 13 du vol. XII (1° partie) des Æ/udes de Lépidoptérologie
comparée.
Sphecia gloriosa Le Cerf est apparentée à Sphecia Prsewalsku
Alph. des Monts Thian-Chan et de Kuldja, mais elle en est
distincte, notamment par les ptérygodes jaunes bordées de brun
rougeâtre, le métathorax entièrement fauve roux et l’abdomen
plus clair.
Comme ses congénères, cette Sphecia copie des Vespides et plus
particulièrement des espèces de forte taille du groupe des Frelons.
GENRE AEGEROSPHECIA n. gen.
Vertex large non hérissé ; front légèrement bombé, peu saillant ;
palpes longs ne dépassant pas le vertex, dressés, non hérissés,
à troisième article aigu; trompe grêle, de longueur médiocre:
antennes longues, minces, à peine épaissies; yeux grands, ocelles
bien découverts, très petits.
Corps robuste; pattes assez longues, non hérissées, les posté-
rieures un peu plus longues que l’abdomen et portant sur la face
interne des tibias une pubescence dense; brosse anale très courte,
\ L: E / Ip
à peine différenciée.
Nervulation. — Aux ailes supérieures : cellule un peu prolongée
au sommet, atteignant presque les deux tiers de l’aile; discocellu-
364 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
laires formant un angle rentrant assez prononcé; nervure 14 dis-
tinctement et assez longuement bifide à la base, 2 naissant très
près de l’angle inférieur de la cellule d’où part 3, 4 plus rap-
prochée à la base de 3 que de 5, celle-c1 naît au-dessous de l’angle
des discocellulaires et 6 un peu au-dessous de l’angle supérieur
de la cellule, 9 très brièvement tigée avec 7 et 8, 10 et 11 écartées
à la base, rapprochées et parallèles ensuite.
Aux ailes inférieures : cellule assez étroite ne dépassant pas
en longueur la moitié de l’aile et portant à l’angle supérieur une
très petite aréole incompiètement fermée au point de conjonction
des nervures : sous-costale, discocellulaire supérieure, 6 et 7;
discocellulaires un peu obliques, la supérieure plus courte que
l’inférieure, 14 très fine et très rapprochée du bord abdominal,
2 naissant aux trois cinquièmes de la cellule, 3 et 4 de l’angle
inférieur de celle-ci et tigées sur un cinquième à peine de leur
longueur, 5 de l’angle des discocellulaires et notablement rap-
prochée de 4, 6 indiquée par des traces diffuses sous la base
de 7 qui part de l’aréole et concourt avec elle à former celle-ci.
Génotype : Aegerosphecia calliptera n. sp.
Ægerosphecia calliptera n. sp. (PL CCCLXXXI, fig. 3193).
Q.— Vertex noir bleu, front bronzé, bordé inférieurement de
blanc jaunâtre et lituré de jaune devant les yeux. Palpes à premier
article noir en dessus et en dessous, jaune orangé extérieurement
(les deux autres sont détruits). Trompe jaune flave. Plaque
jugulaire noire à centre fauve; poils péricéphaliques fauves. Yeux
gris ardoisé, ocelles Jaune topaze. Antennes roux fauve avec une
ligne longitudinale noire en dessus.
Collier noir bronzé bleuâtre, prolongé de chaque côté par une
petite tache rouge orange. Thorax et abdomen noir brun à reflet
bleuâtre ou pourpré au bord des segments; bordure postérieure
du sixième tergite et brosse anale fauves. Des écailles brun
cannelle forment une tache longitudinale diffuse sur le milieu
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 365
du dernier tergite. Ventre en entier noir brun avec l'extrémité
fauve.
Hanches antérieures fauves avec le sommet et quelques écailles
éparses noires. (Pattes antérieures détruites). Hanches médianes
et postérieures écaillées de noir et d’orangé; fémurs médians
fauves, à bord mférieur noirâtre; tibias et tarses fauves; fémurs
postérieurs noir bronzé à crête supérieure et sommet fauves; tibias
postérieurs noir fuligineux avec une ligne longitudinale sur la
crête supérieure et l’extrémité fauve; le bord inférieur de la face
interne porte une touffe allongée de poils noirs raides et serrés.
Tarses fauves.
Ailes supérieures fauve orangé, avec la base, une ligne longi-
tudinale sur les deux tiers de la côte et un petit trait en arc à
l’angle supérieur de la celluie, noir de velours. Espace terminal
saupoudré d’écailles brun noirâtre. Dessous entièrement fauve.
Ailes inférieures transparentes, teintées de jaune foncé, avec
les nervures fauves; ligne marginale brunâtre. Dessous semblable
avec une petite touffe d’écailles noires à la base. Franges des
quatre ailes courtes et noirâtres.
Envergure : 53 millimètres.
Type : 1 OQ, Moluques, Batjan; (août 1807), ex W. Doherty;
Coll. Ch. Oberthür.
La taille, la coloration et l’aspect robuste de cette belle espèce
lui donnent assez de ressemblance avec les grands Hyménoptères
ravisseurs du genre Pepsis (s. 1.) pour qu’on soit porté à penser
qu’elle est mimétique de l’un d’eux.
Ægerosphecia fulviventris n. sp. (PI. CCCLXXXTI, fig. 3104).
Q.— Vertex noir bleu; front bronzé, bordé transversalement
de fauve à sa partie supérieure et de blanc latéralement et infé-
rieurement. Trompe jaune pâle. Palpes, plaque jugulaire, poils
péricéphaliques et antennes fauves. Veux brun ardoisé; ocelles
jaunes.
24
366 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Collier fauve; thorax noir bleu à ptérygodes concolores, bordées
de fauve sur la base des ailes et mêlées de fauve dans leur milieu ;
métathorax noir à pinceaux de poils latéraux mélangés de fauve
et taché de cette couleur dans son milieu. En dessous, tout le
thorax est fauve jaunâtre. Abdomen noir bleu avec le premier
segment en entier, le bord postérieur du sixième et la moitié
terminale du dernier fauve ; deux grosses taches fauves mar-
quent le milieu des quatrième et cinquième tergites et une troisième
plus petite sur le troisième. Ventre fauve.
Hanches antérieures et pattes des trois paires fauves avec les
tibias postérieurs mêlés d’écailles noires extérieurement avant et
après le milieu.
Ailes supérieures noir mat un peu pourpré sur l’espace terminal,
portant à la base un point fauve et une éclaircie vitrée infra-
cellulaire; une aire transparente diffuse occupe la partie inférieure
de l’espace terminal, elle est divisée en traits longitudinaux par
les nervures 3,4 et 5 et par des lignes internervurales d’écailles
noires entre 3-4 et 4-5. Dessous plus clair, à base Jaunâtre. Ailes
inférieures transparentes teintées de jaunâtre avec les nervures
et une très fine ligne marginale noires. Dessous semblable. Franges
des quatre ailes noires.
Envergure : 52 millimètres.
Type : 1 Q, Nouvelle-Guinée, Baie de Dorey, Andaï; ex W.
Doherty (1892); Coll. Ch. Oberthür.
La tache vitrée ultracellulaire de cette espèce, de dessin si cu-
rieux et peut-être unique, n’est en réalité qu’une tache quadrifide
dans laquelle les traits internervuraux, émis normalement par la
bordure marginale dans tout le groupe des formes apparentées
aux Sphecia Hbn. sont exagérément développés et se prolongent
jusqu’au trait discocellulaire, donnant ainsi à l’ensemble un
aspect strié — ou en grille — caractéristique.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 307
GENRE CALLISPHECIA 2. gen.
Palpes dressés, assez grêles, non hérissés. Trompe bien déve-
loppée. ‘Antennes longues, minces, à peine renflées. Pattes ron
hérissées; tibias postérieurs revêtus sur la face interne d’une
pilosité dense.
Nervulation. — Ailes supérieures : nervures 2 et 3 naissant
du même point, à l’angle inférieur de la cellule, 7 libre, 8 et 9
tigées sur un cinquième environ de leur longueur, 11 assez for-
tement écartée de 10 à la base.
Ailes inférieures : 1° présente et aboutissant à l’angle anal,
3 et 4 brièvement tigées; discocellulaire supérieure très courte et
5 naissant, par suite, très près de l’angle supérieur de la cellule.
Génotype : Callisphecia Oberthüri n. sp.
Callisphecia Oberthüri n. sp. (PL CCCLXXX, fig. 3187).
Q. — Vertex noir brillant; front gris bronzé lituré de blanc
devant les yeux. Palpes jaunes, longés extérieurement dans toute
leur longueur et du côté interne dans leur moitié environ de noir
bronzé. Trompe jaune roussâtre ; plaque jugulaire bronzée, inter-
rompue de jaune au milieu; poils péricéphaliques jaunes. Antennes
noires, à dessous roussâtre. Yeux gris foncé, ocelles transparents,
incolores.
Collier bronzé noirâtre, prolongé latéralement par une petite
plaque d’écailles jaunes. Thorax bronzé, ptérygodes marquées
en avant, au bord externe, d’une ligne d’écailles jaunes. Méta-
thorax concolore. En dessous, le mésothorax porte de chaque côté
une tache latéropectorale jaune suivie en arrière de quelques
écailles de même couleur.
Abdomen bronzé sur les trois premiers tergites, jaune vif sur
368 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
les trois suivants qui sont un peu éclaircis en avant et mêlés
d’écalles noires sur le milieu du sixième, fauve orangé sur le
dernier que termine une très courte brosse concolore. Ventre à
premier sternite blanc jaunâtre, les suivants sont jaunes et le
dernier orangé pâle. Une petite toufle d’écailles blanches marque
les pleuræ du premier segment.
Hanches antérieures jaunes à base bronzé noirâtre —— le 1este
des pattes de cette paire est détruit — Hanches des pattes
médianes et postérieures mêlées de jaune: fémurs médians et
postérieurs, noirs, tachés de Jaune extérieurement, et à l’extrémité
de la crête inférieure. Tibias médians noir bleu avec une tache
jaune sur le milieu du bord inférieur; tarses noirs en dessus,
Jaune roussâtre en dessous. Tibias postérieurs noir bronzé du
côté externe, avec une étroite bande médiane transverse roussâtre,
prolongée en ligne sur la crête inférieure; face interne noire, à
l’exception de la base qui est blanche. Eperons et tarses roux
orangé.
Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le
bord interne et la ligne marginale noir bronzé; trait discocel-
lulaire étroit, un peu courbé et formant un petit angle saillant
au milieu du bord interne, noir bronzé largement éclairé de
Jaunâtre. La bordure marginale émet, comme chez C. bicincta
des traits internervuraux concolores. Dessous semblable à côte
plus claire.
Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale
noir bronzé. Franges des deux paires noir bronzé.
Envergure : 37,5 millimètres.
Type : 1 Q, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1806); Coll. Ch. Oberthür.
Cette très belle Ægerie est nommée en l’honneur de M. Charles
Oberthür. Sa nervulation si particulière et qui nécessite l’établis-
sement d’un genre nouveau ne se retrouve que dans l’espèce sui-
vante, également nouvelle, originaire comme elle du Cameroun
et provenant de la même localité et du même chasseur.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 369
Par analogie avec ce que nous savons des espèces des genres
voisins : Sphecia Hbn., Sphecodoptera Hmpsn.,, Ægeria F., Trilo-
chana Moore, etc. je pense que ces deux espèces doivent être
mimétiques d’Hyménoptères Aculeates, mais aucun renseignement
ne permet de rapprochement même approximatif et je me borne
a attirer l’attention sur ce point. :
Callisphecia bicincta n. sp. (PI CCCLXXX; fig. 3186).
©. — Vertex noir brun; front gris ardoisé lituré de blanc
devant les yeux. Palpes jaune terne avec une ligne externe brun
noirâtre sur les second et troisième articles; trompe Jaunûtre.
Plaque iugulaire jaune, mêlée de rares écailles bronzées; poils
péricéphaliques jaunes. Antennes noires. Veux noir brun, ocelles
rose saumon.
Collier brun bronzé, prolongé de chaque côté par une touffe
d’écailles jaunes et blanches. Thorax brun bronzé; ptérygodes
marquées d’un point blanc sur la base de la côte des ailes supé-
rieures; métathorax bordé de chaque côté d’écailles jaune terne.
Abdomen brun bronzé avec deux lignes transversales blanc
jaunâtre sur la partie proximale des quatrième et cinquième
tergites, ces bandes se prolongent sur les pleuræ où elles sont
précédées d’un point jaune au segment 3. Ventre brun plus clair,
avec toute la partie médiane jaunâtre pâle, de la base au dernier
sternite.
Hanches antérieures jaune terne à base brun bronzé; fémurs
jaunes tachés de brun à la base du bord interne et longés infé-
rieurement par une crête de poils rouge orange; tibias brun
bronzé en dessus, jaune roussatre en dessous ainsi que les tarses.
Hanches médianes et postérieures jaune pâle; fémurs médians et
postérieurs jaune roussâtre à moitié basale et sommet brun
bronzé; tibias médians jaune roussâtre, brun bronzé à la base,
tarses concolores; tibias postérieurs brun noirâtre avec la base
blanche du côté interne et le sommet jaune fauve du côté externe;
éperons et tarses Jaune fauve.
370 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Aïles supérieures transparentes semées de quelques écailles
jaunes à la base avec la côte, les nervures, le bord interne et la
ligne marginale brun noirâtre. Trait discocellulaire noir, étroit,
un peu courbé et pourvu au milieu de son bord interne d’une
courte dent; de la ligne marginale partent entre les nervures des
traits concolores fins et aigus. Dessous semblable à côte roussâtre.
Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très
fine ligne marginale brun noirâtre. Franges des deux paires
concolores.
Envergure : 28,5 millimètres.
Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe-
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür
III —— Sous-Famille : TINTHIINÆ
GENRE TINTHIA Walker.
Tinthia spilogastra n. sp. (PL CCCLXXVII, fig. 3158).
Q.—- Vertex non hérissé, noir bronzé à reflet verdâtre; front
concolore. Palpes grêles, noir bronzé verdâtre, à second article
blanc du côté interne; trompe brune; plaque jugulaire blanche,
très légèrement mêlée de bronzé; poils péricéphaliques noirs.
Antennes noir verdâtre. Yeux brun ardoisé; ocelles jaune topaze.
Collier, thorax et ptérygodes entièrement noir bronzé à reflet
verdâtre. Abdomen concolore, à quatrième tergite fauve à
l’exception du bord postérieur qui est noir et des pleuræ qui sont
bordées de blanc; bord postérieur du sixième tergite et sommet
de la brosse anale fauve. Ventre noir bronzé, avec le quatrième
sternite en entier et la base du cinquième blanc pur.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 3
Ni
Hanches antérieures noir bronzé verdâtre, largement tachées
de blanc à la base du côté externe; fémur noir bronzé, tibias noir
bronzé en dessus, jaune roussâtre en dessous; tarses noir bronzé
en dessus, mêlés de blanc à la base des articles, blancs en
dessous, passant au jaune à l’extrémité. Articulations coxofé-
morales postérieures blanches; fémurs médians noir verdâtre,
avec quelques écailles blanches sur la crête inférieure; tibias noir
verdâtre, tachés de blanc au milieu en dessus, terminés par
quelques poils roux: éperons blancs; fémurs postérieurs avec la
base, la crête inférieure et le sommet écaillés de blanc; tibias
noir verdâtre extérieurement, avec la moitié terminale de la crête
inférieure, la face interne et les éperons blanc pur; quelques poils
jaunâtres marquent en dessus le milieu de la crête supérieure et
d’autres, roussâtres le sommet; tarses des deux paires noir bleu
en dessus, blancs en dessous du premier article, jaune roussâtre
sous les suivants.
Ailes supérieures opaques, avec une tache vitrée intracellulaire
linéaire; elles sont noir bronzé à reflet pourpré sur le disque, et
écaillées de fauve sur le bord extrême de la côte. Dessous sem-
blable, à base et côte Jaunûtres.
Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu violacé; nervures
et bordure marginale noir pourpré. Dessous semblable. Franges
des quatre ailes bronzées, plus claires aux inférieures.
Envergure : 23 millimètres.
Type : 1 ©, Haute-Birmamie, Etat de Momeit [600 m.|;
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür.
Très proche de Tnthia cupreipennis \Nikr. de l’Inde méri-
dionale dont le mâle seul est connu; en diffère par la teinte
franchement orange et la largeur des anneaux de l’abdomen; les
palpes noirs et blancs et non ocracés, la présence de blanc aux
pattes et aux articulations coxofémorales et la large macule
blanche ventrale d’où j'ai tiré son nom.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
[#3]
NI
[Le
GENRE ZENODOXUS Gr. et Rob.
Zenodoxus bicolor n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3968).
Q. — Vertex et front gris ocracé luisant. Palpes non hérissés,
courts, rouge fauve extérieurement, plus pales intérieurement.
Trompe jaune. Plaque jugulaire rouge fauve. Poils péricépha-
liques fauves. Antennes fauves. Yeux bruns; ocelles incolores.
Collier, dessus du thorax et de l’abdomen rouge fauve; dessous
du thorax et ventre Jaune roussâtre mêlé sur les derniers sternites
de rouge fauve plus pale qu’en dessus; brosse anale rudimentaire,
concolore terminée en dessus par quelques écailles noires.
Hanches antérieures rouge fauve. Fémurs et tibias médians et
postérieurs rouge fauve plus ou moins pâle, avec les éperons jau-
nâtres; premier article des tarses de la troisième paire jaune
rougeâtre (le reste des pattes manque).
Ailes supérieures noir bronzé à reflet un peu verdâtre, avec la
base rouge fauve; dessous un peu plus pâle à base jaunâtre. Ailes
inférieures transparentes, teintées de brunâtre, à nervures noires
avec une large bordure diffuse d’écailles bronzées couvrant en
majeure partie le disque jusqu’à l'angle anal; champ anal rouge
fauve. Dessous semblable avec ja côte rouge fauve. Frange des
ailes bronzée sauf au bord interne des inférieures où eile est
rouge fauve.
Envergure : 18,5 millimètres.
Type : 1 ©, Plateau de Zaguanado (Dahomey); saison des
tornades [TI-V-1010; ex P. Ducorps, coll. du Muséum de Paris.
GENRE TRICHOCEROTA Hpsn.
Trichocerota proxima n. sp. (PI CCCLXXVII, fig. 3157).
d.— Vertex brun noirâtre mêlé latéralement de quelques poils
jaunes; front bronzé, lituré de blanc devant les yeux. Palpes noirs
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 373
extérieurement de la base aux deux tiers du second article, blancs
jusqu’à la pointe et du côté interne. Trompe brune; plaque
jugulaire brun noirâtre; poils péricéphaliques blancs; antennes
brun noirâtre. Yeux bruns, ocelles cachés par les poils du vertex.
Collier et thorax brun noirâtre; abdomen noir mat sur les trois
premiers tergites, brun bronzé sur les suivants; brosse anale
concolore. Ventre noir de la base au troisième tergite qui est bordé
postérieurement de blanc, brun bronzé dans le reste.
Hanches et fémurs antérieurs brun noirâtre: tibias noirs mêlés
extérieurement de poils roux; tarses brun noirâtre. Articulations
coxofémorales médianes et postérieures bordées de blanc; fémurs
médians et postérieurs brun noirâtre, longés en dessous de blanc
à l’extrémité; tibias médians brun noirâtre avec des poils roux
en dessus avant le milieu et à l’extrémité; tibias postérieurs brun
noirâtre, avec des poils roux en dessus près de la base, au milieu
et à l’extrémité; tarses des deux paires noirs, avec des poils roux
à l’extrémité des quatre premiers articles; éperons brun noir.
Ailes supérieures brun bronzé sur les nervures, le bord interne,
la côte, la moitié antérieure de la cellule et du disque, transpa-
rentes et teintées de roussätre dans le reste; bordure marginale
concolore. Dessous semblable, éclairci de roux sur la côte, la
cellule et les discocellulaires.
Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé-
rencié avec les nervures et une très fine ligne marginale brun
bronzé. Dessous semblable. Franges des quatre ailes bronzées.
Envergure : 23 millimètres.
Type : 1 c, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.|;
2x Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür.
L’espèce sur laquelle Hampson a fondé le genre 7 72chocerata
et représentée par un seul male provenant également des chasses
de W. Doherty en Haute-Birmanie est demeurée unique jusqu’en
1900, date à laquelle le même auteur a fait connaître une seconde
espèce du Sikkim : 7'rchocerota univitta Hmpsn. 771chocerota
proxima semble très voisine de T7ichocerota ruficincta Hmpsn,
374 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
type du genre, dont elle n’est peut-être qu’une variété, mais elle
en diffère par les caractères suivants : tête, thorax et corps gris
noirâtre à l’exception des trois premiers tergites qui sont noir
mat et tranchent vivement sur le fond ; absence de rougeâtre aux
palpes, au thorax et à l’abdomen; palpes noirs et blancs; qua-
trième sternite blanc.
GENRE MYRMECOSPHECIA n. gen.
Q.-— Tête petite, lisse, à vertex large et front plat. Palpes
courts, épais, presque porrigés, hérissés en dessous du premier
article d’une touffe de longs poils. Trompe bien développée.
Antennes courtes, à peine plus longues que le thorax, dépourvues
de pinceau terminal et couvertes en dessus dans leur milieu
d’écailles piliformes dressées obliquement. Yeux petits, ovales;
ocelles très petits.
Corps robuste et épais. Thorax très fortement convexe.
Abdomen cylindroconique, terminé par une brosse anale peu
différenciée, courte et pointue. Pattes de longueur moyenne,
hsses, fortement comprimées latéralement, avec les tibias médians
terminés par une couronne d’écailles piliformes raides et diver-
gentes; tibias postérieurs à crête supérieure un peu pubescente
et terminés comme les tibias médians par des écailles pihformes.
Ailes longues et étroites. Ailes supérieures à processus basal
très marqué; cellule très longue, atteignant presque les trois
quarts de l’aile et terminée en triangle équilatéral par suite de
l’obliquité presque égale et convergente du quart terminal de la
S-C et des discocelluiaires. Nervulation : nervure 1 obsolète,
2 absente, 3 de l’angle inférieur de la cellule, 4 plus près de 3 que
de 5,7et8 non tigées, naissant du même point à la pointe extrême
de la cellule qui correspond à l’angle supérieur de la cellule,
9 et 10 à égale distance, 11 largement écartée de 10.
Ailes inférieures à cellule étroite dépassant de peu la moitié
de la longueur de l’aile, bord abdominal parallèle à 1 c. Nervu-
RE
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 375
lation : nervure 1 a absente, 2 et 3 très rapprochées à la base et
largement écartées de 4 qui part de l’angle inférieur de la cellule;
discocellulaire supérieure courte et oblique, inférieure deux fois
plus longue et verticale; $ partant de l’angle des discocellulaires,
remontant obliquement vers 7 à laquelle elle est reliée par une
très courte barre verticale puis s’en écartant pour aboutir norma-
lement au bord externe, entre la nervure 4 et l’apex; 6 absente.
Génotype : Myrmecosphecia Le Moulti n. sp.
Myrmecosphecia Le Moulti n. sp. (PI. CDLXXIX, fig. 3058).
Q.— Vertex et front noirs. Palpes noirs, à troisième article
mêlé de blanc en dessous. Trompe rousse; plaque jugulaire noire;
poils péricéphaliques très courts, blancs. Antennes noires à
sommet roussatre. Yeux brun foncé; ocelles jaune topaze.
Collier et thorax noir bronzé. Abdomen noir bronzé luisant à
l’exception des trois premiers tergites qui sont mats et dont les
côtés sont écaillés de brun rouille. Ventre noir bronzé, à quatrième
sternite blanc.
Pattes des trois paires noir bronzé avec la crête inférieure des
fémurs longée de blanc et de rares poils raides et roux au sommet
des tibias et des articles des tarses en dessus.
Ailes supérieures opaques noires, passant au ferrugineux
sombre dans la cellule; espace terminal transparent assez large,
parallèle au bord externe, graduellement fondu et en partie
recouvert d’écailles concolores, plus denses vers l’apex. Dessous
noir pourpré.
Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale
finement écrites en noir. Dessous semblable. Franges noires aux
quatre ailes.
Envergure : 32 millimètres.
Type : 1 Q, Guyane française, Nouveau Chantier VI-1909,
ex E. Le Moult, Coll. F. Le Cerf.
Comme Ægeria ovinia Druce et Szncara manoba Druce à
laquelle elle ressemble beaucoup superficiellement, cette curieuse
370 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
espèce paraît mimétique des Syntomides du genre Awycles HS.
et plus encore du genre Myrmecopsis Newm. qui eux-mêmes
copient des //yménoptères. Quoique n'ayant pas l'abdomen
étranglé à la base, au moins chez la femelle, seule connue jusqu’ici,
c'est de Myrmecopsis crabronis Druce, si commun à la Guyane,
que son faciès la rapproche le plus.
Myrmecosphecia Le Moulti est dédiée à M. E. Le Moult, mar-
chand entomologiste, qui l’a découverte.
Famulle ?
GENRE NINIA Walker.
Ninia plumipes Drury (PI. CCCLXXXI, fig. 3197).
Sphinx plumipes Drury, Illustrations of Natural History, III, p. 3, PI. II,
fig. 3 (1782).
Melittia? plumipes Westwood (J. O.), Illustrations of Exotic Entomology
Lrééd'eDrte| bp PINOT ho Css):
Ninia plumipes Walker (F. D.), List of the specimens of Lepidopterous
Insects in the collection of the British Museum VIII, p. 72 (1856).
Cicinnocnemis cornuta Holland, Journal of the New-York Entomological
Society, I, p. 181 (1892).
Décrite et figurée sous le nom de Sphinx plumipes par Drury,
(1782) et comme Melitlia ? plumipes dans la réédition que
Westwood a donnée de l’ouvrage de Drury, cette belle et inté-
ressante espèce parait être demeurée rare dans les collections.
A l’époque où Walker publiait son volumineux travail : List of
the Specimens of Lepidopterous Insects in the British Museum,
aucun exemplaire n’existait en Angleterre; cependant frappé par
cz
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 377
sa singularité, 1l n’hésitait pas à la séparer des WMelitlia et à en
faire le type d’un genre spécial : Nina, auquel il n’assigne d’ail-
leurs que des caractères visiblement tirés de la figure de Drury.
Boisduval ne la connaissait pas non plus en nature et n’en parle
même pas dans le Species Général des Lépidoptères, Hétérocères I
(1874).
Plus heureux, Plôtz, en reçut un individu d’Aburi le premier,
vraisemblablement, arrivé en Europe depuis Drury, et par surcroît
une femelle, ce qui lui permit de donner par comparaison avec le
texte et la figure originale de Drury les principaux caractères
différentiels de ce sexe (Stettiner Entomologische Zeitung, XLI,
p. 77 (1880).
Possesseur d’un mâle de l’Ogooué, Holland rapporte en 1802
(Journal of the New-York Entomological Society, I, p. 182) n’en
avoir vu aucun exemplaire dans les Musées ou les Collections
particulières d'Europe qu’il avait visités. Abusé peut-être par la
figure défectueuse dans le détail de Drury et ne pouvant pas la
reconnaître dans les descriptions insuffisantes de Walker et de
Plôtz, il la décrivit à son: tour en créant pour elle le Genre
Cicinnocnemis. La figure noire qu’il en donne est médiocre, mais
ses descriptions génériques et spécifiques sont bonnes et com-
plètent heureusement, pour le mâle, les indications par trop som-
maires des auteurs précédents.
Depuis quelques auteurs ont encore signalé cette espèce, mais
toujours par exemplaires isolés. La collection Ch.Oberthür contient
une magnifique femelle remarquablement fraîche et qui présente
avec le mâle, soigneusement décrit par Holland, les différences
suivantes :
Forme moins élancée et coloration générale plus foncée; abdo-
men dépourvu de pinceaux de poils latéraux, ovoide et terminé
en pointe par une brosse anale très courte à peine différenciée,
bordée de jaune orange au sommet; pattes postérieures dépour-
vues de touffes de poils hérissés à la base des tibias; ailes infé-
rieures noir bleu foncé comme les supérieures mais avec le disque
bleu de Prusse brillant. Le ventre est jaune orange à l’exception
378 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
des deux derniers sternites et des traits de même couleur bordant
les côtés des tergites.
Envergure : 51 millimètres.
1 ©, Kamerun, Lolodorf, ex L. Conradt (1894-1895), Coll.
Ch. Oberthür.
Ninia plumipes Dru. a été retirée assez récemment des Aege-
ride et placée dans les Zygœenide (ou Anthroceridæ), à cause
de la présence aux aiies supérieures de deux nervures dorsales,
1 c étant présente. Réservant pour plus tard mon opinion quant
au bien fondé de cette attribution, je constaterai cependant que
si sur ce point Vinia plumipes est, en effet, anormale pour une
Aegeriide, à d’autres égards elle ne l’est pas moins comme
Zygenide.
3
TABLE ALPHABÉTIQUE
des Genres et des Espèces
ADIROA ET AMP"... PR er nee cdi s caen apu eue Sas ee
PP RE En me ec come Um te trempe caen oes-rens eue
RE D Screen etneee mea mens ceenceces sept
AECDROSÉEE CANADIEN eee ee es eee rec Ceres cree
ROUE DE PA AIO PS DE sec. de passe nee ax eeenecanseescenese
EURE OPA) D SD ee ee ere de cer seetnans rhone jeta deeus rene meennonso
ANRT EMMENOP TER) US. de ete er raaneoperatare senc eieeenaeee
dlbomaentatan (y e no DheCiA) D Sp sense rer amener
AB AN ETES DURE eme Grenada mare es auesecauese races cases.
tnibomensis (We Er) IREl EN ee een eomennesonenmesdededsee sienne es
Ad A (PATANÉATENE) NUE NS D... nee errec nes serre paca suivientee
ANGES QD TEA LL ON DATE) Ne AE COR OP Re RER SR EU
dstaca (elitlio amboinensis Feld) VAT) ND. VAT... diese cas
RACINE DIE CHA) ESP een cree eee cendres ua in te evene ncer
PRE nn CIEL OS PATIO DA) MIS AR NL ee nv puene ti era mnime desc senese noce
PE LONIS DEC) NE SDL: censure sens conan ememuscg arab ue ste douues ons
DEVONS ENS UIMCULLI EE CARS SACS RRRERERR RE RARES PR RER CE RER
PROS MS PM AC AO) SD uno oder bnte ce tee rte
Bandes eadonmeltn) ni Sp. ta irnsees0 Ms dard e one doit
RON CPE OS DGA NE SN en aie à esta ane cn Si dune eee dos ri
DC NOT D hECIA) DA ISDI en este even cena er ren Se
ROSE) A NS DES Rs nso nc uretoreues cent dancee nie eee AA ;
ESS IGN ET SALES VOS CORP RRRRREEPRRR E PRE ER Ee LE
ROME 07) An SD Ne verte cnrs mans en ce ndent Dee deco
Boulet (l7#ochana Oberthüri Var!) n.-Var....î1i us access
ÉuvienMPenes PRE EU) Sens dunes aie ranenr een eec een a ie de
Brabant (Meliliie) nAsp............, AE SE ES MP TPE PRE EE Ce
Sera CON /2C AN NS DE NU se a fees NUE Revu à
BaSiranthemonispec;2)in. Sp... des tbe EU) tt
Lo)
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Co
ND =1 OT 9 19
D 1
_ pe
380 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PAGES
CALIISPHECTA De DO. Men rs Er EE 367
calliptera (AeSer0SDhec12) DISp ere ne ne 364
CADEIDATA ND: PEN... ee me Se 0 ee 248
celebica (WeZitlia amboinensis Feld' var )Vn} var. 193
celébica/(Parenthréne) n\Sp.2e. ee der ee te PE 264
cerceris (Fes pan reLOn) nr Sp A eee re te 330
cetou(Welitlia cucurbiie arr var) NVesta 20222222 75e 158
chaléiformis. (17/2/1141a)) Fab. eee tee Ce 180
CHAMASPHECTANSpUL. 7. sen nee ee 290
CHAMANDEHE DONNE MORE EEE rec creme eee eCe CeEe e CC-- CE Cr CEE 287
Gharlesi (Paramthrene) ne SDL e-crec eee EE 255
Ghatanayi (PSEAdAICOLR OC) D Sp. Dec cesce eee ec 321
chimana (We Zi) Me Sp RU eee ce rc EE 163
chpysomelæna (Py70PLETON)Nn. SD... re. eee ce CEE 294
chrysophanes (Syranthedon) MEyr.... nr ee 297
clara (Synanthedon gUVARENSIS VAT.) VAT: -rcrneee 303
clathrata (Charesphecta) D Sp. eee res 291
columbica (CSÉ220SDRECIR)NR., SD. ere nee 286
combusta (WE0SDhREGIG) M SD. en 231
concavifascia (SYAGNTAELON) NN SD... 2. ee ee ee 313
conroana(/e/2/0ut) Mn. SD e.ereee eee eee CEE 172
cristallna (P47aSe514) RNSp Re EEE 322
custata (O2c0phtebia) on: sp... Le ce 213
cucurbite, (ea) arr. 2, ee cac nel EEE 155
cyaneitera (M e/t10) NNIKES.. ee ee ee » 215
David (Paranthrent)in. Sp rec eee CR 259
dimorpha (Syraréhedon) "Sp ee RUES 310
DIPSOSPHECIA US PU... encre ect ee re Ce 292
distineta (187/412)4n sp... 22 eee Ce eee 203
Doddi (Welittia amboïnensis Feld: var.) n.. Var." Fee ee 196
Dybowskin (AZ01n4) mn "Sp... Ne PNR ES 324
Ellenbergeni(Æpisannint) D Sp... ec cer 319
EPISANNINA ATV Me incl RENE 319
Eurytion (17e/1/014) NN este ARE ECS 176
ferruginea: (Osm12ni2) MD. Spirit. ARR CORRE 328
flavipectus (Synantheédon) nn. sp... EPP EEE 306
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 381
PAGES
Hévocastanea (22222 RPrIR) Sp... 1..28-2. rte eda scene ee bee srate res es 282
Haivostrirata (Syranthedon) 'n. Sp... MMA ANR Resa 298
MNIVERENS (AE BErOSDRECIA) D. SSD ee nest Nec raehe 365
nest OU ie au) nt SD a LE 2 CE Te co Eee 164
DT (VPN ACTU ANT SP. nescne seed seeds ton tee 307
Sleaniipes CE BAIOSAHECTD) D, SD... ere doreses cecnmu eg eess ee 0e ehe 360
Foie an(s TO EI ML MOIS EC ER EUR 363
CNE CM AGTOLATSÉLDOES) A, SPL. Lens eodeurucpe evo 40e orne ere cues 341
PNEUS LS PRUMAMAUN NT SD...2 tree perte dorcivseteses merde 301
Houei(Macrotarsipodes)n sp... nus. PRÉ RR 343
See TI A DIET © PER ERRRRe e 262
Eee QC) Si QE, CPP RER ER RER RER 166
ÉTETEROSPHECTANTENREN seems ee-c-e-ceee 243
open TAUPE) MR SD Me senene-cron rose encens daesretee recu eee 233
ÉRMPNOSPEE CAT OCT eee en comtesse mie dut accent ere 283
Hbochroman(C Amar /RE Don) Sp. nec meseee 288
TÉHNEUMENDPPERAMIELTRPSN ME. 02.0 sec arc eco ere gusresemu es Sreeceses 318
RÉ C(S 2700) DS 2 a cereecr escroc feu races reanseneerssen reset 272
PDG QUE TRE ISSN ERP ER 182
AMONT CAT O)S ES RE ee 308
javana (Melittia amboinensis var.) n. var..................................... 197
A PR An LR TOME) SD nn eee der es ce eoen cac lisses 265
ns SV A227 04 TON )NR SD, 2 rene die ee teens eoerateeses 305
ÉD CE a a) AR Sp TC A Re sua 214
ae et) TE) IE ORE PPRORREEETEEESE 161
Paboissierer (Melia) nn. Sp... issue soseressraset ent 229
lahimaspo (IL E/24610) BE. etes een sentis reseeoaceseese 219
Le Moulti (Myrmecosphecia) n. Sp..,......................................... 375
POPEAGERIANT- DOM... doc cmneasscsréee. das seeemsnon ma ares tene ee 281
hmpida (Paranthrene) nm sp... essence ARTE R M RNREre 256
Louisa (Melittia) n. sp... AR Re EE OL EI EEE LT D Les 221
382 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PAGES
MACROYARSIPODES Ti. gen... mee entr Ouen es rene 338
maculiventris (Syranthedon) n. Sp....…...4......t3.t teste 304
madureæ"(Melitiia)/m:i Spin. dnerete. tee PES NE PRES 110
marangana. (MWe/if/ia). mi) Sp-23.. 74 ee I LPO RRE PE 188
Meeki (Weliitis ambotnensiS War.) D. 0VAE...... 2.2 eee CE 195
Meeki\(Paranthrene) DRUCE:-.-..--. ce trust Ce e Tea 266
MEGALOSPHECIA DD ED. ren eserceme secs Rec ee ER CODEN 359
Melanochalcia (ÆAiSanninelen sp... Co DE 319
M'ELANOSPHECIA D. DEN... cesaraesese dense Cac ce CE 245
MELITELA EDR TE eue end es daecnistetbe sens ee TO DE 150
NPBELPLINA ON SCENE Member eec ace ces eee ee D CPE 239
METASPAECIANNIL OS EN... eee cote CEE 335
minima (CAAMESDRECIA) D, SDL. eee eus 290
modesta (SylphR ia) ne Spies in rnrhecc er AT CODE 349
MYRMECOSPHECIA"n: Pneu cccctsesccpeo tee eee LES CES 374
myticus (Aelerosphecia) ni Spin .n.-tieccccbee h P 244
natalensis (Wet) DEr. VAR 2.000 2 Re RPC TERRE 167
N'ÉCSPHECIA, n.58:.: 104 ones me ee OU RE 236
DEAN (M ElLTING) M. SD:..20 222282 Mn lasse cac ce vee re DE 239
INTINTANSINV IT 22e. 22e rt ogenneacenoae disease nee eee eee Eee EDR 376
Obérthuri (CallisDhecin) ns eee EE EE 367
Obérthüri (Callith10) nn. Sp:22. race atarsemeee ee ee 249
Oberthüri (W6/72/10)4n Sp ia ee one EE 220
Oberün (Parenthrene) DAS Re RO RE 267
Oberthür (PHogothauma) ne sp... ME RER 251
Oberthür (Spzera) Le Cent Rt. eRNTe RER A 362
Obérthün (7 710chand) D. SD. RSR EE PE 353
obscura (Mepalosphecia sigantipesvar-)\n' var" #0" 11 361
occidentalis (Welitéis nalalensisBitle var )n Var 167
OEIGOPHLERIA EMpsns 2557 LC PS 273
OSMINTA nn: pen in ee M TE UE EE 327
Ovinia (Aegerina) Druce..s 2 Ne 333
PARANTHRENE HR 652500 ce neee RCE LA OO PNR 255
PARASESIA N. DEN. 45.220 vesce crier et 0e 0 ON TIRE 322
pauper (Welittia) sera RE RC RE 169
pauper-(S9/2Hid10) "RSR RER PRES rail HN EAN 20 350
pellecta (Welittia) Symbian tr CONTES 168
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 333
PAGES
nrocida (Sym Le: Cerk...sss ete ee EME MR A 346
LRO ANRIEL. LEARN SSSR PRES Se SES PERRET 251
MIpES (NAT) DEURY.. "2.020. neen ardent eee lande 376
ETAT) ETS EPP RE RE ER Re RE ane 210
LEON CES PRIS UT, CR RE EE CE EN 234
TOM ST PO ete ee ARR EE Hs 2175
AT M LEA LEURS RO ER ER EC SRE 186
PanreEn a PIE RO GER OA Spirit tree es ue neeees cer due te ceie 312
LD DAME SET ET TC PE On 320
PSEUDOMELITTIA n. gen. ....…. en dReress tatin ra Re ER . 240
Re A SU AA D) SD = ce ne dec cue eus et nue rod etes Sid mare 348
nes (AO) NRA nn des meer ei onee 159
EAMROPEE ON NIENER SE Pecmetee nine. ec eee 294
red A (EE Cyaneiera NNAKT, Var. )Nn- Var... rires 218
ROTEEUES AURA OT IE ANUS VRP NE PE een RE 235
SRG er OM AA 2170 ON ST 0 100 RPM RER RES 150
SCO N ( 7 PCR) EMOOES e ueotence erers arc US:
SéRuaS (Macro zrSp0ES)lEAMPSN A VAT... 2-0. heree edf 341
HEURE (CTP EPS DR SRE ERP RES TRES RTE RENE 253
SP OAIE DT NRC PR Re en ECM t een douane ensn e suur aucunes 0 tot à 362
FLOU AU A ne CORRE ER 370
Sn Er) BON ER tisse miser 113
SDEMOSPHE CEA ATEN D. eee cree ets LRO RARE ER RES 285
SHÉAUEATUS (ST MAATRETON IDÉES: 0-01 eaa nee doc root one rose mate ee à 295
HET A PCA ONE RME APP Rte 208
SUR TG SE 271
PRADA EN CE neue chatucc een sne ac soon 346
CR SNA D ONE ER A nc aude sétcr cute 295
SE AD OS ER eee eo remmnenne neurones 205
ON OS PDC TARDE RE 0 Annee meer game socuss ere terceroroe cts pe 280
RENE TRE TT NS Eee RE CO OCR REEEE" 292
tcanventas (S VAPEUR) Re SD... nes detoer sereine tocee ct p 31%
A NT ER Une mr ann teee à eo onu à eve vases ed eee ee 370
HAMCHOCE RO PAPERS eee nee rod cvavesp st mnaue eue 372
PHELRC OS AE TO TPE AB LES) I SD ee erecenncune si sci eupeassse assoc 200s 339
MEPOCHAN MANIERE SR eu csv usa 352
ASUS GTA NRA CR) ES DE LE der ne res nantes as dtee sons d einen les 261
334 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PAGES
üusambara (Melle) En; Sp: see RE RER EE 231
Vassel. (Aegeria)n Sp RE RC ete it NES 331
versicolor (SYnanthe lon) D, Sp: 0 eee eee TU CR ne 296
VESEANDHE DONNE Lin rceeeee see Creer re In Te PE 329
Vietrici(We Ti )hne Spas: 2e ee ne ee 224
Vouauxir (PrO BR RETI) De SpA SR PR EE 276
Vuilletuetasphecia) ne espe Re ne OR er A 335
Waterloti (Wacrotarsipodes sexualis Hmpsn. var.) n. var... 341
Kanthopleural(CAamanthELON) D Sp 289
Aanthopus (et). Sp re ee 209
ZENODOXUS GE: RGP: 2 eo een ce SU EE 372
Zoneiventns (Para renE) Sp 257
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
EXPPICATION" DES PLANCHES
PLANCHE CDLXXV
3910. MELITTIA SATYRINIFORMIS Hbn., C. Bogota, Colombie.
3911 ee CUCURBITAE Harris, CG Q. Amérique boréale, ex
3912 Mus. Dris Boisduval.
3913 ) MELITTIA CUCURBITAE Harris, var. CETO Westw., O' Q. New-
3914) York, ex Coll. H. Deckert. — New-York, ex L. Feld.
3015. MELITTIA PULCHRIPES Wikr., Q: Vénézuela.
3916. MELITTIA KHMER n. sp., ©. Angkor, Cambodge.
3917. MELITTIA NATALENSIS Btlr. var. OCCINENTALIS n. var., ©.
Haut Oubanghi, Congo français, ex M. Viancin (1895).
3918. MELITTIA FUNESTA n. sp., Q. Brésil, ex M. Pechetto (1854).
3919. MELITTIA HERVEI n. sp., Q. Chanchamayo, Pérou, ex Oswald
Schuncke (1912).
PLANCHE CDLXXVI
3920. MELITTIA BATCHIANA n. sp., ©. Batjan, ex J. Waterstradt
(1904).
3021 MELITTIA INDICA Btlr., ©. Indo-Chine, ex J. Harmand
3022 (1871). — Sikkim, ex chasseurs indigènes du R. P. Bre-
taudeau.
3923. MELITTIA PROXIMA n. sp., O. Darjeeling.
3924. MELITTIA POWELLI n. sp., ©. Chanchamayo, Pérou, ex
Oswald Schuncke (1912).
3806
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
3925 MELITTIA LATIMARGO Btlr., O' Q. Curityba (Etat de Parana),
) Brésil, XII-1913, ex P. Lombard.
3027. MELITTIA BRABANTI n. sp., d. Gourdonville, Guyane fran-
çaise, ex E. Le Moult (19090).
3928. MELITTIA BOULLETI n. sp., ©. Mozambique, vallée du
Pungoué, Guengère, ex G. Vasse (1906).
PLANCHE CDLXXVII
3929. MELITTIA ÆTHIOPICA n. sp., Œ. Abyssinie, ex Schimper (1850).
3930. MELITTIA LABOISSIEREI n. sp., ©. Uganda VI-oth.
3931. MELITTIA HOULBERTI n. sp., ©. Uganda VI-23th.
3932. PSEUDOMELITTIA BERLANDI n. sp., O. Afrique orientale alle
mande.
3033. MELITTINA NIGRA n. sp., ©. Brésil, ex E. Le Moult.
. 3934 ) MELANOSPHECIA BOUVIERI n. sp., QQ. Lohaban, Bornéo,
3935 ) ex R. Oberthiür (1898). — Le Sebroang, Bornéo, ex
P. Chaper (188.).
. 3936. PARANTHRENE DAVIDI n. sp., O. Principauté thibétaine de
Mou-Pin, ex P. Armand David (1871).
3937. PARANTHRENE TRISIIS n. sp. Q. Hué, Annam, ex Vitalis
(1907).
3938. ALBUNA DYBOWSKII n. sp., ©. Congo français, ex J. Dybowski
(1896).
PLANCHE CDLXXVIII
3939. AEGERIA VASSEI n. sp., Œ. Mozambique, forêt de Inhanconda
(Province du Gorongoza), alt. 350 mètres, ex G. Vasse (1907).
3940. EPISANNINA MELANOCHALCIA n. sp., ©. Mozambique, Vallée
du Pungoué, Guengère, ex G. Vasse (1906).
3041. EPISANNINA ELLENBERGERI n. sp., O. Lambarené, Ogooué,
Congo français, ex R. Ellenberger (1913).
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 387
3942 ) SYNANTHEDON CHRYSOPHANES Meyr., O'Q. Australie, Towns-
3943
3944.
3045:
3946.
3947:
3948.
3949.
3950:
3957:
3958.
ville (Queensland), e. 1. 17/19-VI-1901 et 1910, ex
RP Dodd.
SYNANTHEDON BENOISTI n. sp., S. Guyane française, Gour-
donville X-1914, ex R. Benoist.
SYNANTHEDON GUYANENSIS n. sp., ©. Guyane française,
Godebert VII, ex E. Le Moult.
SYNANTHEDON FLAVOSTRIGATA n. sp., d. Mexique, Tabasco
(1913).
SYNANTHEDON AUTREMONTI n. sp., C. Brésil, Etat de Minas-
Gerars eme Le Moult (ior2):
ICHNEUMENOPIERA ALBIVENTRIS n. sp., O. Lambarené,
Ogooué, Congo français, ex R. Ellenberger (1913).
PLANCHE CDEXXIX
METASPHECIA VUILLETI n. sp., ©. Koulikoro, Haut Sénégal
et Niger, 5-VI-1912, ex D' Vuillet.
SYLPHIDIA PERLUCIDA Le Cerf, ©. Lambarené, Ogooué,
Congo français, ex R. Ellenberger (1913).
. MACROTARSIPODES GRANDIDIERI n. sp., Œ. Tananarive, Mada-
gascar, ex Sikora.
MACROTARSIPODES HAUGI n. sp., Œ Q. l:ambarené, Ogoowé,
Congo français. ex KR. Ellenberger (1913).
. MACROTARSIPODES SEXUALIS Hmpsn. var. WATERLOTI n. var.,
Q. Porto-Novo, Dahomey, ex J. Waterlot (1912).
55. VESPANTHEDON CERCERIS n. sp., 9. Mozambique, forêt de
Inhanconda (Province du Gorongoza), alt. 350 mètres, ex
G. Vasse (1906).
56. OSMINIA FERRUGINEA n. sp., O. Mexique, région de Cordoba,
ex L. Conradt (1901-1903).
HYMENOSPHECIA ALBOMACULATA n. sp., ©. Uganda VI-oth.
MYRMECOSPHECIA LE MOULTI n. sp., Q. Guyane française,
Nouveau-Chantier VI-09, ex E. Le Moult.
388
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
3964.
3965.
3066.
3967.
3968.
3969.
3979.
3971:
3972.
3973:
PLANCHE CDLXXX
. SURA IGNICAUDA Hmpsn., ©. Java occidental, Mont Gédé
[1.000] VIII-1802, ex H. Fruhstorfer.
. TRISCOLIA RUBIGINOSA F. Java.
. TRILOCHANA SCOLIOIDES Moore, ©. Darjeeling, ex Môüwis
(1891).
. TRISCOLIA PROCER illig. Java.
. TRILOCHANA OBERTHÜRI n. sp., Q. Java occidental, Mont
Gédé [4.000], VIII-1892, ex H. Fruhstorfer.
PLANCHE CDLXXXI
MELITTIA PELLECTA Swh., d. Cambodge.
MELITTIA USAMBARA n. sp., O. Afrique orientale allemande,
Usambara, Pangani, ex L. Conradt (1891).
STENOSPHECIA COLUMHBICA n. sp., Q. Santa-Fé-de-Bogota,
Colombie.
CHAMAESPHECIA CLATHRATA n. sp., Q. Congo français, Lam-
barené, Ogooué, ex R. Ellenberger (1913).
ZENODOXUS BICOLOR n. sp., Q. Dahomey, Plateau de Zagua-
nado, saison des tornades, III-V-1910, ex P. Ducorps.
SYNANTHEDON BENOISTI n. sp., Q. Guyane française, ex
C Bar
SYNANTHEDON GUYANENSIS n. sp. f. Ç CLARA n. var. Guyane
française, Nouveau-Chantier VII, ex. E. Le Moult.
SYNANTHEDON sp. À n. sp. ©. Guyane française, Cayenne,
par Caternault, ex coll. A. Guénée.
SYNANTHEDON sp. B n. sp., Q. Principauté thibétaine de Mou-
Pin, ex P. Armand David (1871).
ALBUNA AFRICANA n. sp., Q. Togoland, ex L. Conradt
(1892-93).
PV
Considérations sur quelques Espèces
de LYCAENA
Dans le Volume XII des £/udes de Lépidoptérologie comparée,
paru en 1016, j'ai publié, aux pages 453-520, des Considérations
sur plusieurs Espèces de Lycaena et j'annonçais (p. 513, 514)
« que nous avions formé le projet, M. Harold Powell et moi,
d'étudier, l’été prochain, si possible, dans la lande bretonne,
l'existence larvaire des Zycaena dont on rencontre les imagines
en si grand nombre ».
J'ajoutais ces mots : « En nous quittant, cette année, au mois
d’octobre, pour retourner dans sa famille à Hyères, M. Powell
exprimait l’espoir de réussir en quelque façon, lors des prochains
beaux jours, à faire progresser nos connaissances biologiques
relativement aux Zycaena ».
Nos intentions ont pu se réaliser, ce qui n’est pas toujours le
cas dans les affaires humaines. Après le dur hiver 1916-1917, le
printemps et l’été sont revenus nous apporter leurs sourires et Je
me suis de nouveau trouvé favorisé à Rennes de la très aimable
compagnie de M. Harold Powell.
Ma santé ayant beaucoup laissé à désirer, J'ai été empêché de
me rendre, aussi fréquemment que Je l’aurais souhaité, sur la
iande, avec mon cher et excellent collaborateur.
26
300 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Cependant 1l m'a été permis de faire quelques excursions pour
lesquelles un de mes petits-fils, Hervé Oberthür, qui annonce les
plus belies dispositions entomologiques, a pu nous donne: le
concours de sa juvénile ardeur. En même temps, Hervé jouissait
et prohtait des leçons si expérimentées de M. Powell.
Le but que nous nous étions proposés, pour cette année 1917,
était d’avancer la solution des problèmes relatifs à la biologie
des Zycaena Alcon et Armoricana.
Dans les deux cas, M. Powell a réussi à pénétrer le mystère,
mais sans parvenir toutefois à résoudre tous les points litigieux.
Il a pris, au jour le jour, les notes que je livre immédiatement et
sans plus attendre, à la publicité, dans les Æ/udes de Lépidop-
térolo gie comparée. Ces notes ont le mérite de la plus scrupuleuse
exactitude. Les faits sont relatés simplement, comme nous les
avons vus, et avec tous les détails qui n’ont pas paru indifférents.
Ils relatent les déceptions et aussi les succès obtenus, au fur et
à mesure qu’ils se sont présentés à nos observations.
Nous inspirant des connaissances déjà acquises relativement
à Lycaena Arion et que nous a transmises le savant Docteur
T. A. Chapman, nous avons, par voie d’induction, essayé de
nourrir la larve de Zycaena Alcon, au moyen d’une nymphe de
fourmi, lorsque la larve en question délaisse la nourriture végé-
tale qui a assuré son existence durant ses deux premiers stades.
Présentement les chenilles d’A/con continuent à sucer le liquide
qui sort des nymphes de fourmi. Mais nous aidons à l’effusion
de ce liquide et nous agissons par moyens artihciels pour sou-
tenir la vie larvaire de la Zycaena Alcon.
En résumé, trois points semblent acquis
1° La chenille d’A/con, pendant les deux premiers stades, se
nourrit de la fleur de Gentiana Pneumonanthe ;
2° Ladite chenille, au 3° stade, quitte la fleur qui a abrité ses
débuts à la sortie de l’œuf et elle accepte, en captivité, de sucer
le liquide qui sort du flanc ouvert de la nymphe d’une fourmi;
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 301
3° La même chenille, mais dans la libre nature, est emportée
par une fourmi.
Là s’arrête notre science.
Nous ignorons encore où la fourmi l’emporte et comment la
chenille se comporte dans le lieu où elle a pu être portée.
Quant à Lycaena Armoricana, voici ce que nous avons appris :
La femelle pond sur l’Ulex europaeus ; la petite chenille se
nourrit de cette légumineuse et se transforme en chrysalide sans
changer de nourriture. Elle alimente, au moyen de sa glande
à miel, une fourmi qui vient la sucer.
M. Powell a élevé plusieurs chenilles de Zycaena Armoricana,
ab ovo; il a obtenu quatre chrysalides qui sont attachées par un
fil. Nous attendons l’éclosion de trois de ces chrysalides qui sont
encore bien en vie. La quatrième est morte desséchée.
La Zycaena Armoricana a deux émergences par an; la pre-
mière en mai, juin et commencement de juillet; la seconde en
août et septembre, même en octobre.
Probablement, tous les œufs pondus en juin et commencement
de juillet n’éclosent pas en août et par conséquent ne donnent
pas des chenilles capables de produire des papillons d’arrière-
saison; sans doute une partie des œufs hiverne, ainsi que ceux
résultant de la ponte de fin d’été et de commencement d’automne.
Mais nous n’avons pas encore la clef de ce problème. D'ailleurs,
malgré toutes les investigations de M. Powell et d'Hervé
Oberthür qui se révèle : oculatissimus, il a été impossible de
trouver des chenilles de Zycaena Armoricana écloses dans la
libre nature.
Des chenilles d’A7giolus, d’'Argiades ont été découvertes,
vivant sur l’Ulex nanus. Argiades vit aussi chez nous sur l’Æytca
ciliaris; mais aucune larve d’Armoricana n’a pu être distinguée
dans les pousses piquantes de l’ajonc dont elle a d’ailleurs la
couleur et où elle s'enfonce pour se mettre à l’abri.
302 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Dans ma situation de malade pouvant difficilement et trop
rarement me déplacer jusqu’à la lande fleurie dont la vue et le
parfum ont pourtant un si vif attrait pour moi, ce fut cependant
une joie dont je dois rendre grâces à Dieu, de pouvoir observer
au milieu des tubes de verre où M. Powell conservait vivantes
les chenilles de Zycaena et les fourmis, les relations si curieuses
desdites chenilles avec les fourmis.
C’est:à M. Harold Powell, à sa sagacité, à sa patience que
rien ne décourage, à son expérience consommée des choses de
l’Entomologie que la Science sera redevable des notables pro-
grès accomplis.
Tout n’est pas dit : non seulement les investigations seront
continuées ; mais elles continuent encore au moment où J'écris ces
lignes. Ce supplément aux Considéralions imprimées en 1916,
recevra lui-même un supplément. C’est ainsi que nous ferons,
grâce à l’obligeance du Docteur T. A. Chapman, connaître les
noms spécifiques des fourmis désignées par une simple lettre À,
B, C, D, E, F, A &is, au cours des notes de M. Powell. De plus,
nous nous efforcerons de réunir d’autres observations sur la sym-
biose des fourmis et de la chenille d’A/con en liberté.
Il reste des lacunes à combler. Néanmoins la voie ouverte paraît
bonne et on trouvera bien légitime que J’exprime ici, à M. Powell,
ma cordiale gratitude et mes bien affectueuses félicitations.
Rennes, 17 septembre 1917.
CHARLES OBERTHUR.
Observations biologiques
concernant la LYCAENA ALCON
Par Harold POWELL
Le 10 août 1917, J'écrivis à M. le Docteur T. A. Chapman, à
Reigate, une lettre dont voici la traduction française et qui me
semble préciser les éléments des recherches entreprises relative-
ment à Zycaena Alcon :
« Je vous ai envoyé par la poste, hier, environ 18 œufs de
Lyc. Alcon. Cette fois, il n’y a pas de doute; 1ls sont non-éclos.
J'étais sur la lande de Laillé, le 5 et le 6 août, et J'y ai trouvé
Alcon abondant et très frais. Jusqu’à cette date, les Q n’avaient
pas fait grand progrès pour la ponte; mais 1l est vrai qu’elles
étaient encore peu nombreuses et qu’elles paraissaient écloses
seulement depuis deux ou trois jours. J’ai observé une © en train
de pondre; elle vola bas sur le terrain jusqu'à ce qu’elle trouvat
une Gentiane ayant des boutons de fleurs (elle avait examiné ure
plante sans boutons mais elle ne s’y était pas arrêtée). Elle se
posa sur le bouton terminal, ferma ses ailes et commença à fouiller
avec l’extrémité de son abdomen, en cherchant un point favorable
pour y déposer le premier œuf.
Après que celui-ci fut pondu, vers la base du calice, protégé
par une feuille, elle recommença à fouiller de nouveau, en se pro-
menant sur les boutons du sommet; sans quitter la plante, elle
déposa six œufs, placés, pour la plupart, sur les calices ; un œuf
fut collé sur la tige, tout près du bouton. Ensuite, elle s’envola.
Comme j'ai trouvé ce même nombre de six œufs sur deux ou
304 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
trois plantes différentes, je conclus que c’est à peu près le nombre
que la Q dépose à chaque séance (Plus tard on trouve un très
grand nombre d’œufs sur les fleurs, les boutons, la tige et même
sur des feuilles près de l’inflorescence, mais, dans ce cas, la plante
a évidemment été visitée par plusieurs Q Q successivement).
Très peu de Gentiancs étaient fleuries, je 5 et le 6 août, mais
beaucoup d’entre elles montraient les boutons. Le mois dernier,
j'ai cherché la chenille d’A/con sur une lande près de Monterfil,
où croît la Gentiane; les plants étaient alors très petits et aucun
ne montrait trace du passage de la chenille; les feuilles étaient
intactes. L'autre jour, à Laillé, j'ai noté qu'aucune des Gentianes
n'avait été mangée; cependant A/cox y est abondant (nous y
avons pris, ces deux Jours, 5 et 6 août, 119 spécimens frais,
rejetant tous ceux qui étaient passés ou mal éclos). Il me semble
probable que la chenille d’A/con vit à la façon — ou à peu
près — de celle d’A72oz, dont vous avez découvert les habitudes
et la nourriture d’hiver, 1l y a deux saisons passées. Il existe
des fourmilières sur les landes où vit A/con, quoiqu’elles ne
paraissent pas très nombreuses, peut-être parce qu’on ne les voit
pas toutes à cause de l'épaisseur de la végétation composée, en
grande partie, d’Ulex nanus et d’Ærica ciliaris. J'ai fouillé deux
fourmilières à Laillé, mais je n'y trouvai pas de chrysalides. Sur
une Gentiane croissant à 10 centimètres d’une des fourmilières —
les fourmis se promenaient à sa base — j'ai trouvé six œufs.
Une Q fraiche, qui semblait avoir à peine séché ses ailes, s’envola,
à mon approche, d’un petit buisson d’Æyica sur le bord de la
fourmilière en question. La fourmi est d’une espèce (D) assez
grande; elle ressemble à celles que je trouvais associées avec les
chenilles d’/olas et de Baetica, en Algérie. »
Cette lettre rend compte des événements relatifs à Zycaena
Alcon et qui ont marqué le début de son éclosion. Je continue le
récit des circonstances que J'ai constatées, comme suit
Le 16 août 1917, sur la lande des Grêles, près de Treffendel
(Ille-et-Vilaine), nous avons trouvé A/con, mais il était peu
LE
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 395
abondant; quelques mâles nouvellement éclos et un plus grand
nombre en état passé ont été pris ; la © paraissait rare et les deux
ou trois que nous avons vues étaient écloses depuis longtemps.
Plusieurs des plants de la Gentiane fleurissaient; beaucoup
d’autres ne montraient encore que les boutons. Comme la lande
de Laillé, celle des Grêles est sur un terrain élevé, mais humide,
avec une pente très douce du sud au nord; de l’autre côté du
plateau culminant, et, par conséquent, au commencement de la
pente sud, 1l existe une station de Gentianes moins importante
que celle exposée au nord. Des deux côtés, nous avons trouvé des
œufs de Z. A/con; dans la partie la plus basse de la lande, près
du bord septentrional, les œufs étaient plus abondants; on en
trouvait couramment de 4 à 8 sur un seul plant; une Gentiane
portait 28 œufs; mais ce chiffre est bien inférieur à ceux que nous
avons notés plusieurs fois sur la lande de Laillé, au mois de
septembre dernier. La partie centrale de la lande nous a donné
très peu d’œufs; la grande majorité des plants de Gentiane n’en
avait pas. La végétation est courte, à cause des coupes qu’on y a
faites; plus courte que sur la lande de Laillé; il y a surtout des
Ajoncs nains et de l’Ærica ciliaris; le Sphagnum se trouve par
places, sur le versant nord. La lande ayant été cultivée jadis,
il reste des sillons parallèles, orientés nord-ouest-sud-est; c’est
au fond de ces sillons que la Gentiana Pneumonanthe croît de
préférence.
Je suis retourné à la lande des Grêles, le 20 août; J'y ai trouvé
encore quelques Œ frais, mais je n’ai vu que deux © dont une,
seulement, était assez fraîche, quoique déchirée ; l’autre était
passée. Chez la plupart des papillons, on voit apparaître des G
un peu avant l’éclosion des ©, mais, dans le cas d’A/con, les Q
sont certainement aussi précoces que les ©.
Nous avons pris, dans les fleurs de la Gentiane, plusieurs che-
nilles de Pterophorides, pareilles à celles trouvées l’an dernier,
à Laillé. Elles firent des progrès rapides et se chrysalidèrent entre
306 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le 18 et le 25 août; un premier papillon est éclos le 26 août. La
chenille de cette Ptérophoride, — qui est la S/enoptilia Pneumo-
nanthes, — vit des organes intérieurs de la fleur et même de la
corolle; elle est d’une couleur verte pâle; il existe une forme
brunâtre que je ne rencontre pas souvent.
Je n’ai pas encore retrouvé, cette année, la chenille d’une
Eupithecia, rencontrée deux ou trois fois à Laillé, en septembre
dernier, dans les fleurs de Gentiane; aucune des chenilles n’avait
donné son papillon; les chrysalides sont mortes, et l’Espèce n’a
pu être déterminée.
Cependant 1l s’est trouvé qu’une chenille de cette Ezpilhecia
fut envoyée, l’an dernier, au D' Chapman, avec des fleurs de
Gentiane. Le Docteur Chapman en a obtenu l’Euprihecia Pumi-
lata.
Je ne puis dire exactement à quelle date sont éclos les œufs
que nous avions trouvés le 20 juillet, près de l’étang de Tremelin
(Monterfil) ; en ouvrant, le 16 août, un bouton sur lequel il en
avait été pondus, J'ai constaté la présence de trois petites che-
nilles vivantes, trapues, d’un brun rougeâtre, plus clair aux inci-
sions inter-segmentales; leur peau est luisante, la tête est noire,
ainsi que l’écusson ; elles ont une forme assez aplatie, peu atténuée
en arrière; le segment prothoracique est large, bien développé;
e corps est maigrement pourvu de poils courts. Ces chenilles
étaient dans le second stade, puisque j'ai trouvé les dépouilles
de la première peau, à l’intérieur de la fleur, avec leurs excré-
ments. D’autres chenilles étaient écloses dans un autre tube
contenant des boutons de Gentiane, de Tremelin et de Laillé.
Le 27 août, J'ai remarqué que les chenilies les plus avancées
(celles de Tremelin) étaient sorties des fleurs et se promenaient
dans le tube; elles se trouvaient alors dans le troisième stade sans
doute, puisque le corps est certainement plus poilu ct peut-être
plus rouge que quand Je les ai vues la dernière fois, en changeant
leur nourriture, le 20 août. Croyant que ieur nourriture était
devenue peut-être trop sèche, je leur ai donné des fleurs fraîches
|
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 397
de la Gentiane, ainsi que quelques fleurs d’Eyica ciliaris; mais
cinq heures après, je constate qu’eiles ne sont pas rentrées dans
les fleurs. Sont-elles arrivées au point où eiles quittent définiti-
vement les fleurs pour aller ailleurs vivre ensuite d’une autre
nourriture, ainsi que cela se passe chez A 71on ? C’est bien possible;
l’an dernier, la seule chenille d’A/coz que j'ai trouvée dans une
fleur de Gentiane, — c'était en septembre, — était un peu plus
petite que celles-ci, mais elle était, je pense, dans le même stade.
J'ai mis, dans leur tube, une fourmi (Espèce D) que j'avais
recueillie dans une fourmilhière de la lande des Grêles et qui me
paraît être de la même Espèce que celle de la lande de Laillé.
Jusqu’à présent, la fourmi ne s’est pas occupée des chenilles ;
elle les ignore.
Sur la lande des Grêles, j'ai examiné trois fourmihières de
cette Espèce; les fourmilières forment des monticules de 8 à
10 centimètres de hauteur, au milieu des tiges de bruyère; elles
sont composées de terre ramenée à la surface et contiennent des
galeries et des chambres évasées près de la surface, dans les-
quelles les fourmis apportent les nymphes, pendant le jour, pour
qu’elles puissent profiter de la chaleur; lorsque je démolissais
leurs constructions dans les couches supérieures, elles s’empres-
saient de saisir les nymphes et de les descendre dans les galeries
inférieures, empoignant même les dépouilles vides des fourmis
ailées déjà écloses.
Ces fourmis sont bien moins rageuses que celles, plus grosses,
qui font les grands tas composés de débris végétaux très variés,
et même que celles de la petite Espèce qui s'associe (en captivité
au moins) avec la chenille de Zycaenx Armoricana. Quand elles
grimpent sur la main, lorsqu'on dérange leur nid, elles re
cherchent que rarement à mordre.
Il n’est pas facile de dire si un œuf d’A/coz est vide ou non,
parce que la chenille, à l’éclosion, perfore la base de l’œuf et
pénètre directement dans la fleur; les œufs non éclos, mais qui
308 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ont déjà été pondus depuis plusieurs jours, ont une teinte légè-
rement grisatre que ne possèdent pas les œufs vides; c’est le seul
moyen de les reconnaître sans risquer de les abîimer. Toute la
surface visible de l’œuf reste intacte après l’éclosion de la che-
mille. Je ne sais pas encore si, lorsque l’œuf est placé sur la tige
(comme cela arrive parfois), la chenille y pénètre, ou si elle
grimpe jusqu’au calice avant d’entrer dans le bouton, mais, dans
tous les cas, elle n’éclôt Jamais qu’en dessous de l’œuf.
J'ai examiné, le matin du 27 août, plusieurs fleurs et boutons
de la lande des Grêles, portant des œufs; dans presque chaque
cas l’œuf était éclos, et alors, si Je déchirais la corolle ou le
calice pour regarder de l’autre côté, J’apercevais le trou d’entrée,
immédiatement en dessous de l'œuf.
Quelquefois je trouvais les petites chemiles vers la base de
l’ovaire, où elles rongeaient la fleur intérieurement sans la per-
forer; elles rongent aussi les filaments des étamines et j'en ai
même trouvé mangeant les anthères de la fleur non épanouie;
mais, le plus souvent, on les trouve dans l’intérieur de l’ovaire;
elles s’y tiennent 3 ou 4 ensemble parfois, mangeant les graines
immatures et laissant leurs excréments à la place
Comme on trouve souvent un grand nombre d’œufs — j'en ai
vu plus de 40 — sur les quelques boutons d’un même plant de
Gentiane, on se demande comment les chenilles s’arrangent, dans
ces cas, pour trouver la nourriture qui leur est nécessaire pendant
les 3 stades (ou peut-être une partie du troisième) qu’elles passent
dans la fleur.
I] me semble peu probable que la chenille, si petite, puisse aller
d’un plant à un autre, pour chercher de quoi manger; les plants
sont généralement relativement éloignés les uns des autres et peu
nombreux ; d’ailleurs, tous sont souvent chargés d’œufs dans une
même station restreinte. Beaucoup de ces chenilles doivent périr.
Le 29 août, ayant momentanément quitté Rennes et Monterfl,
pour aller à Cancale, j’y cherchai une fourmilière, en vue d’ali-
menter les chenilles d’A/con que j'avais apportées avec moi; Je
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 309
rencontrai l’Espèce À et une autre très petite fourmi, sur le
haut des falaises près Port-Briac; je déterrai et rapportai à la
maison un certain nombre de Nymphes des deux Espèces de
fourmi, avec l'intention de les offrir aux deux chenilles d’A/con,
comme je le dis plus haut. Ces chenilles refusent maintenant de
se nourrir de la fleur de Gentiane.
Les deux chenilles étaient encore vivantes; mais elles étaient
très affaiblies par le jeûne forcé qu’elles subissaient; elles ne
marchaient plus, mais elles remuaient encore les premiers seg-
ments, la tête et les pattes thoraciques. Ayant retiré une nymphe
de la petite fourmi de son enveloppe, je l’ai placée devant la
bouche d’une des chenilles; pendant environ 3 minutes, celle-ci
n’a pas paru se rendre compte de la présence de la nymphe; mais,
au bout de ce temps, sa bouche étant entrée en contact avec la
nymphe au cours d’un des mouvements de va-et-vient de la tête,
elle s’est tout à coup mise à essayer de mordre; je voyais bien
ses mandibules s'ouvrir et se fermer dans un effort sérieux pour
percer la peau de la nymphe; malheureusement, ses mandibules
glissaient sur la peau, qu’elles ne réussissaient pas à percer; si
la chenille avait été plus vigoureuse, je ne doute pas qu’elle
aurait pu saisir et maintenir la nymphe avec ses pattes thora-
ciques pendant qu’elle l’entamait avec sa bouche. Elle a persisté
dans ses efforts pendant puusieurs minutes ct, après des périodes
de repos, elle est revenue bien des fois à son affaire, mais elle
n’a pas réussi. Afin de faciliter son travail, j’ai coupé la nymphe
en deux et je lui ai présenté la partie blessée. La chenille a mordu
dedans; mais lorsqu'elle eut goûté au liquide qui s’écoulait de
la plaie, elle n’a pas paru le trouver agréable; du moins elle a
cessé de mordre et elle a relevé les premiers segments du corps,
de façon à ce que j'ai pu bien voir, en regardant de dessus, sa
bouche et les pattes du segment prothoracique; la tête était
presque entièrement retirée dans le segment en question et les
mâchoires remuaient lentement, comme si la chenille continuait
à goûter le liquide qu’elle venait de prendre. Elle est restée long-
temps ainsi; je l’ai vue revenir à la nymphe et se mouiller encore
400 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le bouche dans le jus; après quoi, elle s’est remise dans la position
assez curieuse que Je viens de décrire. L’autre chenille, encore
plus affaiblie que la première, a également essayé de mordre
dans la nymphe, sans résultat. Le lendemain, 30 août, les deux
chenilles étaient mortes.
Cette expérience m'a prouvé que les chenilles, quoique ayant
abandonné définitivement les fleurs de Gentiane, ne cherchaient
pas à se mettre immédiatement au repos hivernal, mais qu’elles
désiraient continuer à se nourrir. Quelle est la nourriture qu’elles
recherchaient ? L’Æyica ciliaris que je leur avais offert ne les
avait nullement tentées; elles n’ont pas essayé de l’entamer.
Les nymphes de fourmis ont produit un effet bien autre sur
elles, cependant; pour moi, il n’y eut pas de doute qu’elles
reconnaissaient en ces nymphes une nourriture ayant plus ou
moins la nature de celle dont elles avaient besoin.
Il est probable que les nymphes dont je disposais à Cancale
n'étaient pas d’une Espèce qui pouvait convenir parfaitement à
Alcon, ce qui explique, peut-être, l’hésitation apparente de la
chenille, lorsqu'elle eut goûté le liquide sortant de la blessure;
mais la vigueur avec laquelle les chenilles ont essayé d’entamer
les nymphes me sembla bien indiquer qu’elles se sentaient en
présence d'une nourriture dans le genre de celle recherchée.
Je résolus de répéter l’expérience, plus tard, avec des chemilles
moins affaiblies et avec des nymphes des fourmis vivant sur la
lande des Grêles.
Le 2 septembre, je me suis donc rendu sur la lande des Grêles,
accompagné par Hervé Oberthür, Jeune entomologiste et intel-
ligent observateur; j'emportais avec moi une chenille d’A/con
qui avait quitté définitivement sa fleur de Gentiana Pneumo-
nanthe la veille.
Les Gentianes étaient en pleine floraison et les œufs de la
Lycaena Alcon se trouvaient en abondance sur les calices et les
corolles des fleurs et des boutons. Tout en cherchant une plante
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 401
fleurie réunissant les conditions favorables à l’expérience que Je
voulais tenter, — c’est-à-dire portant des œufs déjà éclos et
situés dans une position aussi dégagée que possible, —— nous exa-
minions les fleurs qui se trouvaient sur notre passage. En ouvrant
les ovaires, nous y trouvions le plus souvent trois ou quatre che-
nilles d’A/con; quelquefois cinq ou six; les unes dans le premier,
les autres dans le second stade. Vivant ainsi enfermées dans
l’ovaire, au milieu des graines verdâtres, elles prennent une teinte
gris clair ou gris carné en grossissant dans chacun de ces stades;
les unes sont plus rouges que les autres, mais la coloration rouge
semble être toujours plus marquée au début d’un stade.
Deux fois seulement, j'ai trouvé, dans la fleur, à côté de
l'ovaire vidé et perforé, une chenille du 3° stade, plus grande,
rouge et semblant être prête à quitter la fleur. Quelques fleurs
dont l'ovaire était vidé avait été abandonnées déjà; celles qui
ont hébergé la chenille de la Szenoptilia Pneumonanthes se
trouvent complètement débarrassées de tous les organes inté-
rieurs, et la corolle même est souvent entamée.
Nous avons remarqué plusieurs Espèces de fourmi sur la
lande; la plus commune, ou du moins, celle que l’on voyait le
plus souvent, était l’Espèce D. C’est une fourmi assez grande,
très agile. Nous la voyions courir à travers la végétation basse
et serrée, emportant parfois des insectes divers dans ses mandi-
bules. J’ai vu, deux fois, cette fourmi tenant dans sa bouche une
petite chenille de Noctuide qui, dans chaque cas, était blessée.
Je crois que ces chenilles avaient été blessées par nous-
mêmes, en foulant la lande, et je ne suis pas du tout certain
que les fourmis les auraient prises, si elles avaient été bien
portantes.
Ayant, enfin, choisi un plant au pied duquel la végétation
était moins dense que d’habitude, je pris la chenille d’A/con
dans son tube, au moyen d’un pinceau en blaireau et je la plaçai
sur une fleur qui portait plusieurs œufs éclos. Le vent soufflait
assez fort, et, au bout de quelques instants, un souffle ayant secoué
la fleur, la chenille tomba dans l’herbe. La végétation et l’accu-
402 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
mulation de débris, quoique moins épaisses qu'ailleurs, m'ont
empêché de voir la chenille tout de suite; je me suis mis à fouiller
avec précaution. Il y avait environ 90 secondes que la chenille
était tombée et je commençais à désespérer de la revoir, quand,
tout à coup, je l’ai aperçue dans la bouche d’une bien petite
fourmi qui l’emportait rapidement à travers les obstacles mul-
tiples du « sous-bois ». Je n’ai continué à les voir qu'un instant;
mais j'ai très bien reconnu la chenille d’A/con. Aidé par Hervé,
j'ai continué à chercher dans la direction qu’avait prise la fourmi
et nous n'avons pas tardé à la voir réapparaître, portant toujours
son fardeau vivant. Cette fois-ci, nous l’avons observée, tous
deux, pendant près d’une minute; ii n’y avait pas la moindre
erreur, la fourmi tenait bel et bien la chenille d’A/con dans sa
bouche et elle suivait une direction déterminée qui devait, sans
doute, la conduire à la fourmilière. La chenille était immobile,
même rigide; elle s'était tassée, la tête rentrée et les segments
thoraciques certainement plus renflés et plus larges que les autres,
mais non pas extraordinairement renflés, comme cela se passe
avec Aion en pareil cas, d’après les observations du D' Chapman.
La fourmi tenait la chenille par le dorsum, pas loin du milieu
du corps; je n’ai pas pu voir quel était le segment pincé. J'aurais
dû, peut-être, prendre fourmi et chenille dans un tube, à ce
moment, et les garder pour pouvoir les examiner de plus près,
mais J'avais l’espoir de suivre la fourmi jusqu’à son nid et je
l’ai laissée marcher. Malheureusement, elle est entrée dans un
fourré de plantes très épais; nous l’avons revue encore une fois;
puis elle a disparu définitivement, avec la chenille. Pendant une
heure, nous avons cherché la fourmilière dans la direction suivie
par la fourmi; nous avons même rasé la lande sur un assez grand
espace, aux environs, mais nous n’avons pas réussi à trouver le
nid, que je suppose être assez loin du point où la fourmi a saisi
la chenille. Le seul résultat de nos recherches a été la capture de
deux autres fourmis de l’Espèce qui a emporté la chenille; c’est
une petite fourmi brune, à pattes assez courtes; la tête est forte,
aplatie ; le corselet, assez fort, est réuni à l’abdomen par un
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 403
pédoncule mince, allongé, un peu courbe, portant deux renfñle-
ments ou nodules dorsaux. Je désigne cette fourmi par la lettre E.
Ces fourmis ne sont pas faciles à voir; elles restent près de terre
ou par terre, sous la végétation, se montrant le moins possible;
ndus n'avons pas pu trouver un de leurs nids, mais nous avons
trouvé, sur la lande et non loin du même endroit — 25 mètres
environ -— deux petits nids d’une Espèce certainement voisine
de E. Cette Espèce, à laquelle J’applique la lettre. F, est deux
fois plus grande que l’Espèce E; elle est d’une couleur brune
plus claire et ses pattes et antennes sont d’un brun jaunâtre, ainsi
que le dessous du corps. Dans les deux nids que nous avons exa-
minés, nous n’avons trouvé m1 larves ni nymphes; mais 1ls conte-
naient une quantité de et de Q ailés.
Une chenille d’Alcon paraissant être à la fin du 2° stade,
trouvée dans une fleur, a été placée devant un des nids; plusieurs
fourmis F, en la rencontrant, l’ont tâtée avec leurs antennes et
en ont fait le tour, mais elles ne l’ont pas trouvée bien intéres-
sante et elles ont continué leur chemin; aucun sentiment d’hosti-
lité n’a été éveillé chez les fourmis F par la chenille; elles y
paraissaient assez indifférentes. Puisque la chenille n’avait pas
quitté la fleur spontanément, elle n’était probablement pas encore
arrivée à la période intéressante pour les fourmis, mais Je ne sais
si l’Espèce F l’aurait acceptée dans le cas contraire.
Plus loin, sur la lande, on a trouvé un nid de la fourmi A b?s
(celle qui s’est attachée à la chenille d’Arwmortcana en captivité).
Les nids de la fourmi D n'étaient pas rares ; nous avons rapporté
à la maison des fourmis E, F et À &4s, ainsi que des nymphes
de À bzs et de D. Les fourmis E et F sont moins rapides dans
leurs mouvements que À 1s et surtout que D. Aucun imago
d’A/con n’a été vu ce jour-là. En rentrant, Je me suis aperçu
qu'une autre chenille avait quitté sa fleur dans le courant de la
journée. Le lendemain, voulant savoir comment se comporteraient
les fourmis en sa présence, je l’ai introduite successivement
dans les tubes contenant respectivement les Espèces E, F
RAS.
404 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
1° La chenille est placée dans le tube E, contenant deux
fourmis. Au cours de sa promenade, une fourmi rencontre la
chenille; elle s’arrête, la tâte, dont en partie sur son dos et
s'applique à l’examen des derniers segments, paraissant chercher
la glande à miel; au contact de la fourmi, la chenille rentre sa
tête sous le prothorax, se raccourcit et reste immobile; je ne
pense pas qu’elle ait fourni du miel. La fourmi est revenue plu-
sieurs fois inspecter la chenille; elle n’a pas tenté de la saisir et
de l’emporter. La seconde fourmi prête moins d’attention à la
chenille;
2° La chenille est introduite dans le tube F contenant plusieurs
fourmis :
D'abord une fourmi est sortie de dessous les feuilles au fond
du tube; elle a été bientôt suivie par les autres; les fourmis sont
venues auprès de la chenille, l’ont tâtée avec leurs antennes, mais
elles ne se sont pas appliquées spécialement à l’examen des
derniers segments, comme la fourmi E. Elles n’ont pas essayé
de saisir la chenille:
3° La chenille est mise en présence des fourmis A bzs; le tube
contient plusieurs fourmis et quelques nymphes
La prenuère fourmi qui rencontre la chenille se jette sur elle,
la mord et, recourbant son abdomen, la pique fortement ; la che-
mille se débat. J’ai retiré chenille et fourmi, ensemble, du tube;
la fourmi ne voulant pas lâcher prise; un quart d’heure après,
la chenille était morte. La fourmi À 7s est, cependant, celle qui
s’est attachée à la chemille de Zycaena Armoricana.
Les expériences relatées ci-dessus n’ont probablement pas une
bien grande valeur, puisque les conditions dans lesquelles se
trouvaient les fourmis n’étaient pas naturelles; l’Espèce A &1s
est assez irritable et il est possible que la présence des nymphes,
qu’elles pouvaient croire en danger, ait rendu les fourmis de plus
méchante humeur que d’habitude.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 405
Le 5 septembre, en ouvrant des fleurs de Gentiane, rapportées
de la lande des Grêles, j'ai trouvé deux chenilles, dans le 3° stade.
Elles semblaient être au repos. Je les ai placées dans une fleur
fraîche, dont l'ovaire était bien développé; elles en sont sorties
presque aussitôt, mais, après une courte promenade, elles se sont
installées sur la fleur, extérieurement, ont retiré complètement leur
tête dans le segment prothoracique; le bord du segment se trou-
vant appliqué contre la fleur; les chenilles se tiennent ainsi immo-
biles ; elles sont très ramassées sur elles-mêmes et ce resserrement
des segments fait gonfler assez notablement les deux derniers
segments thoraciques et, dans un moindre degré, le sixième et
septième segments abdominaux.
Quatre autres chenilles d’A/con ont abandonné les fleurs dans
l'après-midi du $ septembre; elles se promenaient, le soir, dans
les tubes.
Ayant porté quelques chemilles d’A/con sur la lande de Laillé,
dans la matinée du 8 septembre, j'ai tenté quelques expériences
avec elles, mais sans succès.
Le temps était très beau et les Gentianes fleurissaient en grand
nombre; les œufs étaient abondants, sur les fleurs, mais je crois
que tous étaient éclos. Il y avait encore des chemilles dans les
ovaires; J'en ai même trouvé dans le premier stade. Aucun imago
n’a été vu.
Une des chenilles apportées a été placée au pied d’une Gen-
tiane fleurie; elle s’est mise à marcher rapidement (pour une
Lycanide) sur les brindilles de toute sorte, sur l'herbe et la
mousse qui font un épais tapis sous les plantes plus élevées; j'ai
eu quelque peine à la garder à vue; elle est restée ainsi en liberté
un quart d’heure environ, mais aucune fourmi n’a apparu pour
l’emporter. Ayant aperçu sur un petit espace, libre de végétation,
une très petite fourmi excessivement agile — elle n’était ni de
l’Espèce E ni de l’Espèce F — j'ai posé la chenille à terre, près
d’elle; la fourmi l’a trouvée et l’a examinée un instant avec
beaucoup d’attention, revenant une fois pour la tâter de nouveau,
mais elle paraissait effrayée par ma présence et elle s’est enfuie
21
406 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
vers l’herbe, sans pousser l’affaire plus loin. J’ai cherché à lui
présenter la chenille de nouveau, mais elle avait atteint une touffe
épaisse et J'y ai perdu la chenille. Une seconde chenille a été
placée près de deux fourmis de l’Espèce D qui parcouraient la
lande avec leur marche rapide et saccadée; malheureusement,
chacune a disparu de son côté sans rencontrer la chenille. Je n’a1
pas vu de fourmis E ou F, ni leurs nids; mais nous étions un peu
pressés par le temps et je n’ai pas pu chercher longtemps ce
jour-là.
D'après ce que j'ai observé cet été, c’est au début du troisième
stade que la chenille abandonne définitivement la fleur; en
général, le goût pour la nourriture qui, Jusqu'ici, a satisfait la
chenille, est perdu à ce moment ; cependant, j'ai vu, une fois, une
chenille, dans le troisième stade, découper et manger des petits
morceaux dans la corolle de la Gentiane et c’est un fait acquis
que la chenille expulse encore quelques très petits excréments
lorsqu’elle se promène dans le tube après avoir quitté la fleur;
les excréments doivent contenir des restes de la dépouille inté-
rieure, ainsi que le résidu de la nourriture prise depuis la mue,
dans le cas où la chenille aurait mangé. Le D' Chapman nous
écrit qu’une des chenilles que nous lui avions envoyées en sep-
tembre 1016, dans des fleurs de Gentiane, se trouvait être dans
le quatrième stade; cela prouverait que la chenille peut, quel-
quefois, continuer à manger la fleur pendant la durée du troi-
sième stade. À titre d’expérience, J'ai placé une chenille qui
attendait la seconde mue — le 6 septembre 1917 — dans une
fleur intacte; le 8 septembre, elle était dans sa nouvelle peau
(3° stade) et se promenait dans le tube, cherchant à s'évader;
en disséquant la fleur avec précaution, j'ai trouvé la dépouille
du second stade, mais rien n’avait été touché dans la fleur. Dans
ce cas au moins, la chenille s’était mise en route, après la mue,
sans avoir mangé.
Toutes les chenilles que j'ai examinées dans le troisième stade,
après l’abandon de la fleur, avaient la tête et les pattes relati-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 407
vement très grosses, ainsi que ces organes le sont chez les che-
nilles en général, aussitôt après une mue. Si la chenille d’A/con
désirait se mettre au repos pour l'hiver, on pourrait s'attendre
à ce qu’elle allât se fixer sous une feuille morte ou entre des
mottes de terre, en se protégeant avec quelques fils de soie, comme
e font ordinairement les chenilles de Zycaena qui hivernent;
mais, ni le D' Chapman ni moi, nous n’avons remarqué aucune
tendance, chez Alcon, à construire un hibernaculum ou à se
mettre au repos; la chenille continue à marcher, en captivité,
jusqu’à épuisement. Tout semble indiquer que c’est chez les
fourmis qu’il faudrait chercher la chenille en hiver.
Voulant contrôler l’expérience déjà faite avec les nymphes de
fourmis, j'ai de nouveau placé une chenille errante, mais cette
fois saine et vigoureuse — elle avait abandonné la fleur environ
18 heures auparavant —— dans un tube contenant une nymphe de
la fourmi D, que j'avais blessée. Quand la chenille a trouvé la
nymphe, elle s’est aussitôt mise à sucer le liquide qui s’écoulait
de la blessure; elle a bu pendant une bonne minute et puis elle
a agi à peu près de la même façon que la chenille avec laqueile
j'ai fait une première expérience, le 20 août; elle s’est tassée;
la tête a été retirée dans le segment prothoracique; les premiers
segments ont été relevés et un peu gonflés et je voyais remuer
sa bouche; elle est restée longtemps ainsi et je ne l’ai pas vue
revenir à la nymphe; deux jours après, elle était encore bien
vivante et elle marchait dans le tube.
Le 13 septembre, j'ai mis une nymphe blessée de la fourmi À
dans un tube contenant trois chenilles dont deux avaient quitté
la fleur, la veille, et la troisième, deux jours auparavant; peu de
temps après, une des chenilles ayant trouvé la nymphe sur son
chemin, s’est mise à boire le liquide s’échappant de la blessure;
vingt minutes plus tard, je l’ai vue au repos; ce n’est que le
lendemain soir que j'ai examiné ie tube de nouveau ; à ce moment,
une des chenilles mangeait — ou du moins elle paraissait manger,
mais peut-être ne faisait-elle que mâcher et sucer — la chair du
408 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
thorax de la nymphe; je voyais très bien ie mouvement fait à
chaque effort, ainsi que le fonctionnement des mächoires. La
seconde chenille se tenait près de la nymphe, et, à cause de sa
tranquillité, je pense qu’elle s’était nourrie, elle aussi; toutes
deux, mais la première surtout, m'ont paru avoir un peu grossi
dans les dernières 24 heures; la troisième chenille n’était pas
sortie de la fleur; autant que j'ai pu m’en rendre compte, elle
était morte et se desséchait.
Le 15 septembre, j'ai fait une nouvelle provision de larves et
de nymphes de la fourmi À sur la lande de Laillé et j'ai rap-
porté une dizaine de chenilles d’A/con trouvées dans les ovaires
(il y en avait quatre dans un seul ovaire), presque toutes à la fin
du second stade; deux chenilles venaient de muer et se trouvaient
dans le troisième stade. Plusieurs fleurs ayant contenu des che-
milles étaient déja vides et abandonnées.
Aussitôt rentré, j'ai donné aux deux chenilles déjà accoutumées
à la nourriture animale, des larves et des nymphes retirées de
leurs enveloppes et blessées; les chemiles, qui se promenaient
dans le tube, se sont arrêtées dès qu’elles ont trouvé le liquide
s’écoulant des blessures et ont bu longuement ; une des chenilles
est restée une dizaine de minutes en place, suçant le jus; elles se
sont retirées ensuite et ont marché très lentement vers la fleur de
Gentiane, sur laquelle elles se sont reposées jusque vers 3 heures
de l’après-midi. Une des chenilles à expulsé une crotte molle
pendant la période de repos. Dans l’après-midi, la chenille la
plus grosse a encore bu.
Vers le soir, les deux chenilles semblaient agitées; elles mar-
chaient aussi rapidement que possible, filant une bien petite quan-
tité de soie sur leur passage, pas toujours suffisante pour les
empêcher de glisser sur le verre du tube où Je les élevais; le
liquide écoulé des larves et des nymphes s’était figé et elles
se promenaient dessus et sur les nymphes sans s’y arrêter; elles
ont dû continuer à marcher toute la nuit, puisqu’à 11 heures,
elles n'étaient pas au repos et à 7 heures du matin elles se pro-
menaient encore; ce n’est qu’à 2 heures de l'après-midi, le 16 sep-
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 409
tembre, que je leur ai donné une provision fraiche de nymphes
blessées, et, à ce moment-là, elles étaient très agitées; elles ont
beaucoup bu, et une chenille s’est véritablement gonflée de
liquide; pendant qu’elle buvait encore, elle a évacué une petite
crotte très molle, presque incolore, semblable à une gouttelette
d’eau sale. Après le repas, les chenilles étaient très calmes; elles
se sont reposées pendant quelques heures, presque sans mouve-
vement, à côté des nymphes. Je trouve qu’il est nécessaire de leur
fournir des nymphes fraîches tous les jours; car les nymphes
blessées se dessèchent assez vite et perdent leur attrait pour les
chenilles.
La chenille ne paraît pas pouvoir entamer elle-même les
nymphes et les larves de fourmi; le plus souvent, elle n’essaie
même pas de le faire; peut-être, chez la fournn de l’Espèce qui
la reçoit chez elle, les larves sont-elles encore plus tendres que
dans les Espèces A et D. Les fourmis lui donnent-elles la même
nourriture qu’elles fournissent à leurs propres larves, ou bien
entament-elles ces larves pour alimenter la chenille ? Cette der-
nière hypothèse ne semble guère possible. En tout cas, la chenille
paraît bien plus disposée à sucer qu’à mordre.
La chenille la plus grosse qui, depuis quatre jours, vit de
nymphes et de larves de la fourmi À, a maintenant cinq milli-
mètres de longueur, au repos, la tête étant rentrée sous le pro-
thorax ; les segments abdominaux sont assez distendus et la peau
intersegmentale est d’un rouge plus dilué que la surface dorsale
des segments mêmes; la surface ventrale est d’un rouge vineux
pâle; par transparence, on voit bien que la chenille est remplie
d’un fluide incolore ou à peu près; les courts poils d’un brun
doré sont très nombreux.
Rennes, 16 septembre 1917.
HAROLD PONERE:
hub 191P: PE
I à MN le r SA
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a
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nr
Détermination spécifique des Fourmis
dont il a été fait mention dans les observations
concernant la LYCAENA ALCON
Grâce à la parfaite obligeance du D’ T. A. Chapman, et à la
compétence de M. Horace Donisthorpe, l’Entomologiste anglais
spécialiste en fourmis, demeurant à Putney Hill, London $. W,
nous pouvons, sans plus attendre, faire connaître les noms spéci-
fiques de toutes les fourmis trouvées sur les landes de Monterfil
et de Laillé et dont la référence est indiquée par les lettres À, B,
C, À bis, D, E et F, au cours des notes presque journalières écrites
par M. Harold Powell et ci-dessus reproduites.
Nous pouvons ajouter, comme témoignage de la similitude
entre certains points de la faune entomologique armoricaine et
anglaise, la phrase suivante que nous relevons sur la lettre de
M. Donisthorpe, datée du 16 septembre 1917 et adressée à
M. Chapman qui nous l’a communiquée : « The Ants might
have come from the New-Forest and are of no particular
interest ».
Que les fourmis d’Ille-et-Vilaine, en tant que fourmis, n’offrent
pas, par elles-mêmes, un intérêt particulier, nous l’admettons
volontiers; mais par le fait que les fourmis de Monterfil sont
semblables aux fourmis de la célèbre localité entomologique
anglaise : New-Forest, 1l en découle pour nous une observation
que nous ne négligeons pas. La Zycaena Arion, d’une même
morphe, habite encore en Angleterre et en Bretagne armoricaine,
avec la même espèce de fourmi.
La même Gentiana Pneumonanthe se rencontre aussi en cer-
tains cantons des deux pays; la fourmi spéciale à Zycaena Alcon
412 L'ÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
vit en Angleterre aussi bien qu’en Bretagne; mais le papillon
que la culture de la terre n’a pas jusqu'ici fait disparaitre de la
Bretagne armoricaine, n’existe pas aujourd’hui en Angleterre,
bien que les conditions pour la vie de ce Lépidoptère semblent
s'être maintenues en Grande-Bretagne.
Peut-être Zycaena Alcon a-t-elle vécu en Angleterre autrefois,
avec bien d’autres Espèces aujourd’hui disparues des Iles Bri-
tanniques, Jorsque la terre n’y était pas cultivée avec autant
d'intensité que depuis les temps modernes, et avant qu’il n’y ait
eu en Grande-Bretagne des Entomologistes formant des collec-
tions, étudiant les Papillons et s'intéressant à l’inventaire des
Espèces de la faune insulaire, c’est-à-dire avant le XVIIT° siècle ?
En tout cas, on pourrait maintenant essayer d’ensemencer la
Lycaena Alcon dans les localités anglaises où pousse la Gentiana
Pneumonanthe; peut-être arriverait-on ainsi à voir l’Espèce se
reproduire librement en Grande-Bretagne et y vivre comme chez
nous où elle est localisée, suivant les gisements de la plante indis-
pensable à l’existence de la chenille durant ses premiers stades.
M. Harold Powell et moi, nous sommes tout disposés à aider
de tout notre concours les Entomologistes anglais qui désire-
raient tenter l’expérience.
Pour en revenir à la détermination des Fourmis, je transcris
textuellement, comme suit, la demande de renseignements for-
mulée par M. Harold Powell qui nous est revenue avec la réponse
de M. Donisthorpe.
« Ants in alcohol (tubes).
À — The common Ant, that makes big nests.
Formica rufa, 1.
B — Common on the moors where Aegon and Armoricana live;
it is probably the same species as the one I have
marked D ?
Formica fusca v. glebaria, Nyl.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 413
C —— Ants taken from a nest around which many A7oricana
were flying.
Acanthomyops (Donisthorpea) alienus Fôürst.
À bis. Common on the Arworicana moors. This is the Ant which
attended Ayrmoricana larvae in captivity. An A/con
larva placed in a tube containing these Ants was killed
by them at once.
Acanthomyops (Donisthorpea) niger, L.
D
Nests fairly numerous on the moors where A/con flies.
Have seen Gentians bearing Alcon eggs growing close
to a nest. Probably same Species as B ?
Formica fusca v. glebaria, Nyl.
E — This is the species which carried off the A/con larva on
the moor. I could not find the nest.
T'etramorium caespitum, L.
F — Small nests found on the A/cox moor close to several
Gentian plants bearing many A/con eggs. Appears to
be rather nearly allied to E ?
Myrmica Scabrinodis. Nyl. »
Depuis le 16 septembre 1917, dernier jour où M. Harold
Powell avait noté les circonstances biologiques de la vie larvaire
de Zycaena Alcon, rapportées dans les pages précédentes 303-
400, les observations qui ont été continuées ont de nouveau été
relatées, au fur et à mesure des événements, comme on le lira
plus loin. J'ajoute donc à la publication du premier manuscrit
concernant Zycaena Alcon, les notes suivantes que M. Powell
a relevées aussi soigneusement que les premières. Elles terminent,
pour cette année, ce que nous avons réussi à apprendre de la
biologie de Zycaena Alcon.
Rennes, 24 septembre 1017.
Ch. OBTHR.
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d'PTUN Le. ;
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Dernières observations
concernant Ja Chenillke de LYCAENA ALCON
et Résumé de nos connaissances actuelles
(22 Septembre 1917)
20 septembre 1917. —- Les deux chenilles qui vivent, depuis
une huitaine de jours, au moyen du jus des larves et des nymphes
de la fourmi À, se portent très bien en ce moment. La plus grosse
a maintenant un peu plus de © m. 005 de longueur, tête non com-
prise. Je leur donne une provision de quatre ou cinq larves ou
nymphes que j'ai blessées, tous les matins; la provision de
nymphes de la veille est toujours assez sèche, lorsque J’ouvre le
tube, le matin, et je trouve les chenilles agitées, marchant aussi
vite qu’elles le peuvent, dans le tube. Elles se sont parfaitement
accoutumées à se nourrir des nymphes de la fourmi À, quoiqu'il
me paraît très probable que cette fournu n’a aucun commerce avec
la chenille d’A/con, sur la lande. Ce sont les nymphes récemment
formées et les larves qui conviennent le mieux aux chenilles;
il m'est arrivé de leur donner des nymphes assez avancées et bru-
nissant déjà un peu; en goûtant le jus sortant du corps de ces
nymphes avancées, la chenille cesse de sucer et retire sa tête
complètement dans le segment prothoracique ; elle reste ainsi
longtemps immobile, mais elle se décide généralement à revenir
au jus. Quand les cheniiles sont mises en présence de larves ou
de nymphes formées depuis peu, elles sucent avidement le liquide
s’écoulant des blessures, et sans hésitation. Il est possible que
les nymphes avancées contiennent une dose d’acide formique un
peu trop forte pour les chenilles.
416 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Quant aux chenilles plus récemment devenues carnivores,
quatre sont bien vivantes et je les vois se nourrir chaque matin
du liquide des larves et nymphes de la fourmi À; une de ces
chenilles s’accoutume mieux que les trois autres à sa nouvelle
nourriture et 1l est évident qu’elle en profite; les trois autres
restent peu de temps à boire le liquide et se remettent vite à
voyager dans le tube.
21 seplembre. — J'ai trouvé une des quatre dernières chenilles
morte ce matin; les trois autres de cette série vont bien; l’indi-
vidu le plus avancé paraît très sain et vigoureux.
Les deux chenilles de la première série progressent d’une façon
satisfaisante ; J'ai pu mesurer la plus grande, ce matin, au
moment où elle marchait lentement ; elle a Oo m. 0055 de longueur,
y compris une partie seulement de la tête, celle-ci n'étant pas
complètement sortie du segment prothoracique. Ces deux che-
milles ont maintenant une coloration rose plutôt que rouge, à
cause de la distension des segments et de la quantité de liquide
blanchâtre que renferme leur corps. Vers la fin d’un repas, elles
évacuent, presque toujours, une gouttelette d’un fluide blanc sale
ou un peu brunâtre ; quelque temps après le repas, une autre
gouttelette est parfois expulsée. La peau est luisante, piquée de
très nombreux points noirs visibles seulement à la loupe; la tête
est d’un noir brunâtre, à surface brillante; les poils du corps,
assez nombreux, sont courts et d’un brun clair. Les chenilles ne
cherchent plus à mordre dans les nymphes de la fourmi; el'es
se contentent du liquide qui s’en écoule, après l’incision que Je
pratique dans leur peau.
Dans un des tubes contenant une fleur de Gentiane et des che-
nilles d’Alcon rapportées de Laillé, j'ai remarqué, l’autre jour,
que le nombre de chenilles diminuait ; en examinant la fleur, j'y
ai trouvé une larve Syrplaide, presque incolore, de petite taille
(elle avait environ © m. 005 de longueur lorsqu'elle marchait);
par suite de sa transparence, j'ai pu voir que son tube digestif
contenait une matière rouge de la teinte de la chenille d’A/cou.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 417
Une chenille malade d’A/con, mise dans la fleur occupée par
cette larve de Diptère, a été complètement vidée par elle. Cette
Syrphide est donc un ennemi d’A/con; elle ne paraît pas être
abondante.
Pendant les recherches que nous faisions dans le but d’arriver
à une connaissance des mœurs de la chenille d’A/con, nous
tenions le D' Chapman au courant des observations faites et nous
lui envoyions des chenilles pour lui permettre de chercher, de son
côté, à éclaircir le mystère entourant la phase hivernante. Vu la
grande connaissance des mœurs des chenilles Zycaenides, que
possède le D' Chapman, et ayant en mémoire le beau succès qui
a récompensé ses patientes et sagaces investigations relatives à
la vie larvaire de la Zycaena Arion, Espèce voisine d’Alcon,
nous ne pouvions mieux faire que de recourir à son expérience
pour augmenter les chances de réussite dans les recherches entre-
prises.
À la réception, le 9 septembre, d’un envoi de chenilles qui iui
sont arrivées dans leur troisième stade, le D° Chapman s’est
empressé de construire deux nids d’observation pour recevoir les
fourmis et leur couvée, ainsi que les chemilles d’A/con envoyées.
La fourmi choisie pour ces essais était une Myrmica (La M. Sca-
brinodis est l’Espèce avec laquelle vit la chenille d’A7ton). Le
D' Chapman a pris la précaution d’envoyer quelques chenilles
à M. Horace Donisthorpe et au Capitaine Purefoy, afin que ces
Entomologistes puissent, de leur côté, tenter l’expérience.
Voici quelques extraits de deux lettres du D' Chapman, datées
du 16 et du 17 septembre respectivement :
16 septembre. — « Mes deux nids contiennent chacun deux
chenilles d’A/con vivant amicalement au milieu de la couvée et
paraissant bien se porter, mais Je ne suis pas tout à fait certain
qu’elles mangent. Toutes les autres sont mortes.
Je pense que nous pouvons conclure, avec quelque confiance,
qu’A/con hiverne avec les fourmis, mais non pas précisément
dans les mêmes conditions que Z. A7ioz. Les chenilles sont dans
418 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
un 3° stade très normal, tandis qu’A7zon était dans un 4° stade
très anormal ; votre récit de la fourmi emportant la chenille
coincide bien avec ce fait. J'espère que mes A/con continueront
à vivre pendant quelque temps, mais mes nids sont tellement
rudimentaires (makeschift) que je n’ai pas grand espoir de faire
beaucoup avec eux... La biologie d’A/con ne peut être absolu-
ment la même que celle d’A7zon; il paraît même possible que la
chenille quitte les fourmis au printemps pour se nourrir ailleurs
que dans le nid. »
17 septembre. — « Je trouve, ce matin, que les deux plus
grandes chenilles d’A/cox ont l’apparence d’avoir décidément
augmenté de taille; elles mesurent © m. 0045 de longueur contre
O m. 003 lorsqu'elles quittaient la plante.
Je crois que ma fourmi est la MWyrmica Scabrinodis.
La chenille d’A/con abandonne la plante dans le 3° stade...
il n’y a pas de doute là-dessus. »
En résumé, nous avons obtenu un certain nombre de chenilles
de ZLycaena Alcon vivant, pendant leurs deux premiers stades,
au détriment des organes intérieurs de la fleur de Gentiana Pneu-
monanthe.
La seconde mue étant accomplie, les chenilles de Zycaena
Alcon ont généralement cessé de vouloir se nourrir au moyen de
la fleur de la Gentiane. Elles ont accepté la nourriture animale
que nous leur avons offerte et elles ont continué à s’en alimenter.
Cependant nous ne croyons pas que les larves et nymphes de
la Formica rufa, que nous avons offertes aux chenilles de Zycaena
Alcon et que celles-ci ont acceptées, soient leur nourriture réelle
en liberté.
De plus, l’incision pratiquée par nos soins sur la peau de la
nymphe de Formica rufa pour en faire écouler le jus, est un
artifice évidemment contraire à ce qui se passe dans la libre
Nature.
Nous ignorons donc encore comment la chenille de Zycaena
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 419
Alcon vit en liberté, à partir du troisième stade. Nous l’avons
vue emporter par une fourmi. C'est là que commence le mystère.
Nous pourrions émettre des hypothèses ; mais nous préférons
nous abstenir d’aucune supposition et attendre, avant de reparler
de la chenille de Zycaena Alcon, qu’une heureuse découverte
nous mette en possession de la vérité, afin de pouvoir en informer
les Entomologistes qui s'intéressent à cette question biologique,
à notre avis Si curieuse.
Cependant nous savons, à n’en pas douter, qu'après s’être
nourrie de la fleur de Gentiane, exclusivement pendant ses deux
premiers stades, la chenille de Zycaena Alcon meurt si elle n’a
pas à sa disposition une alimentation animale. Celle que nous
lui avons offerte et consistant en matières liquides qui s’épanchent
de la peau incisée de la larve et de la nymphe de Formica rufa,
a été et est encore parfaitement acceptée en captivité par les
chenilles que nous continuons à élever et qui restent vivantes dans
les tubes d’élevage, au nombre de cinq. Aujourd’hui, 22 sep-
tembre 1917, elles n’ont pas encore achevé leur troisième stade;
elles y sont depuis une dizaine de jours.
HAROLD POWELL.
Observations relatives
à LYCAENA ARMORICANA
MONTERFIL; Considérations générales, juillet 1917. — Sur
la petite lande située à droite et le long du chemin vicinal dit :
d’Iffendic et conduisant directement du bourg de Monterfil au
lieu dit : les Quatre-Routes, nous avions noté, dans la première
huitaine de juillet 1916, une station de Z. Armoricana où le
papillon était assez abondant; même à cette époque un peu tar-
dive, on pouvait y prendre, dans une matinée, une trentaine
d'individus frais ou peu abîmés par le vol. Cette lande étant
élevée et exposée aux vents du nord et nord-est, l’éclosion
était moins précoce que sur la lande basse de la vallée de Grosse-
Roche et Roc-Huel; cependant, nous avions capturé, en Juillet
1916, quelques sujets fraîchement éclos dans cette dernière loca-
lité. La première éclosion a commencé tard, en 1916, à cause du
temps froid et humide du printemps et du début de l’été et elle
s’est étendue sur une période un peu plus longue que d’habitude,
pour la même raison.
La lande au nord du Logis de Monterfhl, qui est traversée par
le chemin conduisant vers Iffendic, se trouve être divisée en trois
sections par le chemin en question et par un petit chemin rural
qui s’embranche à gauche sur celui-ci et se dirige vers l’ouest-
nord-ouest. La section la plus à l’ouest est b:rné:, à l’ouest, par
le bois de Monterfil, et à l’est, par le chemin rural. Cette partie
de la lande n’est pas très riche; il y croît des fougères (P/eris
aquilina) et des ajoncs, mais assez peu de bruyères. La Zycaena
Aegon y est abondante, Armortcana ne s’y trouve que très rare-
ment et accidentellement ; elle ne vit pas ici.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 421
La section centrale occupe l’angle formé par la route d’Iffendic
et le chemin rural ; c’est un bout de lande très riche dans sa
partie est et sud ; un peu sec autour d’une excroissance de rochers,
vers le milieu. Il y a une plantation de pins maritimes dans la
partie sud-est; ceux-ci sont jeunes encore. Aegon et Armoricana
sont tous deux communs sur cette section; A7woricana ayant
deux colonies dans la partie sud-est, où on remarque l’Ærica
ciliaris; le Calluna vulgaris et l’'Erica cinerea abondent autour
de la masse rocheuse centrale.
La section orientale, à droite de ia route d’Iffendic, est une
lande presque unie, avec une seule excroissance de rochers, près
de la route. La végétation y est très dense : graminées, bruyères
et ajoncs. On y remarque, en fait de bruyères, principalement
l’Érica tetralix. Dans la partie centrale qui avoisine la route, se
trouve une très belle colome de Z. Armoricana, tandis que
L. Aegon se rencontre un peu partout dans la section. Quelques
petites fourmilières ont été notées sous la végétation de cette
section.
C’est sur la lande ci-dessus décrite que les observations qui
vont suivre ont été, en grande partie, faites, en 1917. Nous avons
rencontré des colonies de Z. Ayrmoricana sur bien des landes,
souvent peu étendues, des environs de Monterfhl et de Paimpont,
dans la première huitaine de juillet 1917. L’éclosion se prolon-
gera, cette année, Jusque vers le 15 juillet probablement, mais,
déjà, les individus frais sont assez rares. La péri de couverte
par la première éclosion d’Ayoricana est de cinq semaines
environ.
M. Oberthür a déjà fait remarquer que la Zycaena Armort-
cana ne vit que dans les landes grasses où croît l’Æyzca ciliants;
il est inutile de la chercher dans la lande sèche recouverte d’Ærzca
cinerea et de Calluna vulgaris, d’ajoncs et de lichens, mais
dépourvue de l’Ærica ciliaris. Nous avons souvent noté l’abcn-
dance des papillons dans le voisinage immédiat de certaines
grosses fourmilières; d' et Q se chauffant au soleil sur les tiges
d'herbe du bord même de la fourmilière.
28
422 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Le centre d’une colonie, le pivot du vol, pour ainsi dire, paraît
souvent être une de ces grandes fourmilières qu’on trouve assez
fréquemment dans la lande. Tel est le cas pour une colonie
d’'Armoricana établie au bord de la route vicinale conduisant
vers Mordelles et, pour une autre, dans une lande au-dessous de
la Grosse-Roche. Ce matin, 7 juillet, dans une lande grasse, non
loin de l’étang de Paimpont, j'ai dérangé au moins une quinzaine
d’exemplaires dont la majorité étaient des ©, posés, les ailes
ouvertes, sur les tiges d'herbe et sur les petits ajoncs croissant
autour d’une grande fourmilière; nulle part ailleurs, sur cette
lande, il n’y avait une pareille affluence d’Arworicana. La ©
pond quelquefois, ainsi que j'ai pu le constater, tout près de ces
nids de fourmis.
Dans d’autres cas, on ne remarque pas de grandes fourmi-
lières là où se trouve une colonie d’A7zzoricana, mais il est certain
que les petits nids de fourmis d’autres Espèces existent dans
le voisinage de la ponte, cachés le plus souvent par le tapis de
bruyères et d’ajoncs.
Les notes suivantes ont été écrites au fur et à mesure des
observations faites sur la lande
« 3 Juillet 1017; section centrale de la lande; 8 k. 50 du matin
(heure nouvelle); soleil chaud; atmosphère peu limpide, après
une nuit brumeuse et humide; brise sud-est presque nulle; herbe
mouillée. Zycaena Armoricana et L. Aegon se chauffent au soleil,
les ailes à moitié ou aux trois quarts ouvertes ; les papillons
s’orientent de façon à recevoir les rayons solaires perpendicu-
lairement à l’axe du corps; ils se trouvent donc inclinés, la tête
généralement placée plus bas que le corps. Les papillons restent
immobiles, mais on remarque de temps en temps le mouvement
frottant des ailes inférieures commun aux Lycaenides; les ailes
antérieures sont avancées, les inférieures ramenées en arrière, afin
de découvrir autant que possible ces dernières, ce qui augmente
la surface exposée au soleil; le corps est un peu relevé, surtout
chez les ©.
: LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 423
Vers O9 h. 15, l’activité des papillons commence à se déve-
lopper; les Œ volent un peu et butinent sur les fleurs de l’Æ£7zca
cinerea; les Q ne volent que rarement encore; elles ouvrent leurs
ailes au soleil, posées sur les branches d’ajonc ou de bruyère et
semblent peu disposées à pondre, pour le moment.
Din 25: rasta etiobsené de G\h. 15. 4.0/-h. 25,. une, ©
passée; elle a pris trois « bains de soleil » prolongés, interrompus
par deux vols d’une durée d’environ 30 secondes chacun. Je l’ai
vue ensuite voler et se poser plusieurs fois sur de courtes pousses
de l’Ulex nanus, dans une partie de la lande qui a été coupée
l’an dermier; elle n’a montré aucune velléité de pondre.
De 9 h. 40 à 9 h. 55, J'ai gardé en observation une © fraîche
qui avait certainement été fécondée; le soleil, derrière les nuages
peu épais, ne se voyait guère, mais sa chaleur se faisait sentir.
La © a passé une bonne partie de son temps à se chauffer, les
ailes entre la moitié et les trois quarts ouvertes, posée sur l’extré-
mité d’une branche d’ajonc; elle a visité trois grappes fleuries
d’Ærica cinerea et une d’Æ. ciliaris; pendant qu’elle butinait, elle
tenait les ailes complètement fermées, faisant, de temps en
temps, légèrement frotter les inférieures contre les supérieures ;
elle s’arrêtait environ une minute à chaque fleur, quelquefois
davantage; à 10 h. 5, elle butinait toujours, les ailes fermées;
le soleil, à ce moment, était plus dégagé.
À 10 h. 20, je notais : Soleil très fort; les Q d’A7rmoricana,
au repos, ouvrent à peine leurs ailes; cependant, une Q un peu
passée, que je vois en train de butiner sur les bruyères, tient ses
ailes entr’ouvertes, au contraire de ce que j'avais observé pour
la © fraiche.
À 10 h. 25 : Depuis cinq minutes, je garde à vue une grosse Q
fraîche ; elle est très vigoureuse et fait vivement frotter les ailes
inférieures contre les supérieures; elle vient de faire un vol assez
prolongé; maintenant, elle est posée de nouveau sur une petite
branche d’ajonc, la tête en bas, les ailes entr’ouvertes au soleil.
424 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
À 10 h. 27, la Q s’envole et voltige autour d’un petit buisson
d’ajonc; elle a l’air de chercher une place pour pondre; elle
s'arrête sur une pousse nouvelle et se promène dessus en descen-
dant le long de la tige, tâtant avec ses antennes; ses ailes sont
légèrement entr’ouvertes; elle rencontre un brin d’Æytca cinerea
en contact avec l’ajonc, grimpe dessus, l’abdomen étant forte-
ment recourbé, pendant que son extrémité fouille le long de la
tige et entre les feuilles; enfin, elle s'arrête et, pressant la pointe
de l’abdomen contre la tige, elle pond son œuf; 1l est 10 h. 30.
Aussitôt après, l’abdomen reprend la position habituelle, la Q
se retourne, remonte au sommet de la petite branche et, au bout
de 2 ou 3 secondes, elle s'envole. J’ai coupé aussitôt la branche
de bruyère portant l’œuf; celui-ci, au moment de la ponte, est
de couleur verte, mais 1l blanchit très rapidement au contact de
l'air; 1l faut environ une demi-minute pour qu’il prenne la teinte
blanche légèrement verdätre définitive; la modification de la colo-
ration est due à l’asséchement du réseau surélevé formé par les
cloisons des cellules, qui blanchit, tandis que la véritable surface
de l’œuf conserve une teinte verte. J'ai remarqué une petite fourmi
brune se promenant sur l’ajonc, mais je n’ai pas vu de fourmilière
dans le voisinage. Je n’ai pas eu de peine à retrouver la © ; elle
se reposait sur un brin de bruyère, les ailes entr ouvertes; 1l vint
à passer un d'; elle a aussitôt fermé ses ailes en faisant tomber
les supérieures entre les inférieures, de façon à faire dépasser
un peu la marge costale de ces dernières; le O' ne l’aperçut pas
et dès qu'il se fut éloigné, la Q a redressé et réouvert ses ailes;
J'ai vu la même chose se répéter plusieurs fois, pour cette Q et
pour d’autres. Parfois, pendant que la Q volait, un O' arrivait
et, volant rapidement autour d’elle, cherchait à la faire se poser;
elle résistait toujours, mais, à la longue, le G' réussissait, le plus
souvent, à la faire se poser; alors, Cet Q faisaient rapidement
vibrer leurs ailes ouvertes, le © cherchant à se mettre à cô':é de
la ©, mais celle-ci, relevant son abdomen, lui présentait toujours
la tête, et, dans peu de temps, s’apercevant que ses attentions
étaient inutiles, le s’en allait.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 425
Le second œuf que j'ai vu pondre par la même © a été déposé
sur une courte pousse de l’UZex nanus faisant partie d’une petite
touffe n’ayant guère que trois centimètres de hauteur, dans la
partie de la lande coupée l’an dernier.
Un troisième œuf fut pondu, après un nouveau vol et une
période de repos, également sur une bien petite touffe de la
même plante. Ensuite, la © est allée se poser sur les fleurs
d’Ærica cinerea; elle a passé cinq ou six minutes sur la grappe
fleurie, visitant les fleurs et pompant le nectar. Son repas ter-
miné, elle a recomnencé à pondre; à 11 heures, c’est-à-dire dans
l’espace d’une demi-heure, elle avait pondu en tout cinq œufs.
J'ai vu pondre deux autres © un peu plus tard ; toutes deux ont
placé leurs œufs sur l’UZex nanus, sauf dans un cas où l’œuf a
été déposé sur le bois d’un buisson de l’U/ex europaeus; elles
descendaient toujours le long des tiges pour choisir l’emplace-
ment et elles apportaient un soin considérable à déposer l’œuf
dans une situation abritée, sur la surface intérieure d’une épine,
par exemple, ou sur la tige, près de la base d’une épine protec-
trice. L’œuf que j'ai vu placer sur une tige d’Æyrzca cinerea y a
été pondu, je crois, tout simplement parce que cette tige <e trou-
vait en contact avec l’ajonc; c’est bien l’ajonc et non pas l’Æ7zca
qui avait attiré la ©, en premier lieu.
Lorsqu'une Q vierge est rencontrée au vol par un ©, elle se
pose presque aussitôt sur une tige voisine, ferme ses ailes et ne
relève pas l’abdomen; l’accouplement a lieu immédiatement;
pendant sa durée, les ailes demeurent fermées; les papillons
accouplés ne restent pas très longtemps absolument immobiles ;
- ils tournent autour de la tige ou de la grappe de fleurs sur la-
quelle ils se trouvent et c’est la Q qui paraît la plus inquiète
des deux. Si on les dérange, le C' s’envole portant la © qui pend,
les ailes fermées. J’ai observé cette dernière habitude chez Aegon
également et je pense qu’elle est commune à tous les Zycaena.
J'ai rapporté, à la maison, trois Q vivantes, en état assez frais;
nous les avons installées sur deux petits plants d’Ulex nanus
en pot, avec quelques tiges fleuries de bruyère, le tout recouvert
426 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
d’une cloche de mousseline. Au sommet de la cloche, on a placé
un morceau de sucre mouillé, pour varier leur nourriture. Les
trois © ont pondu le lendemain matin et les jours suivants; elles
ne pondent que pendant les heures les plus chaudes de la journée
et lorsqu'il fait soleil seulement. Dans l’après-midi du 6 juillet,
J'ai compté environ 50 œufs pondus par ces trois © qui sont
encore bien vivantes quoique défraichies; 22 œufs se trouvaient
sur la bruyère, le reste sur l’ajonc. Pour avoir une idée du nombre
d'œufs que pouvait pondre une Q, j'ai ouvert l’abdomen d’une Q
fraîche qui n’avait pas dû pondre encore ou, en tout cas, très peu;
je n’ai pu compter que 24 œufs; ceux près de l’oviducte étaient
bien formés, mais ceux qui se trouvaient plus haut étaient mous
et glabres, le réseau celiulaire n’étant pas encore élaboré.
La première chenille est éclose dans la matinée du 9 juillet,
mais l’œuf dont elle est sortie n’était pas un de ceux que j'ai
vus pondre le 3 juillet; c'était un œuf que j'avais trouvé, ce
jour-là, sur un brin d’ajonc qui avait reçu la visite d’une ©
désireuse de pondre et que J’observais; lorsque j'ai examiné le
brin, immédiatement après le départ de la ©, J'ai trouvé un œuf
déja blanc; j'ai conclu que cet œuf n’avait pas été pondu par
la Q qui venait de s'envoler. S’était-elle aperçue de la présence
de l’œuf sur le brin d’ajonc et, pour cette raison, n’a-t-elle pas
voulu y déposer le sien? I] est vrai qu’en captivité les Q pondent
plusieurs œufs sur la même petite branche d’ajonc, ou de bruyère
contiguë à l’ajonc, mais, dans ce cas, elles n’ont pas de choix.
La confirmation de mon opinion que l’œuf en question n'avait
pas été pondu le 3 juillet, est fournie par l’éclosion de la chenille
Je 9 juillet, alors que les œufs que J'ai actuellement vus pondre
le 3 juillet, n'avaient pas encore changé de teinte et ne parais-
saient pas prêts à éclore.
Le 19 juillet, j'ai noté ce qui suit
« Treize des œufs pondus en captivité, entre le 4 et le 6 juillet,
Monterfl, ont donné leurs chenilles ce matin, entre 7 h. 1/2 et
à
9 heures. Il y a environ trois jours que la couleur de la coque de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 427
ces œufs est devenue d’un gris pale en remplacement du vert
tendre, quoique le treillis surélevé formé par les cloisons des
cellules et les points saillants de leurs angles soit resté d’un
blanc pur. Il est possible que, dans la Nature, les œufs eussent
éclos plus tôt; je les avais gardés dans des tubes en verre bouchés
au coton hydrophile. »
25 juillet : « Un grand nombre d’œufs pondus en captivité,
vers le 8-10 juillet, a été laissé sur les plants, au grand air; une
soixantaine d'œufs, pondus à la même époque, ont été gardés
dans des tubes bouchés au coton; je remarque, aujourd’hui, que
bien peu de ces derniers sont éclos encore, mais presque tous
montrent, par la couleur grisâtre de la coque, que la chenille est
formée; quant aux œufs laissés au grand air, j'estime qu'il y a
environ un quart d’éclos; mais, chez ceux qui restent encore à
éclore, la chenille se trouve formée. Les chenilles écloses sur les
plants exposés au grand air se promènent sur la terre dans le
pot et sur la cloche de mousseline; les plants ne reprenant pas
vite en pot, ils ne fournissent pas une nourriture assez tendre et
succulente pour les petites chenilles, dont quelques-unes sont
mortes déja; pour celles élevées en tubes de verre et pourvues
de jeunes pousses d’ajonc, tout va bien. »
L’œuf destiné à donner une chenille qui grandira pendant
l’été éclôt au bout de 12 à 15 jours, si on le garde à la maison;
il éclôt peut-être un peu plus tard s'il est laissé sur la lande.
Mais tous les œufs n’éclosent pas au bout de 15 Jours, quoique
la chenille soit, alors, formée dans tous les cas; ceux qui n’avaient
pas donné leur chenille 20 jours après la ponte —— plus des deux
tiers se trouvaient dans ce cas — ne sont pas éclos encore (14 sep-
tembre).
Les questions suivantes sont donc soulevées : Est-ce qu’une
partie des œufs pondus par les © de la première génération,
hiverne, la chenille contenue étant complètement formée? Est-ce
qu'une partie des chenilles issues de la première génération et
428 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
écloses en été, hiverne, les chenilles étant pleinement développées
ou dans l’un des stades qui précèdent cet état? À ces questions
il n’est pas possible de répondre définitivement, pour le moment ;
mais Je pense que la réponse à la première question sera 041;
Je constate, en effet, que les œufs pondus en juillet et non éclos
encore, contiennent des chenilles bien formées et paraissant être
vivantes; J'ai ouvert plusieurs de ces œufs vers la fin du mois
d’août et d’autres encore, en septembre; malheureusement, je n’ai
pu réussir cette opération une seule fois sans blesser la chenille;
celle-ci, retirée de la coque, ne remuait plus ; de ses blessures
s’écoulait un liquide vert pâle ou vert jaunâtre, comme celui que
fournirait une chemille vivante et non pas une chenille morte
depuis près de deux mois ; les chenilles étaient dodues et ne
montraient pas trace de décomposition ou de desséchement, mais
Je ne leur ai vu faire aucun mouvement. Ce n’est qu’au printemps
prochain que nous pourrons savoir si réellement la chenille A7#o-
ricana hiverne dans l'œuf. Si cela arrive pour une grande partie
des œufs de la première génération, il est bien probable que tous
les œufs de la seconde génération hivernent. D'autre part, toutes
les chenilles écloses en juillet et que j'ai pu élever en tubes, ont
montré une tendance à se développer rapidement au début. Sur
15 chenilles traitées de cette façon, 5 ont été sacrifiées pour les
préparations, 1 est morte accidentellement dans le second stade,
1 est morte dans le troisième stade, 3 sont mortes à la fin du
dernier (quatrième) stade, 1 est morte en chrysalide, au moment
de la maturation de l’imago, et 3 ont formé des chrysalides qui
ne tarderont pas beaucoup à éclore, je pense. Il me reste une
seule chenille, éclose le 22 Juillet et ayant mué, pour la première
fois, le 2 août, pour la seconde fois, le 31 août; elle est donc
dans le troisième stade et se trouve fort en retard sur les autres;
elle grandit lentement et je me demande si elle va continuer à
évoluer ou bien s1 elle se décidera à hiverner.
La seconde éclosion d’Ayzoricana, bien moins abondante que
la première, a commencé le 20 août, cette année, date à laquelle
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 429
on a pris les deux premiers papillons sur la lande d’observation;
du 31 août au 3 septembre, nous avons capturé un très petit
nombre de sujets frais, sur la lande d’observation et sur la lande
des Grêles, près Treffendel; mais nous avons remarqué un plus
grand nombre de sujets passés; cependant, l’éclosion n’est pas
encore terminée, puisque nous attendons encore celle des chrysa-
lides formées en captivité et que nous avons constaté, l’an der-
nier, que les papillons frais se rencontraient, par exemplaires
isolés, jusque fort avant dans le mois d’octobre. La chenille
retardataire pourrait donc fournir un imago d’automne ; elle
n’était, d’ailleurs, pas la seule à évoluer lentement, à partir de
la première mue; une autre que Je possédais et que J'ai tuée acci-
dentellement, le 10 septembre, se trouvait encore dans le second
stade, près de la deuxième mue. Se serait-elle chrysalidée à temps
pour donner un papillon d’automne, ou bien aurait-elle hiverné?
Aegon, Espèce voisine d’Aoricana, n’a qu’une seule géné-
ration par.an; aucun des œufs que J'ai obtenus des Q d’Acgon,
en Juillet dernier, n’est éclos encore, quoique, à en juger par leur
apparence, les chenilles qu’ils contiennent aient été complètement
formées une quinzaine de jours après la ponte. Il a été constaté
par le D' Chapman, M. Wood et d’autres, que chez Aegon, c’est
l’œuf qui hiverne, la chenille contenue étant complètement formée
une quinzaine de jours après la ponte mais n’éclosant que vers
la fin de l’hiver.
Le 17 septembre, trois © écloses depuis peu de Jours ont été
capturées sur la lande d’observation, ainsi que trois GO dont
un seul très frais. Deux des © ont été installées sur un plant
d’ajonc en pot, le jour même de leur capture, et nous espérons
en obtenir des œufs. La chenille de la Zycaena Armoricana
réussit merveilleusement bien à se cacher, dans la libre Nature.
Hervé Oberthiir et moi-même, nous avons passé des demi-journée;
entières à la chercher sur les Ulex nanus et les U. Europaeus
dans la lande où nous avions vu pondre les Q au mois de juillet.
430 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Nous ne l’avons Jamais trouvée, quoique en la cherchant nous
obtenions très souvent la chemille de Celastrina Argiolus et par-
fois celle d’ÆEveres Argiades (Amyntas), dans les boutons et les
fleurs de l’U. anus, en août et en septembre. À propos de
C. Argiolus, nous étions assez étonnés de voir fréquemment sa
chenille sur des fleurs entourées de la toile d’une petite araignée
qui établit souvent son réseau sur les pousses fleuries de
l’'U. nanus ; la chenille d’Aygtolus ne paraissait nullement
incommodée par la présence de l’araignée et de ses toiles; quant
a l’araignée, elle ne s’occupait pas de la chenille.
Pour revenir à la chenille de ZL. Armoricana : En tenant
compte de la façon dont la chenille, en captivité, coupe les épines
a leur base, nous comptions pouvoir la trouver sans trop de
difficulté, à l’état libre, en nous servant de cette indication; on
pouvait croire que les épines coupées ne tomberaient pas toutes,
mais que quelques-unes, au moins, resteraient prises entre les
pointes des épines voisines et se dessécheraient; il arrive assez
souvent, même, que l’épine ne se trouve pas complètement sec-
tionnée, alors, elle se dessèche en place, plus ou moins penchée.
Nous n’avons, cependant, jamais noté, sur la lande, une trace
de travail de ce genre bien semblable à celui que faisait la che-
nille captive, et que l’on pouvait, sans crainte de se tromper,
attribuer à la chenille d’Aymoricana. Parfois, c'était toute la
partie terminale de la pousse qui se trouvait desséchée, la tige
étant évidée sur une petite longueur par la chenille mineuse
d’un micro, ou bien les épines se trouvaient coupées trop loin de
la base pour indiquer le travail d’une chenille d'Armoricana.
Jamais ces blessures de la plante ne nous ont amenés à la décou-
verte de la chenille, D'autre part, la chemille étant myrmécophile
a partir de la seconde mue, nous espérions que la présence de
fourmis satellites aiderait dans nos recherches; la présence des
chenilles de Z. Argus a été révélée plus d’une fois par les fourmis
qui l’accompagnaient. — Huebner mentionne les chenilles comme
étant entourées d’une armée de fourmis et le D' Chapman écrit
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 431
dans « The Entomologists Monthly Magazine », 2° série,
Vol. XXV, janvier 1914, p. 24, au sujet de Plebeius Argyro-
gnomon (Argus) :
« The larvae themselves on the plant, some ten to twenty
inches from the ground, would have been very inconspicuous,
but each was easily found by its being attended by several black
ants (Formica fusca?), which made an easily seen black point. »
Traduction
« Les chenilles sur la plante, qui se tenaient à une hauteur
de 10 à 20 pouces (25 à 5G cm. environ) au-dessus du sol, auraient
été très peu visibles elles-mêmes, mais chacune d’elles a été faci-
lement trouvée parce qu'elle était accompagnée par plusieurs
fourmis noires (Æormica fusca ?) qui frent un point noir facile
à voir. »
De mon côté, j'ai trouvé plus d’une fois, sans difficulté, la
chenille de Zycaena Melanops à cause des fourmis qui l’entou-
ralent et qui montaient sur son dos.
Mais, pour A7moricana, les fourmis ne nous ont pas rendu ce
service; nous en voyions bien souvent sur les ajoncs; seulement
c'était les pucerons qui les attiraient et non pas les chenilles de
Lycaena Armoricana. Nous examinions plus spécialement les
ajoncs dans les endroits mêmes où J'avais vu pondre des ©, sur
la lande d’observation et dans le voisinage immédiat d’un grand
nid de la fourmi À, à droite de la route de Mordelles:; nous
écartions les épines de chaque tige avec soin, pour tâcher de
découvrir les chenilles moins avancées, qui pouvaient être cachées
vers leur base. Il existe, à l’ouest du Logis de Monterfil, une
petite lande très riche, habitée par Arwmoricana; de nombreux
nids de la fourmi À bzs (celle qui s’est attachée à la chenille, en
captivité) se trouvent dans cette lande, étroitement entourés de
plants de l’ajonc nain, mais, n1 sur les ajoncs ni sur ou dans les
fourmilhières, aucune chenille n’a été découverte.
Il est certain que les chenilles ont bien des facilités pour se
cacher parmi une végétation aussi épaisse que celle des landes
432 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
grasses, et elles doivent être plus difficiles à trouver en été qu’au
printemps, parce qu’elles sont moins nombreuses. Au printemps,
leur nombre est, vraisemblablement, bien plus élevé, puisque les
deux tiers, environ, de la progéniture de la première éclosion,
ainsi que toute celle de la seconde éclosion, dcivent passer l’hiver
et, naturellement, les chemilles grandissent ensemble au prin-
temps.
Le D' Chapman, dans son très intéressant article sur A7gyro-
gnomon (Argus), mentionné précédemment, émet l’hypothèse,
basée sur des observations très Judicieuses, que les fourmis
recherchent les Jeunes chenilles, les emportent et les réunissent
sur des plantes favorablement placées. Il à trouvé les chenilles
sur des petits groupes de plants de Sainfoin, à raison d’une
demi-douzaine, ou davantage, de chenilles par plant; ces groupes
de plants habités par les chenilles étaient entourés d’autres plants
de Sainfoin qui ne montraient pas trace de la chenille; les plants
« affectés » poussaient dans du sable grossier, tandis que ceux
« non affectés » se trouvaient entourés d’une végétation assez
épaisse, composée largement de mousse, ce qui donnait au sol
une surface verte et ume; les investigations du D' Chapman lui
ont démontré que le sable grossier entourant la base des plants
occupés par les chenilles, avait été amené à la surface par les
fourmis (F'ormica fusca) et par elles distribué autour des plants.
À deux occasions, une fourmi a été aperçue en train d’emporter,
ou d’essayer d’emporter, une chenille bien plus grande qu’elle-
même; dans un de ces cas, le plant ayant été secoué, la fourmi
a essayé de tirer la chenille sous la terre et elle y a réussi jusqu’à
un certain point; elle employait à peu près le procédé qu’on
remarque chez les fourmis lorsque leur nid a été dérangé et
qu'elles veulent cacher leurs propres larves ou nymphes. Dans
l’autre cas, une fourmi trainait une chenille le long d’une tige
de feuille, sur un plant qui n’avait pas été touché.
Le D' Chapman a remarqué que les chenilles se tenaient, le
plus souvent, sur la tige, tout près de la racine, mais qu’on les
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 433
trouvait, quelquefois, sur les feuilles; un bon nombre de che-
nilles, près de la racine, étaient recouvertes par le matériel désa-
grégé empilé par les fourmis. Il a trouvé deux chrysalides bien
enterrées sous le même matériel, dont une dans une véritable
cavité contenant, outre la chrysalide, quelques fourmis et deux
chenilles d’'Argyrognomon à moitié adultes. Dans la même loca-
lité (le Val Veni, au-dessus de Courmayeur,, le D' Chapman a
pris des chenilles d’Argyrognomon (Argus), mais en petit nombre
seulement, sur l’Aelianthemum, sur un Ax/hyllis et aussi sur
Hippocrepis.
Il est possible que la chenille de Z. Armortcana ait des mœurs
semblables à celles d’'Argus (Argyrognomon); son absence appa-
rente sur les ajoncs, où les mâles avaient certainement pondu,
pourrait même être considérée comme appuyant l’hypothèse du
D' Chapman relative à l’intervention de la fourmi, dans le jeune
âge de la chenille d’'Argyrognomon (Argus). Malheureusement,
nous n’avons pas réussi, cet été, à trouver des colonies de che-
nilles sur la lande, pas plus que des individus isolés. Nous ne
connaissons que la chenille captive dont on trouvera, plus loin,
la description des caractères et mœurs.
Il est certain, d’après les descriptions et les figures de la che-
nille dans son dernier stade, données par le D' Chapman, que
les larves d’Argus (Argyrognomon) et d’'Armoricana sont très
voisines. Ce biologiste a remarqué une grande variété dans la
coloration et l’intensité des dessins chez les chenilles d’A7gus,
dont il avait récolté un nombre important. la variation était, au
contraire, très limitée chez les chenilles d’Arworicana que j'ai
élevées cet été, mais, 1l faut tenir compte du fait que je ne pos-
sédais qu’un nombre relativement petit d'individus; c’est aux
chenilles figurées sous les n° 1, 2 et 4 de la PI. 1 de l’Entomo-
lLogists Monthly Magazine, janvier 1914, que les chenilles d’A7-
moricana ressemblaient le plus. Certaines d’entre elles ressem-
blaient beaucoup aux deux figures de la chenille d’Argus données
par Freyer (Weuere Betträge, 1836).
La chenille de Z. Argus est polyphage; Huebner la figure sur
434 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le Melilotus ofhcinalis; Freyer sur le T'etragonolobus siliquosus;
le D' Chapman l’a trouvée, en Carinthie, sur Vzcza lutea et, dans
le Val Veni, sur l’Onobrychis, l'Helianthemum, V'Anthyllis et
l’ÆHippocrepis; Seitz cite, comme plantes nourricières, le Lotier
et autres Papilionacées, ainsi que les Bruyères
Pour A7rmoricana, nous ne ccnnaissons encore, comme plantes
nourricières, que les UZex nanus et Europaeus, dont les chenilles
mangent, en captivité, la base des épines tendres et les fleurs.
Je n’ai pas essayé de les nourrir avec de la Bruyère. Je n’ai vu
qu'une seule fois une © libre pondre sur une Bruyère (Æyzca
cinerea), mais, ainsi que je l’ai déjà dit, je crois qu’elle n’a
choisi cette plante que parce qu’elle l’a trouvée au milieu d’une
touffe d’ajonc.
Le Dr Seitz dit que les fourmis qui gardent la chenille d’A7gws
sont le Zasius niger et la Formica cinerea.
Plusieurs auteurs ont observé la ceinture de soie qui maintient
la chrysalide d'Argus; Freyer la représente, dans ses figures,
d’une épaisseur qui me semble un peu exagérée; le D' Chapman
dit, dans l’article précité : « La position des chrysalides est
assurée par le cremaster et par une légère ceinture à travers le
premier segment abdominal ». Armoricana, aussi, possède cette
ceinture, mais Aegon ne l’a pas. Les auteurs qui ont observé et
décrit la chrysalide d’Aegon semblent être d’accord sur ce point.
Le D' Chapman dit {British Lepidoptera, J. W. Tutt, Vol. X,
p. 222) : « .… Peu de soie est visible; quelquefois un fil errant
ou deux est aperçu, mais ces fils isolés sont très loin de ressem-
bler soit à un cocon soit à une ceinture. Au moment de la méta-
morphose, la peau de la larve est complètement libérée et tombe;
la chrysalide est attachée par le cremaster, mais si faiblement
que le moindre dérangement la détache ».
M. Frowhawk note, dans l’ouvrage de Tutt précité, p. 222 :
« Les chenilles pleinement développées tissent quelques fhls
de soie, réunissant autour d’elles quelques minces tiges, tout près
du sol; ici elles se changent en chrysalides apparemment non
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 435
attachées par les crochets anals, mais suspendues dans la toile
de soie. »
Dans le même ouvrage est enregistrée une observation de
Buckler qui dit que les chenilles d’Aegon, qu’il éleva en 1868,
s'étaient chrysalidées à la date du 24 juin ;: une d'elles était
faiblement attachée à une tige d’'Ormi/hopus, par l'extrémité
anale, et reposait, comme les autres, partiellement enterrée au
milieu de quelques hls isolés, à ia base même des tiges.
Nous nous trouvions souvent sur la lande au moment du
coucher du soleil et nous avons noté que les Zycaena Armoricana
et Aegon montraient une tendance à se réunir en groupes sur
des tiges hautes de Graminées, pour passer la nuit. Pareil fait
avait été observé, l’an dernier, à Brantôme (Dordogne), pour
L. Corydon, et on le constate chez certains autres Lycaena éga-
lement. Je ne pense pas que ces Zycaena ressentent le besoin de
se mettre en compagnie; ils aiment à se poser, pour le repos
nocturne, sur les hautes tiges florales, et, comme les Graminées
qu’ils recherchent croissent par touffes ou par groupes souvent
assez éloignés les uns des autres, les papillons qui s’y posent se
trouvent naturellement réunis en compagnie.
Les Armoricana et les Aegon se placent la tête en bas, les ailes
ouvertes, pour recevoir les derniers rayons du soleil, et, lorsque le
soleil est couché, ils ferment leurs ailes et restent la tête ex bas.
M'étant promené, une nuit, à 11 heures, sur une lande où il y
avait beaucoup d’Aegon et d’'Amyntas, j'ai pu voir un grand
nombre de ces papillons dans la position nocturne définitive;
tous, sans exception, avaient la tête ex haut; seuls une demi-
douzaine de CArysophanus Dorilis (Xanthe), que j'ai vus dans
un coin de la lande, avaient la tête en bas. Il est probable qu’A7-
moricana se retourne, comme Aegon, quand vient la nuit, et se
place définitivement, la tête en haut, mais Je n’ai pas eu l’occasion
de le constater.
Les deux Q de la seconde génération d’Armoricana capturées
le 17 septembre et conservées vivantes pour la ponte, ont déposé
430 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
une trentaine d’œufs entre cette date et le 21 septembre; nous ne
savons pas encore s1 les chemilles écloront cette année ou si elles
attendront la fin de l’hiver; il me paraît probable que les œufs
hiverneront.
La planche sur laquelle sont reproduites les photographies de
l’œuf d’A7woricana et celles de l’œuf d’Aegcn rendent superflue
une description détaillée de la structure superficielle. Examinés
avec un faible grossissement, les œufs de ces deux Espèces ne
paraissent pas différer beaucoup, mais lorsqu’on les agrandit de
25 diamètres, par exemple, on s’aperçoit que les « points étorlés »
qui se trouvent au point de jonction des cloisons cellulaires, sont
plus grands et plus élevés chez Armoricana que chez Aegon, et
qu’à cause de ce fait, la surface légèrement évasée du sommet de
l’œuf paraît plus large, chez Armoricana, et la cuvette micro-
pylaire moins profonde. En moyenne, l’œuf d’Aymortcana est
un peu plus grand que celui d’Aegon.
En éclosant, la chenille découpe assez irrégulièrement la sur-
face supérieure de l’œuf et laisse un grand trou; chez l’individu
que j’examine actuellement, l’aire micropylaire est complètement
détruite et la coque est largement entamée dans son voisinage;
le matériel enlevé au cours du percement de la coque est mangé
par la chenille, mais, une fois hbre, elle ne cherche pas à achever
de manger la coque.
Je transcris ici les notes descriptives de la chenille éclose, le
9 juillet, et de ses mœurs en captivité
La petite chenille, fraichement éclose, s’est trouvée sur un brin
d’ajonc sec, sur lequel elle a marché assez rapidement; je ne lui
ai fourni de la nourriture fraiche que quatre ou cinq heures après
son éclosion; elle était, à ce moment, très inquiète, remontant et
redescendant les épines et la tige sèches; elle s’est calmée dès
qu’elle s’est trouvée sur le brin d’ajonc frais et n’a pas tardé à
s'installer sur la surface inférieure d’une épine.
Le soir, j'ai remarqué qu’elle avait découpé un petit morceau
de l’épiderme. Vue à la loupe, sa tête, relativement grande, est
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
437
noire, luisante et aplatie sur la face; elle la retire facilement,
dans le segment prothoracique; le labrum est blanchâtre. La
couleur du corps est d’un blanc jaunâtre sale, très pale et avec
une faible teinte verdâtre, même avant l’ingestion de la première
nourriture végétale. Les poils sont longs et incolores; celui porté
par le tubercule I, a environ la moitié de la longueur du corps de
la chenille; le poil du tubercule IT est beaucoup plus court; les
poils de ces deux tubercules (les trapézoïdaux) se trouvent légè-
rement recourbés en arrière; ceux portés par les tubercules du
flanc et du ange sont moins longs que le poil du tubercule I et
ils sont à peu près droits; les poils du segment prothoracique se
trouvent courbés en avant. Les tubercules apparaissent comme de
petits points bruns; chacun porte un seul poil; sur le flanc de
chaque segment, depuis le mésothoraciaue jusqu’au huitième de
l’abdomen inclus, près de la base des monticules en bordure du
centre dorsal, se trouve une assez grosse lentille ronde; la che-
nille a, environ, © m. 001 de longueur lorsqu'elle est stationnaire;
étendue en marche, elle a près de O m. 0015.
15 juillet 1917. — La chenille n’a pas encore mué; je lui donne
de l’ajonc frais tous les jours, consistant en la partie tendre,
terminale des jeunes pousses d’Ülex anus; elle mange bien et
je remarque, chaque jour, une certaine quantité d’excrément; elle
ne change pas souvent de place, restant près de la base d’une
épine, du côté de la tige; les poils de l’ajonc ne paraissent nulle-
ment la gêner. Voici la description de la chenille, toujours dans
le premier stade, vue sous la loupe
Tête noire et luisante, labrum blanchâtre; couleur du dorsum
blanc grisâtre, légèrement teintée de vert sur les flancs; ligne
médiodorsale fine, d’un brun rougeâtre peu foncé; cette ligne
part du bord antérieur du segment mésothoracique et se termine
au bord postérieur du 6° segment abdominal ; mais elle réapparaït,
faible, sur le 0° segment abdominal, et se prolonge, de là, jus-
qu’au bord du clapet anal; du segment mésothoracique au 6° de
l'abdomen inclus, les bases carrées, un peu surélevées, blan-
29
438 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
châtres, des tubercules trapézoïdaux, forment une large bordure
à la ligne médiodorsale; sur le 7° et le 8° segments abdominaux,
la base commune aux tubercules I et II est moins surélevée, mais
le sommet chitineux de ces tubercules y est plus grand que sur
les segments précédents; la position relative des tubercules I et IT
se trouve modifiée sur le 7° segment abdominal; 1ls y sont plus
rapprochés l’un de l’autre; sur le 8° segment abdominal, je ne
vois, au moyen de la loupe, qu’un seul point chitineux à la place
des tubercules I et [T; 1! est possible qu’ils se trouvent trop près
l’un de l’autre pour être séparés avec le faible grossissement dont
je dispose actuellement. Sur le flanc, au-dessous des monticules
qui portent les trapézoidaux (I et Il), il existe une ligne ondulée
ayant à peu près la même coloration que la médiodorsale, mais
elle est plus fine que cette dernière; la ligne ondulée en question
n’est bien nette que sur les deux derniers segments thoraciques
et les segments abdominaux 1-6 inclus; ensuite, elle est presque
complètement effacée; elle montre une tendance à se modifier en
chevrons obliques à extrémité antérieure plus près du centre
dorsal que l’extrémité postérieure. Une troisième ligne (sous-
stigmatale), d’un brun rouge pâle, longe le ange, en dessus;
elle est très faible sur les segments thoraciques, mais elle se
fonce progressivement, le long des segments abdominaux. Le
Jlange est blanchâtre et, immédiatement au-dessous, sur la sur-
face ventrale, 1l existe une ligne, ou plutôt une ombre, peu diffé-
rente de la ligne sous-stigmatale. La surface ventrale est d’un
blanc sale légèrement verdâtre, ainsi que la base des pattes; les
plaques chitineuses des pattes thoraciques sont d’un brun pâle.
17 juillet 1917. — La chenille, après avoir bien mangé, avant-
hier et hier, est très inquiète ce matin; elle a beaucoup pli, sa
transparence a augmenté et la teinte verdâtre a presque disparu,
laissant une coloration blanc jaunâtre; elle ne mange plus, le
prothorax semble un peu enflé et tout semble indiquer une pro-
chaine mue.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 430
19 juillet, 10 heures du matin. — La chenille s’est mise au
repos dans l’après-midi du 17 juillet, et elle n’a pas changé de
position jusqu’à l’heure actuelle; sa longueur est de © m. 0024.
19 juillet, après-midi. — La chenille a commencé à muer à
10 h, 30 ce matin; la peau se fend au cou, au devant du bord
antérieur du prothorax; elle se fend aussi le long des segments
thoraciques et des deux premiers segments abdominaux, de
chaque côté; de l’ouverture ainsi faite, la chenille se retire rapi-
dement et facilement, l’opération ne durant, en tout, qu'environ
90 secondes ; la vieille peau recouvrant les segments abdominaux
se tasse assez sensiblement à la suite des efforts faits par la
chenille pour s’en débarrasser ; la peau des segments thoraciques
demeure tendue, au contraire, de sorte que la partie antérieure de
la dépouille reste béante et ressemble quelque peu à une bouche
de baleine ouverte. La chenille stationne longtemps auprès de la
dépouille, en faisant, pendant un quart d’heure, de légers mou-
vements d’étirement; elle se débarrasse ainsi, je suppose, des
organes intérieurs; elle ne cherche pas à manger sa dépouille.
Le premier stade a duré du 9 juillet (matin) au 19 juillet (matin),
soit 10 Jours.
DÉNSDADE
Le nombre de points pilifères et de lentilles a augmenté; les
poils sont d’un brun doré clair ; ils sont relativement moins longs
que dans le 1° stade.
Examinée à la loupe, le 23 juillet, ia chenille dans son 2° stade
présenta l’apparence suivante :
La ligne médiodorsale est très distincte et d’un brun chocolat;
elle est bordée de blanchâtre jusqu’à l’extrémité postérieure du
6° segment abdominal; cette ligne n’est pas apparente sur le
septième segment abdominal, mais on y remarque, à sa place,
une faible ombre qui semble indiquer un organe placé bien au-
dessous de la peau; la ligne médiodorsale réapparaît, faible, sur
440 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le 8° segment abdominal et se prolonge, de là, jusqu’au bord
postérieur arrondi du dernier segment. La série de mamelons (ou
tablettes) en bordure du centre dorsal ne dépasse pas le 6° seg-
ment abdominal; les mamelons sont de couleur verte très pale;
leur sommet, ou crête, porte la ligne blanche bordant la ligne
médiodorsale. À moitié distance entre la ligne médiodorsale et
le ange, on remarque une ligne ondulée suprastigmatale qui
peut être considérée, aussi bien comme une série de chevrons
obliques ayant, chacun, une légère concavité dorsale; la couleur
de cette ligne est chocolat; mais elle est moins foncée que la
médiodorsale et sembie être sous-cutanée; j'ai remarqué, plus
tard, chez des individus plus vivement marqués que celui actuel-
lement décrit, une autre série de chevrons, plus haut placée, à la
base même des mamelons, du côté du flanc. Il y a une trace de
chevron latéral, sur le 7° segment abdominal, en prolongement de
la ligne ondulée, mais, sur les 8°, 0° et 10° segments abdominaux,
il n’en existe pas. Entre les chevrons de la ligne sprastigmatale
et le flanc, se trouve une autre série de tablettes, mais les tablettes
sont bien moins proéminentes que celles de la série sous-médiane;
vers le milieu de chaque tablette, on remarque, comme pour la
série sous-médiane, une dépression; cette région, qui est la région
stigmatale, est également d’une couleur verdâtre très pâle; un
sillon, qui se trouve entre les tablettes stigmatales et le ange,
est marqué par une ligne chocolatée, presque imperceptible sur
les segments thoraciques, qui s’accentue progressivement en des-
cendant le long des segments abdominaux jusqu’au 8° inclus.
Le flange, ou bourrelet de division entre le dorsum et la surface
ventrale, est d’un blanc un peu jaunâtre. La surface ventrale est
verdâtre, teintée de jaune; il y a une légère ombre en dessous du
flange. Les pattes membraneuses et la base des pattes thora-
ciques ont la même couleur que sur la surface ventrale ; les
plaques chitineuses des vraies pattes sont noirâtres. Situé en tra-
vers du centre dorsal du 7° segment abdominal, on aperçoit bien,
à la loupe, l’organe à miel (honey-gland), représenté par un
trait, ou sillon, entre deux lèvres fermées, de couleur verdâtre;
|
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 441
cet organe ne paraît pas avoir atteint son complet développement
et ne fonctionne pas dans le second stade. Je ne vois pas trace
encore des tubes extensibles (scent fans) dont l’emplacement
normal, chez les chenilles de Zycaenides myrmécophiles, est sur
le 8° segment abdominal. La tête est toujours noire et luisante,
le labrum blanchâtre.
La note suivante est datée du 23 juillet 1917 : « Le jour, Je
vois souvent manger la chenille, qui se porte bien; elle enfonce
la partie antérieure du corps entre la base des épines et la tige
de l’ajonc; elle mange, surtout, la base des épines. Sa longueur
dépasse un peu, maintenant, O m. 004. »
27 juillet 19177. — « La chenille est immobile sur une épine
d’ajonc, protégée par les épines des grappes inférieures de la
tige ; elle n’a pas bougé depuis hier, ni mangé, n1 expulsé d’excré-
ment ; elle a pàli un peu et je pense qu’elle se prépare pour la
seconde mue. Sa longueur est de © m. 0042 et sa largeur d’un
peu moins de O m. 0015. »
3° STADE :
29 juillet 1917. — « J'ai trouvé la chenille dans son 3° stade,
ce matin; elle a, sans doute, mué hier, dans l’après-midi. Sa
couleur est à peu près la même que dans le stade précédent, ainsi
que les dessins. Les petits points noirâtres, pilifères, sont plus
nombreux et les poils portés par les points ou tubercules primitifs
me paraissent être relativement moins longs que dans le s-cond
stade; ceux des points secondaires sont très courts. La glande
à miel est bien plus développée; elle apparaît, au milieu du
7° segment abdominal, comme une légère dépression ovale et
transversale, bordée de points noirâtres, serrés. La modification
du 8° segment abdominal est encore plus apparente; le tube
extensible situé en arrière du stigmate et plus près du #ange que
celui-ci, est parfaitement visible, même à l'œil nu; vu par dessus,
c’est un petit bouton arrondi, blanc. Le tube est porté légèrement
érigé. D’après mes souvenirs, les deux tubes extensibles étaient
442 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
moins saillants, au repos, chez Bellargus que chez la chenille
d’Armoricana, dans son troisième stade. Sur la ligne blanche qui
suit les crêtes en bordure du centre dorsal, les tubercules ou
points pilifères sont blancs; comme dans le stade précédent, la
ligne blanche, ainsi que les tubercules blancs, ne dépassent pas
le 6° segment abdominal; la ligne médiodorsale est d’un brun
un peu verdâtre; elle est faible à partir du 7° segment abdo-
minal; sur le 7° segment abdominal, la ligne médiodorsale est
coupée par la glande à miel et elle est faiblement indiquée, sur
ce segment, en avant de la glande; cette ligne est large, sur les
segments mésothoracique et métathoracique; elle diminue en lar-
geur légèrement et progressivement, ensuite jusqu’au 6° segment
abdominal inclus; elle s’élargit un peu, à partir du centre du
8° abdominal jusqu’au bord postérieur du dernier segment. »
30 juillet 1917. — « La chenille mange fréquemment; elle
s'attaque à la base d’une épine et y pratique une excavation pro-
fonde; l’épine se trouve, assez souvent, complètement coupée;
elle ne tombe pas toujours, étant parfois retenue par les épines
voisines; en d’autres occasions, l’épine n'étant pas entièrement
sectionnée, elle reste inclinée ou suspendue; dans tous les cas,
l’épine atteinte se dessèche et Jaunit, chose qui devrait faciliter
la découverte de la chenille sur la lande; mais, jusqu’à présent,
nous n’avons pas pu trouver la chenille en liberté.
Ayant voulu savoir si la chenille, dans son troisième stade, se
trouvait en état de fournir la sécrétion agréable aux fourmis,
ainsi que son apparence le faisait supposer, J'ai recueilli, aujour-
d’hui, quelques fourmis d’Espèces différentes, afin de faire
l’expérience. Une fourmi de l’Espèce B (Formica fusca v. gle-
baria Nyl.), que j'ai prise sur un poirier sauvage, où elle était
occupée avec des pucerons, ne s’est pas intéressée à la chenille;
il est vrai que Je ne les ai pas laissées très longtemps ensemble
et la fourmi n’avait, probablement, pas eu le temps de s’accom-
moder de son nouvel environnement. Ensuite, j’ai transféré le
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 443
brin d’ajonc, sur lequel se tenait la chenille, dans un tube conte-
nant deux fourmis de l’Espèce À bis (Acanthomyops niger L.)
prises dans une fourmilhère que nous avions repérée sur une petite
lande habitée par Z. Armoricana et L. Aegon (*). Ces deux
fourmis, d’abord effrayées et désorientées, s'arrêtaient, cepen-
dant, presque chaque fois qu’elles passaient sur la chenille, dans
leur course sur les parois du tube et sur le morceau d’ajonc; elles
tataient la chenille avec leurs antennes, reconnaissant certaine-
ment un objet intéressant pour elles, mais elles repartaient presque
aussitôt. À leur toucher, la chenille se montrait sensible ; elle
éjectait, puis elle rentrait ses tubes blancs du 8° segment abdo-
minal, mais la glande à miel ne sécrétait pas encore. Plusieurs
fois, après le passage des fourmis, j'ai noté que la chenille rele-
vait brusquement son arrière-train et l’abaissait ensuite; ce mou-
vement me paraissait avoir un rapport avec l’entrée en fonction,
pour la première fois, de l’organe à miel et de ses accessoires.
Les fourmis, finalement calmées et plus à leur aise, se sont
occupées de leur toilette, brossant leurs antennes avec les pattes,
se courbant pour nettoyer le bout du corps, etc.; pendant ce
temps, la chenille mangeait par intermittences. Deux heures après
son introduction dans le tube, j'ai vu une des fourmis s’appro-
cher de la chenille, qui a éjecté ses tubes pour un instant; la
fourmi est montée sur son dos et a commencé à la titiller rapide-
(*) Pour prendre les fourmis, nous faisions une petite brèche ou un petit
trou dans la fourmilière, si les fourmis ne circulaient pas en dehors (en temps
de pluie, par exemple); les fourmis sortaient aussitôt, furieuses, avec leurs
mandibules ouvertes ; alors, on présentait à l’ouverture, faite dans le nid, le bout
non fermé d’un tube en verre et plusieurs fourmis ne manquaient pas de grimper
dans le tube. Nous avons trouvé, ensuite, qu’il vaut beaucoup mieux attendre
que les fourmis se soient un peu calmées avant de les prendre en tube, puisque
toutes celles que nous avions recueillies pendant qu’elles rageaient, sont mortes
au bout de quelques minutes, asphyxiées, apparemment, par l’acide formique
dégagé par elles-mêmes; j'ai répété l’expérience plusieurs fois et toujours avec
le même résultat. Si on prend les fourmis doucement, après le rétablissement du
calme, on peut les garder longtemps dans un tube en verre bouché au coton. Une
des fourmis A bts prise dans le nid, le 30 juillet 1917, a vécu en tube, tantôt
avec les chenilles de Z. Aymoricana, tantôt seule, depuis deux mois; en outre
de la sécrétion que lui fournissaient les chenilles, je lui donnais un crystal de
sucre de temps en temps; la fourmi continue à se porter très bien, aujourd’hui,
27 septembre 1917.
444 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
ment de ses antennes, surtout dans la région de la glande à niel
et des tubes; quelquefois la chenille élevait ses tubes, mais elle
ne les laissait pas exposés plus d’un très court instant ; la fourmi
persévérait dans ses attentions, ne s’arrêtant de temps en temps
que pour brosser ses antennes ; ses efforts ont été assez vite récom-
pensés; J'ai vu la glande du 7° segment abdominal se gonfler
légèrement et expulser une petite quantité de liquide transparent;
la fourmi y a immédiatement posé sa bouche et elle est restée
immobile pendant près d’une minute. Non satisfaite avec ce pre-
mer repas, la fourmi a recommencé le chatouillement avec ses
antennes en se promenant sur le dos de la chenille et autour d’elle,
sans Jamais s’en éloigner beaucoup. La chenille dressait ses tubes
blancs, occasionnellement, lorsque la fourmi revenait après une
courte absence, mais elle les rentrait dès que la fourmi les appro-
chait de près; comme chez les autres Zycaenides myrmécophiles
que J'ai observées, les tubes extensibies sont indépendants l’un
de l’autre; la chenille peut éjecter un seul tube à la fois, mais,
le plus souvent, les deux sont développés en même temps.
Dans l’espace d’une heure et demie, j’ai vu fonctionner la
glande trois fois. La fourmi paraît, maintenant, moins avide du
liquide sécrété de la glande, mais elle ne quitte pas la chenille
pour plus d’une minute environ, à la fois; la seconde fourmi ne
paraît pas être très intéressée par la chenille; en passant, elle
s'arrête et la tâte, mais elle ne s’y attarde pas.
Cette fourmi est beaucoup plus inquiète que sa compagne, avec
laquelle elle vit bien amicalement. Après l’un des repas pris par
la première fourmi, les deux fourmis se sont rencontrées, au cours
d’une promenade dans le tube en verre; elles se sont caressées
avec leurs antennes, et celle qui venait de traire la chenille a
ouvert ses mandibules que l’autre fourmi a léchées assez longue-
ment, paraissant ainsi participer indirectement au repas.
À 6 h. 1/2 du soir, la chenille mange et se montre indifférente
aux attentions de la fourmi. La chenille étant jeune encore, et la
glande se trouvant depuis bien peu de temps en état de fonc-
tionner, 1l est probable qu’elle ne sécrète que peu. »
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 445
31 juillet 1917. — « La première fourmi se tient, presque cons-
tamment, auprès de la chenille qu’elle titille très souvent de ses
antennes; la seconde fourmi vient quelquefois la chasser de sa
position, mais cette dernière ne reste pas longtemps avec la che-
mille. La chenille paraît bien se porter, mais je ne l’ai pas vue
élever ses tubes, ni fournir le liquide de la glande, aujourd’hui;
il est vrai que Je ne l’ai pas observée pendant très longtemps.
Pensant que la chenille pouvait se trouver fatiguée par la pré-
sence ininterrompue des fourmis, J'ai enlevé ces dernières du
tube pour la nuit. Les fourmis n’ayant, pour le moment, d’autre
nourriture que celle fournie par la chenille, il m'a semblé qu’elles
pourraient devenir trop exigeantes; cependant, la chenille ne
paraît pas être incommodée par les fourmis et ne leur donne pas
le liquide chaque fois qu’elles le sollicitent ; loin de là. »
Pendant que la chenille se tenait au repos, en attendant la
troisième mue, j'ai inscrit dans mon carnet la note suivante
« La chenille a continué à manger la base des épines d’ajonc,
dans son troisième stade, comme auparavant ; elle coupe complè-
tement l’épine, dans la plupart des cas. Une fourmi est restée
presque censtamment avec la chenille pendant la durée du stade;
je n’ai vu que bien rarement fonctionner les tubes extensibles et
la glande à miel; la chenille était bien plus sensible aux cha-
touillements de la fourmi durant la première heure, environ, qui
survenait après une séparation entre elles. Je retirais la fourmi
du tube pour la nuit, parfois ne la remettant que le lendemain
matin.
Vers la fin du stade, la teinte verdatre de la chemille s’est
intensifiée et est devenue plus vive. La chenille s’est mise au
1epos, pour la troisième mue, dans la soirée du 4 août; sa lon-
gueur, à ce moment, était de © m. 0060.
Pendant la période de préparation pour la mue, c’est-à-dire
à partir du moment où là chenille s’est mise au repos, celle-ci est
restée insensible aux attentions de la fourmi; d’ailleurs, la
fourmi ne visitait pas souvent la chenille ; elle se promenait
446 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
beaucoup dans le tube; un jour avant la mue, je mis la fourmi
à part. »
4° ET DERNIER STADE
La chenille a mué, pour la troisième fois, le 7 août, au courant
de l’après-midi; elle a quitté sa vieille peau par une large ouver-
ture, dont la fente descend loin, le long du centre dorsal.
J'ai noté ce qui suit, le 8 août : « La chenille a bien mangé
ce matin. J'ai réintroduit la fourmi dans le tube et, aussitôt
remise de l’émotion occasionnée par le changement de tube, elle
a commencé à s'occuper, de nouveau, de la chenille; la chemille
n’a pas beaucoup tardé à développer ses tubes extensibles; elle
les présentait, surtout, lorsque la fourmi, arrivant par devant ou
par côté, commençait à la chatouiller sur la partie antérieure ou
vers le milieu du corps; aussitôt que la fourmi se rapprochait des
tubes, la chenille les retirait brusquement ; parfois, la chenille se
précipitait subitement vers les tubes développés comme pour les
saisir, mais la chénille les retirait toujours à temps; peut-être la
fourmi voulait-elle seulement, en faisant ce bond brusque, cueillir
une gouttelette de liquide qui pouvait se trouver sur les tubes;
cependant, Je n’ai Jamais aperçu une trace de fluide sur les tubes
ou à leur sommet muni de filaments. Je crois que la glande du
7° segment abdominal a sécrété ce matin et que la fourmi a obtenu
son repas, mais Je n’ai pas assisté à l’opération. »
Description de la chenille dans le j° Stade :
Tête noire et luisante, labrum blanchâtre, ainsi que les antennes.
La couleur fondamentale du corps est verte, du même vert, à peu
près, que l’ajonc, sa nourriture. (11 est à remarquer que la teinte
verte fondamentale devient plus vive à mesure que la chen lle
avance dans le stade.)
Le bord antérieur du segment prothoracique est arrondi;
l’écusson est de forme triangulaire arrondie; ses contours ne sont
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 447
pas bien nettement définis; l’écusson est de couleur verte grisatre,
tirant un peu sur le mauve; la forme du segment prothoracique
et des deux segments qui le suivent est très susceptible de se
modifier, par contraction ou extension, suivant les mouvements
de la chenille; le cou est très extensible et la tête peut être com-
plètement retirée dans le segment prothoracique.
Le sillon évasé, médiodorsal, est d’un vert sombre; la colo-
ration foncée du sillon semble être due en partie au vaisseau
dorsal, dont on aperçoit les pulsations, mais il existe aussi une
large ligne médiane de couleur chocoiat; cette ligne n'étant de
ton guère plus foncé que le vert du sillon, chez l’exemplaire que
je décris, et paraissant sous-cutanée, elle ne ressort pas bien
nettement ; le sillon est bordé par une fine ligne d’un blanc ver-
dâtre qui suit le sommet des crêtes sous-médianes; le sillon, les
crêtes et la ligne blanchâtre ne dépassent pas le 6° segment abdo-
minal ; le sillon est considérablement élargi sur les deux derniers
segments thoraciques; 1: segment prothoracique n’a n1 sillon ni
crête sous-médiane; leur place est occupée par l’écusson, sur la
ligne blanche verdâtre en bordure du sillon se trouvent, en certain
nombre, des petits points ou bosses, pilifères, blancs ; 1ls sont plus
grands que les points noirs dont le corps est parsemé ; on re-
marque, d’ailleurs, de pareils points blancs sur les flancs et sur-
tout sur le ange; il en existe, sur la partie antérieure du 7° seg-
ment abdominal, mais non pas sur la moitié postérieure de ce
segment, le 8° segment abdominal en possède cinq, placés sur
la ligne médiane; je n’en vois pas ailleurs sur ce segment, ni sur
les deux derniers segments du corps, à l’exception de quelques-uns
sur le ange; les points blancs portent, en général, un crin brun
pale, mais ceux de la ligne claire, en bordure du sillon, ont un
crin presque noir.
Les petits points noirs, bien plus nombreux que les points
blancs, sont très répandus sur la peau et plus abondants que dans
le stade précédent; leur nombre est très grand sur le segment
prothoracique et l’écusson en est bien pourvu; ils paraissent plus
serrés et peut-être sont-ils plus nombreux, sur les deux derniers
448 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
segments thoraciques, que sur les segments abdominaux 1-6?
Pour ces segments abdominaux 1-6, on les remarque surtout vers
l’avant et vers l’arrière de la partie du segment visible, ainsi que
sur le {ange et dans son voisinage ; les points noirs sont très
nombreux sur les 7°, 8°, 0° et 10° segments abdominaux; 1l y en
a un assez grand nombre sur la ligne médiane.
Les faibles dessins dont sont ornés les flancs et qui se pré-
sentent sous forme de chevrons plus foncés que la couleur fonda-
mentale, alternant avec des espaces plus clairs, se trouveront
mieux expliqués par les aquarelles de la chenille dans son
4° stade, reproduites sur la planche spéciale à la figuration des
chenilles, que par une description écrite. Vu de côté, le {ange est
d’un blanc vif, sur les segments abdominaux 2-7 inclus; le blanc
du flange est teinté de vert, sur le premier segment abdominal,
et 1l l’est encore davantage sur le segment métathoracique, au
delà duquel, vers la tête, le ange est de la couleur verte fonda-
mentale; vers l’autre extrémité du corps, le ange blanc est légè-
rement teinté de vert, sur le 8° segment abdominal; au delà de
ce segment, le #ange est d’un vert un peu bleuâtre. Quand on
regarde la chenille par-dessus, on voit la ligne blanche du fange
par transparence, à travers un bourrelet de peau; elle parait,
alors, d’un blanc verdâtre ; 1l est évident que la ligne blanche du
flange a une certaine épaisseur et qu’elle descend au-dessous de
la surface de la peau. Les stigmates sont arrondis, d’un blanc
Jaunaâtre, cerclés finement de noir.
La surface ventrale est verte, un peu plus foncée en dessous du
flange, la base des pattes est concolore; les anneaux chitineux
et luisants des pattes thoraciques sont d’un brun qui devient
noiratre par places ; le coussin termina! des pattes membraneuses
est presque incolore, transparent; ses crochets sont d’un brun
roux clair; le demi-cercle qu’ils forment est interrompu au milieu.
La glande à miel a Oo m. 0008 de longueur; elle se présente, le
plus souvent, quand la chenille n’est pas en présence de la fourmi
ou quand elle a été récemment traite, comme une escharre avec
une étroite fente centrale; elle est susceptible de s’élargir. Les
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 449
deux tubes extensibles (un de chaque côté) du 8° stgment abdo-
minal sont légèrement saillants en temps normal et forment deux
points blancs très visibles à l’œil nu. Le chatouillement de la
fourmi les fait se développer en tube blanc, cylindrique, à sommet
pourvu de filaments blancs. Quand la chenille est dérangée ou
effrayée, eile rentre complètement ses tubes et on ne voit plus
qu'une tache d’un vert pâle, à leur emplacement; le ange fait
une petite saillie latérale à la hauteur du tube. Lorsque la chenille
est encore Jeune dans le quatrième stade, on remarque, par cer-
taines incidences de lumière, une teinte superficielle un peu rosée,
surtout dans la région du ange; elle semble être causée par la
courte pubescence dont est recouverte ia chenille; plus tard, et
peut-être parce que les courts poils se trouven: plus espacés en
raison de l’extension de la peau, la teinte rosée disparaît. Lorsque
la chemille se trouve avancée dans ce stade, sa couleur verte
devient plus vive et semble contenir un peu plus de l’élément
Jaune; en même temps, la transparence des tissus augmente.
Je continue la transcription de mes notes :
17 août 1917. -— « La première chenille se porte toujours très
bien, ainsi que les auires individus que J’élève en tube et qui
sont, pour la plupart, däns le troisième stade. La première che-
nille mange bien et très souvent, coupant les épines à leur base
ou un peu plus haut; je retire une dizaine d’épines coupées du
tube, tous les matins. Les excréments sont maintenant verts, au
lieu d’être d’un brun jaune ou d’un jaune verdâtre comme dans
sa Jeunesse. Je laisse la fourmi dans le tube environ un jour sur
deux, maintenant, et j'ai cru remarquer que la chenille se déve-
loppait un peu plus rapidement, les jours où elle était privée de
la fourmi. »
La chenille a cessé de manger à partir de midi, le 17 août;
elle a erré sur son brin d’ajonc, pendant l’après-midi et elle a
vidé son tube digestif. Le 18 août, elle est restée stationnaire pen-
dant la plus grande partie de la journée; sa couleur était, alors,
vert d’herbe et ses dessins se trouvaient plus effacés, moins nets,
450 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
que pendant la période active du stade; même le sillon vert
sombre médian était moins foncé qu'auparavant. Dans la soirée
du 18 août, la chenille s’est placée sur le tampon de coton qui
bouche le tube et elle se tenait dans la position qu’elle prend
lorsqu'elle attend une mue, la tête complètement recouverte par
le segment prothoracique et le bord antérieur de ce segment pressé
contre l’objet sur lequel la chemille se tient ; la fourmi errait dans
le tube, passant souvent à côté de la chenille, mais sans y prêter
la moindre attention.
Le 19 août, je notais : « La chenille s’est remise à marcher
dans le tube de verre; ce n’est peut-être donc pas pour une mue
qu'elle se prépare; elle diminue de taille tout comme les che-
nilles d’Aryntas que je soigne actuellement et qui viennent de
rentrer en repos hivernal. »
20 août. — « La chenille paraït être définitivement instaliée
sur un tapis de soie assez important, qu’elle a tissé sur la paroi
du tube; elle ne mesure plus que © m. 009 de longueur, ayant
diminué très considérablement de taille depuis qu’elle a cessé
de manger. »
21 août. — « En se fixant sur son tapis, la chenille avait tissé
une très mince ceinture de soie qui paraît traverser le premier
seement abdominal; je dis « paraît », parce que je ne peux pas
enlever la chenille de la paroi du tube où elle s’est installée, pour
l’examiner de très près et pour me rendre compte exactement du
point de passage de la ceinture; que la ceinture existe, 1l n’y a
pas de doute; je vois bien son point d’attache, sur la paroi, de
chaque côté de la chenille; ces deux points sont marqués par un
épaississement notable du tapis et la ceinture est visible, montant
sur les deux côtés de la chenille, mais 1l est difficile d’affirmer
qu’elle traverse le premier segment abdominal; cela semble être
le cas, cependant. Il n’y a pas d’épaississement du tapis au point
touché par les pattes anales. La présence d’une ceinture indique-
rait que la chenille va se chrysalider et non pas muer ou rentrer
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 451
en repos hivernal; Aswmoricana n'aurait donc que quatre stades
larvaires, comme Aegon. »
22 août. — « Je ne constate qu'une légère modification dans
l’apparence de la cheniile; la région thoracique est un peu plus
enflée que lorsque la chenille s’est attachée; les dessins ont à peu
près entièrement disparu; la ligne médiodorsale est toujours d’un
vert plus sombre que la couleur générale. »
23 août. — Ce matin, la région thoracique présente une saillie
latérale de chaque côté, ainsi qu’une bosse dorsale appréciable;
il existe une légère contraction entre la saillie latérale et le
contour antérieur arrondi du segment prothoracique; à cette phase,
l’écusson occupe l’extrémité antérieure apparente de la chenille,
puisque le bord du segment prothoracique est ramené en dessous
et appuyé contre le verre, la tête étant retirée dans le segment.
Les segments abdominaux sont rigides et la peau est tendue.
À la suite des petits chocs qu’a dû subir le tube, pendant notre
voyage, hier, de Monterfil à Cancale, les pattes abdominales et
la paire de pattes anales ont lâché prise sur la soie; cette prise
était, d’ailleurs, assez faible. En conséquence, la chenille a glissé
sous la ceinture, mais elle est restée suspendue par celle-ci qui est
demeurée fixée au premier segment abdominal. »
À 2 h. 15 de l’après-midi, le 23 août, j’ai remarqué que la peau
des segments abdominaux était transversalement plissée en petits
bourrelets blancs; la peau des segments thoraciques se trouvait
très fortement tendue. Toute la région thoracique était d’un vert
d’herbe, tandis que la couleur de la région abdominale était d’un
vert jaunâtre, à l’exception de la ligne médiodorsale, restée d’un
vert d’herbe, et des segments abdominaux 7 et 8, où la couleur
verte se trouvait plus foncée que sur les autres segments de l’ab-
domen. Les pulsations du vaisseau dorsal étaient assez rapides;
je comptais un peu plus d’une contraction par seconde. Sous la
peau des flancs de la chenille se voyaient, de chaque côté, quatre
assez grandes taches vertes, plus haut placées que les stigmates ;
452 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
à ces taches, qui sont, en réalité, des puits dans la substance abdo-
minale sous-cutanée de la chrysalide, il était imprimé un mou-
vement de va-et-vient dans le sens de l’axe de la chenille, accom-
pagné par une dilatation, puis une contraction de chaque tache;
ce mouvement est bien moins rapide que les pulsations du
vaisseau dorsal. Jusqu’à 2 h. 56, jé n’ai pas constaté le moindre
autre mouvement ou effort de la part de la chenille; à ce moment,
j'ai observé qu’elle faisait un effort avec ses segments abdomi-
naux, comme si elle voulait marcher en avant; elle cherchait,
évidemment à faire fendre la peau antérieurement et, en effet,
à 3 heures exactement, la peau se fendit le long du centre dorsal
du thorax, jusqu’au cou, et fut retirée, ensuite, du thorax et des
ptérothèques ; la tête larvaire resta intacte, non fendue, maïs
elle demeura fixée à la moitié ventrale de la peau des segments
thoraciques ; au moyen de ses efforts, ia chrysalide ne tarda pas
à sortir de l’étui de peau qui couvrait encore, en partie, les seg-
ments abdominaux et qui s’est trouvé tassé à l'arrière. Enfin, à
3 h. 5, la chrysalide s'était débarrassée de la peau larvaire, qu’elle
avait ramenée, en petit tas, sous les segments abdominaux. La
métamorphose s’est très bien accomplie, malgré le fait du déta-
chement de la larve de son tapis; la ceinture de soie, par suite
du déplacement accidentel de la chemille, n’est pas restée fixée
à la chrysalide.
D'abord, les gaines des antennes se trouvaient un peu sou-
levées en arc, mais elles n’ont pas tardé à descendre en place, le
long du bord dorsal des ptérothèques. Immédiatement après la
chrysalidation, la couleur du thorax et des gaine; des membres
qui en dépendent est d’un vert d’herbe; toute cette région est
plus ou moins transparente, les ptérothèques étant même très
transparents; l’abdomen, au contraire, montre de l’opacité, et
la couleur des segments, tant sur le dorsum que sur l’aire ventrale,
est d’un jaune pâle verdâtre. L’opacité abdominale paraît être
occasionnée par la présence, sous la peau, d’une matière Jaunâtre,
grumeleuse, qui ne recouvre cependant pas le vaisseau dorsal; le
vaisseau dorsal en question se montre sous forme d’une hgne
ae
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 453
foncée, verdâtre, visible aussi sur le thorax, où elle est moins
distincte que sur l’abdemen. Les taches sous-médianes abdomi-
nales, qui sont plus distinctes Sur les segments 4 et 5 et que j'avais
remarquées, à cause de leurs mouvements sous la peau de la che-
mille, avant la métamorphose, sont assez libres de la matière
jaunâtre; elles peuvent être considérées comme des regards per-
mettant de voir plus profondément dans le corps
24 août. — « La chrysalide a maintenant acquis sa forme,
sinon sa couleur définitive. C’est un très petit sujet qui donnera,
probablement, un imago Of de taille réduite, comme on en ren-
contre souvent dans la seconde génération. Sa longueur totale
est de © m. 0078; la largeur de la tête est de © m. 0015; largeur
du thorax à la hauteur du stigmate prothoracique, O m. 0025;
largeur maximum du thorax, O m. 003; largeur du 1° segment
abdominal, © m. 003; du 3° segment abdominal, © m. 0034; du
5° segment abdominal, © m. 0027; longueur de l’extrémité anté-
rieure à l’apex des ptérothèques, Oo m. 006; de l’apex des ptéro-
thèques à l’extrémité postérieure du corps, © m. 0018; profondeur
maximum du thorax, © m. 0026; profondeur à l’incision entre le
thorax et le 1° segment abdominal, © m. 0024; au 3° segment
abdominal, O m. 0027.
La forme est svelte et allongée par comparaison avec celle de
certaines chrysalides de Lycaenides, telles que Zycaena Fa'ma,
les Callophrys et même les 7'Les!or; elle est plus conforme à celle
des chrysalides de Z. Melarops et de ZL. Beilargus.
Les ptérothèques dépassent un peu l’incision entre le 4° et le
5° segments abdominaux; les gaines des maxillae ne paraissent
pas dépasser l’apex des ptérothèques; elles sont déprimées vers
l’extrémité et 1l est bien possible qu’elles se prolongent dans une
poche intérieure du 5° segment, ainsi que cela a été observé, par
le D' Chapman, chez la chrysalide de Z. Aegon et chez celle de
L. Argus (Argyrognomon); la surface du 5° segment est, en effet,
ridée par un très petit bourrelet, là où les maxillae semblent
s'arrêter.
30
454 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Le stigmate prothoracique se montre comme une éclaircie jau-
nâtre, juste au-dessus de l’épaule du ptérothèque; la tête et le
prothorax (surface dorsale) portent un certain nombre de soies
fines et /rès courtes; sur le reste de la surface dorsale du thorax,
il existe aussi des soies, mais elles se distinguent à peine, sous
la loupe; il y en a de plus apparentes sur les segments abdomi-
naux (dorsum); cependant, à l’œil nu, la chrysalide apparaît
glabre; la surface du thorax, de la tête, des yeux et des diverses
gaines est polie sans être très brillante; celle de l’abdomen l’est
bien moins. Sur le 1” segment abdominal, le stigmate est recou-
vert par le ptérothèque; 1l se présente comme une petite tache
blanche, ovale-arrondie, sur les segments suivants, jusqu’au
8° abdominal inclus; mais il est moins distinct et plus petit sur
ce dernier segment que dans les segments précédents. L’extrémité
postérieure est arrondie et recourbée ventralement ; 1l n’y a pas
de crémaster ou mucron distinct; sa place est indiquée par une
trentaine de petits crochets d’un brun roux clair, disposés en
demi-lune et, un peu plus en avant, sur la surface ventrale, on
aperçoit deux très petites touffes de crochets semblables, mais
encore plus petites, qui semblent occuper l'emplacement des pattes
anales larvaires.
Les ptérothèques sont lisses; les gaines des pattes sont très
faiblement ridées ou bosselées; celles des antennes présentent de
légères rides transversales ; toutes ces gaines paraissent contenir
un fluide couleur vert d’herbe; le thorax, vu de dos, est un peu
plus teinté de jaune qu’il ne l’était hier, surtout le prothorax;
la tête a la même couleur que le prothorax; les segments abdo-
minaux sont d’un jaune verdâtre, plus jaune sur le 7° et le 8° et
à l'extrémité du corps. Le vaisseau dorsal est presque aussi net
qu'hier, aussitôt après la métamorphose; sa largeur varie légè-
rement, parce qu’il est plus ou moins resserré, en certains endroits,
par les grumeaux Jaunes intérieurs; je compte, maintenant, une
pulsation par cinq secondes, environ. Le ange, entre les ptéro-
thèques et le bord postérieur du 8° segment abdominal, est
indiqué par une ombre verdâtre faible, un peu rembrunie, sur-
:
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 455
montée d’une éclaircie tranchant à peine sur la teinte fonda-
mentale.
La seule trace qui reste de la glande mellifère est une dépres-
sion évasée, à surface luisante, près du bord postérieur du 7° seg-
ment abdominal, au centre dorsal. Un léger renflement latéral
du 8° segment abdominal paraît correspondre à la saillie faite
par le #ange, chez la chenille, à la hauteur du tube extensible.
7 septembre 1017. — « De légères modifications dans la colo-
ration de la chrysalide n’ont cessé de se produire depuis la
métamorphose; la coloration verte des ptérothèques et de la
moitié postérieure des gaines a été plus ou moins remplacée par
le jaune ocre pâle et le contenu de l’abdomen a blanchi légè-
rement, prenant une apparence plus solide; le thorax conserve
mieux la coloration vert d’herbe. Aujourd’hui, Je constate que la
maturation de l’imago se poursuit assez rapidement. Hier, déjà,
le thorax noircissait, les ptérothèques devenaient plus opaques et
les yeux étaient noirâtres. Cet après-midi, le thorax est noir, ainsi
que la tête et les yeux; les gaines des membres se foncent et les
ptérothèques ont une teinte olivâtre sombre, sauf pour une large
bordure externe, correspondant aux franges des aiies supérieures,
qui reste couleur mastic olivâtre claire; l'abdomen, vu de dos,
est également d’une teinte mastic olivâtre, mais bien plus claire,
même, que le bord des ptérothèques. À partir du 7° segment abdo-
minal, le corps est légèrement rembruni, jusqu’à l’extrémité pos-
térieure ; en dessous, les segments abdominaux sont plus sombres ;
la teinte y est à peu près la même que pour les ptérothèques. »
À partir de ce point, la maturation de l’imago s’est arrêtée,
et la chrysalide est morte.
Trois des chenilles sorties de l’œuf, le 19 jmllet, se sont chry-
salidées, l’une le 5 et les deux autres le 8 septembre; elles m'ont
permis de préciser quelques points douteux relatifs à la ceinture
et de faire quelques observations supplémentaires sur la chrysa-
lide. Je transcris somme suit les notes prises :
456 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
« Une seconde chenille d'Arworicana s'étant installée pour la
chrysalidation, le 1% septembre, après une période de marche
prolongée, j'ai pu examiner, de plus près, la ceinture d’attache.
Son point de départ, de chaque côté, est un petit amas de soie
blanche, très apparent. De ce point, qui se trouve à la hauteur
de l’incision entre le second et le troisième segmients abdominaux,
la mince cordelette, fortement inclinée vers l’avant, monte à tra-
vers les flancs des deux premiers segments abdominaux et atteint
le segment métathoracique à la hauteur des stigmates; 1ci, ladi‘e
cordelette se divise en deux fils qui continuent à monter dans la
direction du bord antérieur du segment ; avant d’arriver au bord
et encore loin du centre dorsal, les deux fils se divisent de nou-
veau et tous ces fils semblent s'arrêter là, fixés à la peau; maus,
en réalité, 1ls traversent le centre dorsal, serrés contre la peau;
on conçoit bien, d’ailleurs, que s1 les fils étaient réellement fixés
à la peau de la chenille, ils seraient entraînés avec la dépouille,
au moment de la chrysalidation, et la chrysalide n’aurait pas de
ceinture d’attache. Chez la chenille en observation, les tubes
extensibles sont un peu saillants, non pas complètement rentrés,
comme dans le premier individu examiné dans la phase corres-
pondante. Les tubes ne sont plus sensibles aux chatouillements
de la fourmi. La ligne du ange, très affaiblie, est visible sur les
segments abdominaux seulement, jusqu’au 8° inclus; la ligne
médiodorsale est également affaiblie et moins nette; les chevrons
latéraux, ainsi que la ligne blanchâtre qui suivait les crêtes sous-
médianes, ont complètement disparu. Cette chenille s’est chrysa-
lidée le 5 septembre; l’opération a bien réussi et je peux très bien
voir, maintenant, la ceinture complète chez la chrysalide. La cor-
delette de soie est légèrement inclinée en arrière chez la chrysalide
(on se rappellera qu’elle avait une forte inciinaison vers l’avant
chez la chenille, dans la phase qui précède immédiatement la
métamorphose); elle traverse le dorsum, cachée dans l’incision
entre le permier et le second segments abdominaux; le point où
la cordelette disparaît dans l’incision étant un peu au-dessus de
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 457
la marge‘du ptérothèque. La ceinture est maintenant composée
d’un seul fil. Je suppose que les fils secondaires, observés avant
la métamorphose, se sont enroulés pour n’en former qu’un seul,
au moment de la mue; je les vois, bien séparés, chez deux che-
nilles qui attendent la chrysalidation; ils sont visibles, chez ces
deux chenilles, sur le centre dorsai même, qu'ils traversent à la
hauteur du centre du segment métathcracique. »
Les deux chenilles en question se sont chrysalidées le 8 sep-
tembre. Chez ces chrysalides, également, la ceinture est formée
par un seul fil qui traverse le dorsum caché dans le ph entre le
premier et le second segments abdominaux; la surface ventrale
des chrysalides se trouve assez étroitement appliquée contre le
support — les chenilles s'étaient fixées sur le couvercle d’une
boîte en bois, après avoir préparé la surface, en y tissant un
mince tapis de soie; —- les petits crochets qui se trouvent à l’em-
placement du crémaster, ainsi que ceux qui occupent la place
des pattes anales, sont évidemment engagés dans la soie, puis-
qu’une légère pression ne suffit pas pour déplacer l’arrière-train
de la chrysalide. Chez les chrysalides fraîchement formées, la
ligne du ange reste visible du 5° au 8° segments abdominaux
inclusivement ; elle est un peu plus pâle que la couleur générale
et elle est bordée, en haut et en bas, par un filet carmin vineux;
ces deux chrysalides proviennent de chenilles à dessins plus vifs
que ceux de la chenille décrite 27 ex/enso, et c’est la raison pour
laquelle la ligne du fange se trouve mieux marquée dans leurs
chrysalides. Ayant assisté à une chrysalidation qui a eu lieu le
8 septembre, vers 4 h. 1/2 de l’après-midi, j'ai pu prendre les
notes supplémentaires suivantes
« La fente qui se produit dans la peau larvaire, le long du
centre dorsal thoracique, passe en dessous deg la ceinture de soie;
la peau, en se retirant, emporte, en arrière, avec elle, la ceinture;
mais les divers fils dont celle-c1 est composée et qui, au centre
dorsal, se trouvent séparés les uns des autres, sont retenus par la
458 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
saillie faite par le second segment abdominal ; aidés par les
mouvements de la chrysalide, tous les fils tombent dans le sillon,
en avant de ce segment, tandis que la peau larvaire continue son
voyage vers l’arrière; le sillon se referme pendant le tassement
que subit la chrysalide, après la mue, et la ceinture est ainsi
recouverte et rendue invisible sur l’aire centrale du dorsum.
Arrivée aux dermiers segments, la dépouille se ramasse au-dessous
de l’abdomen; la chrysalide retire alors de la peau l'extrémité
de son corps et fait des efforts pour pousser de côté la dépouille;
ensuite, avec un mouvement qui est quelque peu rotatif, elle
engage d’abord les crochets du crémaster et puis ceux qui se
trouvent à la place des pattes anales, dans la soie du tapis. A ce
moment, la marge externe des ptérothèques atteint déjà l’incision
entre le 4° et le 5° segments abdominaux; elle est donc presque
à sa place définitive. »
Des trois chrysalides restées vivantes sont éclos trois petits c';
le premier est sorti de sa chrysahide (formée le 5 septembre) à
9 h. 45, le 21 septembre; le second est éclos le 23 septembre
(chrysalide formée le 8 septembre), et le troisième est éclos le
même Jour 23 septembre (chrysalide formée également le 8).
La seule chenille retardataire survivante a mué pour la troi-
sième fois le 21 septembre. Pendant la période de repos précé-
dant la mue, la longueur de cette chenille n’était que de Oo m. 0043
contre O m. 007 environ chez les chenilles à évolution rapide,
dans la période correspondante: elle n’avait, en somme, que la
taille des chenilles à croissance rapide, au moment de leur
seconde mue.
Je lui donne, depuis quelques jours, le choix entre les fleurs
et les jeunes pousses de l’Ulex Nanus; elle préfère les fleurs
aux pousses tendres. Toutes les autres chemlles d’A7woricana
que J'ai élevées ont été nourries avec les pousses tendres de
l'U. Nanus ou de l’U. Europaeus, qu’ellés mangeaient indiffé-
remment.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 459
À la date du 29 septembre, la dernière chenille mange tou-
jours, mais peu, et elle continue à grandir lentement dans le
4° stade; la fourmi (Acanthomyops Niger) n’est pas continuelle-
ment avec elle; ie les sépare de temps en temps, pour un ou deux
jours. Cette chenille retardataire a une coloration assez terne;
la teinte fondamentale est d’un vert jaune un peu gristre, ses
chevrons sont d’un brun chocolat pâle.
Il m'avait semblé que, dans leur jeune âge, les chemlles de
L. Armoricana étaient cannibales, parce que, sur douze chenilles
que j'avais en tubes, à un moment donné, je n’ai pu en trouver
que neuf, deux jours après. Depuis cela, je n’ai jamais constaté
la moindre tendance au cannibalisme et il me paraît probable,
maintenant, que les petites chenilles manquantes (elles étaient
dans le 1° stade) ont trouvé le moyen de s’évader des tubes.
Cependant, je ne répondrais pas d’une chenille affamée mise en
présence d’une autre chenille immobulisée pour une mue, ou d’une
chrysalide nouvellement formée.
Ainsi que Je l’ai déjà dit, la variation chez les chenilles
élevées cet été, n’a pas été très grande. Pendant le second stade,
aucune ne différait très sensiblement de celle qui a été décrite;
la couleur fondamentale se trouvait être plus ou moins verdâtre;
elle n’était Jamais d’un vert vif et quelques chenilles avaient une
coloration gris blanchâtre peu teintée de vert. Les chevrons et les
lignes étaient parfois un peu plus accusées. Dans le 3° stade, on
remarque une certaine variation dans l'intensité des dessins
foncés ; mais la teinte verte fondamentale ne varie guère indivi-
duellement ; elle est d’un vert grisatre dans la première partie
du stade, devenant d’un vert plus franc vers la fin.
Les trois © de Zycaena Armoricana dont l’éclosion a été
obtenue après un élevage ab ovo, sont petits, comme du reste la
plupart de ceux qu’on prend à l’arrière-saison dans la libre
Nature; de plus leur teinte générale n’est pas très vive, mais
plutôt un peu terne.
460 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Nous avons du reste observé que l’éclosion de fin d’été, pour
Lycaena Armortcana, a été peu nombreuse; cela tient peut-être
à la saison un peu humide et généralement fraîche. Le mois
d’août 1917 fut très pluvieux. D'ailleurs on doit observer que
beaucoup d'œufs pondus en juin et juillet n’éclosent pas pendant
l'été et attendent probablement le printemps suivant.
Rennes, 29 septembre 1917.
HAROLD POWEILL.
sn
CONCEUSION
Je livre aux méditations des Entomologistes, dans le présent
Fascicule XIV® des Etudes de Lépidoptérologie comparée, le
résultat des travaux qui ont été accomplis au cours de l’année
1017, relativement à l’anatomie et à la biologie de certains
Lycaena.
La question, telle que je l’ai posée dans le Fascicule XII, paru
en 19106, est de savoir s’il y a réellement une ou plusieurs Espèces
distinctes dans cet ensemble de formes que l’on réunissait autre-
fois sous le nom global de Zycaena Argus et dont j'ai publié
une assez ample figuration sur les Planches XXXIX, XL, XLI,
LXII du Vol. IV des mêmes £E’udes.
J'ai été assez heureux pour obtenir, en vue de la recherche de
la vérité scientifique, le concours excellent des Lépidoptéristes
les plus expérimentés, les mieux qualifiés pour émettre un avis
plein de compétence et jouissant de l’universelle confiance dont
ils sont d’ailleurs si parfaitement dignes. C’est ainsi qu’on peut
lire, au commencement de ce livre, les observations très intéres-
santes dont je suis redevable au Docteur Jaques Reverdin, sur
l’armure génitale mâle chez Zycaena Argus et ses variétés (p. 17-
31); puis l’opinion du Docteur Courvoisier sur la séparation spé-
cifique des Zycaena Argus (Q 1das), Linné; Armoricana, Obthr.;
Bellieri, Obthr.; Ligurica, Courv.; Nivea, Courv. (p. 33-39) ; enfin
la Notice très savante intitulée : À zew european Lycaena, par
î
162 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
le Doôcteur T. À. Chapman (p. 41-76). De plus, à la fin du présent
ouvrage, M. Harold Powell, l’observateur si justement réputé
pour sa patience, sa sagacité, son expérience, sa minutieuse et
scrupuleuse précision toujours si dévouées au service de notre
Science entomologique, m’a remis toutes les notes qu’il prenait
au fur et à mesure des événements dont 1l était le témoin très
attentif et très averti. On les trouve imprimées dans cet ouvrage,
aux pages précédentes.
Il résulte de cet ensemble de travaux si consciencieusement et
si obligeamment élaborés par mes honorables amis, un progrès
sérieux et incontestable. Cependant, s1 la voie est préparée à
l’obtention peut-être prochaine de la vérité, nous ne la possédons
pas encore entière. Nous avons conquis quelques traits Ilumireux
et, notamment, 1] y a une constatation dûment réalisée et désor-
mais acquise, sur laquelle nous nous trouvons tous d’accord, c’est
que la Zycaena des environs de Genève, appelée Ægus par le
D" Chapman, est une Espèce bien nettement distincte par certains
de ses caractères anatomiques. Mais Amoricana, Bellieri, Nivea,
considérées comme des unités spécifiques par le D" Courvoisier,
passent pour être simplement des variétés de la même Espèce
Argus, aux yeux des Docteurs Reverdin et Chapman, moins sen-
sibles sans doute à l’ensemble des caractères extérieurs qu’aux
caractères anatomiques, tels qu’ils ressortent de leur savant
examen.
Quant à moi, je dois dire que l'opinion exprimée aux
pages 467-481 du Vol. XII des Æ7udes de Lépidoptérologie
comparée, me paraît toujours la plus rapprochée de la vérité.
Certaines formes que J'ai citées et examinées, l’an dernier (Loc.
c.), me paraissent être des variétés de l’Espèce Argus, Linné
(Q /das, Linné); d’autres me semblent être des Espèces dis-
tinctes.
C’est ainsi que, d’abord, les caractères extérieurs des Zycaena
Argus, Linné, de Scandinavie; Calliopis, Bdv., de l'Isère; Asus,
Huebner, d’Augsbourg et des Alpes ; Valesiaca, Obthr., du
Valais, VNevadensis, Obthr. de la Sierra-Nevada, me semblent
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 463
être ceux de races géographiques appartenant à une même un:té
spécifique. Toutefois les caractères propres à chacune des cinq
races qui viennent d’être énumérées sont suffisants, c’est-à-dire
assez constants et assez apparents pour qu'il soit possible de dis-
tinguer entre elles lesdites races géographiques, de façon à ïes
séparer facilement les unes des autres.
Je crois donc pouvoir dire de nouveau que Calliopis, Alsus,
selon Huebner, Valesiaca, Nevadensis sont à mon avis des
variétés tranchées et référables à la même Espèce : Argus, Linné
(Q das, Linné).
Je dois faire observer ici, à propos de l’une des variétés pré-
citées, que le Docteur T. À. Chapman n’a pas encore eu, jusqu'ici,
occasion de voir, en nature, la forme Nevadensis, que je rattache
à Argus. Il croit que Nevadensis doit être rapporté à Aegon
(voir p. 70 du présent Volume); car, dit-il, 1l n’y a pas d’autre
mention faite d’Argus venant de l'Espagne centrale ou méri-
dionale.
Néanmoins, je crois pouvoir affirmer que Nevadensis est an
Argus et non un Aegon. Je connais fort bien l’Aegon-Hypo-
chiona de l’Andalousie. Il me semble impossible de confondre
les deux Espèces en question : Argus-Nevadensis et Aegon-H y po-
chiona.
Je regrette infiniment de n’avoir pas été assez heureux pour
recevoir Jusqu'à ce moment la visite du Docteur Chapman, à
Rennes. Outre le plaisir et l’honneur que j'aurais ressenti, s’il
m'avait été donné de l’avoir pour hôte, j'aurais pu lui montrer
dans ma collection les séries d’échantillons entomologiques diffi-
cilement transportables.
Nous savons tous quelle clarté supérieure résulte, pour l’obser-
vateur, de l’examen comparatif des documents naturels lorsqu'il
s’agit de solutionner une question restée litigieuse. J’ai pourtant
eu soin de faire représenter, sur la même Planche XXXIX du
Volume IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée, une paire
de ZLycaena Argus-Nevadensis (fig. 250, 260) et une paire de
464 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
Lycaena Aegon-H ypochiona (fig. 267, 268). Les figures juxta-
posées pour faciliter la comparaison permettent d’apprécier les
différences ; mais quelle qué soit la figuration, — surtout limitée
à une seule paire d’échantillons, — elle ne peut avoir une valeur
égale à la vue d’une série d’exemplaires rangés dans la boîte de
collection. Je suis convaincu que l’opimion du D" Chapman se
serait fixée conforme à celle que J’exprime, s’il voyait une fois,
ICI, Ce que J'Y puis voir moi-même.
Après avoir énuméré les morphes que Je considère comme des
variétés, Je viens à la question de celles qui, d’après moi, sont des
Espèces. Il s’agit des Zycaena Armoricana, Bellieri et Nivea.
M'’en rapportant toujours et uniquement — je le reconnais —
aux caractères extérieurs qui sont d’ailleurs tangibles et constants,
je me déclare porté à considérer, aujourd’hui aussi bien qu’hier,
Armoricana, Bellieri et Nivea comme représentant, chacun, une
unité spécifique distincte et nullement comme de simples variétés
d’Ayrgus.
En ce qui concerne Ligurica, j'ai envisagé les formes de Cer-
nobbio, des Abruzzes, des Monti-Aurunci, de certaines localités
de Bavière, de Suisse, de France et d’Asie, énumérées à la
page 481 du Vol. XII des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée,
comme étant les formes d’une même Espèce.
M. le D' Chapman pense qu’il y a là plusieurs unités spéci-
fiques distinctes, notamment Micrargus, de Chine et du Japon,
qu’il sépare de l’Espèce nouvelle Ægus, laquelle Ægus serait
surtout une Allobroge, c’est-à-dire celle que j'ai eu le grand
plaisir de capturer à Versoix, près Genève, le 3 juin 1910, en
l’aimable compagnie de Charles Blachier, du D' Reverdin et du
jeune Marcel Rehfous. Cette heureuse journée s’est trop vite
écoulée. Qu’on me permette d’en évoquer le délicieux souvenir!
Hélas! Charles Blachier n’est plus et nous regretterons tou-
jours sa perte si douloureusement ressentie. Je me souviens que
ce fut lui qui me conduisit à la localité voisine de Versoix, en
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 465
compagnie de l'excellent D' Reverdin. Je descendis avec mes
chers amis dans des prés assez bas, considérés par rapport aux
champs qui les environnaient. Ces prés étaient bordés de haies
boisées, épaisses et offraient un mélange de places fraiches et de
parties plus sèches et comme sabionneuses. Nous ne tardâmes pas
à voir voiltiger aux gais rayons du soleil de cette douce matinée
de printemps, en même temps qu’une remarquable variété de
l’'Erebia Medusa, la Lycaena que chacun appelait alors A7gyro-
gnomon, c'est-à-dire Argus Elle me parut bien différente par
son habitat et son aspect extérieur, des autres races d’A7gus que
je connaissais et notamment de celle qui se rencontre, seule, et à
l'exclusion des autres, dans certaines landes de mon pays breton.
Je fis une assez ample récolte du prétendu A7gyrognomon, dans
les prairies de Versoix et, dès ce moment, il me sembla de plus
en plus certain qu’il serait nécessaire de séparer spécifiquement
cette jolie et délicate Lycène de celle à laquelle j’ai donné le nom
d’Armoricana. Toutefois je la rapprochai dans ma pensée des
Argus que j'avais capturés précédemment à Uriage et aux envi-
rons du Lac de Côme, ainsi que des autres que J'avais remarqués
dans la collection de Graslin, avec l’étiquette de localité : Vichy,
et dont il est fait mention notamment à la page 202 du Vol. IV
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, paru en avril 1910,
c’est-à-dire avant le voyage à Genève dont Je viens de relater
l’une des agréables circonstances, restée, avec les autres, bien pré-
sente à mon esprit.
Si je contemple aujourd’hui les documents de ma collection
et si je compare les Zycaena de Versoix à leurs voisins de Cer-
nobbio, de Brantôme, de Vichy, d’Uriage, du Japon, de Tà-
tsien-lou, de Sidemi et autres lieux indiqués à la page 481, ainsi
que Je le rappelle ci-dessus, d’accord avec l’opinion du
D' Chapman, il me semble probable qu’il y a dans ce matériel
européen et asiatique matière à quelques séparations spécifiques,
quoique les Zycaena de toutes les provenances ci-dessus indi-
quées, appartenant à l’ancienne dénomination globale Argus, me
semblent rapprochées les unes des autres et former un groupe
466 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
qui se rattache à Zzgurica plutôt qu’à l’autre ensemble dans
lequel se trouvent naturellement classés Callioprs, Alsus, selon
Huebner, Valesiaca, N'evadensis.
J'ajoute, à titre de renseignement intéressant, que la Zycaena
prise du 26 au 29 août 1016, à Brantôme (Dordogne), par
M. Harold Powell, est bien exactement conforme à celle de Ver-
soix; c’est donc Ægus, Chapman.
M. Powell a capturé six mâles à Brantôme; c’étaient sans doute
les représentants d’une éclosion estivale de la même Espèce dont
J'avais observé les échantillons printaniers à Versoix.
De même, ainsi que je l’ai déjà fait connaître, c’est toujours
ZÆ gus qu’on rencontre à Vichy, à Uriage, à Samoussy (Aisne),
a Angoulême; c’est-à-dire que Æ£gus étend son habitat en France
assez loin vers le nord et vers le centre. Mais il n’est pas inutile
d’ajouter que si, jusqu’à ce jour, Ægus a été rencontré seul à
Vichy et à Samoussy, je l’ai moi-même trouvé non loin de Cal-
Lopis, à Uriage, et d’Armoricana, à Angoulème.
Cependant une confusion de Nomenclature se présente 1c1.
Il me semble que les deux noms -Ægus et Ligurica s'appliquent
désormais, au moins partiellement, à un objet qui est sensiblement
le même.
Il est donc nécessaire de provoquer une explication à cet égard.
S1 les deux noms doivent rester dans la Nomenclature, c’est à
la condition que Ægus, de Versoix, et Ligurica, de Cassarate,
soient reconnus constituer deux unités distinctes et méritant, cha-
cune, un nom spécial.
Le nom Ægus, Chapman, conviendrait alors aux Zycaena de
Genève, d’Uriage, de Vichy, de Brantôme, d'Angoulême, c’est-
à-dire à la morphe cisalpine, tandis que le nom Zzgurica, Cour-
voisier, désignerait la morphe transalpine.
J'emploie les expressions : c2salpine et fransalpine en me pla-
çant au point de vue de nous autres Français et Genevois.
Quant à Vivea, Courvoisier, dont l’auteur de l’Espèce m’a
donné un © type pris à Pfynwald, le 9 juin 1908, et dont je
possède une paire de Subiaco (Monti Sabini, Italie centrale),
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 467
reçue également du D' Courvoisier, il me semble que par le des-
sous de ses ailes, aussi blanc que chez l'Aegon-Hypochiona,
Nivea est l’antithèse de la brune A7moricana; par ses caractères
extérieurs, Vivea doit être envisagée aussi comme une Espèce à
part.
Voilà donc deux opinions différentes en présence; d’un côté,
celle dont nous ont fait part les Docteurs Reverdin et Chapman;
de l’autre côté, celle du D' Courvoisier et la mienne.
Mais cette divergence, à quoi tient-elle ? uniquement à la
conception de l’Uxité spécifique personnelle à chacun de nous.
En effet, personne ne songe à contester la nécessité de dési-
gner, par des noms spéciaux, les Zycaena Nivea, Armoricana et
Bellieri. Chaque Entomologiste peut distinguer aisément Wvea,
Aymoricana, Bellteri, et nul ne peut confondre ces Espèces ou
Morphes entre elles. Dès lors, étant des spécialités, 1l faut un
nom spécial pour désigner chacune d’elles.
Alors, sont-ce des Espèces ou simplement des Morphes d’une
seuleret meme Espèces
That is the enigmatic question!
Comme nous ignorons tous l’origine des êtres créés, nous
sommes réduits à des hypothèses et d’après nos suppositions —
nullement d’après des certitudes — nous érigeons à la dignité
d’Espèce ou bien nous rabaissons à la qualité de Variété, telle
ou telle unité cependant distinguable des autres.
En ce qui me concerne, j'envisage comme Espèce tout l’en-
semble des êtres qui, étant différents des autres êtres par quelque
caractère distinctif constant, sont reproduits toujours pareils par
des ancêtres pareils et qui, en outre, sont susceptibles de procréer
une descendance également toujours pareille à eux-mêmes et à
leurs antécédents.
C’est en me conformant à ce principe que je considère notam-
ment Aymoricana et Bellieri comme deux Espèces distinctes,
parce que tous les exemplaires présentent les mêmes caractères
conformes à ceux de leurs parents et procréent, pour chaque
468 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
saison nouvelle, une lignée semblable à celles qui les ont pré-
cédées.
Alors, du moment qu'on peut sans aucune difhculté et d’après
le simple aspect extérieur des papillons, séparer les Zycaena
À rMOTiCARa, Bellieri, Nivea, etc., des autres formes voisines des-
quelles elles se distinguent aisément, sans qu’en soit exposé à les
confondre, pour peu qu’on y porte quelque attention, Je pense
que les Zycaena Armoncana, Bellierr, Nivea sont des Espèces
distinctes aussi bien que Ægus.
Mais, encore une fois, Je reconnais volontiers que c’est affaire
d'opinion. Chaque Entomologiste peut ressentir une impression
qui le porte à la synthèse, ou inverseinent à l’analyse. On peut
en effet éprouver une tendance à grouper dans une même unité
spécifique des morphes cependant distinctes et reconnaissables
entre elles, comme aussi on peut pousser la séparation spécifique
jusqu’à des limites extrêmes et penser que si MNivea, Armoricana,
Bellieri doivent être envisagées comme des Espèces distinctes,
Nevadensis, Calliojis peuvent encourir le même sort.
Au sens que les Naturalistes attribuent au mot : Espèce, c’est-
à-dire suivant l’idée que ce mot définit, tous sont d’accord pour
prétendre que les Papilio Machaon et Podalirius, les Parnasstus
A pollo et Mnemosyne sont des Espèces distinctes; mais tous les
cas ne se présentent pas aussi clairement aux yeux de tous; ainsi,
dans la question des Zycaena, comme dans celle des Zygaena,
des Syrichthus et de plusieurs autres Genres de Lépidoptères,
même des Ac/inote sud-américaines dont l’histoire se trouve
effleurée dans le présent Volume XIV des Ætudes de Lépidopté-
rologie comparée, la connexité de certaines morphes sans doute
distinguables, mais incontestablement affines, laisse l’esprit per-
plexe quant à leur séparation spécifique.
En pareille matière, pour obtenir la vérité ou tout au moins
s’en rapprocher le plus possible, le mieux paraît être de continuer
à étudier comparativement tous les détails biologiques suscep-
tibles de produire un élément utile d’information.
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 409
C’est avec l'intention de coopérer à ce but que M. Harold
Powell et moi, dans la mesure où mes moyens me l’ont permis,
nous avons dirigé nos travaux durant l’été 1917. Je convie de
nouveau nos amis à donner le concours de leurs savants efforts,
en vue de réaliser, pour les Zycaena qui habitent aux environs
de leur résidence, des observations analogues à celles que nous
avons entreprises dans le pays breton. Je souhaite de tout cœur
à leurs travaux la parfaite réussite d’où jaillira, pour les connais-
sances biologiques aussi bien que pour les questions de classifi-
cation qui en découlent, la pleine et complète lumière qui nous
mettra définitivement d’accord.
Rennes, 1° octobre 1017.
CHARLES OBERTHÜR.
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ERRATA ET CORRIGENDA
AU VOLUME XIV
des Âtudes de Lépidoptérologie comparée.
Page 24, ligne 6, lire : Cauferefs, au lieu de : Cautarets.
Page 53, au bas du tableau, supprimer les signes de parenthèse
qui entourent le mot : Sarepta; mettre un point final après : Norik
America.
Page 72, mêmes corrections à faire.
Planche XTII, dans la légende, lire : Nivea, au lieu de : Nives.
Page 140, ligne 17, lire : suprastigmatale, au lieu de sprastig-
matale.
Page220, ligne 21, lire : Œdipus, au lieu de : Oedippus.
Page 306, ligne 18, lire : fondu, au lieu de pondus.
Page 405, ligne 26, lire : Lycaenide, au lieu de : Zycanide.
Page 427, ligne 4, lire : Les œufs fussent, au lieu de : Les œufs
Ccussent. ,
Page 433, ligne 13, lire : o% Les femelles, au lieu de : ox les
mâles.
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Le | :
TABLE DES MATIRRES
CONTENUES DANS LE VOLUME XIV
des Études de Léprdoptérologie comparée
PAGES
ARTE ALES ERA CARPE AN NE RER SCIE MERE Le fe SU 7-12
Contributions à l’histoire de la Zycaena Argus et des
Formes, Races et Espèces qui y étaient jusqu'ici rattachées. EE 1
Note sur l’armure génitale mâle chez Zycaena Argus L. et
ses variétés (D' Jaques Reverdin), avec 2 Planches
[OURS T0 IE CNP RE PAPERS PR ENS OR PO TT Re ER EE 17-31
Obs IDE COHEMDISIER D. eur re Lure aies crermitent 33-39
À new european Zycaena (D' T. A. Chapman), avec
OR ERES DROIOPESS 2. dci rune est once Matin 41-76
Le Genre Actinate, avec 11 Plançhes coloriées.................. 77-125
Lépidoptères des frontières chinoises du Thibet, Planche
GOOM AN cri maine tune CDLXXIV
ADO DO OS APE TR ea setsce ton nr nude 127-136
Contribution à l'Etude des Aegertidae (F4 Le Cerf), avec
Planches coloriees er Planche rngite. ts. 137-385
Considérations sur quelques Espèces de Zycaena..............…. 389-392
Observations biologiques concernant la Zycaena Alcon
DÉBUT R cee tn carte Coton 393-109
474 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
PAGES
Détermination spécifique des Fourmis dont il a été fait
mention dans les observations concernant la Zycaena
COMME te LS RARE RE nee UD dE Te ES EN ER EE 411-413
Dernières observations concernant la chenille de Zycaena
Alcon et Résumé de nos connaissances actuelles (22 sep-
témDLe DANS RP ER 415-419
Observations relatives à Zycaena Armoricana....................…. 420-460
CONCIUS ONE RER nu tee 0 TT EEE 461-469
Errata et#lable des MATIÈRES ee 471-474
IMP. OBERTHUR, RENNES.
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F1G. à. — Lycacna Armoricana, chenille dans le second stade, x 5
environ.
D. — Lycaena Armoricana, chenille dans le début du 3° stade, x 5
environ.
c. — Lycaena Armoricana, chenille dans le 3° stade, x 5 environ,
vue de dos.
d. — ZLycaena Armoricana, chenille dans le 3° stade, x 5 environ,
vue de profil.
e. — Lycaena Armoricana, chenille dans le 4° stade, x 5 environ,
vue de dos.
Î. — Lycaena. Armoricana, chenille dans le 4° stade, x 5 environ,
vue de profil.
g. — Chrysalide de Zycaena Armoricana, vue de face, x 5 environ.
h. — Id., vue de dos.
i. — Id., vue de profil.
j. — Chenille de ZLycaena Alcon, 2° stade, x 5, extraite d’une
fleur de gentiane (bouton) ; 21 août 1917.
k j Chenille de Zycaena Alcon, 3° stade (stade dans lequel la
1) chenille quitte la fleur), x 5; vue de dos et vue de profil,
(D'après les aquarelles faites par Harold Powell, en été 1917).
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PLANCHE A.
LYCAENA ARMORICANA
Lycaena Armoricana ) prenant son bain de soleil sur une branche
d'ajonc ; 4 juillet 1917, G h. 40 du matin. Monterfil.
Phot. H. Powell. agrandie par Stayan Georgewitsch
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PLANCHE -B.
LYCAENA AEGON
Lycaena Aegon S se chauffant au soleil sur une inflorescence
d'Ærica ciliaris; 4 juillet 1917, io h. 25 du matin. Monterfil.
Phot. H. Powell agrandie par Stayan Georgewitseh.
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PLANCHE C.
LYCAENA ARMORICANA
Lycacena Armoricana Q, les ailes demi-ouvertes, venant de se poser ct
semblant disposée à pondre ; se réchauflant au soleil, en attendant.
Monterfil, o juillet 1917; 10 h. 10 du matin (heure nouvelle).
Phot. H. Powell, agrandie par Stavan Georgewitseh.
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PLANCHE D.
LYCAENA AEGON ET ARMORICANA
En haut, Zycaena Aegon d'; en bas, Lycaena Armoricana Q, au repos,
le 10 juillet 1917, à Monterfil, à 8 h. 35 du soir (heure nouvelle).
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Phot. I. Powell, agrandie par Stayan Georgewitsch
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